Papote d’Auteur, miss Aline était avec Xavier Massé


Papote d’Auteur, miss Aline était avec Xavier Massé

 Miss Aline papote avec Xavier Massé.

 

 Miss Aline : Bonjour Xavier. Merci de me consacrer un peu de ton temps pour cette interview. Peux-tu, pour commencer, te présenter aux lecteurs ?

Xavier : Alors…Xavier Massé de mon nom, 41 ans en couple  et j’ai un petit garçon de 5 ans, travaille à la SNCF depuis 20 ans, et je suis fan dirons-nous de cinéma, sport auparavant et donc depuis peu je me suis mis à l’écriture.

Miss Aline : Qu’est-ce qui t’as amené à l’écriture ?

Xavier : Alors, j’étais passionné de sport avant et le temps me manquait pour donner libre cours à mes idées. J’étais très inspiré par le cinéma et les scénarios…Puis les accidents sportifs m’ont contraint à arrêter le sport et un beau matin, j’ai pris mon ordinateur et j’ai commencé à écrire. D’une idée de base et je ne me suis plus arrêté.

Miss Aline : As-tu besoin de réunir certaines conditions pour écrire : un lieu précis, musique, etc. ?

Xavier : Alors l’unique condition ça serai le temps…je n’en trouve pas assez entre mon boulot, mon fils et ma famille. Mais sinon je dirai plutôt d’être au calme. Car je visualise énormément les scènes que j’ai envie de décrire….limite à parler tout seul pour faire les dialogues…. (Le mec limite psychopathe !:)))

Miss Aline : Tous les auteurs sont un peu psychopathes ! Parles-moi de L’inconnue de l’équation. D’où te viens l’idée de cette intrigue, ce multi huis clos ?

Xavier : Alors  à l’issue de mon 1er roman,  je voulais continuer dans mon style « scénario complexe »…pour moi c’est ma colonne vertébrale. Mais pour le coup je voulais prouver (surtout à moi même) que je pouvais faire des styles différents. Et inspiré de cinéma, je voulais trouver une idée originale de construction. J’ai un faible pour les espèces de transitions dans les films : passé, présent, narratif, flashback…Et pour le coup de rajouter une sorte de double interrogatoires avec deux visions, pour moi c’était la cerise sur le gâteau …l’idée était de perdre le lecteur sans pour autant le faire fuir.

Miss Aline : Et c’est une réussite, je me suis régalée. Comment travailles-tu tes personnages ? Tu fais des fiches avec un maximum d’infos ou tu te laisses porter par eux ?

Xavier : je me laisse complètement porter par eux ! En fait j’adore vivre mes personnages pour mieux faire ressentir la réalité. Je me mets à leur place et j’imagine ce qu’ils peuvent ressentir pour retranscrire. Tout en restant dans la réalité…pas de fioriture…

Miss Aline : C’est compliquer d’expliquer ce phénomène : le personnage vit et prend le pouvoir pour ainsi dire. Est-ce que tes personnages t’accompagnent dans ton quotidien ou les laisses-tu dans ton ordi une fois la séance d’écriture terminée ?

Xavier : ohhhh le pire c’est quand je suis tout seul dans ma voiture …je revis certaines scènes et je fais des dialogues…mais c’est terrible, on a l’impression parfois d’être déconnecté de la réalité…

Miss Aline : Quand le mot fin s’inscrit, ils restent encore avec toi ou tu les laisses partir ?

Xavier : Oh que non ils ne partent pas…tout d’abord car je sais que la correction va être longue. Et aussi je suis super pointilleux sur des détails scénaristiques…j’ai trop peur d’oublier un détail crucial….et j’ai envie de dire qu’on ne commence à le lâcher que lorsqu’on attaque le suivant… et encore…

Miss Aline : Y-a-t-il un suivant dans ta tête actuellement ?

Xavier : allez….je balance…il est terminé ! Mais il y a encore toute la correction. Et là encore j’ai voulu faire un style différent…

Miss Aline : Ah ! Toujours du thriller / polar ?

Xavier : Ah …ouiiii je ne ferai jamais autre chose, on va dire que je cherche à faire des styles de thriller différents, psychologique, huis clos, et voire un peu plus trash pour le prochain…

Miss Aline : Le thriller est un genre littéraire très prisé par le lectorat. D’où penses-tu que vienne cet engouement ? La recherche de sensationnel ? Une vie par procuration : « faire » au milieu des pages ce que la morale empêche dans la vie vraie vie ?

Xavier : Je pense que oui le lecteur est à la recherche de sensationnel. C’est comme quand tu vas au cinéma pour voir un film. Tu adores quand tu ressors de la séance et tu fais : waouh ! Le lecteur cherche à s’évader et à vibrer et surtout d’être surpris… mais c’est que mon avis…

Miss Aline : Pourrais-tu te laisser tenter par l’écriture à quatre mains ?

Xavier : Alors l’écriture à quatre mains pourrait être une expérience mais je me dis que les personnes devront bien s’entendre …

Miss Aline : As-tu des modèles, des mentors parmi les auteurs ?

Xavier : Très peu, car je lis rarement … et oui je suis aux antipodes de l’auteur classique
En réalité je manque beaucoup de temps. Donc quand j’en trouve je le garde pour écrire. Malgré tout je dirai Harlan Coben pour ses constructions « scénaristiques ».  Mais la réalité est que je m’inspire plus des films que des livres. Ce qui me pose beaucoup de problème quand j’essaye d’écrire…

Miss Aline : Peux-tu développer ? A quel niveau cela te pose problème ?

Xavier : En fait je visionne des images des scènes avant d’écrire et je me lance …mais j’en oubli que le lecteur à un temps de retard sur moi et forcément il est nécessaire pour lui d’être plongé dans cette scène, de lui rappeler où il se trouve pour bien comprendre. Dans un film on passe d’une scène à une autre en une seconde, une phrase suffit lorsqu’elle est raccrochée avec l’image … or là j’oubli parfois que l’image n’y est pas et qu’il faut mieux accompagner le lecteur.

Miss Aline : Que penses-tu de la place du livre (objet) dans la société actuelle où tout va de plus en plus vite ?

Xavier : Je dirais qu’il tient encore sa place. Les choses vont très vite, les innovations aussi et malgré tout il est là est reste un objet symbolique aux lecteurs. On m’enlèvera pas l’idée que tourner manuellement les pages pour avoir la suite de l’histoire qui vous tient… je ne sais pas c’est quelque chose d’indémodable pour moi … mais on ne peut pas ignorer que ce n’est plus comme avant… mais au regard d’autres choses … lui est encore là et continue de vivre ou …de survivre.

Miss Aline : Quel rapport as-tu aux lecteurs, tiens tu compte de leurs remarques ?

Xavier : Alors oui….car je pense qu’il faut entendre ce qui a plu et déplu. C’est ça qui permet d’avancer et de s’améliorer. Après il faut faire la part des choses, car un lecteur qui n’a pas aimé … c’est comme ça parfois, et ce n’est pas parce qu’on refera le livre en tenant compte de ses remarques qu’il aimera … on ne peut pas plaire à tout le monde …

Miss Aline : Un coup de gueule et un coup de cœur de l’auteur Xavier ?

Xavier : Coup de cœur : remercier toutes les personnes que j’ai rencontrées depuis la sortie de mon 1er livre. Le milieu du livre est comme le reste à un certain niveau mais il existe réellement une communauté si je peux l’appeler comme ça et une certaine solidarité. Est-ce que c’est propre au monde du polar… je ne pourrais pas le dire … mais j’ai fait des superbes rencontres.

 Coup de gueule : Mais c’est quand que TF1 va enfin repasser « salut les musclés »… et mette enfin un vrai programme ! Lol non en fait je n’ai rien à dire et surtout je n’ai pas de coup de gueule, car je pense que suffisamment de gens gueulent assez comme ça tous les jours pour un oui ou pour un non …

Miss Aline : Y a-t-il quelque chose que tu souhaiterais dire ici et dont nous n’avons pas parlé et qui te tiendrais à cœur ?

Xavier : Te dire merci pour cet ITW et ta gentillesse. Car consacrer du temps à une personne est la chose la plus sympa qui soit !

Miss Aline : Merci à toi pour avoir accepté cette interview au pied levé. Rendez-vous au prochain roman !

Assigné à résidence : : L’interview bracelet électronique 8, Mattias Köping


Nouvelle innovation au collectif Polar : l’interview « bracelet électronique ».

Mais maintenant vous connaissez, non ?

C’est une mesure d’aménagement de peine permettant de réaliser une interview de longue haleine sans obliger l’auteur à être incarcéré. Juste  » Assigné à résidence »

Contrairement à la GAV qui est bien délimitée dans le temps, l’interview bracelet électronique est plus « libre ». Elle peut se dérouler sur plusieurs jours.

Le septième auteur, pardon la huitième auteur ayant dû vivre son quotidien avec le bracelet électronique et à être assigné à résidence est…

Mattias Köping


 Vendredi  21h00

Miss Aline : Bonsoir Mattias,
Commence aujourd’hui ton assignation à résidence avec bracelet électronique !
Peux tu en quelques mots nous donner ta biographie d’auteur ?

Dany : Bonjour Mattias

Mattias : Je me suis fait connaître avec mon premier roman , Les démoniaques, paru chez Ring en octobre 2016. J’ai récidivé en octobre 2018, avec Le manufacturier, toujours chez Ring.

Miss Aline : Tu es donc un jeune auteur. Comment es tu venu à l’écriture ?

Mattias :En fait, j’écrivais bien avant cela. J’avais écrit des romans, des nouvelles, des poésies. Tout cela était très mauvais. J’ai tout détruit et je n’ai pas écrit pendant 13 ans, avant de m’y remettre avec Les démoniaques. J’ai un rapport curieux à l’écriture : ne pas écrire ne pose aucun problème. Si je n’ai pas envie, je n’écris pas. Je m’y remets seulement quand ça me démange. Et « cette démangeaison », je ne me l’explique pas. Quand elle est là, je dois me remettre à écrire.

Miss Aline : quel a donc été ton déclencheur pour écrire à nouveau et surtout sortir les Démoniaques ?

Mattias : Au début, j’avais juste le chapitre 2 en tête : une fille marginale vole un livre. C’est tout. Mais cela a coïncidé avec le débat sur la prostitution, question à laquelle je ne m’étais jamais intéressé auparavant. J’ai été pris d’un grand intérêt pour cette question, devant la violence des débats. Là, la lumière s’est faite :  la fille qui vole le livre était devenue Kimy, une victime d’un réseau de prostitution. J’ai continué à me documenter pour nourrir le livre. Et ce que j’ai découvert m’a effaré et dégoûté…La réalité de cet univers est d’une dureté sordide et effroyable.

Miss Aline : c’est important pour toi de te documenter ? Où prends tes infos (média…) ?

