Le salon de Nemours par Sylvie K


Le salon de Nemours par Sylvie K

Nemours un de mes premiers salons, une anecdote c’est là où a commencé l’histoire des Plumes Noires Hein Annie Soyer ?

Et Justement Les Plumes Noires ont eu l’idée de réunir les auteurs et lecteurs autour d’un déjeuner juste avant l’ouverture du salon. (voir photos) Mais sur mon tee shirt deux badges Les Plumes et le COLLECTIF POLAR

A la gare les flingueuses Ophélie et Gabriee, Jean-Paul Dos Santos Guerreiro, Marc Shaub et moi avec Monique des Mordus, attendont, dans le froid,les auteurs et flingueuses pour le déjeuner. Première rencontre avec Marc Shaub notre nouvelle flingueuse et c’est parti direction le restau. Entre flingueuses, auteurs, Mordus et lecteurs une après-midi bien chargée en rencontre et échanges.

Celui-ci grandit d’année en année avec une liste d’auteur de plus en plus étoffée. Je vous livre des indiscrétions dont celles d’auteurs que je n’avais pas encore rencontrés.

Papotage avec Michael Fenris j’adore la couverture de ses deux derniers livres Auteur de polar éclectique il collabore avec Phénix WEB Ses lectures du moment : Le Garçon de Marcus Malte prix 2016, Recueil de nouvelles, Vauriens, Martin Georges, et un polar japonais Six-Quatre. Ses projets ? Un recueil de nouvelles fantastiques « Horizons funèbres » et un polar classique « l’île » et un autre en cours.

A côté de Michael je rencontre  une auteure du 77 que je ne connaissais pas Odile Villois. Il paraît qu’elle à une écriture à la Thilliez pour le polar. Bon faut que je remédie vite à ce manque. Pour chaque histoire elle a un thème bien précis et qui lui tient à cœur. Pour L’un le dédoublement de personnalité, pour l’autre le secret de famille, pour celui-ci la prostitution pour celui-là l’erreur médicale… Faut dire qu’elle bosse dans le milieu médical. Le thème de son prochain livre ? Le milieu du cirque. A suivre

Vincent Hauuy arrive du Canada pour le salon de Nemours…Après le tricycle rouge qui a cartonné et son dernier Le Braiser, il nous proposera au mois de Mai un trhiller psychologique. Un huis-clos qui se passe dans un chalet…dans les Vosges On se découvre un point commun et on papote …

Après Lucky Loser récit social, De la part d’Hannah trhiller politique et son premier polar l’Abbaye Blanche (que je viens de terminer) Laurent Malot va nous proposer une comédie romantique « Tous pour elle » chez French Pulp c’est un polar « rigolo » acide me dit-il…à découvrir !

Pas encore lu Marek Corbel je découvre ses écrits :  polar anticipation (politique et social) une trilogie « En proie au labyrinthe » Tomes 1 et 2.

Des allers et retours dans l’actualité. Pourquoi le mélange des époques ? Par ce que cela donne de la profondeur aux personnages. Prochain roman le N°3 de la trilogie.

Pas lu non plus  Eric Martzlov son premier roman Héritage maudit : l’histoire un médecin maudit dans un camp de concentration qui note ses études et évolutions dans son journal intime et aujourd’hui deux flics sont sur une enquête … en parallèle le journal maudit passé et présent se croisent. Prochain roman ? Plusieurs en projet : un héroïque fantasy, un « suspens social » qui se passera dans le milieu homosexuel masculin et le même duo de flic dans la continuité de l’Héritage.

Dans les Eric il y a Eric Yann Dupuis avec son dernier roman, une cavale meurtrière dans le bassin minier “Tu ne dormiras plus.” Le prochain ? un crossover entre la trilogie et le triptyque (nord / Sud).

A côté de lui Christophe Dubourg que j’ai rencontré il y a quelques temps et j’ai adoré Les loups et l’agneau son premier roman. Le prochain ? Un polar barré Ah ? une équipe d’enquêteur atypique poursuit une équipe de bras cassé « La Méthode Venturi » sortie en Janvier donc là….

Gislain  GIBERTI rencontré à St Maur en Poche et qui n’en revient pas de sa popularité ! On cause de son livre dernière sortie pour Wonderland  et de Lewis Carroll et aussi de la Dynamique du Chaos très autobiographique (livre ds ma pal en attente…)

La suite de Sa majesté des Ombres– trilogie des Ombres – Les anges de Babylone sortira en avril.

Je termine par l’invité d’honneur Henri LOEVENBRUCK qui me dit changer de genre selon ses envies et comme il est fort sollicité je repars avec son road movie qui m’est chaudement recommandé par Jean Paul Dos Santos Guerreiro «Nous rêvions juste de liberté».

Sans oublier les échanges avec les autres auteurs (voir photos) : Jean Dardi Auteur qui nous proposera bientôt l’Ogre, Ian Manook qui continue sa trilogie, Sandrine Destombes et ses Jumeaux de Piolenc, Jacques Saussey qui nous convie au salon du polar de SENS en Mai et Mattias Koping  John-Erich Nielsen, Cicéron Angledroit, Armelle Carbonel, Guillaume Ramezi, Mark Zellweger, Claire Favan, Nick Gardel, Jean-Luc Bizien, Jacques Pons,  Ludovic Miserole, Gaëlle Perrin Guillet ,Jean Christophe Portes, Sonja Delzongle,  Sacha Erbel, Niko Tackian, Emilie Riger Collins, Fabio M Mitchelli,  Anne Martinetti, Angelina Delcroix ,et  pardon pour les oublis et pour ceux que je n’ai  osé approcher ou pas pu voir mais ce sera pour un autre salon…….

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (24)


Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (24)

Bonjour. Comment doit-on dire ? Mon adjudant ? Monsieur ? Je vous laisse vous présenter…

Bonjour, je m’appelle Walter Brewski, mais c’est très rare qu’on dise Walter, le plus souvent c’est par le diminutif de Walt que l’on me hèle. Je suis en effet adjudant de gendarmerie, j’ai pas mal bourlingué, je commence à être un vieux de la vieille dans la boutique. J’aime le son des moulins des Alfa Roméo, le sport, Bruce Springsteen, le sexe, la nature, le café, et je suis fasciné par le philosophe Marc-Aurèle.

Voilà qui est assez éclectique et finalement cohérent. Cela représente aussi votre caractère ?

Je suis fidèle en amitié et en amour et je ne pardonne pas la trahison. On me dit très pugnace et je reconnais une rancune tenace. Mais je me soigne (enfin j’essaie). J’avoue que j’ai parfois du mal à contenir une certaine violence qui sommeille en moi.

Ce qui n’exclue pas une certaine complexité, en fait. Une telle psyché doit prendre du temps à concevoir, vous êtes restés combien de temps dans la tête de votre créateur ?

Je crois qu’il me portait depuis longtemps en lui, mais je dirais qu’il n’en a eu conscience que quelque chose comme quatre mois avant que les premiers mots jaillissent sur le clavier. Je pense qu’il ne m’a lâché dans la nature que lorsqu’il m’a senti prêt.

Il avait peut-être peur de se révéler lui-même… Il y a des parts de lui en vous ?

Ça c’est sûr, le salaud, il n’a pas pu s’en empêcher. Je suis son premier personnage de polar, alors il s’est inquiété, c’est normal, je peux comprendre ça. Du coup il m’a donné des choses qu’il considère comme des atouts ; la ténacité, le plaisir de lire, sa dévotion pour « Le Boss », sa sale manie d’aller courir et de faire des pompes, des trucs comme ça. Et sa rancune séculaire aussi, mais pour cette dernière, je n’arrive pas à me dire que c’est mal. Heureusement qu’il ne m’a pas refilé sa sensibilité et sa putain d’empathie qui lui font piquer les yeux assez régulièrement. Vous imaginez si je me mettais à chialer pendant un interrogatoire ?

Vous en êtes quand même assez loin… D’ailleurs, il vous met dans des situations peu recommandables. Lui en voulez-vous ?

Non, enfin…sur le coup oui, mais après réflexion je comprends qu’il n’avait pas le choix parce que c’est à cause de moi. D’une certaine manière, souvent, je lui force la main, c’est un peu moi qui lui souffle ce qu’il doit me faire faire, j’en fais un peu rien qu’à ma tête.

Il m’a donné des choses qu’il considère comme des atouts ; la ténacité, le plaisir de lire, sa rancune séculaire aussi…

Il vous a conçu un avenir ou cette aventure n’a été qu’une distraction dans votre quotidien ? Comment on occupe son temps libre dans cette situation ?

