Chroniques d’une vie de flic : La police au quotidien de Eric Oliva.


Le livre : Chroniques d’une vie de flic : La police au quotidien de Eric Oliva.
Paru le 31 mars 2017 aux Éditions
 Libres d’écrire.  30,92€ ; 206 p. ; 15,2 x 22,8 cm.

4ème de couverture :

Il existe une particularité dans le métier de flic : c’est que dans une même journée, vous pouvez traverser des instants de joie et de bonne humeur, pour vous retrouver aussi rapidement dans la souffrance, la douleur et la peine. Les nuits sont parfois courtes et agitées et amènent sur des matins d’autant plus difficiles. Si certains ressentis s’effacent avec le temps, les images, elles, ancrent leurs racines bien plus profondément.

Eric Oliva raconte son début de carrière en y contant quelques-unes des interventions qui ont marqué son chemin de jeune flic. Un roman profond et entier qui met en exergue les sentiments que tous les flics se doivent d’accumuler sans jamais y avoir été préparés. Il vient avec ses chroniques tenter de faire découvrir le métier de flic tel qu’il est vécu par les femmes et les hommes qui composent les rangs de la Police Nationale.

L’auteur : Éric Oliva est né en juillet 67. Après avoir travaillé plusieurs années en région parisienne, il revient aux sources et s’installe avec sa compagne sur la Côte d’Azur. Fonctionnaire de police en activité, il est actuellement affecté en police judiciaire à Nice.
Extrait :
« Peu de gens sont en mesure de comprendre ce qu’est véritablement la vie d’un flic. Ce qu’il côtoie à longueur de journée, ce qu’il ressent est ce à quoi il est confronté tout au long de sa carrière. Lorsque l’on n’a pas vécu certaines situations de l’intérieur, on ne peut que se contenter de les imaginer, se les figurer, mais sans ne jamais avoir aucune certitude. On ne connaît vraiment leurs vérités crues que si l’on touche chaque image du doigt.
Leur carrière pourrait, par certaines facettes, être assimilé à celle d’un pompier d’un médecin urgentiste. Ces hommes qui sont là pour porter secours, sauver des vies, parfois au péril de la leur. Pourtant rien n’y ressemble.
Une divergence, mais de taille, fait toute la différence. L’homme symbolise, par le biais de son uniforme, le revers de la médaille. Il est aussi celui qui sanctionne. Tout le monde en est conscient, un flic n’est apprécié que quand on a besoin de lui. Dans le cas contraire, lorsqu’il prévient le désordre, il devient, aux yeux d’une certaine caste de la population, un paria, l’empêcheur de tourner en rond, le connard de poulet. Ne vous y trompez pas, les lois ne sont pas faites par les flics, leur job est seulement de les faire appliquer, souvent avec discernement.»

Le ressenti de Jean-Paul

Chroniques d’une vie de flic

Bonjour à toutes et à tous…

 Je viens de tourner la dernière page et “Ouf“…

C’est pensif que je prends un peu de temps sur la réflexion que m’a amené cette lecture…

 J’entends déjà ou je devine votre question.

Dis Jean-Paul, Comment vas-tu chroniquer une chronique ???

– Et bien je ne vais pas le faire !

A-t-on besoin de raboter une planche parfaitement rectiligne ?

Je vais vous donner mon “ressenti »…

…………………

 Qui n’a jamais eut à faire avec un “flic“ un jour ?

Et qu’est-ce qu’un “Flic” ?

 J’ai eu la chance, (ou pas d’ailleurs, il faudrait que je leurs pose la question ! lol) d’avoir régulièrement des policiers de tous grades dans mon entourage. Dans ma famille, certains voisins, Beaucoup d’amis…

Lorsque j’étais enfants, jamais je n’aurai osé appeler “flics“ les amis de mon père qui venaient régulièrement à la maison…

La lecture captivante et très réaliste, proposée par Eric m’a fait comprendre que le mot “flic“ n’était pas forcément une insulte en fonction de la personne qui le prononçait et au contraire je pense qu’Eric l’accepte avec fierté.

 Alors va pour le mot flic.

Flic, qui malheureusement de plus en plus est décrié, bafoué, insulté, caillassé…

Alors qu’il ne compte pas ses heures, en encaissant au quotidien les difficultés que l’on peut difficilement imaginer.

 Avec beaucoup de pudeur Eric nous raconte sa vie, son quotidien, essentiel pour notre bien à tous, même si souvent nous avons tendance à l’oublier. Ce sont “les gardiens de notre paix“ et sans eux où serions nous ?

 Vous l’aurez compris “Chroniques d’une vie de flic : La police au quotidien” n’est pas un roman.

Mais une succession d’anecdotes vécues par l’auteur…

Attention, pas de héros sortis tout droit d’une série, ou d’un film, ici les flics, sont avant tout des êtres humains.

 Eric nous raconte son récit, une vie de labeur, une vie d’émotions, de doute parfois, d’amour et d’entre-aide souvent, nous rappelant qu’il n’est pas une machine et que c’est avec ce quotidien pesant et souvent ingrat qu’il doit se construire au jour le jour… Certains passages m’ont retourné l’estomac alors que d’autres m’ont fait esquisser un sourire. Il égratigne aussi, sans méchanceté aucune, mais avec un réel constat la « bureaucratie » de certaines réflexions bien menées, qui leurs lie les mains et qui défait régulièrement ce que les policiers ont tant de mal à mettre en place.

Et malgré le vécu d’Eric j’ai senti, ou “ressenti“ de la psychologie, de l’amour et beaucoup d’émotions envers toutes ces personnes qui gravitent autour de lui quelques soient leur conditions sociales…

 Alors, merci Éric, j’ai aimé le rendu que tu nous donnes de la police, ta police de tous les jour.

J’ai aimé ton écriture simple et touchante où à aucun moment je ne me suis ennuyé, d’ailleurs le bêtisier final est une fin idéale pour ouvrir la soupape nécessaire suite à la lecture de certains passages particulièrement forts de ta vie.

 Il me tarde de te rencontrer, il me tarde de pouvoir discuter avec toi.

 Une très belle découverte !!!

 

Violence à l’origine de Martin Michaud


Le livre : Une enquête de Victor Lessard : Violence à l’origine de Martin Michaud. Paru le 13/06/2018 aux éditions Kennes. 6,95 € ; ; illustrations en noir et blanc, cartes ; ( 352 pages) ;  15 x23 cm

 4ème de couverture :

Responsable de la section des crimes majeurs en l’absence de son supérieur, le sergent détective Victor Lessard se voit confier la mission d’enquêter sur la mort d’un haut gradé du SPVM dont on a retrouvé la tête dans un conteneur à déchets. Formé du jeune Loïc Blouin-Dubois, de l’inimitable Jacinthe Taillon et de Nadja Fernandez, avec qui Victor partage sa vie, le groupe d’enquête qu’il dirige doit faire vite, car l’assassin a laissé un message qui annonce de nouvelles victimes. Confronté à un tueur particulièrement retors, qui peint de lugubres graffitis sur le lieu de ses meurtres et évoque un curieux personnage surnommé le « père Noël », pressé d’obtenir des résultats rapides par sa hiérarchie sans pour autant recevoir l’appui nécessaire, Victor Lessard s’entête envers et contre tout à résoudre « l’affaire du Graffiteur », dédale inextricable d’une noirceur absolue qui ravivera les meurtrissures de son âme, ébranlera ses convictions les plus profondes et le mènera au bord du gouffre.

