La chance du perdant de Christophe Guillaumot


Le livre : La chance du perdant de Christophe Guillaumot – Paru le 05 octobre 2017  aux éditions Liana Levi dans la collection collection Policiers –  19 € ; (336 pages) ;   14x 21 cm

4ème de couverture :

Renato Donatelli, dit le Kanak, a quitté la Nouvelle Calédonie il y a des années pour le SRPJ de Toulouse. Un mètre quatre-vingt-dix-neuf, tout en muscles et gentillesse, ce gardien de la paix donne du « gros chameau » à ceux qu’il aime et des « gifles amicales » à ceux qui lui barrent le chemin. Il vient d’être mis au placard à la section des courses et jeux en compagnie du jeune lieutenant Cussac, mais tous deux prennent très à cœur leurs nouvelles missions. La mort d’un homme dans un compacteur à déchets inaugure une série de disparitions frappant des accros aux jeux d’argent. Tous les cadavres sont retrouvés porteurs d’une énigmatique dame de pique. Alors que le Kanak plonge dans l’univers des cercles clandestins et des paris truqués, il aimerait bien éclaircir une autre énigme : pourquoi sa vieille amie et compatriote, Diamant Noir, s’est-elle autrefois éloignée de son grand-père, le roi de l’île de Pins ? Hélas, il est plus facile de se retrouver dans les méandres des tripots que dans ceux de l’âme humaine.

L’auteur : Christophe Guillaumot, né à Annecy en 1970, est capitaine de police au SRPJ de Toulouse, responsable de la section « courses et jeux. Il passe à 20 ans, après une année de droit, le concours d’entrée dans la police. Ses dix-neuf années d’ancienneté l’ont conduit de Paris à Grenoble, puis Châteauroux et Toulouse où il est capitaine de police depuis septembre 2009.
En 2008 il prend six mois de congés sans soldes pour se lancer dans l’écriture d’un roman policier. Il décroche le Prix du Quai des Orfèvres 2009 avec son premier polar, Chasses à l’homme (Fayard, 2008). Conjuguant cet investissement avec sa vie de policier, il revient naturellement à l’écriture et publie en 2015 son second roman. Avec Abattez les grands arbres (éditions Cairn, 2015) et La Chance du perdant (en 2017), il impose une série mettant en scène le personnage de Renato Donatelli, dit le Kanak, librement inspiré d’un collègue aujourd’hui décédé.
Depuis son arrivée dans le Sud-Ouest, il a rejoint l’équipe de sélection du Prix de l’Embouchure, attribué chaque année à un roman policier écrit par un auteur du Sud-Ouest de la France. La désignation du lauréat est faite par les policiers toulousains. Depuis 2010, Christophe Guillaumot est membre de l’organisation du festival Toulouse Polars du Sud.

Extraits :

 « La France est victime du terrorisme, les attentats se multiplient, les règlements de comptes foisonnent entre les caïds des cités, pour des histoires de stupéfiants, de territoires à défendre, de prostituées. Alors je vais vous dire le fond de ma pensée, que des paysans parient trois francs six sous sur la bouse d’une vache, tout le monde s’en contrefiche. »
« Vingt-trois années passées à la Criminelle, à respirer du cadavre fourré aux asticots, ça vous blinde l’odorat. Alors les déchets de la benne à ordures, c’est presque du parfum pour un type comme lui. »

 

 

La chronique jubilatoire de Dany

La chance du perdant de Christophe Guillaumot

Les jeux d’argent sont interdits en France donc on peut parier sur tout mais ça se passe en Chine même si les mafieux européens sont aux manettes. Quand un Calédonien s’y colle avec comme chef un dépressif, victime d’une maladie rare, affublés tous deux d’un magicien et d’un retraité borderline, c’est une immersion au sein de la brigade « courses et jeux » que nous propose l’auteur. L’action se déroule à Toulouse et vous ne regarderez jamais plus votre poubelle comme hier …

« la Saccharomyces cerevisiae, comme l’appellent les médecins, capable de transformer l’amidon contenu dans les pommes de terre, les pâtes ou bien le riz en alcool » nous dit l’auteur fait que Jérôme peut s’alcooliser aux lasagnes ! Il ne s’en prive pas quand la dépression l’envahit à cause du terrorisme.

Kanak se débat entre soucis professionnels et domestiques, attentionné envers son Diamant Noir, idole déchue du Music Hall et qui l’a élevé.

