Mauvaise main de Gilbert Gallerne


Le livre :  Mauvaise main de Gilbert Gallerne. Paru le 10 janvier 2019 chez French Pulp éditions dans la collection polar. 18€. (254 p.) ; 21 x 14 cm

4e de couv : 

Mauvaise main

Éric, quasiment à la rue avec une femme sur le point d’accoucher, n’a plus de travail.

Il n’a qu’une seule solution pour s’en sortir : quitter la ville pour rejoindre la scierie familiale, perdue en pleine ligne bleue des Vosges.

Un retour aux sources compliqué quand on n’a pas vu les siens depuis des années.

Il y a ça, et surtout les secrets de famille, sans compter les magouilles du frère aîné qui règne en véritable tyran sur le domaine.

Une France profonde et noire où il ne fait pas bon s’aventurer…

 

L’auteur : Gilbert Gallerne a obtenu le Prix du Quai des Orfèvres 2010 pour son roman Au pays des ombres. Il avait publié avant cela une vingtaine d’ouvrages dans les différents registres de la littérature populaire, de la SF jusqu’au Gore. Depuis quelques années il s’est orienté avec succès vers l’écriture de thrillers. Il est par ailleurs l’auteur d’une dizaine de traductions, parmi lesquelles Danse avec les loups et Basic Instinct.

 

Extrait :
Léo et Michel ont monopolisé la conversation, ce dernier généralement pour approuver ce que dit son aîné. Les femmes n’ouvrent la bouche que pour manger. Annabelle jette de temps à autre des regards circonspects à son beau-frère. De ce qu’Élise fera ce soir dépendra son futur statut. Elle demeure à sa place. Finit son assiette. Michel se tourne vers la table des enfants et interpelle sa fille pour l’envoyer aider sa grand-mère.
L’adolescente proteste qu’elle n’a pas terminé, mais son père la fait taire et elle se lève pour se diriger vers la cuisine en traînant les pieds. Élise se demande combien de temps elle restera à la scierie. Que peut-elle envisager d’autre ? Des études ? Ou bien est-elle condamnée à demeurer Ici pour torcher les plus petits tandis que les hommes débitent le bois, jusqu’à ce qu’un voisin vienne la chercher comme une pièce de bétail ? Élise n’est là que depuis quelques heures, mais déjà elle n’en peut plus. Elle jette un regard vers Éric, ses yeux lui mangent le visage. Il fixe ses frères, sa mère, avec une avidité qui l’effraye.Il parlait rarement de sa famille, qu’l avait depuis longtemps rayée de sa vie. Le destin qui s’acharne sur eux et le contraint à revenir ici s’apprête-t-il à lui jouer un nouveau mauvais tour ? Élise a l’impression de se trouver plongée dans une de ces romanes qu’elle lit à l’occasion. Sauf qu’il n’y a pas de château, pas de bel aristocrate ténébreux. Juste une scierie au bord de la ruine, et une famille qui n’a pas voulu d’Éric autrefois et ne semble pas davantage désireuse de l’accueillir aujourd’hui.
Éléonore revient avec un plat chargé de viande et Élise oublie ses soucis pour ne plus penser qu’à la faim qui la tenaille. Solange suit, portant une marmite d’où monte une bonne odeur de chou. Elle la pose sur la table.
– Voilà ! dit Michel. C’était pas dur ! Tu peux aider, tout de même ! T’es presque une adulte maintenant !
– Presque une adulte, tu parles ! intervient Léo en saisissant sa nièce par la taille. C’est déjà une vraie petite femme ! Regarde ça : elle a des nichons !
Et il referme les doigts sur la poitrine de Solange. La gamine se tortille pour échapper à son étreinte. Elise ouvre de grands yeux. Pétrifiée. Tout le monde s’est figé et fixe la scène. Il n’y a plus que Solange qui se débat et son oncle qui lutte pour garder son emprise.
– Lâche-la !
Le cri jaillit de la table des enfants. Ludovic bondit au secours de sa soeur en renversant sa chaise. Il saisit le bras de Léo mais celui-i tient bon, amusé par les efforts de sa nièce. Léo repousse l’adolescent d’un revers de coude et, gloussant, il écrase le sein de Solange qui gémit.
– C’est du ferme, dis donc !
Il est le seul à rire. Élise agrippe la table, se tourne vers Éric. Son mari a reculé sur sa chaise, dépassé par cette violence. Personne ne bouge. Ludovic se dresse seul contre son oncle. Bernard, le fils de Léo, fait mine de se lever à son tour pour secourir son père. Elise regarde les autres. Pourquoi demeurent-ils tous à leur place, laissant Ludovic se débrouiller ? pourquoi Michel se contente-t-il d’arborer un sourire niais devant son frère qui tripote sa fille, comme si la scène n’avait pas d’importance ? Pourquoi Annabelle reste-t-elle clouée sur sa chaise, la bouche ouverte sur une protestation qui ne vient pas ? Elise se tourne pour dégager son ventre de sous la table et prend appui pour se lever.
– Ça suffit ! Lâche-là !
L’ordre a tonné de l’autre bout de la pièce. Éléonore fixe son fils. Léo la défie du regard avant de pivoter vers Solange, toujours prisonnière, puis vers Ludovic qui tire sur son bras sans succès. Il demeure ainsi trois longues secondes. Il finit par relâcher la gamine. Elle recule en trébuchant, le rouge aux joues et les larmes aux yeux. A peine Solange écartée, Léo attrape Ludovic par le col. Il contraint l’adolescent à s’abaisser jusqu’à ce que leurs visages se frôlent.
– Et toi, petit con, me parle plus jamais comme ça. Quand tu seras un homme, on verra. D’ici là, reste à ta place !
Il le rejette. Ludovic lutte pour conserver son équilibre, le défiant toujours du regard. Léo se raidit.
– Ludo ! Ça suffit ! Va t’asseoir.
L’enfant fixe sa mère sans comprendre, ce qui lui fournit une excuse pour détourner les yeux et rompre le duel  qui l’opposait à son oncle. Mâchoires crispées, contenant des larmes de rage et d’humiliation, il regagne sa place.
– Bon, dit Éléonore. L’incident est clos. Qui veut du chou ?
– Commence par Élise, dit Léo en regardant sa belle-soeur. Je crois qu’elle a tellement faim qu’elle a failli se lever
Élise prend conscience que ses phalanges sont toujours crispées sur le rebord de la table. Elle se relâche, sans cesser de fixer Léo. Elle perçoit de l’amusement dans ses yeux, mais cela ne la rassure pas. Annabelle prend son assiette et la tend à Éléonore.

 

Chronique d’une flingueuse :

Les petits mots de Flo

Mauvaise main de Gilbert Gallerne

Eric est au chômage, sa femme Elise est enceinte. En grande difficulté financière, le couple n’a pas d’autre solution que de trouver refuge dans la famille du jeune homme, qui tient une scierie dans les Vosges.
L’accueil n’est pas des plus chaleureux. Il y a là Eléonore, la mère d’Eric qui l’a confié à sa soeur à l’âge de 12 ans pour que cette dernière l’élève. Marcel, 56 ans, est l’oncle d’Eric, un personnage inquiétant, qui observe, ne s’exprime que par bribes incompréhensibles.
Les deux frères d’Eric, Léo et Michel ont pris les rennes de la scierie et sont tous les deux mariés, le premier avec Rose-Marie, femme peu aimable avec le jeune couple. Michel est marié à Annabelle, qui va se lier d’amitié avec Elise. Il y a aussi les enfants des deux couples qui observent la venue de cet oncle, Eric, porteur d’une prothèse à la main et qu’ils n’ont jamais vu.
Elise va observer, découvrir le fonctionnement de ce clan dans lequel son mari tente de s’intégrer. Et progressivement les événements vont prendre une tournure angoissante.
Gilbert Gallerne signe un roman noir très prenant, à coup de chapitres courts au terme desquels la tension va crescendo. le premier chapitre donne d’emblée le ton du roman, en décrivant une scène terrible tirée de l’enfance d’Eric.
C’est finalement Elise, le personnage principal de ce roman, celle qui va observer, ressentir, entendre, réfléchir, analyser et ce personnage féminin est vraiment très réussi.
L’atmosphère est pesante, la tension en augmentation perpétuelle ; nous sommes dans un quasi huis-clos. Les scènes qui se déroulent à l’extérieur du territoire familial sont peu nombreuses. La violence est omniprésente, sourde ou affirmée, qu’elle soit verbale, physique, sexuelle mais le roman se lit très bien car Gilbert Gallerne n’est jamais dans la surenchère.
L’écriture de l’auteur est précise, très visuelle et je n’ai pu m’empêcher de me rappeler certains films vus dans ma jeunesse, comme “Les granges brûlées” de Jean Chapot ou bien encore “La veuve Couderc”, pour l’ambiance rurale dramatique.
Un vrai coup de coeur que je vous invite à découvrir !

Le manufacturier de Mattias Köping


Le livre : Le manufacturier, Mattias Köping.  Paru le 25 octobre 2018 aux Editions Ring dans la collection Ring noir.  ; 21,90€ ;  (548 pages) ; 22×14 cm

 4ème de couverture :

Le 19 novembre 1991, une poignée de paramilitaires serbes massacrent une famille à Erdut, un village de Croatie. Laissé pour mort, un garçonnet échappe aux griffes des tortionnaires, les Lions de Serbie. Un quart-de-siècle plus tard, l’avocate Irena Ilic tente de remonter la piste jusqu’à la tête du commando, le sinistre Dragoljub.