Au début de WOORARA j’ai cru que j’étais enrôlé pour une aventure, mais maintenant je sais qu’il compte me faire rempiler dès le mois de novembre prochain, et comme si ça ne suffisait pas, il est en train de cogiter sur une troisième histoire. Ce type est dingue, dommage que je sois gendarme sinon je me serais syndiqué. Donc sachant ça, je prends du bon temps tant que je peux. Je glande pas mal, je me laisse pousser les cheveux, j’astique mon Alfa Roméo, je conchie le temps qui passe, je bois des bières avec des potes pas fréquentables, je vais voir des matchs de rugby et aussi du volley-ball féminin, ces gonzesses me foutent une trique d’enfer ! Mais surtout, quand il me fout la paix, je ne fais pas de sport.

Vous dialoguez avez lui ? Je vous en donne l’occasion : posez-lui une question !

Sébastien, pourquoi tu ne m’as pas fait shérif dans un coin perdu des Etats-Unis, le Wyoming, le Montana ou même le Dakota, nord ou sud je m’en fous. J’aurais adoré ça.

A défaut de déménagement, je vous offre le mot de la fin.

Chères lectrices (ouais parce que j’suis pas fou, je sais que le plus souvent le lecteur est une lectrice) chers lecteurs, vous êtes les bienvenus dans mon univers, vous pouvez me suivre partout si vous le souhaitez, mais ne me chiez pas dans les bottes, ça me fout en rogne et je vous rappelle que je suis rancunier et spécialiste des armes et de self-défense. La région où je bosse, la Corrèze, est magnifique et calme la plupart du temps. Mais parfois, alors que je ne m’y attends pas, il se passe des trucs de fou. Alors à bientôt hein ?!

Laisse tomber de Nick Gardel


Le livre : Laisse tomber de Nick Gardel  – Paru le 12 mars 2019 aux éditions Caïman. 12€ ; ( 212 pages) ;  12×19  cm.

 4ème de couverture :

Antoine Spisser est obèse. Ça ne le définit pas, mais ça le décrit assez bien.

Surtout quand il se retrouve en équilibre sur la rambarde d’un balcon à 15 mètres du sol.

Mais ce qui l’a amené dans cette situation est une autre histoire.

Et ce ne sont pas les autres copropriétaires de son petit immeuble qui vous diront le contraire.

Enfin… Ceux qui sont encore en vie…

 

L’auteur : Si Desproges revêtait ses plus beaux atours pour agacer la libido d’un Exbrayat ayant viré sa cuti, le résultat de telles amours coupables aurait sans doute donné une calamité biblique comme l’est Nick Gardel. Ni Rasta ni danseur de Tango, le type s’ingénie à valser avec les mots. Son quadrille lexical n’a aucun sens, mais il lui arrive de lorgner du côté des aînés illustres. Ça tombe bien, Nick Gardel est né dans les années 70, élevé par des tontons, biberonné au Bebel magnifique ou marginal et il balance des mandales comme Lino. Mais, chez lui, point de nostalgie, le verbe se mâchonne avec des pâtes et des potes, entre Brassens et Thiéfaine. Le noir et le polar n’ont qu’à bien se tenir, c’est avec le sourire qu’il les alambique. Le roman de gare y retrouvera au moins ses lettres de noblesse.

 

 Extraits :
« Élever ma masse et gravir les étages n’a jamais été une sinécure pour moi. L’escalier est l’ennemi du gros. Il procure un sentiment erroné de stabilité. Une succession de petits efforts qui donne l’illusion du réalisable. Mais la répétition de ces stations minuscules que sont les marches est pire qu’un chemin de croix. Trop étroites pour décider d’y faire une pause, on les enchaîne témérairement. On surpasse ses propres capacités pour atteindre le palier suivant. Là, le retour en arrière n’est plus envisageable, l’énergie mise en jeu ne peut être gaspillée, il faut monter, encore, coûte que coûte, malgré le corps qui rechigne, le souffle qui manque, le cœur qui s’alarme et le système sudoral qui s’emballe. Le gros ne s’élève pas, il grimpe, avec le cortège de souffrance que cela engendre. »

 

 

La chronique jubilatoire de Dany

C’est de la pure jubilation cotée à 9.5/10 sur l’échelle d’agression des zygomatiques ! Avec sa gouaille habituelle, son sens du calembour et ses personnages hors normes, l’auteur nous présente les tribulations d’un obèse qui a des difficultés à s’assumer.

Pourtant il a eu de la chance Antoine, il vit comme on dit « de ses rentes » mais du fait de son appartement en rez-de-chaussée, on le confond avec le gardien de l’immeuble. Il se voit alors contraint de rendre service … et c’est alors que tout tourne mal !

Coté fiche pratique de bricolage, de volets (cf. Droit dans le mur) il n’est plus question, cette fois nous apprenons à fabriquer nos produits de nettoyage domestiques (désinfection du frigo et joints de salle de bains), écologiques et économiques.

Des copropriétaires encombrants et complètement barrés vont rendre la vie d’Antoine quasi impossible. Et c’est aussi une réflexion grave sur la vieillesse et la dépendance qui s’invite chez le lecteur …

Nous découvrons également l’approche du doute comme philosophie de comportement : la zététique.

L’auteur émaille son récit de références cinématographiques, le jardin secret d’Antoine.

Oui, tout pourrait aller pour le mieux dans la vie d’Antoine, pas aussi vieux que ses voisins, mais cependant handicapé par son embonpoint. Dans cet immeuble, le drame vient des voisins du dessus ! Souvent les voisins du dessus ! Et quand survient un accident mortel, c’est un enquêteur placardisé et incompétent qui va être chargé de l’enquête. Il voit là  l’occasion de redorer son image et va mettre tout en œuvre pour confondre des innocents ! Tous suspects sauf peut-être le véritable auteur de la bavure …

Nick Gardel nous balade dans cette « aventure alsacienne » et son héros n’est pas sans rappeler le « pauvre » Martin de ses débuts (cf. Le cercle d’agréables compagnies) victime des coups du sort incongrus autant qu’improbables. 212 pages, je l’ai dit, de rigolades … mais où va-t-il chercher tout ça ! 212 pages truffées de surprises comme on aimerait en lire d’avantage dans ce monde de brutes, car en fin de compte, c’est bougrement bien écrit !

Trop court Monsieur Gardel, même si certains personnages ne sont pas en état de servir une deuxième fois, on en redemande !

Merci Nick de m’avoir fait confiance pour cette lecture avant-première

 

Extraits : 
« Il faut compter un bon demi-litre de vinaigre pour un litre d’eau tiède. Là-dessus, une grosse cuillère de savon noir et surtout des huiles essentielles. Moi j’aime le citron et le pin. Mais je varie parfois avec de la lavande, de la menthe poivrée, de l’eucalyptus ou de la cannelle. Mais on a tôt fait de se retrouver avec un intérieur qui sent comme les relents d’un vieux moule à gâteaux moisi ou les toilettes publiques d’une gare de province. Alors j’en reste aux basiques : agrumes et pin des landes.
Quand je dois réfléchir, je ne me perds pas dans la contemplation des chiures de mouches sur mon plafond. Je ne bave pas, l’œil vide, face à un soap américain de début d’après-midi. Quand il me faut du temps de cerveau disponible, pas besoin des pubs de la première chaîne, je prépare ma tambouille dans une cuvette, je dose, je dilue, je touille et finalement je transfère à l’entonnoir dans un pulvérisateur qui va devenir mon arme de destruction bactérienne massive.
C’est un préparatif, un préliminaire à la vaste orgie ménagère qui va avoir lieu. »
« Orsini est la caricature du vieillard. Voûté, la peau parcheminée et plissée comme un lit défait, il a dans les yeux une éternelle tristesse qu’aucun sourire ne pourra jamais totalement effacer. Son front a gagné la lutte de terrain sur sa chevelure blanchie qui se retire néanmoins dignement dans l’arrière-pays de son crâne. Ses lobes d’oreilles accusent les ans, dévorés par la broussaille, tandis qu’un nez large s’épate entre rides et poches, ombrant des lèvres fines sans teinte. Orsini n’a pas d’âge, mais le compteur a dû sacrément tourner. C’est le seul représentant mâle de notre copropriété, si on excepte mon auguste personne. Il est la preuve que cacochyme s’accorde surtout au féminin, les hommes lâchant la cordée bien avant le sexe prétendu faible. Il ne vient qu’exceptionnellement aux assemblées générales, on ne le croise que rarement tant il vit dans le confort clos de son appartement du premier étage. Je crois que je ne l’ai jamais vu autrement que dans un impeccable costume qui lui donne cette classe surannée des anciens chanteurs de charme. Pourtant, là, devant moi, il donne l’impression d’avoir rétréci dans une coquille trop grande. Bien sûr, la masse de mon corps en impose, mais il se rajoute un je-ne-sais-quoi de déséquilibré dans notre confrontation sur mon paillasson. Je me sens dans la peau d’un ogre devant l’un des frères de Poucet. »
« …j’enseigne la zététique à l’université.
— L’esthétique ? interrogea Berchtold soupçonneux.
— Non Zé-té-tique, avec un Z. C’est la science du doute.
— Du doute ?
— Oui, le doute, l’esprit critique, la remise en question des croyances paranormales.
— Vous enseignez aux gens à douter ?
— C’est cela. Disons que, plus modestement, j’essaye de leur apprendre à développer des armes de défense contre les raccourcis et les approximations qui permettent aux charlatans de s’installer. Rien de bien extraordinaire, voyez-vous. Du bon sens, je suis sûr que dans votre métier vous pratiquez cela quotidiennement.
— Pas à ma connaissance. Le cursus policier ne comporte aucune formation aux techniques… comment dites-vous déjà… zététiques.
— C’est essentiellement un mot, mais je suis sûr que vous en maîtrisez les fondements de façon intuitive.
— Un bon enquêteur doute, c’est sûr.
— Exactement. Par exemple, dans vos interrogatoires, vous connaissez le principe des moisissures argumentatives de l’esprit ?
— Des quoi ?
— Vous voyez, c’est un des premiers postulats, si vous voulez imposer une idée, commencez par définir un vocabulaire. En fait, derrière cette appellation obscure je faisais référence à une série de processus logiques que l’on met en œuvre pour dissimuler sa mauvaise foi.
« C’est comme cela qu’après avoir fait le tour des merveilles cinématographiques qu’on associe généralement à un plat de pâtes, d’une trilogie des dollars jusqu’aux différents « il était une fois », poussant même aux limites d’un héros cradingue qui s’appellerait personne, je me noyais dans le grand Ouest américain classique en suivant distraitement les péripéties d’un Gregory Peck mené à la baguette par le sémillant égyptien Omar Sharif, plus mexicain que jamais. La scène de l’ombre d’un piton rocheux indiquant l’entrée d’une vallée merveilleuse valait bien les deux heures molles de cet « Or de McKenna ». Parfois le souvenir d’un émerveillement d’enfant suffit. Le cinéma a cette force, il peut vous marquer l’esprit si profondément que même le temps n’arrivera pas à effacer cette sensation. Distordue, délavée, déformée, mais toujours vivace, elle reviendra par surprise des décennies plus tard, essayant de se faire une place dans votre réalité mémorielle. »

