Malamorte d’Antoine Albertini


Le livre : Malamorte d’Antoine Albertini. Paru le 02 mai 2019 aux éditions Lattes dans la collection Thrillers. 19.90 € ;  (250 pages) ;  13 x 20  cm.

 

4ème de couverture :

«  C’est sur mon bureau qu’échouent les dossiers dont personne ne veut, les cadavres qui ne feraient pas lever un sourcil à un gratte-papier des chiens écrasés, les victimes anonymes des crimes d’après boire, les vies gâchées pour rien, les destins lacérés des assassins et de leurs victimes confondus dans la même misère, dans la came, dans le vice, dans les jalousies morbides carbonisant des générations entières au fond d’un taudis en bordure de la Nationale.  »
Ce bureau, c’est un cagibi, un placard dans une aile à moitié désaffectée du commissariat de Bastia, où ce policier corse a échoué, après la critique de trop contre ses supérieurs, la bagarre de trop avec ses collègues. Pourtant sa carrière dans la police avait bien démarré  : 7 ans dans la banlieue parisienne à la brigade des stups puis une mutation à la police judiciaire de Bastia la ville où il a grandi. Mais très vite, il a été déçu, écœuré par les ordres des chefs, les affaires oubliées volontairement, les arrestations arbitraires, la corruption, les magouilles quotidiennes. Il travaille seul à présent, sur des affaires mineures en apparence. Comme celles du meurtre d’Hakima, 5 ans et de sa mère Khadija. Ce policier va chercher partout le coupable, comme il cherche partout la vérité .Une enquête, le temps d’un été pluvieux. Le portrait d’une île loin des clichés et des visions de carte postale où se croisent élus, voyous, braqueurs et assassins, travailleurs immigrés, continentaux en mal d’une existence qu’ils espèrent plus douce. Le policier sillone la ville : des bars pourris aux  lotissements à des kilomètres de la mer, des bidonvilles installés près des autoroutes aux  villas des beaux quartiers. Il ne cessera jamais de chercher.

 

L’auteur Après des études de droit à Paris, Antoine Albertini entame une carrière de journaliste dans la presse financière à Paris (Journal des finances, 2000 – 2001) avant de regagner la Corse et être recruté par la rédaction de France 3 Corse (2002 – 2004). À partir de 2005, il collabore à divers titres de la presse locale et nationale (Le point , La revue XXI) et effectue de brèves piges pour des chaînes de télévision ou des stations de radio (I-Télé avec l’agence Corse-Presse-InfosRMC). Il réintègre la rédaction de France 3 Corse – Via Stella en 2011.
Journaliste à FR3 Corse et correspondant du journal Le Monde, Antoine Albertini est né en Corse et y vit.
Il est auteur de plusieurs ouvrages en liaison avec l’actualité corse.

 

Extraits :
« Elle ressemblait à un tas de graisse fourré à la va-vite dans un sac de chair grise. Mauvaises dents déchaussées, mauvaise haleine, mauvais numéro tiré à la grande loterie du destin. Du haut de son mètre quatre-vingt-dix de maigreur hépatique travaillée à la gnôle discount, Monsieur ne valait pas beaucoup mieux. Noués en catogan, ses cheveux gris pendouillaient sur son épaule comme le rat crevé d’un punk au bout du rouleau. »
« Depuis quinze jours, des trombes d’eau de fin du monde alternaient avec un crachin continuel qui brouillait le paysage. Les marchands de souvenirs avaient remballé leurs présentoirs de cartes postales. Même les troupeaux de retraités qui prenaient la ville d’assaut à l’arrière-saison avaient disparu, terrés dans les chambres d’hôtel ou rapatriés sur le Continent avec promesse de remboursement sur justificatif. Les intempéries avaient rendu l’île à ses angoisses hivernales, ces longs mois où la pire des malédictions nous tombait dessus : nous retrouver seuls avec nous-mêmes, prêts à laisser parler nos instincts cannibales, à nous entre-dévorer à la première occasion. »
« Officiellement, mon nouveau service s’intitulait BHS, pour « Bureau des homicides simples » et j’étais le seul policier à y être affecté. Mais de mémoire de flic, personne n’avait jamais utilisé cette expression. Puisque les affaires que j’y traitais valaient peau de balle et que ma mutation dans ce cloaque avait tout d’un enterrement de première classe, mes collègues avaient pris l’habitude de désigner le BHS par les trois mots peints au pochoir au-dessus d’un extincteur hors d’usage fixé à côté de l’entrée de mon bureau… « Issue de secours » »
 « Je buvais un café en me demandant ce qui avait bien pu merder dans cette île. Nous nous agglutinions comme des insectes dans des lotissements semblables à n’importe quelle zone pavillonnaire du Continent, nous nous croisions dans les rayons des mêmes enseignes de supermarchés, nous suivions aveuglément les modes, les tendances, les prévisions, obstinément à la pointe du changement. Et malgré cela, nous continuions à nous persuader qu’une part de nous-mêmes subsistait sous une forme ou une autre, quelques vagues traditions, un ou deux rituels, une messe en latin et un couplet de formules de politesse dans notre vieille langue. Si nos propres mythes étaient cotés en bourse, nous serions tous milliardaires. »
 

 

La chronique jubilatoire de Dany

Malamorte d’Antoine Albertini

Une enquête sur l’île de beauté, c’est assez rare. Le narrateur, flic,  est mis au placard des « homicides simples », que ses collègues baptiseront « issue de secours ». En raison de cette marginalisation forcée il a du temps libre pour parfaire  son alcoolisation quotidienne et matinale. Sa hiérarchie lui confie successivement deux enquêtes au diagnostic évident et « sans appel ». Cependant, pour être au placard, notre héros imbibé n’en est pas moins fin limier et observateur caustique du microcosme insulaire. C’est sans doute en grande partie dans ce regard sans concession que réside tout le plaisir que l’on prend dans cette lecture.

Certes, ce n’est pas l’enquête proprement dite qui fait l’intérêt de ce roman mais bien l’ambiance. Les personnages plus vrais que nature nous emmènent après quelques rebondissements surprenants à un dénouement un peu complexe et inattendu.

Une bien agréable découverte que ce ton décalé et corrosif, cet humour bien à propos, ces quelques rappels à l’histoire récente de la Corse. N’oublions pas que l’auteur est journaliste et qu’il a commis un ouvrage d’investigation sur l’assassinat du Préfet Claude Erignac, il sait parfaitement de quoi il parle !

