Papote d’auteur, Maud était avec Cécile Pellault


Papote d’auteur, Maud était avec Cécile Pellault

Papote d’auteur, Maud était avec Cécile Pellault

Bonjour Cécile Pellault, Je vous remercie d’avoir accepté cet entretien qui va nous permettre de mieux vous connaître. Ne vous inquiétez pas, il ne s’agit pas d’un interrogatoire, pas besoin de témoins ou d’avocat. (humour)

Me voilà rassurée par ce préambule, je suis tout de suite plus à l’aise de ne pas avoir à brandir la convention de Genève à tout bout de champ 😉

Maud : Pouvez-vous nous parler un peu de vous : que faîtes-vous dans la vie ? Vos passions ? Vos goûts musicaux ? Vos loisirs ? Comment êtes-vous venue à l’écriture ?

Et oui les lecteurs sont très curieux !

Oh punaise, tout ça !!

Mes passions : les voyages et les préparer ! Le bonus ; je le fais avec mes trois hommes et ils nourrissent mon écriture.

Mes gouts musicaux : assez variés quoique, pas très français, à part mon amour de jeunesse JJG, je suis plutôt anglo-saxonne ; rock, folk, 90’s, jazz, soul et un peu de rap et de RNB. Mes playlists accompagnent mon écriture. Très 90s pour le Brouillard d’une vie, très Folk pour le prochain à paraître, très pop mélancolique pour celui que je suis en train d’écrire.

Mes loisirs ; lecture, musées, expos, ciné, les séries coréennes sur Netflix 😉 enfin tout ce qui nourrit les voyages physiques ou imagniaires !

L’écriture : Après mes études en école de commerce international, j’ai enchainé les jobs dans des PME, start-up, multinationale, j’ai détesté chacune de mes expériences ! Quand nous avons déménagé à Bruxelles, je suis devenue Bénévole pour Oxfam, Maman et Auteure de mon premier roman Sérial belle fille. C’est trois axes sont ce qui me définit encore aujourd’hui même si les lieux et les domaines de bénévolat et d’écriture sont différents.

Maud : Sérial Belle-Fille est votre premier roman. Comment a germé cette histoire ? 

C’est toujours assez dur de dire comment les idées germent. Mais mes premiers écrits étaient des comédies et le rire est une bonne thérapie. Je voulais une histoire d’amitié, des relations qui peuvent parler à tout le monde qu’elles soient bonnes ou mauvaises. Et j’ai certainement fait un mash-up dans un coin de mon esprit entre les réunions des Alcooliques Anonymes et le chaos des relations belle-mère, belle-fille !

Maud : Une anecdote sur cet opus en particulier ? Lors de l’écriture ou retour de lecture ?

Ce livre sera pour moi toujours associé à l’image de mon petit garçon de deux ans qui souffle sur les enveloppes de mes manuscrits envoyés à la poste d’Ixelles pour leur porter chance.

En souvenir moins émotionnel mais qui me fait tout autant sourire à chaque fois, la première chose dont mon frère m’a parlé après sa lecture, c’est d’un bref passage où il est question d’une petite culotte arrachée !! On a tous des niveaux de lectures différents.

 

Maud : Vos plus belles joies en tant qu’auteur ? Vos « pires » moments ?

Pour en avoir discuter avec mes collègues, je crois que l’une de nos plus belles réussites est d’arriver à captiver un lecteur qui lit peu mais en gros tous les lecteurs et lectrices qu’on embarque avec nous dans nos histoires font chaud au cœur. Les rencontres avec d’autres auteurs, les salons où les organisateurs nous accueillent avec chaleur, les simples curieux, les bloggeuses passionnées qui au moins viennent à notre rencontre, tous ces moments sont les moments qui nous font avancer.

Les pires moments sont souvent liés à la promotion, à la recherche d’une maison d’édition qui sont souvent aussi synonymes de piétinement du notre infime confiance en nous 😉 Et les mauvaises critiques qui voudraient qu’on les prenne avec grâce et qui sont souvent persuadés que c’est pour notre bien et bien plus véridiques que les bonnes, majoritaires.

Maud : Quelle lectrice êtes-vous ? Votre genre de prédilection ? Un moment et/ou endroit qui est propice à la lecture ?

Terrible, j’ai l’attention d’un poisson rouge parfois. Si je n’accroche pas, j’abandonne sans un regard pour ma victime enfin si avec un peu de culpabilité pour le travail de l’auteur ! C’est pour moi le seul domaine littéraire où je ne veux aucune obligation ! Par contre, quand je dévore, je ne suis là pour personne et ce depuis l’enfance ! Sinon n’importe quand et n’importe où, pourvu qu’on est l’ivresse !

 

Maud : Successivement vous avez écrit On ne choisit pas sa famille et Le brouillard d’une vie, dont j’espère nous aurons l’occasion de reparler ensemble. Etes-vous déjà sur d’autres projets ? Oui oui, là c’est lectrice impatiente que je suis qui s’exprime.

En matière d’écriture, depuis 2005, même si j’ai fait de longues pauses pour le long entre On ne choisit pas sa famille et Le brouillard d’une vie, il y a ou il y a eu toujours quelque chose, quelques projets ;  des blogs, des nouvelles, des poèmes, des lectures … L’année dernière, j’ai eu par exemple la publication successivement d’un poème « Le grésillement de la radio » dans une revue, d’une nouvelle « Désespoir fraternel » qui revisite Hansel et Grethel et le décorticage d’un cadavre exquis avec le Collectif Polar. Mes différentes activités se nourrissent les unes de autres.

Le Brouillard d’une vie est né d’une courte nouvelle que je n’ai pas pu lâcher et Les voix meurtries dont je vais pourvoir parler bientôt et qui devrait sortir en juin est aussi inspirées de nouvelles et de personnages que j’ai parfois esquissé ici et là. Et j’ai commencé depuis peu l’écriture d’une aventure anglaise…

Merci beaucoup Cécile de nous avoir accordé ces instants, je vous laisse le mot de la Fin :

Merci à vous de m’avoir écoutée, faite parler et de faire vivre mes personnages en les lisant. Ils sont nés avec moi mais ils vivent grâce à leurs lecteurs et lectrices et grâce à ceux qui ont la passion de faire partager leurs lectures avec les autres !!

Papote d’auteur, Mamie Danièle était avec Sylvain Forge


Papote d’auteur, Mamie Danièle était avec Sylvain Forge

Propos recueillis le 4 mars 2019

– attention parution PARASITE le 13 mars –

Dany : Bonjour Sylvain, 
avant de parler de ton actualité, est-ce que tu peux nous parler de ton année de lauréat du fabuleux prix du Quai des Orfèvres … 
Qu’est-ce que ça a changé dans ta vie ?

Sylvain : Le prix du Quai des Orfèvres m’a permis de toucher un nombre très important de lecteurs (près de 150 000 en comptant les ventes numériques) et de faire connaître mes précédentes œuvres (éditions du Toucan) à un public bien plus élargi. Je considère que c’est une étape cruciale dans ma carrière, après des années durant lesquelles rien ne semblait devoir bouger. Je me heurtais à ce plafond de verre que connaissent la plupart des auteurs : petite diffusion, petite publicité, petit lectorat, difficulté de sortir en poche du fait de ventes modestes, pas de traductions ni d’adaptations, anonymat relatif etc. Le cercle vicieux duquel il est très difficile de sortir. Aujourd’hui, j’ai changé d’éditeur et mon nouveau roman bénéficie de l’attention et des capacités d’un éditeur important et historique, puisqu’il s’agit de Fayard / Mazarine.
Évidemment, rien n’est jamais gagné et il faut continuer de travailler dur, je dirais même plus encore après un succès comme le prix du Quai des Orfèvres. C’est la raison pour laquelle j’ai pris mon temps afin d’offrir à mes lecteurs un livre qui m’a demandé beaucoup de travail (et aussi beaucoup de recherches) en amont et en aval. Fayard est un relecteur très exigeant ! Et c’est une chance, je trouve.
Aujourd’hui, je travaille de concert sur l’adaptation en série de Tension extrême  et c’est à mes yeux mon projet le plus important du moment car s’il aboutit, ce sera lui aussi un catalyseur pour la suite. De bonnes nouvelles annoncées aussi du côté des livres audio avec des sorties en avril et juin 2019 pour Pire que le mal et Tension extrême chez Sixtrid.

Dany : Alors ton actu,, tu peux en parler ?
La 4ème de couverture est alléchante ! Un peu plus pour les lecteurs du blog ?

Sylvain : Parasite se situe chronologiquement après Sous la ville (sorti en poche en 2018) , mais je considère qu’il s’inscrit dans une lignée débutée avec Tension extrême et qui s’achèvera avec mon second roman chez Mazarine, à paraître en 2020. J’y explore les interactions  entre le crime, l’humain et le numérique. Une trilogie, en quelque sorte.
Alors que dans Tension extrême, une intelligence artificielle est utilisé pour lancer des cyberattaques et détruire des policiers, dans Parasite elle devient leur allié : un programme qui préfigure l’avenir de la police 2.0 et dont le logiciel ANACRIM (utilisé dans les affaires Grégory et Nordahl LELANDAIS, notamment) est l’amorce.
Le fait est qu’aujourd’hui, devant la complexité des affaires, due en partie à l’explosion des data (téléphonie…) il est pratiquement impossible pour un esprit humain d’englober la totalité d’un dossier, d’où la nécessité de s’appuyer sur des machines, seuls capables d’établir des liens dans le temps et l’espace.
Parasite évoque ce changement de paradigme en mettant en scène un personnage désormais récurrent, la capitaine Marie Lesaux qui intègre une brigade de protection de la famille et qui se voit sélectionnée pour tester un programme révolutionnaire : VALMONT.
Le livre est à mon sens le plus effrayant de tous ceux que j’ai écris car il s’appuie – comme souvent – sur des faits parfaitement avérés mais que le public ignore, le plus souvent.
Dans Tension extrême, les gens ont appris à flipper devant leur téléphone, dans Parasite, ce sera pire encore. Depuis que j’ai écris ce roman, je ne vois plus vraiment les choses de la même façon… En dire plus en viendrai à divulgacher.

 

Dany : Merci beaucoup Sylvain pour cet éclairage. On reparlera de Parasite sur le blog à n’en pas douter. 
Tes prochains salons peut-être ?

Sylvain : Printemps du livre de Montaigu  (85) : 6 et 7/04.
Mauves en noir (Mauves sur Loir) : 27-28/04.
Dédicaces en mars : 23 et 30 à Nantes et ses environs. Tous les détails sur ma page FB et sylvainforge.webnode.fr

Dany : Ben en attendant de flipper dans les jours qui viennent, pour conclure : as-tu un coup de cœur ou un coup de gueule dont tu voudrais nous parler ?

