Luca de Franck Thilliez


Aujourd’hui c’est double chronique.

Et c’est nos flingueuses alsaciennes qui nous donnent leur avis sur le dernier Thilliez.

Et ce matin c’est Sofia qui s’y colle.

 

Le livre : Luca de Franck Thilliez. Paru le 2 mai 2019 chez Fleuve éditions dans la collection Fleuve noir. 22€90 ; (550p) ; 14x21cm.

4ème de couverture :

Partout, il y a la terreur.

Celle d’une jeune femme dans une chambre d’hôtel sordide, ventre loué à prix d’or pour couple en mal d’enfant, et qui s’évapore comme elle était arrivée.

Partout, il y a la terreur.

Celle d’un corps mutilé qui gît au fond d’une fosse creusée dans la forêt.

Partout, il y a la terreur.

Celle d’un homme qui connaît le jour et l’heure de sa mort.

Et puis il y a une lettre, comme un manifeste, et qui annonce le pire.

S’engage alors, pour l’équipe du commandant Sharko, une sinistre course contre la montre.

C’était écrit : l’enfer ne fait que commencer.

L’auteur :  Franck THILLIEZ est né en 1973 à Annecy. Il était ingénieur en nouvelles technologies, il se consacre maintenant à l’écriture. Il vit actuellement dans le Pas-de-Calais. Il est membre de La Ligue de l’Imaginaire. Il est l’auteur de 17 romans, parmi lesquels Atomka, Le Syndrome E et, plus récemment, Pandemia Rêver et Sharko. Lauréat du prix Étoiles du Parisien-Aujourd’hui en France pour le meilleur polar 2014 avec Angor, il confirme sa place de pilier du thriller français et continue d’alterner one shots et enquêtes menées par son couple phare, Lucie Henebelle/Franck Sharko. Après Sharko où on retrouvait le duo de flics, il revient avec un one shot Le manuscrit inachevé. Adapté au cinéma pour La Chambre des morts (prix SNCF du polar français), Franck Thilliez est aussi scénariste. Ses livres sont traduits dans le monde entier.

 

Extrait :
« Franck ne dit rien et fixa la route. Bon Dieu, ses fils lui manquaient, et il se demanda s’il pourrait les protéger de toute cette violence encore longtemps. La violence pervertissait ce qu’elle n’anéantissait pas, et ses gosses allaient grandir dans un monde où les bombes menaçaient d’exploser à chaque coin de rue, où des adolescents se suicident en direct sur Periscope et où on parlait de mettre des flics dans les écoles. Chaque nouvelle génération allait devoir supporter les maux des générations précédentes »

Les P’tits Papiers de So

LUCA de Franck THILLIEZ

Dans ce dernier opus, Franck Thilliez revient, au sommet de son art. Le Maestro maîtrise sa partition, c’est à se demander comment il fait pour nous emmener toujours plus loin, toujours plus haut, emportant son lecteur plus encore dans l’obscurité.

Dans son dernier roman de la saga Sharko/Hennebelle, nous avions quittés les héros et la bande de flics au bord du gouffre, aux portes du 36 quai des Orfèvres.

Deux ans plus tard, c’est avec un grand bonheur que nous retrouvons le couple phare, et bien d’autres encore, au Bastion.

Contrairement à Sharko, l’intrigue est d’avantage mise en avant. C’est pied au plancher que démarre le roman, dès les premières pages, la tension est à son comble, et ne fera que croître, véritable apnée, palpitations, nerfs à vifs, aucun répit. Du grand art signé Thilliez.

Et sa signature, bien évidemment, c’est de toujours mettre en avant l’Homme et la science.

L’une des plus grandes surprises de cette œuvre, est le nombre de thématiques abordées ; Intelligence Artificielle, PMA, manipulations génétiques, l’auteur n’a pas son pareil pour nous plonger dans l’horreur de notre société.  C’est sans compter la précision qu’on lui connait pour appuyer tous les faits en lien avec ces thématiques, glaçant.

Œuvre de fiction bien évidemment, et pourtant, criante de réalisme, nous poussant à nous interroger sur notre place et notre rôle dans la société.

LUCA est sans doute le roman le plus contemporain qu’il ait pu écrire, une lecture en réalité virtuelle…

Déroutant, bouleversant, glaçant, terrifiant, voilà ce qu’est LUCA.

Vous l’avez compris, j’ai été emballée par cette lecture, probablement mon roman préféré. Avec un (minuscule)bémol tout de même, le sentiment que LUCA pourrait plus être considéré comme un One Shot avec des guests stars. Bémol parce que j’ai rencontré Sharko et Lucie étudiante, j’ai grandis avec eux, j’ai souffert avec eux, presque 20 ans qu’ils m’accompagnent…Tous les 2 ans, c’est comme si je retrouvais de vieux potes, cette année j’aurai aimé les avoir un peu plus longtemps à ma table…

Quoi qu’il en soit, lorsque j’ai refermé le bouquin, j’ai lâché un juron avec un sourire jusqu’aux oreilles…Mr Thilliez, vous êtes mon maître absolu !!!!!

 

Dans la brume écarlate – Nicolas Lebel.


La double chronique,

vous connaissez le principe maintenant la double chronique c’est deux avis pour le prix d’un.

Deux Flingueuses vous propose leurs avis respectifs sur une même livre.

Aujourd’hui c’est Mamie Danièle et Ge notre porte Flingue qui s’y collent.

Alors bonne lecture.

Allez on démarre par la chronique de Ge

Le livre : Dans la brume écarlate de Nicolas Lebel. Paru le 27 mars 2019 aux éditions Marabout  dans la collection Black lab . 19.90 € ; (389 p.) ;  15 x 23 cm.

4ème de couverture :

Dans la Brume écarlate

« Il n’y eut pas un bruit dans la rue désolée, dans la ville morte, et pourtant elle sut que quelqu’un, quelque chose était là, qui l’épiait, vorace et concupiscent, avide, alors son coeur détona et elle se mit à courir, son haleine se mêlant à la brume épaisse qui accrochait son corps, ses vêtements, ses cheveux, qui collait à sa vie, la freinait, l’empêchait de fuir ce cauchemar éveillé. Elle hurla dans sa course impossible car quelqu’un, quelque chose était là qui la talonnait, s’enivrait de sa terreur, en voulait à sa vie. »

Paris, XIIe arrondissement. Une étudiante disparaît. À travers la ville engluée dans une brume épaisse, le capitaine Mehrlicht et son équipe mènent une course contre la montre pour retrouver celui qui sème derrière lui des cadavres exsangues.

 

L’auteur : Nicolas Lebel est né à Paris où il vit encore aujourd’hui. Après quelques allers-retours aux quatre coins du globe, il revient à Paris où il tente depuis plusieurs années d’enseigner l’anglais aux Français. Passionné de littérature et de linguistique, il publie en 2006 une première fiction, une épopée lyrique en alexandrins : Les Frères du serment, qui sort dans un silence prometteur. En 2013, il publie aux Éditions Marabout L’Heure des fous, en 2014, Le Jour des morts, puis en 2015, Sans Pitié ni remords (2017-Livre de poche), puis en 2017 De Cauchemar et de feu, quatre romans policiers caustiques où histoire, littérature et actualités se mêlent, des romans noirs qui interrogent et dépeignent la société française contemporaine avec humour et cynisme, dont le ton est souvent engagé, et le propos toujours humaniste.
Animal carnivore à sang chaud, Nicolas Lebel est un roux émotif, partiellement fumeur, explorateur intrépide des Côtes du Rhône et des Whiskies Islay, une quête que les lecteurs encouragent en lui faisant de nombreux cadeaux dans les festivals
Extrait : 
« Lucie percuta un arbre surgi du brouillard, perdit une chaussure et tomba au sol, hébétée, s’empêtra un instant dans les ombres osseuses des ramures noires, se releva, reprit sa fuite aveugle, des larmes dans les yeux, traversa une ruelle en piaulant à l’aide, boitant sur son pied nu, trouva un hall d’immeuble, une porte fermée, des rangées de boutons d’Interphone, lueurs dans la nuit, pressés du plat de sa main écorchée, des anonymes qui décrochèrent mais n’entendirent que le cri aigu et lointain d’une femme avalée par le brouillard. »

 

 

Le post-it de Ge

Dans la brume écarlate de Nicolas Lebel.