Merci à l’éditeur pour m’avoir fait confiance en me confiant cette lecture

Lu en version numérique. – epub 14.99 €

 

Sex doll de Danielle Thiery


Le livre : Sex doll : Une enquête du commissaire Edwige Marion de Danielle Thiery – Paru le 01/05/2019 aux éditions Flammarion dans la collection Policier/Thriller (SC) – 20 € (402 pages) ; 13 x 20  cm

 4ème de couverture :

À Paris, l’ouverture d’un hôtel de passe 2.0, dont les pensionnaires sont des poupées de silicone, ne fait pas l’unanimité. Son jeune propriétaire, précurseur sur le marché du sexe, n’avait pas imaginé les réactions violentes que sa start-up provoquerait… Dans le même temps, l’Office, dirigé par la commissaire Marion, est confronté à une série de meurtres atroces. Trois femmes sont retrouvées mutilées, des parties de leur corps trafiquées afin d’en faire des créatures parfaites. La psycho-criminologue Alix de Clavery, dont l’expertise est indispensable sur ce dossier, a mystérieusement disparu. Si Marion devine que ces affaires sont liées, elle n’imagine pas à quel point. De Paris au Japon, elle traque ce Docteur X qui l’obsède depuis quinze ans.

L’auteur : Danielle Thiéry fut la première femme commissaire divisionnaire en France en 1991. Elle a entre autres dirigé la sécurité d’Air France. Mauvaise graine, son premier polar a paru en 1997. Beaucoup d’autres ont suivi, dont certains ont été traduits. Elle est également l’auteur de la série télévisée Quai n°1 diffusée sur France 2.
Elle a obtenu des prix littéraires, notamment le Prix Polar et le Prix Charles Exbrayat pour « Mises à mort », le Prix Gayant Lecture – Catégorie 3 pour « Nuit blanche au musée » et le Prix du Quai des Orfèvres 2013 pour « Des clous dans le cœur ».

 

Extrait :

« les Japonais sont de grands malades, s’était-il rassuré avant de découvrir que le phénomène [utilisation de prostituées en silicone] avait déjà gagné l’Europe. En Allemagne, en Espagne, aux Pays-Bas, en Suisse, les Sex dolls faisaient florès. A Amsterdam elles avaient même leur place dans les vitrines, à côté des vraies péripatéticiennes. L’avantage sur les putes humaines étant que les Sex dolls ne la ramenaient pas et qu’on pouvait bien les violer, les martyriser sans que jamais elles ne portent plainte. »

 

La chronique jubilatoire de Dany

Titre et auteur : Sex doll de Danielle Thiery

J’ai retrouvé avec plaisir Edwige pour le 14ème opus de la série du commissaire Marion. Ses réactions impulsives laissent à penser qu’elle se languit du terrain dont elle a dû s’éloigner depuis qu’elle est la patronne de l’Office de répression des violences aux personnes, ne pouvant faire confiance à son adjoint. La prostitution a elle aussi évolué avec la génération 2.0, mais les pervers sont bien toujours là. Docteur X, à la recherche de la femme idéale, va notamment mobiliser toute l’attention de Marion ainsi qu’il le souhaitait, en envoyant de macabres messages aux proches de la commissaire. Veut-il la toucher personnellement ?

Ambiance glauque, enquête dérangeante, interpelante. Le retour de Nina, fille adoptive de Marion, mettra à mal les certitudes de la commissaire. Une intrigue complexe qui mêle présent parisien et passé lyonnais, avec un final très visuel en apothéose.

Comme dans ses précédents romans, l’approche documentaire des investigations policières m’a ravie. Le ton est juste, sans emphase. Un roman bien ancré dans le présent 2.0.

Je remercie Babelio et son opération « masse critique » ainsi que l’éditeur,  qui m’ont permis de découvrir ce roman en avant-première.

Extraits :
« Le site s’appelle Streetlove,[…]les horaires varient mais c’est souvent entre midi et deux ou l’après-midi. En réalité c’est un peu quand l’envie prend le client, si vous voyez ce que je veux dire. Il sort du bureau, cherche dans l’appli la fille disponible la plus proche d’où il se trouve. S’il n’est pas trop regardant sur la partenaire, il passe un coup de fil et dix minutes après il est avec elle … Parfois c’est pendant la pause tabac, le temps qu’il faudrait pour fumer deux clopes dans la cour … »
« L’odeur déplaisante, faisait penser à un animal crevé. Une expression lui vint qu’elle avait entendu en apprenant à identifier l’état émotionnel des individus par leurs expressions corporelles, toutes formes confondues. Le fish-odor-syndrom. Une anomalie génétique qui faisait accélérer la dégradation des bactéries à la surface de la peau et créait cette odeur cadavérique par à-coups, sous l’effet d’un violent trouble, d’une contrariété ou d’une intense jubilation. »

 —————-lien pour en savoir plus sur le sujet ——————-

Meurtre sur Oléron de Line Dubief


Le livre : Meurtre sur Oléron de Line Dubief.  Paru le 2 mars 2017 aux Editions La Geste dans la Collection Le Geste noir..13.90€ ; (304 p.) ; 11 x 17.8 cm

4ème de couverture :

« Sur une petite plage de l’île d’Oléron, un jeune homme est retrouvé mort, à demi enseveli dans le sable. Raymond Eustache, commissaire de police de La Rochelle, est dépêché sur place.

Au rythme enivrant des effluves marins et des pineaux charentais, il arpente les marais salants sauvages et les vignobles de l’île. Au fil de ses rencontres, il s’imprègne de la vie insulaire. Alors que se profile la courte vie de la victime, les circonstances du meurtre se dessinent pour faire resurgir un passé implacable et douloureux. »

 

 

L’auteur :  Née en 1961 en région parisienne, alors qu’elle prépare son bac littéraire, Line Dubief choisit d’interrompre ses études pour voyager. De petits boulots en petits boulots, de contrées en continents, toujours passionnée de lecture, elle finit par s’installer en Franche-Comté. Elle y élève ses deux enfants et reprend le cours de sa formation.  Aujourd’hui, ingénieur d’études à l’université de Franche-Comté, elle partage sa vie entre son travail, ses enfants et petits-enfants, son ami, ses amis, son jardin et bien entendu les livres et, depuis plusieurs années, l’écriture. Meurtre sur Oléron, est son premier roman.