Mattias : Oui, très, car cela donne de l’épaisseur à la toile de fond de mes récits.  Mes personnages principaux sont fictifs, mais tout est nourri par une masse de données. Je m’intéresse beaucoup aux infos, petites et grandes. Pour mes deux bouquins, j’ai lu et relu beaucoup d’articles de presse, mais aussi des choses plus pointues, tels que des comptes rendus de procès, des décisions judiciaires. Je regarde beaucoup de documentaires historiques et de grands reportages ( Envoyé spécial, complément d’enquête, national geographic channel, etc.), je consulte des encyclopédies en ligne ou pas, j’écoute la radio…tout cela donne un aspect très crédible. Mais, j’insiste bien, je ne suis en aucun cas historien ou géopoliticien. J’écris des fictions.

Miss Aline : Lorsque tu écris, as-tu des rituels : même endroit, musique ou pas, un nombre de mots ou de pages, etc ?

Mattias : Oui, j’ai un rituel auquel je ne déroge jamais : je relis systématiquement une partie de ce que j’ai écrit pendant la séance précédente et j’apporte des modifications, grandes ou petites, d’un mot à plusieurs pages. Pour la longueur, c’est très variable : parfois quelques lignes, parfois quelques pages…Pour le reste, je préfère écrire dans le silence, mais ce n’est pas une obligation.

Miss Aline : Pour tes deux romans je t’ai rencontré sur des salons. Tu en fais souvent. Quel est ton rapport aux lecteurs ?

Mattias : J’aime beaucoup rencontrer les lectrices et lecteurs. Ce sont de très bons moments de partage. C’est ce que je préfère dans la dimension publique de l’activité d’écrivain : échanger avec vous 🙂 ! Écrire est vraiment une activité solitaire, alors avoir des discussions avec les lecteurs est plaisant et très instructif. Ils ne voient pas forcément les bouquins sous le même angle que moi et j’apprends des choses sur mes propres livres !

Miss Aline : Bonsoir Mattias, Geneviève te remercie de ta participation..

Mattias : bonsoir à toute l’équipe.

Samedi 08:53

Dany : Bonjour Mattias, je suis le binôme d’Aline pour cette itv et aussi la candide de service « pas lu et pas vu » mais je vais me soigner très prochainement …
Alors j’ai bien compris que l’héroïne était arrivée avant l’intrigue dans les démoniaques, mais une fois le chapitre 2 écrit, est-ce que tu connais la fin de ton histoire ?

Mattias :Bonjour Danièle : je ne sais jamais où je vais. J’écris sans plan préalable. J’avance sur plusieurs possibilités et je me demande si cela fonctionne ou pas. Du coup, je ne pars jamais d’une fin préétablie.

Dany : et du coup tu peux passer d’un format « normal » à un poids lourd …
Donc toujours si j’ai bien compris … il y a un message véhiculé par l’auteur et est-ce que tu trouves essentiel ce rôle de l’auteur ?

Mattias : Un livre est le résultat des choix de l’auteur, à tous les points de vue : fond, forme, style, etc. On peut sans doute dire qu’un livre peut faire passer des messages, mais ce n’est pas non plus une catéchèse : je n’écris pas des romans à thèse. En revanche, je trouve intéressant de ne pas se ménager quand on écrit, et de ne pas non plus chercher à ménager ses lecteurs.

Dany : Je pense que j’avais compris que le « ménagement » c’était pas ton truc … la violence alors : un vecteur, un outil, un incontournable, …

Samedi 11:45

Mattias : En tout cas, la nécessité de la montrer sans fard. Tous les polars noirs et thrillers sont construits sur le crime en général. Mais le crime n’est pas glamour. Or, tel qu’on nous le montre dans les grilles de TV, en prime time, il est comestible, léger, lointain, presque anodin, alors qu’on parle de choses très graves et horribles. Essayer d’approcher au plus près l’insoutenable  est à mon avis ( peut-être que je me trompe) une façon assez efficace de ne pas occulter la vraie nature de la violence au prétexte qu’il faut ménager les lecteurs.

Dany : Jamais d’adaptation TV donc … pas de prime time du moins. Au cinéma c’est envisageable ?

Mattias : En toute franchise, je ne sais pas si c’est une bonne idée : la violence dans un livre est différente de celle d’un film. Le support n’est pas le même : avec un  livre, il faut le temps de lire la page, on peut le refermer, sauter quelques lignes, etc. Les images me semblent beaucoup plus terribles et marquantes. De plus, une image est immédiate. On n’a pas le temps de l’esquiver. En proposant un support visuel, elle s’incruste beaucoup plus dans notre esprit et notre mémoire.

Dany : quand on parle avec René Manzor, il dit justement que la TV c’est une adaptation de l’intrigue à l’image, une vision offerte au spectateur alors que pour le livre l’échange auteur-lecteur est plus intime, suggestif. Ça veut donc dire pour toi que la psychologie est plus importante que l’intrigue ?

Samedi 12:59

Mattias : je les tiens à parts égales, même si j’accorde d’abord une grande importance à mes personnages. Ce sont eux les vecteurs de la profondeur psychologique du bouquin. Ils donnent l’état d’esprit global au livre. C’est pour cela que je les travaille avec soin, en particulier les ordures. Si votre sale type n’est pas crédible, alors l’atmosphère noire va s’en ressentir. Et c’est aussi ce que je préfère travailler. C’est très stimulant de faire naître des personnages et de les observer évoluer. Parfois même, ils vous échappent et vivent leur vie.

Dany : Merci pour ces précisions très intéressantes …
Comme je disais, je ne t’ai jamais lu. J’ai tremblé avec Sinestra d’Armelle Carbonel, je ne suis toujours pas remise de La dynamique du chaos de Ghislain Gilbert, j’ai aimé Du feu de l’enfer de Sire Cédric mais je n’ai pas terminé l’enfant des cimetières … peux-tu me donner 3 bonnes raisons de lire Mattias Köping et par quel roman commencer ?

Mattias :En fait, je vais commencer par un avertissement, car il est important qu’un auteur précise la nature de ses bouquins auprès des lecteurs : mes livres s’adressent à un public averti. Cela étant dit, les lecteurs s’y aventurent désormais en connaissance de cause.
Trois raisons pour lire mes livres, donc :

1./ si vous aimez le noir, vous serez à votre aise.

2./ Je ne transige pas avec les attendus de type « grand public » . Il y a certes des moments de grâce dans mes livres, mais rien ne s’arrange jamais. Je ne cherche pas à créer à toute force du happy end ou ce genre de chose.

3./ on peut en  apprendre un peu sur les côtés obscurs de nos sociétés en lisant mes bouquins.

Quant à l’ordre, il n’y en a pas. En fait, mes deux livres sont assez différents et totalement indépendants. Peut-être que Le Manufacturier est plus dur que mon premier bouquin.

Mattias : Merci et à bientôt 🙂 !

Miss Aline : Pour conclure as tu un coup de cœur ou un coup de gueule à ajouter ?

Mattias : Un coup de cœur, oui ! Merci à toutes mes lectrices et à tous mes lecteurs, à toutes les passionnées et tous les passionnés qui partagent avec enthousiasme leurs avis sur les livres et qui donnent de leur temps sans compter pour rendre compte de leurs lectures, mais aussi pour animer des blogs, des sites et pour créer des événements. Vous êtes les meilleurs relais pour les bouquins. Un grand merci, donc ! 🙂

 Aline : Geneviève, Daniele et moi-même te remercions pour ce moment de partage.
On te rends ta liberté en te retirant ton bracelet électronique.Bonne journée Mattias.

Papote d’auteur : Aline était avec Pétronille Rostagnat


Papote d’auteur : Aline était avec Pétronille Rostagnat

Papote avec Pétronille Rostagnat

par Miss Aline

 

Miss Aline : Bonjour Pétronille. Merci de me consacrer de votre temps pour répondre à quelques questions. Pour commencer, pouvez-vous vous présenter en quelques phrases ?

Pétronille : Bonjour Aline. Merci pour cet échange. Me présenter en quelques mots !!! Je vais essayer d’être concise. Alors, j’ai 38 ans. Avant d’être auteure, je suis une maman de 3 jeunes enfants. J’ai vécu 10 ans à l’étranger entre la Chine et Dubaï. Je suis en France depuis 18 mois maintenant, à Lyon.

J’ai toujours eu un côté artiste depuis toute petite. J’ai fait beaucoup de théâtre, et je me voyais actrice petite fille.

Miss Aline : Comment êtes vous venue à l’écriture ? Prolongement de vote côté artistique ?

Pétronille : Et non… Je dirais que ce sont les circonstances de la vie. J’étais étudiante en école de commerce où je me suis spécialisée en marketing. J’ai travaillé ensuite dans différents groupes en tant que responsable marketing et communication. Mon mari a été muté à l’étranger : d’abord Shanghai puis Dubaï. J’ai dû démissionner à plusieurs reprises pour le suivre. À 32 ans, j’ai eu l’envie de me réaliser dans un projet plus personnel qui pouvait me suivre partout. Déjà grande lectrice de polar, je me suis lancée dans l’écriture de mon premier roman et là, ce fut une évidence. Écrire est devenu une passion, un besoin. Depuis je ne travaille plus et me consacre intégralement à l’écriture. Avec le recul, je pense que ma partie artistique dormait depuis de nombreuses années et devait resurgir tôt ou tard.

Miss Aline : Comment fait-on côtoyer la vie de maman avec l’écriture ?

Pétronille : Quand je suis en pleine phase d’écriture d’un roman, je deviens un peu schizophrène ! Généralement, je profite des temps de l’école pour écrire, et à 16h15, je revêts la casquette de maman pour aller chercher mes enfants à l’école. Quand j’écris, mes personnages me suivent partout même quand je ne suis plus derrière mon écran… et il m’arrive d’être physiquement avec mes enfants mais d’être encore Alexane mon héroïne dans la tête globalement, j’arrive à avoir des vrais temps d’écriture à la maison au calme donc je concilie les deux.

Miss Aline : Avez-vous des rituels d’écriture : lieu, musique… ?

Pétronille : J’ai écris mes trois romans à Dubaï. J’allais tous les matins me poser 4 heures dans un Starbuck que j’appréciais particulièrement non loin de la mer. Je commandais toujours le même frappucino, un cookie et occupais toujours la même table. Je faisais partie du décor à la fin

Les gens parlaient autour de moi mais généralement en anglais ou en arabe donc cela ne m’a jamais dérangé pour écrire, bien au contraire. J’aimais être dans un autre univers que mon quotidien pour créer, imaginer des histoires. Le plus important pour moi, n’est pas le lieu pour écrire mais le moment. Il faut que je garde la notion de plaisir quand je suis derrière mon écran, sinon je ne peux pas écrire une ligne !