Et retrouvez ICI l’ITW de Nick par miss Aline et Mamie Danièle

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (23)


Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (23)

Bonjour, merci d’avoir accepté cette invitation. Je vous laisse vous présenter.

Bonjour, je m’appelle Josey Kowalsky et je suis le petit fils d’un immigré polonais qui est venu s’installer sur les bords du bassin d’Arcachon il y a de ça plusieurs années. Jusqu’en 2004 je possédais une petite concession automobile à Mérignac, tout proche de Bordeaux, mais depuis la disparition de ma femme et de ma fille je vis caché.

Caché ? C’est en rapport avec votre caractère ?

Je suis d’un naturel solitaire, très peu enclin aux grands bavardages…

Mehdy Brunet a mis longtemps avant de raconter votre histoire ?

Cela fait plus trois ans qu’il me traîne et j’ai bien senti lors de l’histoire qu’il vient de terminer qu’il cherchait à tourner une page avec moi, si vous me permettez l’expression, mais lors de notre dernière discussion j’ai vu une petite lumière briller dans ses yeux, elle voulait dire «tiens-toi prêt».

Trois ans est une longue période, sans risquer le dédoublement de personnalité, il a dû mettre une grande part de lui dans ce que vous êtes devenu…

…et c’est pour ça qu’il ne peut se résoudre à me laisser de côté.

Tiens-toi prêt…

Votre relation me semble être un mélange. Comme si vous lui en vouliez ?

À lui, non…mais à l’enfoiré qui a pris sa place et l’a obligé à porter ce masque de colère pendant des années, beaucoup, car celui-là m’a fait perdre des êtres chers. Notre rencontre a contribué et contribue encore à faire tomber ce masque, alors comment pourrais-je lui en vouloir.

Si vous deviez lui poser une question, quelle serait-elle ?

Pourquoi dresses-tu encore autant de barrières à cette personnalité que la plume a fait naître, ta « vraie » personnalité ?

Plus légèrement, comment vous occupez votre temps libre désormais ?

Je ne peux pas répondre à cette question, sinon il me faudrait fuir à nouveau. Mais pour les curieux, vous le saurez bientôt.

Cela pourrait servir de conclusion. Un dernier mot ?

Ne bridez pas votre imaginaire, laissez s’exprimer le prédateur !

L’interview impromptu : Nick Gardel était avec Mamie Danièle et Miss Aline


L’interview impromptu 

Nick Gardel était avec Mamie Danièle et Miss Aline

Papote à 2 flingueuses + 1 invité qui passait par là et qui a vu de la lumière …

à mi-chemin entre « viens ici que je te parle de mon nouveau roman et papote de flingueuses sur un nouveau roman …

ça aide vachement  dans le classement de cet ITW

Mettons le dans la catégorie « barge »


Dany : Salut Aline !

Miss Aline : bonjour Danièle et bonjour Nick.

Dany : Alors Aline tu as terminé le petit dernier de Nick ?

Miss Aline : il me reste quelques pages de fin ! Mais non ne me dites rien sur cette fin.

Dany : Comment tu trouves la bête ?

Miss Aline : j’ai envie de dire : réaliste.

Dany : Je trouve les sujets assez graves malgré le ton toujours aussi … comment dire ? acide ?

Miss Aline : certes mais je dirais que les personnages sont ancrés dans la réalité. Ils ont une certaine authenticité .

Dany : tu as une expérience de copropriété sans doute ?

Nick : Bonjour les filles

Miss Aline : Bonjour Nick ! 

Oui Danièle,  et de plus avec j’ai à faire au public tout les jours.

Dany : Salut Nick ! Tu as choisis la copropriété en raison d’une expérience vécue ?

Nick : Alors d’abord chacun de ces personnages existe parce qu’ils sont universels sans doute.
Oui, je vis en copropriété.

Dany : Un tel ramassis sur quelques mètres carrés c’est possible ?
Tu as pris modèle sur tes voisins ?

Miss Aline : oui, je pense que c’est possible.

Nick : Mais c’était surtout le moyen d’empiler les déviances, de collectionner les éclats de vie.

Dany : Mais ils ont un point commun (sauf un) c’est l’âge avancé.

Nick : Le voisinage est la troisième catégorie à laquelle on ne pense jamais.

Dany : Quelles sont les deux autres catégories ?

Nick : On divise toujours les gens entre la famille et les amis. Mais il y a aussi les voisins.

Miss Aline : Je suis d’accord il faut envisager les voisins, curieux, envieux, malveillants.

Dany : Avec qui on peut passer somme toute plus de temps …

Nick : Je voulais faire une histoire sur une forme fantasmée de la vieillesse.

Miss Aline : Tu peux développer ?

Dany : Ça c’est au moins la deuxième fois que tu t’attaques au temps qui passe.

Nick : Cette vieillesse égocentrée qui refuse catégoriquement sa part de responsabilité.

Dany : Le privilège de l’âge sans les devoirs ?

Nick : On crie à la déliquescence de la jeunesse, mais on ne s’attaque pas assez aux décisions désastreuses des générations passées.

Dany : Des exemples ?

Nick : L’état du monde actuel est un artefact des décisions d’antan…

Miss Aline : C’est une évidence Nick.

Nick : Rien n’est neuf, rien n’est parachuté. Même les enfants mal-élevés l’ont été par des parents et des grands-parents en démission, déresponsabilisés par le temps passé.

Dany : Parce que les alertes antérieures n’ont pas été non plus écoutées en leur temps … les alertes ont existé aussi (de mon temps …) on a combattu aussi les centrales nucléaires
Je m’égare … mes excuses !

Nick : Le livre n’est pas une attaque en règle contre l’âge. C’est juste un parti pris d’avoir choisi cette tranche de la population qui se renferme sur l’égocentrisme.
Il y a d’ailleurs des personnages positifs. Ils ont juste chacun leur déviance

Dany : Et à quel genre de vieux souhaiterais-tu ressembler dans ton immeuble …

Nick : Sans doute à Janine. Elle en a sous le pied. Elle en sait plus qu’elle ne veut le laisser paraître.
Elle a l’égoïsme altruiste…
Elle pense à elle en s’occupant des autres.

Dany : Oui moi aussi j’aime bien Jeanine …

Miss Aline : Je n’ai pas de personnage préféré. Parles-nous d’Antoine, comment as tu créé ce personnage ?