 

L’auteur :  Martin Michaud est un écrivain Canadien, né à Québec le 05/04/1970, musicien, et scénariste québécois, auteur de thriller et de roman policier.
Il a longuement pratiqué le métier d’avocat d’affaires avant de se consacrer pleinement à l’écriture.
Ses quatre premiers polars obtiennent un succès fulgurant, lui valent cinq prix littéraires et d’être reconnu comme le nouveau chef de file des écrivains de romans policiers québécois.
En 2010, Il ne faut pas parler dans l’ascenseur est finaliste au Prix Saint-Pacôme, où il remporte le Prix coup de cœur, est finaliste aux Grands Prix littéraires Archambault de la relève et fait partie de la sélection du festival de Cognac, en France.
Salué par la critique, Sous la surface se voit attribuer la note parfaite de cinq étoiles par La Presse, figure dans le Top 5 des meilleurs polars de l’année 2013 de La Presse et de plusieurs autres publications.
En 2013, il remporte le Prix Saint-Pacôme du meilleur roman policier pour Je me souviens.
En 2014, il publie un roman hors série intitulé S.A.S.H.A. dans le cadre d’un collectif intitulé Vol 459 puis trois nouvelles: Une longue vie tranquille(Crimes à la librairie), Un pépin dans ta pomme (Des nouvelles du père) ainsi que Feu rouge (Revue Zinc).
En parallèle de ses activités de romancier, Michaud adapte ses œuvres pour la télé. Les droits de son roman Sous la surface ont été acquis par un producteur pour le cinéma américain.
En 2000, il forme le groupe de rock indépendant francophone m-jeanne, dont il est parolier, guitariste et chanteur jusqu’à sa dissolution en 2007.

site officiel: http://www.michaudmartin.com/promo.php 

 

Extraits :
« Le paysage défilait. Tous les sens aux aguets, Victor ne cessait de se demander si le type était armé. Un seul projectile tiré dans sa direction et ce pouvait être la fin. Il connaissait les risques, mais quelque chose de plus fort que sa volonté l’empêchait d’interrompre sa course. Il avait d’ailleurs la conviction que c’était ce qui, à la base différenciait ceux qui étaient nés pour être policiers des autres. »
« Ce qu’on appelle le mal est en chacun de nous. Et le seul rempart entre le chaos et la paix sociale, c’est la société qui, avec ses lois et ses règles nous permet de vivre dans une relative harmonie. Mais parfois, des individus déviants se glissent entre les mailles du filet…
«   – T’aimais la philo, toi ?
–       Ben certain ! Même si c’était obligatoire au cégep, j’adorais ça !
Il frappa du plat de la main sur le tableau de bord et railla :
–       Je comprends tout : c’est là que t’as découvert les grands penseurs de l’histoire de l’humanité, dont Ellen De Generes !
Jacinthe lui donna un coup de poing sur l’épaule.
–       Eille, arrête de faire le cave» 

 

La chronique jubilatoire de Dany

Le quatrième roman de la série Victor Lessard vient de sortir en France. Je n’ai pas lu ses deux premières aventures et même si je me doute que j’y gagnerai en approche des personnages, ceci n’est pas un handicap à la compréhension de l’intrigue. Le québécois donne toujours un petit côté exotique et les répliques sont souvent savoureuses, surtout dans la bouche de l’adjointe Jacinthe.

Lessard, meurtri par ce qui ressemble à une bavure, a porté pendant des années le poids de la culpabilité en se réfugiant dans l’alcool. Il a refait sa vie et s’en sort semble-t-il bien quand le passé sordide le rattrape.

Meurtres en série, vengeance, gangs de rue, trafic, enlèvements, manipulations, corruption … tout y est dans ce monde de brutes où la hiérarchie est elle aussi trouble que les malfrats. Oui le Saint-Laurent n’est pas un long pleuve tranquille !

Certes une fiction … mais très proche de la malheureuse réalité urbaine où tout peut s’acheter et surtout l’innocence.

J’ai beaucoup aimé !

Lu en version numérique pdf.

Vous pouvez aussi retrouvez ICI la première enquête de Victor Lessard par Ge

Burn-Out – Didier Fossey


Le livre  :  Burn Out de Didier Fossey.  Paru le 28 février 2015 chez Flamant Noir éditions.   15 euros ;  (289 p.) ; 22 x 14 cm. Réédité en poche le 14 février 2018 chez Bragelonne dans la collection Poche Thriller.

4e de couv :

Paris. Avril 2014. La police enquête sur une série de vols d’objets d’art dans les cimetières de la capitale. Lors d’une nuit de planque, un policier est assassiné. Pas de témoins. Peu d’indices. Boris Le Guenn, chef de groupe de la BAC au quai des Orfèvres, est saisi de l’affaire. Mais il manque d’effectifs et doit mener plusieurs enquêtes de front. La descente aux enfers d’un de ses lieutenants, déterminé à rendre justice lui-même, ne va pas lui faciliter la tache…

Burn-Out nous fait entrer dans l’intimité de la police. Un monde désenchanté, dans lequel l’histoire ne se termine ni bien ni mal : elle se termine, c’est tout. Certains flics boivent pour oublier, d’autres ont une démarche plus radicale, violente, imprévisible… Ça pue la clope, le sang et la sueur de ceux qui veillent sur la population. Ces flics, obsédés par leur boulot, à qui on demande de laisser au vestiaire leurs problèmes personnels, sont vite rattrapés par leurs démons…
Ambiance, jargon, procédures… vous aurez l’impression de faire partie de cette équipe de la BAC dès les premières pages. Didier Fossey a fait toute sa carrière dans la Police nationale, il sait donc de quoi il parle. Quand leur métier prend toute la place, devient insupportable au quotidien et risque de leur faire tout perdre, ils trouvent parfois en leur arme de service l’ultime solution…

Prix Polar 2015 du Lions Club

L’auteur : Didier Fossey en né en 1954 à Paris. Après des études secondaires laborieuses, il fréquente un lycée hôtelier à Granville, en Normandie, d’où il sort muni d’un CAP de garçon de restaurant. Il a la chance de travailler sur le paquebot France, puis dans différents établissements parisiens avant d’ouvrir son propre restaurant. En 1984, il laisse tout tomber pour entrer dans la police, à Paris. Ses années de service en brigade anticriminalité de Nuit du 13e arrondissement de 1986 à 2001, les nuits de planque, de traque, la morsure du froid, ce monde de la nuit lui plaisent et lui fournissent quelques anecdotes croustillantes qui lui serviront quelques années plus tard.
Extrait :
“Tous les flics ont des cauchemars, ça fait partie du paquetage”, avait dit un jour Olivier Marchal, ancien policier devenu réalisateur de films à succès. Le problème, c’est qu’au départ le flic n’est pas prévenu que le paquetage s’alourdira au fil des ans, et rien n’est prévu pour les ranger, ces foutus cauchemars. Alors certains, comme Franck, mettent une carapace, s’endurcissent et le payent dans leur vie privée. D’autres se laissent déborder, et à défaut de sac pour y mettre leurs peurs, leurs angoisses et les problèmes personnels qui en découlent, se servent de leur arme pour en terminer, à raison d’une quarantaine par an, toutes forces de police confondues.
……………………

Le ressenti de Jean-Paul

Burn-Out  de Didier Fossey

J’ai rencontré Didier au dernier salon du Livre à Paris et je dois avouer à ma grande honte que je ne le connaissais pas du tout ! Mais d’abord ce n’est pas vers lui que je suis venu. C’est le titre de la couverture de son roman qui m’a attiré et repoussé à la fois. ”Burn Out” une nouvelle expression, presque sexy d’ailleurs, alors que le mot en français fait peur et dérange : Dépression. Comme si c’était encore une honte d’en souffrir…
Donc nous avons pu discuté ensemble et j’ai trouvé tout de suite le personnage attachant. Ancien policier, comme Olivier Norek qui a arrêté son métier difficile pour nous transmettre une vision de la Police méconnue. Son vécu peut-être ? En tout cas son roman ma touché par sa sensibilité.
L’histoire est captivante et très réaliste, elle m’a tenue en haleine jusqu’au bout. Des policiers qui sont mal dans leur peau, qui vivent mal les conflits internes, les horaires épuisants, les planques qui n’en finissent pas, qui n’ont plus vie de famille ou tellement insignifiante. Voilà la Police de Didier. Ils sont là pour nous aider, pour nous sauver souvent, alors que nous ne les voyons qu’à peine et que pour beaucoup d’entre eux, ils travaillent la peur au ventre…

Le monde à changé, aujourd’hui les policier on les mains liées, ils ne sont ni aidés, ni aimés. Ils sont perçus comme des collecteurs de l’Etat, plus que des gardiens de la paix… Leurs missions devraient être recentrées très vite avant que cela ne finisse vraiment mal…
Un polar à lire…Une course contre la montre qui nous montre le malaise de la Police !