Miss Aline : D’où vous est venue l’inspiration pour votre dernier roman ?

Pétronille : J’étais en vacances aux Seychelles, et je cherchais une idée. J’ai vu une femme sur la plage marcher seule et je lui ai inventé une histoire. Je me suis dit : elle est en apparence heureuse mais elle sort d’une tentative de suicide. Puis : non, elle s’est réveillée à l’hôpital avec des bandages autour des poignets et son mari lui a parlé de suicide mais elle sait au fond d’elle qu’il n’en est rien. La suite est venue toute seule. Quand j’ai commencé mon dernier roman, je n’avais que le premier chapitre en tête et je mes suis laissée emporter par l’histoire et mes personnages. J’ai écris au fur et à mesure sans connaître la fin. Alors que mes deux premiers romans, j’avais un squelette pré établi. Là, j’ai voulu lâcher pris…

Miss Aline : Quel part de vous se retrouve dans vos personnages ?

Pétronille : Mon héroïne, la commandant Alexane Laroche est clairement la femme flic que j’aurai pu être dans une autre vie. Elle me ressemble beaucoup, tout en étant très différente. Les autres sont inspirés de mon entourage, de mes rencontres.

Miss Aline : Comme le titre de votre roman, pensez-vous que nous avons tous une bonne raison de tuer ?

Pétronille : Oui et c’est pour cela que j’ai choisi ce titre car il ne peut laisser personne indifférent. On a tous un jour où l’autre eu des pulsions ou des pensées négatives envers une personne. Ensuite, avec notre éducation, nos valeurs, nos principes, on ne franchira jamais la ligne rouge. Et si vous regardez les affaires d’homicides, il y a toujours un mobile, une bonne raison derrière d’avoir tué pour le coupable.

Miss Aline : J’ai particulièrement aimé vos rebondissements. Comment les travaillez-vous ?

Pétronille : J’ai un style d’écriture qui me tient particulièrement à cœur et que je souhaite reproduire dans chacun de mes romans. Voici mes clefs : chapitres cours, un chapitre égale une action et toujours finir par un rebondissement ! J’écris toujours en pensant à la chute de ma dernière ligne. Pour moi, c’est la plus importante du chapitre, donc j’y passe du temps pour dévoiler un peu l’intrigue sans trop en donner tout de suite au lecteur. Ce n’est pas toujours un exercice facile !

Miss Aline : Pensez-vous qu’un auteur est un rôle à jouer pour alerter sur notre société par exemple ?

Pétronille : Pour moi, ce n’est pas sa fonction première. Moi, je lis pour m’évader, me distraire. Ensuite, on peut écrire sur un sujet qui nous tient à cœur et avec son roman, interpeller un public. J’ai particulièrement été touchée par le dernier livre d’Olivier Norek : Entre deux mondes. Il évoque la jungle de Calais avec un regard qui m’a fait énormément réfléchir sur ce sujet. Donc, on peut aussi concilier les deux.

Miss Aline : Quel est votre rapport avec vos lecteurs ?

Pétronille : j’essaie d’être le plus disponible possible. Je suis là aujourd’hui grâce à eux et à leur soutien, et je ne l’oublie pas. Avec les salons, les dédicaces, j’ai pu croiser des lecteurs avec qui j’avais entamé des discussions via les réseaux sociaux et qui sont devenus des amis aujourd’hui.

Je suis adhérente d’une association qui me tient à cœur : Les Gones du Noir. Ils organisent des rencontres lecteurs-auteurs plusieurs fois dans l’année dans la région Rhône Alpes et c’est un vrai plaisir d’y aller. J’y ai fait de très belles rencontres.

Miss Aline : Tenez-vous compte de leurs avis pour vos prochains travaux d’écriture ?

Pétronille : Toujours et depuis mon premier roman ! J’écoute toutes les critiques, tant positives que négatives, et j’en prends compte pour les suivants. Et on me le rend bien.  Pour moi, c’est très important ; l’écriture est un métier solitaire donc j’ai besoin des retours pour avancer

 

 

 

 

 

Miss Aline : Pouvez-vous nous donner un indice sur votre prochain roman ?

Pétronille : Bien sur… Alexane Laroche ne sera pas présente dans ce 4ème opus ! J’introduis un nouveau personnage : une avocate  pénaliste, qui est carriériste et torturée.

Miss Aline : Avez-vous fait des recherches particulières pour ce nouveau roman ?

Pétronille : Énormément ! J’ai lu et appris de nombreuses choses sur le droit pénal, le milieu carcéral et les rapports avocat-client. Je me suis mise dans la peau d’une avocate pour écrire donc beaucoup de recherches au préalable pour être crédible. Et je quitte mon cher 36 Quai des Orfèvres pour le nouveau Tribunal de Paris porte de Clichy !

Miss Aline : Quelle est votre actualité salon ?

Pétronille : je devrais aller au salon du Polar de Sens, les 25 et 26 mai prochain, dont Franck Thilliez sera le parrain.

Miss Aline : Quai du Polar ?

Pétronille : Pas cette année mais j’espère l’année prochaine.

Miss Aline : Je vous le souhaite. Je vais vous libérer et surtout vous remercier pour ce moment de partage. J’ai hâte de lire votre prochain roman. Au plaisir d’une rencontre sur un salon ou un autre.

Pétronille : Merci beaucoup pour ce moment Aline … je cours chercher les enfants à l’école.

Papote d’auteur, Maud était avec Cécile Pellault


Papote d’auteur, Maud était avec Cécile Pellault

Papote d’auteur, Maud était avec Cécile Pellault

Bonjour Cécile Pellault, Je vous remercie d’avoir accepté cet entretien qui va nous permettre de mieux vous connaître. Ne vous inquiétez pas, il ne s’agit pas d’un interrogatoire, pas besoin de témoins ou d’avocat. (humour)

Me voilà rassurée par ce préambule, je suis tout de suite plus à l’aise de ne pas avoir à brandir la convention de Genève à tout bout de champ 😉

Maud : Pouvez-vous nous parler un peu de vous : que faîtes-vous dans la vie ? Vos passions ? Vos goûts musicaux ? Vos loisirs ? Comment êtes-vous venue à l’écriture ?

Et oui les lecteurs sont très curieux !

Oh punaise, tout ça !!

Mes passions : les voyages et les préparer ! Le bonus ; je le fais avec mes trois hommes et ils nourrissent mon écriture.

Mes gouts musicaux : assez variés quoique, pas très français, à part mon amour de jeunesse JJG, je suis plutôt anglo-saxonne ; rock, folk, 90’s, jazz, soul et un peu de rap et de RNB. Mes playlists accompagnent mon écriture. Très 90s pour le Brouillard d’une vie, très Folk pour le prochain à paraître, très pop mélancolique pour celui que je suis en train d’écrire.

Mes loisirs ; lecture, musées, expos, ciné, les séries coréennes sur Netflix 😉 enfin tout ce qui nourrit les voyages physiques ou imagniaires !

L’écriture : Après mes études en école de commerce international, j’ai enchainé les jobs dans des PME, start-up, multinationale, j’ai détesté chacune de mes expériences ! Quand nous avons déménagé à Bruxelles, je suis devenue Bénévole pour Oxfam, Maman et Auteure de mon premier roman Sérial belle fille. C’est trois axes sont ce qui me définit encore aujourd’hui même si les lieux et les domaines de bénévolat et d’écriture sont différents.

Maud : Sérial Belle-Fille est votre premier roman. Comment a germé cette histoire ? 

C’est toujours assez dur de dire comment les idées germent. Mais mes premiers écrits étaient des comédies et le rire est une bonne thérapie. Je voulais une histoire d’amitié, des relations qui peuvent parler à tout le monde qu’elles soient bonnes ou mauvaises. Et j’ai certainement fait un mash-up dans un coin de mon esprit entre les réunions des Alcooliques Anonymes et le chaos des relations belle-mère, belle-fille !

Maud : Une anecdote sur cet opus en particulier ? Lors de l’écriture ou retour de lecture ?

Ce livre sera pour moi toujours associé à l’image de mon petit garçon de deux ans qui souffle sur les enveloppes de mes manuscrits envoyés à la poste d’Ixelles pour leur porter chance.

En souvenir moins émotionnel mais qui me fait tout autant sourire à chaque fois, la première chose dont mon frère m’a parlé après sa lecture, c’est d’un bref passage où il est question d’une petite culotte arrachée !! On a tous des niveaux de lectures différents.

 

Maud : Vos plus belles joies en tant qu’auteur ? Vos « pires » moments ?

Pour en avoir discuter avec mes collègues, je crois que l’une de nos plus belles réussites est d’arriver à captiver un lecteur qui lit peu mais en gros tous les lecteurs et lectrices qu’on embarque avec nous dans nos histoires font chaud au cœur. Les rencontres avec d’autres auteurs, les salons où les organisateurs nous accueillent avec chaleur, les simples curieux, les bloggeuses passionnées qui au moins viennent à notre rencontre, tous ces moments sont les moments qui nous font avancer.

Les pires moments sont souvent liés à la promotion, à la recherche d’une maison d’édition qui sont souvent aussi synonymes de piétinement du notre infime confiance en nous 😉 Et les mauvaises critiques qui voudraient qu’on les prenne avec grâce et qui sont souvent persuadés que c’est pour notre bien et bien plus véridiques que les bonnes, majoritaires.

Maud : Quelle lectrice êtes-vous ? Votre genre de prédilection ? Un moment et/ou endroit qui est propice à la lecture ?

Terrible, j’ai l’attention d’un poisson rouge parfois. Si je n’accroche pas, j’abandonne sans un regard pour ma victime enfin si avec un peu de culpabilité pour le travail de l’auteur ! C’est pour moi le seul domaine littéraire où je ne veux aucune obligation ! Par contre, quand je dévore, je ne suis là pour personne et ce depuis l’enfance ! Sinon n’importe quand et n’importe où, pourvu qu’on est l’ivresse !

 

Maud : Successivement vous avez écrit On ne choisit pas sa famille et Le brouillard d’une vie, dont j’espère nous aurons l’occasion de reparler ensemble. Etes-vous déjà sur d’autres projets ? Oui oui, là c’est lectrice impatiente que je suis qui s’exprime.

En matière d’écriture, depuis 2005, même si j’ai fait de longues pauses pour le long entre On ne choisit pas sa famille et Le brouillard d’une vie, il y a ou il y a eu toujours quelque chose, quelques projets ;  des blogs, des nouvelles, des poèmes, des lectures … L’année dernière, j’ai eu par exemple la publication successivement d’un poème « Le grésillement de la radio » dans une revue, d’une nouvelle « Désespoir fraternel » qui revisite Hansel et Grethel et le décorticage d’un cadavre exquis avec le Collectif Polar. Mes différentes activités se nourrissent les unes de autres.