Le 1er avril 2017, les cadavres d’une femme et de son bébé sont retrouvés dans la banlieue de Havre, atrocement mutilés. Niché dans le Dark Web, un inconnu sous pseudonyme revendique le double meurtre et propose les vidéos de ses crimes à la vente sur son site Internet… Depuis quand sévit-il ? Prêt à transgresser la loi, le capitaine de police Vladimir Radiche s’empare de l’affaire qui sème la panique sur le pays, au risque de voir l’inimaginable s’en échapper.

Les deux investigations vont se percuter avec une violence inouïe. L’avocate et le flic ont des intérêts divergents et se livreront une guerre sans merci. Emportés dans l’abîme du terrifiant conflit yougoslave, les enquêteurs évoluent dans un vertige noir, gangrené par la violence et la corruption, où les plus pourris ne sont peut-être pas ceux que  l’on croit. Crimes contre l’humanité, meurtres en séries, fanatismes religieux, trafics entre mafias sans scrupules, l’étau se resserre au fil des chapitres. Les égouts de l’Histoire finiront par déborder et vomir des monstres, trop vite oubliés.

N’ayez pas peur.

Oui, il y a tout ça dans Le Manufacturier. Non, il n’y a pas d’autre issue.

L’auteur : Mattias Köping, l’auteur des Démoniaques, thriller doublement primé en 2018 et acclamé par le public, libère toute sa puissance dans ce vrai page-turner, addictif et haletant, porté par une atmosphère envoûtante et une écriture ciselée. Programmé pour jouer avec les nerfs des lecteurs les plus aguerris de romans policiers, Mattias Köping confirme son entrée implacable parmi les maîtres du thriller français.

 

 

 

Extrait :« Tous ces témoignages atroces s’accumulaient en elle, lie noire de désespérance. Elle avait beau soutenir que la vie continuait malgré tout  et que les bourreaux n’avaient pas triomphé, elle s’accommodait de plus en plus mal de ce mensonge servi aux journalistes pour faire bonne figure. Son visage même trahissait sa pensée. En réalité, elle était hantée de tous ces charniers qu’elle avait visités, de toutes ces voix de femmes, d’hommes, d’enfants dont l’écho résonnait en elle. Elle vomissait l’humanité. L’espoir n’était qu’une allumette craquée dans un océan de ténèbres. »

L’accroche de Miss Aline :

Le manufacturier, Mattias Köping

Radiche capitaine de la crim’ aux méthodes plus que musclés, n’étant pas apprécié de ses collaborateurs et c’est le dernier de ses soucis.

Un pervers qui voyage sur le Dark net.

Un site des plus noirs : Le manufacturier de Jasenovac qui vend des vidéos d’une violence inouïe.

Milovan qui traine un passé douloureux qui le hante chaque seconde.

Irena Ilic avocate de l’ONG Dignité et Justice.

Dans les premiers chapitres l’auteur nous met face à tout ce petit monde et nous laisse faire connaissance. Mais dés le départ le ton est donné. Nous voilà dans une manufacture de 548 pages. Une usine de la violence brute et brutale. Une usine de tous les trafics : drogues, humains, argent. La manipulation, la corruption, le règne par la terreur. La peur suintant de tous les pores de la peau. La souffrance physique (viols, tortures), la souffrance morale (menace sur les proches). Que n’y a-t-il pas dans cette usine d’où sort la quintessence du mal ?

Depuis nos portes en passant par le conflit serbo-croate, on va respirer l’odeur fétide et abjecte de la mort. La violence est décortiquée. La mort  se pavane. La torture est reine. Des ventres évidés, des yeux énucléés, des enfants puzzles, des viols avec tout objet à portée de main… La mort vécut parfois comme une délivrance face à l’insoutenable.

Que n’a-t-on pas dit sur cet ouvrage ? Certes il n’est pas à mettre entre toutes les mains. Oui, âmes sensibles s’abstenir. Mais est-il pire que d’autres lectures où il n’y a pas d’avertissements. Pire qu’une réalité (surement amputée) délivrée quotidiennement, en flots incessants, dans nos postes de télévision ?

 Peut-on avoir envie de vomir en lisant un livre et écouter entre le plat et le dessert l’info sur une mère qui a tué son enfant une nuit où elle était tellement camée qu’elle ne sait même plus où elle a enterré le corps ? Peut-on avoir envie de vomir en lisant un livre et ne pas détourner la tête en allant voir tel ou tel film violent au cinéma ? Des années en arrière, je me souviens de parents ayant emmenés leurs enfants voir Dany the dog.

Alors non je n’ai pas eu envie de vomir en lisant Le manufacturier.  Bien que l’on descende très bas dans la noirceur, ce n’est que le haut de l’iceberg. L’homme est capable de l’impensable pour asservir, soumettre, manipuler, s’enrichir. Le mal, la violence brute sont incontestablement de ce monde.

Avec Le Manufacturier, Mattias Köping nous démontre une nouvelle fois son talent d’écrivain. Je salue également l’énorme travail de recherche pour ancrer son récit dans une réalité historique. Auteur à suivre incontestablement.

Un grand merci à Mattias Köping pour son accueil sur le salon de Nœud les Mines dernièrement, ainsi que pour sa disponibilité et sa gentillesse.

Animal de Sandrine Collette


Le livre : Animal de Sandrine Collette. Paru le 7 mars 2019 chez Denoël dans la collection Sueurs Froides.  19€90 ; (282 p.) ; 23 x 16 cm.

4e de couv :

Humain, animal, pour survivre ils iront au bout d’eux-mêmes.

Un roman sauvage et puissant.

Dans l’obscurité dense de la forêt népalaise, Mara découvre deux très jeunes enfants ligotés à un arbre. Elle sait qu’elle ne devrait pas s’en mêler. Pourtant, elle les délivre, et fuit avec eux vers la grande ville où ils pourront se cacher.

Vingt ans plus tard, dans une autre forêt, au milieu des volcans du Kamtchatka, débarque un groupe de chasseurs. Parmi eux, Lior, une Française. Comment cette jeune femme peut-elle être aussi exaltée par la chasse, voilà un mystère que son mari, qui l’adore, n’a jamais résolu. Quand elle chasse, le regard de Lior tourne à l’étrange, son pas devient souple. Elle semble partie prenante de la nature, douée d’un flair affûté, dangereuse. Elle a quelque chose d’animal.

Cette fois, guidés par un vieil homme à la parole rare, Lior et les autres sont lancés sur les traces d’un ours. Un ours qui les a repérés, bien sûr. Et qui va entraîner Lior bien au-delà de ses limites, la forçant à affronter enfin la vérité sur elle-même.

SANDRINE FSNL’auteur :  Sandrine Collette est née en 1970. Sandrine Collette passe un bac littéraire puis un master en philosophie et un doctorat en science politique.
Elle devient chargée de cours à l’Université de Nanterre, travaille à mi-temps comme consultante dans un bureau de conseil en ressources humaines et restaure des maisons en Champagne puis dans le Morvan.
Elle décide de composer une fiction et adresse son manuscrit aux éditions Denoël. Il s’agit « Des nœuds d’acier« , publié en 2013. Son premier roman rencontre un vif succès critique et public avec 20 000 exemplaires vendus. Il obtient le Grand Prix de littérature policière ainsi que le Prix littéraire des lycéens et apprentis de Bourgogne.
En 2014, elle publie son second roman « Un vent de cendres » (chez Denoël) qui revisite le conte La Belle et la Bête.
Devenue l’un des grands noms du thriller français, une fois encore, elle montre son savoir-faire imparable dans « Six fourmis blanches » (2015).
« Il reste la poussière » (2016) obtient le Prix Landerneau du polar. En 2017 paraît « Les larmes noires sur la terre« . En 2018 elle nous surprend avec  » Juste après la vague« .
Extrait  :
Les enfants s’étaient habitués à la ville en quelques semaines. Ils avaient appris à parler – Nin surtout, qui était si bavarde, et à qui Mara ordonnait de se taire malgré le joli roulement de sa voix claire et rieuse, parce que la fatigue l’emportait toujours, et qu’elle voulait du calme.
La montagne lui manquait, et les cris des animaux, la solitude, les nuits noires. Ici, rien ne s’arrêtait jamais, ni le bruit chez les voisins, ni la proximité insupportable, ni les lumières qui empêchaient de voir l’obscurité et la lune. Elle avait presque oublié l’odeur des pins quand l’été chauffe la résine, celle des herbes sèches, celle de la pluie sur une terre propre, qui fait s’ouvrir les fleurs. Même le souvenir de la présence feutrée des tigres la rendait mélancolique, et les serpents par dizaines sous les pierres des routes, le chemin trop long jusqu’au village.
Elle regardait Nun et Nin, et la différence la frappait ; eux, toujours maigres mais vifs, joyeux, courant partout, chantant, criant.
Et elle.
Une pauvre silhouette efflanquée qui ne souriait plus.

 

Le post-it de Ge

J’aurai aimé vous parler du dernier roman de Sandrine Collette.

Oui ce matin j’aurai aimé vous offrir une chronique digne de ce nom, digne d’Animal.

Mais voilà les mots me manquent !

Cela fait trois semaines que je repousse celle-ci. Trois semaine que je cherche les bonnes formules. Trois semaines que je veux vous dire combien une nouvelle fois, Sandrine Collette m’a bouleversée avec son nouveau roman.

Mais rien n’est assez fort pour exprimer tout cela.

Si seulement j’avais la plume de notre auteure ! Là j’arriverai sans doute à vous faire ressentir cette fièvre qui ne m’a pas quittée en lisant ce titre. Je pourrai vous livrer tous ces sentiments contradictoires qui m’ont tenaillée durant cette lecture. Je trouverai enfin les mots pour vous donner envie de le lire à votre tour.