“Dubreuil avait pris sa décision. Il irait au commissariat tout balancer et se faire passer pour un chef d’entreprise un peu trop cool qui vient de s’apercevoir que ses employés lui font un petit dans le dos. Sergeï se ferait chopper rapidement : avec les moyens actuels, les flics établiraient un rapprochement entre les vols dans les cimetières et l’affaire du château dans les Yvelines. Oui, c’était cela qu’il devait faire, le seul moyen de s’en sortir ; sinon cette affaire allait mal tourner pour lui. Il dirait aux flics il s’était aperçu que son contremaître n’était pas clair, qu’il avait voulu s’expliquer avec lui et que, en guise d’explication, il s’était fait casser la gueule. Ça tiendrait la route. Il ajouterait qu’il était armé, dangereux, et avec un peu de chance, vu le nombre de chauds de la gâchette dans la police, Sergeï n’aurait peut-être même pas le temps de parler.””

Entre deux mondes de Olivier Norek


Salut les Polardeux,

Si, il y a un livre que je me devais de chroniquer cette année c’est bien celui-là. Lors de sa sortie j’ai laissé la primeur à Oph notre flingueuse que je trouvais légitime pour cet exercice. Mais maintenant que l’année s’achève, je ne peux décemment pas, ne pas vous donner mon avis sur un des livres qui m’a le plus marquée en 2017.

Voici donc mon billet sur  :

Entre deux mondes de Olivier Norek.

Et ici celui d’Oph

 

Entre deux mondes de Olivier Norek. Paru le 5 octobre 2017 chez M. Lafon.  19€95 ; (413 p.) ; 23 x 14 cm

Résumé

Fuyant un régime sanguinaire et un pays en guerre, Adam a envoyé sa femme Nora et sa fille Maya à six mille kilomètres de là, dans un endroit où elles devraient l’attendre en sécurité. Il les rejoindra bientôt, et ils organiseront leur avenir.
Mais arrivé là-bas, il ne les trouve pas. Ce qu’il découvre, en revanche, c’est un monde entre deux mondes pour damnés de la Terre entre deux vies. Dans cet univers sans loi, aucune police n’ose mettre les pieds.
Un assassin va profiter de cette situation.
Dès le premier crime, Adam décide d’intervenir. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il est flic, et que face à l’espoir qui s’amenuise de revoir un jour Nora et Maya, cette enquête est le seul moyen pour lui de ne pas devenir fou.
Bastien est un policier français. Il connaît cette zone de non-droit et les terreurs qu’elle engendre. Mais lorsque Adam, ce flic étranger, lui demande son aide, le temps est venu pour lui d’ouvrir les yeux sur la réalité et de faire un choix, quitte à se mettre en danger

L’auteur : Engagé dans l’humanitaire pendant la guerre en ex-Yougoslavie, puis lieutenant à la section Enquête et Recherche de la police judiciaire du 93 depuis dix-huit ans, Olivier Norek est l’auteur de trois romans largement salués par la critique et traduits dans plusieurs pays, ainsi que le lauréat de nombreux prix littéraires.
Après Code 93, Territoires et Surtensions, il nous invite dans un monde Entre deux mondes que nul ne peut imaginer, où se rencontrent deux inspecteurs que tout semble opposer et qui devront unir leurs forces pour sauver un enfant.
Extrait :
L’Angleterre s’est refermée, contractée même, comme tous les pays riches, qui n’ont qu’une seule trouille, c’est de voir l’autre partie du monde venir se décrotter les pompes sur leur paillasson. 

Le post-it de la bibliothécaire

 

Adam a découvert en France un endroit où l’on peut tuer sans conséquences.

Adam est un policier syrien qui a fui son pays pour se rendre en France afin de rejoindre sa femme et sa fille, Nora et Maya, qu’il a cru mettre en sécurité dans ce pays. Mais elles ont disparu et Adam découvre que la France abrite un endroit situé entre deux mondes où il n’y a aucune loi. Dès le premier crime commis, Adam décide d’intervenir, aidé de Bastien, un policier français.

Si…Et je dis bien si, il y a un auteur qui m’a surprise cette année c’est bien Olivier Norek. Je connaissais déjà le talent du jeune homme. Je le suis depuis ses débuts. J’ai aimé sa trilogie du 93  même si j’ai préféré le réalisme et surtout la noirceur des 2 premiers opus au style résolument plus vif du dernier. Pour autant l’ensemble était parfaitement mené.

Mais là avec « Entre deux mondes« , mister Norek m’a scotché. Il m’a secoué aussi. Je ne suis pas du genre tendre. Je ne pleure jamais quelque soit l’histoire que je lis. Mais là, j’avoue, j’aurai pu avoir les yeux mouillés tellement l’auteur retranscrit avec justesse chacun des personnages, chacune des situations. Il ne juge jamais, il fait de nous les témoins privilégiés de ce drame qui se joue à nos portes, sur notre territoire, près de chez nous. Dans cette zone de non droit qu’est la jungle de Calais. Il nous permet l’empathie avec chacun des protagonistes, comprenant tour à tour le point de vu de chacun. Il nous fait vivre leur espoir, leurs déceptions, leur tragédie.

Il nous oblige à ouvrir les yeux sur ce drame humain que l’on fait souvent semblant de ne pas voir, justement.

Son regard fait fi de tous les préjugés. Il a un point de vue global. Il est le migrant, il est la victime, il est les bourreaux. Il incarne aussi ces policiers calaisiens, au bout du rouleau. Il nous montre leur impuissance face à une situation qui les dépasse et dont ils sont aussi les victimes eux que l’on ne perçoit bien souvent que comme les méchants de l’histoire.

Il met de l’humanité là où il en manque énormément.

Alors certains diront que son roman n’est point une fiction. Que l’auteur fait plus ici oeuvre de documentariste. Ce n’est pas totalement faut, mais c’est justement ce qui fait la force de ce roman !

Mais que font ces détracteur de l’intrigue qu’Olivier noue au milieu de ce drame humain. De cette histoire de flic qui s’intègre parfaitement, et illustre magnifiquement ce roman.

Dans le contexte ci particulier qu’est le jungle de Calais, Olivier Norek nous offre un livre coup de point. Avec son style abrupte, il va directement à l’essentiel. Il trouve le point crucial qui ne peut que toucher en plein coeur.

Bravo Mister Norek, votre livre est tout bonnement magistral !

 Retrouvez la chronique d’Ophélie ICI sur

Entre deux mondes d’Olivier Norek.

De mort naturelle de James Oswald


9782811216870,0-3095590 9782352948605,0-2671190 Le livre :De mort naturelle  de James Oswald. Traduit de l’anglais (Ecosse) par Jean-Claude Mallé.Paru le 17 juin 2015 chez Bragelonne dans la collection Thriller.  20€ ; (449 p.) ; 24 x 16 cm.