Le Brouillard d’une vie est né d’une courte nouvelle que je n’ai pas pu lâcher et Les voix meurtries dont je vais pourvoir parler bientôt et qui devrait sortir en juin est aussi inspirées de nouvelles et de personnages que j’ai parfois esquissé ici et là. Et j’ai commencé depuis peu l’écriture d’une aventure anglaise…

Merci beaucoup Cécile de nous avoir accordé ces instants, je vous laisse le mot de la Fin :

Merci à vous de m’avoir écoutée, faite parler et de faire vivre mes personnages en les lisant. Ils sont nés avec moi mais ils vivent grâce à leurs lecteurs et lectrices et grâce à ceux qui ont la passion de faire partager leurs lectures avec les autres !!

Papote d’auteur, Mamie Danièle était avec Sylvain Forge


Papote d’auteur, Mamie Danièle était avec Sylvain Forge

Propos recueillis le 4 mars 2019

– attention parution PARASITE le 13 mars –

Dany : Bonjour Sylvain, 
avant de parler de ton actualité, est-ce que tu peux nous parler de ton année de lauréat du fabuleux prix du Quai des Orfèvres … 
Qu’est-ce que ça a changé dans ta vie ?

Sylvain : Le prix du Quai des Orfèvres m’a permis de toucher un nombre très important de lecteurs (près de 150 000 en comptant les ventes numériques) et de faire connaître mes précédentes œuvres (éditions du Toucan) à un public bien plus élargi. Je considère que c’est une étape cruciale dans ma carrière, après des années durant lesquelles rien ne semblait devoir bouger. Je me heurtais à ce plafond de verre que connaissent la plupart des auteurs : petite diffusion, petite publicité, petit lectorat, difficulté de sortir en poche du fait de ventes modestes, pas de traductions ni d’adaptations, anonymat relatif etc. Le cercle vicieux duquel il est très difficile de sortir. Aujourd’hui, j’ai changé d’éditeur et mon nouveau roman bénéficie de l’attention et des capacités d’un éditeur important et historique, puisqu’il s’agit de Fayard / Mazarine.
Évidemment, rien n’est jamais gagné et il faut continuer de travailler dur, je dirais même plus encore après un succès comme le prix du Quai des Orfèvres. C’est la raison pour laquelle j’ai pris mon temps afin d’offrir à mes lecteurs un livre qui m’a demandé beaucoup de travail (et aussi beaucoup de recherches) en amont et en aval. Fayard est un relecteur très exigeant ! Et c’est une chance, je trouve.
Aujourd’hui, je travaille de concert sur l’adaptation en série de Tension extrême  et c’est à mes yeux mon projet le plus important du moment car s’il aboutit, ce sera lui aussi un catalyseur pour la suite. De bonnes nouvelles annoncées aussi du côté des livres audio avec des sorties en avril et juin 2019 pour Pire que le mal et Tension extrême chez Sixtrid.

Dany : Alors ton actu,, tu peux en parler ?
La 4ème de couverture est alléchante ! Un peu plus pour les lecteurs du blog ?

Sylvain : Parasite se situe chronologiquement après Sous la ville (sorti en poche en 2018) , mais je considère qu’il s’inscrit dans une lignée débutée avec Tension extrême et qui s’achèvera avec mon second roman chez Mazarine, à paraître en 2020. J’y explore les interactions  entre le crime, l’humain et le numérique. Une trilogie, en quelque sorte.
Alors que dans Tension extrême, une intelligence artificielle est utilisé pour lancer des cyberattaques et détruire des policiers, dans Parasite elle devient leur allié : un programme qui préfigure l’avenir de la police 2.0 et dont le logiciel ANACRIM (utilisé dans les affaires Grégory et Nordahl LELANDAIS, notamment) est l’amorce.
Le fait est qu’aujourd’hui, devant la complexité des affaires, due en partie à l’explosion des data (téléphonie…) il est pratiquement impossible pour un esprit humain d’englober la totalité d’un dossier, d’où la nécessité de s’appuyer sur des machines, seuls capables d’établir des liens dans le temps et l’espace.
Parasite évoque ce changement de paradigme en mettant en scène un personnage désormais récurrent, la capitaine Marie Lesaux qui intègre une brigade de protection de la famille et qui se voit sélectionnée pour tester un programme révolutionnaire : VALMONT.
Le livre est à mon sens le plus effrayant de tous ceux que j’ai écris car il s’appuie – comme souvent – sur des faits parfaitement avérés mais que le public ignore, le plus souvent.
Dans Tension extrême, les gens ont appris à flipper devant leur téléphone, dans Parasite, ce sera pire encore. Depuis que j’ai écris ce roman, je ne vois plus vraiment les choses de la même façon… En dire plus en viendrai à divulgacher.

 

Dany : Merci beaucoup Sylvain pour cet éclairage. On reparlera de Parasite sur le blog à n’en pas douter. 
Tes prochains salons peut-être ?

Sylvain : Printemps du livre de Montaigu  (85) : 6 et 7/04.
Mauves en noir (Mauves sur Loir) : 27-28/04.
Dédicaces en mars : 23 et 30 à Nantes et ses environs. Tous les détails sur ma page FB et sylvainforge.webnode.fr

Dany : Ben en attendant de flipper dans les jours qui viennent, pour conclure : as-tu un coup de cœur ou un coup de gueule dont tu voudrais nous parler ?

Sylvain : Un scénario de jeu de rôle, lu dans la gamme « Chroniques oubliées » (contemporain) ;  court mais efficace. « Le Terminus (16 pages) est un huit-clos se déroulant à notre époque. Les personnages sont fortuitement regroupés dans un bar alors qu’un tireur isolé abat toute personne qui fait mine d’en sortir. Le quartier est bouclé et les spéculations vont bon train alors que les personnages doivent chercher la vérité derrière cet attentat et monter un plan suffisamment astucieux pour espérer s’échapper vivant… » Retord et efficace : une histoire que j’aurais aimé écrire.
Et sinon en avril : publication de l’audio-livre Pire que le mal chez SIXTRID ; en juin prochain, Tension extrême, aussi en audio-livre, toujours chez SIXTRID. Des nouvelles de l’adaptation de Tension extrême en série, avant l’été j’espère 😉

Dany : Est-ce que l’on peut dire que ton sort d’auteur te convient pour le moment, même si tes vies parallèles doivent souffrir d’accommodements sans doute ?

Sylvain : Écrire est une passion et pouvoir s’y adonner est une chance. Mon seul regret est de n’avoir pas le temps nécessaire pour pouvoir  rencontrer mes lecteurs comme je l’aimerais. Cumuler deux boulots en même temps reste très difficile et demande une forme d’ascèse. C’est la vie ! 😉

 

Dany : Je pense que je vais te laisser à tes occupations en te remerciant de l’attention que tu portes au blog et aux lecteurs en général. Tu nous rappelles la date de sortie de Parasite ?

Sylvain : Parasite sera sorti le jour où Collectif Polar publiera notre entretien, le Mercredi 13 mars. 

A très bientôt. bises.

Dany : Au plaisir de se revoir et bises aussi.

Papote d’auteur, Miss Aline était avec Lawren Schneider


Papote d’auteur, Miss Aline était avec Lawren Schneider

Le 25 novembre dernier, j’été invitée sur le salon de Mon’s Livre. Flora Dequenne, chargée de projets du salon, m’offrait la possibilité de rencontrer l’auteur de mon choix pour une petite interview en aparté. Pourquoi avoir choisi Lawren Schneider ? Parce que son livre Les larmes des cigognes m’attirait depuis un petit moment. C’était aussi l’occasion de discuter avec un auteur que je n’avais pas encore rencontré.

Papote avec Lawren Schneider.

By Miss Aline

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Miss Aline : Comment êtes-vous venu à l’écriture ?

Lawren : Durant l’adolescence j’ai commencé à écrire des petits textes, des nouvelles ainsi que des textes de chansons. Musicien multi-instrumentiste, je composais parfois également la musique. Puis la vie normale a pris le dessus : faire des études, des enfants, trouver du travail, élever ces enfants, s’investir professionnellement. C’est lorsque ma fille aînée m’a annoncé son départ de la maison, en 2014, que j’ai ressenti un grand vide et me suis remis à écrire, 22 ans plus tard.

 

Miss Aline : C’est comme le vélo ça ne s’oublie pas ! Prometteur ce premier essai ?

Lawren : Oui, enfin presque…. Ne voulant pas faire les choses à moitié, j’ai directement attaqué l’écriture d’un roman, « L’héritage de Lizie » ! Seulement, j’ai dû me rendre à l’évidence, il fallait que apprendre à écrire au-delà de savoir raconter des histoires. J’ai donc jeté les cinquante premières pages écrites à la poubelle. Puis j’ai recommencé encore deux fois avant de présenter le résultat à mes proches. Ce premier roman m’a fait passer par toutes les émotions possibles, de la peur d’être ridicule à la jouissance d’arriver à construire une intrigue qui a dépassé largement mes idées de départ !

Miss Aline : Vous vous laissez guider par vos personnages ou tout est bien structuré dés le départ ?

Lawren : Les deux mon capitaine ! J’écris souvent une trame qui m’emmène sur quelques chapitres, puis me mets à écrire. Je ne pourrais pas écrire l’intégralité du scénario au départ. Le fait d’avoir fixé un petit cadre, sans qu’il soit rigide, me permets d’adapter et, de plus en plus, les personnages prennent le dessus. Souvent surpris, je recommence donc à fixer un petit cadre pour les chapitres suivants et l’histoire se répètent. Je démarre donc l’écriture avec le début, une fin et une atmosphère visée, mais tout peut changer au cours du process d’écriture !

 

Miss Aline : la peur au premier roman est-elle toujours omniprésente lorsque vous sortez un nouveau roman ?

Lawren : Je repense toujours à la fameuse phrase attribuée à Sarah Bernhardt quand une de ses élèves lui explique qu’elle n’a pas peur en rentrant sur scène :  » Ne vous inquiétez pas, cela viendra avec le talent ! » La peur presque bloquante du début a complètement disparue, je l’ai sans doute apprivoisée. La peur liée à la volonté de livrer le meilleur résultat possible au lecteur, elle, est une compagne du quotidien. Elle m’aide à chaque séance d’écriture, à chaque relecture !

Miss Aline : Lors d’une interview, un auteur a dit : « un bon auteur est un auteur qui souffre sinon il n’a rien à dire ». Êtes-vous d’accord avec cette affirmation ?

Lawren : Si l’on veut toucher le lecteur, il faut parler à son âme, à la partie de lui-même qu’il ne connait pas. En ce sens, je pense qu’un auteur doit avoir souffert, avoir expérimenté lui-même les sentiments les plus sombres. Connaître la souffrance, c’est aussi connaître l’apaisement et le bonheur, c’est maitriser les reliefs des émotions.  » Qui n’a connu le froid, ne peut apprécier le chaud » ! Maintenant, savoir s’il faut continuer à souffrir pour écrire… Je n’ai pas la réponse…

Miss Aline : Parlez nous de votre roman Les larmes des cigognes, d’où vous en vient l’idée… ?