Sylvain : Un scénario de jeu de rôle, lu dans la gamme « Chroniques oubliées » (contemporain) ;  court mais efficace. « Le Terminus (16 pages) est un huit-clos se déroulant à notre époque. Les personnages sont fortuitement regroupés dans un bar alors qu’un tireur isolé abat toute personne qui fait mine d’en sortir. Le quartier est bouclé et les spéculations vont bon train alors que les personnages doivent chercher la vérité derrière cet attentat et monter un plan suffisamment astucieux pour espérer s’échapper vivant… » Retord et efficace : une histoire que j’aurais aimé écrire.
Et sinon en avril : publication de l’audio-livre Pire que le mal chez SIXTRID ; en juin prochain, Tension extrême, aussi en audio-livre, toujours chez SIXTRID. Des nouvelles de l’adaptation de Tension extrême en série, avant l’été j’espère 😉

Dany : Est-ce que l’on peut dire que ton sort d’auteur te convient pour le moment, même si tes vies parallèles doivent souffrir d’accommodements sans doute ?

Sylvain : Écrire est une passion et pouvoir s’y adonner est une chance. Mon seul regret est de n’avoir pas le temps nécessaire pour pouvoir  rencontrer mes lecteurs comme je l’aimerais. Cumuler deux boulots en même temps reste très difficile et demande une forme d’ascèse. C’est la vie ! 😉

 

Dany : Je pense que je vais te laisser à tes occupations en te remerciant de l’attention que tu portes au blog et aux lecteurs en général. Tu nous rappelles la date de sortie de Parasite ?

Sylvain : Parasite sera sorti le jour où Collectif Polar publiera notre entretien, le Mercredi 13 mars. 

A très bientôt. bises.

Dany : Au plaisir de se revoir et bises aussi.

Papote d’auteur, Miss Aline était avec Lawren Schneider


Papote d’auteur, Miss Aline était avec Lawren Schneider

Le 25 novembre dernier, j’été invitée sur le salon de Mon’s Livre. Flora Dequenne, chargée de projets du salon, m’offrait la possibilité de rencontrer l’auteur de mon choix pour une petite interview en aparté. Pourquoi avoir choisi Lawren Schneider ? Parce que son livre Les larmes des cigognes m’attirait depuis un petit moment. C’était aussi l’occasion de discuter avec un auteur que je n’avais pas encore rencontré.

Papote avec Lawren Schneider.

By Miss Aline

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Miss Aline : Comment êtes-vous venu à l’écriture ?

Lawren : Durant l’adolescence j’ai commencé à écrire des petits textes, des nouvelles ainsi que des textes de chansons. Musicien multi-instrumentiste, je composais parfois également la musique. Puis la vie normale a pris le dessus : faire des études, des enfants, trouver du travail, élever ces enfants, s’investir professionnellement. C’est lorsque ma fille aînée m’a annoncé son départ de la maison, en 2014, que j’ai ressenti un grand vide et me suis remis à écrire, 22 ans plus tard.

 

Miss Aline : C’est comme le vélo ça ne s’oublie pas ! Prometteur ce premier essai ?

Lawren : Oui, enfin presque…. Ne voulant pas faire les choses à moitié, j’ai directement attaqué l’écriture d’un roman, « L’héritage de Lizie » ! Seulement, j’ai dû me rendre à l’évidence, il fallait que apprendre à écrire au-delà de savoir raconter des histoires. J’ai donc jeté les cinquante premières pages écrites à la poubelle. Puis j’ai recommencé encore deux fois avant de présenter le résultat à mes proches. Ce premier roman m’a fait passer par toutes les émotions possibles, de la peur d’être ridicule à la jouissance d’arriver à construire une intrigue qui a dépassé largement mes idées de départ !

Miss Aline : Vous vous laissez guider par vos personnages ou tout est bien structuré dés le départ ?

Lawren : Les deux mon capitaine ! J’écris souvent une trame qui m’emmène sur quelques chapitres, puis me mets à écrire. Je ne pourrais pas écrire l’intégralité du scénario au départ. Le fait d’avoir fixé un petit cadre, sans qu’il soit rigide, me permets d’adapter et, de plus en plus, les personnages prennent le dessus. Souvent surpris, je recommence donc à fixer un petit cadre pour les chapitres suivants et l’histoire se répètent. Je démarre donc l’écriture avec le début, une fin et une atmosphère visée, mais tout peut changer au cours du process d’écriture !

 

Miss Aline : la peur au premier roman est-elle toujours omniprésente lorsque vous sortez un nouveau roman ?

Lawren : Je repense toujours à la fameuse phrase attribuée à Sarah Bernhardt quand une de ses élèves lui explique qu’elle n’a pas peur en rentrant sur scène :  » Ne vous inquiétez pas, cela viendra avec le talent ! » La peur presque bloquante du début a complètement disparue, je l’ai sans doute apprivoisée. La peur liée à la volonté de livrer le meilleur résultat possible au lecteur, elle, est une compagne du quotidien. Elle m’aide à chaque séance d’écriture, à chaque relecture !

Miss Aline : Lors d’une interview, un auteur a dit : « un bon auteur est un auteur qui souffre sinon il n’a rien à dire ». Êtes-vous d’accord avec cette affirmation ?

Lawren : Si l’on veut toucher le lecteur, il faut parler à son âme, à la partie de lui-même qu’il ne connait pas. En ce sens, je pense qu’un auteur doit avoir souffert, avoir expérimenté lui-même les sentiments les plus sombres. Connaître la souffrance, c’est aussi connaître l’apaisement et le bonheur, c’est maitriser les reliefs des émotions.  » Qui n’a connu le froid, ne peut apprécier le chaud » ! Maintenant, savoir s’il faut continuer à souffrir pour écrire… Je n’ai pas la réponse…

Miss Aline : Parlez nous de votre roman Les larmes des cigognes, d’où vous en vient l’idée… ?

Lawren : C’est durant l’écriture de mon deuxième roman  » Le prix à payer » que m’est venue l’idée de ce roman. Ma mère m’avait apporté une enveloppe avec des photos et des papiers militaires d’un grand-oncle qui était un alsacien, incorporé de force dans l’armée allemande, envoyé sur le front russe et prisonnier dans le terrible camp de Tambov. Fin de l’histoire, personne n’a été capable de m’en dire plus. Le pouvoir romanesque de Tambov m’a tout de suite paru évident. Je me suis donc lancé dans des recherches historiques sur le sujet. Mon objectif était clair, ce thriller se passerait à Tambov, ce camp russe dont le nom est très connu dans l’Est de la France, mais dont si peu de gens peuvent en parler.

Miss Aline : Ce roman est donc plus personnel.

Lawren : Oui, sans doute suis-je aller creuser plus loin au fond de moi. L’intrigue démarre en 1986 avec des adolescents qui se confient leurs secrets. Ma propre histoire est donc nécessairement diluée dans mes personnages. L’autre partie se passe en 1943 et j’ai gardé le nom de mon Grand-oncle. Là aussi, forcément, j’ai dû creuser dans l’histoire collective de mes proches. Le sujet se prête au thriller, la peur est évidemment au centre des décisions des personnages : destin ou libre-arbitre, accepter, collaborer ou résister, s’opposer. « Les larmes des cigognes » est une sorte de « premier roman ». Mes deux premiers, « L’héritage de Lizie » et « Le prix à payer » étaient nourris par l’envie folle de raconter une bonne histoire. Celui-ci raconte Notre histoire, celle où nous devons choisir entre l’horreur et la vie, entre le Bien et le Mal et où souvent, nous ne faisons que ce que nous pouvons !

Miss Aline : Merci pour cette confidence.

Vous ayant rencontré sur un salon, j’en viens à vous demander quel est votre rapport avec vos lecteurs ? Tenez-vous compte de leur remarque par exemple ?

 Lawren : Bien sûr. L’écriture est un don de soi, on se livre aux autres. J’écris UNE histoire, mais elle se transforme en une MULTITUDE d’histoires, chaque lecteur s’appropriant le roman et le faisant « sien ». Je suis toujours à l’écoute des retours des lecteurs et si les compliments sont excellents pour l’ego, j’ai toujours l’envie de leur répondre :  » Merci, mais qu’est-ce que vous avez moins aimé ? Qu’est ce que vous auriez aimé que je rajoute ou que j’enlève ? ». Chaque phrase écrite doit l’être pour le lecteur, pour le surprendre, lui faire peur, le faire rire ou pleurer. J’ai donc besoin de « mesurer » par l’échange avec eux si l’effet est réussi. Ce sont les lecteurs qui font de nous des auteurs !

Miss Aline : Je crois savoir que ce n’est pas votre premier Mon’s Livre. Une attache particulière à ce salon ?

Lawren : Ah, bonne question… Je dois avouer apprécier l’ambiance bon enfant de ce salon où les échanges sont riches et sans polémique. A Mons, il n’y a pas de place pour les polémiques autour de l’auto-édition et du circuit traditionnel du livre. On y parle seulement du plaisir de lire et d’écrire. J’aimerais que nous puissions nous inspirer de cet état d’esprit en France. Soyons tous un peu belge !

Miss Aline : Quels sont vos projets d’écriture ?

 Lawren : Je travaille actuellement sur deux projets en parallèle. Le premier est un roman noir, sociétal, probablement moins rythmé, mais plus introspectif. Ecrit à la première personne, je vais rentrer dans la peau d’un monstre en devenir. Évidemment je n’en dirai pas plus. Le second projet est un thriller scientifique, qui se passera le dernier jour de l’humanité. Tiens, que feriez-vous s’il ne vous restait plus qu’un jour à vivre ? Rendez-vous dans quelques mois !

Miss Aline : Une dernière question et je vous libère. Votre chapeau a-t-il une histoire ?

 Lawren : Un chapeau a toujours une histoire, ma chère Aline . C’est un « Panama » que j’ai acheté à Ronda. Si je suis alsacien « sur le papier », je suis de plus en plus amoureux de l’Espagne, de Barcelone et de l’Andalousie. Moi qui ai toujours détesté tout chapeau, casquette ou autre couvre-chef, je suis rentré instinctivement dans une boutique et j’ai choisi ce chapeau. Peut-être est-ce lui qui m’a choisi ? Il a donc une histoire, ce chapeau, mais je n’ai jamais dit qu’elle était rationnelle… Merci Aline pour nos échanges !

Miss Aline : Vous m’auriez dit qu’il n’avait pas d’histoire, j’aurai été déçue. Un grand merci à vous pour votre disponibilité, votre gentillesse et votre générosité. Au plaisir de vous lire et d’une prochaine rencontre.

Papote d’auteur : Maud était avec Mickaël Koudero


Papote d’auteur : Maud était avec Mickaël Koudero

Bonjour Mickaël, je vous remercie de nous accorder quelques instants.

 

Maud : Pourriez-vous nous parler un peu de vous… Les lecteurs sont en général très curieux…

Mickaël : Vastes questions. Dans la vie j’ai la chance de passer mon quotidien à écrire. Que ce soit des scénarios, des romans ou alors pour un jeu vidéo. J’aime varier ces formes d’écriture. Sinon j’aime beaucoup l’Histoire, tout ce qui touche à la culture en générale ou encore le football (supporter du PSG depuis tout petit). Niveau musical, j’écoute énormément de bandes originales en écrivant. Autrement, je privilégie les podcasts (émission de faits divers, émissions historiques ou sportives).

Quant à l’écriture, j’ai commencé très tôt, tout gamin. À l’époque j’écrivais des scénarios et m’amusait à les tourner avec mes copains.

Maud : Parlons de la dernière sortie, le 7 Février dernier, La Faim et la Soif, votre troisième livre. Comment vous est venue l’inspiration de ce thème ?