Nick : Antoine est une épave. Il subit en permanence. Mais il s’est imposé tout seul.

Dany : C’est un pauvre mec …

Nick : C’est un ado attardé, un fils à maman gavé et dévoré par son poids.

Miss Aline : C’est clair.

Nick : Mais je lui ai refilé mes passions cinématographiques. Pas de la cinéphilie, une sorte de culture bigarrée et disparate.
Mais j’ai aussi été cruel en le gavant de Ricoré.

Miss Aline : Qu’as tu refilé au capitaine Berchtold ?

Nick : Berchtold est un crétin intègre. La définition même du besogneux.

Dany : C’est vrai, dans ta GAV tu disais « Mes flics sont plutôt bons, même si j’écorne la profession régulièrement. »

Nick : Je voulais une boussole qui indique le sud … Berchtold a toutes les pistes et n’a rien compris.
Il se drape dans sa profession, dans son flair, dans sa mise au placard.

Miss Aline : Il me fait de la peine.

Nick : C’est mon inspecteur Clouzeau, le burlesque en moins.
Oui, Aline, il a quelque chose de pitoyable. Mais il est drôle aussi

Dany : Orsini dans le style pitoyable n’est pas mal non plus …

Nick : Orsini est à part.

Dany : C’est à dire ?

Miss Aline : Développe stp

Nick : C’est un vieillard qui recherche la paix sans comprendre qu’à son âge, la paix signifie la mort.
Il voudrait que le bruit cesse, pouvoir ressasser sa gloire passée, il cherche à s’enterrer seul.

Miss Aline : C’est radical la mort.

Nick : Il cherche finalement à cesser de vivre.

Miss Aline : Paix assurée.

Dany : J’étais plus optimiste pour lui en te lisant.

Nick : Oui, mais il se débat sans comprendre qu’il n’est pas prêt à obtenir cette paix.

Dany : C’est surtout un fieffé coquin …

Nick : Orsini vit dans le passé. Il n’a que peu d’interaction avec le monde réel.

Dany : Sauf le temps qu’il passe au judas de sa porte.

Nick : Et puis, il a un mode vie particulier…

Miss Aline : Ce monde de petits vieux est égocentrique et manipulateur.

Nick : Oui, je les voulais en guerre larvée ces petits vieux. Certains sont méchants, d’autres sont barrés. D’autres sont simplement sur une autre planète.

Dany : … et l’aristo du rez-de-chaussée méchante ET barrée.

Miss Aline : A l’image du reste du monde en somme Nick!

Nick : Oui, cet immeuble est un petit monde pas très ragoutant.

Dany : Ils recherchent tous les conditions de leur confort.

Nick : Oui, sauf Yvonne qui traverse tout ça dans sa folie propre.

Miss Aline : Ne serait-ce pas elle la plus « heureuse » ?

Nick : Avec Janine qui est plus dans le réel.

Dany : Pas très optimiste tout ça !

Nick : Mais Yvonne est totalement déprimée. La chimie la tient debout.
Ah oui, c’est pas « Rigolade à l’hospice »… C’est « Laisse Tomber »

Dany : En fait Nick c’est ton premier roman grave et triste …

Miss Aline : Société sous pilule ! Un p’tit cachet pour ci, pour ça…

Nick : Il n’est pas triste. Il a une forme de désespérance rieuse.
On garde le sourire en le lisant j’espère.

Dany : C’est le moyen, quand on vieillit, de ne pas se suicider tout de suite la dérision !

Nick : C’est un roman totalement moi.
Un roman si Nick…

Dany : Pourtant l’un de tes thèmes favoris est totalement absent : l’amitié.

Nick : Oui, c’est un parti pris. Je ne voulais pas faire un nouveau road-trip amical.

Dany : Ils sont tout sauf « potes » tes vieux !

Miss Aline : Comment t’es venu l’idée de ce roman ?

Nick : Je voulais un quasi huis clos aigre sans amitié.

Dany : Sur ce point c’est gagné !

Nick : Le roman est parti de la situation de départ comme souvent chez moi. Je n’ai pas de plan pré-établi. Donc un obèse sur une rambarde…
Je l’ai cerné de méchants vieux pour casser aussi cette forme de nostalgie bienheureuse pour le temps passé.
On me reproche souvent de faire des romans vintage avec des thèmes qui établissent une sorte de passé idéalisé.

Dany : Oui flower power etc … ça a son charme !

Nick : Voilà. Mais dans Woodstock, il y a aussi la gadoue.
C’est un fil de rasoir comme écriture. La gravité sans plomber le texte. Le fond sombre sans tomber dans le pathos. Continuer à rire même si c’est jaune et que ça décolle le dentier.

Dany : Et des situations très visuelles.

Nick : Ça je ne sais pas faire autrement.
Il faut que je vois la scène pour qu’elle existe.

Dany : Et des tutos sur les produits d’entretien … toujours en aide aux bricoleurs !

Nick : Oui je trouvais ça rigolo de céder à la mode des produits homemade
après les volets …

Miss Aline : On le voit bien cet immeuble, ses habitants, leurs travers etc.

Nick : C’est le pendant physique et réel de gens qui restent hyper-intellectualisés.

Mon lecteur ponçait un volet, mon cinéphile récure son frigo…la vie quoi !

Dany : Elle existe l’impasse Bartholdi ?

Nick : Auguste Bartholdi est le demi-dieu Colmarien. Il a dessiné la statue de la liberté alors on le met à toutes les sauces ici.
J’ai voulu la situation la plus réaliste possible. Petit immeuble, petite impasse, une virée en ville dans un quartier bobo puis un quartier de tours de peuplement…

Miss Aline : Et c’est réussi.

Nick : Merci

Dany : Est-ce que cela aurait pu se passer dans une autre région ?

Nick : Oui, dans toutes les régions. Je voulais simplement une province. Ni mégalopole, ni ruralité.
Des enjeux de vieux citadins.
Des veuves, des vieux seuls, des actifs et des enkystés.Et surtout ce pauvre obèse qui a cru qu’être rentier était une sinécure.

Dany : Et un lieu de chute peu valorisant pour ton flic.

Nick : Pour le flic, on ne peut pas se tromper autant impunément.

Dany : En plus il est seul … pas de coéquipier pour relever le niveau.

Nick : Il n’a surtout même pas d’enquête ! C’est une lubie pour lui.

Dany : Tu as un lancement prévu pour ce roman Nick ?

Nick : Nous avons terminer la précommande le 15 Février avec les éditions du Caïman, puis le 16 mars j’irai faire un signature-lancement à la librairie Gibert Jeune de Paris St-Michel.

Dany : Des salons ?

Nick : C’est assez compliqué en ce moment. J’ai eu quelques annulations.

Dany : Comme tu ne sais pas ne pas écrire … tu as déjà un nouveau chantier ? Des titres en instance de publication ?

Nick : Pour la première fois de ma vie, j’ai vraiment de l’avance.

Dany : ??

Nick : J’ai un roman terminé, complètement différent dans un style qu’on ne me connait pas.
Sans cynisme ni drôlerie.

Dany : Sans vieux et sans humour ?

Miss Aline : Beaucoup de jeunes et de la rigolade !

Dany : Même pas des situations improbables ?

Nick : Il s’appelle Morts Chroniques et se déroule dans le cercle des groupes de lecture FaceBook

C’est une enquête très polar, très réaliste qui flirte avec le thriller.

Miss Aline : Ah cool !

Dany : Même pas un petit tuto pour … nettoyer les poils de chat par exemple. Tu penses à quelqu’un(e) en particulier ?

Nick : Personne en particulier, tout le monde en général. J’utilise plus des archétypes que des personnes réelles.

Dany : Et il sort quand ?

Nick : Sans tuto celui-ci. Je ne sais pas quand il sort. Il est proposé à des maisons d’édition mais je pourrais choisir l’auto-édition aussi.
Je dirais à vue de nez, vers Octobre.
Et puis je suis en écriture d’un nouveau roman bien bien barré avec des flics que mes lecteurs ont déjà rencontrés. Il s’appellera Sans queue ni tête.

Dany : Alors Nick donne-nous 3 bonnes raisons de lire Laisse tomber

Nick : Laisse Tomber est sans doute le polar cynique et acide le plus abouti que j’ai écrit. Ce n’est pas pour rien que Ian Manook m’a fait l’honneur de le parrainer avec cette extraordinaire bandeau.
Mais il reste drôle et inattendu dans la galerie de portraits que j’y décris.
Et en plus on y apprend à faire ses produits d’entretien.

Il est méchant, jouissif, cinéphile, naturiste et particulièrement odieux avec tout le monde. Rien que pour ça, il est indispensable.