 

Extrait :
« Très vite arrivés sur la place de la Brée, ils descendent la route de la plage. Plusieurs véhicules de gendarmerie sont là. Le lieutenant Pierre Ravet arrête sa clio et en descend. Les techniciens prennent leur matériel dans le coffre et s’engagent vers la zone déjà protégée par un cordon de sécurité, suivis par le médecin légiste.
Le commissaire sort du véhicule et tranquillement s’imprègne des lieux. Il regarde le front de mer, les villas le long de la petite digue, les cyprès, la plage, le terrain de volley, le camion-bar…
Un homme tout en longueur mince, les cheveux coupés très courts, souriant s’avance au-devant d’eux. Ses bras pendent le long de son corps déjà voûté pour quelqu’un de son âge. Ses yeux plissés, comme pour éviter le soleil, entretiennent des rides prématurées qui s’étendent sur ses temps. Son teint légèrement buriné par une exposition régulière au soleil et au vent.
–        Je vous présente le gendarme Oscar Sonde, agent de police judiciaire. Il vous accompagnera sur cette affaire, annonce le lieutenant Pierre Ravet.
–        Enchanté Commissaire, répond le gendarme souriant.
–        Enchanté Gendarme, salue le commissaire en lui serrant la main. Emmenez-moi sur les lieux.
–        Suivez-moi. C’est vraiment macabre, prévient le gendarme.
–        Allons voir ça ! La scène a été photographiée ?
–        Oui, oui. Photographiée et filmée. La plage entière a été sécurisée et fermée à la population. Pour le reste, on vous a attendu. Nous n’avons touché à rien, répond le gendarme.
–        Parfait ! Beau travail Gendarme. »

 

Le petit billet de Fanny Louise :

Meurtre sur Oléron Line DUBIEF

Voilà une lecture qui m’a fait du bien. Un roman reposant, j’ai envie de dire. Reposant, car bien que l’intrigue soit rythmée et sans temps mort. Le style d’écriture appelle au calme. C’est écrit avec douceur, même dans la description du meurtre terrible dont l’histoire est ici racontée.

Car tout commence par un meurtre. Sordide. Dur et révoltant car il fauche un jeune homme promis à un bel avenir, au cœur de sa jeunesse. Un jeune homme sans histoire, sans ennemi connu et que tout le monde appréciait pour sa gentillesse, sa délicatesse et son professionnalisme dans tout ce qu’il entreprenait.

Pour dénouer cette affaire arrive sur l’île d’Oléron, un commissaire de La Rochelle, un brin taciturne, mais qui avec l’aide d’un gendarme local, va mener une enquête précise et appliquée pour trouver qui pouvait bien en vouloir à ce jeune homme sympathique au point de le tuer de manière aussi brutale.

L’auteur nous emmène sur différentes pistes, multiplie les suspects, les motivations du crime. Et finalement nous offre un dénouement surprenant et tragique.

Les personnages des enquêteurs sont attachants, complémentaires. Ils se taquinent sans cesse sur fond de rivalité Police Nationale/Gendarmerie, mais forment un duo parfait et efficace, où chacun trouve naturellement sa place dans une enquête où les pistes se multiplient au fil des pages. Ça fourmille de personnages secondaires aboutis et où chacun a son rôle à jouer. Rien n’est laissé au hasard.

Pour moi qui suis attachée à cette région et qui connait bien cette île, la lecture a été un plaisir continu, car Oléron est un personnage à part entière du roman. L’île y est dépeinte avec douceur et réalisme. On ressent très bien l’atmosphère insulaire dans les descriptions qui sont faites de ces lieux.

Quand je parlais de roman reposant, je parlais de cela : cette impression d’être hors du temps que l’on ressent lorsqu’on est sur une île. L’impression que tout va au ralenti. Pourtant le livre est rythmé, sans aucun temps mort. Chaque détail compte, chaque personnage a sa place dans l’intrigue.

Un livre parfait à lire en bord de mer pour se mettre dans l’ambiance du roman.

Je remercie les Editions Geste Noir pour ce très bon moment de lecture et cette jolie découverte d’une auteure que j’aurai plaisir à retrouver je l’espère.

Chroniques d’une vie de flic : La police au quotidien de Eric Oliva.


Le livre : Chroniques d’une vie de flic : La police au quotidien de Eric Oliva.
Paru le 31 mars 2017 aux Éditions
 Libres d’écrire.  30,92€ ; 206 p. ; 15,2 x 22,8 cm.

4ème de couverture :

Il existe une particularité dans le métier de flic : c’est que dans une même journée, vous pouvez traverser des instants de joie et de bonne humeur, pour vous retrouver aussi rapidement dans la souffrance, la douleur et la peine. Les nuits sont parfois courtes et agitées et amènent sur des matins d’autant plus difficiles. Si certains ressentis s’effacent avec le temps, les images, elles, ancrent leurs racines bien plus profondément.

Eric Oliva raconte son début de carrière en y contant quelques-unes des interventions qui ont marqué son chemin de jeune flic. Un roman profond et entier qui met en exergue les sentiments que tous les flics se doivent d’accumuler sans jamais y avoir été préparés. Il vient avec ses chroniques tenter de faire découvrir le métier de flic tel qu’il est vécu par les femmes et les hommes qui composent les rangs de la Police Nationale.

L’auteur : Éric Oliva est né en juillet 67. Après avoir travaillé plusieurs années en région parisienne, il revient aux sources et s’installe avec sa compagne sur la Côte d’Azur. Fonctionnaire de police en activité, il est actuellement affecté en police judiciaire à Nice.
Extrait :
« Peu de gens sont en mesure de comprendre ce qu’est véritablement la vie d’un flic. Ce qu’il côtoie à longueur de journée, ce qu’il ressent est ce à quoi il est confronté tout au long de sa carrière. Lorsque l’on n’a pas vécu certaines situations de l’intérieur, on ne peut que se contenter de les imaginer, se les figurer, mais sans ne jamais avoir aucune certitude. On ne connaît vraiment leurs vérités crues que si l’on touche chaque image du doigt.
Leur carrière pourrait, par certaines facettes, être assimilé à celle d’un pompier d’un médecin urgentiste. Ces hommes qui sont là pour porter secours, sauver des vies, parfois au péril de la leur. Pourtant rien n’y ressemble.
Une divergence, mais de taille, fait toute la différence. L’homme symbolise, par le biais de son uniforme, le revers de la médaille. Il est aussi celui qui sanctionne. Tout le monde en est conscient, un flic n’est apprécié que quand on a besoin de lui. Dans le cas contraire, lorsqu’il prévient le désordre, il devient, aux yeux d’une certaine caste de la population, un paria, l’empêcheur de tourner en rond, le connard de poulet. Ne vous y trompez pas, les lois ne sont pas faites par les flics, leur job est seulement de les faire appliquer, souvent avec discernement.»

Le ressenti de Jean-Paul

Chroniques d’une vie de flic

Bonjour à toutes et à tous…

 Je viens de tourner la dernière page et “Ouf“…

C’est pensif que je prends un peu de temps sur la réflexion que m’a amené cette lecture…

 J’entends déjà ou je devine votre question.