Quel pied, mais quel pied que ce nouveau roman de Nicolas Lebel.

Décidément je ne regrette en rien d’en avoir fait mon chouchou. Il est vraiment talentueux ce garçon et il a une vraie plume.

Dans la brume écarlate on retrouve le petit capitaine Mehrlicht et son équipe engluée dans de sombres histoires. On retrouve la gouaille de Mehrlicht, son sale caractère. On retrouve ses lieutenants, Dos Santos, ses doutes et ses travers, Latour et son âme d’infirmière toujours au chevet de la veuve et l’orphelin.

Notre joyeuse bande d’enquêteurs, joyeuse pas si sure, va être confronter à de drôles d’enquêtes.

Sa fille, Lucie, une étudiante, n’étant pas rentrée de la nuit, une femme sollicite le capitaine Mehrlicht au commissariat du XIIe arrondissement de Paris. Dans le même temps, son équipe est appelée au cimetière du Père-Lachaise, où les gardiens ont découvert une mare de sang, mais pas de corps. Un peu plus tard, le cadavre exsangue d’une femme est retrouvé dans la Seine.

Avec ce 5e opus des aventures de Merlich, Nicolas Lebel a décidé de rendre hommage au roman gothique. Dans les brume écarlate en utilise tout les codes, un lieu inquiétant, des éléments naturels appropriés, la présence de l’au-délà et et une atmosphère d’angoisse et de mystère.

Notre auteur joue à merveille avec ces codes. Il distille tout au long de cette enquête classique des petites touches de surnaturel. Il soigne ses décors, il s’attache même à ceux ci, les eaux trouble de la seine, les histoires mystérieuses du cimetière du Père-Lachaise …

Mais il n’en oublie pas pour autant la réalité sociale de notre époque. L’Immigrations.  Les migrants sont aussi un de thème de ce roman. La peur de l’autre, la xénophobie, l’invasion de notre pays par des milliers de musulmans potentiels terroristes. Ces émigrés révélateurs de nos peurs ancestrales. L’insécurité sur laquelle surfe quotidiennement l’extrême droite et la droite extrême propageant insidieusement ses idées nauséabondes.

On aborde aussi ici le thème des violence faites aux femmes. Nicolas Lebel se pose en féministe, évoquant la place de la femme dans notre société. La vision que le monde a et a eu de la femme à travers le temps. La femme victime de l’oppressions des hommes et des classes dominantes.

D’ailleurs l’idée du roman gothique est une nouvelle fois bien vu, les femmes, notamment les britannique ayant été les pionnières du genre. On pense à Clara Reeve, Ann Radcliffe, Sophia Lee et Charlotte Smith. De Charlotte Drake à Mary Shelley et son Frankenstein. Ces femmes qui ont façonné la littérature gothique pour en faire une littérature noire.

D’ailleurs il est très plaisant de retrouver des citations de ses œuvres majeures du roman noir anglais tout au long de notre lecture. Mary Shelley bien-sur mais aussi  Bram Stocker et son Dracula ou encore Oscar Wilde et Le Portrait de Dorian Gray. On y entrevoit aussi Edgar Allan Poe mais aussi le docteur Jekyll et son  double M. Hyde. 

Et puis la poésie, l’onirisme sont toujours présent dans les livre de Nicolas Lebel. Les mythes, les légendes aussi. Cette fois c’est vers la Roumanie qu’ils vont nous transporter avec la figure de Vlad l’empaleur et de toutes ses représentations contemporaines.

Bref vous l’aurez compris je me suis régaler à la lecture de ce titre de Nicolas Lebel.

Surtout que notre auteur sait distiller à merveille des petites touches d’humour bienvenues au milieu de toute cette tension. Et croyez moi, vous aussi vous allez vouloir tenter les sélections pour « Question pour un champion. » Mais quelle trouvaille mister Niko….Je ne vous en dis que ça, je ne vous en dis pas plus….

Une lecture enthousiaste comme lorsque je j’avais découvert il y a une petite quinzaine d’année  Les ogres du Gange de Philippe Cavalier , le premier volume de la tétralogie Le siècle des chimères.

Dans la brume écarlate est un roman brillant,  intense , flamboyant un grand roman

Dans la brume écarlate est de ces titres qui vous mettent du baume au cœur et qui vous redonne goût à la lecture. Merci pour cela aussi Nicolas.

 

Extraits :
« Aujourd’hui on percevait encore le célibat d’une femme comme la dernière des tares, et chacun de ses proches s’ingéniait à proposer untel, l’ami d’amis, souvent Prince des Tocards ou Archiduc des Blaireaux, parce que à leurs yeux il valait mieux qu’une femme fût mal accompagnée que seule. Il en allait ainsi depuis la nuit des temps : la femme seule ne savait pas se tenir. »
« – Tout ça parce que vous prenez la tangente ? Vous laissez les potos clapoter dans la mistoufle ? La mistoufle ? répéta Matiblout , cueilli . La mistoufle ! Parce qu’on va se dorer la lune dans les sphères . Mais enfin capitaine… Y’a pas de  » capitaine « , patron ! La demande de bornage ! Ca fait deux plombes qu’on l’attend ! Et l’autre jean-foutre de Dubois qui a de la pisse de chat dans les veines et qui tricote des pincettes dès qu’il a une responsabilité ! Les  » pincettes  » ? Mais…et c’est pas avec les quiches qu’on a ici , les Truffeau et consort,qu’on va relever le niveau ! A croire qu’on regroupé tous les décébrés de la police nationale dans le même zoo ! »

 

 

L’ombre de Nola de Sacha Erbel


Le livre : L’ombre de Nola de Sacha Erbel – Paru le 29 mars 2019 aux éditions Eaux troubles – 21 € ; (364 pages) ; 14.5 x 21cm

4ème de couverture :

Jamais je n’aurais soupçonné une telle tempête à l’intérieur de moi. Mon autre nature était enfermée comme dans une prison de haute sécurité avec ses écrous et ses barreaux. Ne laissant apparaître que naïveté et apparente légèreté. Mais le monstre a libéré un autre monstre. Et ce que toi tu m’as fait, je vais te le rendre. Je vais te le renvoyer tel un miroir et il ne manquera rien, tu peux me croire.
Douleur, colère, terreur, vengeance, tout y sera. Et ce miroir reflétera toutes tes imperfections. Tel le portrait de Dorian Gray, ces imperfections deviendront pustules, pourriture de ce que tu es à l’intérieur de toi…  » Depuis son retour en France, Talia a changé. Le don qu’elle a acquis à la Nouvelle-Orléans n’y est peut-être pas étranger. En ce début janvier, une nouvelle vision la perturbe.
Un homme pendu. Talia sait que cela annonce un meurtre. Cependant personne ne la prend au sérieux. Etant donné ce qu’elle apprend, Charlie, sa meilleure amie depuis toujours, craint qu’elle ne souffre d’un important stress post-traumatique. Alors que les meurtres par pendaison se poursuivent, Talia décide de repartir à la Nouvelle-Orléans. Elle doit retourner sur les traces des esprits vaudou. Sur les traces de Baron Samedi.
La porte s’ouvre à nouveau entre deux mondes. Tout n’a pas encore été révélé. Entrez, si vous l’osez…

L’auteur : Diplômée en Criminologie appliquée à l’expertise mentale, Sacha Erbel (un nom de plume) est fonctionnaire de police depuis plus de 20 ans.
Elle travaille au Service de la protection (SDLP) où elle est en charge de la protection rapprochée de différentes personnalités politiques ou civiles.
Elle est auteur d’un premier roman, « L’emprise des sens », publié en 2016.

 

 

 

La chronique jubilatoire de Dany

L’ombre de Nola de Sacha Erbel

L’action se passe simultanément à Paris et à la Nouvelle-Orléans. Les lecteurs retrouvent Talia, héroïne de l’emprise des sens, paru en 2016.