Réédité en poche chez Milady le 18 mars 2016 dans la collection Milady Thriller. 8€90 ; (576 p.) ; 18 x 11 cm

Quatrième de couverture

Tony McLean vient d’être nommé inspecteur. En plus des affaires courantes qui font son quotidien au commissariat – suicides, meurtres, cambriolages et autres accidents -, il hérite d’un cold case dont personne ne veut se charger. Le corps d’une jeune femme, crucifiée et atrocement mutilée, a été découvert au sous-sol d’une maison abandonnée. Tout porte à croire qu’elle a été victime d’un meurtre rituel. Au siècle dernier.

Le présent est nourri du passé et certains démons ne demandent qu’à se réveiller. Lorsqu’une série de meurtres sanglants s’abat sur la ville d’Édimbourg, McLean et son équipe – l’inspecteur Robert Laird, dit Bob la Grogne, et le «bleu» Stuart MacBride -, ne savent plus où donner de la tête. Pour un peu, ils dormiraient tous à la morgue, où le médecin légiste voit les cadavres s’empiler…

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James Oswald est un auteur pas comme les autres. Fermier le jour, écrivain la nuit, il élève des vaches et des moutons en Écosse. D’abord autopublié, il a connu un succès fulgurant dès ses débuts. De mort naturelle est la première enquête de l’inspecteur McLean.

Extrait :
McLean passa à l’examen des murs. Le principe de base : commencer par le cadavre, puis s’intéresser à ce qu’il y a autour. Après avoir touché le plâtre glacé du bout de ses doigts gantés, il retourna la main et tapota le mur de la pointe d’une phalange. Ça sonnait plein, comme un honnête mur de pierre. Même chose un peu plus loin. Regardant par-dessus son épaule, McLean continua son inspection jusqu’à ce qu’il se retrouve dans l’alignement de la tête de la morte. Là, ça sonnait creux.
Tapant de nouveau, McLean eut le sentiment que le mur s’était incurvé sous la pression. Mais avec la lueur aveuglante du flash et les ombres générées par les projecteurs, ça pouvait être une illusion. Plaquant une paume sur le plâtre, il poussa doucement et sentit la cloison céder. Soudain avec un craquement sinistre d’os brisés, un panneau d’environ trente centimètres de large pour quinze de haut se sépara du mur et tomba sur le parquet, révélant une niche dans laquelle brillait un petit objet.
McLean éclaira la niche avec sa lampe, sur un morceau de parchemin plié, il repéra un mince étui à cigarettes en argent. Derrière, conservé dans un bocal comme un spécimen dans une classe de sciences naturelles, il y avait un cœur humain.

Résumé et petit avis :

Plusieurs citoyens respectés d’Edimbourg sont assassinés. A chaque fois, le meurtrier est identifié mais se suicide dans la foulée. De son côté, l’inspecteur Anthony McLean enquête sur la découverte du cadavre d’une jeune fille, emmurée dans la cave d’un vieux manoir après avoir été brutalement assassinée. McLean suspecte un lien entre les meurtres, les suicides et la jeune fille.

Voici une belle découverte. James Olwald nous propose un enquête policière somme toute classique mais il y ajoute un petite touche très écossaise qui n’est pas pour me déplaire. Un peu à l’instar  de John Rebus, Anthony McLean aurait pu dire « La vie est une comédie noire ». Et comme chez Ian Rankin, Edimbourg tient une grande place dans ce roman. Le décor est un personnage à part entière, il imprime aussi l’ambiance de ce roman. La ville bat au rythme de ce roman, elle en donne le ton.

Une autre qualité de l’auteur c’est aussi ses personnage qu’il dépeint avec minutie. Surtout son flic McLean, qui nous semble un héros familier alors que nous découvrons seulement sa première enquête. Pour autant il soigne autant ses personnages secondaires.

Et puis il y a l’histoire, prenante à souhait et juste assez tordu pour nous tenir en haleine.

Bref tous les ingrédients d’un très bon roman sont réuni ici pour me faire dire que ce premier roman est un sacre bon polar.

Lire Ici le début

Les ravagé(e)s de Louise Mey


 

ravagé(e)sLe livre : Les ravagé(e)s de Louise Mey. Paru le 12 mai 2016 chez Fleuve éditions dans la collection Fleuve Noir.  19,€90 ; (432 p.) ; 21 x 14 cm

Andréa est une silhouette chancelante après un énième samedi soir alcoolisé. Ses amies ont prolongé la fête, les taxis ont déserté la place, le vide a empli l’espace et on a qu’une envie, ici et maintenant : faire passer le temps plus vite. Mais pas le choix. Il s’agit d’être pragmatique : mettre un pied devant l’autre, entendre le bruit de ses pas en triple exemplaire et trouver ça normal, fixer la lumière, un point de civilisation. Ne pas tomber.

Pourtant, cette nuit-là ne ressemble pas aux autres. La tête collée au bitume, dans l’urine et la poussière, Andréa a mal.

Alex est flic et mère célibataire. Elle officie aux crimes et délits sexuels d’un commissariat du nord de Paris. Chaque jour, elle voit défiler les plaintes pour viol, harcèlement, atteinte à la pudeur. L’ambiance est à l’anesthésie générale et il faut parfois lutter pour continuer à compatir. Ses parades pour éviter de sombrer : la bière, sa fille et les statistiques.

Sauf quand deux affaires viennent perturber la donne.

Louise Mey
L’auteur : De Louise Mey on ne sait pas grand chose sauf que cette jeune femme de 33 ans vit et travaille à Paris.

 

 

 

 

Extraits :
« Je ne comprends pas, je ne comprendrai jamais. Comment tu peux voir une femme et te dire qu’au lieu de lui parler, de la faire rire, de lui donner envie de toi, tu te dises tiens, je vais juste prendre, juste y aller, je m’en fous de ce qu’elle veut, je ne comprends pas comment tu peux entendre « non » et comprendre « oui », comment tu peux vouloir forcer quelqu’un à se donner à toi alors que ce qui vaut la peine c’est d’être désiré. »
« – Ah non mais non putain…
Ils tournèrent à peine la tête vers Polaski, qui venait de récupérer le journal froissé et raturé sur un bureau.
Favier et Audain avaient pour plaisir de corriger les faits divers. Parfois seulement les titres : les « crimes passionnels » redevenaient des assassinats. Les « drames de la passion » redevenaient des meurtres. Et bien sûr, les « différends familiaux, des violences conjugales. « Deux ans ferme pour le mari trompé : dans un moment de folie, il avait poussé la femme adultère par la fenêtre ». « Seulement deux ans pour meurtre », rectifiait Favier, à grandes lettres rondes. « Il était très demandeur, amoureux ; elle, fatiguée par les petits et le quotidien, commençaient souvent par lui refuser ses faveurs ». « Viol conjugal », barrait simplement Alain. »

 

Le post-it de Ge

Le livre de Louise Mey a quelque chose de cinématographique. Un peu comme dans Polisse de Maiwen où l’on suivait le quotidien des policiers de la BPM (Brigade de Protection des Mineurs). Ici nous allons découvrir celle de la Brigade « des crimes et délits sexuels ».  Une Brigade que Louise Mey invente de toute pièce pour mieux illustrer son propos. Une brigade qui ressemble à ce que l’on peut voir dans New York Police Blues . Des enquêteurs tout à leur boulot, totalement immergés dans un quotidien brutal.

Ce sont les gardes à vue de violeurs, de pervers en tous genres, les arrestations de présumés coupables et innocents au yeux de la loi. Mais aussi la pause déjeuner où l’on se raconte ses problèmes.  Ce sont les auditions des bourreaux,  les dépositions des victimes, les dérives de la sexualité dans notre société, mais aussi la solidarité entre collègues et les fous rires incontrôlables dans les moments les plus impensables . C’est savoir que le pire existe, et tenter de faire avec… Comment ces policiers parviennent-ils à trouver l’équilibre entre leurs vies privées et la réalité à laquelle ils sont confrontés, tous les jours.