Dany : Avec Aline on a eu la chance de le lire en avant-première et pour ma part j’approuve des deux mains ! J’ai aimé même si je crains que l’âge me fasse ressembler à certains d’entre eux 😖😉😂

Nick : Reste à savoir à qui tu t’identifies…

Dany : Ça reste mon côté mystérieuse …

Nick : Indispensable

Dany : Aline …  tu veux connaître la fin ? Tu es partie ?

Geneviève : Moi je suis là, mais pas encore lu 😉

Nick : Salut Geneviève

Geneviève : Chut, bonjour Nick, moi je ne suis là qu’en observatrice. 😛

Nick : On a été sages. On n’a même pas dit de mal.

Dany : Tu as une question pour l’auteur Geneviève ? Il te manque un tuto en bricolage … ?

Nick : Dans mon prochain, il y aura un tuto … Comment nettoyer un squelette.

Dany : humain ?

Nick : aussi. La méthode est la même.

Dany : Chez les flingueuses on a déjà eu des cours par messenger 😉

Miss Aline : Merci pour cette papote Nick.

Dany : Pour ma part Nick,  il me reste à te remercier pour le temps que tu nous a consacré et tout les bons moments que tu nous procures par ton style et tes histoires

Nick : Merci à vous surtout

Geneviève : Je peux une question ?

Dany : 👍

Nick : Moi je veux bien

Geneviève : Comment t’es venu l’idée des cercles de lecteurs ?

Nick : Pour le prochain ?

Geneviève : Oui pour celui qui est déjà terminé ? Morts Chroniques

Nick : En tant qu’auteur auto-édité d’abord, j’ai intégré pas mal de groupes de lecteurs histoire de m’y faire connaître. On y retrouve généralement des comportements équivalents qui permettent de définir des lignes fortes pour des personnages.
Quand on a ces lignes fortes, il suffit parfois d’une impulsion pour créer une histoire. Tu as été cette impulsion pour Morts Chroniques avec ton « écris-nous un thriller ». Une autre personne m’a permis d’y plaquer un réalisme que je ne maîtrisais pas encore.
Le reste est une question de chimie entre ressenti, besoin de l’histoire et aussi de rendre intéressant le tout.

Geneviève : Ces groupes de lecteurs sur FaceBook c’est un sujet sensible, non ?
C’est aussi potentiellement ton lectorat !
Tu n’as pas peur de certaines réactions que pourrait susciter la lecture de celui-ci ?

Nick : Oui c’est sensible parce que c’est potentiellement un milieu susceptible. Mais, il y a moyen de voir justement les à-côtés, les travers et tout le positif qui peut en découler
Techniquement, soit dit entre-nous, je n’ai pas grand chose à perdre niveau lectorat. J’ai écrit un roman sincère, qui a du rythme et une certaine profondeur. Je crois beaucoup à son potentiel, beaucoup moins au mien d’ailleurs.

Geneviève : Moi je crois en toi, les  Flingueuses aussi d’ailleurs.

Dany : Tout à fait Cheffe !

Geneviève : Alors il me reste à te souhaiter une chose, trouver un éditeur assez culotté pour le publier. Mais existe-t-elle cette bête rare ?

Nick : C’est un débat…
Qui est au-delà de mes capacités.
J’écris des trucs.
Le fait qu’ils soient lus ou non n’est malheureusement pas de mon ressort.

Dany : Tant mieux que tu écrives et toujours prête à lire du Gardel pur jus. Alors Nick, au revoir pour ce soir et au plaisir de se croiser dans la vraie vie un de ces jours !

Nick : Je l’espère aussi Dany

Miss Aline : Merci Nick. Bonne soirée à tous.

Nick : Bonne soirée et bonne fin de lecture

Miss Aline : ouiiii

Dany : Merci Nick, Merci Aline et la cheffe

Miss Aline : merci à tous.


Geneviève : Merci à vous 2 les flingueuses et merci à notre auteur pour ces quelques confidences.


Et vous l’avez compris le Gardel nouveau est disponible le 12 mars prochain !

Dans quelques jours on revient et on vous en parle !

Mars le Mois du Polar


Mars le Mois du Polar

En ce joli moi de mars, le polar fleuri à tout va.

J’ai relevé 219 titres et je ne suis pas exhaustive.

A l’heure où je vous parle plus de 80 ont du trouver une place dans vos librairies.

Pour vous on n’en a déjà lu quelques uns que l’on peut vous conseiller sans se tromper.

Voici notre petite sélection


On a retenu 15 titres

 

Les Sorties du jour et de la veille

Animal de Sandrine Collette

Humain, animal, pour survivre ils iront au bout d’eux-mêmes. 
Un roman sauvage et puissant.

Dans l’obscurité dense de la forêt népalaise, Mara découvre deux très jeunes enfants ligotés à un arbre.
Elle sait qu’elle ne devrait pas s’en mêler. Pourtant, elle les délivre, et fuit avec eux vers la grande ville où ils pourront se cacher.
Vingt ans plus tard, dans une autre forêt, au milieu des volcans du Kamtchatka, débarque un groupe de chasseurs.
Parmi eux, Lior, une Française. Comment cette jeune femme peut-elle être aussi exaltée par la chasse, voilà un mystère que son mari, qui l’adore, n’a jamais résolu.
Quand elle chasse, le regard de Lior tourne à l’étrange, son pas devient souple. Elle semble partie prenante de la nature, douée d’un flair affûté, dangereuse.
Elle a quelque chose d’animal. Cette fois, guidés par un vieil homme à la parole rare, Lior et les autres sont lancés sur les traces d’un ours.
Un ours qui les a repérés, bien sûr. Et qui va entraîner Lior bien au-delà de ses limites, la forçant à affronter enfin la vérité sur elle-même.
Humain, animal, les rôles se brouillent et les idées préconçues tombent dans ce grand roman où la nature tient toute la place.

 

Manhatan Chaos de Michaël Mention

New York, 13 juillet 1977. L’été de tous les extrêmes : alors que la ville est en faillite, une canicule sans précédent sévit et le tueur Fils de Sam rôde dans les rues. Tandis que le soleil se couche sur Manhattan, une coupure de courant survient. Huit millions d’habitants sont plongés dans l’obscurité : c’est le black-out et la panique s’empare de la ville. Cloîtré chez lui, rongé par la drogue, le célèbre musicien Miles Davis a mis un terme à sa carrière et s’enlise dans la dépression. En manque d’héroïne, il se résout à sortir en quête d’un dealer lorsque des émeutes se déclenchent. Débute une nuit de terreur, où il va se heurter aux pillards et aux fantômes de Manhattan. Traqué d’un siècle à l’autre, la star déchue fera tout pour survivre, alors qu’un mal mystérieux le ronge de l’intérieur.

 » Michael Mention est l’un des meilleurs auteurs français de romans noirs !  »

 

Son autre mort d’Elsa Marpeau

Alex mène une vie normale jusqu’à l’arrivée de l’écrivain Charles Berrier dans le gîte rural qu’elle tient avec son mari. Une nuit, l’homme essaie de la violer. En cherchant à se défendre, elle le tue. Paniquée, craignant que les conséquences de son acte ne détruisent sa famille, Alex dissimule le corps. Avant que la disparition de Berrier ne soit connue, et pour éloigner d’elle les soupçons, Alex décide de s’infiltrer dans son entourage pour trouver qui, parmi les proches de l’écrivain, aurait pu l’assassiner…

Elsa Marpeau a grandi à Nantes, s’est installée à Paris et a vécu à Singapour. Son autre mort est son sixième roman à la Série Noire, après notamment Les yeux des morts, prix Nouvel Obs-BibliObs du roman noir 2011, L’expatriée, prix Plume de Cristal 2013, ou encore Et ils oublieront la colère en 2015. Elle est également la créatrice de la série Capitaine Marleau.

 

Le prieuré de Crest de Sandrine Destombes

Sandrine Destombes continue d’explorer le territoire du fait divers avec Le prieuré de Crest, une enquête où les femmes sont coeur de l’intrigue.
 » Madame, je vais vous demander de sortir du véhicule, s’il vous plaît.  »
Le sous-lieutenant Benoit se remémorera longtemps cette scène avec une seule question en tête : aurait-il agi différemment s’il avait su ce que déclencherait ce simple contrôle routier ?
Une enfant de huit ans tourmentée.
Une mère disparue à cause du 6-6-B.
Une conductrice qui finit sa course dans le fossé.
Un cadavre aux yeux énuclés.

Telle une comptine macabre, voilà les quelques mots qui se trouveraient dans le rapport du gendarme avant que les Experts du Pôle judiciaire de la Gendarmerie nationale ne débarquent à Crest.
Toute cette agitation vient troubler cette commune tranquille de la Drôme. La tranquilité, c’est aussi ce que sont venues chercher la hiératique Joséphine et ses protégées ; ces femmes du prieuré, sorte de gynécée où les hommes n’ont pas droit de cité.