Dis Jean-Paul, Comment vas-tu chroniquer une chronique ???

– Et bien je ne vais pas le faire !

A-t-on besoin de raboter une planche parfaitement rectiligne ?

Je vais vous donner mon “ressenti »…

…………………

 Qui n’a jamais eut à faire avec un “flic“ un jour ?

Et qu’est-ce qu’un “Flic” ?

 J’ai eu la chance, (ou pas d’ailleurs, il faudrait que je leurs pose la question ! lol) d’avoir régulièrement des policiers de tous grades dans mon entourage. Dans ma famille, certains voisins, Beaucoup d’amis…

Lorsque j’étais enfants, jamais je n’aurai osé appeler “flics“ les amis de mon père qui venaient régulièrement à la maison…

La lecture captivante et très réaliste, proposée par Eric m’a fait comprendre que le mot “flic“ n’était pas forcément une insulte en fonction de la personne qui le prononçait et au contraire je pense qu’Eric l’accepte avec fierté.

 Alors va pour le mot flic.

Flic, qui malheureusement de plus en plus est décrié, bafoué, insulté, caillassé…

Alors qu’il ne compte pas ses heures, en encaissant au quotidien les difficultés que l’on peut difficilement imaginer.

 Avec beaucoup de pudeur Eric nous raconte sa vie, son quotidien, essentiel pour notre bien à tous, même si souvent nous avons tendance à l’oublier. Ce sont “les gardiens de notre paix“ et sans eux où serions nous ?

 Vous l’aurez compris “Chroniques d’une vie de flic : La police au quotidien” n’est pas un roman.

Mais une succession d’anecdotes vécues par l’auteur…

Attention, pas de héros sortis tout droit d’une série, ou d’un film, ici les flics, sont avant tout des êtres humains.

 Eric nous raconte son récit, une vie de labeur, une vie d’émotions, de doute parfois, d’amour et d’entre-aide souvent, nous rappelant qu’il n’est pas une machine et que c’est avec ce quotidien pesant et souvent ingrat qu’il doit se construire au jour le jour… Certains passages m’ont retourné l’estomac alors que d’autres m’ont fait esquisser un sourire. Il égratigne aussi, sans méchanceté aucune, mais avec un réel constat la « bureaucratie » de certaines réflexions bien menées, qui leurs lie les mains et qui défait régulièrement ce que les policiers ont tant de mal à mettre en place.

Et malgré le vécu d’Eric j’ai senti, ou “ressenti“ de la psychologie, de l’amour et beaucoup d’émotions envers toutes ces personnes qui gravitent autour de lui quelques soient leur conditions sociales…

 Alors, merci Éric, j’ai aimé le rendu que tu nous donnes de la police, ta police de tous les jour.

J’ai aimé ton écriture simple et touchante où à aucun moment je ne me suis ennuyé, d’ailleurs le bêtisier final est une fin idéale pour ouvrir la soupape nécessaire suite à la lecture de certains passages particulièrement forts de ta vie.

 Il me tarde de te rencontrer, il me tarde de pouvoir discuter avec toi.

 Une très belle découverte !!!

 

Violence à l’origine de Martin Michaud


Le livre : Une enquête de Victor Lessard : Violence à l’origine de Martin Michaud. Paru le 13/06/2018 aux éditions Kennes. 6,95 € ; ; illustrations en noir et blanc, cartes ; ( 352 pages) ;  15 x23 cm

 4ème de couverture :

Responsable de la section des crimes majeurs en l’absence de son supérieur, le sergent détective Victor Lessard se voit confier la mission d’enquêter sur la mort d’un haut gradé du SPVM dont on a retrouvé la tête dans un conteneur à déchets. Formé du jeune Loïc Blouin-Dubois, de l’inimitable Jacinthe Taillon et de Nadja Fernandez, avec qui Victor partage sa vie, le groupe d’enquête qu’il dirige doit faire vite, car l’assassin a laissé un message qui annonce de nouvelles victimes. Confronté à un tueur particulièrement retors, qui peint de lugubres graffitis sur le lieu de ses meurtres et évoque un curieux personnage surnommé le « père Noël », pressé d’obtenir des résultats rapides par sa hiérarchie sans pour autant recevoir l’appui nécessaire, Victor Lessard s’entête envers et contre tout à résoudre « l’affaire du Graffiteur », dédale inextricable d’une noirceur absolue qui ravivera les meurtrissures de son âme, ébranlera ses convictions les plus profondes et le mènera au bord du gouffre.

 

L’auteur :  Martin Michaud est un écrivain Canadien, né à Québec le 05/04/1970, musicien, et scénariste québécois, auteur de thriller et de roman policier.
Il a longuement pratiqué le métier d’avocat d’affaires avant de se consacrer pleinement à l’écriture.
Ses quatre premiers polars obtiennent un succès fulgurant, lui valent cinq prix littéraires et d’être reconnu comme le nouveau chef de file des écrivains de romans policiers québécois.
En 2010, Il ne faut pas parler dans l’ascenseur est finaliste au Prix Saint-Pacôme, où il remporte le Prix coup de cœur, est finaliste aux Grands Prix littéraires Archambault de la relève et fait partie de la sélection du festival de Cognac, en France.
Salué par la critique, Sous la surface se voit attribuer la note parfaite de cinq étoiles par La Presse, figure dans le Top 5 des meilleurs polars de l’année 2013 de La Presse et de plusieurs autres publications.
En 2013, il remporte le Prix Saint-Pacôme du meilleur roman policier pour Je me souviens.
En 2014, il publie un roman hors série intitulé S.A.S.H.A. dans le cadre d’un collectif intitulé Vol 459 puis trois nouvelles: Une longue vie tranquille(Crimes à la librairie), Un pépin dans ta pomme (Des nouvelles du père) ainsi que Feu rouge (Revue Zinc).
En parallèle de ses activités de romancier, Michaud adapte ses œuvres pour la télé. Les droits de son roman Sous la surface ont été acquis par un producteur pour le cinéma américain.
En 2000, il forme le groupe de rock indépendant francophone m-jeanne, dont il est parolier, guitariste et chanteur jusqu’à sa dissolution en 2007.

site officiel: http://www.michaudmartin.com/promo.php 

 