Mais voilà, les mots de Sandrine Colette m’ont laissée sans voix.

Il y a d’abord l’histoire. Les histoires…

Celle de Mara que l’on entraperçoit au tout début du livre. Celle d’une femme népalaise qui comme ses semblables n’a pas la vie facile.

Il y a celles de Nun et Nin. Des enfants des rues. Des vies qui ne valent rien. Des vies sacrifiées que Mara va tenter de sauver au mépris de sa propre existence.

Et puis à l’autre bout de la terre il y a Lior et Raphaël, un jeune couple de français. Une passion dévorante qui fait que Raphaël suit sa femme dans sa passion à elle, la chasse. Lui le non violent qui ne supporte pas les armes à feu mais qui est tellement admiratif devant l’instinct animal de Lior quand celle-ci devient la chasseuse prédatrice.

Et puis il y a la nature. Grandiose, magnifique, luxuriante.

Les paysages, ceux du Kamtchatka. une région volcanique des plus secrètes du monde. A l’extrémité orientale de la Russie, sur la ceinture de feu du Pacifique. L’un des endroits les plus reculés et sauvages de la planète. Là où vivent les ours bruns, le légendaire Ours du Kamatchatka.

Et puis il y a la montagne et des collines népalaises. La jungle aussi. Le Pays d’en Haut  accroché à la chaîne de l’Himalaya. La vie rude des paysans, celles aussi rude des népalais exilés à la ville et entassés dans des bidonvilles. Et puis il y a le tigre. Le tigre royal du Bengale venu se perdre sur les contrefort des hautes vallées tibétaines.

Il y a surtout 282 pages de pures intensités car les superlatifs manquent pour qualifié ce magnifique roman.

Sauvage, puissant, violent, captivant, déconcertant, angoissant, émouvant, brutal, intense….Animal !

Animal nous fait vivre une expérience intense. il nous fait  franchir la frontière entre l’humanité et l’animalité. Il nous parle aussi de résilience et de quête d’identité.

Alors vous êtes prêt(e)s vous aussi à vivre intensément et à voir où s’arrête votre humanité et ou commence votre animalité.

Moi perso, je le sais encore plus maintenant !

Et du coup je me permet de vous conseiller de lire urgentissimement  Animal de Sandrine Collette. Encore un coup de génie de cette talentueuse autrice.

Avalanche Hôtel  – Niko Tackian


Attention aujourd’hui journée spéciale Avalanche Hôtel.

Vous allez avoir droit à une double chronique.

Ce matin c’est Ophélie qui vous a présenté son Off de Oph, ce soir c’est Isabelle.

Et entre les deux, vous avez eu droit à la chronique duo d’Aline et Danièle.

De quoi vous faire une idée de ce nouveau titre de Niko Takian.

Allez je vous laisse avec les pépites d’Isabelle


Le livre : Avalanche Hôtel de Niko Tackian. Paru le 2 janvier 2019 aux éditions Calmann-Levy. 18.50 € ; (270 p.) ; format 13,5 x 21,5 cm

 4ème de couverture :

SURTOUT, NE VOUS FIEZ PAS
À VOS SOUVENIRS !

Janvier 1980. Joshua Auberson est agent de sécurité à  l’Avalanche Hôtel, sublime palace des Alpes suisses. Il  enquête sur la disparition d’une jeune cliente avec un  sentiment d’étrangeté. Quelque chose cloche autour de lui, il en est sûr. Le barman, un géant taciturne, lui demande de le  suivre dans la montagne, en pleine tempête de neige. Joshua  a si froid qu’il perd connaissance…
… et revient à lui dans une chambre d’hôpital. Il a été pris dans une avalanche, il est resté deux jours dans le coma. Nous ne sommes pas en 1980 mais en 2018. Joshua n’est pas agent de sécurité, il est flic, et l’Avalanche Hôtel n’est plus qu’une carcasse vide depuis bien longtemps. Tout cela n’était qu’un rêve dû au coma.
Un rêve, vraiment ?

ENTRE SHINING ET JASON BOURNE,

UN THRILLER HYPNOTIQUE SIGNÉ NIKO TACKIAN

 

L’auteur :  Niko Tackian, né en 1973, est un scénariste, réalisateur et romancier français. Il a notamment créé avec Franck Thilliez la série ALEX HUGO pour France 2. Son premier roman, paru en 2015, a reçu le Prix Polar du public des bibliothèques au Festival Polar de Cognac. Il est également le créateur des enquêtes de Tomar Khan, publiées chez Calmann-Lévy (Toxique, 2017 ; Fantazmë, 2018).

 

 

 

Extrait :
« Un sacré palace que cet Avalanche Hôtel. Il avait l’impression de découvrir ce lieu qu’il devait pourtant bien connaître et il se sentit « chanceux » de travailler dans un tel établissement. De discrets accords de jazz s’étiraient dans l’air depuis une petite pièce en alcôve abritant un bar plutôt cosy. Joshua tourna la tête pour apercevoir un piano et les quelques musiciens rassemblés autour. Derrière le comptoir, un homme en veston noir, avec un visage étrange, lui fit un signe de la main qu’il rendit machinalement. T’as oublié le salon bleu ? Chaminou le fit sortir de sa torpeur. Sur les murs jaune clair, quelques plaques en cuivre indiquaient différents emplacements : réception, salle de bal, club aquatique, vestiaires, restaurant et… salons. Joshua prit la direction appropriée… »

 

Chronique d’une flingueuse

Les pépites d’Isabelle

 

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Votre calendrier de l’avent est vide ? Il vous reste un cadeau…

Avalanche Hôtel  – Niko Tackian

De l’aveu même de son auteur, Avalanche Hôtel n’est pas un roman classique. Tout a commencé lorsque l’auteur est tombé sur la photo d’un ancien palace abandonné, cerné par les Alpes. Fasciné par le site, il s’est rendu sur place pour le visiter. Son exploration lui a inspiré cette histoire. Et le palace décrépi l’a accompagné durant toute l’écriture du roman. Je comprends mieux, en prenant connaissance de l’imprégnation de l’auteur, pourquoi cette vieille bâtisse qui semble si réelle est un des personnages clé du roman.

Dès les premières pages, on est plongé dans ce lieu mystérieux et comme Joshua, le héros, on s’efforce tout d’abord de faire la mise au point. Et puis on y renonce, on s’habitue comme lui à déambuler dans une légère brume qui floute le décor et, au-delà, sa propre existence. On se laisse porter par la lecture, on est happé par la musique des mots, comme engourdi par la morsure de l’hiver. Et puis, à l’instar de Joshua, on finit par sortir de sa léthargie et par se poser des questions. A notre insu, l’aventure a déjà commencé… Elle nous entraînera très loin, à la fois au cœur du massif montagneux et dans l’intimité de la mémoire de Joshua Auberson. J’ai beaucoup aimé cette manière détournée, presque insidieuse, de nous plonger dans l’action.

 Avalanche Hôtel est un roman sensoriel et intuitif qui déroutera les esprits cartésiens habitués à spéculer sur l’issue d’une intrigue. Déjouant tout pronostic, le récit peut basculer à tout moment dans le fantastique ou le thriller scientifique, tout en empruntant des voies classiques. On croit reconnaître le paysage, on se raccroche à un repère et puis on erre de nouveau dans l’inconnu.

Mention spéciale à Sybille, réjouissante compagne de cordée qui tranche avec les personnages secondaires féminins habituels.

Avalanche Hôtel de Niko Tackian


Attention aujourd’hui journée spéciale Avalanche Hôtel.

Vous allez avoir droit à une double chronique.

Ce matin c’est Ophélie qui vous donne son avis, ce soir ce sera Isabelle.

Et entre les deux, vous aurez la chronique duo d’Aline et Danièle.

De quoi vous faire une idée de ce nouveau titre de Niko Takian

Le livre: Avalanche Hôtel de Niko Tackian. Paru le 2 janvier 2019 chez Calmann-Levy dans la collection Calmann-Levy Noir. 18€50 ; (270 p.) ; 14 x 22 cm .

4eme de couverture : 

Surtout, ne vous fiez pas à vos souvenirs !

Janvier 1980, à l’Avalanche Hôtel, sublime palace des Alpes suisses. Joshua Auberson, agent de sécurité, enquête sur la disparition d’une jeune cliente, avec un sentiment d’étrangeté.
Quelque chose cloche autour de lui, il en est sûr. Le barman, un géant taciturne, lui demande de le suivre dans la montagne, en pleine tempête de neige. Joshua a si froid qu’il perd conscience…
… et revient à lui dans une chambre d’hôpital. Il a été pris dans une avalanche, il est resté deux jours dans le coma.
Nous ne sommes pas en 1980 mais en 2018. Joshua n’est pas agent de sécurité, il est flic, et l’Avalanche Hôtel n’est plus qu’une carcasse vide depuis bien longtemps.
Tout cela n’était qu’un rêve dû au coma.
Un rêve, vraiment ?

Entre Shining ET Jason Bourne, Un thriller hypnotique signé Niko Tackian

L’auteur Niko Tackian est un scénariste, réalisateur et romancier français, né le 5 avril 1973 à Paris. Il a réalisé plus de trente albums dans lesquels il aime explorer différents genres, tels que science-fiction, dark fantasy, policier, fantastique. Il a également réalisé de nombreux téléfilms. Il a notamment créé avec Franck Thilliez la série Alex Hugo pour France 2. Il a commencé une carrière d’écrivain de thrillers en 2015 avec Quelque part avant l’enfer.  Son premier roman, paru en 2015, a reçu le Prix Polar du public des bibliothèques au Festival Polar de Cognac. Après La nuit n’est jamais complète,  Quelque part avant l’enfer, Toxique et Fantazmë, il signe avec Avalanche Hôtel son cinquième roman.
Extrait:
 » Vous connaissez Robert?
– Le gardien? Oui… C’était un gamin à l’époque. Il n’a jamais voulu accepter la fin. Vous savez le passé vaut mieux l’oublier, ça aide à vivre. Sinon ça vous ronge, comme une maladie…
Ces derniers mots résonnaient dans la tête de Joshua, lui qui faisait tout, au contraire, pour recomposes ses souvenirs. »

Le OFF de OPH

Avalanche Hôtel de Niko Tackian, Chronique grise pour roman blanc .