La prêtresse vaudou, Azaïa, fille de Marie Laveau, n’a de cesse qu’elle revienne à la Nouvelle-Orléans, persuadée que son apprentissage doit encore franchir des étapes initiatiques afin d’être pleinement opérationnelle et en capacité de lui succéder.

Alors que Talia renoue à Paris avec d’anciennes connaissances, dont un duo de flics et sa meilleure amie, une série de meurtres avec un mode opérationnel identique fait qu’elle en devient le principal suspect. Il est temps pour elle de prendre le large.

Les aventures de Talia et de Charlie nous offrent en prime, l’exotisme du carnaval de La Nouvelle-Orléans

J’ai trouvé ce volet (un peu) moins inquiétant que le premier … sans doute est-ce que l’on s’habitue à tout, même à l’occultisme et à l’ésotérisme. C’est un roman cependant bien noir et l’atmosphère y est pesante et moite.

A saluer tout particulièrement la grande expertise de l’auteure en matière de criminologie. Elle remet quelques pendules à l’heure pour le lecteur parfois englué entre les différents qualificatifs donnés aux crimes répétitifs.

Très bon moment de lecture, à ne pas bouder !

Je remercie Sacha Erbel et les éditions Eaux troubles de m’avoir permis d’accompagner Talia à la Nouvelle-Orléans.

Lu en version numérique.

 

Extrait :
« Pour Max, prendre le recul nécessaire passe par l’ingurgitation de sandwichs grecs dégoulinants en plein milieu d’une scène de crime. 
Comme lorsque Jonah travaillait en commissariat, dans le car PS (Police Secours), la première fois qu’il avait transporté un cadavre à l’IML. Pendant les premiers instants qui suivent la mort, on continue de dire « personne décédée », parce qu’on voit encore l’être humain, et heureusement. C’est ce qui permet de garder la flamme, l’étincelle d’humanité dans un boulot où l’on ne croise par moments que souffrance et misère. »

 

Extrait 2 et 3
« C’est   quand   même   con   de   se   dire   qu’aux   portes   de   la   mort qu’on a invitée, on aime autant la vie ! Ou alors, il faut être super lourd et mourir sur le coup ! Sinon, on doit passer par plusieurs phases vachement réjouissantes !
— Il y a effectivement trois phases. La première, on l’appelle
« période initiale de la pendaison ». C’est le moment précis où le poids du corps s’abandonne sur le lien qui enserre le cou. Le visage   du   sujet   cyanose,   il   a   une   sensation   de   chaleur.   Ses oreilles sifflent, il a des étoiles, des scintillements dans les yeux, des éblouissements. Ses jambes deviennent très lourdes. Sans parler de la suffocation à cause de l’œdème du larynx. C’est ce qui   s’est   passé   pour   nos   victimes.   On   est   face   à   une strangulation, et pas une rupture cervicale.
— Charmant ! dit Jonah.
— La  deuxième période est dite « convulsive ». Le sujet y entre   une   fois   qu’il   a   complètement   perdu   conscience.   Et comme son nom l’indique, le sujet convulse. Ce qui peut parfois entraîner des ecchymoses traumatiques. Pour enfin entrer dans la troisième période qu’on appelle « période terminale ». C’est la mort apparente. En premier, le sujet cesse de respirer, et quelques minutes plus tard, le cœur s’arrête.
— OK ! Je me demande bien pourquoi j’ai abordé le sujet ! »
 
«…La psychose   est   la   maladie   mentale.   Les   maladies   mentales   se décomposent en trois grandes psychoses : la schizophrénie, la paranoïa et la psychose maniaco-dépressive. La psychopathie, contrairement à ce que la plupart des gens croient, n’est pas une   maladie   mentale.   C’est   un   trouble   de   la   personnalité.
L’absence   d’empathie,   de   remords,   la   manipulation   la caractérisent. On ne la soigne pas. Le système de pensée est toujours   présent.   La   personnalité   psychopathique   connaît   la différence entre le bien et le mal. Il y a une pensée cohérente derrière  la  psychopathie. Ce qui veut dire  qu’il n’y a  pas de maladie mentale. C’est bien pour cela que nombre de tueurs psychopathes   sont   incarcérés,   et   non   en   établissement psychiatrique. 
— Oui, ça y est ! Le fait de cacher ou, a contrario, d’exposer ses   victimes   selon   une   mise   en   scène   particulière ? !   ajoute Charlie. Elle sent ses connaissances refaire surface.
— Exactement ! Et aussi le  fait  de choisir des victimes de même type physique, comme Ted Bundy le faisait, et de passer à l’acte selon des rituels précis démontre une pensée. Ce ne sont pas des meurtres d’opportunité. Il est toujours difficile de
faire comprendre à quelqu’un qu’un homme comme Ted Bundy n’était pas fou, au vu de ce qu’il faisait endurer à ses victimes ! »

Son autre mort de Elsa Marpeau


Son autre mort de Elsa Marpeau. Paru le 7 mars 2019 chez Gallimard dans la collection Série Noire. 20€ ; (288 p.) ; 21 x 14 cm.
4e de couv :
Alex mène une vie normale jusqu’à l’arrivée de l’écrivain Charles Berrier dans le gîte rural qu’elle tient avec son mari. Une nuit, l’homme essaie de la violer. En cherchant à se défendre, elle le tue. Paniquée, craignant que les conséquences de son acte ne détruisent sa famille, Alex dissimule le corps. Avant que la disparition de Berrier ne soit connue, et pour éloigner d’elle les soupçons, Alex décide de s’infiltrer dans son entourage pour trouver qui, parmi les proches de l’écrivain, aurait pu l’assassiner…

Elsa Marpeau• Crédits : Francesca Mantovani/Gallimard

L’auteur : Elsa Marpeau a grandi à Nantes, s’est installée à Paris et a vécu à Singapour. Son autre mort est son sixième roman à la Série Noire, après notamment Les yeux des morts, prix Nouvel Obs-BibliObs du roman noir 2011, L’expatriée, prix Plume de Cristal 2013, ou encore Et ils oublieront la colère en 2015. Elle est également la créatrice de la série Capitaine Marleau.

 

Extraits : 
« Quand ils s’étaient rencontrés, elle avait dix-neuf ans. Elle en aurait quarante dans quelques jours et elle n’imaginait pas comment elle avait vécu ou aurait pu vivre sans lui. Elle aimait la monotonie du quotidien, les bonheurs minuscules, les moments où l’habitude abolissait l’angoisse. Quiconque eût interprété cet amour comme une forme de résignation serait passé à côté de l’essentiel. Certains jours, Alex aimait Antoine avec exaltation. »
« En temps normal, Antoine déposait les filles à l’école en se rendant à Nantes, au lycée Clemenceau où il enseignait. Dans la mesure du possible, Alex évitait les interactions avec l’école, les parents d’élèves, le personnel enseignant, qui l’effrayaient tout particulièrement. Sa scolarité, du primaire au lycée, ne lui avait laissé que des souvenirs de combats et de cruauté. On la disait trop sensible.
Ses filles semblaient mieux armées qu’elle pour affronter cet univers brutal. Elle préférait néanmoins ne pas être témoin des conflits quotidiens auxquels elles se livraient et qu’Alex trouvait insurmontables.
Elle ne se rappelait plus depuis combien de temps elle les craignait. D’aussi loin qu’elle s’en souvienne. Elle se revoyait à six ans, ravie parce qu’une « grande » de CM1 l’avait prise sous sa protection. Pourtant elle n’était pas battue, pas même harcelée. Alors de quoi fallait-il être protégée ?
Elle craignait la cruauté des autres – physique mais surtout mentale. Aujourd’hui encore. Elle ne comprendrait jamais ceux qui n’ont pas peur, ceux qui n’y pensent pas, ceux qui ont confiance. Derrière chaque visage, elle imaginait l’abîme de noirceur. La main de celui qui appuie sur le bouton pour déclencher la décharge électrique dans l’expérience de Milgram. Quelle confiance ? Confiance en quoi, si n’importe qui, soumis à un ordre, est prêt à vous torturer jusqu’à la mort ? Depuis la découverte de la Solution finale, de Dachau, d’Auschwitz, de Buchenwald, de Ravensbrück, de Belzec, de Sobibor, de Treblinka, qui pouvait encore croire en l’humanité ? Une espèce qui non seulement massacre toutes les autres mais se détruit elle-même doit être évitée à tout prix. Il ne s’agit pas de cultiver son jardin, mais d’y dresser des murs, des barricades, pour se mettre à l’abri.
Aucune bête aussi féroce. Aucun animal plus cruel. »

 

Le post-it de Ge

Son autre mort d’Elsa Marpeau

 

Vous savez ce que j’aime chez Elsa Marpeau, c’est qu’elle se réinvente à chaque nouveau bouquin. Pas de héros récurrents, des nouveaux personnage à s’approprier à chaque nouvelle histoire. Des nouveaux lieux aussi.

