Papote de Flingueuses : Soul of London de Gaëlle Perrin-Guillet


Le livre : Soul of London  de Gaëlle Perrin-Guillet. Paru le 22 septembre 2017 chez Millady Thriller. 7€20 ; (305 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv : 

Une enquête au cœur de Londres, au XIXe siècle

Londres, 1892. Des cadavres de chiens sont retrouvés mutilés, le crâne ouvert, dans les tunnels du métro. L’enquête est confiée à Henry Wilkes, flic accidenté et handicapé, relégué loin du terrain depuis qu’il doit marcher avec une canne. Le dossier ne l’enchante guère, mais quand le corps d’une enfant à est son tour retrouvé, au même endroit et mutilé, il prend une autre dimension.

William Bennet, un gamin des rues qu’il a recueilli un an plus tôt, l’assiste dans sa tâche. Alors qu’ils explorent les tunnels crasseux du métro, Alice Pickman, une jeune femme issue de la haute société, s’adresse à Henry pour qu’il rouvre l’enquête du meurtre de sa sœur dans le quartier malsain de Lisson Grove, qu’elle estime avoir été bâclée.

Au cœur d’une ville en pleine révolution, où se disputent la science et la religion, Henry et Billy, en dignes représentants des Lumières, cherchent à faire éclater la vérité au milieu du fog londonien, mélange de charbon, de mensonge et de perversion…

L’auteur : Née en 1975, Gaëlle PERRIN-GUILLET est secrétaire de mairie le jour et auteur de thriller la nuit. Depuis toujours amatrice de romans noirs, elle s’essaie à l’écriture en 2000. Après deux romans auto-publiés (« Le Sourire du diable » en 2010 et « Au fil des morts »en 2011), elle participe à deux recueils des « Auteurs du noir face à la différence » (en 2012 aux éditions JIGAL puis en 2013 à L’atelier Mosesu). Gaëlle Perrin-Guillet a publié « Haut le chœur » chez Rouge Sang en 2013 mais aussi un polar pour enfant en 2015 chez Rouge Safran, La nuit du chat noir. En 2016 sort Soul of London  qui est repris en poche en 2017 chez Milady. En aout 2018  paraitLes fantômes du passé  la nouvelle enquête de Wilkes et Bennett . Enfin Haut le chœur revient chez Taurmada le 14 mars prochain.

Extrait :
— Le jour où je suis parti, il a eu la main un peu plus lourde que d’habitude. Faut dire aussi qu’il s’en mettait pas mal derrière la cravate. Alors, hein, le poing, c’est lourd quand ça tombe avec l’alcool ! J’ai cru qu’il allait la tuer. Je me suis mis au milieu et… j’ai tapé. Un peu fort, moi aussi. J’ai pas attendu de voir s’il revenait à lui. Je suis parti en courant. Et si vous voulez tout savoir, sa femme qu’il tabassait depuis des mois, quand j’ai frappé son mari, ben, vous savez quoi ? Elle s’est mise à hurler et à m’insulter ! Oui, m’sieur ! Comme si c’était moi le criminel ! Pensez bien que j’allais pas rester dans cette maison de fous…
En racontant son histoire, Billy s’était arrêté au milieu du trottoir et mimait la scène à grand renfort de gestes éloquents. Henry Wilkes ne pipa mot pendant tout le récit.
Une fois qu’il eut terminé, Billy attendit une réaction. Mais rien ne vint du côté du policier. Figé sur sa canne, Wilkes ressemblait à un automate qu’on aurait oublié de remonter. Puis il parut se ranimer et se remit à marcher. Mais, au lieu de prendre la direction du poste de police, il tourna dans une rue adjacente et fit signe à Billy de le suivre.
Le flic ne l’avait jamais emmené au poste. Il avait préféré lui proposer de travailler pour lui, en lui offrant un toit et un lit.
Billy avait accepté sans se poser de questions. Devenu la jambe valide de Henry, il faisait ses courses, lui apportait ses journaux, et l’accompagnait parfois sur une enquête. Car Billy avait un talent : un sacré coup de crayon.
Jour après jour, l’homme et l’enfant s’étaient découverts et appréciés. Depuis, ils partageaient le petit appartement de Beaumont Street, où ils s’apprivoisaient mutuellement

Papote de Flingueuses

Autour de Soul of London de Gaëlle Perrin Guillet.

Maud, Ophélie, Aline et même Ge ont lu ce titre mais pour certaines il y a quelques années, aussi Notre Jumelle infernale tente de nous rafraîchir la mémoire

Maud : Bonjour Ophélie et Aline, nous sommes réunies aujourd’hui pour papoter autour de Soul of London de Gaëlle Perrin Guillet.

Qu’avez-vous pensé de cette histoire ?

Ophélie : Bonjour les filles! Pour moi la lecture remonte un peu. Toutefois, j’ai encore en mémoire, plus d’un an après, l’ambiance très londonienne. La sensation que la ville est un personnage à part entière.

Aline : Pour moi aussi la lecture remonte un peu. c’était il y a 2 ans. J’ai le souvenir d’un roman à la Dickens, un Londres à la Sherlock Holmes.

Maud : Oui c’est ça un plongeon dans les bas-fonds londonien dans une période post Jack L’Éventreur. On ressent bien l’ambiance, la nuit, la peur et le froid. Totalement immergé

Les personnages, Henry et Billy vous les avez trouvés comment?

Ophélie : Très crédibles! Ça paraît bête mais dans certains romans je reste complètement dans l’imaginaire. Je ne me dis pas que untel peu ou à pu exister. Pour Henry et Billy ce n’est pas le cas. J’avais le sentiment qu’ils avaient été « réels ».

Aline : Je suis d’accord Ophélie, on est capté par les lieux, l’époque ET les personnages. Henry est très charismatique, profondément humain et une certaine timidité l’habite . Pour Billy, orphelin, gosse des rue. Plutôt perspicace et reconnaissant vis à vis d’Henry et ce qu’il fait pour lui.

 Ophélie : Oui! Billy m’a fait penser au personnage de Billy Eliot… vif et perspicace. Plein de vie et très solaire.

Aline : Complètement.

Maud : Ils se complètent bien , un sacré duo d’enquêteurs, chacun leur passé, leur rencontre, une vision du monde; mais ils s’entendent sur la quête de justice

Qu’avez-vous pensé de l’intrigue en elle-même?

Ophélie : J’ai le souvenir d’une intrigue complexe et plutôt bien construite. Pas de fin bâclée comme on en retrouve trop souvent mais une enquête qui se clôture vraiment sur les dernière pages sans que je n’ai pu en deviner l’issue.

Aline : Comme Ophélie  je me souviens d’une intrigue complexe mais bien menée. Lors de ma lecture j’ai souvent pensé à Sherlock Holmes.

