L’appétit de la destruction de Yvan Robin


Il y a quelques jours je vous présentée une nouvelle flingueuse : Florence.

Aujourd’hui notre apprentie Flingueuse vous propose sa première chronique sur Collectif Polar?

Allez c’est parti


Le livre : L’appétit de la destruction de Yvan Robin. Paru le 25 janvier 2019 aux éditions Lajouanie dans la collection Roman policier mais pas que…18€ ; (206 p.) ; 13 x 19 cm.
4 ème de couverture :
L’Appétit de la destruction relate les dernières heures d’un groupe de rock (Âme  less), les
frasques de son leader, les coulisses d’un milieu qui suscite bien des fantasmes.
On pense évidemment à Bertrand  Cantat (Noir  Désir), à Nicolas  Sirkis (Indochine) mais
aussi aux Rolling  Stones, aux Clash, aux Sex  Pistols, à Nirvana… à toutes ces formations
géniales menées tambour battant par des rockstars déjantées, s’autorisant tous les abus.
Une fiction parfois trash, passionnante, qui mêle tragique, transgression, disparition…
Du rock donc, des excès, du sexe… Bref de la littérature. Pas un polar mais presque…
Des libraires conquis :
“ On a envie de lire ce genre de roman, qui bouscule, qui dérange même, qui explore des
procédés narratifs sans tomber dans l’outrance, et qui malgré tout raconte quelque chose.
J’ai adoré. Dès les premières lignes, j’étais dedans et j’ai eu du mal à le lâcher. J’ai terminé
le livre un peu sonnée, un peu K-O. ” Anne – Librairie le Gang de la clef à molette.
“ Au-delà de la plume, toujours aussi maîtrisée et juste, la narration est très réussie. On est
happé de bout en bout. ” Martin – Librairie Le Passeur.
“ La démesure des personnages aux appétits destructeurs s’entremêle à la beauté des mots.
Yvan Robin explore et ose. Repousse les limites. Bouscule les émotions. Dans un souffle
alcoolisé, il nous murmure de la poésie. ” Karine – Maison de la presse Mondésir.
L’auteur : Yvan Robin est né le 10 novembre 1983. Il vit à Bordeaux. Il a grandi en Saintonge, fréquenté le collège de Jonzac et poursuivi ses études au lycée dePons. Avec des copains d’enfance, il crée un groupe “Les gens“. Cet ensemble rencontre lesuccès et se produit un peu partout en France. Avec sa nouvelle formation, « L’œil du Maître« , il a sorti un CD “Histoire d’île et d’ailes“ enregistré avec Norbert Labrousse. La disgrâce des noyés, son premier roman, a été publié aux éditions Baleine en 2011.Travailler Tue aux éditions Lajouanie en 2015. L’Appétit de la destruction aux éditions Lajouanie en 2019.
Extrait :
– Déjà la rouille de l’oubli ronge le groupe. L’effervescence du début de carrière se mue en lointain souvenir. L’antre bordelais n’est plus réservé qu’aux deuxfrères.
– Sage décision.
– Des soirées orgiaques organisées par le passé, il ne reste qu’un vague relentglaireux …
Pierre s’est mis en tête de rénover lui-même le vaste bâtiment, quifut naguère un hôtel particulier. Adrien n’aperçoit plus Alissa Von Rathqu’entre les pages Internet de sites peu fréquentables. Leur histoire n’a pas survécu à l’épisode du Fentanyl, dont la presse s’est courageusementemparée. Peu lui importe. Il garde intact en mémoire le souvenir indéfectible de Marie Delaunay. Qui vivote avec son musicien sans gloire et sans talent, une idylle qui n’a rien à envier aux platitudes des steppes mongoles … Alorsque les matériaux s’entassent au bas de l’escalier, Adrien prend le large et le train en direction de Montpellier. Il éprouve le besoin d’ajuster les distances.
Le recul aidant, les deux frères prennent conscience du versant fusionnel de leur relation. Adrien entre dans le premier hôtel qu’il trouve en sortant de la gare Saint-Roch, et paye d’avance une semaine. Il passe le plus clair de son temps à errer dans la ville, à faire la sortie des écoles à dévisager les passagers des transports en commun … A force d’opiniâtreté, il parvient à identifier la silhouette de l’homme qui lui a pris sa place dans les bras de Marie. Qui lui a volé son costume d’époux et de père.
– Matthieu Larnaudie.
– En personne …
Il sort d’une séance d’enregistrement au studio Vox, l’étui de ses cymbales sous le bras. Il déambule élégamment, chemise blanche rentrée dans un pantalon de serge bleu.
– Une dégaine de premier de la classe.
– A peu près, oui.
Adrien le suit dans les rues piétonnes du centre-ville, jusqu’au domicile familial, rue Campan. Il regarde le jour s’éteindre, et les lumières s’allumer derrière les vitres. Le lendemain, il quitte Les Alizés, pour emménager à l’hôtel Rhénan, situé dans la même rue que l’appartement. De sa fenêtre, il peut suivre à loisir les allées et venues de sa femme et de ses fils. Louis et Ferdinand sont méconnaissables. Ils ont perdu leurs joues, et leur allure bonhomme de culbuto. Fins comme des cierges, ils lui semblent poussés trop vite.

Chronique d’une flingueuse

Les mots de Flo

Il m’a fallu un peu de temps pour accrocher à cette lecture. J’avais l’impression de lire quelque chose de facile, ce que nous imaginons tous des groupes délurés, immatures, ne parvenant pas à gérer leur succès. Certes il y a de cela mais mieux encore. Ma persévérance a été récompensée dans ce roman très noir.

Côté narration, un dialogue incluant un proche du groupe nous permet d’en découvrir l’histoire, de la naissance au lycée jusqu’au présent. Nous saurons tout : la rencontre des membres, les premiers morceaux, l’arrivée du succès, la vie sentimentale des membres du groupe, les processus créatifs, la scène, le quotidien des tournées, les cures de désintoxication, la séparation puis la reformation du groupe.

A coups de chapitres très courts, Robin nous propulse dans la tête du leader charismatique, qui carbure à l’alcool, aux psychotropes, et nous fait vivre de l’intérieur la chute de cet homme, chanteur, musicien mais aussi comédien chargé de jouer son rôle de rock star sur scène lors de chaque concert. Chute, déchéance aussi car c’est bien de cela dont il s’agit, nous en prendrons conscience très rapidement.