Mickaël : Pour être plus précis, c’est mon deuxième roman. Le premier,  Les enfants d’Érostrate  est paru en autoédition et, ensuite, il a été réédité par une maison d’édition sous le titre  Des visages et des morts.

Quant à l’histoire de  La faim et la soif, elle est arrivée progressivement, au fil de l’écriture. À la base, j’avais le contexte général : la Roumanie, Ceaușescu, le mythe du vampire (les vrais comme les faux). Ensuite, c’est en me documentant que j’ai pu appuyer les détails de l’histoire et tisser ma toile. Avant toute chose, j’ai besoin de trouver MON idée principale. Une idée suffisamment forte pour pouvoir tenir plusieurs mois d’écriture sans m’en lasser et qui peut me permettre de dériver sur d’autres sujets annexes.

Maud : Une anecdote sur ce livre en particulier?

 Mickaël : La première anecdote qui me vient à l’esprit est celle-ci : le livre a été écrit sur trois continents. En Europe, en Amérique et en Océanie. Respectivement Paris, Montréal et Wellington.

 

 Maud : Vos plus belles joies en tant qu’auteur? Vos «pires» moments?

 Mickaël : Je retiens de très beaux moments comme ma signature chez Hugo et Cie et ma rencontre avec Bertrand (éditeur chez Hugo). Je suis convaincu qu’être bien entouré est primordial si l’on souhaite avancer et construire quelque chose de solide sur la durée. Que ce soit avec Bertrand ou toute l’équipe d’Hugo et Cie, je me sais chanceux.

Il y a aussi les retours de lectures qui sont de magnifiques récompenses tout comme ceux des blogueurs (ses).

Quant aux pires moments, ils ne valent pas la peine qu’on en parle.

Maud : Après le côté auteur, quel lecteur êtes-vous?

 Mickaël : Je suis un lecteur qui ne lit pas assez à mon goût. Quand j’écris, je lis pas ou peu de romans. Me lecture principale se concentre sur la documentation. En revanche, entre deux phases d’écritures, j’en profite pour rattraper mon retard sur certains titres.

Généralement, je lis le soir, essentiellement du thriller ou du roman noir.

Maud : Je vais terminer par une indiscrétion, un projet de roman ou autre?

 Mickaël : Le prochain roman est dans les tuyaux. Je suis en plein travail. J’espère pouvoir le finir en milieu d’année et le présenter à mon éditeur. Le sujet ? Trop vague pour le moment, mais ce sera un thriller avec une dose d’horreur/fantastique…

Nous verrons bien ! 😉

Maud : Impatiente je suis déjà!!! Je vous remercie pour cet échange très sympathique 

Mickaël : Merci à vous Maud !

Papote d’auteur, Cathie était avec Lionel Olivier


Les Interviews exclusives de Cathie notre Expert en chef.

Après nous avoir donné son avis sur un bouquin Cathie nous proposera « les interviews d’une experte » où elle interrogera l’auteur sur le titre qu’elle aura chroniqué.

Aujourd’hui c’est Interview de Lionel Olivier, auteur du roman Le crime était signé.


« Les interviews d’une experte »

Papote d’auteur, Cathie était avec Lionel Olivier

Interview exclusive réalisée Cathie : un grand merci à Lionel Olivier, lauréat du Prix du Quai des Orfèvres pour son roman Le Crime était Signé.

Lionel Olivier a écrit: « Je viens de lire votre critique de mon livre et je m’y retrouve complètement, je suis donc pleinement satisfait de voir que votre interprétation correspond à ce que j’avais envie de délivrer dans ce roman. Je réponds donc à vos questions avec le plus grand plaisir. »

  1. Vous avez commencé à écrire en 2011 après une carrière dans la police. Qu’est-ce qui vous a incité à vous lancer dans une carrière d’écrivain de romans policiers ?

Le mot écrivain me parait trop fort, s’agissant de ma personne, je lui préfère le terme plus soft d’auteur. J’ai toujours eu une imagination fertile : à l’enfance (comme tout le monde, je pense) où l’on échafaude des scénarii en jouant avec des figurines – cow-boys – indiens, puis des jeux de rôles, en grandissant et enfin en écrivant une histoire, en sortie d’adolescence. A l’âge de 20 ans, je m’étais essayé à l’écriture d’un roman (autre que policier), une tentative menée à son terme, cette fois une vingtaine d’années plus tard sous la forme d’un polar et qui ne sortira jamais, volontairement, du tiroir. Le goût de l’écriture ne m’ayant jamais lâché, je me suis finalement décidé à aller au bout de mes envies. Il faut savoir que la majeure partie du travail d’un enquêteur consiste dans la rédaction d’actes de procédures : description d’une scène de crime, de lieux, d’une perquisition, transcription d’auditions, élaboration de rapports de synthèses. Bref ni plus ni moins que le contenu d’un polar.

  1. Qu’est-ce que l’écriture vous apporte par rapport à votre travail dans la police ? Satisfaction ? Frustration ?

Ce que m’apporte l’écriture par rapport à mon travail dans la police ? Certainement pas la marque d’une frustration, d’un manque qui m’obligerait à prolonger un état, une situation perdue, en raison d’une fin d’activité professionnelle. Quand on a tout consacré à une profession, son temps, son énergie, sa disponibilité en lui accordant une priorité non discutable et en rognant sur les heures dévolues à la cellule familiale, on peut sans regret, sans état d’âme, tourner la page. De la satisfaction ? Uniquement celle de partager avec un lectorat, des histoires, des émotions, du rêve.

  1. Cinq romans en 6 ans, c’est un rythme soutenu. Trouvez-vous l’inspiration dans les faits divers, dans des affaires auxquelles vous avez participé dans votre carrière ou tout simplement dans votre imagination ?

Je ne puise pas mon inspiration dans des affaires auxquelles j’ai participé, mes premiers lecteurs ayant en fait été les procureurs et juges d’instruction à qui je transmettais mes procédures. Pourquoi recopier l’existant. Par contre, mes fictions s’appuient effectivement toujours sur une multiplicité de détails, de petits faits que j’ai eus à connaître, apportant ainsi une touche de crédibilité.

  1. Comment procédez-vous pour écrire un nouveau roman : construisez-vous le canevas autour d’un personnage, d’un événement ou d’un lieu ?

J’avais lu une interview de John Irving. Il affirmait qu’au moment de commencer à écrire un roman, il en connaissait le début, la fin, le titre et pratiquement le nombre de chapitres. Il se trouve que j’ai toujours adopté, pour l’instant, la même démarche, avant même d’avoir eu connaissance de cette pratique. Il m’est impossible d’affronter une page blanche et de me laisser aller au gré de l’écriture, espérant une trouée, un éclair, une orientation. J’ai besoin que tout soit structuré en amont, dans ma tête, avant de m’asseoir devant l’ordinateur. Les lieux sont importants pour moi, car ils conditionnent généralement des individus dans leur démarche, leurs gestes, leurs actions. Ainsi, le choix du port de Dieppe dans mon roman “ Passé boomerang”, la forêt guyanaise dans “La petite-fille du forçat”, le lieu symbolique et mondialement connu du 36 Quai des Orfèvres dans “Le crime était signé”. Je pense ensuite à une intrigue, un crime, un auteur puis au flic qui le mettra hors circuit et parallèlement à tous les petits indices que je devrai semer pour aider le lecteur à tenter de trouver la solution avec l’espoir de l’induire en erreur au tout dernier moment. Le lecteur est en droit d’obtenir ce genre de petits détails. Jusqu’à un certain point, bien sûr.

 

  1. Je n’ai malheureusement pas lu les romans précédents ( lacune que je compte combler dans les prochains mois), je découvre donc votre univers avec « Le Crime était signé ». Le fait qu’il ait obtenu le Prix du quai des Orfèvres est-il pour vous une reconnaissance de votre talent par votre ancien milieu professionnel ?

Je n’emploierais pas le mot talent dans votre phrase “reconnaissance de mon talent par mon ancien milieu professionnel”. Je n’ai pas cette prétention d’avoir du talent. Par contre, je suis très heureux que ce jury composé d’anciens grands patrons du 36, de journalistes éminents, de juristes, d’avocats, de légistes, bref de personnes touchant au milieu policier et judiciaire se soit reconnu dans cette ambiance qui est si particulière, car générée par des hommes ordinaires, mais qui font un métier sortant de l’ordinaire, en faisant de ce fait des êtres “extraordinaires”.

  1. Le roman est extrêmement bien documenté, notamment en ce qui concerne les lieux. Effectuez-vous une reconnaissance préalable des endroits sur place ou vous documentez-vous autrement ( internet, manuels, etc…) ?

La crédibilité étant ma marque de fabrique, j’aime situer mes romans dans des lieux que je connais parfaitement. Ainsi, le port de Dieppe, ville où j’ai exercé quinze années, la Guyane que j’ai parcourue de long en large, le 36 où je m’étais rendu pour deux affaires et dont je connaissais les structures, grâce également à la gentillesse d’un collègue y travaillant et qui m’y avait piloté. Pour le reste, internet est aussi un formidable outil d’information.

  1. Lorsque vous étiez policier, avez-vous connu un endroit jouant le même rôle que « La Tour de Montlhéry » dans « Le Crime était signé » ?

Chaque commissariat a son “annexe”en ville, un bar, un restaurant où les policiers aiment se retrouver pour “vider le disque dur”, se ressourcer, décompresser. Certains appellent cela “une cantine”. Les tenanciers font généralement tout pour que leurs petits protégés se sentent comme dans un cocon. Inutile de vous donner le nom de ces points de chute qui ont été les miens à Dieppe et à Auxerre où j’ai exercé, mais sachez que j’y ai passé de nombreuses heures, des moments de convivialité indispensables pour mon bon équilibre et que mon épouse en connaissait l’existence.

  1. Quand vous écrivez un roman, par exemple « Le Crime était signé », vous y consacrez-vous uniquement ou avez-vous déjà en tête des bribes du roman suivant ?

Dans l’écriture, je suis comme en amour, c’est-à-dire fidèle et lorsque je suis plongé dans la rédaction d’un roman, j’y suis pleinement et entièrement jusqu’au mot “fin”.

  1. Pour finir, avez-vous en prévision d’autres histoires mettant en scène le groupe de Quentin Fergeac ?

Bizarrement, lorsque je crée des personnages, je les abandonne ensuite à la fin du roman, considérant qu’ils ont fait leur temps. C’est pour répondre toutefois à des demandes récurrentes de lecteurs rencontrés lors de salons que j’ai opté pour les faire revivre et continuer leur existence. Il en est ainsi pour Thomas Vilars, dans “Passé” Boomerang” et “La petite-fille du forçat”. La demande m’est également parvenue pour Quentin Fergeac. Pourquoi pas ! Mais cette fois, dans les locaux aseptisés du quartier des Batignolles, nouvelle future implantation du 36. A suivre donc. De quoi de donner d’autres perspectives pour les années à venir.