Comme beaucoup, j’attendais avec impatience ce roman. Une histoire sans Tomar, une histoire originale plus proche du thriller que du roman policier, quelque chose de différent mais aussi une sortie littéraire autour de laquelle la communication a été particulièrement bien maîtrisée. Habile, cette mise en avant du roman plusieurs mois avant sa sortie nous a transformé en enfants la veille de noël, trépignant d’impatience à l’idée de lire ce thriller énigmatique.

Le problème d’une communication abondante, c’est qu’elle provoque de nombreuses attentes chez le lecteur, surtout quand celui-ci est exigeant . Me concernant, si elles n’ont pas été comblées, il n’en reste pas moins que certains aspects m’ont plu et rendu l’ensemble de la lecture agréable. Paradoxe ? Oui sans doute.

Avec cette intrigue, Niko traite de la mémoire, de son fonctionnement, de la construction des souvenirs de manière très intéressante et visuelle, évitant de nous perdre sous des aspects scientifiques qui auraient rendu la lecture plus lourde. Il parle de la mort aussi et du rôle de la mémoire dans l’image que nous nous en faisons : « Elle se tenait sur le bord d’un abîme dans lequel elle allait disparaître sans laisser la moindre trace. Les morts n’existent qu’à travers le souvenir des vivants et dans son cas, personne ne s’était manifesté, ni famille ni amis… Elle était seule dans les abysses, il n’y avait rien de plus froid que l’oubli. ». Il soulève également par ce biais la question de la quête de soi : qui sommes nous ? Pourquoi les choses se font ainsi ? Avec parfois des impressions de roman à portée initiatique « Y a des choses qui doivent se faire à des moments précis ». Toutefois, soyez-rassurés, Avalanche Hôtel reste un pur thriller.

On retrouve l’écriture fluide et la plume dynamique de Niko et si on ne peut parler de rythme effréné, l’auteur suscite chez son lecteur de nombreuses interrogations qui rendent la lecture compulsive. Mais… Mais je suis restée sur ma faim et une fois les 261 pages lues, j’ai un sentiment globalement mitigé. Je n’ai pas détesté au contraire, j’ai plutôt aimé sans toutefois être tranchée sur un avis positif.

Côté intrigue pas d’errance ou d’approximation, l’histoire est maîtrisée et ne souffre pas d’une fin inachevée, au contraire. Toutefois, les références à Shining et Jason Bourne en 4ème de couverture ont, je pense, biaisé l’appréciation de ma lecture. Si parfois j’ai pu ressentir une angoisse comme sait la déclencher King, qu’effectivement l’Avalanche Hôtel peut avoir des airs de ressemblance avec son cousin l’ Overlook, la comparaison s’est pour moi arrêtée là ; tout comme je n’ai pas pensé une seule seconde à Jason Bourne en dehors du travail sur la mémoire. S’il fallait vous donner une idée de référence, je trouve Avalanche Hôtel plus proche des Rivières Pourpres, tant dans le rythme, que l’ambiance très mystérieuse et parfois oppressante ou encore l’histoire que nous conte Niko.

Ce livre étant assez court, je crois que j’ai été plus exigeante et donc pas totalement convaincue même si je crois sincèrement que c’est un bon roman et qu’il plaira à beaucoup de lecteurs

C’est donc une chronique grise pour un roman où le blanc de la neige domine, toutefois, il ne s’agit que d’un avis personnel et très lié aux attentes que j’avais sur cette sortie. Je ne doute pas qu’ Avalanche Hôtel trouvera son public !

Avalanche Hôtel de Niko Tackian , la chronique duo


Attention aujourd’hui journée spéciale Avalanche Hôtel.

Vous allez avoir droit à une double chronique.

Ce matin c’est Ophélie qui vous  a donné son avis, ce soir ce sera Isabelle.

Maintenant place la chronique duo d’Aline et Danièle.

De quoi vous faire une idée de ce nouveau titre de Niko Takian

La Chronique Duo

Une nouvelle fois Miss Aline Et Mamie Danièle papotent autour d’une lecture commune.

Aussi elle nous racontent ici ce qu’elles en ont pensé

Allez place à l’avis de nos Flingueuses


Le livre: Avalanche Hôtel de Niko Tackian. Paru le 2 janvier 2019 chez Calmann-Levy dans la collection Calmann-Levy Noir. 18€50 ; (270 p.) ;14 x 22 cm .

4eme de couverture :  

Surtout, ne vous fiez pas à vos souvenirs !

Janvier 1980, à l’Avalanche Hôtel, sublime palace des Alpes suisses. Joshua Auberson, agent de sécurité, enquête sur la disparition d’une jeune cliente, avec un sentiment d’étrangeté.
Quelque chose cloche autour de lui, il en est sûr. Le barman, un géant taciturne, lui demande de le suivre dans la montagne, en pleine tempête de neige. Joshua a si froid qu’il perd conscience…
… et revient à lui dans une chambre d’hôpital. Il a été pris dans une avalanche, il est resté deux jours dans le coma.
Nous ne sommes pas en 1980 mais en 2018. Joshua n’est pas agent de sécurité, il est flic, et l’Avalanche Hôtel n’est plus qu’une carcasse vide depuis bien longtemps.
Tout cela n’était qu’un rêve dû au coma.
Un rêve, vraiment ?

Entre Shining ET Jason Bourne, Un thriller hypnotique signé Niko Tackian

L’auteur Niko Tackian est un scénariste, réalisateur et romancier français, né le 5 avril 1973 à Paris. Il a réalisé plus de trente albums dans lesquels il aime explorer différents genres, tels que science-fiction, dark fantasy, policier, fantastique. Il a également réalisé de nombreux téléfilms. Il a notamment créé avec Franck Thilliez la série Alex Hugo pour France 2. Il a commencé une carrière d’écrivain de thrillers en 2015 avec Quelque part avant l’enfer.  Son premier roman, paru en 2015, a reçu le Prix Polar du public des bibliothèques au Festival Polar de Cognac. Après La nuit n’est jamais complète,  Quelque part avant l’enfer, Toxique et Fantazmë, il signe avec Avalanche Hôtel son cinquième roman.

La Chronique Duo

Dany : suis là !!!

Miss Aline : moi aussi….

Dany : On y va comme tu veux …

Miss AlineAvalanche hôtel tu en attendais quelque chose ou c’était une « surprise » ?

Dany : Ben une surprise pas vraiment vu qu’on en a tellement parlé avec l’auteur que l’on savait qu’on devait s’attendre à du bon.
Tous ses thèmes de prédilection y sont

Miss Aline : Je me suis fermée à tout ce qu’on a pu en dire pour le lire d’un œil neuf, si je puis dire. Dès le début j’accroche bien sur le personnage de Joshua

Dany : Oui son mec normal me plait aussi bien

Miss Aline : normal ?

Dany : regarde …

p.192
Joshua n’était qu’un petit flic sans envergure, un simple être humain ballotté dans les flots de l’existence. Pas le plus talentueux, pas le plus intéressant. Il n’était pas l’élu, ni un super héros.

p.72 
Contrairement au cliché du flic, il n’avait pas de passé torturé ni de vices cachés. Il ne se sentait pas non plis antihéros borderline prêt à jouer du revolver ou des muscles pour rétablir la justice – d’ailleurs il valait mieux vu ses performances déplorables au stand de tir. Non, il était simplement Joshua Auberson, un mec normal qui aimait son métier.

Miss Aline : ça c’est ce qu’il pense de lui. Mais il est tout de même un peu têtu, obstiné, ayant un pied dans le passé un dans le présent. Il ne lâche rien.

Dany : Oui c’est sûr son côté obstiné le rend charismatique

Miss Aline : charismatique est bien le mot. D’emblée on est de son côté, on veut qu’il réussisse son enquête sans trop de bobos.

Dany : Il a suffisamment morflé dans le prologue à l’enquête … 8 chapitres pour souffrir physiquement et moralement c’est dur tout de même

Miss Aline : c’est une souffrance qu’il portait déjà en lui sans le savoir. Le coma va lui ouvrir les yeux dans tous les sens du terme.

Dany : Je pense qu’il y a deux thèmes majeurs le concernant : la reconquête de la mémoire (immédiate et « généalogique ») et l’expérience de la mort imminente (EMI), les deux mêlées à l’intrigue

Miss Aline : je suis d’accord. On connait mieux les EMI que la mémoire généalogique. Et là beau travail de l’auteur en recherche.

Dany : Pour ce qui est de la mort imminente il en a déjà parlé dans son premier roman Quelque part avant l’enfer. Ici il n’analyse pas le phénomène, il nous le fait ressentir.

Miss Aline : on peut constater le scepticisme de sa collègue face à ce phénomène ainsi que la mémoire généalogique

Dany : J’avoue que moi aussi je suis septique sur la mort imminente

Miss Aline : il en va de même pour la mémoire généalogique ?

Dany : Non j’y suis un peu plus sensible, un peu comme la conscience commune, le fond de culture atavique

Miss Aline : il y a aussi la mémoire des lieux. L’auteur a su « personnifier » l’hôtel.