Qu’est-ce qui fait que ce roman a fini par me plaire autant ? Deux raisons à cela : la construction du roman est particulièrement réussie. Moi qui ne le fais jamais, arrivée au terme de ma lecture, je suis retournée au début du livre, pour retracer le chemin des différents narrateurs du récit. Et cette relecture a été magique ! Yvan Robin parvient à faire coexister le réalisme de certaines scènes où drogues, alcool, sexe, dégradations des lieux, errance dans les rues avec des tournures poétiques, des extraits de chansons qui forment au final un tout parfaitement homogène et hypnotique. L’écriture d’Yvan Robin est tout simplement magnifique, une poésie crue.

 Les tous derniers chapitres sont particulièrement puissants et émouvants. Je ne suis pas prête d’oublier cette lecture !

Dieu n’habite pas La Havane de Yasmina Khadra


Le livre : Dieu n’habite pas La Havane de Yasmina Khadra. Paru le 18 août 2016 chez Julliard. 19€50 ; (312 p.) ; 21 x 14 cm
Rééditer en poche chez Pocket le  7 septembre 2017. 6€95 ; (257 p.) ; 18 x 11 cm
4e de couv :

À l’heure où le régime castriste s’essouffle, « Don Fuego » chante toujours dans les cabarets de La Havane. Jadis, sa voix magnifique électrisait les foules. Aujourd’hui les temps ont changé et le roi de la rumba doit céder la place. Livré à lui-même, il rencontre Mayensi, une jeune fille « rousse et belle comme une flamme », dont il tombe éperdument amoureux. Mais le mystère qui entoure cette beauté fascinante menace leur improbable idylle.

Chant dédié aux fabuleuses destinées contrariées par le sort, Dieu n’habite pas La Havane est aussi un voyage au pays de tous les paradoxes et de tous les rêves. Alliant la maîtrise et le souffle d’un Steinbeck contemporain, Yasmina Khadra mène une réflexion nostalgique sur la jeunesse perdue, sans cesse contrebalancée par la jubilation de chanter, de danser et de croire en des lendemains heureux.

La plupart des romans de Yasmina Khadra sont traduits dans une quarantaine de langues. Certains ont aussi été adaptés en bandes dessinées, à la scène et au cinéma (Morituri ; Ce que le jour doit à la nuit ; L’Attentat). Les Hirondelles de Kaboul est en cours de réalisation par Zabou Breitman.

 

Yasmina Khadra avec la patronne

L’auteur : Yasmina Khadra est né est l’auteur de la trilogie Les Hirondelles de Kaboul, L’Attentat et Les Sirènes de Bagdad. La plupart de ses romans sont traduits dans une cinquantaine de pays. L’Attentat (prix des Libraires 2006) et Ce que le jour doit à la nuit (meilleur livre 2008 pour le magazine Lire) ont déjà été portés à l’écran et une adaptation des Hirondelles de Kaboul  en film d’animation. 

Extrait : 
« Qui rêve trop oublie de vivre », disait Panchito.
J’incarne mon propre rêve, pourtant je croque la vie à pleines dents sans en perdre une miette.
Je cherche toujours le bon côté des choses car elles en ont forcément un. Je vois le verre à moitié plein, une forme de sourire par-dessus la grimace, et la colère comme un enthousiasme dénaturé.
Le monde n’est pas obligé d’être parfait, mais il nous appartient de lui trouver un sens qui nous aidera à accéder à une part de bonheur. Il y a immanquablement une issue à n’importe quelle mauvaise passe. Il suffit d’y croire. Moi, j’y crois. Mon optimisme, je le cultive dans mon jardin potager.
Je me suis éveillé à la joie de vivre dès l’âge de cinq ans ; quant aux années qui précèdent, je ne m’en souviens pas – je suis certain qu’elles furent formidables,puisque mes parents l’étaient.

La Kronik d’Eppy Fanny

DIEU N’HABITE PAS LA HAVANE DE Yasmina KHADRA

J’avais besoin, pour accompagner ma semaine de vacances, de la musique des mots qu’offre la poésie. C’est donc Yasmina Khadra et son talent qui m’ont tenu compagnie.

Ce roman attendait sagement dans ma bibliothèque depuis plus de 4 ans. Comme quoi la patience est toujours récompensée.

L’histoire nous transporte à la Havane, nous dépeint avec talent une époque, un contexte, un pays. Nous découvrons Juan Del Monte Jonava, un chanteur dont la voix extraordinaire lui a valu le surnom de « Don Fuego ». Une gloire vieillissante, tout comme le régime castriste. Le Buena Vista a changé de propriétaire et Juan, à 60 ans, est remercié et cours le cachet.

Il ne vit que pour sa musique, et lui qui a chanté devant les plus grands ne comprend pas que l’on ne veuille plus de lui. Il traîne, déambule dans cette ville de la Havane qui est sienne depuis toujours.

Extrait p.61 : « Sans la musique, je ne suis qu’un écho anonyme lâché dans le vent. Je n’ai plus de veines, et donc plus de sang ; je n’ai plus d’os pour tenir debout ni de face à voiler. »

Il vit chez sa sœur Serena où s’empilent divers membres de la famille (sa sœur, le mari de cette dernière, leurs 3 enfants, la belle-sœur de Serena avec son mari et leur bébé, une cousine). Il y partage d’ailleurs sa chambre avec son fils, Ricardo, cet inconnu. Sa fille, elle vit avec sa mère. A la Havane, il est courant que les familles vivent à plusieurs dans un logement.

Extrait p.50 : « Depuis 1959 et la révolution castriste, la population a centuplé, mais la ville n’a pas bougé d’un poil, comme si une malédiction la retenait captive d’un passé aussi flamboyant que l’enfer. »

Lors de ses déambulations, « Don Fuego » croise une jeune fille, sa cadette de 40 ans.