Extraits :
« Le paysage défilait. Tous les sens aux aguets, Victor ne cessait de se demander si le type était armé. Un seul projectile tiré dans sa direction et ce pouvait être la fin. Il connaissait les risques, mais quelque chose de plus fort que sa volonté l’empêchait d’interrompre sa course. Il avait d’ailleurs la conviction que c’était ce qui, à la base différenciait ceux qui étaient nés pour être policiers des autres. »
« Ce qu’on appelle le mal est en chacun de nous. Et le seul rempart entre le chaos et la paix sociale, c’est la société qui, avec ses lois et ses règles nous permet de vivre dans une relative harmonie. Mais parfois, des individus déviants se glissent entre les mailles du filet…
«   – T’aimais la philo, toi ?
–       Ben certain ! Même si c’était obligatoire au cégep, j’adorais ça !
Il frappa du plat de la main sur le tableau de bord et railla :
–       Je comprends tout : c’est là que t’as découvert les grands penseurs de l’histoire de l’humanité, dont Ellen De Generes !
Jacinthe lui donna un coup de poing sur l’épaule.
–       Eille, arrête de faire le cave» 

 

La chronique jubilatoire de Dany

Le quatrième roman de la série Victor Lessard vient de sortir en France. Je n’ai pas lu ses deux premières aventures et même si je me doute que j’y gagnerai en approche des personnages, ceci n’est pas un handicap à la compréhension de l’intrigue. Le québécois donne toujours un petit côté exotique et les répliques sont souvent savoureuses, surtout dans la bouche de l’adjointe Jacinthe.

Lessard, meurtri par ce qui ressemble à une bavure, a porté pendant des années le poids de la culpabilité en se réfugiant dans l’alcool. Il a refait sa vie et s’en sort semble-t-il bien quand le passé sordide le rattrape.

Meurtres en série, vengeance, gangs de rue, trafic, enlèvements, manipulations, corruption … tout y est dans ce monde de brutes où la hiérarchie est elle aussi trouble que les malfrats. Oui le Saint-Laurent n’est pas un long pleuve tranquille !

Certes une fiction … mais très proche de la malheureuse réalité urbaine où tout peut s’acheter et surtout l’innocence.

J’ai beaucoup aimé !

Lu en version numérique pdf.

Vous pouvez aussi retrouvez ICI la première enquête de Victor Lessard par Ge

Burn-Out – Didier Fossey


Le livre  :  Burn Out de Didier Fossey.  Paru le 28 février 2015 chez Flamant Noir éditions.   15 euros ;  (289 p.) ; 22 x 14 cm. Réédité en poche le 14 février 2018 chez Bragelonne dans la collection Poche Thriller.

4e de couv :

Paris. Avril 2014. La police enquête sur une série de vols d’objets d’art dans les cimetières de la capitale. Lors d’une nuit de planque, un policier est assassiné. Pas de témoins. Peu d’indices. Boris Le Guenn, chef de groupe de la BAC au quai des Orfèvres, est saisi de l’affaire. Mais il manque d’effectifs et doit mener plusieurs enquêtes de front. La descente aux enfers d’un de ses lieutenants, déterminé à rendre justice lui-même, ne va pas lui faciliter la tache…

Burn-Out nous fait entrer dans l’intimité de la police. Un monde désenchanté, dans lequel l’histoire ne se termine ni bien ni mal : elle se termine, c’est tout. Certains flics boivent pour oublier, d’autres ont une démarche plus radicale, violente, imprévisible… Ça pue la clope, le sang et la sueur de ceux qui veillent sur la population. Ces flics, obsédés par leur boulot, à qui on demande de laisser au vestiaire leurs problèmes personnels, sont vite rattrapés par leurs démons…
Ambiance, jargon, procédures… vous aurez l’impression de faire partie de cette équipe de la BAC dès les premières pages. Didier Fossey a fait toute sa carrière dans la Police nationale, il sait donc de quoi il parle. Quand leur métier prend toute la place, devient insupportable au quotidien et risque de leur faire tout perdre, ils trouvent parfois en leur arme de service l’ultime solution…

Prix Polar 2015 du Lions Club

L’auteur : Didier Fossey en né en 1954 à Paris. Après des études secondaires laborieuses, il fréquente un lycée hôtelier à Granville, en Normandie, d’où il sort muni d’un CAP de garçon de restaurant. Il a la chance de travailler sur le paquebot France, puis dans différents établissements parisiens avant d’ouvrir son propre restaurant. En 1984, il laisse tout tomber pour entrer dans la police, à Paris. Ses années de service en brigade anticriminalité de Nuit du 13e arrondissement de 1986 à 2001, les nuits de planque, de traque, la morsure du froid, ce monde de la nuit lui plaisent et lui fournissent quelques anecdotes croustillantes qui lui serviront quelques années plus tard.
Extrait :
“Tous les flics ont des cauchemars, ça fait partie du paquetage”, avait dit un jour Olivier Marchal, ancien policier devenu réalisateur de films à succès. Le problème, c’est qu’au départ le flic n’est pas prévenu que le paquetage s’alourdira au fil des ans, et rien n’est prévu pour les ranger, ces foutus cauchemars. Alors certains, comme Franck, mettent une carapace, s’endurcissent et le payent dans leur vie privée. D’autres se laissent déborder, et à défaut de sac pour y mettre leurs peurs, leurs angoisses et les problèmes personnels qui en découlent, se servent de leur arme pour en terminer, à raison d’une quarantaine par an, toutes forces de police confondues.
……………………

Le ressenti de Jean-Paul

Burn-Out  de Didier Fossey

J’ai rencontré Didier au dernier salon du Livre à Paris et je dois avouer à ma grande honte que je ne le connaissais pas du tout ! Mais d’abord ce n’est pas vers lui que je suis venu. C’est le titre de la couverture de son roman qui m’a attiré et repoussé à la fois. ”Burn Out” une nouvelle expression, presque sexy d’ailleurs, alors que le mot en français fait peur et dérange : Dépression. Comme si c’était encore une honte d’en souffrir…
Donc nous avons pu discuté ensemble et j’ai trouvé tout de suite le personnage attachant. Ancien policier, comme Olivier Norek qui a arrêté son métier difficile pour nous transmettre une vision de la Police méconnue. Son vécu peut-être ? En tout cas son roman ma touché par sa sensibilité.
L’histoire est captivante et très réaliste, elle m’a tenue en haleine jusqu’au bout. Des policiers qui sont mal dans leur peau, qui vivent mal les conflits internes, les horaires épuisants, les planques qui n’en finissent pas, qui n’ont plus vie de famille ou tellement insignifiante. Voilà la Police de Didier. Ils sont là pour nous aider, pour nous sauver souvent, alors que nous ne les voyons qu’à peine et que pour beaucoup d’entre eux, ils travaillent la peur au ventre…

Le monde à changé, aujourd’hui les policier on les mains liées, ils ne sont ni aidés, ni aimés. Ils sont perçus comme des collecteurs de l’Etat, plus que des gardiens de la paix… Leurs missions devraient être recentrées très vite avant que cela ne finisse vraiment mal…
Un polar à lire…Une course contre la montre qui nous montre le malaise de la Police !