Dany : Tu m’as dit que tu avais déjà entendu parler de cette mémoire généalogique … tu y crois donc ?

Miss Aline : je pense que cette mémoire existe oui. Que nous portons en nous le passé des nos aïeux parfois sans le savoir…

Dany : comme on peut aussi hériter de leurs phobies …

Miss Aline : oui tout à fait ! Je pense qu’il s’agit en général de choses négatives, comme si par-delà le temps nous devions réparer quelque chose
Comme Joshua porte en lui sans le savoir une autre histoire. Il aura fallu une avalanche pour tout  déclencher.

Dany : Je suis d’accord en plus sans cette avalanche il ne se serait pas rapproché de sa coéquipière

Miss Aline : c’est une évidence. Elle qui est tout l’inverse de lui : grande gueule, etc. Il faut gratter un peu pour voir ce qu’il y a dessous.

Dany : et lui c’est une crevette …

Miss Aline : choix volontaire de l’auteur ?

Dany : La crevette sert de nourriture aux grands prédateurs marins …
Bien sympathique la grande gueule en tout cas !

Miss Aline : oui sympathique mais elle cache aussi des fêlures.

Dany : On s’attarde là sur des éléments constitutifs des deux enquêteurs mais je trouve que la galerie de personnages n’est pas mauvaise non plus …

Miss Aline : j’ai presque envie de dire qu’il n’y a pas de personnages secondaires. tout le monde a un rôle a jouer pour l’avance ment de l’intrigue.

Dany : et même le chien …

Miss Aline : carrément…
Que dire de l’intrigue en elle même ?

Dany : Elle semble assez classique au début

Miss Aline : Oui je me suis dis la même chose mais finalement les fils s’emmêlent et l’on va vers quelque chose de plus complexe

Dany : Mais il nous avait prévenu Niko, des indices tout au long de l’intrigue pour nous perdre et aboutir à une solution

Miss Aline : c’est sur que les indices sont semés tout du long… y a-t-il un moment où tu pressens où l’on va ?

Dany : Pour ma part, l’ultime révélation et confirmation ADN … on la voit poindre à peine avant que ça ne soit écrit… je suis restée immergée dans l’enquête

Miss Aline : j’ai pressenti bien avant mais je n’arrivais à trouver les liens. C’est dans la révélation du déroulé que je suis tombée de haut.

Dany : On se doute d’un lien entre l’enquête actuelle et le passé de l’hôtel mais  …… un doute seulement, jamais on ne peut imaginer à quoi cela va mener !

Miss Aline : c’est sur que dans les premiers chapitres t’imagines pas.

Dany : On a très froid tout le temps … une constante du roman l’hypothermie … Ça contribue au malaise

Miss Aline : c’est vrai que le froid est fort présent. Autant il y a des descriptions de paysages qui donnent envie, autant parfois on est limite claustro, oppressé par cette neige, son côté étouffement des bruits. Un paysage d’hiver c’est toujours une sensation cotonneuse

Dany : Qui endort les protagonistes mais les lecteurs aussi …

Miss Aline : oui c’est vrai, on lit avec une certaine nonchalance. mais en même temps l’intrigue et son ambiance n’auraient pu se passer à une autre saison

Dany : on est content quand on entre dans une pièce chauffée, c’est bien que l’effet induit est réussi

Miss Aline : ouiiii c’est vrai. Tout le long de ta lecture tu as envie de plaid et de chocolat chaud. lol

Dany : De chocolat suisse …

Miss Aline : on va demander à Niko de nous fournir en chocolat … lol

Dany👍

Dany : J’avais noté deux autres thèmes qui sont récurrents chez l’auteur : la quête des origines et l’amour maternel. SANS SPOIL … ils sont présents aussi ici, comme l’amitié et la loyauté

Miss Aline : l’amour maternel est un ciment fort. La quête des origines pour mieux savoir où tu vas, qui tu es. C’est important pour se construire.

Dany : des valeurs universelles donc

Miss Aline : oui tout comme l’amitié et la loyauté.

Dany : mais pas une recette facile pour les mettre en mots

Miss Aline : il faut laisser parler ta sensibilité. Je trouve que dans Avalanche Hôtel, la sensibilité à bien fait son job.

Dany : Tout à fait
Alors ici on a eu un one-shot qui a permis à l’auteur de bien faire souffrir ses personnages et ses lecteurs. Parution le 2 janvier 2019 en même temps que la version poche de Fantazmë, le tome 2 des aventures de Tomar Khan, ce héros à l’opposé de Joshua. Le prochain pour 2020 c’est le retour de Tomar Khan mais en temps de canicule … ouf !
Sans oublier la série Alex Hugo, dont il est co-scénariste avec Franck Thilliez, à la TV avec la diffusion d’épisodes inédits en septembre 2019
Et pour en savoir plus sur Niko … il faut lire le collectif Polar régulièrement 😉😇

 


Dany : Pour ma part, foi de flingueuse j’approuve AVALANCHE HOTEL… Je dirai même plus j’adoube !

Miss Aline : j’avoue avoir passé un bon moment avec Avalanche Hôtel. J’ai bien retrouvé ma saison préférée. Ensuite, cet hôtel donne très envie d’y aller. Enfin, les personnages sont forts, avec toute la palette des sentiments humains. J’ai beaucoup d’empathie pour Joshua et lui souhaite d’aller vers l’été de sa vie. Pour conclure : belle couverture qui de suite intrigue par un élément qui appelle tout de suite le questionnement. Merci à Niko Takian pour ce bon moment de lecture.

Dany : Merci Aline pour cet échange … à bientôt pour de nouvelles aventures ?

Miss Aline : merci à toi aussi… rdv pour de nouvelles aventures !

Vertige de Franck Thilliez : Autopsie en huis clos


Vertige de Franck Thilliez : Autopsie en huis clos

Au collectif Polar, on vous a initié à la double (voire triple) chronique.

Poussons le bouchon un peu plus loin…

Et si on chroniquait avec un auteur sur un autre auteur ? Une fois n’est pas coutume : Geneviève valide le projet.

Il nous faut un binôme de flingueuses : Dany et Miss Aline et un auteur.

Pour cette première édition Niko Tackian a répondu présent. Après une discussion on est tous d’accord pour…. une autopsie en huis clos autour de

Vertige de Franck Thilliez.

 


Le livre : Vertige de Franck Thilliez. Paru le 13 octobre 2011chez Fleuve Noir dans la collection Thriller. 19€90 ; (330 p.) ; 23 x 15 cm.

Réédité en poche le 11 octobre 2012 chez Pocket. 7€90 ; (344 p.) ; 18 x 11 cm.

  4e de couv :

Un homme se réveille au fond d’un gouffre, au coeur d’un environnement hostile, deux inconnus et son fidèle chien comme seuls compagnons d’infortune. Il est enchaîné au poignet, l’un des deux hommes à la cheville et le troisième est libre, mais sa tête est recouverte d’un masque effroyable, qui explosera s’il s’éloigne des deux autres. Qui les a emmenés là ? Pourquoi ? Bientôt, une autre question s’imposera, impérieuse : jusqu’où faut-il aller pour survivre ?

Pour son 10e roman, Franck Thilliez réussit un tour de force dans ce huis clos étouffant et glacial à la fois, où il joue à décortiquer l’âme humaine confrontée aux situations de l’extrême. Sans jamais épargner son lecteur, manipulé jusqu’à la dernière ligne, et, qui sait, peut-être plus encore…

L’auteur : Né en 1973 à Annecy, Franck Thilliez, ancien ingénieur en nouvelles technologies, vit actuellement dans le Pas-de-Calais. Il est l’auteur de Train d’enfer pour Ange rouge (2003), La Chambre des morts (2005), Deuils de miel (2006), La Forêt des ombres(2006), La Mémoire fantôme (2007), L’Anneau de Moebius (2008) et de Fractures (2009), tous disponibles chez Pocket. La Chambre des morts, adapté au cinéma en 2007, a reçu le prix des lecteurs Quais du Polar 2006 et le Prix SNCF du polar français 2007. L’ensemble de ses titres, salués par la critique, se sont classés à leur sortie dans la liste des meilleures ventes.  Le Syndrome E et GATACA, sont parus aux éditions Fleuve Noir en 2010 et 2011 suivi de Puzzle, Angor, Pandemia, Rêver,  et enfin Sarko en 2017 et Le manuscrit inachevé cette année.  Il est aussi scénariste, collabore à des BD et autres projets culturels. Franck Thilliez est considéré comme le maître du thriller français.
Extrait :
Mon pouce droit vient de remuer. Une flexion suivie d’une extension. Les orteils à présent. Il semblerait que mes tendons se contractent, un à un, que mes muscles frémissent. Mes paupières papillonnent enfin. Tellement heureux, je répète ce mouvement à n’en plus finir. Ouvrir, fermer. Ouvrir, fermer, ouvrir, fermer. Je me sens revivre. Dans une minute ou deux, je décollerai mes soixante-dix kilos du sol et comprendrai enfin ce qui m’arrive.
Mais, soudain, un nouveau bruit me tétanise. Ce cliquetis que je viens de percevoir accompagnant l’agitation de mon poignet. A l’aveuglette, je me redresse traversé de vertiges, et palpe. Un cerceau rugueux me broie le poignet droit. Si stupide et irréel que cela puisse paraître, je crois que je suis entravé.

 

Autopsie en huis clos.

Au collectif Polar, on vous a initié à la double (voire triple) chronique. Poussons le bouchon un peu plus loin…Et si on chroniquait avec un auteur sur un autre auteur ? Une fois n’est pas coutume : Geneviève valide le projet. Il nous faut un binôme de flingueuses : Dany et Miss Aline et un auteur.