Mayensi à la chevelure aussi rouge que le soleil se couchant sur l’océan. Mayensi si mystérieuse. Et le feu de Don Fuego se rallume pour cette belle, ce dernier amour, ce dernier tour de piste. Pour elle il veut briller. Encore. Décrocher la lune. Toujours. Mais les apparences peuvent être trompeuses ; voire mortelles. Son ami Panchito l’a pourtant mis en garde …

Extrait P.96 : « Tu vas te gargariser et crier sur tous les toits que tu n’es pas une marionnette, poursuit-il comme s’il lisait dans mes pensées. Pour preuve, tu montres que tu n’as pas de ficelles aux bras ni aux pieds. N’empêche, tu es plus à plaindre que les poupées en chiffon car le marionnettiste qui te manipule, c’est toi, et tu ne le sais pas. »

Mais même flirter avec la mort vaut la peine, lorsque cela permet de vivre et croire encore… Même un instant. Et puis la mort, en le rejetant, lui a rendu sa fille. Et ça c’est un vrai cadeau !

Et ce n’est pas le seul. A 64 ans voilà notre Juan sur les routes, chanteur d’un groupe….

Extrait p.255 : « Il faut faire une croix sur ce qui est fini si l’on veut se réinventer ailleurs. Panchito savait de quoi il parlait. Il m’a fallu du temps pour l’admettre, mais j’y suis parvenu. Après tout, qu’est-ce que la vie sinon une interminable mise à l’épreuve. Celui qui se relève de ses faux pas aura gagné l’estime des dieux. De toutes les couleurs qu’on lui en a fait voir, il construira un arc-en-ciel. »

C’est beau, c’est triste, c’est nostalgique.

L’espoir et l’amitié brillent à travers les mots et leurs échos.

Merci à Yasmina pour ce roman.

Le Troisième Rappel de Gilles Sevastos


Le livre : Le Troisième Rappel de Gilles Sevastos. Paru le 16 Octobre 2018 aux Editions Le Lamantin. 19€. (392 pages). 21 x 14 x cm


4ème de couverture :
Le monde entier s’apprête à rendre hommage à Lola Harmann, chanteuse à la voix exceptionnelle, disparue dix ans plus tôt lors du dramatique concert de Bercy. Valentin Nievez, réalisateur pour un magazine scientifique, travaille sur un sujet consacré à Lola. Il enquête sur les mystérieux chants du troisième rappel, qui ont envoûté les spectateurs présents, mais dont on a perdu toute trace dans la catastrophe. Parallèlement, un organisme secret réalise des expériences effroyables sur la résistance de cobayes à un certain enregistrement qui rendrait fou quiconque l’écoute jusqu’au bout. Et si tout était lié ?

L’auteur : Gilles Sévastos est né en 1960. Après son bac, il suit des études supérieures de mathématiques avant d’intégrer l’école nationale Louis Lumière en section Image. Après avoir travaillé dix ans comme chef opérateur sur des documentaires et des émissions de télévision, il réalise quatre courts métrages de fiction et quelques documentaires. Il intègre en 1995 en tant que réalisateur-opérateur l’équipe d’Archimède, l’émission scientifique d’Arte, pour laquelle il travaille 6 ans et réalise « Un animal a glissé ». Il travaille également pour « Silva », une autre émission d’Arte, et réalise des documentaires pour le CNRS et la Cité des sciences de La Villette. Il se consacre désormais à l’écriture de romans.
Extraits :
«Souvenez-vous de ce concert maudit de Bercy.
Souvenez-vous de Lola, de sa beauté sensuelle et de sa voix à nulle autre pareille.
Souvenez-vous de ce troisième rappel, du bonheur sans limite qui vous a envahi et de l’horreur qui est advenue, lorsque le chant s’est achevé.
Souvenez-vous.

Pas un jour ne s’écoulait sans que Valentin y pense.
Et chaque fois, il se disait que ce soir-là, l’humanité avait perdu ce qu’elle avait produit de plus beau. »

Les Lectures de Maud :

Le Troisième Rappel de Gilles Sevastos


Une histoire à 100 à l’heure qui embarque le lecteur dans une sombre enquête mêlant machination, manipulation et mensonge. Une histoire qui fait frissonner et froid dans le dos : utiliser des cobayes humains lors d’expériences clandestines.

Parallèlement, Valentin, journaliste, va se pencher sur le phénomène du dernier concert de Lola. Lors de son enquête très périlleuse, il va faire des découvertes qui dépassent l’entendement, au départ il rationalise, a du mal à y croire et pourtant… De surprises en péril, il va se retrouver malgré lui entraîner dans une dangereuse aventure, mettant sa vie en danger afin de faire éclater la vérité. Quel en sera le prix ?

L’auteur signe ici un excellent premier roman, mêlant, intrigue, espionnage et trahison. Un thème tout à fait original qui permet à ce livre de se distinguer des thrillers habituels. Une écriture fluide, dynamique, entraînante embarque le lecteur qui n’est pas au bout de ses surprises. Les intrigues sont très bien ficelées, nous ne voyons rien venir. Une fin tout à fait inattendue. Un très bon moment de lecture, je suivrai très attentivement les prochaines parutions !!! A découvrir sans tarder !!!

Je remercie les Editions Le Lamantin pour leur confiance et la découverte

 

Version lue : Broché 

Mention : premier roman

Le silence et la fureur – Natalie Carter et Nicolas D’Estienne D’Orves


Le livre : Le silence et la fureur de Natalie Carter et Nicolas D’Estienne D’orves. Paru le 1er mars 2018 aux Editions XO.  19,90 € ; 153 x 240 mm.

4ème de couverture :

Un lac perdu de l’Ontario, et au milieu, une petite île escarpée où souffle le vent mauvais du soupçon.

Max King, pianiste adulé dans le monde entier, y vit reclus dans sa maison, prisonnier de ses obsessions et de ses cauchemars. Il y a dix ans, un drame l’a condamné au silence : la moindre note sur le clavier provoque en lui d’effrayantes douleurs. Pour cet immense artiste, la musique est devenue un bourreau. Mis à part sa gouvernante, Max King ne voit personne. Ni sa femme Fiona, ni son fils Luke, qui a quitté l’île et que tout le monde surnommait le « petit prince ».  Un futur pianiste de génie comme son père.

Le retour de Luke résonnera comme un cataclysme sur cette terre maudite.