 » Une atmosphère envoûtante et une écriture ciselée.  »

 

Un jour comme les autres de Paul Colize

L’auteur d’ Un long moment de silence revient avec un roman noir qui flirte avec la littérature générale.
Emily vit seule en Italie où elle passe ses journées à trouver le mot juste – elle est traductrice littéraire de métier – et à faire parler les chiffres qu’elle affectionne. Mais surtout, elle passe ses journées à attendre.
614 jours qu’elle attend. Presque deux années à se repasser en boucle la dernière journée d’Éric.
En apparence un jour comme les autres. À essayer de comprendre. À ne pas pouvoir faire son deuil. Alain est reporter d’investigation au Soir, en Belgique. Il passe ses journées à enquêter, creuser, recouper les informations. Éric, il l’a connu. Suffisamment pour s’intéresser à sa disparition.
Et encore plus quand il réapparaît…
Paul Colize signe un polar qui flirte avec la littérature générale. Ses héros nous touchent, autant qu’ils nous déroutent. Un roman polymorphe sur les parts d’ombre de chacun, sur ces secrets que l’on garde et qui finissent toujours par réapparaître.
Pour Un long moment de silence : Landerneau ; Polars Pourpres ; Boulevard de l’Imaginaire
Pour Concerto à 4 mains :  Arsène Lupin ; Plume de Cristal ; Sang d’Encre des lecteurs

Art et décès de Sophie Hénaff

 

Silence, on tue ! C’est sur un plateau de cinéma que la plus sympathique bande de loosers du 36 Quai des Orfèvres fait son come-back, avec toujours à sa tête la célèbre commissaire Anne Capestan, obligée d’interrompre son congé parental pour sauver une ex-collègue. La Capitaine Eva Rosière, qui se consacre désormais à sa carrière de scénariste, est accusée du meurtre d’un réalisateur, retrouvé un couteau entre les deux omoplates, défoncé à la kétamine ! Eva avait, il est vrai, juré de le tuer…

Le Cluedo peut commencer. Sa gamine sous le bras, Anne Capestan est prête.

Après le succès de Poulets grillés (prix des lecteurs du Livre de Poche) et de Rester groupés, Sophie Hénaff poursuit sa série désopilante et savoureuse. On en redemande !

 

 Mi mars  les 13 et 14

Et le mal viendra des Camhug.

Bon j’avoue ce dernier opus de Jérôme Camut et Nathalie Hug c’est un peu mon précieux de ce moi de mars

 

 » On vous a alertés sur la valeur inestimable de l’eau, vous n’avez pas voulu voir. Alors on vous a assoiffés, et vous vous êtes entretués. Va-t-il falloir que l’on entasse six mille cadavres d’enfants devant vos portes pour que vous réagissiez enfin ?  »

L’eau est devenue une ressource rare. Les hommes s’entretuent pour acquérir ce précieux liquide.

Haut le choeur de Gaëlle Perrin-Guillet

« Quand je sortirai, tu seras la première prévenue… Je saurai te retrouver. »
Depuis qu’Éloane Frezet, la tueuse en série la plus abjecte de ces dernières années, a prononcé ces mots, Alix Flament vit dans l’angoisse que la criminelle sanguinaire s’évade de prison…
Alors, quand la journaliste reçoit un coup de téléphone d’Éloane en pleine nuit, elle comprend que la meurtrière va honorer sa promesse…
Une promesse de sang…

La journaliste Alix Flament, autrefois spécialiste des affaires criminelles, a dû renoncer à sa carrière dans le fait divers suite à la publication, six ans plus tôt, de ses entretiens avec Eloane Frezet, une tueuse en série. Mais cette dernière vient de s’évader et entend bien poursuivre ses crimes, menant Alix au bord de la folie.

 

 

Crow de Roy Braverman

NE CHASSE À L’HOMME HALETANTE ET SANS PITIÉ DANS LES PAYSAGES SAUVAGES DE L’ALASKA

Hunter et Crow, deux fugitifs accusés de crimes odieux, décident de se soumettre d’eux-mêmes à l’esprit de la loi en s’isolant au cœur des Brooks Range. Mais les flics locaux et le FBI, dont l’obsession est d’appliquer la loi à la lettre, les laisseront-ils faire ? L’obstination d’un ex-agent du FBI, devenu sérial killer pour l’occasion, déclenche une chasse à l’homme haletante et sans pitié à travers les paysages sauvages de l’Alaska. Une terre rude et immense où tout chasseur devient un jour la proie de quelqu’un d’autre.
Tour à tour chassés ou chasseurs, Hunter et Crow vont poursuivre, croiser ou fuir une shérif amoureuse d’un orignal, une agent spéciale du FBI surnommée Fiasco suite à l’échec de sa dernière mission, une trappeur romantique qui ne craint ni les loups ni les ours, un collecteur de dettes arménien et mélomane, un gang de rednecks qui carbure à la bière locale, un pilote de brousse hippie fan de Jefferson Airplane… Tout ça pour sauver sa peau, appliquer la loi ou mettre la main sur un butin de plus d’un million de dollars. Voire les trois à la fois !

À propos de Hunter
« Un indéniable plaisir de lecture, un irrésistible talent de conteur, des hectolitres d’hémoglobine : on croirait lire du Bret Easton Ellis ou du James Ellroy. On vous souhaite de parvenir à dormir quand même.’ (Le Devoir)
« Un livre coup de poing dont on sort KO debout.’ (Claude Mesplède)
« Entre Délivrance et Fargo. Une écriture directe, qui vous embarque avec une grande élégance et une redoutable efficacité.’ (Le Temps)

 

Minuit dans le jardin du manoir  de  Jean-Christophe Portes

Denis Florin, un jeune notaire solitaire, vit avec sa grand-mère Colette dans un manoir en Normandie. En rentrant un soir, il découvre une tête plantée sur un piquet dans le jardin, des pièces d’or à l’emplacement des yeux et des dents. Colette a disparu et il devient le premier suspect. La journaliste Nadget croit en son innocence et veut découvrir la vérité.

Il y a un manoir sombre et isolé, avec un grand jardin autour.

Il y a Colette, la vieille folle du manoir.

Il y a Denis, son petit-fils, un notaire timide et maladroit.

Et puis il y a, ce matin brumeux, la tête d’un inconnu plantée sur un piquet.

Les ennuis commencent alors pour Denis. Le genre d’ennuis qui changent votre vie. Pour le meilleur… ou plutôt, pour le pire.

Une aventure rocambolesque et explosive où des vies ordinaires basculent dans l’extraordinaire sous la plume incisive et cadencée de Jean-Christophe Portes. Lauréat du prix polar Saint-Maur en poche 2018 pour sa série historique « Les enquêtes de Victor Dauterive », il signe avec Minuit dans le jardin du manoir son premier polar contemporain.

Parasite de Sylvain Forge

A Clermont-Ferrand, Marie Lesaux, capitaine de la brigade de protection de la famille, doit tester les capacités de son nouvel et étrange équipier, Valmont, qui, loin d’être un policier comme les autres, est en réalité une somme d’algorithmes. Ce puissant programme expérimental à la force de calcul phénoménale est en effet missionné par l’Etat pour lutter contre toutes les formes de criminalité.

 

 

 

 

 

 

 

 

 Dernier tiers de mars 

Le nouveau roman de Bernard Minier
Bienvenue à Hong Kong.
Chez M.
Au bord de l’abîme…

 

 

 

 

 

 

 

 

Il y aura surtout la sortie des bouquins de nos Flingueuses et autre Nervi

Le 12

Laisse Tomber de Nick Gardel

Antoine Spisser est obèse. Ça ne le définit pas, mais ça le décrit assez bien. Surtout quand il se retrouve en équilibre sur la rambarde d’un balcon à 15 mètres du sol. Mais ce qui l’a amené dans cette situation est une autre histoire. Et ce ne sont pas les copropriétaires de son petit immeuble qui vous diront le contraire. Enfin… Ceux qui sont encore en vie…

 le 25 mars 

Sale temps pour les grenouilles d’Isabelle Bourdial

« Sale temps pour les grenouilles : Attention Burn Out » d’Isabelle Bourdial. Une comédie noire drôle et caustique contre le harcèlement au travail et afin d’éviter le burn-out.

Le 29

L’ombre de Nola de Sacha Erbel

Talia revient en France après un événement traumatique qu’elle a vécu à la Nouvelle-Orléans. Une expérience dont elle se remémore avec douleur et rancoeur mais qui lui a offert la capacité de voir l’avenir. Alors qu’elle tente de se reconstruire, ses visions lui apportent l’image d’un homme pendu et de rituels mystérieux. Elle doit retourner sur les traces des esprits vaudous en Louisiane.