Maud : Deux intrigues menées de front. En effet d’un côté l’assassinat d’une jeune femme de bonne famille…de l’autre une enfant retrouvée sans vies…

Il est vrai que le déroulé rappelle les enquêtes de Sherlock Holmes.

La réussite de ces 2 énigmes vont les guider car ils n’ont pas envie de replonger les moments sombres de la période de Jack L’Éventreur. L’ambiance s’en ressent

Avez-vous lu le 2ème volet ? Moi pas encore mais je vais bientôt m’y plonger

Ophélie : oui. pas toujours simple de mêler deux intrigues. Mais Gaëlle a réussi à les faire s’imbriquer avec brio.

Aline : Aurait-il pu n’y avoir qu’une intrigue ? Je ne pense pas. C’est le contraste des milieux sociaux, le contraste des victimes : une jeune femme, une fillette qui guident le lecteur et son enquêteur. le fait de passer d’une enquête à une autre donne du rythme et maintient le suspense.

Ophélie : je suis d’accord sur le fait qu’une seule intrigue n’aurait pas permis au roman de brosser un portrait complet de Londres à cet époque. C’est une des forces de ce roman. Avoir fait de Londres un personnage à part entière grâce à l’ambiance mais aussi aux intrigues.

Maud : Entièrement d’accord

Aline : oui l’ambiance est très londonienne post Jack. J’ai le deuxième volet.

Maud : Et tu l’as lu?

Ophélie : Je n’ai pas encore le suivant mais ça ne saurait tarder.

Aline : non pas encore, j’ai bien aimé le personnage d’Henry

Maud : J’ai aimé les 2 personnages pour différentes raisons. Henry pour sa droiture et sa quête de vérité. Billy pour avoir eu le courage à un moment donné d’accepter de changer de vie. Il conseille énormément son mentor dans tous les codes qui concernent les bas-fonds

Ophélie : comme toi j’ai aimé les deux personnages. Un Billy qui m’a rappelé Oliver Twist dans la personnalité. Un Henry qui effectivement a soif de vérité. Ils ont une belle complémentarité, Billy servant de canne à Henry, au sens propre comme dans l’image

Aline :  ils se complètent plutôt bien.

Maud : Un duo totalement complémentaire je suis entièrement d’accord avec toi

Aline : ils se soutiennent mais ils se surtout ils se sauvent mutuellement.

Maud : Et ils s’apprécient et se respectent mutuellement

Aline : que vont-ils devenir dans l’opus suivant ?

Maud : Très bonne question!!! Hâte de savoir

Aline : Sur la 4ème de couv Henry à l’air mal en point et Billy … mystère et boules de gommes.

Ceux sont deux écorchés de la vie qui ne sont pas dans la bonne époque.

Maud : Ah je n’ai pas été la voir la 4eme. Se sera une surprise !!

Ils ont dû compiler tous les 2 avec les différents accidents de la vie qu’ils ont rencontré

En tout cas je recommande vivement cette découverte

Aline : moi aussi je recommande vivement.

Maud : On se retrouvera peut être pour parler du suivant

Aline : surement oui 

Maud : Ce sera avec plaisir!!

Geneviève : Parfait. J’ai moi-même lu le livre il y a un peu presque 3 ans et tout ce que vous dites là c’est exactement ce que j’ai ressenti à sa lecture.

Maud : C’est génial si tu t’es retrouvée dans nos échanges

Aline : Génial Geneviève

Maud : Donc tu recommandes aussi?

Geneviève : Et comment !

D’ailleurs vous pouvez retrouver mon billet sur Soul of London ICI

Maud : As-tu lu le suivant?

Geneviève : Moi pas encore. Mais j’ai pas dit mon dernier mot

Maud : Super alors on va le découvrir

Geneviève : Et peut-être que je serai là pour la papote

Maud : Excellente idée!!!

Aline : Tu peux retirer le « peut-être » de ta phrase DouGe. 

Maud : Je suis d’accord avec Aline !!

Geneviève : Ok les filles, je tacherai d’être des vôtres pour la papote sur Les fantômes du passé

Maud : Merci Aline, Geneviève et Ophélie d’avoir bien voulu papoter sur ce livre

Aline : Merci pour cette papote, rdv aux prochaines aventures d’Henry et Billy.

Ophélie : Merci les filles pour cet échange 

Geneviève : Merci de m’avoir rajouter à votre papote les flingueuses

Maud : Belle soirée et bonne futures lectures

Soul of London  – Gaëlle Perrin-Guillet


Le livre : Soul of London  de Gaëlle Perrin-Guillet. Paru le 22 septembre 2017 chez Millady Thriller. 7€20 ; (305 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv : 

Une enquête au cœur de Londres, au XIXe siècle

Londres, 1892. Des cadavres de chiens sont retrouvés mutilés, le crâne ouvert, dans les tunnels du métro. L’enquête est confiée à Henry Wilkes, flic accidenté et handicapé, relégué loin du terrain depuis qu’il doit marcher avec une canne. Le dossier ne l’enchante guère, mais quand le corps d’une enfant à est son tour retrouvé, au même endroit et mutilé, il prend une autre dimension.

William Bennet, un gamin des rues qu’il a recueilli un an plus tôt, l’assiste dans sa tâche. Alors qu’ils explorent les tunnels crasseux du métro, Alice Pickman, une jeune femme issue de la haute société, s’adresse à Henry pour qu’il rouvre l’enquête du meurtre de sa sœur dans le quartier malsain de Lisson Grove, qu’elle estime avoir été bâclée.

Au cœur d’une ville en pleine révolution, où se disputent la science et la religion, Henry et Billy, en dignes représentants des Lumières, cherchent à faire éclater la vérité au milieu du fog londonien, mélange de charbon, de mensonge et de perversion…

Jouant avec un côté «Sidekick», Soul Of London nous plonge dans une atmosphère londonienne fort bien documentée. Ce nouveau thriller se révèle être aussi distrayant qu’angoissant.

 

gaelle-perrin-guillet-6899L’auteur : Née en 1975, Gaëlle PERRIN-GUILLET est secrétaire de mairie le jour et auteur de thriller la nuit. Depuis toujours amatrice de romans noirs, elle s’essaie à l’écriture en 2000. Après deux romans auto-publiés (« Le Sourire du diable » en 2010 et « Au fil des morts »en 2011), elle participe à deux recueils des « Auteurs du noir face à la différence » (en 2012 aux éditions JIGAL puis en 2013 à L’atelier Mosesu). Gaëlle Perrin-Guillet a publié « Haut le chœur » chez Rouge Sang en 2013 mais aussi un polar pour enfant en 2015 chez Rouge Safran, La nuit du chat noir.