Lawren : C’est durant l’écriture de mon deuxième roman  » Le prix à payer » que m’est venue l’idée de ce roman. Ma mère m’avait apporté une enveloppe avec des photos et des papiers militaires d’un grand-oncle qui était un alsacien, incorporé de force dans l’armée allemande, envoyé sur le front russe et prisonnier dans le terrible camp de Tambov. Fin de l’histoire, personne n’a été capable de m’en dire plus. Le pouvoir romanesque de Tambov m’a tout de suite paru évident. Je me suis donc lancé dans des recherches historiques sur le sujet. Mon objectif était clair, ce thriller se passerait à Tambov, ce camp russe dont le nom est très connu dans l’Est de la France, mais dont si peu de gens peuvent en parler.

Miss Aline : Ce roman est donc plus personnel.

Lawren : Oui, sans doute suis-je aller creuser plus loin au fond de moi. L’intrigue démarre en 1986 avec des adolescents qui se confient leurs secrets. Ma propre histoire est donc nécessairement diluée dans mes personnages. L’autre partie se passe en 1943 et j’ai gardé le nom de mon Grand-oncle. Là aussi, forcément, j’ai dû creuser dans l’histoire collective de mes proches. Le sujet se prête au thriller, la peur est évidemment au centre des décisions des personnages : destin ou libre-arbitre, accepter, collaborer ou résister, s’opposer. « Les larmes des cigognes » est une sorte de « premier roman ». Mes deux premiers, « L’héritage de Lizie » et « Le prix à payer » étaient nourris par l’envie folle de raconter une bonne histoire. Celui-ci raconte Notre histoire, celle où nous devons choisir entre l’horreur et la vie, entre le Bien et le Mal et où souvent, nous ne faisons que ce que nous pouvons !

Miss Aline : Merci pour cette confidence.

Vous ayant rencontré sur un salon, j’en viens à vous demander quel est votre rapport avec vos lecteurs ? Tenez-vous compte de leur remarque par exemple ?

 Lawren : Bien sûr. L’écriture est un don de soi, on se livre aux autres. J’écris UNE histoire, mais elle se transforme en une MULTITUDE d’histoires, chaque lecteur s’appropriant le roman et le faisant « sien ». Je suis toujours à l’écoute des retours des lecteurs et si les compliments sont excellents pour l’ego, j’ai toujours l’envie de leur répondre :  » Merci, mais qu’est-ce que vous avez moins aimé ? Qu’est ce que vous auriez aimé que je rajoute ou que j’enlève ? ». Chaque phrase écrite doit l’être pour le lecteur, pour le surprendre, lui faire peur, le faire rire ou pleurer. J’ai donc besoin de « mesurer » par l’échange avec eux si l’effet est réussi. Ce sont les lecteurs qui font de nous des auteurs !

Miss Aline : Je crois savoir que ce n’est pas votre premier Mon’s Livre. Une attache particulière à ce salon ?

Lawren : Ah, bonne question… Je dois avouer apprécier l’ambiance bon enfant de ce salon où les échanges sont riches et sans polémique. A Mons, il n’y a pas de place pour les polémiques autour de l’auto-édition et du circuit traditionnel du livre. On y parle seulement du plaisir de lire et d’écrire. J’aimerais que nous puissions nous inspirer de cet état d’esprit en France. Soyons tous un peu belge !

Miss Aline : Quels sont vos projets d’écriture ?

 Lawren : Je travaille actuellement sur deux projets en parallèle. Le premier est un roman noir, sociétal, probablement moins rythmé, mais plus introspectif. Ecrit à la première personne, je vais rentrer dans la peau d’un monstre en devenir. Évidemment je n’en dirai pas plus. Le second projet est un thriller scientifique, qui se passera le dernier jour de l’humanité. Tiens, que feriez-vous s’il ne vous restait plus qu’un jour à vivre ? Rendez-vous dans quelques mois !

Miss Aline : Une dernière question et je vous libère. Votre chapeau a-t-il une histoire ?

 Lawren : Un chapeau a toujours une histoire, ma chère Aline . C’est un « Panama » que j’ai acheté à Ronda. Si je suis alsacien « sur le papier », je suis de plus en plus amoureux de l’Espagne, de Barcelone et de l’Andalousie. Moi qui ai toujours détesté tout chapeau, casquette ou autre couvre-chef, je suis rentré instinctivement dans une boutique et j’ai choisi ce chapeau. Peut-être est-ce lui qui m’a choisi ? Il a donc une histoire, ce chapeau, mais je n’ai jamais dit qu’elle était rationnelle… Merci Aline pour nos échanges !

Miss Aline : Vous m’auriez dit qu’il n’avait pas d’histoire, j’aurai été déçue. Un grand merci à vous pour votre disponibilité, votre gentillesse et votre générosité. Au plaisir de vous lire et d’une prochaine rencontre.

Papote d’auteur : Maud était avec Mickaël Koudero


Papote d’auteur : Maud était avec Mickaël Koudero

Bonjour Mickaël, je vous remercie de nous accorder quelques instants.

 

Maud : Pourriez-vous nous parler un peu de vous… Les lecteurs sont en général très curieux…

Mickaël : Vastes questions. Dans la vie j’ai la chance de passer mon quotidien à écrire. Que ce soit des scénarios, des romans ou alors pour un jeu vidéo. J’aime varier ces formes d’écriture. Sinon j’aime beaucoup l’Histoire, tout ce qui touche à la culture en générale ou encore le football (supporter du PSG depuis tout petit). Niveau musical, j’écoute énormément de bandes originales en écrivant. Autrement, je privilégie les podcasts (émission de faits divers, émissions historiques ou sportives).

Quant à l’écriture, j’ai commencé très tôt, tout gamin. À l’époque j’écrivais des scénarios et m’amusait à les tourner avec mes copains.

Maud : Parlons de la dernière sortie, le 7 Février dernier, La Faim et la Soif, votre troisième livre. Comment vous est venue l’inspiration de ce thème ?

Mickaël : Pour être plus précis, c’est mon deuxième roman. Le premier,  Les enfants d’Érostrate  est paru en autoédition et, ensuite, il a été réédité par une maison d’édition sous le titre  Des visages et des morts.

Quant à l’histoire de  La faim et la soif, elle est arrivée progressivement, au fil de l’écriture. À la base, j’avais le contexte général : la Roumanie, Ceaușescu, le mythe du vampire (les vrais comme les faux). Ensuite, c’est en me documentant que j’ai pu appuyer les détails de l’histoire et tisser ma toile. Avant toute chose, j’ai besoin de trouver MON idée principale. Une idée suffisamment forte pour pouvoir tenir plusieurs mois d’écriture sans m’en lasser et qui peut me permettre de dériver sur d’autres sujets annexes.

Maud : Une anecdote sur ce livre en particulier?

 Mickaël : La première anecdote qui me vient à l’esprit est celle-ci : le livre a été écrit sur trois continents. En Europe, en Amérique et en Océanie. Respectivement Paris, Montréal et Wellington.

 

 Maud : Vos plus belles joies en tant qu’auteur? Vos «pires» moments?

 Mickaël : Je retiens de très beaux moments comme ma signature chez Hugo et Cie et ma rencontre avec Bertrand (éditeur chez Hugo). Je suis convaincu qu’être bien entouré est primordial si l’on souhaite avancer et construire quelque chose de solide sur la durée. Que ce soit avec Bertrand ou toute l’équipe d’Hugo et Cie, je me sais chanceux.

Il y a aussi les retours de lectures qui sont de magnifiques récompenses tout comme ceux des blogueurs (ses).

Quant aux pires moments, ils ne valent pas la peine qu’on en parle.

Maud : Après le côté auteur, quel lecteur êtes-vous?

 Mickaël : Je suis un lecteur qui ne lit pas assez à mon goût. Quand j’écris, je lis pas ou peu de romans. Me lecture principale se concentre sur la documentation. En revanche, entre deux phases d’écritures, j’en profite pour rattraper mon retard sur certains titres.

Généralement, je lis le soir, essentiellement du thriller ou du roman noir.

Maud : Je vais terminer par une indiscrétion, un projet de roman ou autre?

 Mickaël : Le prochain roman est dans les tuyaux. Je suis en plein travail. J’espère pouvoir le finir en milieu d’année et le présenter à mon éditeur. Le sujet ? Trop vague pour le moment, mais ce sera un thriller avec une dose d’horreur/fantastique…

Nous verrons bien ! 😉

Maud : Impatiente je suis déjà!!! Je vous remercie pour cet échange très sympathique 

Mickaël : Merci à vous Maud !

Papote d’auteur, Cathie était avec Lionel Olivier


Les Interviews exclusives de Cathie notre Expert en chef.

Après nous avoir donné son avis sur un bouquin Cathie nous proposera « les interviews d’une experte » où elle interrogera l’auteur sur le titre qu’elle aura chroniqué.

Aujourd’hui c’est Interview de Lionel Olivier, auteur du roman Le crime était signé.


« Les interviews d’une experte »

Papote d’auteur, Cathie était avec Lionel Olivier

Interview exclusive réalisée Cathie : un grand merci à Lionel Olivier, lauréat du Prix du Quai des Orfèvres pour son roman Le Crime était Signé.

Lionel Olivier a écrit: « Je viens de lire votre critique de mon livre et je m’y retrouve complètement, je suis donc pleinement satisfait de voir que votre interprétation correspond à ce que j’avais envie de délivrer dans ce roman. Je réponds donc à vos questions avec le plus grand plaisir. »

  1. Vous avez commencé à écrire en 2011 après une carrière dans la police. Qu’est-ce qui vous a incité à vous lancer dans une carrière d’écrivain de romans policiers ?

Le mot écrivain me parait trop fort, s’agissant de ma personne, je lui préfère le terme plus soft d’auteur. J’ai toujours eu une imagination fertile : à l’enfance (comme tout le monde, je pense) où l’on échafaude des scénarii en jouant avec des figurines – cow-boys – indiens, puis des jeux de rôles, en grandissant et enfin en écrivant une histoire, en sortie d’adolescence. A l’âge de 20 ans, je m’étais essayé à l’écriture d’un roman (autre que policier), une tentative menée à son terme, cette fois une vingtaine d’années plus tard sous la forme d’un polar et qui ne sortira jamais, volontairement, du tiroir. Le goût de l’écriture ne m’ayant jamais lâché, je me suis finalement décidé à aller au bout de mes envies. Il faut savoir que la majeure partie du travail d’un enquêteur consiste dans la rédaction d’actes de procédures : description d’une scène de crime, de lieux, d’une perquisition, transcription d’auditions, élaboration de rapports de synthèses. Bref ni plus ni moins que le contenu d’un polar.