 

 Voilà  mes polardeux, je vous ai débroussaillé le terrain.

De 219 titres nous sommes passés à 15 bouquins.

15 titres que vous retrouverez dans nos pages dans les jours et les semaines à venir.

Alors belles lectures à venir.

 

 

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (22)


Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (22)

Bonjour. Vous êtes le second breton exilé que je reçois. Mais je mets la charrue avant les bœufs. Pouvez-vous vous présenter ?

Pour tout vous avouer, si on m’avait dit il y a quelques années que je répondrais à une interview, j’aurais éclaté de rire et je serais reparti m’occuper de choses plus sérieuses. Mais avec le temps, on change … Je m’appelle Jean Legarec et je suis responsable de Keravel, une agence de renseignements industriels : j’arrange les affaires de sociétés françaises ou européennes en Afrique. Keravel… même si je suis passé par la fac et la Légion étrangère avant de créer mon agence, je suis resté breton au fond de mon cœur.

Breton et Légionnaire ! Ça laisse présager un caractère bien trempé !

Pas sûr que ça plaise à tous, mais quand je me suis fixé un objectif, je ne lâche rien… une tête de con disait un de mes officiers de la Légion. J’agis de façon parfois extrême sur certains coups, mais c’est ce qui m’a permis de survivre. Heureusement, Béatrice a amené un peu de douceur et de diplomatie dans mon caractère.

Parlons de Vandroux. Vous étiez dans sa tête pendant longtemps avant cette aventure ?

C’est à lui qu’il faudrait poser la question, mais exceptionnellement, je vais m’engager en son nom. Après l’attentat de Notre-Dame, il a cherché quelqu’un pour démerder l’affaire. Au départ, je n’avais qu’un petit rôle… mais il a dû s’attacher à moi, puisqu’il a convaincu Maud Clairval de me confier l’enquête sur la disparition de son fils Alexandre. Parfois, il me chuchote que je serai un jour de retour : je ne sais pas si je dois m’en réjouir ou si je ne préférerais pas qu’il nous laisse tranquilles dans notre mas provençal.

J’agis de façon parfois extrême sur certains coups, mais c’est ce qui m’a permis de survivre.

Vous avez l’air complice néanmoins. Vous partagez peut-être des traits de caractère…

Sincèrement, je ne le souhaite pas à son entourage. Peut-être la partie étudiante de ma vie, mais sans doute pas le côté action. Je l’ai vu une fois sur un stand de tir américain avec un pistolet automatique Glock au poing. C’était correct, mais s’il avait fait face à un junkie armé jusqu’aux dents, l’histoire aurait été différente.

Côté action, il ne vous épargne pas, d’ailleurs. Vous ne lui en voulez pas ?

Non, parce que malgré un passage à tabac ou une balle qui m’a déchiré l’épaule, il m’a mis dans les bras les deux femmes que j’aime le plus aujourd’hui. On a beau jouer les durs, on n’en est pas moins sentimental.

Mais l’action, justement, n’a qu’un temps. Comment vous occupez votre temps libre ?

J’ai vendu mon agence Keravel, et après des années d’errance, je passe mon temps entre les voyages avec Béatrice, la pêche et la chasse. Elle m’accompagne et c’est une bonne gâchette : la bartavelle n’a qu’à bien se tenir. Elle essaie même de me créer une vie sociale. Ceci étant dit, il y a des moments où l’aventure me manque…

Vous continuez à dialoguer avec Vandroux ? Si vous pouviez lui poser une question, ça serait laquelle ?

Pense à moi pour un de tes futurs romans, mais n’en parle pas encore à Béatrice : elle t’en voudrait. Et je sais que je suis parfois un peu rude dans mes propos, mais merci beaucoup pour ce que tu m’as donné Jacques… les lecteurs comprendront.

Un petit mot pour conclure ?

Calez-vous bien dans votre siège et préparez un bon verre de remontant. Je vous emmène dans les Vosges et à Malte, et je vous promets que ça va secouer !

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (21)


Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (21)

Bonjour. Tout d’abord, aucune raison de s’inquiéter, ceci n’est pas un interrogatoire, juste une interview. Peux-tu te présenter ?

Ouais, mec. Je m’appelle Dris.

Mon CV, c’est un casier judiciaire long comme mon bras. Outrages, violences, trafics de stups…et j’en passe. J’ai eu quarante ans, il y a quelques semaines. Quarante ans « fêtés » derrière les barreaux. Cette fois, ça m’a fait mal, très mal. Avec un putain de goût amer. Vingt ans d’allers-retours en détention… et une seule certitude : si je continuais sur cette voie, j’allai finir par crever au fond d’une cellule. Au final, pour quoi ? L’adrénaline ? L’argent facile ? Les filles encore plus faciles ? J’avais passé l’âge. Je n’avais plus la flamme. J’en avais soupé de la Justice. Jusqu’à l’écœurement. GAV, perquise, fouille à corps, preuves à charges, expertises psy, baveux, prétoire… Bref, j’ai décidé d’en finir avec toute cette merde. De repartir à zéro… Me voilà donc de retour chez mère (une femme qui n’a jamais mérité cette qualité), dans une des tours de la cité des Coquelicots, à pointer au Pôle Emploi. Oui, je sais… Il y a mieux, beaucoup mieux, pour un nouveau départ. Mais, je n’ai pas vraiment le choix… C’est ça d’avoir vécu sans jamais se projeter dans l’avenir…

Tu en a dit déjà pas mal sur ta vie d’avant. Est-ce différent aujourd’hui. En ce qui concerne ton caractère par exemple ?

Je n’aime pas beaucoup parler de moi. Il faut dire que je suis plutôt du genre silencieux et renfermé. Et que je n’aime pas particulièrement le reflet que me renvoie le miroir. Certains (beaucoup) diront que je suis une belle crevure. Un pourvoyeur de mort. Et ils auront raison. Après, je suis aussi un être humain. En d’autres circonstances, en d’autres lieux, peut-être aurai-je été un autre homme ? En tout cas, une chose est sûre : je suis déterminé…à ne rien lâcher…à m’en sortir…

C’est tout ce qui me reste.

Une vie comme la tienne ça doit prendre du temps à concevoir. Cédric Cham a mis longtemps à te créer ?

J’ai dû rester une bonne dizaine d’année enfermé dans sa tête. Le temps de se connaître et de vraiment se comprendre. Plus de dix ans, autrement dit : depuis qu’il bosse au sein de l’administration pénitentiaire. Il s’est promis qu’un jour il parlerait de ces parcours de vie qu’il croise tous les jours, de ces hommes (et femmes) en liberté conditionnelle, sous bracelet électronique ou en mise à l’épreuve. Pas pour nous chercher des excuses, juste pour permettre que l’on nous comprenne.

 

Je suis un guerrier, un boxeur, alors peu importe les obstacles. J’avance, la rage au ventre, jusqu’au dernier souffle.

 

Tu es issu de son quotidien, tu penses qu’il a calqué aussi son caractère sur ta personnalité ?

Je n’espère pas pour lui. On ne se situe clairement pas du même côté de la ligne blanche, du même côté du barbelé. Après, il y a forcément des connexions à travers une sensibilité commune, une vision des zones d’ombre de la vie. Sinon, on partage certains goûts musicaux : 2Pac, Bill Withers, DMX, Fever Ray, Alicia Keyes…

 

Par contre, il ne t’épargne pas dans « Du barbelé sur le cœur », tu ne lui en veux pas un peu ?

C’est vrai qu’il me fait faire des « trucs pas jojo ». Mais soyons honnête : je l’ai bien cherché. J’ai compris, peut-être trop tard, que dans la vie, chaque choix entraîne des conséquences à plus ou moins long terme. Que l’on finit toujours par récolter ce que l’on a semé. Mais, je suis un guerrier, un boxeur, alors peu importe les obstacles. J’avance, la rage au ventre, jusqu’au dernier souffle. Jusqu’au KO final. Et puis, mon créateur a mis sur mon chemin Sarah… mon amour de jeunesse. Une raison supplémentaire de me battre, de m’en sortir… Donc, non, je ne lui en veux pas… C’est dans l’adversité qu’on révèle vraiment qui on est.

 

Ça n’empêche pas de pouvoir souffler. Une question à lui poser ?

Eh Cham ! pourquoi ton écriture est-elle aussi noire et réaliste ?

Cela aurait été tellement plus sympa de me balancer dans un univers à la James Bond. J’aurai préféré voyager dans des pays exotiques, descendre des litres de mojito, et mater des filles en bikini… Mais, non, il a fallu que tu me renvoies dans la cité, me fighter dans des parkings désaffectés avec des mecs qui puent la sueur

Je ne te remercie pas. Vraiment pas.