 

Extrait :
Henry se leva, s’empara de sa redingote, de sa canne et du chapeau melon qu’il portait comme un pied de nez à la haute bourgeoisie, avant de refermer la fenêtre.
Sur les marches du poste de police, il eut envie de faire un détour pour rentrer chez lui. Il bifurqua au coin de la rue et partit droit devant.
La pluie l’accompagnait. Il aurait pu héler un fiacre et se faire conduire, mais il n’aimait rien plus que flâner le long du canal ou de la voie ferrée.
Après quelques foulées laborieuses, sa jambe se dégourdit et sa démarche s’en trouva allégée. Henry savait que, un jour, la canne dont il ne pouvait aujourd’hui se passer serait un objet de snobisme plus qu’une jambe de secours. Ce jour-là, il pourrait renaître. En attendant, il s’obligeait à arpenter les trottoirs. Quand la douleur devenait trop forte, il s’asseyait quelques minutes sous un porche, puis claudiquait jusque chez lui, où il s’effondrait sur son lit.
Mais aujourd’hui il se sentait bien, prêt à battre le pavé.
Droit comme un i, il avançait, souriant aux passants qui ne le voyaient même pas : il se fondait dans la masse et il aimait ça.
Il n’était ni beau ni laid, pas très grand sans être petit, de corpulence moyenne. Un homme au visage trop anguleux pour être attrayant, éclairé par des yeux intelligents sous d’épais sourcils noirs. À ceux qui le rencontraient pour la première fois, il ne laissait qu’un souvenir confus.
Henry pouvait voir sans être vu.

L’arrêt sur Image de Marc

Soul of London  de Gaëlle Perrin-Guillet

Venez, vous promener dans les rues de Londres, petite visite guidée que vous offre l’auteure. Je vous accorde que ce n’est pas le Londres touristique dont vous pouviez rêver, mais un Londres dans les quartiers pauvres, où se mélangent la misère, la violence, la crasse. Des quartiers que les gens aisés préfèrent ignorer, ou pire encore, mépriser. Ah oui, c’est peut-être important de le préciser, nous sommes en 1892 !

Gaëlle Perrin-Guillet, nous offre dans cette ambiance une double intrigue, avec deux personnages qui deviendront récurrents dans d’autres romans. L’inspecteur Henry Wilkes et Billy Bennet. Ce que j’ai adoré dans ce roman, ce sont justement les personnages qui l’habitent. Il y a une richesse d’informations qui nous permet de les cerner, de les comprendre, de les connaitre. On s’attache à eux rapidement. Les rôles secondaires ne sont pas négligés et bénéficient aussi d’une attention particulière. Les personnages évoluent autour de deux intrigues, certes assez classiques, mais prenantes. A aucun moment l’auteure a cherché à faire du sensationnel, et c’est peut-être ce qui, pour moi, a fait la force de ce roman. On est loin des romans qu’on trouve par brouette entière aujourd’hui, et qui donnent dans le spectaculaire et le sensationnel, mais qui délaissent l’essentiel : leurs personnages.

Nous avons tous connu l’ambiance de ce Londres de la fin du 19e siècle, avec Sherlock Holmes, ou Jack l’éventreur. L’auteur aurait pu tomber dans le travers de multiplier les allusions à ces références, mais il n’en est rien. Si ces deux personnages sont certes évoqués, c’est à dose très réduite, et uniquement pour alimenter un contexte précis.

On peut faire des livres passionnants autour d’histoires simples, et c’est le ici. Je lirai d’autres livres de l’auteure c’est clair.

 

Je pouvez aussi retrouvez ICI l »avis de Ge sur Soul of London

Evie de K.L. Slater


Le livre : Evie de K.L. Slater. Traduit de l’anglais par Benoît Domis. Paru le 16 août 2018 aux éditions Milady dans la collection Suspense. 19,50€ ; (407 p.) ; 14,2 x 21,3 cm.
4ème de couverture :
La personne que vous aimez le plus au monde est en danger…
Il y a trois ans, la petite Evie, 5 ans, a disparu en sortant de l’école. La police n’a jamais réussi à la localiser. Aucun indice, aucune piste. Rien. La petite s’est évaporée. Mais Toni le sait : sa fille est vivante. Encore faudrait-il qu’elle puisse l’exprimer ! Car Toni est enfermée dans un terrible silence. Personne ne l’écoute, personne ne l’entend. Pourtant, Evie a besoin d’elle. Toni doit réaliser l’impossible si elle veut la sauver.
L’auteur : Le nom de K.L Slater vous est peut être inconnu. Auteure reconnue en Grande Bretagne, elle a tout d’abord écrit des romans pour jeunes adultes sous le pseudo de Kim Slater. Elle s’est ensuite consacrée aux thrillers psychologiques pour lesquels elle possède une grande renommée dans son pays. Evie est son premier thriller traduit chez nous.

 

 

 

Extrait :
« Quand tu t’apercevras que ton enfant a disparu, tu croiras connaître le pire.
Très vite viendra ce sentiment insidieux, comme si tu te vidais de ton sang, que tu n’y peux rien, absolument rien.
Tu le sentiras s’écouler, et rien ne peut l’arrêter. Mais à ce stade, tu te fiches pas mal de ce qu’il peut t’arriver.
Tu ne penses qu’à elle, ton bébé.
Quarante huit heures. C’est la durée approximative où tu chancelleras au bord de la folie, t’entêtant à croire que les choses peuvent redevenir comme avant.
Tu resteras sans dormir pendant des jours, jusqu’à ce que l’on te donne des sédatifs. Chaque fois que tu émergeras de ton sommeil chimique, il se passera une seconde- une seule- où tu ouvriras les yeux en pensant que tout est rentré dans l’ordre. Une seconde où tu croiras avoir tout imaginé.
Ensuite, tu te diras que rien ne peut être pire que ça.
C’est précisément à ce moment là, où presque, que l’espoir commence à s’effondrer. »

L’avis de Clémence, de la page « Les lectures de Clémence » :

Evie, de K.L Slater :

Un suspense haletant qui vous tiendra éveillé(e) jusqu’à l’aube, pour les fans de Paula Hawkins (La Fille du train) et B. A. Paris (Derrière les portes).

Ma première impression en commençant ce livre a été : « encore une disparition d’enfant , du vu et revu »…Mais l’auteur innove complètement dans le genre puisque le côté enquête policière n’est pas du tout mis en avant. Le contexte de l’histoire est plus précisément celui de l’avant disparition de la petite .

Le premier chapitre nous présente la narratrice, dans un état comateux, qui est a priori la seule personne à pouvoir nous aider à retrouver l’enfant.

Puis l’histoire repart en arrière avec l’avant disparition où nous faisons connaissance avec Evie et sa maman Toni. Ces deux dernières sont perturbées par la mort du papa et époux , et vont déménager afin de se rapprocher de la maman de Toni et ainsi débuter une nouvelle vie.

Ces deux personnages principaux avec qui l’auteure nous fait faire connaissance volontairement pendant de nombreuses pages ne fait qu’accroître notre sympathie et nos sentiments pour elles.

Ce livre est un vrai page Turner puisque l’on veut à tout prix connaître les circonstances de la disparition et surtout savoir si nous retrouverons la petite Evie vivante.