Papote d’auteur Maud était avec Jacques Pons


Papote d’auteur Maud était avec Jacques Pons

Les Enquêtes et indiscrétions de Maud

Photo de Philippe Frisée, dans le LUI d’octobre 2018, portrait écrit par Bruno Godard

Bonjour Jacques Pons,

 Je vous remercie d’avoir accepté cet entretien qui va nous permettre de mieux vous connaître. Ne vous inquiétez pas, il ne s’agit pas d’un interrogatoire, pas besoin de témoins ou d’avocat.

C’est moi qui vous remercie !

Pouvez-vous nous parler un peu de vous, nos lecteurs sont très curieux.   

Dans la vie je fais plein de choses différentes. Pour ce qui est de la gagner, je travaille dans la mode depuis une quinzaine d’années, à Paris principalement, mais j’ai aussi eu la chance de travailler à New York pour une grande maison française. J’ai également habité au Sénégal, au tout début de ma carrière, période durant laquelle j’ai souhaité faire un « break » avec le luxe et la mode.

J’ai beaucoup de passions, au premier rang desquelles ma femme et mes deux enfants.

En dehors de ce cercle familial qui est mon moteur et ma joie quotidienne, je suis un fana de rugby, que j’ai pratiqué assidûment en compétition dans un passé pas si lointain, et que je continue à suivre avec plaisir.

J’adore également la gastronomie et l’art de vivre, en tant que client quand j’ai la chance de pouvoir en profiter, mais aussi en tant que spectateur de cet univers en pleine mutation, dont les modèles et les enjeux intellectuels et culturels sont une source d’inspiration infinie !

Enfin, et sans surprise, je suis un boulimique de lecture, pas forcément de thrillers d’ailleurs (ça, je m’y suis surtout mis pour le concours !), mais de romans en général, quels qu’ils soient, du plus classique au plus contemporain.

J’écoute beaucoup de musique, j’aime découvrir de nouveaux artistes, pour rester à la page. J’ai toutefois une nette préférence pour la musique classique et pour le reggae.

Je suis venu à l’écriture dans une démarche très personnelle de tenter une nouvelle aventure, de m’essayer à un exercice qui m’attirait mais que je n’avais jamais osé entreprendre. Le concours Fyctia a été pour cela la meilleure occasion, car l’obligation de publier, et surtout de finir une histoire, sont les meilleurs des moteurs !

Avec Célia de chez Hugo Thriller

Alors justement de l’expérience Fyctia sort Organigramme, votre premier roman. Pourriez-vous nous en dire un peu plus ?

Je pense que tout le cadre contextuel du roman, ainsi que la réflexion sur les relations hiérarchiques et la souffrance au travail étaient déjà en moi depuis longtemps, je n’ai eu qu’à mettre des mots sur des maux dont j’ai vu tant de gens souffrir, parfois même alors qu’ils ne le savaient pas eux-mêmes. L’intrigue à proprement parler est un pur produit de mon imagination. J’ai écrit ce roman au fil de la plume, chapitre après chapitre, et j’ai littéralement joué avec mes personnages, comme un enfant qui jouerait avec des figurines en scénarisant leur histoire sur le moment. J’y ai pris un plaisir fou, accompagné d’un sentiment grisant de joie : je pouvais décider de ce qui leur arriverait, de comment ils s’appelleraient, de leur passé, de leurs blessures etc. Je me suis beaucoup amusé, en gardant en tête une idée directrice : si je raconte une histoire, il faut que mes lecteurs se divertissent à travers celle-ci, et passent un bon moment.

Du concours Fyctia au Prix Coup de Cœur RTL, racontez-nous ce parcours ?

J’ai commencé le concours Fyctia avec trois semaines de retard sur les autres concurrents. Au départ, j’ai écrit de façon très spontanée et très fluide ce qui était à l’époque le prologue (qui est devenu l’interlude juste après le prologue dans la version finale). Je me suis dit : « voilà, j’ai en gros la fin du livre, par laquelle je débute, et maintenant, il va falloir se retrousser les manches et déployer des trésors d’imagination pour construire une histoire autour de cette fin ». Je me suis laissé porter par ce que cette atmosphère et cet univers m’inspiraient.

Au fil des publications, je lisais attentivement tous les commentaires, toutes les remarques de mes premiers lecteurs, qui étaient, pour la plupart, des proches dont je maintenais l’assiduité à grands renforts d’e-mails, de facebook et de sms. Assez rapidement, j’ai commencé à me rendre compte que de plus en plus de lecteurs m’étaient inconnus, ce qui signifiait deux choses : la première, c’est que mon histoire plaisait, et même touchait certaines personnes au-delà de ce que j’imaginais, et la seconde, c’est que je me suis mis à grimper assez vite au classement. Au départ, je me disais que je serais ravi de figurer dans les vingt premiers (sur 150 à peu près). Mais très vite, le top 10 est devenu une réalité, puis le top 5. Et dans les derniers jours du concours, j’ai connu l’immense joie de monter sur le podium, ce qui signifiait que j’allais avoir la chance d’être lu par les membres du jury, parmi lesquels, entre autres, Michel Bussi, Bernard Lehut de RTL, et François Jullien de VSD.

Et puis au terme des délibérations, j’ai reçu un coup de fil de Bertrand Pirel, qui dirige la collection Hugo Thriller. Il m’a annoncé que je n’étais pas le lauréat, mais que j’avais bénéficié d’un coup de cœur de RTL ! Quelle joie ! J’ai immédiatement repensé à toutes ces nuits d’automne passées devant mon écran, à écrire avec passion la suite d’une histoire qui prenait forme jour après jour, façonnée par mon humeur du moment et par les commentaires (ou les demandes spéciales, mais je ne vous dévoilerai rien !) de mes lecteurs. Et je me suis dit que je vivais un véritable conte de fées. Ce qui n’était qu’un passe-temps récréatif se transformait peu à peu en une aventure réelle. Le rêve, que je n’osais même pas entrevoir, devenait subitement réalité !

En dédicace à la librairie Mots et Motions de Saint Mandé

Une très très belle aventure, vos plus belles joies en tant qu’auteur ? Vos « pires » moments ?

C’est un peu difficile de répondre à cette question.

Il n’y pas eu de « pire » moment. Du premier mot écrit au point final de la dixième relecture, j’ai vécu ce parcours comme un privilège, une chance folle de connaître la réjouissance d’une publication.

Peut-être ma plus belle joie a été ce moment, fugace, où j’ai refermé le manuscrit pour la dernière fois avant qu’il ne parte à l’impression. Maintenant que le texte est publié, je suis sur un nuage, d’autant plus que les premiers retours sont très bons, et que les lecteurs semblent touchés par les éléments de réflexion autour de la souffrance au travail, ce qui était un de mes buts en écrivant ces lignes.

Je vous cite « boulimique de lecture », racontez-nous…

Je lis partout. Tout le temps. Dans mon lit, dans les transports en commun, dans une salle d’attente, je lis depuis que je suis tout petit. J’ai eu la chance d’avoir des parents qui m’ont transmis, en douceur, ce goût des livres et de la lecture, que je n’ai jamais perdu.

Je suis un lecteur presque compulsif. J’ai eu la chance de faire des études littéraires avant mon école de management. Je n’ai donc pas de genre de prédilection. Il y a beaucoup d’auteurs que j’admire. Fred Vargas, pour la délicatesse et la subtilité de sa peinture de l’âme humaine, notamment masculine, Victor Hugo, pour le souffle puissant qui s’échappe de chacune de ses pages (je pense d’ailleurs que si je devais emporter un livre sur une île déserte, je choisirais L’Homme Qui Rit), Ian Manook / Roy Braverman pour le cocktail de richesse ethnologique et de testostérone, mais aussi Jean-Christophe Rufin, Gustave Flaubert, et San Antonio. Comme vous pouvez le constater, c’est on ne peut plus varié. Citer ces quelques auteurs ne rend évidemment pas justice à tous les génies du verbe qui m’ont inspiré, et qui m’inspirent encore aujourd’hui…

Enfin, il y a trois auteurs, trois poètes, qui m’ont donné le goût des mots et de la tension esthétique qu’ils renferment : La Fontaine, Rimbaud, et Senghor.

Dans le ELLE du 28 septembre (en pleine fashion week 👠)

Je vais terminer par une indiscrétion, un projet de deuxième roman ou autres ? Oui oui, là c’est lectrice impatiente que je suis qui s’exprime

C’est effectivement une indiscrétion (rires). Disons que je ferai en sorte de ne pas laisser votre impatience inassouvie, tout en explorant d’autres terrains qui m’attirent depuis longtemps.

Très intrigante, votre dernière réponse. Je vous remercie de vous être gentiment rendu disponible afin de nous en apprendre un peu plus sur vous. Et je vous laisse, si vous le voulez bien, le mot de la fin :

Encore mille fois merci !!

Assigné à résidence : L’interview bracelet électronique 2, Sandrine Destombes


Assigné à résidence : L’interview bracelet électronique 2

Nouvelle innovation au collectif Polar : l’interview « bracelet électronique ».

C’est une mesure d’aménagement de peine permettant de réaliser une interview de longue haleine sans obliger l’auteur à être incarcéré. Juste  » Assigné à résidence »

Contrairement à la GAV qui est bien délimitée dans le temps, l’interview bracelet électronique est plus « libre ». Elle peut se dérouler sur plusieurs jours.

Le deuxième auteur ayant dû vivre son quotidien avec le bracelet électronique est…

Madame Sandrine Destombes


Lundi matin de bonne heure

Miss Aline : Bonjour à toutes, c’est donc ici que ce passe la période bracelet électronique de Sandrine, que nous remercions vivement de sa participation.
Commençons donc par le début : qui ou quoi vous a amenez à l’écriture ?

Geneviève : Bonjour Mesdames, Voici donc Sandrine sous le contrôle de Collectif Polar et de Ge et ses Flingueuses 😛

Dany : Bonjour mesdames … suis toute à vous !

Lundi  10:53

Sandrine : Bonjour, bonjour… faut le dire vite ! On voit que ce n’est pas vous qui êtes assignée à résidence !!!
Mais puisque j’ai fauté et que le seul moyen de m’en sortir est de vous répondre, c’est parti :
étant plutôt matheuse, je ne pensais pas un jour me lancer dans l’écriture. Il a fallu un alignement de planètes : un souci à gérer, un trop plein de temps libre et un esprit à apaiser. Alors j’ai pris mon ordinateur, j’ai écrit un premier paragraphe, puis un deuxième et ainsi de suite.
Quand j’ai relevé la tête, le premier chapitre de la Faiseuse d’anges était bouclé et je n’avais pas vu le temps passé.
J’étais mordue.

Miss Aline : Comment une telle histoire peut sortir d’un coup ?

Lundi 17h06

Geneviève : on a perdu le signal du bracelet là, les Flingueuses ! Non ?

Mardi 10:14

Dany : Coucou Sandrine … il y a un problème avec le bracelet ?
Vous êtes sortie de la zone autorisée ?

Sandrine : Non Chef, pas sortie de ma zone. Je cherchais un truc profond à répondre mais j’ai pas trouvé !
Donc je dirais que des années de silence ont eu l’effet d’une marmite sur le feu. Arrivée à ébullition, il fallait faire quelque chose. J’avais quelques démons à tuer et le thriller m’a paru être la meilleure recette !