Et du silence jaillira bientôt la fureur.

 

Les auteurs : Natalie Carter est née en 1955 à New York. Après des études d’art, elle devient scénariste pour la télévision puis pour le cinéma. Elle a travaillait notamment avec Nicole Garcia, Brian de Palma…En 2006, elle publie un roman, Valdingue, chez Robert Laffont.
                           Nicolas d’Estienne d’Orves, né en 1974, est écrivain et critique d’opéra au Figaro. Depuis 2001, il a publié une vingtaine de livres : Othou : prix Roger Nimier, Les fidélités successives : prix Cazes, La gloire des maudits : prix Interallié 2017. Il écrit également beaucoup sur Paris (guide de balades..). Trois romans chez XO : Les orphelins du mal, Les derniers jours de Paris, L’enfant du premier matin, qui sont traduits en treize langues.

 

Extrait :
« La lampe a glissé de mes mains tremblantes. Son faisceau a éclairé la pièce vitrée en diagonale. Au dehors, l’orage déchirait le ciel, les arbres se couchaient sous le vent, le lac se soulevait comme  une lave noire et glacée, les feuilles giflaient les baies vitrées. Hormis le piano, son tabouret et quelques feuilles épars sur le sol, le caisson était vide.»

 

L’accroche de Miss Aline

Le silence et la fureur, Natalie Carter et Nicolas D’Estienne D’Orves

Une île, un pianiste de renommée mondiale, un mystérieux « accident », une « promesse » non moins énigmatique, voilà les ingrédients de ce polar captivant.

Max vit en reclus, prisonnier de son île, de sa musique, de ses rituels obsessionnels. Prisonnier de lui-même. Tous l’on fuit, jusqu’à son épouse et son fils. Ne reste que la fidèle gouvernante Susan, patiente, attentive, veillant sur les moindres gestes de son maître. Les notes de musique sont autant de lames qui lassèrent  l’esprit de Max, qui le torturent jusqu’à l’insupportable. Et ce depuis « l’accident ».

Pour Thanksgiving, le retour de l’enfant prodige. Ce « petit prince » qui suit les traces de son père. Qui l’a fait venir lui et sa mère ? Pourquoi cette dernière l’abandonne-t-elle à son père ?

Rapport étrange que celui du père et du fils. Ce dernier obligeant son père à sortir de ses rituels, tant pis pour la souffrance. Luke, comme son père, est un personnage troublant. On le sent osciller entre l’amour et la haine. Qu’a-t-on imposé à cet enfant pour qu’il en arrive là ?

Ce roman se fait à trois voix. Susan et Luke nous parle directement. Tandis qu’un narrateur extérieur nous parle de Max. Au début c’est perturbant, puis on s’y fait.  A chaque protagoniste tu trouves une raison de t’y attacher. Susan dont tu admires la dévotion, cet attachement démesuré à un être qui probablement ne la voit pas. Elle aussi a sa part dans l’intrigue, là où on ne l’attend pas. Luke dévorait par une personnalité borderline, un soupçon manipulateur. Luke qui captive, Luke qui réserve bien des surprises. Et puis il y a Max avec son amour-aversion pour la musique. Max pour qui la musique était l’oxygène nécessaire à sa vie, qui ne fait plus que survivre. Max noyé dans sa névrose.

J’ai beaucoup aimé ce roman et la façon dont il est construit. Comment les auteurs t’emmènent là où tu n’as pas pensé aller, comment ils t’ont berné. J’ai ressenti avec force la passion de Max pour la musique. Comment elle l’habite, le transforme, le rende vivant. Je garde l’image du « caisson », la pièce au piano, avec vu sur l’extérieur. Un silence infini à l’intérieur, les éléments déchainés à l’extérieur. Je pense à Mozart et Salieri. Je pense au combat pour la vie, à l’amour inconditionnel pour un art. Je pense à l’abandon de soi pour l’autre ou pour l’art.

Je pourrais/voudrais vous en dire tellement plus sur ce roman mais je ne voudrais pas gâcher votre surprise. Ce roman est un coup de maître, dans son intrigue, dans la force des personnages, dans le ressenti de leur sentiments. J’ai presque envie de le lire de suite…

Un très grand merci aux auteurs pour cette plus que très belle découverte.

 

Le romancier Nicolas d’Estienne d’Orves signe avec sa mère, Natalie Carter, scénariste, un thriller psychologique redoutable, où il est question de musique, d’îles, de lacs lointains, de nature dévorante, de piano mortel, de crimes irrésolus et de passions impunies.

Pourvu que ça brule de Caryl Ferey


Collectif Kris
97822263259520-3718799Le livre : Pourvu que ça brûle : récit  de Caryl Férey. Paru le 4 janvier 2017 chez Albin Michel. . 20€ ; (297 p.) ; 21 x 14 cm

4ème de couv : 

De la Nouvelle-Zélande à l’Australie en passant par l’Indonésie, la Jordanie, le Chili ou les Etats-Unis, un carnet de route très rock, l’autoportrait en noir et blanc de l’auteur de Zulu, Mapuche et Condor, Caryl Férey, chantre du thriller engagé, avec qui la réalité devient fiction survoltée.

 

 

 

Résultat de recherche d'images pour "Pourvu que ça brule de Caryl Ferey"L’auteur : Caryl Férey vit à Paris. Après s’être aventuré en Nouvelle-Zélande avec sa «saga maorie» (Haka et Utu), en Afrique du Sud avec Zulu (récompensé entre autres par le Grand Prix de littérature policière en 2008 et adapté au cinéma en 2013) puis en Argentine avec Mapuche, il nous entraîne avec Condor dans une exploration sombre du Chili, dans une course-poursuite sanglante transfigurée par l’amour. Le nouveau roman de Caryl Férey nous fait voyager et frémir autant que réfléchir et nous rappelle, s’il le fallait, que l’auteur s’est imposé comme le maître du thriller des grands espaces et de l’ailleurs.