On est, ici, dans un réel thriller psychologique où les sentiments sont mis à mal. La chute est juste parfaite puisqu’à aucun moment je ne m’y attendais. Entre la maman accro aux médicaments, l’institutrice déjantée, la chef très spéciale…il faut avouer que les personnages entretiennent le suspens.Mais je me suis trompée sur toute la ligne !

Nouvelle auteure dans mes connaissances et je sais déjà que je suivrai de près ses actualités.

Ravissantes de Nicolas Jaillet


Après avoir entendu Nicolas Jaillet nous parler de ce titre durant ses GAV, voici venir la double chronique de flingueuses. Et c’est Aline et Ophélie qui nous disent tout le bien qu’elle ont pensé de Ravissantes

Le livre : Ravissantes de Nicolas Jaillet. Paru le 14 Mars 2018 aux Editions Milady. 18€20 ; (282 p.) ; 22 x 15 cm

4ème de couverture : 
« – Elle est pas méchante. Mais je crois qu’elle est frustrée. Je l’ai jamais vu avec quelqu’un. Sa vie sentimentale, c’est le désert de Gobi. C’est bizarre d’ailleurs, elle est très jolie mais je ne sais pas ce qu’elle a, elle…
– ELLE VOUS ENTEND ! »

Ilona est jeune et belle. C’est même son métier. Ilona est mannequin. Elle fait du sport, ne mange pas, ne boit pas, ne sort pas. Et ce n’est pas comme ça qu’elle va trouver l’âme sœur. Elle intimide les hommes, ou bien ils ne cherchent qu’à se pavaner à son bras.
Sa complice et agent, Lucie, un mètre soixante pour quatre-vingt kilos, a plus de chance. Elle mange, boit, et sort sans la moindre retenue. Est-ce pour cela qu’elle exerce sur les hommes une fascination irrépressible ?
Quand Zlotan Marvelis, un créateur montant, est sur le point d’engager Ilona, Lucie se dit qu’il faut tout mettre en œuvre pour que sa protégée se détende. Elle fait donc appel à son ami Pierre, gigolo free-lance amateur.

L’auteur : Né en 1971, Nicolas Jaillet a toujours préféré les chemins de traverse. C’est sûr les routes, au sein d’une troupe de théâtre forain, qu’il apprend le métier d’écriture. Plus tard, il compose des chansons pour son ami Alexis HK. Ses romans explorent la littérature de genre : aventure, western, roman noir, science-fiction, comédie.
Extrait :
« Ilona se tient droite avec autant de naturel que possible. Un port princier qui lui inspire sa robe. Et puis, avec les épingles qu’elle a dans le dos, 
mieux vaut éviter de s’affoler sur le dossier, ça finirait aux urgences. Elle s’habitue à l’idée d’être regardée. C’est en train de devenir un métier, pour de vrai. Car c’est un métier. C’est un rôle, actif. Ça se joue, ça se répète, ça se calcul, ça se travaille. Et ça lui plaît. »

 

L’accroche de Miss Aline

Ravissantes de Nicolas Jaillet

 

Ilona passe sa vie de casting en casting. Elle appartient à une petite agence dont elle est la seule mannequin ! Lucie, amie et patronne, essaie de lui dégoter LE contrat qui va les propulser, l’une et l’autre, sur le devant de la scène.

Dans ce roman comédie se joue le grand jeu des apparences. Être vu au bon endroit, côtoyer les bonnes personnes. On y parle aussi de la souffrance des corps : tenir en mangeant salade et graines, le sport pour garder une ligne qui est hors des lignes de mademoiselle-tout-le-monde. Être épuisée au point de n’avoir aucune vie sociale. Alors l’Amour là dedans n’en parlons pas.

À l’opposé il y a celle qui use et abuse de tout, qui se pense épanouie parce qu’elle maîtrise son corps, sa vie. À bien y regarder sa vie c’est la consommation à outrance dans une société qui prône la surconsommation.

Ilona, Lucie deux contrastes, deux paradoxes qui pensent maîtriser leur vie, maîtriser leur corps et qui oublient qu’elles ont un cœur. Et que le bonheur ne se suffit pas d’apparences.
Ilona, Lucie deux femmes qui risquent de passer à côté de leur vie, de LA vie si elles ne prennent pas garde.

Je remercie Nicolas Jaillet de m’avoir permis de découvrir son univers et de me rappeler que la vie est belle au-delà des apparences.

 

 Le off de Oph

Ravissantes de Nicolas Jaillet aux éditions Milady est une très bonne comédie romantique fraîche et pétillante

Ravissantes c’est l’histoire d’Ilona, mannequin; de Lucie son amie et agent; et de Pierre, le voisin d’Ilona.

Un trio de choc au service d’une satire du monde de la mode, des défilés et des comportements anorexiques des mannequins:

« C’est la pause déjeuner. Dans leur retraite improvisée, les trois filles dégustent leur repas, dans de petites boîtes de plastique qu’elles ont posé sur leurs genoux.

Néfertiti-Angela se penche sur la boîte d’Ilona:

-Tu t’es fait quoi toi?

-Salade verte, graines de sésame, raisin sec, feta. Cent vingt calories. Tu veux goûter? »

Nicolas m’a mis la banane tout au long de la lecture de ce roman avec un humour, loin d’être potache, travaillé, et quel plaisir!

« Le silence revient. Ilona reprend son souffle, vaguement soulagée. Elle s’attendait à mieux.Elle s’est un peu forcée à la fin. Elle a peiné pour finir sur un point d’orgue, et si elle a réussi à hurler assez correctement, il faut avouer qu’elle a manqué d’inspiration, côté vocabulaire. Elle a toujours rêvé d’être une tigresse, mais ça ne doit pas être son animal totem, décidément. Dans le domaine de l’agressivité, elle tient probablement plus de l’huitre. »

Il faut d’ailleurs que je précise qu’il y a dans ce roman, un chien, un teckel, vous savez le petit chien de sa maman… Un teckel dont la maîtresse m’a fait penser à Paris Hilton du temps de sa « gloire ». Ce superbe petit roquet à un nom, que je ne vous donnerai pas, tant la découverte est jubilatoire… Mais un nom… Qui m’a mis les larmes aux yeux de rire! (Néanmoins Nicolas Jaillet il faudra m’expliquer le pourquoi de ce nom!!)

Enfin, Ravissantes c’est aussi et surtout une magnifique déclaration d’amour aux femmes. Un message à toutes celles qui se trouvent trop grosse, qui n’aiment pas leur nez, qui se tartinent le visage pour cacher un commencement de début de cernes… Nous sommes belles Mesdames, nous avons tous un truc qui nous rend désirables et jolies, et à mon sens, c’est le message de cette comédie romantique.

Un grand merci à Nicolas Jaillet et à Milady!