Louise Mey nous immerge totalement, nous mettant la tête sous l’eau avec à l’appuie les chiffres de la délinquances sexuelle qui font froid au yeux.

L’auteur ne se facilite pas la tache en s’attaquant à des thèmes tel que les relation homme-femme, le pouvoir de l’argent, la place des victimes dans notre société. Elle ne se facilite pas la tâche car à travers ces crimes sexuels elle nous pousse à revoir notre point de vue sur les fondements de notre société.

L’autre force de ce livre ce sont ses protagonistes. Des personnages à la psychologie parfaitement décrite avec une finesse rare. Des flics de chairs et de sang qui traînent leurs angoisses et leur faille mais qui sont infaillibles dans l’exercice de leur profession. Cela donne une intensité et une véracité particulières à ce titre.

Mais attention l’éditeur présente ce titre comme un thriller et nous sommes là un un vrai roman noir.

Nous allons plongé dans des enquêtes glauques, nous allons vivre des scènes insoutenables. Mais Louise Mey nous ménage des bulles de respiration en nous proposant une intrigue lente dans laquelle l’humour noir est omniprésent.

Elle joue une partition difficile et l’exécute à la perfection.

 Un premier roman d’une rare profondeur qui nous dérange, nous trouble, nous met mal à l’aise voire nous fascine.

Une auteure que je vais suivre avec une intention toute particulière à n’en pas douter !

Lire le début des Ravagé(e)s ICI

La voie des morts de Neely Tucker


Mes petites lectures

9782070145560,0-2729594La voie des morts de Neely Tucker. Traduit de l’américain par Alexandra Maillard. Paru le 05 novemvre 2015 chez Gallimard  dans la collection Série Noire. 21€ ; (352p) ; 23×16.

Présentation de l’éditeur :

Sarah Reese, la fille d’un puissant juge de Washington, est retrouvée assassinée dans un taudis. Lorsque la police arrête rapidement trois adolescents noirs, le journaliste Sully Carter, ancien correspondant de guerre à la dérive, soupçonne que cette affaire dissimule bien d’autres implications. La mort de Sarah pourrait être liée à une série de crimes non élucidés – crimes pour lesquels la police a fait preuve de beaucoup moins de zèle… Alors que la population réclame au plus vite la condamnation des coupables, Carter recherche la vérité, subissant des pressions de la part de la police, des représentants officiels du pouvoir, et même de ses propres patrons… Désabusé par le système mais combatif et n’ayant plus rien à perdre, il plonge au cœur d’un mystère aux multiples ramifications, où la violence qui règne dans les quartiers pauvres se mêle aux intrigues politiques en haut lieu. Il doit s’aventurer sur les frontières aussi dangereuses qu’hasardeuses entre ce que l’on pense et ce que l’on sait, entre ce que l’on sait et ce qu’il est possible de révéler dans un journal « grand public »…

NeelyTuckerL’auteur : Neely Tucker, né le 26 novembre 1963 à Lexington, dans l’État du Mississippi, Il passe son enfance dans le comté de Holmes, l’un des plus pauvres des États-Unis.  .Journaliste depuis vingt-six ans – dont quinze passés au Washington post – Neely Tucker a été chargé de couvrir entre autres les attaques terroristes du 11-Septembre, le tsunami de 2004 en Asie du Sud-Est, et un grand nombre d’affaires judiciaires de premier plan. Correspondant à l’étranger durant huit ans, il a écrit des reportages sur plus de cinquante pays d’Europe, d’Afrique, d’Asie et du Moyen-Orient, fréquemment dans des zones de conflit. La Voie des Morts ets son premier roman à paraître dans la Série Noire.

 

Résumé et avis :

La fille d’un influent juge de Washington, Sarah Reese, est assassinée. Trois adolescents noirs sont aussitôt arrêtés. Sully Carter, un ancien correspondant de guerre traumatisé par les combats et miné par l’alcool, se charge d’élucider l’affaire. Ce crime pourrait bien être lié à une série de meurtres non élucidés.

Un putain de premier roman.

Du vrai noir comme on l’aime.

Un héros fracassés, solitaire mais opniatre et tenace. Quelqu’un qui n’a plus grand chose à perdre. Un incorruptible. Touchant. Un personage en quête de redemption.

Une ville froide, Washington comme on l’a peut vu sauf peut-être chez Pellecanos. Une ville de pouvoir. La Maison Blanche, le Capitole, la Cour Suprême, ici tout évoque la grandeur de l’Amérique mais aussi les complots, les jeux de pouvoir, la corruption et de conspiration.

Washington et son taux de criminalité, l’un des plus élévé des Etats Unis. La drogue cotoit la prostitution, les flics et les gansters pactisent dans ses rues sales. où polititiens véreux s’accoquinent avec des journaliste peu scruppuleux..

La délinquance à tous les étages.

Un polar rude, âpre qui grate là où ça fait mal.

Merci La Série Noire…Du bel ouvrage et très belle découverte.

 

Lire le début ICI

Chiennes de Marie Vindy : L’ABCdaire de deux nanas fondues de ….Vindy


  L'ABCdaire de deux nanas fondues de vindy

Bonjour à tous,

Nous sommes de retour !! Les motordus d’Anne-Ju et Collectif Polar sont heureuses de vous retrouver pour cette nouvelle lecture commune. Le choix s’est porté sur :

Chiennes de Marie Vindy

Pour cette  troisième lecture commune, on reprend la formule de l’Abécédaire.

Le principe :


Un ABCdaire : 26 lettres

L'ABCdaire de deux nanas fondues de13 lettres chacune choisies au hasard

13 lettres pour 13 mots qui pour nous définissent quelque chose du roman.

 Ensuite nous mettons les 26 mots ainsi rassemblés en commun et nous y apportons l’une et l’autre notre petite explication.

Pas simple de parler d’un roman à partir d’un mot choisi par une autre personne. Pas simple mais très amusant.

Et pour plus de partage encore chacune d’entre nous ne gardera que 7 lettres donc 7 mots qu’elle avait au départ pour sa chronique. Les 6 lettres et mots correspondants restant, elle les offrira à sa partenaire qui se chargera de les publier.

Chaque chronique disposera de 13 mots, 7 des siens et 6 emprunté dans la liste de son binôme. Mais au totale chacune aura 26 définitions.

Je vous vois faire la grimace ! Peut-être ne suis pas assez explicite ?

Bon…Prenant un exemple ça sera plus clair !

Ge de Collectif Polar a les lettres H, I,J,K,L,M,N,Q,R,S,T,W,Y = 13 lettres

Les 6 lettres H,I,J,T,W et Y ont été définies par Ge mais seront publiées dans la chronique d’Anne-Ju.

Et inversement, des 13 lettres définies par Anne Ju, Ge en publiera 6.

Bref pour lire l’abécédaire complet, vous allez devoir jongler avec nos deux blogs. 26 lettres, 13 lettres chacune. Là vous vous dîtes que l’on a grave cogité, euh oui on vous confirme 😉

Le plus simple, allez direct à l’Abécédaire, oups pardon L’ABCdaire. 

Marie Vindy&Le livre : Chiennes de Marie Vindy Paru le 31 août 2015 à la Manufacture de Livres dans la collection Roman Noir.  388 pages, 18,90€ …

La 4e de couv :

Chiennes

– Allô ? C’est quoi ?
– T’as intérêt de la boucler, j’te jure ! Tu fermes ta gueule, t’entends ?
– Hé ! Mais t’es qui, toi, pour m’parler comme ça ? Eh oh ?
– Ferme ta gueule si tu veux pas avoir d’ennuis. Toi et ta pute de mère vous fermez vos gueules, t’as compris ? Et ta mère, putain, elle a pas intérêt à ouvrir sa grande gueule, sinon, sa vie, elle va être pourrie et la tienne aussi. Et tu te retrouveras dans une cave comme ta copine la pute !