 

Extrait : 
Quinze jours passèrent encore, puis soudain mon amour réapparut, là, au comptoir du Cornerbar où l’attendait mon désespoir le plus féroce. J’oubliai jusqu’à respirer en l’abordant, mais Francesca m’entraîna à l’écart pour m’expliquer la situation. Roscoe était jaloux et lui interdisait de parler aux garçons, en particulier moi, qui traînais dans leur bar fétiche. Je lui répondis qu’on s’en foutait de Roscoe, mais le lâche avait chargé ses copains maoris de la surveiller. Je n’eus pas le temps de lui conseiller d’envoyer paître son idiot du village qu’une poigne d’acier comprima ma gorge : d’une solide manchette, un Maori de cent dix kilos me tira en arrière sous les yeux atterrés de Francesca. Manquant d’oxygène, mes bras s’accrochèrent au vide tandis que le colosse me soulevait de terre. J’eus une dernière vision de Francesca, le regard à la fois désolé et furieux, avant de me faire jeter dehors.
Je ne parle pas le maori mais nul besoin de traduction : j’approchais d’elle encore une fois, le guerrier me mâchait menu et me renvoyait en France sous forme de Canigou.
Roscoe, son of a bitch.
Roméo et Juliette, Othello, je traversais Shakespeare par l’express du soir.

 

Chronique de lecteurs

Le petit avis de Kris

POURVU QUE CA BRULE – Caryl Ferey

A mi-chemin entre fiction et réalité, le romancier raconte ses voyages, ses rencontres et quelques événements de sa vie.
Découverte d’un Caryl aventurier un peu à l’image de ses personnages et on comprend mieux l’intensité et l’épaisseur de ses héros.
Une quête incessante dans ces pays souvent touchés par la pauvreté, le gangstérisme ou plus simplement l’ignorance.
Un roman qui est en réalité l’essence même de l’auteur. Plus habituée aux polars et thrillers j’ai été subjuguée par la force de cette écriture et je l’ai dévoré comme un roman d’aventures.
Découvrir la naissance, le cheminement, l’élaboration (parfois sur plusieurs années) des héros de romans tels que ZULU et MAPUCHE apporte une lumière différente sur ceux-ci et les sublime encore plus s’il en est besoin.
Toutefois l’écriture de MAPUCHE reste un morceau d’anthologie ! Ah Jana !!     
Et l’émotion de Cannes pour Zulu … grandiose !
Enfin les clins d’œil à l’éditrice font mouche à chaque fois.

 

Ulan Bator de Richard TABBI


ulan_b10Ulan Bator de Richard Tabbi Paru en juin 2015 chez Riez éditions dans la Collection Sentiers Obscurs. 16€00 ; (330 pages) ; 20 cm x 14 cm 

4ème de couverture

« Solo Aggrigente est persuadé d’écrire des polars tout ce qu’il y a de classique, alors qu’obsédé par la tétralogie d’Alien il écrit en réalité des romans de SF. Il est marié avec Asako, artiste plasticienne de renommée internationale qui lui annonce qu’elle part en tournée mondiale à l’instar d’une rock star, lui laissant leur fils de 18 mois sur les bras. Ses ennuis commencent le jour où le chanteur des Kyoto Motel se fait décapiter, événement qu’il avait prédit dans l’un de ses romans. Peu après, deux faux flics mongols font irruption chez lui. Commence alors une course folle alcoolisée sur fond de chamanisme, de soviétisme, et d’invasion extraterrestre. La réponse à ses déboires se trouve – peut-être – à Ulan Bator. »

ulan-2015-glassesL’auteur : Richard Tabbi est né en 1967 dans le sud de la France. Après des études d’histoire religieuse médiévale, il a été successivement militaire, enseignant, documentaliste, rédacteur, journaliste, commercial, maçon, ouvrier agricole, bibliothécaire, peintre en bâtiment… Richard Tabbi vit au Havre. 
Son premier roman, Zombie planète, a été publié en 2003 aux éditions Mango. Il a aussi collaboré sous la forme d’essais et de nouvelles aux revues Twice, Bordel, Houelle. Il a signé les textes de l’album « La fiancée d’Uranus » du groupe Parisatori qu’il a fondé avec Patrick Jouanneau.
En 2012 il publie avec Ludovic Lavaissière Moi & ce diable de blues aux éditions du Riez, polar hallucinatoire au style vitriolique béni par Jean-Pierre Dionnet.
Ulan Bator est conçu comme une « suite mentale » à Zombie planète.
Extrait :
« La Volvo empruntait une descente interminable vers la vallée en direction de Saint-Etienne, les arbres du bord de la route, en ce début d’après-midi, ressemblaient à des golems paranoïaques. »

 

Résumé et petit avis :

Il y a quelques temps, plus d’un an déjà,  Richard Tabbi prenait contact avec moi via facebook. Il me proposait son roman à lire et à chroniquer.

Bonjour Geneviève, je lis avec intérêt vos chroniques, et je ne sais si mon éditeur vous a envoyé mon dernier polar, ULAN BATOR. Si ce n’est pas le cas et que cela vous intéresse, n’hésitez pas à me le faire savoir, ce sera avec plaisir.  
Belle journée à vous 😉

Bonsoir Richard,

Merci de votre sollicitude. Je ne me souviens pas avoir vu passer votre livre. Pour autant, je vous avoue que je n’aurais pas le temps de le lire dans les prochaines semaines voire les prochains mois. C’est fort dommage, j’en suis consciente, mais malheureusement mon travail de sélection pour les bibliothèques parisiennes, m’oblige à être dans l’actualité éditoriale immédiate.

Aussi, si vous le voulez bien, je vous propose une solution alternative. Vous m’envoyez votre roman, je le propose à un des chroniqueurs de mon blog et lui demande une petite lecture ainsi qu’un petit avis. Vous en dites quoi ?
Bien cordialement 

L’affaire fut ainsi faite, je recevait quelques semaine après le livre de Richard. Je demandais autour de moi qui voulait bien le lire et me donner leur avis. Deux lecteurs se proposèrent. De mon coté, j’oubliais ce titre, trop à mes propres lectures et mes autres occupations !

Puis l’auteur est revenu vers moi, je ne savais même plus qui étaient les lecteurs d’Ulan Bator. Alors je suis allée faire un petit tour d’horizon. Et là mes deux lascars m’avouaient soit n’avoir pas du tout accroché à l’histoire, soit avoir abandonné le livre. Ce livre est vraiment très atypique, pas franchement un polar comme je les aime. L’auteur mélange trop de genre, je m’y suis perdue.