“Dubreuil avait pris sa décision. Il irait au commissariat tout balancer et se faire passer pour un chef d’entreprise un peu trop cool qui vient de s’apercevoir que ses employés lui font un petit dans le dos. Sergeï se ferait chopper rapidement : avec les moyens actuels, les flics établiraient un rapprochement entre les vols dans les cimetières et l’affaire du château dans les Yvelines. Oui, c’était cela qu’il devait faire, le seul moyen de s’en sortir ; sinon cette affaire allait mal tourner pour lui. Il dirait aux flics il s’était aperçu que son contremaître n’était pas clair, qu’il avait voulu s’expliquer avec lui et que, en guise d’explication, il s’était fait casser la gueule. Ça tiendrait la route. Il ajouterait qu’il était armé, dangereux, et avec un peu de chance, vu le nombre de chauds de la gâchette dans la police, Sergeï n’aurait peut-être même pas le temps de parler.””

Entre deux mondes de Olivier Norek


Salut les Polardeux,

Si, il y a un livre que je me devais de chroniquer cette année c’est bien celui-là. Lors de sa sortie j’ai laissé la primeur à Oph notre flingueuse que je trouvais légitime pour cet exercice. Mais maintenant que l’année s’achève, je ne peux décemment pas, ne pas vous donner mon avis sur un des livres qui m’a le plus marquée en 2017.

Voici donc mon billet sur  :

Entre deux mondes de Olivier Norek.

Et ici celui d’Oph

 

Entre deux mondes de Olivier Norek. Paru le 5 octobre 2017 chez M. Lafon.  19€95 ; (413 p.) ; 23 x 14 cm

Résumé

Fuyant un régime sanguinaire et un pays en guerre, Adam a envoyé sa femme Nora et sa fille Maya à six mille kilomètres de là, dans un endroit où elles devraient l’attendre en sécurité. Il les rejoindra bientôt, et ils organiseront leur avenir.
Mais arrivé là-bas, il ne les trouve pas. Ce qu’il découvre, en revanche, c’est un monde entre deux mondes pour damnés de la Terre entre deux vies. Dans cet univers sans loi, aucune police n’ose mettre les pieds.
Un assassin va profiter de cette situation.
Dès le premier crime, Adam décide d’intervenir. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il est flic, et que face à l’espoir qui s’amenuise de revoir un jour Nora et Maya, cette enquête est le seul moyen pour lui de ne pas devenir fou.
Bastien est un policier français. Il connaît cette zone de non-droit et les terreurs qu’elle engendre. Mais lorsque Adam, ce flic étranger, lui demande son aide, le temps est venu pour lui d’ouvrir les yeux sur la réalité et de faire un choix, quitte à se mettre en danger

L’auteur : Engagé dans l’humanitaire pendant la guerre en ex-Yougoslavie, puis lieutenant à la section Enquête et Recherche de la police judiciaire du 93 depuis dix-huit ans, Olivier Norek est l’auteur de trois romans largement salués par la critique et traduits dans plusieurs pays, ainsi que le lauréat de nombreux prix littéraires.
Après Code 93, Territoires et Surtensions, il nous invite dans un monde Entre deux mondes que nul ne peut imaginer, où se rencontrent deux inspecteurs que tout semble opposer et qui devront unir leurs forces pour sauver un enfant.
Extrait :
L’Angleterre s’est refermée, contractée même, comme tous les pays riches, qui n’ont qu’une seule trouille, c’est de voir l’autre partie du monde venir se décrotter les pompes sur leur paillasson. 

Le post-it de la bibliothécaire

 

Adam a découvert en France un endroit où l’on peut tuer sans conséquences.

Adam est un policier syrien qui a fui son pays pour se rendre en France afin de rejoindre sa femme et sa fille, Nora et Maya, qu’il a cru mettre en sécurité dans ce pays. Mais elles ont disparu et Adam découvre que la France abrite un endroit situé entre deux mondes où il n’y a aucune loi. Dès le premier crime commis, Adam décide d’intervenir, aidé de Bastien, un policier français.

Si…Et je dis bien si, il y a un auteur qui m’a surprise cette année c’est bien Olivier Norek. Je connaissais déjà le talent du jeune homme. Je le suis depuis ses débuts. J’ai aimé sa trilogie du 93  même si j’ai préféré le réalisme et surtout la noirceur des 2 premiers opus au style résolument plus vif du dernier. Pour autant l’ensemble était parfaitement mené.

Mais là avec « Entre deux mondes« , mister Norek m’a scotché. Il m’a secoué aussi. Je ne suis pas du genre tendre. Je ne pleure jamais quelque soit l’histoire que je lis. Mais là, j’avoue, j’aurai pu avoir les yeux mouillés tellement l’auteur retranscrit avec justesse chacun des personnages, chacune des situations. Il ne juge jamais, il fait de nous les témoins privilégiés de ce drame qui se joue à nos portes, sur notre territoire, près de chez nous. Dans cette zone de non droit qu’est la jungle de Calais. Il nous permet l’empathie avec chacun des protagonistes, comprenant tour à tour le point de vu de chacun. Il nous fait vivre leur espoir, leurs déceptions, leur tragédie.

Il nous oblige à ouvrir les yeux sur ce drame humain que l’on fait souvent semblant de ne pas voir, justement.

Son regard fait fi de tous les préjugés. Il a un point de vue global. Il est le migrant, il est la victime, il est les bourreaux. Il incarne aussi ces policiers calaisiens, au bout du rouleau. Il nous montre leur impuissance face à une situation qui les dépasse et dont ils sont aussi les victimes eux que l’on ne perçoit bien souvent que comme les méchants de l’histoire.

Il met de l’humanité là où il en manque énormément.

Alors certains diront que son roman n’est point une fiction. Que l’auteur fait plus ici oeuvre de documentariste. Ce n’est pas totalement faut, mais c’est justement ce qui fait la force de ce roman !

Mais que font ces détracteur de l’intrigue qu’Olivier noue au milieu de ce drame humain. De cette histoire de flic qui s’intègre parfaitement, et illustre magnifiquement ce roman.

Dans le contexte ci particulier qu’est le jungle de Calais, Olivier Norek nous offre un livre coup de point. Avec son style abrupte, il va directement à l’essentiel. Il trouve le point crucial qui ne peut que toucher en plein coeur.

Bravo Mister Norek, votre livre est tout bonnement magistral !

 Retrouvez la chronique d’Ophélie ICI sur

Entre deux mondes d’Olivier Norek.