Dany : Ces années de silence étaient nourries de livres, de films ou simplement de rêveries ?
Quand ça mijote trop longtemps ça attache ! Alors il fallait agir …

Sandrine : Beaucoup beaucoup de films, si bien que j’ai fini par faire une école de cinéma… Beaucoup beaucoup de livres car j’ai très vite compris que je ne serais jamais seule tant que j’aurais un livre dans les mains… Mais très peu de rêveries. Je suis bien trop terre à terre pour me laisser aller à rêver.

Miss Aline : Avez vous des rituels d’écriture (lieu, fond sonore, horaires…) ?

Sandrine : Ma seule contrainte pour écrire est d’avoir la tête totalement disponible or ça n’arrive pour ainsi dire jamais durant l’année. J’attends donc patiemment les grandes vacances d’été pour écrire. En journée, si je veux être sûre d’avoir tous mes neurones en place. Quant au fond sonore, peu importe puisque je n’entends plus rien ni personne dès que je mets à écrire !

Miss Aline : Un roman écrit en un été ? vous y avez travaillez en amont : des recherches si besoin, un plan, une trame, etc ?

Sandrine : Rien de tout ça. J’attends d’avoir en tête un premier paragraphe ou même une simple phrase qui m’accroche. Ensuite je me laisse porter. Jamais de plan ni même de trame. C’est avant tout pour moi que j’écris. Si je connaissais déjà la fin, où serait le plaisir ?!?

Miss Aline : D’accord… alors si je vous dis : »il observait depuis plusieurs heures … » vous pourriez partir ce ça et écrire des pages…?

Sandrine : À quelque chose près, oui ! Il faudrait juste que j’aie déjà en tête ce qu’il observe. Et surtout que cette phrase vienne de moi et non d’une flingueuse sans pitié !!! Mais ça suffirait, oui. C’est en tout cas à ça que ressemble ma méthode de travail !

Miss Aline : Je comprends très bien. vous pouvez tout de même garder la phrase… lol.

Sandrine : C’est qu’elle est pas mal cette entame !

Mardi 18:26

Dany : Alors si j’ai bien compris il y a génération spontanée au contact d’une phrase … mais dans la construction de l’histoire ensuite, elle se fait au fil des lignes ? Il faut un minimum de rationalité pour que l’auteur puisse emmener les lecteurs où il veut …

Sandrine : Je sais que ça peut paraître étonnant mais non, j’écris au fil des lignes. J’ai un esprit plus matheux que littéraire or j’ai toujours associé les polars à des maths. J’y vois une construction logique. Du coup, en écrivant de la sorte, je m’impose un challenge. Je crée un puzzle de toutes pièces sans avoir l’image finale en tête. A moi de retomber sur mes pattes. Chacun s’amuse comme il peut 😉

Miss Aline : Parlons des Jumeaux… il a commencé comment ce livre du coup ?

Sandrine : C’est malheureusement l’actualité qui m’a soufflé l’accroche. Au moment où j’ai entamé la rédaction de ce livre, l’affaire Grégory revenait sur le devant de la scène et on pouvait voir en boucle le portrait de la petite Maëlys qui venait juste de disparaître. Ces deux faits divers m’entêtaient et je pense que j’ai eu besoin de l’exprimer…à ma manière, bien sûr.

 

Miss Aline : Quels sont vos impressions, votre ressenti face au succès de votre livre. ?

Sandrine : Ça reste assez abstrait pour moi, pour l’instant. Et j’évite de trop y penser pour ne pas me mettre la pression pour les prochains !

 

Mercredi 06:41

Miss Aline : Vous pensez que par cette récompense on attend encore mieux sur le prochain roman ?

Mercredi 20:27

Sandrine : Ce prix m’a amené de nouveaux lecteurs et peut-être que ces derniers attendent de retrouver ce qui leur a plu dans Les Jumeaux or chaque livre est différent. En tout cas, il l’est pour moi.
Miss Aline : Vous participez au Trophée Anonymu’s : les mots sans les noms. Pourquoi participer à ce concours de nouvelles ?

 

Jeudi 12:54

Sandrine : Parce que je suis faible et que j’ai répondu à l’appel des sirènes ! Plus sérieusement, je trouve ce principe très sympa. Cela permet aux lecteurs de se laisser porter par une écriture sans en attendre quoi que ce soit de particulier puisqu’ils n’ont pas de repères de comparaison.

Dany : Comment faire le choix du format … nouvelle ou roman ?

Sandrine : Pour ma part, je ne suis pas une fan de nouvelle, dit celle qui a accepté de participer au Trophée Anonymu’s 😉
Que ce soit en tant que lectrice ou auteur, je préfère les romans. Là, c’est pour ainsi dire exceptionnel, c’est un exercice imposé. Le reste du temps, la question ne se pose même pas.

Jeudi 15:42

Dany : Si vous ne savez pas comment va se dérouler une histoire que vous commencez… comment avez-vous choisi d’à voir un héro récurrent ?

Sandrine : J’ai eu un héros récurrent, en l’occurrence une héroïne, uniquement sur mes 3 premiers romans. Le 4ème y faisait un clin d’œil mais c’est tout. Depuis, ce sont des équipes d’enquêteurs totalement différentes. Après, je ne dis pas qu’elles ne reviendront pas un jour, ni même que ma toute première héroïne, Max, ne refera pas surface… ce sera selon l’envie et l’inspiration… Mais comme c’est à mon intention que j’écris, l’idée de rencontrer des nouveaux personnages m’amuse toujours un peu !

 

Jeudi 16:58

Dany : Donc beaucoup de spontanéité, rien de préétabli au début de l’écriture, des héros qui arrivent ou pas, une histoire qui se construit au fil du temps … même pas un petit plan ni un synopsis pour guider la plume ?

Sandrine : Eh non, rien de tout ça ! Même mon éditeur n’a pas le droit à son synopsis. Il est obligé de me suivre pas à pas. Peut-être qu’un jour je deviendrai moins sauvage, voire professionnelle ! 😛

Dany : C’est très étonnant tout ça … néanmoins, vous avez des modèles en littérature policière, contemporains par exemple ? Ou au moins avez-vous des contemporains que vous appréciez particulièrement ?

Sandrine : Bien sûr que j’ai des modèles ! J’ai toujours aimé le polar et ce depuis mon enfance. Donc oui, tout ce que j’ai pu lire ou voir au cinéma m’inspire. Cela étant, lorsque je mets à écrire, j’évite d’en lire pour justement ne pas être tentée de calquer, involontairement bien sûr, mon style à celui d’un autre. Qui plus est, je n’aime pas forcément le thriller – à proprement parler. J’aime le noir ou les enquêtes pures et dures. J’aime les polars légers avec de l’humour, comme ceux de Nick Gardel ou Antonio Manzetti, qui est mon chouchou du moment.

Dany : Et quels sont vos rapports avec vos lecteurs ?

Sandrine : Jusqu’ici plutôt bons ! Enfin… je crois 😛
Nous échangeons souvent. Sur les personnages, les situations, le bien et le mal…

Miss Aline : Tenez vous compte de leurs remarques pour les romans suivants ?

Sandrine : J’ai essayé, au tout début, puis j’ai vite abandonné. Il y a autant de lectures différentes que de lecteurs, et donc autant d’avis. Ce qui a plu à l’un a eu l’effet inverse pour l’autre, et vice versa. J’ai donc compris que je ne pourrais jamais satisfaire tout le monde et qu’il valait mieux que je continue à faire ce que j’aime si je ne voulais pas me perdre en route.

Miss Aline : 👍

Miss Aline : Pensez vous qu’écrire est quelque chose que l’on porte en soi ou quelque chose qui s’acquiert, se travaille ?

Sandrine : Je pense que l’on porte en soi des émotions à partager. L’écriture peut être un moyen de le faire. Il y en a d’autres. Maintenant, se refuser d’écrire parce qu’on redoute de ne pas être doué pour ça serait dommage. La technique peut se travailler. Après, il faut tout de même une histoire. Ça, c’est plus compliqué.

Miss Aline : Y a t il des histoires qui dorment dans le fond de vos tiroirs ?

Sandrine : Non, aucune vu que je ne sais pas ce que je vais écrire quand je débute la phase d’écriture. Mais je vois bien que vous avez du mal à me croire sur ce point 😂

Miss Aline : Pas du tout. Vous auriez pu écrire quelque chose dont vous n’étiez pas pleinement satisfaite et vouloir le reprendre plus tard. 😊
Quel livre auriez  rêvé d’écrire et pourquoi ?

Sandrine : Ah ben non, quand j’ai le début d’une histoire je suis trop contente pour la lâcher 😉
J’avoue que j’aurais adoré être capable d’écrire Shutter Island de Dennis Lehane. La fin est magistrale ! Si vous faites un sondage sur qui a compris quoi, vous aurez environ 50% / 50% de réponses contradictoires et je trouve ça incroyable. C’est un tour de force. Le lecteur est persuadé d’avoir compris sauf qu’il ne se rend même pas compte qu’il interprète sa fin en fonction de sa tournure d’esprit.

Vendredi 06:22

 Les Flingueuses : L’un de vos livres vous tient il particulièrement à cœur  et pourquoi ?

Vendredi 08:50

Sandrine : Peut-être le premier car il est le point de départ d’une très belle aventure. Mais j’avoue que lorsque je finis un livre, je m’en détache assez vite. Il ne m’appartient plus. Très souvent, lorsqu’il est publié, je suis déjà passé à autre chose dans ma tête. Pas forcément en terme d’écriture, je suis seulement dans une nouvelle étape de ma vie.

Geneviève : 😮

Vendredi 11:04

Dany : Alors … où êtes-vous dans votre tête en ce moment ?

Sandrine : À la finalisation du prochain tout en étant à fond dans mon travail « de la vraie vie ». Donc forcément, c’est un peu le bordel dans ma tête, on va pas se mentir 😉

Dany : On peut avoir un scoop sur le prochain ?

Sandrine : Même sous la torture, je ne dirai rien !!! Sauf si la torture consiste à m’arracher les ongles ou les dents. Là j’avoue que je peux vite devenir chochotte.

Geneviève 2 : Ne me tente pas Sandrine  😈

Sandrine : 😆

Miss Aline : Vous fréquentez les salons que vous apportent ils ?

Sandrine : Beaucoup d’échanges. Avec les lecteurs mais également avec les auteurs. Ecrire est un plaisir solitaire qui apporte forément un lot de doutes, de remises en question. Donc échanger sur les expériences de chacun ou avoir des retours de lecteurs, c’est important. Ça rebooste !

Miss Aline : Un mot sur vos et pour vos lecteurs ?

Sandrine : Je ne suis pas très douée pour parler de moi, quelles que soient les circonstances, mais si un auteur à les lecteurs qu’il mérite, alors je me dis que je dois être une fille pas trop mal, tout compte fait, car une chose est sûre : j’ai des lecteurs en or !!!

Miss Aline : Un coup de cœur et un coup de gueule ?