Mais il y a chez Elsa une constante que j’admire, elle nous présente toujours des héroïnes fortes même lorsque leur intégrité physique est en jeu.

Ici nous allons suivre Alex. Alex que l’on présente comme une femme discrète. Une femme dévoué à sa famille. Une femme aimante. Alex qui sait écouter, qui observe, qui ne se place jamais au centre des débats, des conversations.

Alex toute en retenue, interagissant peu avec les autres, effacée en société, réservée presque invisible.

Alex tient des chambres d’hôtes dans la campagne nantaise. Ce n’est pas la foule dans ce coin trop tranquille aussi pour passé le temps, Alex écrit. Elle s’essaie à l’art subtil de la nouvelle. Un jour elle reçoit un hôte un peu particulier. Un de ses auteurs favoris. Un prix Goncourt,  Charles Berrier. Un auteur qu’elle admire. Il s’est mis au vert pour écrire son prochain roman.

Elsa Marpeau met en place tranquillement tout les ingrédients de son histoire. Elle nous révèle par petites touches les personnalités de ses diverses protagonistes. Simplement, elle tisse les liens qui les relient les uns aux autres. Peu à peu, on sent monter la tension et on attends avidement le drame.

Avec son écriture clinique, elle nous tiens à distance, juste ce qu’il faut pour mieux nous plonger ensuite dans le tourmente.

Oui l’écriture d’Elsa Marpeau, clinique presque froide. Une écriture qui montre simplement. Qui place l’histoire à distance, juste ce qu’il faut pour que nous lecteurs ou lectrices nous puissions nous immiscer dans les interstices que nous laisse l’auteur afin de mieux ressentir l’atmosphère, le suspense, la tension qui monte et les motivations des protagonistes. Bref que nous ressentions les émotions de chaque situation.

En effet, la vie d’Alex va exploser le jour de ses 40 ans. Le jour où  Charles Berrier tentera de la violer.

Et là démarre une autre histoire.

A partir de là Alex va devenir une autre. Je ne vous dit pas comment, je vous le laisse découvrir. Cette autre Alex, c’est que du plaisir. Et si elle devient cette autre c’est pour mieux enquêter sur la personne mais aussi le personnage qu’est et que joue au quotidien Charles Bernier. Elle va totalement devenir lui, penser comme lui. Elle va faire revivre au yeux de tous cette homme qu’elle a tuait et dont elle a dissimulé le corps.

Ainsi décide-t-elle de prendre son destin en main. Et notre auteur une nouvelle fois nous bluffe en nous faisons nous attacher à une meurtrière. Alex a tué, pourtant je vous jure que tout au long du bouquin j’ai souhaité qu’Alex s’en sorte !

Et en plus de nous servir une intrigue menée avec brio, Elsa Marpeau nous propose quelques autres pistes. Des pistes de réflexions sur la création littéraire, sur le petit monde qui gravite autour de la littérature. Ce microcosme diffus qui grouille autour d’un auteur, d’un auteur à succès qui plus est. Une réflexion sur le statut d’écrivain.

Elle nous parle aussi des réseaux sociaux, des dérives qui en découlent, des faux-semblants, des hypocrisies,  de la violence qu’ils peuvent engendrer.

Elle nous parle des femmes et du monde qui les entoure.

Elle nous offre un parfait suspense psychologique. Alex, la phobique sociale va se métamorphoser et nous allons suivre cette périlleuse et pernicieuse transformation. Et jusqu’à bout on se demande comment tout cela va-t-il bien pouvoir finir.

Encore un super scénario de dame Marpeau !

Salon paris 7 : 5e Lire c’est Livre


Salon paris 7

26 Janvier 2019, 5ème Edition du Salon du Livre de la Marie du 7ème !!

Nous nous rendons sur les lieux vers 14H, malgré les soucis de transports liés aux différentes manifestations des gilets jaunes.

Je remercie chaleureusement David Smadja pour l’organisation de ces rencontres, une très belle affiche.

Pour moi, connaissant peu d’auteurs présents je suis ravie de faire de nouvelles connaissances.

Toujours équipée de mon cadavre je suis ravie de le faire gribouiller à Yvan Fauth, Isabelle Bourdial

et Danielle Thiery, entre autres.

 

Timidement je suis allée à la rencontre de Karine Giebel, que je n’ai pas encore lu

et de Romain Slocombe dont j’ai découvert le premier volet sur les bons conseils de notre Cheffe Geneviève.

Toujours un plaisir de croiser René Manzor, un auteur que j’apprécie beaucoup.

Ayant lu Les loups à leur porte et Héléna, c’est enthousiaste que je vais à la rencontre de l’auteur, Jérémy Fel.

J’ouvre maintenant la partie grande découverte de ce salon,

j’ai eu la joie de faire la connaissance de Jérôme Attal, récemment rencontré lors de la soirée « Rock Fictions » ;

d’Elsa Roch

et de Ludovic Misérole.

Je repars équipée afin de découvrir ces nouveautés.

Les salons sont aussi l’occasions de retrouver les copains lecteurs, blogueurs et chroniqueurs.

Les photos parlent d’elles-mêmes.

Nous avons passés un excellent moment ensemble.

Afin de prolonger ce moment, nous cheminons ensemble jusqu’au métro.

Bref, en un mot c’était génial et je me félicité d’avoir su rester raisonnable, pour combien de temps ?

Une Vie de Simone Veil


Le livre : Une Vie de Simone Veil. Paru le 31 Octobre 2007 aux Editions Stock. 22.90 euros. 416 pages. 13,7 x 3,5 x 21,4 cm- Paru le 26 Août 2009 aux Editions Livre de Poche. 7.60 euros. 352 pages. 10,9 x 1,8 x 17,5 cm

4ème de couverture :
Simone Veil accepte de se raconter à la première personne.

Personnage au destin exceptionnel, elle est la femme politique dont la légitimité est la moins contestée, en France et à l’étranger ; son autobiographie est attendue depuis longtemps.
Elle s’y montre telle qu’elle est : libre, véhémente, sereine.

L’auteur : Simone Veil est née en 1927 à Nice. Agée de 17 ans, elle est déportée à Auschwitz. Des études à l’Institut d’Etudes Politiques et à la Faculté de droit la conduisent à entamer une carrière de magistrate. En 1974, elle entre au gouvernement comme Ministre de la Santé et fait voter la loi de légalisation de l’avortement. Elle devient en 1979 la première femme présidente du Parlement Européen. Elle poursuit depuis une carrière politique hors du commun. Elle a été membre du Conseil constitutionnel de 1998 à 2007. Elle a été reçue à l’Académie française en avril 2010.
Extraits :
«Les photos conservées de mon enfance le prouvent : nous formions une famille heureuse. Nous voici, les quatre frère et sœurs, serrés autour de Maman ; quelle tendresse entre nous ! Sur d’autres photos, nous jouons sur la plage de Nice, nous fixons l’objectif dans le jardin de notre maison de vacances à La Ciotat, nous rions aux éclats, mes sœurs et moi, lors d’un camp d’éclaireuses… On devine que les fées s’étaient penchées sur nos berceaux. Elles avaient noms harmonie et complicité. Nous avons donc reçu les meilleures armes pour affronter la vie. Au-delà des différences qui nous opposaient et des difficultés qu’il nous fallut affronter, nos parents nous offrirent en effet la chaleur d’un foyer uni et, ce qui comptait plus que tout à leurs yeux, une éducation à la fois intelligente et rigoureuse.
Plus tard, mais très vite, le destin s’est ingénié à brouiller des pistes qui semblaient si bien tracées, au point de ne rien laisser de cette joie de vivre. Chez nous comme dans tant de familles juives françaises, la mort a frappé tôt et fort. Traçant aujourd’hui ces lignes, je ne peux m’empêcher de penser avec tristesse que mon père et ma mère n’auront jamais connu la maturité de leurs enfants, la naissance de leurs petits-enfants, la douceur d’un cercle familial élargi. Face à ce que furent nos vies, ils n’auront pu mesurer la valeur de l’héritage qu’ils nous ont transmis, un héritage pourtant rare, exceptionnel.»
« Dès le retour des camps, nous avions ainsi entendu des propos plus déplaisants encore qu’incongrus, des jugements à l’emporte-pièce, des analyses géopolitiques aussi péremptoires que creuses. Et puis combien de fois ai-je entendu des gens s’étonner : ‘Comment, ils sont revenus ? Ça prouve bien que ce n’était pas si terrible que ça’. Quelques années plus tard, en 1950 ou 1951, lors d’une réception dans une ambassade, un fonctionnaire français de haut niveau, pointant du doigt mon avant-bras et mon numéro de déportée, m’a demandé avec le sourire si c’était mon numéro de vestiaire !! »