  1. Qu’est-ce que l’écriture vous apporte par rapport à votre travail dans la police ? Satisfaction ? Frustration ?

Ce que m’apporte l’écriture par rapport à mon travail dans la police ? Certainement pas la marque d’une frustration, d’un manque qui m’obligerait à prolonger un état, une situation perdue, en raison d’une fin d’activité professionnelle. Quand on a tout consacré à une profession, son temps, son énergie, sa disponibilité en lui accordant une priorité non discutable et en rognant sur les heures dévolues à la cellule familiale, on peut sans regret, sans état d’âme, tourner la page. De la satisfaction ? Uniquement celle de partager avec un lectorat, des histoires, des émotions, du rêve.

  1. Cinq romans en 6 ans, c’est un rythme soutenu. Trouvez-vous l’inspiration dans les faits divers, dans des affaires auxquelles vous avez participé dans votre carrière ou tout simplement dans votre imagination ?

Je ne puise pas mon inspiration dans des affaires auxquelles j’ai participé, mes premiers lecteurs ayant en fait été les procureurs et juges d’instruction à qui je transmettais mes procédures. Pourquoi recopier l’existant. Par contre, mes fictions s’appuient effectivement toujours sur une multiplicité de détails, de petits faits que j’ai eus à connaître, apportant ainsi une touche de crédibilité.

  1. Comment procédez-vous pour écrire un nouveau roman : construisez-vous le canevas autour d’un personnage, d’un événement ou d’un lieu ?

J’avais lu une interview de John Irving. Il affirmait qu’au moment de commencer à écrire un roman, il en connaissait le début, la fin, le titre et pratiquement le nombre de chapitres. Il se trouve que j’ai toujours adopté, pour l’instant, la même démarche, avant même d’avoir eu connaissance de cette pratique. Il m’est impossible d’affronter une page blanche et de me laisser aller au gré de l’écriture, espérant une trouée, un éclair, une orientation. J’ai besoin que tout soit structuré en amont, dans ma tête, avant de m’asseoir devant l’ordinateur. Les lieux sont importants pour moi, car ils conditionnent généralement des individus dans leur démarche, leurs gestes, leurs actions. Ainsi, le choix du port de Dieppe dans mon roman “ Passé boomerang”, la forêt guyanaise dans “La petite-fille du forçat”, le lieu symbolique et mondialement connu du 36 Quai des Orfèvres dans “Le crime était signé”. Je pense ensuite à une intrigue, un crime, un auteur puis au flic qui le mettra hors circuit et parallèlement à tous les petits indices que je devrai semer pour aider le lecteur à tenter de trouver la solution avec l’espoir de l’induire en erreur au tout dernier moment. Le lecteur est en droit d’obtenir ce genre de petits détails. Jusqu’à un certain point, bien sûr.

 

  1. Je n’ai malheureusement pas lu les romans précédents ( lacune que je compte combler dans les prochains mois), je découvre donc votre univers avec « Le Crime était signé ». Le fait qu’il ait obtenu le Prix du quai des Orfèvres est-il pour vous une reconnaissance de votre talent par votre ancien milieu professionnel ?

Je n’emploierais pas le mot talent dans votre phrase “reconnaissance de mon talent par mon ancien milieu professionnel”. Je n’ai pas cette prétention d’avoir du talent. Par contre, je suis très heureux que ce jury composé d’anciens grands patrons du 36, de journalistes éminents, de juristes, d’avocats, de légistes, bref de personnes touchant au milieu policier et judiciaire se soit reconnu dans cette ambiance qui est si particulière, car générée par des hommes ordinaires, mais qui font un métier sortant de l’ordinaire, en faisant de ce fait des êtres “extraordinaires”.

  1. Le roman est extrêmement bien documenté, notamment en ce qui concerne les lieux. Effectuez-vous une reconnaissance préalable des endroits sur place ou vous documentez-vous autrement ( internet, manuels, etc…) ?

La crédibilité étant ma marque de fabrique, j’aime situer mes romans dans des lieux que je connais parfaitement. Ainsi, le port de Dieppe, ville où j’ai exercé quinze années, la Guyane que j’ai parcourue de long en large, le 36 où je m’étais rendu pour deux affaires et dont je connaissais les structures, grâce également à la gentillesse d’un collègue y travaillant et qui m’y avait piloté. Pour le reste, internet est aussi un formidable outil d’information.

  1. Lorsque vous étiez policier, avez-vous connu un endroit jouant le même rôle que « La Tour de Montlhéry » dans « Le Crime était signé » ?

Chaque commissariat a son “annexe”en ville, un bar, un restaurant où les policiers aiment se retrouver pour “vider le disque dur”, se ressourcer, décompresser. Certains appellent cela “une cantine”. Les tenanciers font généralement tout pour que leurs petits protégés se sentent comme dans un cocon. Inutile de vous donner le nom de ces points de chute qui ont été les miens à Dieppe et à Auxerre où j’ai exercé, mais sachez que j’y ai passé de nombreuses heures, des moments de convivialité indispensables pour mon bon équilibre et que mon épouse en connaissait l’existence.

  1. Quand vous écrivez un roman, par exemple « Le Crime était signé », vous y consacrez-vous uniquement ou avez-vous déjà en tête des bribes du roman suivant ?

Dans l’écriture, je suis comme en amour, c’est-à-dire fidèle et lorsque je suis plongé dans la rédaction d’un roman, j’y suis pleinement et entièrement jusqu’au mot “fin”.

  1. Pour finir, avez-vous en prévision d’autres histoires mettant en scène le groupe de Quentin Fergeac ?

Bizarrement, lorsque je crée des personnages, je les abandonne ensuite à la fin du roman, considérant qu’ils ont fait leur temps. C’est pour répondre toutefois à des demandes récurrentes de lecteurs rencontrés lors de salons que j’ai opté pour les faire revivre et continuer leur existence. Il en est ainsi pour Thomas Vilars, dans “Passé” Boomerang” et “La petite-fille du forçat”. La demande m’est également parvenue pour Quentin Fergeac. Pourquoi pas ! Mais cette fois, dans les locaux aseptisés du quartier des Batignolles, nouvelle future implantation du 36. A suivre donc. De quoi de donner d’autres perspectives pour les années à venir.

Papote d’auteur Maud était avec Jacques Pons


Papote d’auteur Maud était avec Jacques Pons

Les Enquêtes et indiscrétions de Maud

Photo de Philippe Frisée, dans le LUI d’octobre 2018, portrait écrit par Bruno Godard

Bonjour Jacques Pons,

 Je vous remercie d’avoir accepté cet entretien qui va nous permettre de mieux vous connaître. Ne vous inquiétez pas, il ne s’agit pas d’un interrogatoire, pas besoin de témoins ou d’avocat.

C’est moi qui vous remercie !

Pouvez-vous nous parler un peu de vous, nos lecteurs sont très curieux.   

Dans la vie je fais plein de choses différentes. Pour ce qui est de la gagner, je travaille dans la mode depuis une quinzaine d’années, à Paris principalement, mais j’ai aussi eu la chance de travailler à New York pour une grande maison française. J’ai également habité au Sénégal, au tout début de ma carrière, période durant laquelle j’ai souhaité faire un « break » avec le luxe et la mode.

J’ai beaucoup de passions, au premier rang desquelles ma femme et mes deux enfants.

En dehors de ce cercle familial qui est mon moteur et ma joie quotidienne, je suis un fana de rugby, que j’ai pratiqué assidûment en compétition dans un passé pas si lointain, et que je continue à suivre avec plaisir.

J’adore également la gastronomie et l’art de vivre, en tant que client quand j’ai la chance de pouvoir en profiter, mais aussi en tant que spectateur de cet univers en pleine mutation, dont les modèles et les enjeux intellectuels et culturels sont une source d’inspiration infinie !

Enfin, et sans surprise, je suis un boulimique de lecture, pas forcément de thrillers d’ailleurs (ça, je m’y suis surtout mis pour le concours !), mais de romans en général, quels qu’ils soient, du plus classique au plus contemporain.

J’écoute beaucoup de musique, j’aime découvrir de nouveaux artistes, pour rester à la page. J’ai toutefois une nette préférence pour la musique classique et pour le reggae.

Je suis venu à l’écriture dans une démarche très personnelle de tenter une nouvelle aventure, de m’essayer à un exercice qui m’attirait mais que je n’avais jamais osé entreprendre. Le concours Fyctia a été pour cela la meilleure occasion, car l’obligation de publier, et surtout de finir une histoire, sont les meilleurs des moteurs !

Avec Célia de chez Hugo Thriller

Alors justement de l’expérience Fyctia sort Organigramme, votre premier roman. Pourriez-vous nous en dire un peu plus ?

Je pense que tout le cadre contextuel du roman, ainsi que la réflexion sur les relations hiérarchiques et la souffrance au travail étaient déjà en moi depuis longtemps, je n’ai eu qu’à mettre des mots sur des maux dont j’ai vu tant de gens souffrir, parfois même alors qu’ils ne le savaient pas eux-mêmes. L’intrigue à proprement parler est un pur produit de mon imagination. J’ai écrit ce roman au fil de la plume, chapitre après chapitre, et j’ai littéralement joué avec mes personnages, comme un enfant qui jouerait avec des figurines en scénarisant leur histoire sur le moment. J’y ai pris un plaisir fou, accompagné d’un sentiment grisant de joie : je pouvais décider de ce qui leur arriverait, de comment ils s’appelleraient, de leur passé, de leurs blessures etc. Je me suis beaucoup amusé, en gardant en tête une idée directrice : si je raconte une histoire, il faut que mes lecteurs se divertissent à travers celle-ci, et passent un bon moment.

Du concours Fyctia au Prix Coup de Cœur RTL, racontez-nous ce parcours ?

J’ai commencé le concours Fyctia avec trois semaines de retard sur les autres concurrents. Au départ, j’ai écrit de façon très spontanée et très fluide ce qui était à l’époque le prologue (qui est devenu l’interlude juste après le prologue dans la version finale). Je me suis dit : « voilà, j’ai en gros la fin du livre, par laquelle je débute, et maintenant, il va falloir se retrousser les manches et déployer des trésors d’imagination pour construire une histoire autour de cette fin ». Je me suis laissé porter par ce que cette atmosphère et cet univers m’inspiraient.