Les encombrants – Jeanne Faivre d’Arcier


Le livre : Les encombrants de Jeanne Faivre d’Arcier. Paru le 17 février 2017 chez Milady dans la collection Milady Poche Thriller. 7€20 ; (323 p.) ; 18 x 11 cm.

4e de couv :

Elle mit bas au petit matin, sur la table de la cuisine. De violentes contractions l’avaient réveillée. Elle braillait à pleine gorge, elle pensait qu’elle allait mourir.

À Pigalle, le crime ne dort jamais. À l’heure où les rapaces croisent les oiseaux de nuit, le vieil Antoine trouve un nourrisson dans un meuble abandonné sur le trottoir et décide de lui offrir un nouveau foyer. Jusqu’à ce qu’un inconnu lui fracasse le crâne et lui enlève l’enfant. Le brigadier Muriel Hardy prend en charge une enquête où tout, étrangement, semble lui échapper. Dans ce quartier de malheur bat le pouls de la violence mais y répondent aussi, parfois, la justice et la solidarité.

 

L’auteur : Diplômée de l’IEP de Paris, Jeanne Faivre d’Arcier est chasseur de têtes pour l’industrie des cosmétiques, des produits de luxe, le monde des médias et de la communication.
Elle se partage entre Paris, où elle vit, à Pigalle, et le Cap Ferret, où elle trouve son inspiration face à l’océan et à la forêt landaise.
Les voyages lointains font, depuis toujours, partie de ses respirations. Elle a une forte attirance pour l’Orient, l’Inde et l’Asie du Sud-Est, pays de cultures mythiques et de forte tradition philosophique et religieuse. Elle a une prédilection pour l’hindouisme dont elle apprécie l’humour, l’irrespect et la poésie. Elle aborde les mythes et les légendes hindouistes au premier degré, comme des BD ou des dessins animés de Disney.
Ses livres sont fortement nourris de ses voyages et de ce goût pour l’Orient, au sens où l’entendaient les orientalistes du dix-neuvième siècle. Ses romans sur les vampires sont autant des récits fantastiques que des livres d’aventure, des dérives dans le temps et l’espace.
Elle adore les chiens, aime le sien, un terrier du Tibet, d’un amour totalement déraisonnable qui lui a inspiré le thème de son deuxième livre, Gengis Khan et le loup bleu.
Enfin l’une de ses sources d’inspiration récurrente est la transgression sexuelle. L’interdit est présent dans tous ses livres, qu’il s’agisse des romans consacrés aux vampires, de la biographie d’une chanteuse juive tunisienne brûlée vive par un amant éconduit, ou de son roman noir : L’Ange blanc s’habille en noir.
Lauréate du Grand Prix de l’Imaginaire, Jeanne Faivre d’Arcier est l’auteur d’une quinzaine de romans noirs et fantastiques, pour les adultes comme pour la jeunesse, qui lui valent d’être comparée à Anne Rice. Dans Les Encombrants, elle dépeint avec humanité, loin des clichés, un quartier de légende dont elle connaît d’autant mieux la faune bigarrée qu’elle y vit depuis plus de vingt ans.
Extrait :
« La mère Sadji est sur la mauvaise pente, ajoute la technicienne de surface. Sa boîte est devenue le repaire de petites frappes qui se battent et s’échangent de la dope et des filles peinturlurées comme des totems. Toute cette clique fait fuir la clientèle des fêtards aisés qu’elle voulait attirer en organisant des concerts ou des soirées privées. Résultat : elle doit plusieurs mois de loyer au propriétaire des murs, un Libanais installé à Bruxelles où il dirige plusieurs clubs huppés. Lorsqu’il se décidera à l’expulser, la rue fera une foiridon à tout casser, achève l’Algérienne avant de jeter une bassine d’eau sale dans les jambes d’un acteur et chansonnier nonagénaire presque aveugle qu’elle n’a pas vu arriver (il traîne un westie édenté, grisâtre et couvert de pustules au bout d’une corde à linge effilochée).
Le chien glapit, la Maghrébine s’excuse et le comédien, qui la croise tous les jours quand il se hasarde hors de chez lui en tremblotant sur ses cannes pour faire pisser son saucisson poilu, lui crie d’une voix aigre : « Et alors, la Kabyle téléphonique, je vous ai pas sonnée ! » Il s’éloigne à petits pas, modulant un rire gras d’asthmatique. Ulcérée, la femme de ménage le traite de vieux déchet. »

La chronique jubilatoire de Dany

Des personnages cocasses, une intrigue originale mais au-delà de tout, une chronique sur Pigalle qui nous fait découvrir la faune implacable et équivoque qui peuple cette eau trouble et une approche très sociale de la prostitution et aussi une ode à la solidarité …. C’est ainsi que se mêlent un faux médecin, un travesti, une ivrogne patente, un couple de danseurs, une apprentie peintre, des prostituées « Poulpe » ou « Rascasse », un couple de charognards, quelques flics et fliquettes qui cherchent leurs orientations sexuelles, quelques serveurs de bars louches et une flopée de chiens tous aussi barrés … Oui, une galerie de personnages tous plus barrés les uns que les autres, que ne renierait pas Nick Gardel … Un bébé abandonné dans une armoire destinée aux encombrants, puis une rixe, qui tourne mal et en fait un enjeu meurtrier ! Une jubilation à l’état pur, une découverte due au hasard d’une rencontre programmée dans un salon à venir …

Cette auteure, cataloguée souvent dans la catégorie jeunesse (5 romans), fantastique ou épouvante a commis à ce jour 15 romans dont certains inspirés par son goût de l’orientalisme. Avec « les encombrants » elle signe son premier polar pour adultes.

« Devinant qu’il cherche un dérivatif à ses pensées moroses, Pocahontas lui confie qu’à ses débuts elle travaillait à l’ombre des marronniers de la place Pigalle. Hélas, cette période bucolique avait pris fin lorsque des édiles municipaux à cheval sur la moralité avaient fait raser les arbres et ensevelir sous une chape de ciment la pelouse qui servait d’écrin à la fontaine centrale. La pièce d’eau a survécu aux bétonneuses, mais elle n’est plus en état de marche. De peur, sans doute, que les transsexuels défoncés à l’ecstasy qui fréquentent le Folie’s Pigallen’aient l’idée d’y faire trempette cul nu, histoire de se rafraîchir les circuits.
Le quartier perd son âme, tout change, tout se dégrade et le pire reste à venir, babille Pocahontas. »