Séquestrations, violences, balances, c’est le lot du trafic de stups, même dans une ville réputée calme comme Dijon. Ici, la dope, ce sont surtout quelques lascars qui font des trajets aux Pays-Bas pour ramener du produit jusqu’à ce qu’ils finissent par se faire serrer par la douane volante. Mais comment ne pas voir dans ces gosses élevés de travers, pervertis par le fric facile, et entraînés aux luttes viriles et à la violence, l’ombre d’une réalité beaucoup plus terrifiante ?

Marie Vindy (13)L’auteur : Marie Vindy est née en 1972, à Dijon où elle vit toujours.

Après avoir suivi une formation artistique aux « Beaux Arts » de Besançon, puis de Nantes, elle devient artiste plasticienne et professeur d’Arts Plastiques en collège pendant quelques années, elle délaisse assez vite ces activités pour se consacrer à la littérature noire. Elle est aujourd’hui journaliste et chroniqueuse judiciaire.

Notre Lecture commune :

Les 6 mots choisis par Anne Ju parmi les 13 lettres qu’elle a tirée au sort

A : Affaires

AJC : Ce livre est un réel roman policier. Il parle de 2 affaires. La première est le suicide d’une jeune fille qui a lieu dans une cité à Dijon et qui est donc suivi par la police. La seconde est le meurtre d’une jeune fille retrouvée dans un bois dans les alentours de Dijon et qui est suivie par la gendarmerie. Pour m’y retrouver au début, j’ai pris des notes pour être sûre de bien mettre les personnages et les faits dans les bonnes colonnes ;-). Car c’est un peu comme un entonnoir ! Au début, on a une tonne d’infos et petit à petit, ça se resserre …mais chut je n’en dis pas plus.

GVLDans une cité de la banlieue de Dijon, le policier Simon Carrière doit enquêter sur le suicide d’une jeune fille. Parallèlement, le capitaine Humbert est confronté à la disparition d’Aude, qui a manifestement été exécutée pour une affaire de drogue. Une intrigue qui reprend les personnages croisés dans Une femme seule et Cavale(s) et qui se déroule au sein de la gendarmerie nationale.

B : Brutal

AJC : Attention, âmes sensibles s’abstenir car il y a pas mal de violence dans ce livre. Tout d’abord, les deux enquêtes aussi brutales que violentes. Ensuite, les sentiments : Vlan. On se prend une sacrée claque quand on imagine les horreurs que ces hommes volent tous les jours. Mais ce qui est plus brutal : c’est cette considération de la femme en passant un langage tellement injurieux que j’ai eu envie de devenir brutale à ma manière…Avec mes mots. Merci Marie Vindy pour ce combat brutal que tu mènes ! ça existe tout le monde le sait, mais tout le monde se tait ! La loi du silence L

GVL : Oui la violence faite aux femmes n’est pas un vain mot, et ici c’est même le statut de la femme qui est remis en question. La femme objet pour le seul plaisir de l’homme ou bonne à tout faire.  Oui ici moi aussi j’ai envie de devenir brutal face à toutes ces violences quotidiennes qui chaque jour me renvoient à ma condition de femme et aux luttes qu’il va nous falloir encore mener pour défendre et étendre nos droits, mesdames.

C : Chiennes

AJC : Ce mot a (hélas) plusieurs définitions ! Vous avez la femelle du chien mais aussi le côté négatif attribué aux femmes comme étant une injure. Ici  vous l’avez bien compris Marie Vindy ne l’utilise pas à son sens premier. D’ailleurs, ce mot est devenu courant dans le langage aussi bien chez les hommes que chez les femmes. Chiennes est le titre de ce livre ! C’est un cri de douleur et ras le bol ! Marre de se faire insulter de la sorte et d’être cataloguée comme ça. Le manque de respect de la femme est flagrant dans ces personnages présents dans le livre. J’aurai pu choisir le mot Colère mais aussi Claques car franchement j’ai très envie de mettre des claques à tous ces jeunes qui n’ont plus de notion de l’être humain.

GVL : Les personnes qui me connaissent savent mon amour pour les canidés. Aussi je ne comprends pas que ce mot « Chienne » soit devenu dans la bouche de certain une insulte. Moi qui vis en meute, je vois bien comme nos chiennes sont le ciment du groupe, comme elles sont fidèles, aimantes et solidaires entre elle. Plus que les mâles, elles font preuve de courage et surtout de tempérance et d’équité. Non vraiment, ces abrutis qui nous traites de chiennes n’en vraiment rien compris au monde canin. Le chien est un animal social par excellence et la meute se compose de plusieurs individus, C’est donc une véritable cellule  presque familiale, fortement hiérarchisée et centrée autour du couple dominant. Les autres membres sont très soumis au couple Alpha qui choisit toujours le territoire où s’établira le clan. Veillant à la sécurité et au bien-être de tous les individus, il assume le maintien de l’ordre et veille à la cohésion du groupe. La stabilité d’une meute dépend des dominants. Et malheureusement chez les humains, l’effet de meute est vraiment perverti.

V : Valeur

AJC : Dans ce roman, Marie Vindy fait un état de la notion de Valeur. La valeur matérielle est ce qui régit tout dans ces cités. Elle est la grande preuve de réussite. Plus tu as d’argent et plus tu as du pouvoir et tu es respecté. Mais il y a aussi la partie Humaine. La valeur de l’être humain. Là, la femme n’a aucune valeur si ce n’est celui de Chienne. Les hommes n’ont pas forcément non plus une grande valeur dans ces cités. Mais la partie force de l’ordre essaye de rétablir cet équilibre mais c’est une lutte longue et parfois périlleuse. Un sacré bras de fer !

GVL : Ici certains de nos protagonistes n’ont aucune valeur morale. Difficile de rentrer en empathie avec eux. Cela en fait des boucs émissaires faciles pour déverser notre rancœur contre leur bêtise crasse. Et de là à  basculer dans une certaine généralité, il n’y a qu’un pas. Entre angélisme et pharisaïsme difficile de ne pas tomber dans les extrêmes.

X : X

AJC : Âmes sensibles s’abstenir ? oui un peu car y a des  mots hard, des scènes qu’on n’aimerait savoir que cela n’existe plus.

GVL : X comme Hard, non pas qu’il soit question ici de pornographie mais parfois nous n’en sommes pas loin. Entre la prostitution de jeunes filles mineures, les viols en réunion, les tournantes dans les cités. La possession du corps des femmes comme arme de guerre. Et puis se titre Chiennes, à lui seul il est porteur de soumission totale donc sexuelle aussi.

Z : Zen

AJC :  C’est l’état dans lequel je me trouve en écrivant cette chronique et non celui que vous allez être en lisant ce roman noir 😉

GVL : Zen, j’aimerai l’être, mais trop de questions se sont bousculées et se bousculent encore en moi après la lecture de ce roman âpre, poisseux mais réaliste que ça en fait mal. Donc non, pas ZEN du tout.

Les 7 mots qu’il me reste sur les 13 lettres que j’ai tirées au sort.

K comme Keuf :

GVL : On est là dans une histoire de Keuf. Marie Vindy nous propose un roman policier pur jus, un roman policier de procédure comme on dit. C’est-à-dire que l’on va suivre pas à pas, l’enquête des flics, des condés comme si on y était. On remonte peu à peu avec eux les pistes, on récolte les témoignages, les indices, les preuves…On fait à leur côté un travail de fourmi afin de confondre les coupables.