Pour cette première édition Niko Tackian a répondu présent. Après une discussion on est tous d’accord pour Vertige de Franck Thilliez.

Monsieur Tackian, prenez le scalpel … c’est parti pour l’autopsie d’un roman en huis clos.

 

Miss Aline : en ce qui me concerne j’ai lu peu de romans de Franck Thilliez. Sans spoiler (bien évidement) comment définiriez-vous ce roman ?

Dany : Déjà c’est un one-shot, ce qui est assez rare à côté de la série Sharko-Henebelle, un thriller psychologique à huis clos.
En plus du thème de la montagne, c’est aussi une descente dans les profondeurs de la conscience.

Niko : Pour moi c’est surtout un thriller en huis clos. C’est ce point qui le rend différent de la plupart de ses autres romans.
Et écrire un huis clos c’est un exercice particulier et difficile à maîtriser dont Franck et moi partageons le plaisir !

Dany : Puzzle, paru deux ans plus tard est aussi un huis clos … pourtant Vertige m’a laissé un plus lourd souvenir que Puzzle …

NikoVertige est un huis clos dès la page 2 … ce n’est pas le cas de Puzzle

Dany : Selon toi Niko, quels sont les ingrédients indispensables à un huis clos ?

Niko : Une situation de départ forte. Un cadre permettant de définir une ambiance car il sera un personnage à part entière. Peu de personnages (Max 4 ou 6). Une unité de temps généralement courte. Beaucoup de tension et de surprises. Et une écriture nerveuse …
C’est un genre à part entière auquel tout le monde ne se frotte pas forcément. Ça demande une certaine confiance en soit. Parce qu’on a très peu d’éléments dans la palette et on va devoir les exploiter au maximum.
(Les personnages) Qu’ils se connaissent ou pas n’a pas vraiment d’importance. L’important c’est ce qu’ils se cachent …
Dans le suspense ce sont les questions sans réponses immédiates qui permettent de créer la tension.

Dany : Pas toujours la violence donc comme premier rapport interpersonnel Dans Vertige nous faisons connaissance avec 3 compagnons d’infortune qui ne se connaissent pas.

Niko : Oui la situation de départ est très forte

Dany : Ils partagent une situation commune malgré eux … Une situation douloureuse … c’est autre chose que Mort sur le Nil où tous les touristes sont là pour le plaisir …

Niko : Oui ils sont enchaînés dans un glacier. Ce n’est pas la croisière s’amuse !

Dany : Et il y a un chien … assez rare aussi la présence d’un animal dans ce type de situation

Niko : C’est ce qu’on appelle du high concept en terme d’audiovisuel

Dany : Tu peux développer ?

Niko : Un high concept c’est un concept qui tient à un pitchpin très fort indépendamment des personnages.
Juste en vous racontant la situation vous avez envie d’en savoir plus. Pas besoin de développer les personnages … Pour vous donner envie

Dany : Ça c’est pour le début car ensuite on fait leur connaissance, même intime ...

Niko : Bien sûr ! Mais le concept fonctionne sans.

Dany : Que dire de la question qui prend le lecteur aux tripes … qui sera le voleur, le menteur et le tueur ?

Niko : Oui ça met en place une sorte de jeu de piste.
Un truc que Franck adore. Il a un esprit très ludique.

Dany : C’est comme le jeu qu’il mène à chaque fois avec la chronologie et son chapitrage

Miss Aline : La montagne comme « un personnage à part entière». Ce huis clos ne pouvait-il se faire ailleurs ? Dans le désert par exemple ? Qui peut avoir des effets secondaires (pour certains) similaires à ceux de l’altitude ?

Niko : cet huis clos je ne sais pas, mais j’en ai écrit un dans le désert, donc oui, c’est un univers à part entière de huis clos. On appelle ça un huis clos à ciel ouvert.

Miss Aline : Le huis clos exacerbe les ressentis, les pensées, la suspicion. En même temps il faut compter avec ses compagnons d’infortune.
Là on a trois hommes qui ne se connaissant pas. Chacun réagit et essaie de survivre différemment. 
Les personnages sont très différents les uns des autres. Et en plus il nous faut chercher le menteur, le voleur, le tueur.

Niko : Oui c’est très fort car en plus de cette énigme, le lieu est particulièrement hostile et soulève une autre énigme : comment sont ils arrivés la ? Dès le départ Franck nous dit clairement : c’est une machination, sans doute une vengeance. L’enjeu est posé très vite.

Dany : On a parlé du lieu qui doit être hostile et si possible au climat extrême, des personnages qui doivent avoir un secret et partager le même lieu à l’instant T, d’une énigme, y a-t-il d’autres incontournables … je pense à la durée de l’action. Sans faire comme les tragédies classiques le tout en un jour et toutes les règles qui en découlent, souvent le temps est celui de la survie …

Niko : Oui il peut y avoir un Time lock, c’est à dire une action dont on sait qu’elle va avoir une issue funeste pour les personnages si elle n’est pas résolue. Ce n’est pas obligatoire mais ça aide à créer de la tension. C’est la structure de base du film catastrophe en huis clos par exemple.

Dany : Thilliez avait commis un précédent huis clos avec La forêt des ombres alors sans spoil, pourquoi Vertige affecte davantage le lecteur qui en garde un souvenir plus douloureux ?
Il y avait aussi un animal, il finissait mal le petit cochon !

Niko : Je n’ai pas lu La forêt des ombres mais je pense que ce qui rend Vertige inoubliable c’est l’originalité de sa situation de départ.

Dany : Pour le coup les lecteurs capables de s’identifier aux protagonistes ne courent pas les rues pour ce qui est de l’environnement … Thilliez a-t-il donc tout misé sur l’empathie, l’émotion, les phobies ?

Niko : Il commence par un enlèvement, donc il nous met dans le point de vue d’une victime pour laquelle, forcément, on a de l’empathie immédiatement. Car dans un huis clos, le point de vue est un point crucial. Par quel prisme allons-nous vivre cette aventure ?

Miss Aline : Le huis clos limite aussi le lecteur. L’énigme a forcément sa résolution parmi ce nombre restreint d’individus.

Niko : Ou pas, si on a une idée plus étonnante et qu’on « trompe » le lecteur …

Miss Aline : Ah oui mais là il faut qu’il y ait un élément (ou quoi que ce soit) qui nous livre un peu de l’extérieur.

Niko : Oui c’est vrai. Mais si on passe par certains outils comme le symbolisme c’est presque invisible 

Miss Aline : Vous pouvez développer le symbolisme comme outil ?

Niko : Et bien quand il s’agit de tromper le lecteur ou de l’influencer dans ses hypothèses (nous sommes tous des détectives) les symboles induisent un second niveau de lecture intéressant.
Personnellement je les utilise beaucoup pour l’inverse, c’est à dire montrer la vérité au milieu d’un récit complexe … tous mes romans sont constellés d’indices symboliques.

Miss Aline : Je vais décortiquer à la prochaine lecture ! 

Niko : Oui   bonne chance 

Miss Aline : Peut-on dire que Vertige, au-delà des difficultés dues au lieu de l’action, est aussi une descente dans la conscience. Chacun devant se regarder en face et assumer ses actes ?

Niko : Oui c’est très juste ! D’ailleurs c’est une des forces du huis clos de pousser à l’exploration intérieure sur les personnages. C’est un genre très existentiel

Miss Aline : Dans ce cas nous avons le facteur animal de compagnie. Pour une dimension plus « humaine », empathique ? L’animal attire la sympathie ?

Niko : Pas forcément. Pour moi les animaux dans les fictions, comme dans la vie d’ailleurs, ont des places à part entière en tant que personnages. Bien sûr on ne développe pas autant leur psychologie (mais pourquoi pas ?) mais ils peuvent jouer le panel des humains. Donc être des victimes (le plus souvent, comme dans la vie où nous les prenons largement en otage) ou des bourreaux (je pense à Cujo de S. King).
Dans Toxique j’avais réglé son compte à un petit teckel à poil dur, chien qui, dans la vie sauvage est une véritable furie capable de tuer un sanglier en lui mordant les testicules … mais face à Marie-Thomas, il ne faisait pas le poids.

Dany : Dans Vertige il n’y a pas de femmes en huis clos mais elles sont tout de même très présentes dans les histoires de chacun … faut-il que les micro-communautés dans les huis clos reflètent à ce point les sociétés humaines pour être crédibles ?

Niko : Il y aurait bien entendu pu y avoir des femmes dans ce huis clos ! Au contraire ça aurait densifié et complexifié le récit. Je pense que Franck est tellement un gentleman qu’il n’a pas voulu faire souffrir une femme dans ce glacier.  

Dany : Résumons-nous … 

Vertige est un huis clos, dans un environnement hostile et un climat extrême, où trois hommes détenant des secrets, victimes d’enlèvements sont retenus en otage, en compagnie d’un chien. Ils ont une énigme à résoudre qui leur permettra peut-être de ne pas connaître la fin funeste à laquelle l’auteur, gentleman au demeurant,  les destine à une échéance très probablement courte. Introspection, suspicion vont s’immiscer dans leurs esprits … C’est le talent de l’auteur qui fait l’envie du lecteur …
J’ai oublié quelque chose ?

Niko : Très joliment résumé

Dany: Merci !
Est-ce qu’un huis clos est possible avec des personnages récurrents ? Pour ma part je ne le pense pas …

Niko : Oui, dans le cadre d’un épisode. Par exemple imaginez que Tomar Khan soit victime d’une prise d’otage…

Niko : Oui certes mais tu serais obligé de le faire « survivre », peut-être en mauvais état comme Sharko quelques fois mais l’issue est alors prévisible …

Niko : c’est vrai !