Les Lectures de Maud :

Réédité en poche, 7€60 ; (343 p.-pl.) ; illustrations en noir et en couleur ; 18 x 11 cm.  A ce prix là ce serait dommage de me pas lire cette grande dame

 

 

Une vie -Simone Veil


En ce jour du 8 Mars 2019, j’ai décidé de mettre cette Femme à l’honneur. En lisant ce livre, Simone Veil a eu plusieurs vies en une seule. Des vies connues et d’autres un peu moins.

Son enfance enjouée, entourée de ses sœurs, son frère et ses parents. De Paris à Nice, jusqu’à son arrestation et sa déportation. Son témoignage est à la fois poignant et humble, elle nous raconte sa vie dans les camps, ses joies, ses peines, ses moments de doutes. Connaissant cette partie historique, j’ai surtout été très surprise par son récit sur le retour en France, une fois libérée. C’est effrayant de voir l’accueil des français face à ses rescapés qui ont connu l’enfer sur Terre. J’ai été choqué par certains passages…

Sa vie de femme combattante est bien sûre puisée par sa terrible expérience en tant qu’adolescente, mais aussi par le discours de sa mère qui lui a toujours conseillée d’être indépendante et de travailler. Simone a vu sa mère très peinée d’avoir dû arrêter ses études lors de son mariage. Revenue en France, mariée par amour, elle poursuivra ses études en élevant ses enfants, le tout de front malgré les réticences de son mari.

Magistrate, elle s’est vue attribuée comme premier poste, le suivi des centres pénitentiaires en France et en Algérie. Aux lendemains de la guerre, ils étaient surpeuplés et en piteux état, elle-même ayant vécu l’enfermement elle ne va avoir de cesse d’améliorer les conditions de vie des prisonniers. Le Gouvernement et l’opinion publique à l’époque devant faire face à la famine et au problème de logement, ne voyaient pas d’un très bon œil qu’on s’occupe d’abord des prisonniers. C’est un combat qu’elle mènera et aura des résultats, elle le poursuivra même lorsqu’elle sera à d’autres postes. Elle gardera toujours un œil sur les prisonniers français. De ce combat, de sa fermeté à le mener contre vent et marée, elle sera repérée pour sa pugnacité.

Ensuite Ministre de la Santé, elle va porter la légalisation de l’IVG aux Assemblées. J’ai remarqué que d’un point de vue politique, la loi de légalisation était plutôt bien acceptée (ils avaient compris que des femmes mouraient lors d’avortements clandestins ou celles qui avaient le plus de moyens, partaient à l’étranger) ; elle devra surtout faire face à l’opinion publique qui n’était pas du tout favorable à ce projet, un grand nombre de femmes s’y sont même opposées.

Pendant cette période, elle soutiendra les associations de lutte contre le SIDA, en France et Afrique. Elle rencontrera les différents émissaires religieux afin de faire admettre que le préservatif pouvait sauver des vies. Elle se disait que si les messages passaient par tous les canaux possibles, il serait entendu.

Première Femme présente à la Commission Européenne puis Première Présidente du Parlement Européen. Des fonctions qu’elle a embrassées car elle voulait une Europe unie et surtout « un plus jamais ça » en faisant référence à la seconde guerre mondiale. Elle s’est élevée à faire en sorte que les pays s’entendent afin d’élaborer une structure qui ferait face en cas de conflit. Malheureusement, elle n’aura pas le soutien de la France qui vit en vase clos, elle nous relate que même jusque dans les années 2000, les gouvernements et les français ne se sentent pas concernés par l’Europe. Pour preuve le taux d’absentéisme très élevé lors des réunions et les méconnaissances des dossiers par les représentants français. Elle sera reconnue dans le monde entier pour les avancées qu’elle a mise en place.

Elle terminera sa carrière professionnelle exemplaire comme son commencement en tant que magistrate, membre du Conseil Constitutionnel, de même elle y marquera son passage par une certaine forme d’évolution et une ouverture sur le l’Europe.

En parallèle, elle sera Marraine ou Présidente de plusieurs associations ou fondation juives, afin de mener à bien la restitution des biens spoliés par les nazis.

Dans les dernières pages elle regrette que dans bien des domaines les choses reviennent en arrière, le retour des tabous, ce qu’elle perçoit comme un danger un venir. Le recul de l’Education, de la Médecine suite à des restrictions budgétaires est à ses yeux la mauvaise solution.

J’ai été touchée, émue par cette Femme qui a mené bien des combats que certains sont malheureusement peu évoqués. Elle reconnait en toute simplicité, que certaines fonctions lui ont été attribuées car elle était une femme, que les messages seraient mieux entendus et les dossiers plus étoffés. Avec beaucoup de recul elle fait une analyse de notre société. Cette lecture m’a ébranlée mais m’a permis d’en apprendre beaucoup plus sur certaines périodes historiques non évoquées car trop récentes. Après avoir perdu ses parents et son frère pendant la guerre, elle perdra un de ses fils. Je souhaitais aujourd’hui vous parler d’une grande Dame qui avait une vision au-delà de sa condition personnelle.

Version lue : Numérique

#Jenaipasportéplainte de Marie-Hélène Branciard : Papote de Flingueuse


Le livre : #Jenaipasportéplainte de Marie-Hélène Branciard. Préface de Marie Van Moere. Paru le 7 Septembre 2016 aux Editions Du Poutan. Collection : Romans. 17.50 euros. 266 pages. 21 x 15 cm

4ème de couverture :
Paris, place de la Nation… Après une manif pro « Mariage Pour Tous? », Solün, photographe de presse, découvre le corps inanimé d’une jeune femme. A l’hôpital où elle l’accompagne, elle fait connaissance avec ses potes – une bande d’artistes un poil allumés – et se lance avec eux à la poursuite des agresseurs. Le commandant Jourdan, officiellement chargé de l’enquête va moyennement apprécier leur aide… Les oiseaux noirs de Twitter® et l’ombre de quelques monstres planent sur ce récit tandis qu’une mystérieuse DJ nous parle de vengeance et de création…

L’auteur : Née au siècle dernier au Sahara, Marie-Hélène Branciard a vécu à Lyon, Paris et Dijon. Après des études de sociologie, elle a été successivement pigiste pour des magazines de mode, chargée d’études sociologiques, rédactrice en chef de Planète Spook (magazine du Centre Info jeunesse de Bourgogne). Actuellement webmaster pour le site du salon Des Livres en Beaujolais, elle écrit son troisième roman et tient un blog dédié au design et à l’écriture.