Voilà quelles sont été les réponses. J’étais bien avancé. Aussi je me décidais enfin à trouver une place dans mon planning de lecture déjà surchargé pour lire ce titre. Mais avant il fallait que je le commande chez mon libraire.

Et voilà comment j’ai fini par lire Ulan Bator.

Et bien mes aïeux, ça réveille.

Punaise, en effet ce truc est un OVNI ou plutôt un OLNI, vous savez un Objet Littéraire Non Identifié.

Hallucinant, percutant et violent ! déstabilisant et survolté

C’est déjanté mais drôle, déstabilisant et jubilatoire à fois

Imagine un type plutôt doué pour écrire de polars noirs qui a connu son heure de gloire et qui fait mourir son héros.  Un mec qui épouse la femme dont il est follement amoureux suite à leur rencontre sur un plateau télé. Un mec qui veut écrire son chef d’oeuvre, mais qui visiblement rame sec pour le mettre en forme. Un mec qui cherche la vie parfaite, chez lui en bord de mer avec sa petite famille. Et comme son roman SF ne voit pas le jour, l’ancien alcoolique mondain devient un alcoolique tout court. Aussi le jour où sa femme lui annonce qu’elle part en tournée mondiale, la vie de notre bonhomme part à la dérive. Surtout qu’il se retrouve à devoir gérer seul leur fils de 18 mois.

En plus les extraterrestres qui lui font défaut dans son roman viennent s’inviter dans sa vie quotidienne.

Bref, tout dérape et ça part dans tout les sens. On va vivre un road tripe démentiel.

Couses poursuite, situations rocambolesques et paysages étourdissants.

Tout est en place pour nous faire vivre une expérience hors du commun.

Ah oui, et que dire de l’illustration de couverture de  Philippe JOZELON !!!

Découvrez les premiers chapitres sur Ici !

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Les petites fées de New York de Martin Millar


9782916355368,0-503129Le livre : Les petites fées de New York de Martin Millar. Traduit de l’anglais (Ecosse) par Marianne Groves. Paru le 8 avril 2009 aux Editions Intervalles

9782070465095,0-2999055Réédité en poche en 2016 chez Gallimard dans la collection folio SF 8€20 ; (353 p.) ; 18 x 11 cm. Préface de Neil Gaiman.

 4e de couv :

Les petites fées de New-York

Morag MacPherson et Heather MacKintosh, deux petites fées écossaises ayant quitté précipitamment leur terre natale, et fraîchement débarquées à New York, découvrent un monde qu’elles n’auraient jamais pu imaginer : un monde où les sans-abri meurent dans l’indifférence générale, un monde où les gens ont à peine de quoi payer leur logement, un monde qui n’a, tout de même, pas l’air de tourner bien rond. Mais plus elles vont vouloir changer les choses et aider Dinnie et Kerry, deux humains qu’elles ont rencontrés à leur arrivée, plus ce sera… pire !

Roman aussi drôle qu’érudit, Les petites fées de New York convoque le folklore féerique et celui de l’underground new-yorkais pour décrire, en filigrane, notre société.

« Ce livre est fait pour les gens de toute taille et de toute forme qui aiment lire de bons livres. »Neil Gaiman

martin-millarL’auteur : Martin Millar est né le 14 octobre 1956 à Glasgow, en Écosse, et vit actuellement à Londres. Il est l’auteur d’un peu plus de dix romans. Sous le pseudonyme de Martin Scott, il est  aussi l’auteur de la série de science-fiction Thraxas, qui a remporté en 2000 le World Fantasy Award dans la catégorie « roman ». Neil Gaiman, qui compte parmi ses plus grands admirateurs, l’a comparé à « un Kurt Vonnegut qui aurait eu les pires fréquentations du monde ».

 Extrait :

« Morag sirota son verre.

» Ca m’a fait plaisir de revoir Heather en tout cas. Jusqu’à ce qu’on s’engeule.

– « Tullochgorum », encore ? »

Morag secoua la tête.

« Pas au début. Elle m’a accusée de lui mettre exprès mes pieds dans la figure, dans le sac de la clocharde. Quelle crétine. J’essayais
juste de m’installer confortablement. Ensuite elle a dit que ce n’était pas étonnant que les MacPherson ne parviennent pas à jouer correctement un sthraspey s’ils devaient s’occuper de leurs
pieds si grands. N’importe quoi. Après, on s’est engueulées au sujet de « Tullochgorum ». Ensuite, il y a eu l’incident du pavot et j’ai menacé de la tuer pour avoir perdu ta fleur. Non vraiment,
quelle journée pourrie. »

Petit résumé et avis :

Après avoir consommé trop d’alcool, sept petites fées écossaises se retrouvent par erreur dans Central Park. Deux d’entre elles, Heather et Mortag, perturbent le quotidien de Dinnie, un violoniste obèse, solitaire et sans talent.

  Un livre préfacé par Neil Gaiman ne peux pas être un mauvais livre. Surtout quand dans sa préface, il nous le vend ainsi :

«Le récit des Petites fées de New York démarre avec Morag et Heather, deux petites fées hautes de cinquante centimètres, portant épée, kilt vert et cheveux mal teints, qui volettent par la fenêtre du pire violoniste de New York, un type antisocial et obèse nommé Dinnie, et vomissent sur sa moquette. Qui sont-elles et comment sont-elles arrivées à New York, et en quoi tout cela concerne-t-il l’adorable Kerry, qui vit dans l’immeuble d’en face, est atteinte de la maladie de Crohn et confectionne un alphabet des fleurs, et en quoi tout cela concerne-t-il les autres fées (de toutes nationalités) de New York, sans oublier les pauvres fées opprimées de Grande-Bretagne, voilà le sujet du livre. Il contient une guerre, ainsi qu’une mise en scène fort inhabituelle du Songe d’une Nuit d’Été de Shakespeare, et des solos de guitare de Johnny Thunders des New York Dolls. Que peut-on demander de plus à un livre ?»