AJC : Je ne vois pas ce que je peux rajouter de plus à ce que tu as écris…si ce n’est qu’être keufs semblent de plus en plus difficile et surtout il faut être doté d’un sacré courage pour assumer et exercer ce job de nos jours

 

 

L  comme  Lecture :

GVL : Voici bien une lecture que je vous recommande, lecture addictive qui a suscité en moi de forts sentiments de contradiction. Je crois même que par moment je ne me suis pas totalement reconnue. J’ai été poussée dans mes extrêmes, mes discordances, mes dissonances. J’ai été bousculée, malmenée.  Mais cette lecture est nécessaire voire salvatrice.

 AJC : Je suis contente d’avoir choisie cette lecture commune car c’est une lecture militante comme je les aime. On a envie de s’engager après ça. Donc lisez le et n’ayez pas peur de ce que vous allez lire. Il ne faut pas se voiler la face ! Ça existe et c’est peut-être en bas de chez vous.

 

M comme Misère :

GVL : Il est ici question de misère, misère sociale certes, mais aussi misère affective, misère culturelle, misère éducative…. Comment se construire quand aucun modèle ni familial, ni structurant n’est là pour vous soutenir. Quand le seul modèle c’est le fric, et surtout le fric facile. Celui qui donne une position social. Celui qui confère le pouvoir. Comment se construire sans structure familiale, avec des parents défaillants, des parents eux même délinquants ou comment exister face à une autorité trop rigide voire injuste. Une éducation à la chlag où l’écoute et l’amour n’ont point leur place. Comment devenir un homme citoyen quand les règles sont viciées dès le départ.

Oui mais la misère explique-t-elle à elle seule toutes ses dérives, toutes cette violences.

Sans doute pas…

 AJC : Dans quelle misère vient-on en 2015 ? Lisez Chiennes et vous aurez un sacré bilan que certains devraient prendre conscience. Mais je suis comme toit Geneviève, je me demande comment on peut faire pour s’en sortir ? Certes, la misère existe depuis toujours : les riches, les pauvres, ce n’est pas nouveau.. Mais les fossés sont de plus en plus grands et l’argent peut être tellement facile pour sortir de cette misère (drogues, prostitution…). Le fossé va-t-il continuer à se creuser ? Vous avez encore 4h pour nous rendre votre copie 😉

 

N comme Noir :

GVL : En plus d’être un roman policier procédural, Chiennes est aussi un roman noir. Noir et social vous l’aurez compris.

AJC : Je n’ai rien de plus à rajouter : La couverture exprime bien ce côté sombre.

 

Q comme Quartier :

GVL : J’étais loin de me douter qu’à Dijon, ville bourgeoise s’il en est, il existait des quartiers sensibles. Des cités comme dans nos banlieues, des Tarterets, des 4000…

Et bien , Marie Vindy, nous fait voir l’envers du décor et la cité des ducs de Bourgogne prend un autre visage.

 AJC : Dijon je connais un peu car depuis 4 ans, je vis à 45mn de là. Comme quoi derrière le côté de nos chers ducs de Bourgogne, il y a aussi des endroits où je ne voudrais pas m’aventurer. Aujourd’hui, des quartiers sensibles il y en a même dans des villes de 5000 habitants !!

R comme Révoltée :

GVL : Oui c’est ce que je suis à la lecture de ce livre. Révoltée.

Révoltée car Marie Vindy a vu juste, et sa vision m’est insupportable.

Je ne peux pas croire que la condition de la femme, dans notre démocratie et en ce 21e siècle soit celle que ces morveux veulent bien lui attribuer.

Révoltée…Alors, mesdames et messieurs, aux armes et qu’une nouvelle fois le droit des femmes deviennent une priorité nationale.

 AJC : Oh dingue, tu as utilisé les mots que je voulais ! Révoltée de me sentir impuissante devant ces nouveaux délinquants qui se proclament au-dessus de tout. Révoltée de voir que ces personnes rendent à la femme cet état de « bonne à se taire  et à subir ». Je suis féministe et je suis fière. Nos ancêtres se sont battues pour faire changer les choses. Ok je n’irai pas défiler dans la rue les seins nus (quoique…) mais bon je n’hésite pas à sortir ma pancarte quand j’entends des choses qui font mal à la féministe que je suis. Mais cette révolte en moi, me rend plus forte et je me fais la mission de véhiculer le plus possible que la femme ce n’est pas une chienne !

 

S  comme  SIMENON :

GVL : Il y a chez Marie Vindy, un petit côté Simenon. Dans sa façon de poser le décor, de rendre une atmosphère, de jouer avec l’empathie du lecteur. Comme chez Simenon, tout n’ai pas ni tout blanc, ni tout noir. Elle se pose en catalyseur des mots de la société. Elle en démonte aussi les rouages mais par petites touches subtiles. Elle appuie là où ça fait mal pour réveiller nos consciences mais en nous laissant le choix de la solution. Elle n’est ni juge, ni bourreau.

AJC : J’avoue que j’ai une lacune : je n’ai lu qu’un livre de Simenon. Donc de ce côté, je fais confiance  à l’experte que tu es Geneviève.

 

Pour poursuivre cet Abécédaire il vous faut aller chez Anne Ju et ses Motordus ICI

Nous espérons, j’espère, vous avoir donné envie d’adopter le style Vindy. Perso je suis conquise depuis la première heure. Et je suis ravie d’avoir poursuivie ces « ABCdaires » avec un titre de Marie Vindy

Alors, à bientôt pour une autre lecture commune. Pourvu que cet « ABCdaire de deux nanas fondues de… » vous ait plu. Nous, on s’est éclatée à le faire….Voilà !

Reflex de Maud Mayeras: l’avis de Nadia


chronique-de-lecteurs

Bonjour, aujourd’hui c’est chronique de lecteur et c’est Nadia qui s’y colle

C’est la 2e chronique de Nadia, je vous laisse découvrir son nouvel avis


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Le livre : Reflex de Maud Mayeras. Paru le 05/10/2013 chez Anne Carrière 21€.  368 pages , 23.5 X 15.5 cm, 560 grammes

Rééditer en poche le 12 mas 2015 chez Pocket. 7€70 ; 476 pages. c’est cette édition qu’a lu Nadia.

 

 

 

4e de couv :

Iris Baudry est photographe de l’identité judiciaire. Disponible nuit et jour, elle est appelée sur des scènes de crime pour immortaliser les corps martyrisés des victimes. Iris est discrète, obsessionnelle, déterminée. Elle shoote en rafales des cadavres pour oublier celui de son fils, sauvagement assassiné onze ans auparavant.

Mais une nouvelle affaire va la ramener au cœur de son cauchemar : dans cette ville maudite où son fils a disparu, là où son croquemitaine de mère garde quelques hideux secrets enfouis dans sa démence, là où sévit un tueur en série dont la façon d’écorcher ses victimes en rappelle une autre. La canicule assèche la ville, détrempe les corps et échauffe les esprits, les monstres se révèlent et le brasier qu’Iris croyait éteint va s’enflammer à nouveau dans l’objectif de son reflex.

Une atmosphère moite et étouffante pour un roman angoissant qui entraîne le lecteur dans la noirceur de l’âme humaine.

imagesLJT1XSVDL’auteur : Maud Mayeras vit à Limoges.Elle est née le 6 octobre 1981. Hématome, son premier roman écrit avant ses 25 ans, fut très remarqué par la critique(Prix Polars des Limbes Pourpres 2006, finaliste du Prix SNCF du Polar 2007…).

 

 

Extrait : 
(…) »Je n’aime pas les retrouvailles. Ces moments de silence que vous avez toujours fantasmés, gâchés par la gêne et la promiscuité. Ces instants que vous avez tant attendus et qui, lorsqu’ils arrivent enfin, vous font l’effet d’une bière tiède que vous n’avez plus vraiment envie de boire, ni de partager »(…)

Voici donc une nouvelle chronique de ce livre sur ce blog puisque j’en avais déjà parler. Mais je trouvais intéressant d’avoir un autre point de vue. Vous pouvez si vous le voulez retrouver Ma chronique c’est ICI : 

Sinon :


Nadia LNNotre chroniqueuse :

Bonjour ,  Je m’appelle Nadia N. Je suis , comme  on dit une quadra. Je lis énormément , fascinée par la criminologie , les tueurs en série , je lis principalement des thrillers même si le hasard d’une belle première de couverture , ou d’un titre accrocheur me fait marcher en dehors de mes sentiers de prédilections.