Roman très riche au ton cependant léger. Les situations cocasses côtoient la rigueur de la vie quotidienne, où la mort d’une vache peut être une bavure parce qu’elle était la reine du loto bouse !  Bref j’ai beaucoup aimé cette découverte

J’ai une la chance de faire la connaissance de Christophe Guillaumot alors qu’il venait d’être primé au salon « Lire en Poche » pour Abattez les grands arbres, avec le même personnage de Calédonien intègre.  Il m’a dit « profiter » de son rôle d’auteur pour dénoncer quelques faits scandaleux dans les pratiques hiérarchiques policières. Ainsi le passage sur les indicatifs radio en dit long sur le respect interne à cette profession

Enfin je vous souhaite à tous de lire ce roman et d’avoir la chance du perdant, celle qui consiste à perdre lors de votre première mise et qui vous guérit de l’envie de remettre le couvert !

Lu en version numérique.  – epub 14.99 €

Extraits :
« Il reste médusé par les indicatifs radio. Il a toujours refusé de communiquer par ce système. Pourquoi les hautes autorités portent-elles des noms de dieux ou de philosophes grecs tandis que le reste de la troupe – les flics de terrain – doit accepter d’être affublé de noms de pièces de moteur, de prénoms ridicules ou d’espèces de poissons ? Le Kanak aimerait tenir entre ses mains le type qui est à l’origine de ce répertoire. Pourquoi ce mépris des sans-grade ? Quelle est leur faute ? Préférer patrouiller plutôt que passer des concours ? Renato se sait plus utile que tous ces ronds-de-cuir qui s’emploient à réglementer sa vie professionnelle. Alors, jamais il ne répondra à l’indicatif de « Sardine », « Frein », ou « Clef à molette ». »
« Détenu ou visiteur, c’est toujours avec plaisir que l’on retrouve sa liberté : poser un pied dehors et entendre la porte blindée se refermer derrière soi, sentir le vent frapper son visage, respirer l’air vivifiant et oublier cette sensation d’enfermement. Quiconque n’a pas connu cette ambiance oppressante est incapable de comprendre ce que représente une journée de prison et encore moins d’évaluer une peine juste et adéquate en punition d’une infraction. »
« Lui, le jeune policier qui se voulait respectueux des règlements, obéissant au doigt et à l’œil à la hiérarchie, est en train de devenir un flic, un vrai, tourmenté par ses démons, obsédé par la résolution d’enquêtes, prêt à tout pour atteindre son but. »

Toutes taxes comprises de Patrick Nieto


Le livre: Toutes taxes comprises de Patrick Nieto. Paru le 26 septembre 2016 chez Cairn collection du Noir au Sud. 16€ ; 336 pages; 18  x 12 cm

 

4ème de couverture :
Pierre-Henri Sennelier, proche collaborateur du président de la République, est abattu d une balle dans la nuque dans sa résidence secondaire de Bruniquel, paisible village du Tarn-et-Garonne. Une épouse infidèle, un amant joueur de poker, une avocate mal dans sa peau ou un escroc international, sont quelques-uns des personnages qui se succèdent au fil du récit avec, en toile de fond, l’escroquerie la plus lucrative de tous les temps en Europe : la fraude à la taxe carbone. Le commissaire Lemoine du SRPJ de Toulouse mène l enquête. Mais parviendra-t-il à approcher la vérité face à un tueur, maître dans l art de brouiller les pistes ? D autant que les meurtres se suivent et ne se ressemblent pas.
L’auteur : Originaire du sud-ouest de la France, Patrick Nieto, 54 ans, est commandant de police. Ses 30 années passées dans le domaine de l’investigation judiciaire et le traitement d’affaires sensibles lui ont permis d’acquérir une approche très fine des pratiques en vigueur dans son métier ainsi que des hommes et des femmes gravitant dans le milieu policier. Il est passionné de littérature asiatique et de polars. Toutes taxes comprises est son premier roman.
Extrait :
« La difficulté dans mon métier est de bâtir des hypothèses sur la base d’indices dont on dispose pour reconstituer un évènement passé. Depuis le départ, en assemblant des éléments épars, j’apprends petit à petit des choses sur le meurtrier. »

Le OFF de OPH

Chronique d’un roman en « je » !