Dany : Ou faire comme Jacques Saussey dans Enfermé.e … ne pas nommer les personnages et révéler l’identité à l’ultime page …
Ou le laisser pour mort et le faire revenir dans le tome suivant après … un long coma ?

Miss Aline : Ici pas de gentil à priori. En effet il nous faut deviner « le menteur »,  « le voleur » et « le tueur ». Un huis clos de hasard (une panne d’ascenseur ou une prise d’otage) pourrait-il y avoir un « gentil » dans ses murs ? Et surtout peut-il passer de l’autre côté de la barrière, devenir LE méchant ? Pour un auteur y a-t-il matière à travailler sur ce point de vue  ou n’y a-t-il pas assez d’options envisageables ?

Dany : Moi je trouve qu’au début il y a des ou un personnage plus sympathique(s) que d’autre(s)

Miss Aline : Schéma type Danièle ? Il faut que le lecteur soit du côté de quelqu’un pour avoir envie de poursuivre !

Dany : Oui schéma-type bien sûr … je suis de toutes façons bon public dans le sens où j’adhère à l’histoire à fond quand je commence une lecture … là j’ai été comblée avec les fausses pistes et hypothèses …

Niko, tu as déjà commis un huis clos en plein cagnard, es-tu tenté par un huis clos glaçant ?
En tant qu’auteur …

—————- quelques heures plus tard ——————

Dany : Hou Hou Niko ? Pas d’idées … ça m’étonne !

Niko : Hello ! Oui la preuve, mon prochain roman s’appelle Avalanche Hôtel !

Dany : Un huis clos ?

Niko : pas vraiment mais quand même si d’une certaine manière ☺

Dany : Pas dans un glacier tout de même …

Niko : ah bah non ! La réponse est dans le titre

Dany : Avalanche donc … je pense que tu ne nous en diras pas plus que sa date de sortie ? A moins que … quelques scoops ?

Miss Aline : Oui quelques mots …

Niko : Alors écoute, il faut surtout suivre ma page FB dans les trois prochaines semaines pour avoir des scoops, car j’organise en ce moment une petite aventure immersive qui vous fera presque « rentrer » dans le roman. Concernant l’histoire, je ne peux pas trop en dire plus, si ce n’est que ce sera un roman qui va vous happer sous une tonne de neige, vous rouler, vous glacer avec toujours au bout une petite lumière… une avalanche quoi… ☺

Dany : Il sort quand ?

Niko : le 3 janvier ! Par contre, je vais bientôt révéler la couverture et le pitch et je vous la ferai parvenir en même temps pour que vous l’ayez en premier !

Geneviève : Rhooo le jour de ma fête ! Pardon, pardon je m’emballe là !

Niko : c’est d’ailleurs la couverture sur laquelle j’ai le plus bossé de ma carrière et ils ont fait un truc de dingue !

Dany : J’ai vu la première photo indice … bel objet !

NikoAvalanche Hôtel est mon premier « thriller en one shot » dans la vénérable maison Hachette et j’y crois beaucoup beaucoup.

Dany : Ben nous aussi Niko on y croit … En même temps Fantazmë qui entame sa nouvelle vie … auteur comblé pour les fêtes ???

Niko : oui comblé et surtout surbooké car 2019 s’annonce très dense en écriture pour moi. Je suis sur la suite des aventures de Tomar, Alex Hugo n’a jamais aussi bien fonctionné sur France 2 et va prendre en densité d’épisodes et j’ai un gros dossier scénario en cours également…

Dany : Il restera tout de même une petite place pour échanger avec les flingueuses j’espère ?

Niko : et j’ai prévu de beaucoup me déplacer sur des salons en 2019 !
bien sur plein de place ! En fait, il y un truc qui a changé pour moi…

Dany : ??????????

Niko : ça fait 20 ans que je vis d’histoires dans différents milieux sans être jamais rentré dans aucun de ces milieux… avec le roman j’ai le sentiment d’avoir trouvé ma place, et ma famille, donc c’est toujours un plaisir de parler, d’échanger, de prendre le temps… et bien entendu les flingueuses, vous faites partie de cette famille. Vous êtes d’ailleurs parmi les premières à m’avoir fait confiance.

Dany : Nous aussi nous sommes comblées alors Niko … Je pense que pour cette expérience en huis clos on va s’arrêter là Aline ?
Pour ma part je te remercie de ta disponibilité et ta générosité et te dis à bientôt !

Niko : à bientôt !
Et merci à vous pour ce petit échange !

Geneviève : Est ce que je peux une petite question sur Avalanche Hôtel ?

Niko : mais oui

Geneviève : J’ai oui dire que la mise en place allait être à la hauteur de ton talent et des espoirs que ton éditrice porte en toi.

Niko : tu en sais plus que moi !
Enfin pas exactement

Geneviève : Il n’y pas des animations prévues autour de la sortie ?

Niko : Caroline et Philippe investissent énormément sur mon travail. Je sais qu’il y a une belle campagne de promo prévue, plus une soirée de lancement qui sera mémorable et dont les prémisses sont déjà lancées via mes récents post sur ma page FB (mystère !!!)… il y aura aussi un « escape game » grandeur nature Avalanche Hôtel qui va se déplacer de salons en salons… et plein d’autres surprises… bref OUI, ils vont mettre le paquet !

Geneviève : Oh, je suis ravie que ton travail soit récompenser, j’espère pouvoir faire une de ces murder party un de ces 4. Et longues vie à tous tes projets. ☺

Niko : Merci Geneviève !
Rdv mardi pour le second indice

Dany et Geneviève 

Geneviève : Et pardon  les Flingueuses d’être intervenue alors que je ne devrais être que l’œil de Moscou.

Dany : Cheffe on ne t’en veut jamais de … nous soutenir dans nos délires !

Geneviève : Ben moi j’adore vos délire, alors !

Miss Aline : Merci d’avoir soutenu ce « délire » Geneviève ! 

Niko,  un très grand merci pour avoir accepté de participer à notre première « Autopsie en huis clos ».
Je me joins à Danièle pour saluer ta disponibilité et ta générosité.
On te souhaite un très beau succès avec la sortie début 2019 de Avalanche Hôtel.
À très bientôt pour de nouveaux échanges en huis clos… ou pas !
Merci.

Niko : Merci Aline ! 

Le facebook de Niko Tackian

 

Vous en conviendrez avec nous, nous avons appris pas mal de chose sur le métier d’auteur et ses techniques de travail. Nous, nous avons passé un très bon moment d’échange et de convivialité. Un très grand merci à Niko pour sa disponibilité et sa gentillesse, comme toujours.

On vous donne rendez-vous pour une prochaine Autopsie en huis clos avec…. Ah non, on ne va pas vous le révéler maintenant !

 

Inavouable – Zygmunt Miloszewski


Zygmunt Miloszewski sera avec nous à Saint Maur en Poche le week-end qui vient.

Alors surtout n’hésitez pas, allez le voir sur son stand


Inavouable - Zygmunt MiloszewskiLe livre : Inavouable de Zygmunt Miloszewski. Traduit du polonais par Kamil Barbarski.Paru le 14 septembre 2017 chez Fleuve éditions dans la collection Fleuve Noir. 21€90; (593 p.) ; 22 x 15 cm

4ème de couverture :

Zakopane, chaîne des Tatras, 26 décembre 1944

Un résistant serre contre lui un étui métallique, À ses oreilles résonnent encore les dernières Instructions de l’officier nazi qui lui a confié « le plus grand secret de cette guerre »… Alors qu’il est pris dans une tempête de neige, sa formation d’alpiniste pourrait se révéler cruciale. Non loin de là, dans une auberge, un homme contemple par l’une des fenêtres la même bourrasque déchaînée. Après une ultime hésitation, il croque sa capsule de cyanure.

Une matinée d’automne, de nos jours, à Varsovie

Chef du département de recouvrement de biens culturels rattaché au ministère des Affaires étrangères, le docteur Zofia Lorentz est convoquée par le Premier ministre : le Portrait de jeune homme du peintre Raphaël, tableau le plus précieux jamais perdu et recherché depuis la Seconde Guerre mondiale, vient d’être localisé. Accompagnée d’un marchand d’art cynique, d’un officier des services secrets à la retraite et d’une voleuse légendaire, Zofia s’envole pour New York, étape d’une quête contrariée qui pourrait Inverser la lecture de l’Histoire et la politique internationale moderne…

Extraits :
« Deuxièmement, l’indignation de la planète la faisait doucement rigoler. Elle était d’avis que l’histoire de l’humanité était une histoire de guerres, de bassesses, de cynisme et de cruauté. 
À ceci près que les vainqueurs présentaient leurs crimes sous les traits de l’héroïsme, d’un changement nécessaire et de lutte pour des lendemains qui chantent. 
Un certain temps s’écoulait, les vainqueurs changeaient et l’Histoire changeait également. C’était ainsi depuis des millénaires. Quel ennui !”
« Quelle sorte de chasse ce serait, si la proie se plantait au milieu d’un pré avec un bonnet rouge sur la tête et une pancarte « Visez ici » ? »
« Bien sûr qu’il comprenait. Des armes, c’était des morts, mais quelques cadavres supplémentaires ne faisaient pas une grande différence. 
Une propagande bien menée pouvait faire d’un mort le prétexte d’une guerre, ou d’un millier de morts un incident sans importance.
Mais le savoir… le savoir, c’était le pouvoir.”