Un sac – Solène Bakowski


Le livre : Un sac de Solène Bakowski.  Paru le 20 janvier 2017 chez Milady de la collection Poche Thriller. 6€90 ; (277 p.) ; 18 x 11 cm
4e de couv :
En pleine nuit, une jeune femme attend face au Panthéon, seule, un petit sac dans les bras qu’elle serre comme un étau. Cette femme, c’est Anna-Marie Caravelle, l’abominable, l’Affreuse Rouquine, la marginale.
Vingt-quatre ans plus tôt, Anna-Marie, fille d’un suicidé et d’une folle à lier, a été prise en charge en secret, à l’insu du reste du monde, par la vieille Monique Bonneuil, qui ne s’imaginait pas qu’elle abritait un monstre sous son toit. Un monstre que, lentement, elle a fabriqué. Car la petite fille, poussée par ses démons, hantée par son histoire, incapable de distance, se met à tuer. Tuer, sacrifier pour régler ses comptes, tout simplement.
Mais que fait-elle là, Anna-Marie, désormais jeune femme, agenouillée en plein Paris au milieu de la nuit ? Et que contient ce mystérieux sac qu’elle serre dans ses bras ?
……………………
L’auteure : Solène Bakowski est née en 1981 à Paris. Auteur de « Parfois on tombe » (éditions Favre, janvier 2014), lauréat du Prix de la Chapelle-Montreuil 2015, d’ « Un sac » (auto-édition, janvier 2015) et de « Chaînes » (auto-édition, juin 2015), mon but est avant tout de raconter des histoires et d’essayer de faire ressentir des émotions à travers la fiction. elle aime créer des personnages alambiqués animés d’une « folie normale » et mettre en scène les points de rupture, ces moments où tout bascule. Roman noir, histoire paranormale, voyage initiatique et très bientôt roman d’anticipation…
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Extrait : 
Je suis né il y a un peu plus de vingt-quatre ans, au bout de la rue Chanzy, dans le 11e arrondissement. Petit rat rose d’un peu moins de trois kilos, tache lie-de-vin géante au beau milieu de la face comme une blessure de guerre, une mèche blond-orange perdue sur un crâne qui portait encore la trace de l’effort, j’étais, le jour de mon arrivée, un bébé plutôt laid. Il faut dire qu’on m’avait fait venir à la vie comme on aurait jeté un homme à la mer, un soir de tempête, sans bouée, sans brassards et, surtout, sans espoir. Et sans bruit, aussi. Alors forcément, ça laisse des traces. Longtemps
……………………

Le “ressenti” de Jean-Paul

Un sac

de Solène BAKOWSKI

Poche – 20 janvier 2017

Ma première remarque sera : “Qu’est-ce que c’est bien écrit” !

Je suis passé par énormément d’étapes lors de ma lecture, j’ai compati, réprouvé, ressenti de l’angoisse aussi, de l’effroi, de l’abomination, j’ai vécu la folie d’Anna-Marie, mais finalement ce que j’en ai retenu n’est que de la tendresse et une certaine poésie.

Je ne vais pas tricher, j’ai été littéralement captivé, j’ai même eu à certains passages la larme à l’œil.

Je me suis très vite attaché à aux personnages de Solène.

Torturés, délaissés dans la détresse et la souffrance, mais je les ai aimé…

Ce n’est pas un livre facile psychologiquement mais Solène nous offre un véritable cri d’amour !!!

Très belle découverte littéraire…

Touch de Claire North


Aujourd’hui j’ai le plaisir de vous proposer le premier billet de notre toute nouvelle chroniqueuse presque anonyme.

Et c’est Julie qui nous parle de :

Touch le roman de Claire North


Le livre : Touch/Du bout des doigts de  Claire North. Traduit de l’anglais par Isabelle Troin. Paru le  18/11/2016, Éditée par Milady Collection: Science fiction poche. 7€90 ; ; 479 pages ; 11X18 cm
Synopsis: 
« Je suis Kepler. Je pourrais être vous. » Le premier échange est survenu juste avant ma mort. Alors que la vie s’échappait de mon corps, j’ai tendu la main vers mon assassin. Et tout à coup, je voyais le monde à travers ses yeux, mon corps étendu, brisé et ensanglanté, dans une ruelle sombre. Plus je passe d’un corps à l’autre, plus l’échange est facile, que je reste quelques minutes ou quelques années. Maintenant, on me poursuit et on tue mes hôtes les uns après les autres, sans que je sache qui ni pourquoi.
 
Extrait: « Le problème quand vous emménagez dans un nouveau corps, c’est que vous ne savez jamais exactement ce qu’il a fait. »

 L’auteur :  Claire North alias Catherine Webbnée le 27 avril 1986 à Londres en Angleterre, c’est  une romancière britannique de fantasy et de science-fiction.Elle écrit également sous les pseudonymes de Kate Griffin. Elle baigne depuis son enfance dans le monde de l’édition entre une mère auteur et un père, Nick Webb, l’éditeur. C’est donc tout naturellement qu’elle écrit son premier roman à l’âge de 14 ans. Celui-ci sera publié deux ans plus tard, en 2002

 Le billet anonyme de Julie

Lorsqu’ Harry August décède, il renaît, à la même date et au même endroit que la première fois, mais en accumulant les souvenirs de ses vies successives. Au soir de sa onzième vie, une petite fille vient à son chevet et lui annonce que l’avenir de l’humanité est entre ses mains.

 Un Thriller fantastique original et déstabilisant qui casse les codes

« Touch » ou « du bout des doigts » de Claire North aussi connu sous le nom de Catherine Webb est un roman thriller mélange des genres entre fantastique, historique, action et science fiction. C’est un thriller original mais déstabilisant qui ne peut pas plaire à tout le monde, en effet on suit un fantôme qui possède des personnes, il faut accepter l’idée que la fantôme peut posséder un enfant, une fille, un homme etc et changer d’hôte assez vite.  

En plus de ça, on va voyager dans le temps avec des flash-backs, on va en apprendre plus ensuite sur ce fantôme, sur son passé et ce qu’il a fait pour que quelqu’un veule le tuer.

Pour ma part, j’ai adoré ce livre, j’ai aimé être déstabilisée, j’ai aimé l’histoire, le mélange des genres et sa part d’originalité. J’ai été prise dedans et par le suspense. C’est une oeuvre hybride qui ne plaira pas à tout le monde mais je vous invite à vous faire votre propre avis dessus. 

La maison et autre histoire de Nicolas Jaillet


La maison Nicolas JailletLe livre : La maison : et autres histoires  de Nicolas Jaillet. Préface Marcus Malte. Paru le 23 septembre 2016 chez Milady dans la collection Malady Thriller. 5€90 ; (157 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

« Deux heures de lecture gravées à vie dans votre mémoire. » Emmanuel Delhomme, France Inter

« Une angoisse, une oppression superbement rendues par la subtilité de l’écriture. » Marcus Malte, extrait de la préface.

« Une merveille. Un livre incandescent. » Gérard Collard, Librairie La Griffe Noire

Trois histoires noires et subtiles où Nicolas Jaillet, en chirurgien du cœur, dissèque nos secrets.

La Maison :
En robe blanche, son bouquet à la main, Martine sait qu’elle n’aimera jamais Jean, l’homme triste et violent qu’elle vient d’épouser. Mais en elle, une graine est en train de germer. Pendant des années, elle survit à son quotidien et élève leur enfant. En silence, avec une audace et une obstination extraordinaires, elle prépare son évasion.