Au fil des publications, je lisais attentivement tous les commentaires, toutes les remarques de mes premiers lecteurs, qui étaient, pour la plupart, des proches dont je maintenais l’assiduité à grands renforts d’e-mails, de facebook et de sms. Assez rapidement, j’ai commencé à me rendre compte que de plus en plus de lecteurs m’étaient inconnus, ce qui signifiait deux choses : la première, c’est que mon histoire plaisait, et même touchait certaines personnes au-delà de ce que j’imaginais, et la seconde, c’est que je me suis mis à grimper assez vite au classement. Au départ, je me disais que je serais ravi de figurer dans les vingt premiers (sur 150 à peu près). Mais très vite, le top 10 est devenu une réalité, puis le top 5. Et dans les derniers jours du concours, j’ai connu l’immense joie de monter sur le podium, ce qui signifiait que j’allais avoir la chance d’être lu par les membres du jury, parmi lesquels, entre autres, Michel Bussi, Bernard Lehut de RTL, et François Jullien de VSD.

Et puis au terme des délibérations, j’ai reçu un coup de fil de Bertrand Pirel, qui dirige la collection Hugo Thriller. Il m’a annoncé que je n’étais pas le lauréat, mais que j’avais bénéficié d’un coup de cœur de RTL ! Quelle joie ! J’ai immédiatement repensé à toutes ces nuits d’automne passées devant mon écran, à écrire avec passion la suite d’une histoire qui prenait forme jour après jour, façonnée par mon humeur du moment et par les commentaires (ou les demandes spéciales, mais je ne vous dévoilerai rien !) de mes lecteurs. Et je me suis dit que je vivais un véritable conte de fées. Ce qui n’était qu’un passe-temps récréatif se transformait peu à peu en une aventure réelle. Le rêve, que je n’osais même pas entrevoir, devenait subitement réalité !

En dédicace à la librairie Mots et Motions de Saint Mandé

Une très très belle aventure, vos plus belles joies en tant qu’auteur ? Vos « pires » moments ?

C’est un peu difficile de répondre à cette question.

Il n’y pas eu de « pire » moment. Du premier mot écrit au point final de la dixième relecture, j’ai vécu ce parcours comme un privilège, une chance folle de connaître la réjouissance d’une publication.

Peut-être ma plus belle joie a été ce moment, fugace, où j’ai refermé le manuscrit pour la dernière fois avant qu’il ne parte à l’impression. Maintenant que le texte est publié, je suis sur un nuage, d’autant plus que les premiers retours sont très bons, et que les lecteurs semblent touchés par les éléments de réflexion autour de la souffrance au travail, ce qui était un de mes buts en écrivant ces lignes.

Je vous cite « boulimique de lecture », racontez-nous…

Je lis partout. Tout le temps. Dans mon lit, dans les transports en commun, dans une salle d’attente, je lis depuis que je suis tout petit. J’ai eu la chance d’avoir des parents qui m’ont transmis, en douceur, ce goût des livres et de la lecture, que je n’ai jamais perdu.

Je suis un lecteur presque compulsif. J’ai eu la chance de faire des études littéraires avant mon école de management. Je n’ai donc pas de genre de prédilection. Il y a beaucoup d’auteurs que j’admire. Fred Vargas, pour la délicatesse et la subtilité de sa peinture de l’âme humaine, notamment masculine, Victor Hugo, pour le souffle puissant qui s’échappe de chacune de ses pages (je pense d’ailleurs que si je devais emporter un livre sur une île déserte, je choisirais L’Homme Qui Rit), Ian Manook / Roy Braverman pour le cocktail de richesse ethnologique et de testostérone, mais aussi Jean-Christophe Rufin, Gustave Flaubert, et San Antonio. Comme vous pouvez le constater, c’est on ne peut plus varié. Citer ces quelques auteurs ne rend évidemment pas justice à tous les génies du verbe qui m’ont inspiré, et qui m’inspirent encore aujourd’hui…

Enfin, il y a trois auteurs, trois poètes, qui m’ont donné le goût des mots et de la tension esthétique qu’ils renferment : La Fontaine, Rimbaud, et Senghor.

Dans le ELLE du 28 septembre (en pleine fashion week 👠)

Je vais terminer par une indiscrétion, un projet de deuxième roman ou autres ? Oui oui, là c’est lectrice impatiente que je suis qui s’exprime

C’est effectivement une indiscrétion (rires). Disons que je ferai en sorte de ne pas laisser votre impatience inassouvie, tout en explorant d’autres terrains qui m’attirent depuis longtemps.

Très intrigante, votre dernière réponse. Je vous remercie de vous être gentiment rendu disponible afin de nous en apprendre un peu plus sur vous. Et je vous laisse, si vous le voulez bien, le mot de la fin :

Encore mille fois merci !!

Assigné à résidence : L’interview bracelet électronique 2, Sandrine Destombes


Assigné à résidence : L’interview bracelet électronique 2

Nouvelle innovation au collectif Polar : l’interview « bracelet électronique ».

C’est une mesure d’aménagement de peine permettant de réaliser une interview de longue haleine sans obliger l’auteur à être incarcéré. Juste  » Assigné à résidence »

Contrairement à la GAV qui est bien délimitée dans le temps, l’interview bracelet électronique est plus « libre ». Elle peut se dérouler sur plusieurs jours.

Le deuxième auteur ayant dû vivre son quotidien avec le bracelet électronique est…

Madame Sandrine Destombes


Lundi matin de bonne heure

Miss Aline : Bonjour à toutes, c’est donc ici que ce passe la période bracelet électronique de Sandrine, que nous remercions vivement de sa participation.
Commençons donc par le début : qui ou quoi vous a amenez à l’écriture ?

Geneviève : Bonjour Mesdames, Voici donc Sandrine sous le contrôle de Collectif Polar et de Ge et ses Flingueuses 😛

Dany : Bonjour mesdames … suis toute à vous !

Lundi  10:53

Sandrine : Bonjour, bonjour… faut le dire vite ! On voit que ce n’est pas vous qui êtes assignée à résidence !!!
Mais puisque j’ai fauté et que le seul moyen de m’en sortir est de vous répondre, c’est parti :
étant plutôt matheuse, je ne pensais pas un jour me lancer dans l’écriture. Il a fallu un alignement de planètes : un souci à gérer, un trop plein de temps libre et un esprit à apaiser. Alors j’ai pris mon ordinateur, j’ai écrit un premier paragraphe, puis un deuxième et ainsi de suite.
Quand j’ai relevé la tête, le premier chapitre de la Faiseuse d’anges était bouclé et je n’avais pas vu le temps passé.
J’étais mordue.

Miss Aline : Comment une telle histoire peut sortir d’un coup ?

Lundi 17h06

Geneviève : on a perdu le signal du bracelet là, les Flingueuses ! Non ?

Mardi 10:14

Dany : Coucou Sandrine … il y a un problème avec le bracelet ?
Vous êtes sortie de la zone autorisée ?

Sandrine : Non Chef, pas sortie de ma zone. Je cherchais un truc profond à répondre mais j’ai pas trouvé !
Donc je dirais que des années de silence ont eu l’effet d’une marmite sur le feu. Arrivée à ébullition, il fallait faire quelque chose. J’avais quelques démons à tuer et le thriller m’a paru être la meilleure recette !

Dany : Ces années de silence étaient nourries de livres, de films ou simplement de rêveries ?
Quand ça mijote trop longtemps ça attache ! Alors il fallait agir …

Sandrine : Beaucoup beaucoup de films, si bien que j’ai fini par faire une école de cinéma… Beaucoup beaucoup de livres car j’ai très vite compris que je ne serais jamais seule tant que j’aurais un livre dans les mains… Mais très peu de rêveries. Je suis bien trop terre à terre pour me laisser aller à rêver.

Miss Aline : Avez vous des rituels d’écriture (lieu, fond sonore, horaires…) ?

Sandrine : Ma seule contrainte pour écrire est d’avoir la tête totalement disponible or ça n’arrive pour ainsi dire jamais durant l’année. J’attends donc patiemment les grandes vacances d’été pour écrire. En journée, si je veux être sûre d’avoir tous mes neurones en place. Quant au fond sonore, peu importe puisque je n’entends plus rien ni personne dès que je mets à écrire !

Miss Aline : Un roman écrit en un été ? vous y avez travaillez en amont : des recherches si besoin, un plan, une trame, etc ?

Sandrine : Rien de tout ça. J’attends d’avoir en tête un premier paragraphe ou même une simple phrase qui m’accroche. Ensuite je me laisse porter. Jamais de plan ni même de trame. C’est avant tout pour moi que j’écris. Si je connaissais déjà la fin, où serait le plaisir ?!?

Miss Aline : D’accord… alors si je vous dis : »il observait depuis plusieurs heures … » vous pourriez partir ce ça et écrire des pages…?

Sandrine : À quelque chose près, oui ! Il faudrait juste que j’aie déjà en tête ce qu’il observe. Et surtout que cette phrase vienne de moi et non d’une flingueuse sans pitié !!! Mais ça suffirait, oui. C’est en tout cas à ça que ressemble ma méthode de travail !

Miss Aline : Je comprends très bien. vous pouvez tout de même garder la phrase… lol.

Sandrine : C’est qu’elle est pas mal cette entame !

Mardi 18:26

Dany : Alors si j’ai bien compris il y a génération spontanée au contact d’une phrase … mais dans la construction de l’histoire ensuite, elle se fait au fil des lignes ? Il faut un minimum de rationalité pour que l’auteur puisse emmener les lecteurs où il veut …

Sandrine : Je sais que ça peut paraître étonnant mais non, j’écris au fil des lignes. J’ai un esprit plus matheux que littéraire or j’ai toujours associé les polars à des maths. J’y vois une construction logique. Du coup, en écrivant de la sorte, je m’impose un challenge. Je crée un puzzle de toutes pièces sans avoir l’image finale en tête. A moi de retomber sur mes pattes. Chacun s’amuse comme il peut 😉

Miss Aline : Parlons des Jumeaux… il a commencé comment ce livre du coup ?

Sandrine : C’est malheureusement l’actualité qui m’a soufflé l’accroche. Au moment où j’ai entamé la rédaction de ce livre, l’affaire Grégory revenait sur le devant de la scène et on pouvait voir en boucle le portrait de la petite Maëlys qui venait juste de disparaître. Ces deux faits divers m’entêtaient et je pense que j’ai eu besoin de l’exprimer…à ma manière, bien sûr.

 

Miss Aline : Quels sont vos impressions, votre ressenti face au succès de votre livre. ?

Sandrine : Ça reste assez abstrait pour moi, pour l’instant. Et j’évite de trop y penser pour ne pas me mettre la pression pour les prochains !

 

Mercredi 06:41

Miss Aline : Vous pensez que par cette récompense on attend encore mieux sur le prochain roman ?

Mercredi 20:27

Sandrine : Ce prix m’a amené de nouveaux lecteurs et peut-être que ces derniers attendent de retrouver ce qui leur a plu dans Les Jumeaux or chaque livre est différent. En tout cas, il l’est pour moi.
Miss Aline : Vous participez au Trophée Anonymu’s : les mots sans les noms. Pourquoi participer à ce concours de nouvelles ?