 

Cette fois-ci la parole est à toi, un dernier mot ?

Je suis un mec bien…enfin, j’essaie de devenir un mec bien… Attrapez ma main tendue et venez à ma rencontre dans « Du barbelé sur le coeur ». Je vous garantis un uppercut en plein cœur…

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (20)


Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (20)

Bonjour, vous êtes le doyen de ceux que j’ai reçu ici. À votre âge, on se présente encore ?

Salut bande de tarés, niaaaaaa (ouais, c’est mon rire, et alors?). Moi c’est Mollard, Renaud Mollard. Je suis ce qu’on appelle un sale vieillard, rapport à mon grand âge et à quelques traits de caractère que nous allons voir plus loin. Je suis probablement l’homme le plus vieux sur cette terre, et l’explication s’en trouve dans l’un des romans de l’autre con de Cetro. Je vis la majorité du temps enfermé dans une chambre d’hôpital, d’où il me fait parfois sortir.

Après tout ce temps sur notre planète, vous devez avoir un caractère bien affirmé…

Les mauvaises langues diront volontiers que je suis un emmerdeur, un fléau sur pattes (bien que je ne tienne plus sur mes vieilles guibolles). Je suis irascible, intolérant, raciste, colérique, j’ai l’insulte facile et le verbe haut. Je suis plus vif d’esprit que de corps, toujours prompt à dégainer mes saillies verbales, rarement flatteuses. Je ne suis pas avare de mes excréments, non plus, dont je gratifie le personnel soignant avec une régularité de métronome. Je crois pouvoir dire qu’entre moi et la Berthe, le colonel infirmière, le panzer à blouse blanche, c’est une histoire d’amour vache.

Le tableau est charmant… Et pour Cetro alors, combien de temps il vous a tenu enfermé dans sa tête ?

Tu sais, pas facile de savoir ce qu’il a au juste dans la tête, ce malade, niaaaaaa. Je crois que j’y suis né le jour où il a dû s’occuper d’un vieillard présentant à peu près les mêmes défauts que moi.Et depuis, mon gars, j’en suis jamais ressorti, de sa foutue tronche.

Mais vous n’êtes pas dupe, il doit bien y avoir des parts de lui dans votre personnalité.

Non ! Des parts de moi en lui, ça oui. Tu sais que sans moi, il n’est pas grand chose.

Je dirais que mes pires travers sont les siens aussi. Cette grossièreté, cette manie de faire chier son monde sans autre but… ouais, je crois que c’est ça. Ce mec est un vicelard, une pourriture, tout ce qui pourrait vous faire penser l’inverse ne serait que pure connerie.

Vous avez une relation compliquée avec lui, il me semble. C’est pour cela qu’il ne vous épargne pas dans les romans ?

Ca, je te le fais pas dire. J’apparais dans 3 de ses bouquins, un 4ème devrait suivre. Eveil, l’élue 1 et 2, reste à venir le 3. Il me fait faire les pires saloperies, cet abruti, notamment dans Eveil. Si je lui en veux ? Il faudrait déjà que j’en ai quelque chose à cirer de cet olibrius, niaaaaaa.

 

Ce mec est un vicelard, une pourriture, tout ce qui pourrait vous faire penser l’inverse ne serait que pure connerie.

 

Ça doit quand même vous reposer quand il passe à autre chose non ? Vous occupez comment votre temps libre alors ?

Tu sais, quand il ne m’entraîne pas dans des aventures rocambolesques, j’ai tout loisir pour faire chier ma Berthe. Si tu voyais l’engin, c’est un docker sous stéroïdes avec une paire de mamelles, quoi. Je sais pas trop pour combien de temps j’en ai, avec ce fils de bichon maltais de Cetro, alors je profite comme je peux de cette vie qu’il m’a créée. Mais quand t’es enfermé dans un putain d’hosto, t’imagines bien que les activités sont limitées. Alors je fais chier mon monde, quoi.

Cetro lira sans doute cette interview… Une question à lui poser ?

Huuum, voyons, une question à cette empeigne ? Cetro, crois-tu qu’un jour tu écriras une série dont je serais le personnage principal ? Putain ouais, ça aurait de la gueule, ça !

M’est avis qu’il pourrait se laisser convaincre… Un mot pour conclure ?

Voyons… Je leur dirais probablement que je suis né dans le premier thriller de Cetro, Eveil. Ce malade a écrit ce bouquin en 15 jours, pas étonnant que je sois aussi déjanté. Si vous voulez me découvrir plus en profondeur, vous savez donc ce qu’il vous reste à faire, hein ? Allez, salut les dégénérés niaaaaaa.

La Saint Valentin des flingueuses 2019


La Saint Valentin des flingueuses 2019

L’année 2018 fut riche en rencontres, et aventures polardeuses au Collectif Polar.  Les Flingueuses sont ravies de vous présenter leurs amoureux(ses) littéraires de l’année : auteur(e)s, flingueuses, livres, partenaires de crime, porte-flingue, polymorphes… Nous ne sommes pas sectaires dans nos amours au Collectif et vous, quels ont été en 2018 ou seront vos amoureux en 2019?

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Je laisse la parole aux Flingueuses pour vous dévoiler leur Valetin(e) :

 


Ophélie : Elsa, ma Dark Swan de la littérature noire, un coup de foudre!

 

Elsa Roch et Ophélie

 

Marc : L’amour c’est aussi « Ça ».

 

(NDLR : Il fallait bien que chez les flingueuses il y ait un fan du Maître, stephen King)

Sacha : Alors voilà mon coup de coeur littéraire, de l’année mais pas que…

 

Sacha Erbel et sire Cédric Sire

 

Geneviève: Une des plus belles rencontres de l’année. Cela a d’accord été un coup de foudre pour son écriture de laquelle je suis ressortie en mode « Cabossé » Ensuite j’ai rencontré le jeune homme, il m’a tout de suite présentée à sa Mamie, centenaire, féministe et serial Killeuse. Vous pensez, je les ai tout de suite adoptés lui et sa Mamie Luger.

Ge et Benoit Philippon

So Fiou : Un valentin ? SAUF m’a emmenée au 7ème ciel.

 

Hervé Commère et Sofia

Aline :  Une Flingueuse, ça ne rigole pas ! Non, Flingueuse ce n’est pas une partie de rigolade !

Miss Aline et Ge son porte Flingue en goguette !

Sylvie : Mon coup de cœur littéraire de l’année !

 

Lou Vernet avec notre Sylvie K

Eppy Fanny : Avec le Flamboyant Nicolas Lebel, créateur d’une grenouille faisandée dont je suis fan.

 

Eppy Fanny et Nicolas Lebel

Isabelle : En 2018, Sandrine Collette m’a bluffée par sa plume sobre et percutante, par sa finesse et sa gentillesse. J’en suis toute éblouie !

 

Isabelle Bourdial notre légiste en chef interviewant Sandrine Collette lors du 1er Festival Polar’Osny

Danièle : Deux flingueuses en accord parfait pour feu de tout bord ! Le collectif … une merveilleuse occasion de rencontre.

Miss Aline et Mamie Danièle lors de leur première rencontre.

Jean-Paul : Deux bonnes têtes de vivant, deux loups, un pouce et trois têtes de mort…

Jean Paul et Jacques Saussey

 

Maud : Anniversaire et intronisation inoubliables entre flingueuses et une auteure flingueuse, légiste et Reine des gommettes.

de gauche à droite, Ge porte Flingue, Cécile Pellault, auteur et légiste, Maud intronisée Flingueuse le jour de son anniv. et Ophélie sa Jumelle

Nick : Je refuse de faire partie d’un club qui m’accepterait comme membre.

Nick Gardel notre Nervi avec Henri Loevenbruck, Ian Manook et Jean Luc Bizien, 3 auteurs de la ligue de l’imaginaire

Florence : Un coup de coeur pour un roman noir magnifique. Il y est aussi question d’amour, alors pour la Saint-Valentin, il me va bien.

Florence notre nouvelle flingueuse stagiaire a un coup de cœur pour Hervé Commère, elle aussi !

Isabelle : Coup de foudre littéraire 2019 ! Angoissant, troublant, intense, puissant. Entrée fracassante d’Antoine Renand’.

Isabelle Cerruti

La petite dernière des Flingueuses, Isabelle du coup nous présente un coup de cœur 2019.

Ge², le double maléfique  : Ni dieu ni maitre ! Quelques maîtresses… Et un Pouy.

Jean Bernard Pouy et Ge notre porte Flingue

Cécile : A fleur de cadavre ; mon aventure polyamoureuse exquise de 2018 !

Les légistes, Cécile Pellault, Isabelle Bourdial et Ge la porte Flingue et notre exquis macchabée

BONNE ST VALENTIN  de POLARDEUX(SES) A VOUS !!!