De mort naturelle de James Oswald


9782811216870,0-3095590 9782352948605,0-2671190 Le livre :De mort naturelle  de James Oswald. Traduit de l’anglais (Ecosse) par Jean-Claude Mallé.Paru le 17 juin 2015 chez Bragelonne dans la collection Thriller.  20€ ; (449 p.) ; 24 x 16 cm.

Réédité en poche chez Milady le 18 mars 2016 dans la collection Milady Thriller. 8€90 ; (576 p.) ; 18 x 11 cm

Quatrième de couverture

Tony McLean vient d’être nommé inspecteur. En plus des affaires courantes qui font son quotidien au commissariat – suicides, meurtres, cambriolages et autres accidents -, il hérite d’un cold case dont personne ne veut se charger. Le corps d’une jeune femme, crucifiée et atrocement mutilée, a été découvert au sous-sol d’une maison abandonnée. Tout porte à croire qu’elle a été victime d’un meurtre rituel. Au siècle dernier.

Le présent est nourri du passé et certains démons ne demandent qu’à se réveiller. Lorsqu’une série de meurtres sanglants s’abat sur la ville d’Édimbourg, McLean et son équipe – l’inspecteur Robert Laird, dit Bob la Grogne, et le «bleu» Stuart MacBride -, ne savent plus où donner de la tête. Pour un peu, ils dormiraient tous à la morgue, où le médecin légiste voit les cadavres s’empiler…

AVT_James-Oswald_717

James Oswald est un auteur pas comme les autres. Fermier le jour, écrivain la nuit, il élève des vaches et des moutons en Écosse. D’abord autopublié, il a connu un succès fulgurant dès ses débuts. De mort naturelle est la première enquête de l’inspecteur McLean.

Extrait :
McLean passa à l’examen des murs. Le principe de base : commencer par le cadavre, puis s’intéresser à ce qu’il y a autour. Après avoir touché le plâtre glacé du bout de ses doigts gantés, il retourna la main et tapota le mur de la pointe d’une phalange. Ça sonnait plein, comme un honnête mur de pierre. Même chose un peu plus loin. Regardant par-dessus son épaule, McLean continua son inspection jusqu’à ce qu’il se retrouve dans l’alignement de la tête de la morte. Là, ça sonnait creux.
Tapant de nouveau, McLean eut le sentiment que le mur s’était incurvé sous la pression. Mais avec la lueur aveuglante du flash et les ombres générées par les projecteurs, ça pouvait être une illusion. Plaquant une paume sur le plâtre, il poussa doucement et sentit la cloison céder. Soudain avec un craquement sinistre d’os brisés, un panneau d’environ trente centimètres de large pour quinze de haut se sépara du mur et tomba sur le parquet, révélant une niche dans laquelle brillait un petit objet.
McLean éclaira la niche avec sa lampe, sur un morceau de parchemin plié, il repéra un mince étui à cigarettes en argent. Derrière, conservé dans un bocal comme un spécimen dans une classe de sciences naturelles, il y avait un cœur humain.

Résumé et petit avis :

Plusieurs citoyens respectés d’Edimbourg sont assassinés. A chaque fois, le meurtrier est identifié mais se suicide dans la foulée. De son côté, l’inspecteur Anthony McLean enquête sur la découverte du cadavre d’une jeune fille, emmurée dans la cave d’un vieux manoir après avoir été brutalement assassinée. McLean suspecte un lien entre les meurtres, les suicides et la jeune fille.

Voici une belle découverte. James Olwald nous propose un enquête policière somme toute classique mais il y ajoute un petite touche très écossaise qui n’est pas pour me déplaire. Un peu à l’instar  de John Rebus, Anthony McLean aurait pu dire « La vie est une comédie noire ». Et comme chez Ian Rankin, Edimbourg tient une grande place dans ce roman. Le décor est un personnage à part entière, il imprime aussi l’ambiance de ce roman. La ville bat au rythme de ce roman, elle en donne le ton.

Une autre qualité de l’auteur c’est aussi ses personnage qu’il dépeint avec minutie. Surtout son flic McLean, qui nous semble un héros familier alors que nous découvrons seulement sa première enquête. Pour autant il soigne autant ses personnages secondaires.

Et puis il y a l’histoire, prenante à souhait et juste assez tordu pour nous tenir en haleine.

Bref tous les ingrédients d’un très bon roman sont réuni ici pour me faire dire que ce premier roman est un sacre bon polar.

Lire Ici le début

Les ravagé(e)s de Louise Mey


 

ravagé(e)sLe livre : Les ravagé(e)s de Louise Mey. Paru le 12 mai 2016 chez Fleuve éditions dans la collection Fleuve Noir.  19,€90 ; (432 p.) ; 21 x 14 cm

Andréa est une silhouette chancelante après un énième samedi soir alcoolisé. Ses amies ont prolongé la fête, les taxis ont déserté la place, le vide a empli l’espace et on a qu’une envie, ici et maintenant : faire passer le temps plus vite. Mais pas le choix. Il s’agit d’être pragmatique : mettre un pied devant l’autre, entendre le bruit de ses pas en triple exemplaire et trouver ça normal, fixer la lumière, un point de civilisation. Ne pas tomber.

Pourtant, cette nuit-là ne ressemble pas aux autres. La tête collée au bitume, dans l’urine et la poussière, Andréa a mal.

Alex est flic et mère célibataire. Elle officie aux crimes et délits sexuels d’un commissariat du nord de Paris. Chaque jour, elle voit défiler les plaintes pour viol, harcèlement, atteinte à la pudeur. L’ambiance est à l’anesthésie générale et il faut parfois lutter pour continuer à compatir. Ses parades pour éviter de sombrer : la bière, sa fille et les statistiques.

Sauf quand deux affaires viennent perturber la donne.

Louise Mey
L’auteur : De Louise Mey on ne sait pas grand chose sauf que cette jeune femme de 33 ans vit et travaille à Paris.