Vendredi 14:05

Sandrine : Des coups de cœur j’en ai tous les jours : les personnes que je rencontre, un retour de lecteur enthousiaste, même le sourire d’un inconnu. Je dois être la seule cruche qui se balade dans le métro parisien le sourire aux lèvres, telle la béate un peu neuneu du quartier. Parce que j’écoute un morceau qui me donne la pêche, que j’ai une pensée heureuse ou encore parce que je rentre chez moi et que je sais que je vais y être bien. Du coup, étonnamment, des inconnus me sourient en retour et j’adore ça !  Je mets un point d’honneur à relever – et même m’attarder – sur tout ce qui peut embellir ma journée.
Les coups de gueule ça me stresse alors j’évite. Quand quelque chose ne me va pas, je passe à autre chose, tout simplement.
Ah si, j’ai peut-être un coup de gueule qui traîne depuis longtemps : j’aimerais que les marketeux arrêtent d’écrire « ouverture facile »sur des emballages alors que moi je suis à deux doigts de sortir un marteau ou un tournevis pour y arriver. Ne pas réussir à ouvrir un emballage, je peux gérer, mais le fait qu’il y ait écrit « ouverture facile » m’indique que je suis la seule golio à pas y arriver et ça, ça m’agace !!!

Dany : Mais c’est de la violence pure ça Sandrine !!! En plus vous semblez l’excuser dans ce cas

Sandrine : Absolument !!! Je pensais taire cette haine enfouie jusqu’à ma mort mais puisqu’on me donne la parole, je balance !

Vendredi 18:31

Miss Aline : Avant de conclure pouvez vous nous parler de vous projets ?

Sandrine : Comme évoqué précédemment, je participe en ce moment au concours du Trophée Anonymou’s que je ne peux que vous conseiller de suivre, il y en a vraiment pour tous les goûts, et je finalise mon dernier polar qui devrait sortir dans le courant du premier trimestre 2019 (c’est un mini scoop, non ?). La rentrée risque d’être riche en événements puisque mon 4ème roman – Ils étaient Cinq – sortira le 14 février chez Pocket et que les Jumeaux connaîtront une autre vie à l’étranger. Bref, je ne devrais pas m’ennuyer dans les mois à venir.

Geneviève😮

Miss Aline : Merci pour le Mini scoop ! 
Le mot de la fin : que vous vouliez dire mais qu’aucune question ne vous a permis de le dire ou tout ce que vous voulez ?

Dany : J’ai bien compris que l’on pourra procéder à des contrôles judiciaires en 2019 ! Pour ma part je vous quitte et je vous laisse conclure ensemble ! Merci Sandrine et j’espère à bientôt !

Miss Aline : 👍

Miss Aline : Bonsoir Danièle.

Dany : Bonsoir Aline,bonsoir Sandrine

Sandrine : bonsoir Danièle et merci !
Le mot de la fin ? Pourquoi être si définitif ! Moi j’aurais tendance à dire : à  bientôt ! Mais cette fois, sans entrave et plutôt devant un bon verre de vin 😉

Miss Aline : le mot de la fin est donc une invitation… on prend ! lol.

Sandrine : voilà 🙂

Miss Aline : c’est noté.
On vous remercie pour le temps que vous nous avez consacré. Ce fut un bon moment d’échange. Passez un excellent week-end… et on se bipe pour l’invitation ! lol.

Sandrine : Avec grand plaisir ! merci à vous même si je ne pensais pas un jour remercier mes geôlières 😛

Miss Aline : Il fallait passer par les flingueuses pour vivre ça ! 😉

Sandrine : 😆

Geneviève 2 : Oui merci à toi madame l’auteure et merci à  nos deux flingueuses.  Super vos échanges.  J’ai  adoré et j’espère que nos lecteurs aimeront autant.

Sandrine, Dany😍

Geneviève 2 : La porte flingue est happy

Sandrine : Alors suis happy aussi 🙂

Papote d’auteur Maud était avec Guillaume Richez


Papote d’auteur Maud était avec Guillaume Richez

Les Enquêtes et indiscrétions de Maud

 

 Bonjour Guillaume Richez, je vous remercie d’avoir accepté cet entretien qui va nous permettre de mieux vous connaître. Ne vous inquiétez pas, il ne s’agit pas d’un interrogatoire, pas besoin de témoins ou d’avocat !

 Pouvez-vous nous parler un peu de vous, nos lecteurs sont un peu curieux ?

 J’ai 43 ans. Je vis près de Marseille. Je suis diplômé de Lettres Modernes de la faculté d’Aix-en-Provence. Je suis chef de projet au sein d’une collectivité territoriale des Bouches-du-Rhône. Je travaille dans le domaine de l’éducation.

En ce qui concerne l’écriture, je ne me suis intéressé à la littérature qu’assez tard, au lycée. Ma première passion a été pour le cinéma, très jeune. De là me vient mon envie de raconter mes propres histoires. Je devais avoir neuf ou dix ans et je voulais réaliser des films. Ce qui peut expliquer l’aspect cinématographique, – visuel, qui semble caractériser l’écriture de mes deux thrillers.

C’est en classe de seconde que j’ai vraiment commencé à lire des romans, du théâtre, et à écrire. Je fréquentais assidûment la magnifique bibliothèque municipale Ceccano d’Avignon, la ville où j’ai grandi. C’est un lieu magique, un superbe bâtiment du XIVème siècle. Je flânais dans les rayons, je prenais des livres, presque au hasard. C’est ainsi que j’ai découvert l’œuvre du dramaturge américain Eugene O’Neill (publiée en France chez L’Arche) qui m’a profondément marqué.

Blackstone est votre deuxième roman. Vous pouvez nous en dire un peu plus ?

Après la parution de mon premier roman, Opération Khéops, j’ai envisagé de donner une suite aux aventures de mon héroïne Kate Moore. L’action de ce nouveau thriller devait se dérouler en Chine. J’avais déjà commencé à élaborer la trame principale et à me documenter sur la République populaire, les services de renseignements chinois et américains, l’armée, etc.

Opération Khéops devait être le premier titre d’une série inspirée des célèbres romans de Gérard de Villiers, les fameux SAS à la couverture si facilement reconnaissable. Quand j’ai appris qu’il n’y aurait pas de suite à ce thriller, j’ai utilisé tous les matériaux dont je disposais pour bâtir un nouveau scénario, plus complexe que celui d’Opération Khéops.

Je n’étais pas limité en nombre de signes, je n’avais pas d’éditeur, j’étais donc libre d’écrire le livre que je voulais. J’étais très avancé dans mes recherches et je tenais un sujet qui m’intéressait. C’était le point de départ pour me lancer. Ensuite, j’ai façonné mes personnages, – Malone, Rodríguez, Sanders, Gordon Wade et la sénatrice McGovern. Je voulais raconter cette histoire à leur hauteur, avec leur propre personnalité.

Donc c’est un peu par hasard que Blackstone est né. Une anecdote sur ce livre lors de l’écriture ou un retour de lecture ? 

Disons que Blackstone n’était pas une œuvre de commande contrairement à Opération Khéops.

J’ai plusieurs anecdotes : le chapitre 19 relate une opération aérienne menée par le major Bennett contre un groupe naval chinois. Il s’agit d’une simulation d’attaque qui a pour objectif de montrer à la République populaire que les États-Unis d’Amérique n’ont pas l’intention de se laisser impressionner par le déploiement de navires chinois en mer de Chine méridionale.

Le Général de brigade aérienne Jean-Vincent Brisset, qui m’a apporté quelques conseils (notamment pour les F-22 Raptor), a réagi à la lecture de ce chapitre en me disant que cette simulation d’attaque ne lui paraissait pas crédible. Or, quelques mois plus tard, Le Monde a publié un article qui relatait très exactement la même opération menée par l’aviation russe… La réalité venait de rejoindre la fiction.

Un ami qui voyage très souvent en avion pour son travail, m’a également raconté qu’il avait vécu une scène d’interception comparable à celle que je décris dans Blackstone au chapitre 8. Et un lecteur m’a dit qu’il avait fait des recherches sur Robert Hill, pensant qu’il s’agissait d’un tueur en série qui avait réellement existé.

J’aime beaucoup ces différentes anecdotes que me rapportent des lecteurs. Cela signifie qu’ils sont vraiment entrés dans mon livre.

Je comprends vos lecteurs, Blackstone a été pour moi un coup en 2017. Vos plus belles joies en tant qu’auteur, vos pires moments ?

 Les pires moments se sont les moments de doute. Ce peut être très difficile à surmonter. Voire insurmontable…

Un grand moment de joie, c’était celui de l’annonce en direct par Philip Le Roy de la sélection de Blackstone pour le Grand Prix de la Littérature Policière 2017. Quel souvenir ! Je n’en revenais pas.

Je citerai également le moment où j’ai découvert l’excellente critique de Blackstone publiée dans la revue cultissime L’Écran fantastique. Un moment très fort.

 Après les moments forts en tant qu’auteur, pourriez-vous dire quel lecteur vous êtes ?

 Je lis en moyenne un à deux livres par semaine, et au risque de vous surprendre, je ne lis que très rarement des polars.

Parmi les livres que j’ai lus et aimés, parus à l’occasion de la rentrée littéraire, il y a le sublime premier roman de Pauline Delabroy-Allard, Ça raconte Sarah (Minuit), qui a obtenu le Prix du Style 2018, ou encore le bouleversant récit de Jean-Michel Espitallier, La Première année(Inculte). J’ai d’ailleurs eu le plaisir de m’entretenir avec eux pour La Fringale Culturelle, un magazine auquel je collabore en tant qu’intervieweur depuis cet été.

Je citerai également le très bon Leurs enfants après eux (Actes Sud) pour lequel Nicolas Mathieu a obtenu le Prix Goncourt. Vous pourrez d’ailleurs découvrir prochainement mon entretien avec ce romancier dans La Fringale et dans mon blog.

Dans un tout autre registre, le roman d’espionnage La Guerre est une ruse de Frédéric Paulin (Agullo) est également très réussi. Le tome deux doit paraître en mars 2019. J’aurai le plaisir de m’entretenir avec Frédéric Paulin à cette occasion.

Je lis partout, dans le train, dans le métro. Mais je préfère lire confortablement installé dans mon lit ou au coin du feu !

 

 Des auteurs qui lisent j’adore ! Je vais terminer par une indiscrétion, un projet de nouveau roman ou autre ? Oui, oui, là c’est lectrice impatiente que je suis qui s’exprime !

 Je ne comprends pas comment un écrivain pourrait ne pas lire. Quand Stephen King rencontre quelqu’un qui lui explique qu’il veut devenir écrivain, il lui demande : « Et que lisez-vous ? »

Tous les écrivains ont commencé par lire les histoires écrites par d’autres. Mais au-delà des histoires, ce qui importe véritablement, c’est l’écriture. Ce n’est pas le tout d’avoir un bon sujet. Encore faut-il savoir écrire. Et ça, ce n’est pas à la portée de n’importe qui.

Pour en revenir à votre question, le 8 novembre dernier a paru chez le Cherche midi éditeur Rock Fictions. C’est un livre de la talentueuse photographe Carole Épinette qui, depuis plus de vingt ans, saisit sur le vif, en coulisses et sur scène, pour LibérationLe MondeRolling Stoneet Rock & Folk, les plus grandes légendes du rock : AC/DC, Amy Winehouse, Alain Bashung, David Bowie, Iggy Pop, Marilyn Manson, les Stones, Coldplay, Sex Pistols, Anna Calvi, Metallica, Arthur H, Motörhead, James Brown, The Cure, Pete Doherty, Louis Bertignac.