Son avis :

« Refex » comme l’appareil photo dont se sert Iris pour son travail : elle est photographe de l’identité judiciaire . Cette été là, un été particuliérement chaud , un meutre sordide dans la ville de son enfance lui fait reprendre le chemin de la maison familiale . Dés son entrée dans l’habitation, Iris va devoir faire face aux fantomes qui la hantent …

En paralléle , une autre histoire de famille qui débute en 1919 avec le viol de Julie Carville , adolescente de bonne famille . Une honte pour cette famille, Julie est envoyée , abandonnée  dans une institution , une enfant handicapée née de ce viol …

Quoi dire ??? comment dire ???
C’est implacable , noir , trés noir . Une écriture sans concessions , d’où il se dégage une atmosphére trés particuliére. Il faut avoir le coeur bien accroché , pas tant dans la description des violences physiques , mais plûtot dans la violence psychologique des rapports mère/fille. Une intrigue qui vous laisse à bout de souffle ; de temps à autre , il faut juste laisser son coeur revenir à un rythme normal , et reprendre sa lecture.

Une histoire où le monstre n’est pas forcément celui qu’on croit … Accrochez vous ! c’est exceptionnnel !

Une superbe découverte pour moi cette année .. Chapeau bas Maud …

Merci à toi Geneviéve ! Emoji

 

Non merci à toi Nadia et à très vite j’espère pour ton avis sur un autre coup de coeur du Collectif Polar

 

Une terre pas si sainte de Pierre Pouchairet.


9791092016260,0-2417543Le livre : Une terre pas si sainte de Pierre Pouchairet. Paru le 16 septembre 2014 chez Jigal. 18€50 ;(296 p.) ; 21 x 14 cm.

Quatrième de couverture

Dany et Guy, deux flics de la police judiciaire israélienne, enquêtent avec le Shabak – la sécurité nationale – sur le massacre d’une famille de colons juifs installée en Cisjordanie à proximité de Naplouse.

De son côté, Maïssa, flic palestinienne et fille d’un ancien compagnon d’armes d’Arafat, mène elle aussi, avec obstination, ses propres investigations.

Très vite et bien que le doute subsiste, un groupe de jeunes Palestiniens est mis en cause et accusé de ce crime sordide.

Mais parallèlement, après la découverte d’un arrivage massif de drogue de synthèse à Nice, à Jérusalem et dans les Territoires, Gabin, flic français des stups, est envoyé sur place pour démanteler un possible trafic international issu d’un camp de réfugiés.

Allant de surprise en surprise, c’est sous pression permanente et dans un climat délétère que flics israéliens, palestiniens et français vont devoir unir leurs forces pour combattre ce réseau mafieux…

Car là-bas, même un saint n’y retrouverait pas les siens…

PierreL’auteur : Dans une vie précédente, Pierre Pouchairet était commandant de la police nationale puis chef d’un groupe luttant contre le trafic de stupéfiant à Nice, Grenoble ou Versailles…

Il a également été à plusieurs reprises en poste dans des ambassades, a représenté la police française au Liban, en Turquie, a été attaché de sécurité intérieure à Kaboul puis au Kazakhstan.

Aujourd’hui à la retraite, il vit à Jérusalem. Il a publié en 2013 un livre témoignage « Des flics français à Kaboul » et « Coke d’Azur » en 2014. Avec à chaque fois, cette volonté de mettre au grand jour la réalité brute de notre Histoire contemporaine.

En 2014, il publie 2 polar . Une terre pas si sainte est un de ceux là.  .

Extrait : 
Le jour commençait à poindre et le soleil, en se faufilant au travers des stores, soulignait de traits lumineux la chambre de Dany Cohen. Quand son portable se mit à sonner et à vibrer sur la table de nuit, il était profondément endormi, couché en travers du lit, et mit du temps à réagir. Ce n’est que lorsque l’appareil tomba sur le marbre blanc, qu’il commença à bouger, et allongea un bras pour chercher à tâtons son Nokia. Le nom de Guy Touitou était affiché. Cela acheva de le réveiller. À cette heure-là, un jour de shabbat, c’était forcément important.
—Tu dors ?
La voix tonitruante et pleine d’entrain, ainsi que l’accent pied-noir à couper au couteau, lui firent lever les yeux au ciel. Malgré les années, il peinait toujours à se faire à l’hyperactivité de son collègue.
— Non, connard, je faisais du repassage…
— Un jour de shabbat, je ne te crois pas, c’est interdit.
—Téléphoner pour faire chier les gens aussi.
— Ben oui, fallait pas être flic si tu voulais être tranquille tes weekends. Sors de ton pieu. Je serai en bas de chez toi d’ici un quart d’heure, on a du boulot.
— C’est quoi ?
— Du lourd ! Toute une famille décimée dans une colonie à côté de Shkhem.

Résumé et avis :

Parfois la frontière entre le réel et la fiction est si ténue qu’on peut se demander où elle commence et surtout quand et comment ces histoires tragiques vont cesser… Et alors que les médias nous abreuvent en permanence d’insupportables images de guerre en « direct live », Pierre Pouchairet vient avec ce terrible roman apporter sa connaissance du terrain ! Et de la première à la dernière ligne – ça ne fait aucun doute –, ça sent le vécu : Pierre Pouchairet a foulé ces routes poussiéreuses, a senti ces odeurs de pneus brûlés, a entendu ces déflagrations, ces cris, ces pleurs… Fin connaisseur – pour raisons professionnelles – du Moyen-Orient, de ses enjeux, de ses pouvoirs, de ses trahisons, mais aussi des rêves et des espoirs au quotidien d’une population vivant perpétuellement dans le chaos, Pierre Pouchairet nourrit son intrigue d’indices, de causes et de raisons – bonnes ou mauvaises –, de tous ces éléments – l’Histoire et son cortège de haine, d’incompréhension, de vengeance, de mort, de peur – qui font de cette région, et depuis tant d’années, cette poudrière toujours proche du point de rupture… C’est tragique, édifiant, injuste, sanglant… On a parfois du mal à comprendre, à y croire même… Et pourtant…

images39Un trafic de drogue international semble avoir été mis en place dans un camp de réfugiés en Cisjordanie. Dany et Guy, deux policiers israéliens, Maïssa, policière palestinienne et Gabin, de la brigade des stupéfiants niçoise s’allient pour combattre le réseau mafieux.

C’est toute la rudesse du terrain que Pierre Pouchairet nous livre ici : un roman brut et tragique qui pourtant n’est jamais manichéen. Pierre Pouchairet a su raison garder, il fait en plus de son travail d’auteur un travail de journaliste de terrain. Un peu comme un caméraman qui filmerai sans juger.

La dialogues sont parfaits. Les rapports et les conversations entre les différents flics, israéliens, français, palestinienne sont riche d’enseignements.

« Ce que j’aime dans ce pays, par rapport à la France, c’est qu’on ne nous emmerde pas pour les délits de faciès…Ici, c’est quand on ne contrôle pas les arabes qu’on ne fait pas son boulot ! » (Guy, flic israélien)

Dans ce coin du Proche-orient où tout semble toujours être plus complexe qu’ailleurs, tellement les enjeux sont sensibles, Pierre Pouchairet nous donne quelques clés pour mieux comprendre et appréhender les problèmes perpétuels qui opposent les différentes communautés qui composent ce coin de paradis perdu.