 

Zygmunt-Miloszewski-polar-a-la-polonaiseL’auteur : Zygmunt Miłoszewski est née à Varsovie , le 08 mai 1976.
Zygmunt Miłoszewski est un écrivain, journaliste et scénariste polonais.
Il amorce sa carrière professionnelle en 1995 au quotidien populaire « Super Express » où il est pendant des années chroniqueur judiciaire.
Il travaille également pour l’édition polonaise de « Newsweek » (où il a tenu une chronique sur les jeux vidéo) de 2003 à 2008.
Il commence à publier des nouvelles et des romans en 2004.
En 2005, il publie son premier roman d’horreur, « L’Interphone » (Domofon), très remarqué par la critique, puis il enchaîne les succès, notamment avec une trilogie de romans policiers mettant en scène le procureur Teodor Szacki. La trilogie est composée de « Les impliqués » (Uwikłanie, 2007), adapté au cinéma en 2011, « Un fond de vérité » (Ziarno prawdy, 2011), adapté au cinéma en 2015 et « La Rage » (Gniew, 2014).
« Inavouable » (Bezcenny), un thriller, récit sur la recherche d’œuvres d’art perdues durant la Deuxième Guerre mondiale, a été publié en 2013.
Récompensé par plusieurs prix dans son pays, il a été finaliste en France du Grand Prix des lectrices de ELLE, du prix du Polar à Cognac, et du prix du Polar européen du Point pour « Les impliqués », en 2014.

La chronique jubilatoire de Danièle

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 Cette fois, l’auteur polonais s’échappe de la série du procureur Téodore Szacki pour nous entraîner dans un tout autre style, celui du roman d’aventure à suspense. Un « club » de quatre personnes contraintes de jouer ensemble les Monuments Men pour le Gouvernement polonais, menés par « une » Indiana Jones peu préparée à une telle violence. Un aspect « chorale » qui relie habilement le prologue au dénouement … d’une traque hors du commun, de la Pologne montagnarde aux confins de la Croatie, via une banlieue chic de New York et en Suède, sur la trace de collectionneurs complètement fous ou de spéculateurs sans aucun intérêt pour l’art.
On y apprend beaucoup de choses sur les spoliations d’œuvres d’art opérées par les nazis et des trafics rémunérateurs qui suivirent leur chute, au cours de cette intrigue à tiroirs ô combien captivante. le style est fluide, percutant et pour avoir eu le grand plaisir de discuter (joyeusement) avec eux, je salue une fois de plus la complicité de l’auteur et de son traducteur qui concoure à cette efficacité remarquable.
Très bon moment de lecture et un auteur qui mérite qu’on complète sa lecture.

 

LYNWOOD MILLER – Sandrine Roy


Le livre : Lynwood Miller de Sandrine Roy. Paru le 10 juin 2016 aux Editions Lajouanie. 19€; (291 p.) ; 19 x 13 cm

Réédité en poche le 18 janvier 2018 chez Gallimard dans la collection Folio Policier. 
7€80 ; (318 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

Lynwood Miller

Elle est jeune, belle et capable de déplacer des objets à distance et de guérir par l’imposition des mains. On cherche à la tuer. Il est beau, Américain, et coule une retraite paisible et prématurée dans les montagnes françaises. C’est un ancien membre des forces spéciales. Il veut la sauver.

Ils se sont rencontrés dans des circonstances peu communes : deux malfrats avaient kidnappé la belle et projetaient de l’exécuter. Pas de chance, ils opéraient à deux pas de la bergerie de l’ancien soldat…

Gravitent autour de ce duo deux psychiatres allemands au passé chargé ; un jeune hacker un brin introverti partageant son temps entre balades dans ses Pyrénées natales et curieuses missions à travers le monde ; une brigade de policiers d’outre-Rhin ; un commissaire français débonnaire, et un sacré nombre de gens bien décidés à faire disparaître définitivement l’héroïne.

De l’action, de l’amour, du suspense, des rebondissements… tous les ingrédients, en somme, d’un roman que ne renieraient pas les maîtres du genre.

13319945_135933353481270_5430673973166427892_nL’auteur : Sandrine Roy est née à Bordeaux et vit à Montauban. Lynwood Miller est son premier roman.
Elle s’est déjà attelée aux prochaines aventures de son héros charismatique, protecteur, oureux, bagarreur, entier.
Extrait :
C’était toujours la même discussion : sa mère se plaignait du célibat désespérant de son grand fils de 37 ans. Pourquoi ne se trouvait-il pas une gentille femme ? Quand donc aurait-elle le bonheur d’être grand-mère, etc ?Simon n’avait aucune envie de se marier, et encore moins d’avoir des enfants. La vie lui convenait telle qu’elle était, sans autre attache que sa mère, libre de parcourir le monde quand on avait besoin de ses services, loin de tout souci d’anniversaires de mariage, de couches ou de biberons !Après cette énième prise de bec, il s’était réfugié dans le hangar où il vérifia l’état de sa motoneige et de sa Suzuki qui n’avait pas tourné depuis un mois. Il revenait d’une mission dans une entreprise de sécurité rattachée au Vatican.

 

Le petit avis de Kris

LYNWOOD MILLER – Sandrine Roy

 

Original, détonnant, prenant, SURprenant, captivant … Je n’ai plus de mots !
Sandrine a mis le paquet ! J’ai carrément dévoré ce Romar, Polan , Roman Policier, je ne sais plus , ce que je sais c’est que je me suis éclatée en le lisant ! Même mieux, j’attends la suite avec impatience.
Pour un premier roman moi je dis « Bravo » !
Franchement ne passez pas à côté ou alors tant pis pour vous !!

 

 

 

 

Le dernier homme – Eléna Piacentini


Le livre :  Le dernier homme de Eléna Piacentini. Paru le 12 janvier 2018 aux Editions In8. 4€,  (26 p.) 17 x 11 cm.

4e de couv : 

Dans un hameau isolé de la Corse, l’instituteur à la retraite a racheté la maison voisine de celle de Séverin, son ancien élève devenu éleveur. Désormais amis, il tente en vain de le protéger de la haine que lui porte son frère Antoine, maladivement jaloux depuis toujours de son ainé.

L’auteur : Elena Piacentini a passé toute son enfance et son adolescence en Corse. Elle s’installe à Lille en 2003. Les enquêtes de son flic, Leoni, sont publiées par les Éditions Au-delà du raisonnable et reprises chez Pocket. Son dernier roman mettant en scène de nouveaux personnages est publié chez Fleuve noir. Elle a également écrit des nouvelles.

 

 

Extrait :
C’est le chemin des milliers de fois. Les pieds ont su où prendre appui, le corps a réajusté son centre de gravité en temps réel et par toutes touches imperceptibles pour compenser les cahot de ce qui ressemble plus à un raidillon hérissé de rocs qu’à un sentier. Une mécanique bien huilée. Ni les bourrasques, ni les trombes d’eau ne l’ont enrayée. Pas même ses colères remâchées.

Le post-it de Ge

Une nuit d’orage, des coups de feu sur la lande. La montagne se réveille en sursaut et Séverin aussi. Pourtant il aurait tants aimé resté au creux de sa douce et tendre. Mais l’inquiétude pour ces bêtes gronde en lui, il a un mauvais pressentiment. Aussi quitte-t-il Lucia à regret.

Ainsi débute cette magnifique nouvelle d’Elena Piacentini.

Un huit clos au grand air, dans la montagne corse, un drame programmé, quatre protagonistes au destin scellé. Séverin l’aîné et Antoine le cadet, deux frères que tout oppose. Lucia, la femme de Séverin et Horace le maître d’école à la retraite cherchant l’un et l’autre à enrailler les antagonismes qui séparent les deux frangins.

Une nouvelle a deux voix. Celle de Séverin le taiseux, l’homme de la montagne, n’ayant pas voulu quitter son hameau en reprenant l’élevage familiale. Et celle d’Horace, l’ancien instituteur revenu s’installer dans ce coin reculé par amitié pour son ancien élève. Chacune de ces voix ponctuent alternativement le récit et elles nous éclairent sur l’histoire. Chacun des deux narrateurs nous proposant son point de vue, sa vérité sur l’intrigue qui se joue.

Une nouvelle sombre et somptueuse tellement les mots d’Elena coule de source. Eux aussi parfaitement choisis .  Il décrivent à merveille les sentiments de ses personnages. Une écriture qui, avec justesse, dit les non-dits. Ceux qui mieux que les mots expliquent nos ressentiments, nos colères, nos blessures.

Décidément notre auteure a un talent fou et l’exercice de la nouvelle nous le révèle une nouvelle fois !

Ce titre fait partie d’un coffret sorti lui aussi en début d’année.

Autour de minuit, les chats sont parfois gris et la réalité bascule du côté obscur. Quatre écrivains racontent ici comment la nuit modifie les choses et les individus. Le héros de Carlos Salem croise une blonde aux pouvoirs inquiétants, celui d’Anne-Céline Dartevel travestit les apparences, le pompiste de Marin Ledun paye cher un plein d’essence et la vendetta corse n’est pas une figure de style avec Elena Piacentini.

 La nuit reste le moment favori des écrivains de roman noir qui mutent en voyeurs et se tiennent sur une ligne de crête entre violence et poésie.

Autour de minuit . Paru le 12 janvier 2018 aux Editions In8. 18€ 17 x 11 cm.
 Coffret  qui réunit 4 nouvelles. Quatre nouvelles qui mettent en scène des personnages aux prises avec la nuit, entre travestissement, vendetta, maléfices et violence.
Gasoil
Marin Ledun
Un pompiste est confronté à un commercial au costume bon marché et au sourire carnassier.
La nuit de Valentin
Carlos Salem
L’histoire d’une femme blonde aux pouvoirs maléfiques.
Wild girl
Anne-Céline Dartevel
L’histoire de Jean-Farid, qui se fait appeler Mona.
Le dernier homme
Eléna Piacentini