Vingt-et-un auteurs et autrices, – écrivains, poètes, journalistes -, ont choisi une de ses photographies pour composer une nouvelle : Jérôme Attal, Jean-Luc Bizien, Émilie Blon-Metzinger, Xavier Bonnet, Franck Bouysse, Sonja Delzongle, Benoit Deschodt, Manon Fargetton, Erwan Larher, Nicolas Lebel, Gilles Marchand, Agnès Mathieu-Daudé, Bernard Minier, Amélie Nothomb, Olivier Rogez, Cédric Sire, Adrien Tomas, Thomas VDB, Thomas Vinau, Sigolène Vinson et moi-même.

J’ai pour ma part choisi une sublime photographie d’Anna Calvi qui a d’ailleurs sorti un nouvel album, Hunter, cet été. Mon texte s’appelle Érosion. C’est un récit beaucoup plus personnel que tout ce que j’ai pu écrire jusqu’à présent.

Quel recueil, un magnifique livre qui a rejoint ma bibliothèque !!!! Je vous remercie de vous être gentiment rendu disponible afin de nous en apprendre un peu plus sur vous. Et je vous laisse, si vous le voulez bien, le mot de la fin :

 Soyez curieux. Sortez de votre zone de confort.

  

Encore mille fois merci !

 Merci à vous,  Maud ! Cela fait plaisir de savoir que des lectrices et des lecteurs ont aimé Blackstone et que l’on parle encore de ce livre plus d’un an après sa parution.

Papote d’auteur : Ophélie était avec Damien Eleonori


Papote d’auteur : Ophélie était avec Damien Eleonori

Voici une petite audition libre de Mister Eleonori par notre petite flingueuse

Bonjour Damien, merci d’avoir accepté ce petit échange qui permettra aux abonnés du Collectif Polar d’en savoir un peu plus sur toi.

Es-tu prêt ou as-tu une dernière volonté avant que je te passe au grill?

Bonjour Ophélie, merci à toi et au Collectif Polar de m’avoir proposé cette interview. Je vais peut-être regretter d’avoir accepté 

Pas de dernière volonté, je suis prêt à subir le feu de tes questions 

Le feu, n’exagérons rien, juste un peu de torture mouahaha (rire diabolique)

Peux-tu te présenter en quelques mots? Ton parcours professionnel, tes passions, une chose que tu aimes particulièrement et une chose que tu détestes par dessus tout.

 

Originaire de Metz, j’ai posé mes premiers mots sur du papier il y a maintenant six ans. Un court passage par l’auto-édition puis le recueil de nouvelles Phobia a vu le jour, au profit intégral de l’association ELA. Le 11 Octobre 2018, La mort n’existe pas paraissait aux éditions De Saxus. Une nouvelle aventure pour moi…

J’ai une passion pour les histoires, on me dit grand rêveur☺  Que ce soit le cinéma, les séries, bien évidemment les romans, mais aussi les jeux vidéo, les bandes dessinées, etc…Et la musique bien sûr !! J’aime être transporté dans d’autres univers, faire voyager mon imagination.

Une chose que j’aime particulièrement : le cheesecake (mais le vrai, attention). Et tout ce qui peut être englobé dans ce que l’on appellera « les bonnes choses »

Une chose que je déteste par-dessus tout : les petits copains de mes filles. Tous bien sûr, sans exception  ☺

Pour résumé tu es donc un doux-rêveur gourmand mais très papa poule 😉 

La Mort n’existe pas, publié chez De Saxus est ton premier roman. Initialement publié en auto-édition sous le nom de Psyché, comment s’est faite ta rencontre avec ton éditeur et pourquoi ce choix? Je m’explique, de plus en plus d’auteurs auto-édités fuient les maisons d’édition et l’expliquent pour diverses raisons qui sont le plus souvent liées à la distribution, la communication et bien sûr l’aspect financier.


J’ai rencontré mon éditeur, il y a maintenant plus d’un an, au salon Seille de Crime, à Arraye et Han. Une rencontre simple, grâce à Olivier Bal, un auteur et ami. Nous avons échangé, discuté et j’ai aimé son côté très humain et proche des auteurs.

Comme tu le dis, Ophélie, beaucoup d’auteurs refusent d’envoyer leurs manuscrits aux éditeurs et choisissent l’auto-édition, en grande partie via Amazon. J’ai fait ce choix il y a quelques années, pour être lu avant tout, pour être repéré par un éditeur également. Cela m’a permis, via les réseaux sociaux, d’échanger avec beaucoup de lecteurs, de lectrices, de blogueuses et de nouer de réelles amitiés. Pour cela, je ne regrette pas ce choix.

Aujourd’hui, les choses sont différentes. Amazon tue petit à petit les librairies et oriente son système vers l’aspect financier. L’auto-édition, de son côté, est bien loin de l’image que je m’étais faite de ce milieu il y a quelques années. Un roman, je le crois, a besoin de nombreuses personnes pour être réellement complet : assistant et directeur éditorial, correcteur, graphiste, distributeur, community manager ou encore responsable relations. Lorsqu’un auteur gère seul tout cela, il se perd.

Je comprends ce que tu veux dire, pour Amazon j’ai le même constat et concernant les auto-édités je préfère les contacter en direct plutôt que de passer par cette plateforme.

Dans ce roman, tu traites de la mort, de la création du monde, de l’âme mais aussi de religion, le tout sous le prisme de l’Amour. Pourquoi avoir choisi de traiter ces sujets? S’agit-il de questions qui te touchent particulièrement?


Tous ces sujets me touchent, de près ou de loin. Soit personnellement, soit car leurs mystères me fascinent. D’où venons-nous, qui sommes-nous, où allons-nous ? Nous ne savons rien de tout cela, tout en étant persuadés que chaque explication est trop farfelue pour être possible. C’est ainsi que me sont venues les idées de ce roman. Imaginer des réponses à ces questions, en utilisant des faits scientifiques, des expériences réelles menées dans les dernières décennies, etc…

En me documentant, en naviguant dans différents articles de presse, reportages ou forums, je suis tombé sur le récit mythologique de Psyché et Cupidon. L’âme et l’amour, quoi de mieux comme prisme d’un roman, sur ce qui fait de nous des êtres humains.

Effectivement, comme je le dis dans ma chronique, on sent que tu traites l’ensemble des sujets sous le prisme de l’amour et on sent une grande sensibilité entre tes lignes.

Que représente l’écriture pour toi?

Je crois que chaque auteur écrit pour être lu. Pour que ses mots emmènent ses lecteurs ailleurs, leur fassent ressentir des émotions, les touchent. Ecrire, c’est avoir la chance de procurer des émotions aux autres.

Personnellement, l’écriture représente énormément pour moi, c’est véritablement une passion. Quelque chose que j’aime faire, dans laquelle je me sens bien. Et que j’ai bien l’intention de faire pendant de très longues années ☺ 

Ah ben oui, nous y comptons bien! Maintenant nous attendons le prochain roman avec impatience!

Quelles sont tes lectures de prédilection (genre) et tes auteurs incontournables?

Mes lectures s’orientent naturellement vers le polar et le thriller, avec un penchant totalement assumé pour les romans dits « populaires ». Bien que ce terme soit pour moi le plus noble qui soit.

J’aime les auteurs qui osent, ceux qui savent me surprendre. Cela va de Maxime Chattam, Jean-Christophe Grangé, Franck Thilliez ou Stephen King à Dan Brown, Guillaume Musso ou encore Marc Levy. Pas de barrières pour moi, tant qu’un auteur me raconte une histoire qui me passionne et de laquelle je ne peux pas décrocher, ça me va  ☺

Si je ne devais en retenir qu’un, ce serait Maxime Chattam. Pour son mélange des genres, pour son style accrocheur et addictif, pour oser nous emmener parfois là où nous ne voulons pas aller.

Tu es à l’origine du projet Phobia, un recueil de nouvelles dont le fruit d’une partie des ventes est reversé à l’association ELA. Peux tu nous dire ce qui t’a poussé à monter ce projet et ce qu’il en est aujourd’hui, plus de six mois après sa parution?

A l’origine, Phobia est né d’une discussion presque anodine avec un autre auteur, Mickael Koudero. Nous avions l’envie partagée de nous engager au profit d’une association venant en aide à des enfants. Donner de notre temps, de notre passion, pour venir en aide à d’autres. Phobia a pris rapidement beaucoup d’ampleur, bien plus que ce que nous avions imaginé, pour arriver à ce recueil réunissant 14 auteurs, édité par J’ai Lu, et qui a déjà amené plus de 20 000€ à l’association ELA.

Nous travaillons d’arrache-pied depuis plusieurs mois maintenant, avec l’association ELA, pour donner une suite à ce projet et en faire un rendez-vous récurrent. Je crois vraiment en ce nouveau projet et j’espère réellement que nous parviendrons à faire encore mieux que Phobia, pour amener encore plus de fonds à l’association ELA. A suivre donc 😉

Voilà une belle histoire… J’espère que ce second projet verra le jour et tu peux dès à présent compter sur le Collectif Polar pour le mettre en lumière!

Un petit mot pour la fin?

 Aimez ☺ 

Papote d’auteur : 3 flingueuses étaient avec Isabelle Villain


Papote d’auteur : 3 flingueuses étaient avec Isabelle Villain

Maud a demandé une interview à Isabelle Villain que notre auteure a gentiment acceptée

Mais comme deux autres Flingueuses avait aussi lu son dernier polar, Maud leur a proposé de participer à cet entretien.

Ainsi Aline et Marc sont devenus les complices de Maud pour cette interview à bout portant d’Isabelle Villain autour de Mauvais Genre

Maud : Bonjour Isabelle Villain, merci d’avoir accepté notre invitation, je te présente Aline et Marc qui t’ont également lue. Le but est d’un peu mieux te connaître. Ne t’inquiètes pas, il ne s’agit pas d’un interrogatoire, pas besoin de témoins ou d’avocat.

Peux-tu nous parler un peu de toi, les lecteurs sont très curieux…

Bonjour à tous, merci pour votre invitation ! J’ai eu plusieurs vies. 15 ans d’événementiel et d’organisations de salons : Un job prenant et passionnant où l’on doit être disponible 20h sur 24. 10 ans à m’occuper de mon fils (une période qui a passé beaucoup trop vite à mon goût…) et enfin depuis 2010, l’écriture : une activité beaucoup plus solitaire, mais très excitante. J’avais toujours rêvé d’écrire pour mettre sur papier toutes les histoires que j’inventais, mais je ne pensais pas du tout en être capable. Je n’ai pas une grande confiance en moi pour tout dire… Un jour en vacances, mon mari et mon fils s’étaient inscrits pour passer leur diplôme de plongée, et c’est en les regardant arriver sur la plage que j’ai imaginé une intrigue criminelle en milieu sous-marin. L’histoire s’est installée, un peu comme un scénario, et je suis allée acheter un cahier. C’est ainsi que tout a commencé. Un peu sur un coup de tête.