 

Extrait :
Mafalda ignore superbement la bande de morveux qui ricane sur son passage. Avec ses cent kilos, elle a appris à gérer les moqueries au quotidien. Quoi qu’il arrive, où qu’elle se trouve, on la remarque… Son perfecto rose et sa perruque peroxydée n’arrangent rien à l’affaire mais la font se sentir bien, calée dans son armure délirante. Elle ne résiste pourtant pas longtemps à coller une trouille bleu à ces merdeux qui la suivent en la sifflant. Elle se retourne d’un bloc en imitant le Haka des All Blacks :
— Ka mate ! Ka mate ! Ka ora ! Ka ora ! Tenei te tangata puhuruhuru !
Plus un mot. Maf enchaîne ses postures menaçantes du haut de son mètre quatre-vingt. Calmés les mômes !
Elle s’arrête aussi vite qu’elle a commencé. Pas que ça à foutre non plus. Elle s’engouffre dans sa Smart en lançant aux gosses tétanisés :
— Eh ouais, j’ai une Smart ! Ça vous fait marrer aussi les p’tits cons ?
Alors que sa bagnole renâcle à démarrer, elle lance un regard vers l’armée de lutins, prête à en découdre. Plus un chat : son Haka a encore fait ses preuves.
— Non mais ! lance-t-elle en démarrant.

Papote de Flingueuses 

#Jenaipasportéplainte de Marie-Hélène Branciard 

Maud et moi, bibliothèque parmentier polar

Maud et Ge ont la parole

et vous parle d’une même lecture

Geneviève : Hello petite sœur, je suis contente que toi aussi tu es lu le 2eme roman de Marie Hélène

Maud : Bonjour, oui je l’ai lu et apprécié. Très contente qu’on en papote ensemble

Geneviève : Dis-moi est ce que tu savais où tu mettais les pieds en acceptant de lire ce livre à l’aveugle presque.

Maud : Même si 4ème de couverture est très bien faite, il reste une part de mystère qui fait que j’ai été aussi très surprise de son contenu. Et toi ?

Geneviève : Moi j’avais compris que l’on serait dans le milieu LGBT c’est pour cela que j’ai été curieuse.

Maud : On y est quand même, mais peut-être pas comme tu t’y attendais ?

Geneviève : Et puis j’avoue que le débat qu’a suscité le mariage pour tous m’a fait flipper. Toutes ses « manif pour tous » où on a pu entendre des monstruosités obscènes à l’égard des homosexuel (le)s. Non cette mobilisation des extrêmes a été un choc. Je pensais à tort sans doute que la société française avait évolué et évolué plus vite que les mœurs.

Non j’ai comme l’impression qu’au 21e siècle nous sommes moins tolérants qu’à la fin du 20e

Maud : Je te comprends tout à fait. Et donc tu t’attendais à ce que « la manif pour tous » soit plus développée dans le livre ?

Pour moi c’est le point de départ

Les choses changent évoluent mais peut-être pas aussi vite que l’on souhaiterait…

Geneviève : Non, non j’avais bien compris que nous étions là dans un milieu interlope, avec un groupe d’amis plutôt aisés. La 4e de couv’ est assez explicite tu l’as dit toi-même.

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Maud : D’accord. Je trouve bien et même très bien que l’on trouve des auteurs courageux qui se lancent dans des faits de société qui nous concernent tous, la justice, la tolérance

Geneviève : Non juste la problématique est juste évoquée mais assez subtilement pour nous faire réagir.

Maud : oui oui la réaction est immédiate chez le lecteur

Geneviève : Tout comme d’autres problématiques d’ailleurs très actuelles.

Maud : Oui tout à fait d’accord

Geneviève : Cette histoire est bien ancrée dans son temps

Maud : oui elle a sa place afin de contribuer à faire évoluer les gens, les mentalités et la prise de conscience

Geneviève : Difficile d’en parler sans trop en dévoiler

Et oui on peut le dire elle est partisane mais dans le bon sens.

Comme dans un roman noir elle nous montre les dérives de notre société.

Maud : Oui… Ce qui m’ retournée dans ce livre c’est également l’injustice. Elle est très bien amenée et malheureusement un fait universel. Partisane oui mais sans trop être engagée !! Le tout est fait avec pudeur et bienséance

Geneviève : Oui c’est ça, et en même temps, il y a ici quelque chose de plus, il y a une force de conviction. Nos héroïnes sont des combattantes, tu ne trouves pas ?

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Maud : Oui très combattantes. Elles ont soif de justice!!

Et aussi on voit la puissance des réseaux d’amis et réseaux sociaux

Geneviève : Ce qui est bien c’est même si victimes, elles se relèvent et font front !

Alors tu vois le coté réseaux sociaux m’a moins marquée.

Maud : Oui elles ont choisi de revêtir le manteau de battante plutôt que celui de victime. Se relever et avancer même si…

Geneviève : Oui le coté communauté, le coté militant oui là j’étais à fonds dedans

Maud : C’est surtout que toutes les infos trouvées se font hors enquêtes de police, les indices sont trouvés grâce à des hackeurs qui ont épluchés les réseaux

Le côté communautaire est très présent sans tomber dans l’excès

Geneviève : Mais des geeks, il y en a du côté de la police 

Maud : les infos sont d’abord trouvées par la communauté avant les flics. Il y a vraiment eu une mobilisation très importante de ce groupe d’amis

Sans eux l’enquête est au point mort. Le commandant Jourdan le reconnaît et donc d’une certaine manière accepte cette enquête parallèle

Geneviève : Mais c’est vrai qu’ici il y a quelques beaux spécimens de lanceurs d’alertes, mais je n’en dirais pas plus de peur d’en dévoiler trop.

Maud : J’échange avec toi en ayant la 4ème de couverture sous les yeux pour éviter les spoils. Mais oui une vraie démonstration de force

Geneviève : J’ai un autre aveu à te faire.

Maud  Une amitié sincère et une confiance entière les lient. Vas-y

Geneviève : J’ai eu un peu de mal à entrer dans ce livre. Au début je me perdais un peu dans les différents personnages. Surtout dans le groupe d’amis. J’avais du mal à les différencier. 

Maud : suis rentrée totalement dedans dès les premières pages, quant à l’identification : ils ont un rôle bien particulier chacun (c’est mon avis)

Et après ? une fois que tu es rentrée dedans ?

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Geneviève : En fait j’ai fini par avoir un déclic avec l’apparition de la flic.

Maud : La fameuse Commandant Jourdan, flic très atypique j’ai trouvé

Geneviève : Oui notre commandant de police. Carole Jourdan ça ne s’invente pas !

Maud : ha ah

Atypique, je m’explique elle laisse le groupe d’amis enquêter de leur côté car elle sait qu’ils sont accès à des infos qu’elle ne peut pas avoir par la voie normale

Geneviève : Ben oui si tu es  fan de Val McDermid, notre commandant n’est pas sans nous rappeler Carol Jordan une des héroïnes récurrentes de l’auteure britannique.

Maud : Mince je ne connais pas, j’en ai quelques-uns dans ma PAL mais pas encore lus

Geneviève : Et oui quelque part l’enquête de notre groupe d’ami(e)s l’arrange bien même si quelque part, il entrave l’enquête légale. D’ailleurs elle est plutôt sympa avec nos jeunes apprentis détectives.

Maud : Oui elle est sympa avec eux et elle a conscience de ce qu’ils apportent !!! Elle le reconnaît ce qui est rare 

Ils ont des motivations personnelles pour agir et n’ont aucune limite !!

Geneviève : Oui contrairement à la police qui est soumise à des tas de codes et de procédures.

Maud : oui au final ils sont complémentaires !! Le commandant fait en sorte que ce qu’ils trouvent soit recevable !!

Geneviève : Oui en effet, elle n’a pas le choix si elle veut que son enquête avance.

Dis-moi sœurette, comme tu es arrivée à t’identifier dans cette histoire.

Maud : Elle aurait pu les bloquer où les accuser de délit d’entraves et elle a l’intelligence de jouer la carte de la coopération

L’identification, si on peut parler comme ça, j’ai surtout eu le sentiment que même quand les tribunaux n’ont pas la possibilité de rendre justice. La roue tourne et à un moment donné chacun paie son addition et c’est aussi l’Espoir que j’ai ressenti en lisant ce livre qui m’a beaucoup plu

Geneviève : Ah tu voulais que le bien triomphe. Je vois

Moi le sujet qui m’a touché et qui est très présent je trouve dans ce livre c’est la place des femmes dans la société.