Neil Gaiman nous met l’eau à la bouche alors on ouvre ce roman et on lit les premières pages. Et là c’est Martin Millar qui nous met les larmes au yeux. Non ! le livre n’est pas nul à pleurer mais il est drôle à mourir de rire. Et on a l’air vraiment bête dans son métro alors qu’à chaque fois que l’on tourne une page, no est plier par un fou rire.

L’auteur va nous entraîner dans une histoire loufoque, une histoire un brin endiablée. Il nous fait découvrir un monde enchanté désenchanté ou des centaines de fées de toutes nationalités sont sur le pied de guerre, une guerre des gangs comme on n’en connais à New York. Quelque part dans cette histoire il semble que plane le fantôme de Terry Pratchett tellement les actions se succèdent et s’entrecroisent à un rythme très soutenu. C’est un vrai tourbillon dans lequel nous jette l’auteur. On en sort un peu saoul, un peu groggy mais en aura passé un sacré bon moment de lecture. Et en prime, on aura la tête vider.

Sérum: saison 1 épisode 1 de Henri Loevenbruck et Fabrice Mazza


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9782290041741,0-1330512Le livre : Sérum : saison 1,Volume 1  de Henri Loevenbruck et Fabrice Mazza.Paru le 28 mars 2012 chez J’ai lu dans la collection J’ai lu Policier. 6€ ; (188 p.) ; 18 x 11 cm

Quatrième de couverture

Serum

Saison 1 (…) épisode 1

1773 : Mesmer invente l’hypnose

1886 : Freud invente la psychanalyse

2012 : Draken invente le sérum

Une injection.

Sept minutes pour accéder au subconscient profond d’Emily Scott.

Un carnet pour décrypter ses visions fantasmagoriques.

Quelques jours pour empêcher le pire.

Mais quand les morts suspectes se multiplient, le NYPD se pose une question : Arthur Draken est-il un psychiatre de génie ou un dangereux criminel ?

Les auteurs :
henri-loevenbruck@2x
fabrice-mazza@2x

Henri Loevenbruck est né le 21 mars 1972 à Paris. Il est à la fois auteur, chanteur, compositeur français et
auteur de thriller, de livres de
fantasy et de d’aventures est traduit dans plus de quinze langue.

Fabrice Mazza né en 1970 est le grand maître des énigmes en France.  Ses ouvrages sont lus dans le monde entier et ont dépassé le million d’exemplaires vendus

Extrait :
« Velasquez prit un scalpel et un tube dans son sac et s’approcha de la victime dans le coma. Elle avait l’air de dormir, paisible. Le sang avait été nettoyé de son visage et, sans le bandage qu’on était en train de lui mettre on aurait peine à croire que cette femme venait de prendre une balle en pleine tête.
L’agent pris sa main, gratta un peu de peinture déposée sur l’épiderme et fit glisser quelques particules dans le tube hermétique numéroté. Ensuite, il sortit un encreur et une étiquette de son kit de prise d’empreintes digitales.
Il attrapa délicatement l’index de la femme sous le regard de l’infirmière, l’appuya sur l’encreur, puis appliqua le bout du doigt sur la petite étiquette blanche.
Velasquez fronça les sourcils.
Rien. Juste une trace d’encre qui bavait. Le résultat ressemblait à tout sauf à une empreinte digitale.
Le policier se racla la gorge en sentant le rouge monter à ses joues. Il avait fait plusieurs prises d’empreintes à l’Académie de police, cela n’avait jamais posé de problème. Il sortit une nouvelle étiquette et essaya une nouvelle fois.
Toujours rien. Pas de « dermatoglyphe ».
La femme semblait n’avoir aucune empreinte sur l’index. »
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Petits résumé et avis

Arthur Draken est un psychiatre spécialisé dans la thérapie par l’hypnose. Il utilise un sérum facilitant l’induction hypnotique. Sa principale patiente est sa compagne, victime d’une amnésie totale après avoir reçu une balle en pleine tête. Avec l’aide de Lola Gallagher, détective, Draken va devoir découvrir quel secret est enfoui dans la mémoire de sa partenaire.

« Serum » est une série de livres inédits. Voici le premier volume d’une série romanesque d’un nouveau genre, construite sur le modèle des séries télé. La saison 1 comporte six épisodes. Dans chaque épisode, les lecteurs ont la possibilité d’approfondir l’expérience de lecture. Chaque épisode contient des flashcodes qui donnent accès à du contenu supplémentaire (musiques, vidéos, documents…).De plus, la série Serum propose une expérience en ligne inédite pour ses lecteurs sur le site http://www.serum-online.com.Comme toute bonne série, l’ensemble est hautement addictif. Et l’association entre Fabrice Mazza, grand maître es-énigmes, et Henri Loevenbruck, l’un des meilleurs auteurs de thrillers intelligents made in France, est très prometteuse

Bref…Voici le premier volume d’une série romanesque d’un nouveau genre, beau compromis entre le roman feuilleton et la série TV. La saison 1 comporte six épisodes. Tous les éléments d?un très bon polar sont réunis ici. Une détective au caractère bien trempé, un psy aux expériences étranges, une victime sans mémoire. Et comme dans toute bonne série, l?ensemble est hautement additif.

Lire le début de Sérum 1.1

 

ON PEUT EFFACER VOTRE MEMOIRE, PAS VOTRE PASSÉ.

En cas d’accoutumance, consultez leur site
www.serum-online.com

Facebook Serum :
www.facebook.com/Serumonline

Le chant des âmes de Frédérick Rapilly


Mes petites lectures
9782953499841,0-1198182Le livre : Le chant des âmes de Frédérick Rapilly.Paru le 1er juin 2011 chez Critic. 20€30; (370 p.) ; 20 x 14 cm.

Quatrième de couverture

« Cela pourrait être elle. Ou elle ! Ou encore elle ! Son regard glisse d’une silhouette à une autre.
La pulsion est là. La migraine aussi. Il doit se contrôler. Ce n’est ni le lieu, ni le moment. »

Quand des touristes découvrent le corps crucifié d’une jeune femme au coeur de la forêt de Brocéliande, les médias se déchaînent et l’affaire fait vite la Une de l’actualité.