L’auteur :
 Nicolas JAILLET est né le 21 mai 1971  à St Cloud. A 18 ans,il est parti sur les routes faire du théâtre (compagnie des Epices, compagnie des Filles de Joie), fasciné qu’il fut, ado, par le Molière d’Ariane Mnouchkine. Nicolas Jaillet a toujours préféré les chemins de traverse. C’est sur les routes, au sein de sa troupe de théâtre forain, qu’il apprend le métier d’écrire. Plus tard, il compose des chansons pour son ami Alexis HK. qu’il a  accompagné un temps. Il a vécu au Mexique, a écrit la Sansalina en revenant puis le retour du Pirate en 2002. Ses romans explorent la littérature de genre : aventures, western, roman noir, science-fiction. Le présent recueil, inspiré d’histoires vécues, s’écarte de cette première tendance.
 Extrait : 
Il y a des souvenirs imaginaires. Nous en avons tous; parfois sans le savoir. Des images que nous gardons gravées dans notre esprit. Par leur précision, elles dépassent souvent nos vrais souvenirs.
Et pourtant, ces souvenirs-là sont faux.

Résumé et avis

Retour elliptique sur des épisodes de l’enfance de l’auteur, qui décrit le comportement de son père alcoolique et le courage de sa jeune mère qui prit la décision de s’émanciper d’une vie oppressante et aliénante.

Nicolas Jaillet nous raconte, ou plutôt fait raconter à son narrateur l’histoire d’un couple, d’une famille, la sienne, qui vit sous l’emprise d’un père alcoolique et violent. Mais ici ce n’est pas tant l’histoire qui compte, c’est la façon dont elle est racontée. Nicolas Jaillet avec ses phrases courtes, épurées nous fait vivre au plus près le drame qui se trame. Il nous parle de la violence mais pas seulement la violence physique, non celle plus pernicieuse, plus sourde, la violence psychologique. Celle qui sera à l’origine de l’intrigue, celle qui va l’ourdir. L’auteur, par son économie de mots, nous invite à la pudeur. De celle que l’on doit avoir à écouter ce jeune garçon. De celle qu’il a à raconter et faire revivre son histoire et celle de sa mère. Avec sa précision stylistique, Nicolas Jaillet fait monter progressivement la pression. La puissance de celle ci, à la fin, nous laissera hagard. Vous l’aurez compris, ce livre est une petite merveille littéraire. Un pur bijou noir. Et le noir, nous va si bien.

La maison est suivie de  deux histoires inédites : La robe et La bague.

Deux nouvelles merveilleusement ciselées par l’écriture et la sensibilité de notre auteur.

La Robe :
Entre eux, c’est devenu un rituel : pour leur anniversaire, elle remet sa robe de mariée. Leurs amis les envient. Samuel et Sandra vivent un conte de fées…

La Bague :
Une femme caresse une bague à son doigt. Dans le train, un homme observe le visage de cette grande amoureuse changer…

Bonne lecture.

BLOCK 46 – Johana Gustawsson


Johana Gustawsson sera avec nous à Saint Maur en poche le week-end prochain.

 

Johana Gustawsson est une auteure française de romans policiers, née en 1978 à Marseille. Johana Gustawsson a écrit une biographie de la comédienne Laetitia Milot, avec qui elle a collaboré à son second thriller On se retrouvera. Elle publie son premier roman policier avec l’éditrice Lilas Seewald en 2015, Block 46. En Mars 2017 parait Mör toujours chez Bragelonne . Elle est diplômée de Sciences Politiques.  Elle a été journaliste pour la télévision et la presse françaises. Elle vit aujourd’hui à Londres, en Angleterre. Elle est aussi « Suédoise en herbe » comme elle aime à le dire.
Le livre : Block 46 : une enquête d’Emily Roy et Alexis Castells de Johana Gustawsson. Paru le 21 octobre 2016 chez Milady dans la collection Milady Thriller.  7€90 ; (461 p.) ; 18 x 11 cm

4ème de couv
Falkenberg, Suède. Le commissaire Bergström découvre le cadavre terriblement mutilé d’une femme.
Londres. Profileuse de renom, la ténébreuse Emily Roy enquête sur une série de meurtres d’enfants dont les corps présentent les mêmes blessures que la victime suédoise : trachée sectionnée, yeux énucléés et un mystérieux Y gravé sur le bras.
Étrange serial killer, qui change de lieu de chasse et de type de proie…
En Suède, Emily retrouve une vieille connaissance : Alexis Castells, une écrivaine pleine de charme spécialisée dans les tueurs en série.
Ensemble, ces deux personnalités discordantes se lancent dans une traque qui va les conduire jusqu’aux atrocités du camp de Buchenwald, en 1944.

Extrait :
Les trois lampes torches zèbrent la fosse.
Un rectangle parfait. Un mètre trente de long, cinquante centimètres de large. Du sur-mesure.
Il ramasse la pelle, la charge de terre et en arrose le trou. Une seule pelletée et les jambes sont déjà recouvertes ; on ne voit plus que les orteils. Des orteils doux comme des galets, froids comme des glaçons, qu’il aimerait toucher du bout des doigts.
Doux et froids.
Il jette un nouveau tas de terre humide sur le ventre. Elle se loge à l’orée de la cage thoracique, dans le nombril ; le surplus glisse sur les côtés. Quelques coups de pelle supplémentaires et il aura terminé.
Rapide, dis donc, cette histoire.
Soudain, il lâche la pelle et plaque ses gants boueux contre ses oreilles.
— Tu vas la fermer, oui ?
Il a craché ces mots, les mâchoires scellées par la colère.
— Non, non, non, non ! Arrête de crier. Arrête !
Il s’agenouille à côté de la fosse et colle sa main sur les lèvres blêmes.
— Chut. Chuuuut, j’ai dit…
Il caresse du nez la petite joue glaciale.
— Oui… oui… d’accord… je te la chante, ta chanson. Je vais te chanter Imse Vimse, mais tu te tais. Compris ?
Il se remet debout et secoue son pantalon.
— L’araignée Gypsie monte à la gouttière…
Il attrape la pelle et balance un tas de terre sur le torse. Elle pénètre dans l’entaille béante qui court du menton à la fourchette sternale.
— Tiens, voilà la pluie, Gypsie tombe par terre…
Une pelletée sur le visage. La terre s’étale sur le front, recouvre les cheveux et coule dans les cavités oculaires.