Maud : Emue et chamboulée à la fin. Il donne l’Espoir que le bien triomphe d’une manière ou d’une autre à un moment ou à un autre…

Geneviève : Et la place des femmes aujourd’hui !

Maud : Oui aussi, la place des femmes est très importante dans ce livre

Geneviève : Et comme toi j’aime bien le final pas très moral quoique. Mais n’en disant pas plus on risquerait de spoiler

Maud : La morale… oui tu as sans doute raison… moi j’ai aimé cette fin… mais chut chut pas de spoile

Geneviève : Je te reconnais bien là, la justicière que tu es à du kiffer en effet !

Maud : Oui oui 

Globalement j’ai été entraîné par cette lecture du début à la fin…

Geneviève : Moi mais je me répète sans doute, ce que j’ai aimé c’est le côté très actuel du livre. Le coté très contemporain. Les thèmes abordés très dans l’actualité. Mais aussi l’écriture de Marie Hélène est elle aussi très dynamique, très actuelle, j’allais dire très branchée.

Maud : Oui l’écriture est dynamique, ponctuée de dialogues, des phrases courtes qui donnent un rythme à la lecture

Geneviève : Oui et puis le narrateur qui change régulièrement. Parfois ce sont les personnages eux même qui mènent la narration.

Maud : Cette variante permet d’avoir une vision globale de leurs pensées

Geneviève : Oui notre auteur à un style punchy qui colle parfaitement à l’histoire.

Maud : Oui j’ai trouvé aussi!! Je le recommande et toi?

Geneviève : Et visiblement elle connait bien son sujet, ses sujets j’ai envie de dire. Perso moi j’ai bien envie de lire son premier roman. Car j’ai trouvé qu’elle maîtrisait parfaitement la psychologie de ses personnages, elle n’en a pas fait des caricatures, ils sont plus vrais que nature, et elle a un style bien à elle, reconnaissable et j’avoue que celui-ci m’a séduite.

Oui comme toi je recommande ce livre.

Maud : Oui comme dit plus haut, tout est savamment dosé pour éviter lourdeur et caricature! C’est parfait

Ça été un plaisir d’échanger avec toi sur cette lecture! Merci

Geneviève : Une belle découverte pour nous deux, c’est top !

Et on remet ça quand tu veux pour une petite papote matinale !

Maud : Oui, on redécouvrira quand tu veux de nouveaux livres

Geneviève : Chouette, mais en attendant cher Polardeux allez à la rencontre de Marie-Hélène Branciard. Vous ne devriez pas être déçus. Et puis pour les plus averti(e)s vous devriez retrouver quelques références à des personnages de femmes de série de ces dernières années. Si je vous dis, The L World ou encore Dexter, ça vous parle…

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#Jenaipasportéplainte de Marie-Hélène Branciard


Le livre : #Jenaipasportéplainte de Marie-Hélène Branciard. Préface de Marie Van Moere. Paru le 7 Septembre 2016 aux Editions Du Poutan. Collection : Romans. 17.50 euros. 266 pages. 21 x 15 cm

4ème de couverture :
Paris, place de la Nation… Après une manif pro « Mariage Pour Tous? », Solün, photographe de presse, découvre le corps inanimé d’une jeune femme. A l’hôpital où elle l’accompagne, elle fait connaissance avec ses potes – une bande d’artistes un poil allumés – et se lance avec eux à la poursuite des agresseurs. Le commandant Jourdan, officiellement chargé de l’enquête va moyennement apprécier leur aide… Les oiseaux noirs de Twitter® et l’ombre de quelques monstres planent sur ce récit tandis qu’une mystérieuse DJ nous parle de vengeance et de création…

L’auteur : Née au siècle dernier au Sahara, Marie-Hélène Branciard a vécu à Lyon, Paris et Dijon. Après des études de sociologie, elle a été successivement pigiste pour des magazines de mode, chargée d’études sociologiques, rédactrice en chef de Planète Spook (magazine du Centre Info jeunesse de Bourgogne). Actuellement webmaster pour le site du salon Des Livres en Beaujolais, elle écrit son troisième roman et tient un blog dédié au design et à l’écriture.

 

 

 

 

Extraits :
« Ils sont cinq, alignés devant l’immense mur. Ils ont préparé les panneaux numérotés qu’ils encollent avant de les passer à Fifi. Daria est impressionnée par l’organisation. Excepté le froissement du papier et les seaux de colle qui heurtent parfois le sol ou le mur, les street-artistes œuvrent dans un silence parfait. Derrière elle, Zabou enregistre la scène. Elle se déplace avec agilité le regard bloqué sur son écran de contrôle. Sous leurs yeux, la fresque prend forme à toute allure. La journaliste la découvre pour la première fois. Elle sait que d’autres équipes d’artistes sévissent au même moment dans plusieurs quartiers de Paris et dans toutes les grandes villes d’Europe. A Porto, Berlin, Édimbourg… des artistes de tous horizons dénoncent le silence et l’hypocrisie de l’Église face à la pédophilie de ses prêtres.»

 

Les Lectures de Maud :

 

Une histoire très touchante, abordant des thèmes comme l’homosexualité et l’injustice.

Un groupe d’amis va se mobilier afin de percer le mystère de cette agression. Est-ce lié à la manifestions, son thème ou n’a-t-elle strictement rien à voir ? Ils vont user de tous les moyens à leur disposition, réseaux sociaux, hacking, ils vont mener leur enquête.

Le Commandant Jourdan ne voit pas d’un très bon œil que des civiles mènent leur enquête, mais elle doit reconnaître qu’ils ont des moyens efficaces.

Cette lecture m’a éprouvée, touchée et émue car le sujet de l’injustice me tient particulièrement à cœur ; en même temps je me suis régalée de voir qu’un jour d’une manière ou d’une autre la roue tourne.

L’auteur, signe ici un très bon deuxième livre, très original dans sa construction car les flics sont rangés au second plan. Le groupe d’amis m’a littéralement me subjuguée, surprise, étonnée et peut redonner l’espoir à tous ceux qui n’y croient plus. De nombreux dialogues rendent très vivante cette histoire, une belle leçon de vie sur l’amour, l’amitié et l’espoir.

Je remercie l’auteur pour sa confiance !!!

Version lue : Broché

 

Le gamin des ordures de Julie Ewa


Le livre: Le gamin des ordures de Julie Ewa, paru le 30 janvier 2019 aux éditions Albin Michel, collection spécial suspens; 416 pages;19,90 euros; format 14,5 x 3 x 22,5 cm
4eme de couverture :
Recroquevillés au fond d’une impasse où sont entreposées des bennes à ordures, deux enfants et un adulte tentent de s’abriter de la pluie. Lorsqu’elle les aperçoit, la jeune Lina leur apporte aussitôt de l’aide en leur procurant une tente.
Les Stanescu viennent de Roumanie. Le père a atterri ici, dans le nord de la France, avec ses enfants, Darius, neuf ans, et Cybèle, seize ans, espérant récupérer un peu d’argent pour rembourser sa dette au passeur.
Un destin tristement banal pour une famille Rom, à la merci des trafiquants en tout genre, qui bascule lorsque Darius et son père sont portés disparus. Alertée par Cybèle, Lina part à leur recherche avec l’aide de Thomas, un ami, remontant la piste périlleuse d’un réseau criminel aux ramifications puissantes.
Un suspense implacable et remarquablement documenté qui retrace le dangereux périple d’une famille Rom à travers l’Europe. Après Les Petites filles, Julie Ewa confirme sa singularité et se place parmi les jeunes voix du thriller français.

L’auteur Julie Ewa est née à Altkirch , le 16/06/1991.Auteure alsacienne, Julie Ewa est diplômée en philosophie à la faculté de Strasbourg. Elle oeuvre dans le domaine de la protection de l’enfance.
« Les petites filles » (2016) est son premier roman publié et reçoit le Prix des Lycéens Sang d’encre au Festival du Polar de Vienne. Elle publie aujourd’hui son second roman, Le gamin des ordures.