Alors que la police s’oriente vers un rituel satanique, Marc Torkan, ex-grand reporter, est chargé d’une contre-enquête par son ancien rédacteur en chef. Accompagné d’une photographe inexpérimentée, il comprend rapidement que la police fait fausse route : la veille du meurtre, la victime semble s’être rendue à une rave-party. L’enquête prend un tournant inattendu lorsqu’en Thaïlande, un deuxième cadavre est retrouvé en marge d’un événement similaire.

Pour le journaliste et sa coéquipière, la chasse au scoop se transforme en chasse à l’homme. Seuls, ils se lancent sur la piste d’un tueur en série, qui choisit ses proies dans le tumulte et la fièvre des nuits électro.

220px-Frédérick_RapillyJournaliste, ex-grand reporter et DJ, Frédérick Rapilly est l’auteur de trois essais ; le dernier en date porte sur la série télé Le Mentalist. Il est né le 15 mai 1968 à Vannes.
Fan de polar depuis toujours, il tient aussi un blog où il chronique régulièrement les oeuvres des plus grands maîtres du genre. Dans Le Chant des Âmes, son premier roman, il concilie ses deux passions – la musique et le policier – et nous offre un thriller époustouflant qui nous promène aux quatre coins de la planète, à la poursuite d’un terrifiant psychopathe.

 

Lecture d’avant

Résumé et petit avis :

 Le cadavre mutilé et crucifié d’une jeune femme est découvert en Bretagne, dans la forêt de Brocéliande, quelques jours après la traditionnelle rave-party qui se tient dans les environs.

Alors que les autorités y voient un rituel païn ou sataniste et que les médias s’emparent de l’affaire.  Marc Torcan, et une photographe mènent une contre-enquête, se lançant sur les traces du tueur.

Arraché à sa retraite par son ancien patron de Paris Flash, Marc , ex-grand reporter, retrouve le goût de l’investigation. Accompagné d’une jeune photographe ambitieuse, ils mènent une contre-enquête. Ils s’oriente bientôt vers une piste négligée. Et se lancent sur les traces d’un étrange tueur.

La musique pulse et la fièvre monte…

Voici un livre duquel je suis sortie étourdie. Une vrai claque. L’auteur nous propose un thriller très original, par son contexte tout d’abord mais aussi par son rythme. En effet tout cela est très musical, chaque chapitre est introduit par Nick Cave et ses « Murder ballads ». De plus l’auteur place son intrigue dans l’univers de la musique techno et plus particulièrement dans les rave-party où des milliers de jeune gens entrent véritablement en transe et ce, à l’unisson. Une vrai découverte donc pour une lectrice peu familière à ce genre musical. Un atout supplémentaire à ce livre s’il en fallait un : Frédérick Rapilly a su, grâce à ses descriptions, nous faire voyager, de Bretagne en Thaillande, des îles Canaries à Bali en passant par l’Ukraine. Un vrai régal à découvrir d’urgence.

Un livre parfait pour vos vacances !

Régis de James Osmont


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Le livre : Régis de James Osmont paru le 30/03/2016 chez CreateSpace Independent Publishing Platform. 9€99 ; (274p) .

Résumé :

« Régis aime la littérature et l’automne, les décibels et l’errance. Il n’a pas choisi le mal qui le ronge. Vivant la plupart du temps en lui-même, il perçoit une réalité déformée et angoissante, où tout fait sens. Dans sa psychose, il s’accroche à de fragiles repères : des personnages sans nom, des impressions sans fondement, des chansons sans espoir… Pourtant, peu de temps avant les attentats du 13 novembre 2015, le retour d’un mystérieux persécuteur va faire vaciller son équilibre précaire… Jusqu’au point de non-retour. »

ojjh54L’auteur : James Osmont, auteur et photographe né à Brest, est aussi soignant en psychiatrie depuis dix ans. Dans ce premier roman sombre et nerveux, entre drame et thriller psychologique, il invite le lecteur à une immersion au plus près d’âmes tourmentées, dangereuses, mais aussi profondément humaines.

Le billet de Nadia :

Bonjour Geneviève,

Chose promise … je te présente « Régis » …

gros gros coup de cœur … Regis

L’Extrait :
  » Le vent s’était tu en cours d’après-midi.
    Après le tumulte , ce jour sans clarté mourait de n’avoir jamais débuté. Des heures fantômes de la mi-novembre, dont la grisaille échevelée délave les âmes et détrempe les terres…Pourtant Régis adorait l’automne.
    c’était un « enfant de l’automne ».
    Pour la première fois depuis presque deux semaines , il était autorisé à sortir dans le parc. Il avait quitté l’isolement hier , et  » fêtait » aujourd’hui son trente-deuxième anniversaire. Un bien grand mot … Déambulant dans le service discrètement , il vivait encore la plupart du temps à l’intérieur de lui même, s’ouvrant difficilement aux stimuli et interactions. Il redevenait petit à petit un patient lambda.
   Un être humain.

Le Résumé :

  Le quotidien de Régis , la trentaine , interné en hôpital psychiatrique . Les promenades dans le  parc , ses repas , les médicaments , l’encadrement médical ..

Mon Avis :

Que j’ai été chamboulée ! émue! à la lecture de « Régis ». C’est une histoire bouleversante , avec un fond de thriller puisque dés les premières pages on sait qu’un événement va se produire .. ça monte crescendo dans un univers très particulier inconnu pour la plupart d’entre nous.
 Régis nous accueille dans sa tête , dans son psychisme  , c’est émouvant , dérangeant , bouleversant et ça peut mettre le lecteur mal à l’aise quelques fois. Il nous raconte son histoire , son parcours jusqu’à sa détention en psychiatrie.  Le lecteur « vit » l’hôpital psychiatrique au quotidien , ses dysfonctionnements , ses règles , son personnel médical. 
 

 Dans une unité de lieu  principale comme un hôpital psychiatrique , avec un héros au passé plus que sanglant , James Osmont  fait  de cette histoire un livre qui laissera son emprunte en chacun de nous (je l’espère)  . Il subsiste après la lecture  toute la compassion,  l’empathie pour « Régis » . 
C’est une lecture qui vous laisse pantois , parce que c’est dur tout en étant poétique , les mots sont choisis , l’écriture exigeante. Et il m’arrive souvent de penser à Régis …

A noter : La formidable œuvre de Laurent Fièvre en couverture .

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