 

Jeudi 12:54

Sandrine : Parce que je suis faible et que j’ai répondu à l’appel des sirènes ! Plus sérieusement, je trouve ce principe très sympa. Cela permet aux lecteurs de se laisser porter par une écriture sans en attendre quoi que ce soit de particulier puisqu’ils n’ont pas de repères de comparaison.

Dany : Comment faire le choix du format … nouvelle ou roman ?

Sandrine : Pour ma part, je ne suis pas une fan de nouvelle, dit celle qui a accepté de participer au Trophée Anonymu’s 😉
Que ce soit en tant que lectrice ou auteur, je préfère les romans. Là, c’est pour ainsi dire exceptionnel, c’est un exercice imposé. Le reste du temps, la question ne se pose même pas.

Jeudi 15:42

Dany : Si vous ne savez pas comment va se dérouler une histoire que vous commencez… comment avez-vous choisi d’à voir un héro récurrent ?

Sandrine : J’ai eu un héros récurrent, en l’occurrence une héroïne, uniquement sur mes 3 premiers romans. Le 4ème y faisait un clin d’œil mais c’est tout. Depuis, ce sont des équipes d’enquêteurs totalement différentes. Après, je ne dis pas qu’elles ne reviendront pas un jour, ni même que ma toute première héroïne, Max, ne refera pas surface… ce sera selon l’envie et l’inspiration… Mais comme c’est à mon intention que j’écris, l’idée de rencontrer des nouveaux personnages m’amuse toujours un peu !

 

Jeudi 16:58

Dany : Donc beaucoup de spontanéité, rien de préétabli au début de l’écriture, des héros qui arrivent ou pas, une histoire qui se construit au fil du temps … même pas un petit plan ni un synopsis pour guider la plume ?

Sandrine : Eh non, rien de tout ça ! Même mon éditeur n’a pas le droit à son synopsis. Il est obligé de me suivre pas à pas. Peut-être qu’un jour je deviendrai moins sauvage, voire professionnelle ! 😛

Dany : C’est très étonnant tout ça … néanmoins, vous avez des modèles en littérature policière, contemporains par exemple ? Ou au moins avez-vous des contemporains que vous appréciez particulièrement ?

Sandrine : Bien sûr que j’ai des modèles ! J’ai toujours aimé le polar et ce depuis mon enfance. Donc oui, tout ce que j’ai pu lire ou voir au cinéma m’inspire. Cela étant, lorsque je mets à écrire, j’évite d’en lire pour justement ne pas être tentée de calquer, involontairement bien sûr, mon style à celui d’un autre. Qui plus est, je n’aime pas forcément le thriller – à proprement parler. J’aime le noir ou les enquêtes pures et dures. J’aime les polars légers avec de l’humour, comme ceux de Nick Gardel ou Antonio Manzetti, qui est mon chouchou du moment.

Dany : Et quels sont vos rapports avec vos lecteurs ?

Sandrine : Jusqu’ici plutôt bons ! Enfin… je crois 😛
Nous échangeons souvent. Sur les personnages, les situations, le bien et le mal…

Miss Aline : Tenez vous compte de leurs remarques pour les romans suivants ?

Sandrine : J’ai essayé, au tout début, puis j’ai vite abandonné. Il y a autant de lectures différentes que de lecteurs, et donc autant d’avis. Ce qui a plu à l’un a eu l’effet inverse pour l’autre, et vice versa. J’ai donc compris que je ne pourrais jamais satisfaire tout le monde et qu’il valait mieux que je continue à faire ce que j’aime si je ne voulais pas me perdre en route.

Miss Aline : 👍

Miss Aline : Pensez vous qu’écrire est quelque chose que l’on porte en soi ou quelque chose qui s’acquiert, se travaille ?

Sandrine : Je pense que l’on porte en soi des émotions à partager. L’écriture peut être un moyen de le faire. Il y en a d’autres. Maintenant, se refuser d’écrire parce qu’on redoute de ne pas être doué pour ça serait dommage. La technique peut se travailler. Après, il faut tout de même une histoire. Ça, c’est plus compliqué.

Miss Aline : Y a t il des histoires qui dorment dans le fond de vos tiroirs ?

Sandrine : Non, aucune vu que je ne sais pas ce que je vais écrire quand je débute la phase d’écriture. Mais je vois bien que vous avez du mal à me croire sur ce point 😂

Miss Aline : Pas du tout. Vous auriez pu écrire quelque chose dont vous n’étiez pas pleinement satisfaite et vouloir le reprendre plus tard. 😊
Quel livre auriez  rêvé d’écrire et pourquoi ?

Sandrine : Ah ben non, quand j’ai le début d’une histoire je suis trop contente pour la lâcher 😉
J’avoue que j’aurais adoré être capable d’écrire Shutter Island de Dennis Lehane. La fin est magistrale ! Si vous faites un sondage sur qui a compris quoi, vous aurez environ 50% / 50% de réponses contradictoires et je trouve ça incroyable. C’est un tour de force. Le lecteur est persuadé d’avoir compris sauf qu’il ne se rend même pas compte qu’il interprète sa fin en fonction de sa tournure d’esprit.

Vendredi 06:22

 Les Flingueuses : L’un de vos livres vous tient il particulièrement à cœur  et pourquoi ?

Vendredi 08:50

Sandrine : Peut-être le premier car il est le point de départ d’une très belle aventure. Mais j’avoue que lorsque je finis un livre, je m’en détache assez vite. Il ne m’appartient plus. Très souvent, lorsqu’il est publié, je suis déjà passé à autre chose dans ma tête. Pas forcément en terme d’écriture, je suis seulement dans une nouvelle étape de ma vie.

Geneviève : 😮

Vendredi 11:04

Dany : Alors … où êtes-vous dans votre tête en ce moment ?

Sandrine : À la finalisation du prochain tout en étant à fond dans mon travail « de la vraie vie ». Donc forcément, c’est un peu le bordel dans ma tête, on va pas se mentir 😉

Dany : On peut avoir un scoop sur le prochain ?

Sandrine : Même sous la torture, je ne dirai rien !!! Sauf si la torture consiste à m’arracher les ongles ou les dents. Là j’avoue que je peux vite devenir chochotte.

Geneviève 2 : Ne me tente pas Sandrine  😈

Sandrine : 😆

Miss Aline : Vous fréquentez les salons que vous apportent ils ?

Sandrine : Beaucoup d’échanges. Avec les lecteurs mais également avec les auteurs. Ecrire est un plaisir solitaire qui apporte forément un lot de doutes, de remises en question. Donc échanger sur les expériences de chacun ou avoir des retours de lecteurs, c’est important. Ça rebooste !

Miss Aline : Un mot sur vos et pour vos lecteurs ?

Sandrine : Je ne suis pas très douée pour parler de moi, quelles que soient les circonstances, mais si un auteur à les lecteurs qu’il mérite, alors je me dis que je dois être une fille pas trop mal, tout compte fait, car une chose est sûre : j’ai des lecteurs en or !!!

Miss Aline : Un coup de cœur et un coup de gueule ?

Vendredi 14:05

Sandrine : Des coups de cœur j’en ai tous les jours : les personnes que je rencontre, un retour de lecteur enthousiaste, même le sourire d’un inconnu. Je dois être la seule cruche qui se balade dans le métro parisien le sourire aux lèvres, telle la béate un peu neuneu du quartier. Parce que j’écoute un morceau qui me donne la pêche, que j’ai une pensée heureuse ou encore parce que je rentre chez moi et que je sais que je vais y être bien. Du coup, étonnamment, des inconnus me sourient en retour et j’adore ça !  Je mets un point d’honneur à relever – et même m’attarder – sur tout ce qui peut embellir ma journée.
Les coups de gueule ça me stresse alors j’évite. Quand quelque chose ne me va pas, je passe à autre chose, tout simplement.
Ah si, j’ai peut-être un coup de gueule qui traîne depuis longtemps : j’aimerais que les marketeux arrêtent d’écrire « ouverture facile »sur des emballages alors que moi je suis à deux doigts de sortir un marteau ou un tournevis pour y arriver. Ne pas réussir à ouvrir un emballage, je peux gérer, mais le fait qu’il y ait écrit « ouverture facile » m’indique que je suis la seule golio à pas y arriver et ça, ça m’agace !!!

Dany : Mais c’est de la violence pure ça Sandrine !!! En plus vous semblez l’excuser dans ce cas

Sandrine : Absolument !!! Je pensais taire cette haine enfouie jusqu’à ma mort mais puisqu’on me donne la parole, je balance !

Vendredi 18:31

Miss Aline : Avant de conclure pouvez vous nous parler de vous projets ?

Sandrine : Comme évoqué précédemment, je participe en ce moment au concours du Trophée Anonymou’s que je ne peux que vous conseiller de suivre, il y en a vraiment pour tous les goûts, et je finalise mon dernier polar qui devrait sortir dans le courant du premier trimestre 2019 (c’est un mini scoop, non ?). La rentrée risque d’être riche en événements puisque mon 4ème roman – Ils étaient Cinq – sortira le 14 février chez Pocket et que les Jumeaux connaîtront une autre vie à l’étranger. Bref, je ne devrais pas m’ennuyer dans les mois à venir.

Geneviève😮

Miss Aline : Merci pour le Mini scoop ! 
Le mot de la fin : que vous vouliez dire mais qu’aucune question ne vous a permis de le dire ou tout ce que vous voulez ?

Dany : J’ai bien compris que l’on pourra procéder à des contrôles judiciaires en 2019 ! Pour ma part je vous quitte et je vous laisse conclure ensemble ! Merci Sandrine et j’espère à bientôt !

Miss Aline : 👍

Miss Aline : Bonsoir Danièle.

Dany : Bonsoir Aline,bonsoir Sandrine

Sandrine : bonsoir Danièle et merci !
Le mot de la fin ? Pourquoi être si définitif ! Moi j’aurais tendance à dire : à  bientôt ! Mais cette fois, sans entrave et plutôt devant un bon verre de vin 😉

Miss Aline : le mot de la fin est donc une invitation… on prend ! lol.

Sandrine : voilà 🙂

Miss Aline : c’est noté.
On vous remercie pour le temps que vous nous avez consacré. Ce fut un bon moment d’échange. Passez un excellent week-end… et on se bipe pour l’invitation ! lol.

Sandrine : Avec grand plaisir ! merci à vous même si je ne pensais pas un jour remercier mes geôlières 😛

Miss Aline : Il fallait passer par les flingueuses pour vivre ça ! 😉

Sandrine : 😆

Geneviève 2 : Oui merci à toi madame l’auteure et merci à  nos deux flingueuses.  Super vos échanges.  J’ai  adoré et j’espère que nos lecteurs aimeront autant.

Sandrine, Dany😍

Geneviève 2 : La porte flingue est happy

Sandrine : Alors suis happy aussi 🙂