 

 

 

 

Extraits :
« Je ne comprends pas, je ne comprendrai jamais. Comment tu peux voir une femme et te dire qu’au lieu de lui parler, de la faire rire, de lui donner envie de toi, tu te dises tiens, je vais juste prendre, juste y aller, je m’en fous de ce qu’elle veut, je ne comprends pas comment tu peux entendre « non » et comprendre « oui », comment tu peux vouloir forcer quelqu’un à se donner à toi alors que ce qui vaut la peine c’est d’être désiré. »
« – Ah non mais non putain…
Ils tournèrent à peine la tête vers Polaski, qui venait de récupérer le journal froissé et raturé sur un bureau.
Favier et Audain avaient pour plaisir de corriger les faits divers. Parfois seulement les titres : les « crimes passionnels » redevenaient des assassinats. Les « drames de la passion » redevenaient des meurtres. Et bien sûr, les « différends familiaux, des violences conjugales. « Deux ans ferme pour le mari trompé : dans un moment de folie, il avait poussé la femme adultère par la fenêtre ». « Seulement deux ans pour meurtre », rectifiait Favier, à grandes lettres rondes. « Il était très demandeur, amoureux ; elle, fatiguée par les petits et le quotidien, commençaient souvent par lui refuser ses faveurs ». « Viol conjugal », barrait simplement Alain. »

 

Le post-it de Ge

Le livre de Louise Mey a quelque chose de cinématographique. Un peu comme dans Polisse de Maiwen où l’on suivait le quotidien des policiers de la BPM (Brigade de Protection des Mineurs). Ici nous allons découvrir celle de la Brigade « des crimes et délits sexuels ».  Une Brigade que Louise Mey invente de toute pièce pour mieux illustrer son propos. Une brigade qui ressemble à ce que l’on peut voir dans New York Police Blues . Des enquêteurs tout à leur boulot, totalement immergés dans un quotidien brutal.

Ce sont les gardes à vue de violeurs, de pervers en tous genres, les arrestations de présumés coupables et innocents au yeux de la loi. Mais aussi la pause déjeuner où l’on se raconte ses problèmes.  Ce sont les auditions des bourreaux,  les dépositions des victimes, les dérives de la sexualité dans notre société, mais aussi la solidarité entre collègues et les fous rires incontrôlables dans les moments les plus impensables . C’est savoir que le pire existe, et tenter de faire avec… Comment ces policiers parviennent-ils à trouver l’équilibre entre leurs vies privées et la réalité à laquelle ils sont confrontés, tous les jours.

Louise Mey nous immerge totalement, nous mettant la tête sous l’eau avec à l’appuie les chiffres de la délinquances sexuelle qui font froid au yeux.

L’auteur ne se facilite pas la tache en s’attaquant à des thèmes tel que les relation homme-femme, le pouvoir de l’argent, la place des victimes dans notre société. Elle ne se facilite pas la tâche car à travers ces crimes sexuels elle nous pousse à revoir notre point de vue sur les fondements de notre société.

L’autre force de ce livre ce sont ses protagonistes. Des personnages à la psychologie parfaitement décrite avec une finesse rare. Des flics de chairs et de sang qui traînent leurs angoisses et leur faille mais qui sont infaillibles dans l’exercice de leur profession. Cela donne une intensité et une véracité particulières à ce titre.

Mais attention l’éditeur présente ce titre comme un thriller et nous sommes là un un vrai roman noir.

Nous allons plongé dans des enquêtes glauques, nous allons vivre des scènes insoutenables. Mais Louise Mey nous ménage des bulles de respiration en nous proposant une intrigue lente dans laquelle l’humour noir est omniprésent.

Elle joue une partition difficile et l’exécute à la perfection.

 Un premier roman d’une rare profondeur qui nous dérange, nous trouble, nous met mal à l’aise voire nous fascine.

Une auteure que je vais suivre avec une intention toute particulière à n’en pas douter !

Lire le début des Ravagé(e)s ICI

La voie des morts de Neely Tucker


Mes petites lectures

9782070145560,0-2729594La voie des morts de Neely Tucker. Traduit de l’américain par Alexandra Maillard. Paru le 05 novemvre 2015 chez Gallimard  dans la collection Série Noire. 21€ ; (352p) ; 23×16.

Présentation de l’éditeur :

Sarah Reese, la fille d’un puissant juge de Washington, est retrouvée assassinée dans un taudis. Lorsque la police arrête rapidement trois adolescents noirs, le journaliste Sully Carter, ancien correspondant de guerre à la dérive, soupçonne que cette affaire dissimule bien d’autres implications. La mort de Sarah pourrait être liée à une série de crimes non élucidés – crimes pour lesquels la police a fait preuve de beaucoup moins de zèle… Alors que la population réclame au plus vite la condamnation des coupables, Carter recherche la vérité, subissant des pressions de la part de la police, des représentants officiels du pouvoir, et même de ses propres patrons… Désabusé par le système mais combatif et n’ayant plus rien à perdre, il plonge au cœur d’un mystère aux multiples ramifications, où la violence qui règne dans les quartiers pauvres se mêle aux intrigues politiques en haut lieu. Il doit s’aventurer sur les frontières aussi dangereuses qu’hasardeuses entre ce que l’on pense et ce que l’on sait, entre ce que l’on sait et ce qu’il est possible de révéler dans un journal « grand public »…

NeelyTuckerL’auteur : Neely Tucker, né le 26 novembre 1963 à Lexington, dans l’État du Mississippi, Il passe son enfance dans le comté de Holmes, l’un des plus pauvres des États-Unis.  .Journaliste depuis vingt-six ans – dont quinze passés au Washington post – Neely Tucker a été chargé de couvrir entre autres les attaques terroristes du 11-Septembre, le tsunami de 2004 en Asie du Sud-Est, et un grand nombre d’affaires judiciaires de premier plan. Correspondant à l’étranger durant huit ans, il a écrit des reportages sur plus de cinquante pays d’Europe, d’Afrique, d’Asie et du Moyen-Orient, fréquemment dans des zones de conflit. La Voie des Morts ets son premier roman à paraître dans la Série Noire.

 

Résumé et avis :

La fille d’un influent juge de Washington, Sarah Reese, est assassinée. Trois adolescents noirs sont aussitôt arrêtés. Sully Carter, un ancien correspondant de guerre traumatisé par les combats et miné par l’alcool, se charge d’élucider l’affaire. Ce crime pourrait bien être lié à une série de meurtres non élucidés.

Un putain de premier roman.

Du vrai noir comme on l’aime.

Un héros fracassés, solitaire mais opniatre et tenace. Quelqu’un qui n’a plus grand chose à perdre. Un incorruptible. Touchant. Un personage en quête de redemption.

Une ville froide, Washington comme on l’a peut vu sauf peut-être chez Pellecanos. Une ville de pouvoir. La Maison Blanche, le Capitole, la Cour Suprême, ici tout évoque la grandeur de l’Amérique mais aussi les complots, les jeux de pouvoir, la corruption et de conspiration.

Washington et son taux de criminalité, l’un des plus élévé des Etats Unis. La drogue cotoit la prostitution, les flics et les gansters pactisent dans ses rues sales. où polititiens véreux s’accoquinent avec des journaliste peu scruppuleux..

La délinquance à tous les étages.

Un polar rude, âpre qui grate là où ça fait mal.

Merci La Série Noire…Du bel ouvrage et très belle découverte.

 

Lire le début ICI