Je suis une passionnée : une musicienne tout d’abord, j’ai joué pendant de très nombreuses années de la flûte traversière au conservatoire. J’ai appris grâce à mes parents à aimer l’opéra. Petite, je chantais devant la glace l’air de la Reine de la nuit dans « la Flûte enchantée » au désespoir de ma mère qui devait m’écouter. Mais je suis aussi une fan de rock et de blues : sans aucune hésitation Queen, Bowie, Peter Gabriel, Janis Joplin et Bob Dylan demeureront toujours au top. Et comme je suis très souple, je fais un grand écart musical avec Patrick Bruel !

Vivant à Paris, je profite beaucoup des théâtres, des cinémas, et spectacles en tous genres. J’adore la magie, les imitateurs, l’humour noir, la danse, les comédies musicales… Bref, tout ce qui peut me permettre de m’évader.

Aline : Que représente l’écriture pour vous ? C’est inventer des vies ? Vivre des vies par procurations ?

L’écriture pour moi, c’est avant tout imaginer des histoires, des personnages, des rebondissements. J’aime tracer des chemins et des fausses pistes, inciter le lecteur à les emprunter pour qu’à la fin, il réalise qu’il a fait fausse route. C’est une gymnastique vraiment intéressante et très grisante. Toutefois, même si je m’attache énormément à mes personnages, je n’ai absolument aucune envie de vivre leur vie. Beaucoup trop déprimante et dangereuse !

 Aline : Il y a beaucoup de dialogue dans votre texte. Pour moi c’est ce qui donne du rythme et ce qui rend le récit vivant. C’est une technique d’écriture ou là encore vous vous laissez porter ?

C’est une technique d’écriture. Pour moi un polar doit être vivant, cadencé, percutant. On ne doit jamais s’ennuyer, être toujours à la recherche d’indices, se poser tout un tas de questions. Les dialogues sont très importants pour parvenir à ce résultat. Je ne suis pas adepte des longues descriptions de paysages ou d’ambiance qui n’apportent pas grand-chose à l’intrigue et qui risquent de lasser le lecteur, ou pire de le perdre totalement. Pour décrire une ambiance, quelques mots bien choisis suffisent souvent.

Marc : Avez-vous travaillé avec un plan structuré, dès le début de l’écriture en sachant exactement où vous vouliez aller ? Ou au contraire comme certain, laisser l’histoire faire son chemin au fur et à mesure en avançant dans les chapitres ? 

Je suis plutôt du genre organisée. Comme j’invente en général toute l’histoire dans ma tête, la nuit, j’ai besoin de tout caler par la suite sur un cahier. Je place les éléments principaux, les meurtres, l’intervention de tel ou tel personnage, les rebondissements et la scène finale. Je rajoute des éléments secondaires, des anecdotes. Rien n’est figé à l’exception du thème, des victimes et de l’identité du meurtrier.

Maud : Mauvais Genre, le troisième volet d’une série du Commandant Rebecca de Lost. Tu peux nous en dire un peu plus ?

Je démarre toujours une histoire avec un sujet de société qui sera ma toile de fond. Le thème des transgenres n’est pas encore très développé. On commence à en parler, mais il y a encore du boulot pour faire admettre cette souffrance. Quand j’ai débuté mes recherches sur le sujet, j’ai appris que les transgenres étaient considérés avant 2010 comme des malades mentaux. Les troubles de l’identité de genre relevaient donc avant cette date des troubles psychiatriques. Le traitement : internement ou une bonne dose d’anxiolytiques… Et nous sommes le premier pays au monde à le reconnaître, c’est dire l’étendue du chantier…

C’est en regardant une émission sur la 5 qui s’appelait « devenir Il ou Elle » que l’idée m’est venue. Cette émission traitait du parcours laborieux et douloureux de quelques enfants, nés dans le mauvais corps. L’histoire d’Angélique a très rapidement pris forme dans ma tête ainsi que tous les personnages secondaires. Concernant le rôle du procédurier, il est primordial à la Crim’. J’ai fait beaucoup de recherches sur ce sujet toujours dans le souci de coller à la réalité. Un jour, j’ai rencontré sur un salon un lecteur qui était un flic de la BAC. Il était convaincu que je travaillais au 36. Un magnifique compliment !

Aline : Vos personnages sont profondément humains. Comment les travaillez-vous ? Vous vous laissez guider ou vous faites des fiches personnages pour bien cadrer le protagoniste ?

Le groupe de Rebecca est né en 2014. Au départ, je trouvais intéressante l’idée de mettre une femme au poste de commandant. J’ai imaginé Rebecca en regardant la série « Lost ». Après, j’ai constitué son groupe, effectivement en élaborant quelques fiches, principaux traits de caractère, physique, etc. Les personnages étaient au départ assez simples. Puis ils ont pris de l’épaisseur. Puis les failles sont apparues. Les blessures. Il est vrai que mes romans deviennent un peu plus noirs au fil du temps. Le gros avantage d’avoir des personnages récurrents, c’est justement de pouvoir les faire évoluer à notre goût, selon notre humeur. Un exercice très difficile à réaliser sur un seul roman, à moins d’écrire un pavé de 700 pages.

Marc : J’ai ressenti aussi une mise en avant des femmes dans ce roman (Ce n’est pas un reproche bien au contraire). Toutes les femmes du roman sont fortes, avec un caractère marqué. Est-ce une réelle volonté de votre part, où c’était inconscient ?

C’est totalement conscient ! Tout d’abord, il faut savoir que je ne suis pas du tout du genre ultra féministe, mais nous sommes très loin d’une équité hommes femmes dans le monde professionnel. En tant que femme, installer Rebecca comme chef de groupe était une évidence. Mélina, la dernière recrue a aussi un rôle de plus en plus crucial au fil des romans. Toutefois, il est important de noter que toutes ces femmes, même avec un caractère bien trempé, ont toutes des fêlures et des parts d’ombre. Dans « Mauvais genre », cette force et cette détermination ne vont malheureusement pas porter chance à tous les protagonistes de l’histoire…

Aline : D’où tirez-vous toutes les informations sur chaque job (le procédurier..) ? Vous avez intégré une équipe ou juste discuté ou fait des recherches ?

Pour l’écriture de « Peine capitale », j’avais décidé de proposer le manuscrit au prix du Quai des Orfèvres. Loin de moi l’idée de le remporter, mais parfois le jury envoie un courrier avec quelques commentaires et conseils. Ce fut le cas pour moi. Puis en réalisant un petit clip vidéo pour la promotion de « Peine capitale », j’ai fait la rencontre de l’un des photographes de la Crim’ qui se trouvait être aussi et surtout un procédurier. Ce métier m’a immédiatement intéressé, car il est unique en France. Les procéduriers n’existent qu’à la Crim’ parisienne. C’est un métier à part. Un élément clé dans un groupe. Un pivot. Une charnière. J’ai fait lire le manuscrit à cet homme puis nous avons beaucoup parlé de son job et de toutes les incohérences à éviter.

Aline : Le personnage d’Angélique (sans rien révéler aux futurs lecteurs), comment vous en est venue l’idée ? (parce que c’est plutôt culottée d’avoir créé ce personnage)

Une fois la toile de fond installée, je devais inventer une histoire. Le personnage d’Angélique est venu naturellement. Je voulais essayer de faire comprendre aux lecteurs le parcours laborieux de ces personnes, comment parviennent-elles à surmonter cette différence dans l’intimité, la réaction de leur famille, mais aussi celle de leur partenaire, de leurs collègues. Nous avons l’impression que nous sommes très ouverts, que le principal pour un homme ou une femme c’est d’être heureux dans son corps et dans sa tête, mais la réalité est toute autre. Tout est très compliqué. Leur vie est un véritable parcours du combattant : 60 % d’entre eux souffrent de dépression et 20 % ont déjà fait une tentative de suicide.

Maud : Tes plus belles joies en tant qu’auteur ? Tes « pires » moments ?

Mon pire moment est celui de l’attente. Je ne suis pas du tout sûre de moi et pour tout arranger, je suis une grande angoissée… Pour Mauvais genre, mon éditeur m’avait bien rassurée, mais j’avoue que lorsque toutes les chroniques ont commencé à tomber, j’ai enfin pu respirer !!!

Mes plus belles joies sont simples : pouvoir toucher la première fois son livre enfin édité, et évidemment lire les retours de lectures enthousiastes. C’est aussi la première fois que je travaille avec un éditeur qui a un distributeur, alors pouvoir découvrir son livre dans le rayon polar de sa Fnac à côté de Fred Vargas… C’était plutôt sympa !

Aline : Lors d’une GAV, un auteur a dit : « un bon auteur est un auteur qui souffre sinon il n’aurait rien à dire. ». Qu’en pensez-vous ?

Je ne suis pas d’accord avec ça. Je sais qu’il y a beaucoup d’auteurs qui ont eu des vies compliquées et qui se sont servis de cette souffrance pour écrire, mais ce n’est pas mon cas, et je ne pense pas que la qualité d’une histoire et la qualité de l’écriture dépendent ni de son passé ni de ses blessures. En revanche, un auteur doit savoir encaisser les coups !

Maud : Après nous avoir parlé de toi en tant qu’auteure, peux-tu décrire la lectrice que tu es ?

Je lis beaucoup en vacances, au bord de la mer. À Paris, je partage mon temps l’après-midi entre l’écriture et un peu de lecture. Mais lorsque je tombe sur un super roman, je peux le dévorer en une journée. Mon genre de prédilection est le roman policier. Original :  Quand  je repère un écrivain qui me plaît, je peux lire toute son œuvre en quelques semaines. Cela a été le cas pour Pierre Lemaitre, bien avant qu’il ne reçoive le prix Goncourt, pour Karine Giebel, et pour Exbrayat (c’est grâce à lui que j’ai découvert le genre vers 13 ans). Avec ma tablette numérique, j’ai pu télécharger et relire des classiques : Dumas, Tolstoï, Agatha Christie.

Maud : Je vais terminer par une indiscrétion, un projet de roman ou autres ? Oui oui, là c’est lectrice impatiente que je suis qui s’exprime.

Je travaille sur la suite de « Mauvais genre ». J’ai trouvé le sujet et j’ai les enquêtes en tête. Il faut maintenant que je mette un peu le turbo.

Marc : Une dernière petite question. Songez-vous pour vos prochains livres, à poursuivre avec vos personnages récurrents (J’imagine, car va bien falloir qu’on attrape le malade avec son marteau), ou y a-t-il aussi des projets de « one shot » ?

Pour le moment, je reste très attachée au groupe de Rebecca. J’ai envie de les faire encore évoluer. Je ne suis pas prête à les abandonner. J’ai tout de même une petite idée qui me trotte dans la tête depuis quelque temps, mais qui va me demander un gros travail de recherches : j’aimerais me lancer dans le roman policier historique. Mais bon, chaque chose en son temps. Tout d’abord la suite et la fin du tueur au marteau !

Maud : Nous te remerciions de t’être gentiment rendue disponible afin de nous en apprendre un peu plus sur toi. Et nous te laissons, si tu le souhaites le mot de la fin :

Mauvais genre est un roman qui aime les femmes. Je conclurai par cette phrase d’Audiard : un gentleman c’est celui qui est capable de décrire Sophia Loren sans faire de geste.

Merci à vous !