 

Le Résumé et le petit avis de Kris

BLOCK 46 – Johana Gustawsson

Les similitudes observées sur les corps des victimes d’une série de meurtres d’enfants à Londres et sur celui d’une femme assassinée en Suède amènent l’enquêtrice anglaise Emily Roy à collaborer avec le commissaire Bergström en Suède. La poursuite du ou des tueurs les plonge dans l’histoire de la Seconde Guerre mondiale et au coeur d’événements vécus en 1944 à Buchenwald.
Réussir la prouesse de mener une enquête se tenant en 2014 et la relier à l’époque bien noire de notre histoire, celle de la 2ème guerre mondiale et ses camps de concentration , Johana l’a fait et bien fait.
Mêlant atrocités de maintenant et d’autrefois avec brio, cette enquête menée par deux protagonistes féminines, l’une profileuse et l’autre auteure spécialisée dans les tueurs en série vous prend dans ses filets et vous offrent quelques surprises de choix.
Gageons que le second opus « MÖR » sera tout aussi captivant.

 

Et pour compléter le petit avis de Kris, vous pouvez aussi retrouver ICI ma petite chronique de Block 46

Et Là, celle de MÖR

Un sac de Solène Bakowski


sacLe livre : Un sac de Solène Bakowski. Paru le 20 janvier 2017.  6€90 ; (277 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :
Oserez-vous regarder dans le sac ?
En pleine nuit, une jeune femme attend face au Panthéon, un sac dans les bras qu’elle serre comme un étau. Cette femme, c’est Anna-Marie Caravelle, l’Affreuse Rouquine, la marginale.
Lorsque, vingt-quatre ans plus tôt, Monique Bonneuil a pris en charge son éducation à l’insu du reste du monde, elle n’imaginait pas qu’elle abritait un monstre. Car la petite s’est mise à tuer. Un peu, d’abord, puis beaucoup.
Voici l’histoire d’Anna-Marie Caravelle. Que fait-elle là, agenouillée en plein Paris, au milieu de la nuit ? Et que contient ce sac qui semble avoir tant d’importance ?

sacaL’auteur :

 Solène Bakowski est née le 22 septembre 1981 à Paris. Elle est actuellement enseignante dans la région parisienne.

Extrait :
Je m’appelle Anna-Marie Caravelle et je suis une marginale. Sans existence officielle, sans identité vérifiable, sans rien. Tous ceux qui auraient pu témoigner de ce que je suis ou de ce que je fus ne sont plus. La faute à pas de chance. Je suis une paria comme il en existe des milliers d’autres, et je suis seule, depuis le début ou presque. J’ai fait des choix contestables, mais jamais contestés. Alors j’ai continué. Je vais vous paraître effrayante. Pourtant, je ne suis pas monstrueuse. Disons que je me suis construite à l’envers, en réaction contre tout. Mon histoire ne plaide ni en ma faveur, ni en ma défaveur. Tout juste si je parviens à me trouver quelques circonstances atténuantes. Si je vous raconte tout ça aujourd’hui, c’est seulement pour me dédouaner un peu et parce que je sens bien que, si je reste avec ces mots sur le cœur, ils finiront par me le manger. Je balance tout mon être dans ces pages et laisse juge qui voudra.

 

 

La chronique de Julie

Voici l’avis que j’ai décidé de partager avec toi 🙂 J’ai longtemps hésité, même si j’ai eu pas mal de coup de cœur ces derniers temps, un sac de Solène Bakowski reste celui qui m’a le plus marqué et que je conseil depuis janvier ! Donc je me suis dis que j’allais faire pareil avec le concours 3/3 que tu organise sur ton blog 🙂

Un sac de Solène Bakowski

Waouh !! Quel Livre ! Quelle écriture !

Oui, la vie est loin d’être un long fleuve tranquille et nos actes peuvent avoir des répercussions oh combien importantes sur nos vies mais aussi sur la vie des autres…

Avec Un sac, l’auteur a largement conquis son public avec l’auto-édition et les éditions Bragelonne & Milady Thriller ont eu la très bonne idée de faciliter son accès à un plus large public.

La vie d’Anna-Marie Caravelle est glauque, froide, horrible et cela avant même sa naissance. Un père qui se suicide pour ne pas assumer ses responsabilités, une mère qui la rend responsable de son malheur, au point d’en devenir folle.  Ces révélations influeront sur son avenir et sur ses agissements bien entendu !

L’affection donnée même par une tierce personne peut sauver un enfant, mais si l’amour donné n’attend rien en retour. Ann-Marie n’aura rien, ne fera face qu’à un vide affectif qui la poussera à la violence pour attirer l’attention, à la folie meurtrière pour se voir exister dans le regard de l’autre ! Elle va devenir une marginale, droguée, prostituée, alcoolique tout cela pour trouver l’amour. Elle ne cherche que cela Anna-Marie, qu’on l’aime, mais d’amour il n’y a point pour Ann-Marie.

Une héroïne, qui n’a rien pour l’aider dans la vie, qui tente de survivre avec les moyens qu’elle a et la folie qui la guette.

Un roman court, passionnant avec une histoire noire, qui vous colle à la peau, même quand vous le refermez, un roman qui vous met une claque dans la gueule tellement il est dur, sombre. Un roman que vous ne pourrez pas oublier tellement il remue les tripes.

Un fil conducteur, cette femme avec son sac, que l’on apprend peu à peu à connaître… Qui nous amène jusqu’à la fin du roman

Le déchéance humaine a son paroxysme ! Je n’ai jamais rien lu d’aussi dur et d’aussi troublant, la plume de l’auteur est incisive, directe, cynique. Une analyse très réaliste de l’amour maternel, du manque d’amour et de ses conséquences.

Les personnages sont tous aussi sombres, les uns que les autres, certains ont une capacité à s’en sortir d’autres pas, une déchéance humaine qui n’est pas réservée à la rue …

Le tout se passe dans Paris, le Paris glauque, le Paris qui vous emprisonne et qui ne vous relâche que complètement broyé. Paris, une ville qui devient un personnage à part entière, qui subjugue et fait peur.

Malgré sa déchéance et son glissement inexorable vers la folie, j’ai été touchée par l’héroïne, qui nous démontre que nous ne sommes pas tous égaux en arrivant au monde, contrairement à une légende qui perdure.

Avec Un Sac, l’auteur aborde les relations parents-enfants,  l’absence de désir maternel et ce que cela peut engendrer comme conséquences. Le désir maternel est souvent pensé comme inné, mais l’auteur nous démontre que non. Car oui, on ne naît pas parent, cela se construit. Comment un enfant peut-il devenir le « focalisateur » de sa propre déchéance et devenir l’objet de sa haine. Comment l’accompagnement des traumatismes doit se faire avec une femme enceinte… Nos rencontres font parfois tout basculer….

Ce livre ne peut pas vous laisser indifférent ! Ce livre va me marquer ! Ce livre est un vrai coup de cœur ! A dédier à toutes les Anna-Marie !

Voilà pour moi ce fut un vrai coup de cœur, une claque dans la gueule, j’ai été tour à tour horrifiée, émue, en larme ! Je suis passée par toutes les émotions possibles!

Rien que de relire mon avis j’en suis toute émue et j’ai replongé dans les émotions ressenties !