 

Extrait:
 » D’un pas volontairement lancinant, la Rmni se fondit à nouveau parmi les gadjé pour lui montrer l’exemple.Au lieu d’attendre que les passants viennent à elle, elle les interpellait ouvertement en brandissant son gobelet sous leur nez, sans se soucier des réactions virulentes qu’elle suscitait parfois.
« On finit par s’y faire… »
Non, Cybèle ne s’y ferait pas. Elle n’aurait pas la force de l’imiter! Depuis qu’elle avait commencé à mendier, chaque refus lui renvoyait l’image de sa propre médiocrité: le rien, le vide. […]
En les regardant, Cybèle éprouva le désagréable sentiment d’être complètement transparente: un mirage, un spectre, du vent… Pourquoi la fuyait-il comme la peste? Pensaient-ils qu’elle ne méritait par leur attention? »

Le OFF de OPH

Le gamin des ordures de Julie Ewa

Avec Le gamin des ordures , Julie Ewa nous emmène à la rencontre des Roms devant lesquels nous fermons si souvent les yeux… Qui sont-ils? Pourquoi viennent-ils en France? Que vivent-ils réellement? Au delà des clichés, des idées pré-conçues et au travers d’une intrigue criante de réalisme, la jeune auteur nous entraîne dans un roman écrit avec le cœur et l’âme.

Dans ce second roman de Julie Ewa, je retrouve sa plume caractéristique: des images chocs, des pointes d’humour, de la nervosité enrobée de douceur. Les chapitres sont courts et les 416 pages se lisent sans même que l’on s’en rende compte.

Les lieux et les références temporelles s’imbriquent les uns dans les autres sans pour autant nous faire perdre la chronologie des événements, contribuant à maintenir la tension narrative tout au long du roman.

Une fois encore, elle nous livre des personnages attachants qui nous font sourire, pleurer, qui nous touchent…

Mais ce qui marque le plus dans ce second roman, ce n’est pas l’intrigue, aussi bien menée soit-elle, ce n’est pas la forme, mais bien le travail de fond qu’a fait l’auteur et la passion qu’elle a mit dans l’écriture pour nous livrer cette histoire. Comme pour son précédent, Les petites filles, Julie se sert d’un roman pour nous faire entendre son cri.

Comme beaucoup, je détourne les yeux quand je vois des Roms. J’en ai une image négative, les a priori liés à mon métier, l’agressivité de certains, mais aussi et surtout cette capacité que nous avons tous à nous méfier de ce que nous ne connaissons pas.

Grâce à la plume de Julie, à l’histoire de Darius et de sa famille, mon regard a changé, je n’ai plus peur…

Bien que s’agissant d’un roman à suspens, Julie raconte les Roms, leur histoire, leurs us et coutumes, leur attachement à la famille, leur vision d’une France que les passeurs leur présentent comme un Eldorado pour s’engraisser sur le dos de leurs congénères. Elle revient sur leur arrivée plus massive en France depuis 2007 avec l’intégration de la Roumanie et de la Bulgarie à l’Union Européenne.

Roms, Tziganes, Manouches ou Gitans, plusieurs mots qui définissent une minorité ethnique sans pays, qui partage une origine commune et qui a évolué différemment selon les pays dans lesquels ils se sont installés.

Elle nous raconte la vie des Roms de Roumanie avant et après Ceausescu, le rejet des populations des pays dans lesquels ils vivent. Mal aimés, mis au banc des sociétés, l’Europe entière leur fait comprendre qu’ils sont des parias à nos yeux d’ « Hommes civilisés ».

Julie nous parle aussi de la mafia Roms, de ces individus qui par goût de l’argent et de la richesse, n’hésitent pas à exploiter les leurs, les enfants: réseau d’enfants voleurs ou encore de prostitution, partout l’argent corrompt l’humanité.

Enfin, l’intrigue se déroule en partie dans une ville du Nord, ne cherchez pas cette ville sur une carte, elle n’existe pas. Bugrassot pourrait être n’importe quelle ville de France…

Le gamin des ordures, une lecture qui marque et qui fait évoluer notre regard sur le monde…

La 25ème Heure de Feldrik Rivat


La journée Fantastique, le nouveau rendez-vous de Collectif Polar : Chronique de Nuit.
Tout les 28 du mois, nous vous proposons de nous suivent dans de nouvelles aventures. Nous vous entraînerons dans un nouveau monde, celui de la SFFF.
Et oui nous vous proposerons nos lectures en science fiction, en fantasy, en fantastique ou encore nos lectures horrifiques.
La première à ouvrir le bal, c’est notre infernale Jumelle.
Voici donc…
La lecture fantastique de Maud.


Le livre : La 25ème Heure de Feldrik Rivat. Paru le 13 Novembre 2015 aux éditions De L’Homme Sans Nom. 18.00 euros. 400 pages. 21 x 2,8 x 14 cm

4ème de couverture :
Décembre 1888. Alors que le bon peuple de Paris s’interroge sur cette tour que l’impérieux Gustave Eiffel fait édifier à grand frais, d’étranges rumeurs circulent dans les faubourgs de la capitale : les morts parlent ! Interpellé par la presse à ce sujet, le préfet de police M. Henry Lozé tourne en ridicule « les plaisanteries de quelques coquins ». Ainsi parle-t-il devant le beau monde, sous les feux du parvis de l’Opéra Garnier. Mais, depuis l’ombre de ses cabinets, l’homme lance sur cette affaire les plus fins limiers de la République. Pendant ce temps, l’Académie de Sciences en appelle à ses éminents savants pour que la pensée rationnelle, une fois pour toutes, triomphe des ténèbres de l’obscurantisme.

feldrik rivatL’auteur : Feldrik Rivat est né à Thonon-les-Bains en juin 1978. Suivant diverses explorations dans des domaines comme le théâtre, le dessin ou la sculpture, Feldrik Rivat est devenu archéologue et puise depuis dans les mondes anciens ses passions d’aujourd’hui. Après la trilogie de fantasy épique Les Kerns de l’oubli, l’auteur livre par ce texte un monde à mi-chemin entre histoire et imaginaire.

 

Extraits :

« Eudes Lacassagne n’aime pas l’animal humain. Il ne le comprend pas. Ses congénères, du reste, le lui rendent bien. Être craint par les petites et les grandes pègres de Paris et détesté par ses collègues suffit à le satisfaire. Le reste n’est qu’affaire de jalousie mal placée. C’est le prix de l’excellence et, sans doute un peu aussi, d’une maladresse chronique pour ce qui est d’entretenir des rapports humains.»

La journée Fantastique
des Lectures de Maud :

25eme h


 Première enquête pour Eudes et Louis, nouvellement arrivé à la Sûreté. Ils vont faire connaissance mais leur différence en terme de communication vont dans un premier temps les séparer. Eudes en effet ne s’exprime que peu et ne se voit pas former son collègue. Pourtant ils vont ensemble devoir faire face à de nombreux phénomènes inexpliqués.

De plus, la presse semble toujours être en avance sur leurs découvertes. Cela intrigue et exaspère Eudes au plus haut point, lui ayant une très forte opinion de lui-même ne supporte pas être ridiculisé ainsi. Revenons-en à l’intrigue en elle-même, ils enquêtent sur des morts. Normal me direz-vous pour des policiers mais là le soucis des agents c’est que se sont des morts enterrés qui disparaissent ou qui sont échangés. Pourquoi : plus ils vont faire de trouvailles et avoir l’impression d’avancer, plus le brouillard va s’épaissir autour de ce duo. De plus ils ont l’impression d’être épiés et en danger. De surprises en déconvenues, vont-ils arrive à résoudre cette énigme ?

L’auteur, que je découvre, grâce à ce volet, me rend très curieuse. Il va mélanger, enquêtes, croyances, en allant au-delà des convenances propres au XIXème siècles. Des personnages totalement opposés et atypiques dans leur genre, deux opposés en somme qui vont devoir s’habituer l’un à l’autre et s’unir dans l’adversité. Une histoire vivante qui ne manquera pas de vous surprendre !!!!

Pour ma part heureusement j’ai le second volet, Le Chrysanthème Noir qui m’attend gentiment.

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