Pourquoi en « je » ? Parce que ce roman est écrit, du début à la fin, à la première personne du singulier. Jusque là, rien d’original me direz-vous, des narrations de ce type, il en existe pléthore dans la littérature. Certes. Sauf qu’ici, Patrick Nieto prête sa plume au « je » de la quasi totalité des personnages qu’il a créé. A chaque chapitre, c’est un personnage qui s’exprime et ils sont une dizaine. Ils se relaient, narrant tour à tour une partie de l’histoire, l’ensemble aboutissant à un roman noir à l’intrigue particulièrement bien amenée, avec un final qu’on ne voit pas arriver.

Au-delà de cette enquête qui nous emmène de certitudes en fausses pistes, Patrick Nieto évoque des sujets qui peuvent avoir des résonances particulières selon le lecteur.
Il explique les mécanismes d’une enquête de police, mettant en avant le caractère chronophage des recherches et autres investigations. Il use du vocabulaire policier et de ses expressions, peut-être un peu trop parfois ; car si la majorité des lecteurs ne relèveront pas, j’ai eu parfois le sentiment de lire des extraits de procès-verbaux.
Il revient aussi régulièrement sur les pressions hiérarchiques et médiatiques que peuvent subir les enquêteurs selon la nature d’une affaire, mais aussi le difficile sentiment d’échec face à une impasse, la naissance de doutes jusqu’à, parfois, la perte de confiance en soi.
Dans les thèmes brossés en fil rouge, l’auteur décrit également différents types de tueurs en série : le psychopathe, le psychotique, le tueur impulsif ou d’opportunité. Un sujet que j’aurais aimé que Patrick développe davantage.
Il parle aussi de ce ces ragots et des chapes de plomb qui s’abattent sur les villages lorsqu’un fait divers vient bouleverser la tranquillité du « pays ».
Enfin, il est important de souligner les recherches et apports techniques qu’a fait l’auteur quant aux lois sur la taxe carbone et les montages financiers. Un sujet qu’il a su vulgariser pour le rendre compréhensif par tous.

Côté style, j’ai beaucoup aimé les pointes d’humour avec lesquelles l’auteur a ponctué son roman. Les phrases sont plutôt courtes, le vocabulaire soutenu mais sans que ce ne soit trop pompeux. la narration est rythmée de part la technique employée et le suspens distillé par l’auteur, même si on n’est pas dans un page-turner.
Pour finir, la narration multiple en « je » permet de développer les différents traits de caractère des personnages, certains étant toutefois bien plus construit que d’autres, mais pour les besoins de l’intrigue.

Un premier roman réussi donc, avec lequel j’ai passé un agréable moment.

J’ai eu le plaisir d’accompagner Geneviève lors de l’interview de Patrick et de son éditrice le 1er décembre 2018 à la bibliothèque Parmentier (Paris XI). Un excellent moment de partage et de confidences!

 

 

1974 de Arnaud Codeville


La double Chronique

Deux flingueuses ont lu le même bouquin. Et chacune leur tour elle vous donne leur avis.

Là c’est Ophélie qui vous parle de …

Le Livre: 1974 de Arnaud Codeville. Paru le 01 mai 2016 en auto-édition. 18€ ; 528 pages ; 13 x 20 cm.
4ème de couverture:
À Sebourg, petit village du Nord de la France, c’est l’effervescence. Les pompiers mettent le feu au 16 de la rue Jean Jaurès. La plupart des habitants se massent pour admirer le spectacle. Tous redoutent la vieille demeure et tous se réjouissent de la voir disparaître à jamais du paysage et pour cause : elle serait hantée… Parmi la foule de curieux, un homme assiste à l’incendie. Il est sans doute le seul à être aussi fasciné par l’agonie de la bâtisse… Pour rien au monde, il n’aurait raté ce moment.
L’auteur: Infographiste et développeur web. Arnaud Codeville puise son univers dans une passion qu’il pratique depuis l’âge de 17 ans : les jeux de rôles. C’est ce loisir riche en inventivité qui l’amène ensuite la littérature. Plus particulièrement celle qui fait peur. Il sort en juin 2015 : La tour de Sélénite et en Avril 2016 : 1974 en tête des ventes dans la catégorie Fantastique et Terreur et Surnaturel sur Amazon pendant 3 mois. En octobre 2016, il remporte avec 1974 le concours des plumes francophones organisé par Amazon. Son troisième roman, Parasite est annoncé pour janvier 2019.
Extrait:
« Le vent frais de cette soirée de juillet distillait une légère odeur de brûlé et lui frôlait sa barbe de trois jours. Au-dessous d’un blouson noir, il portait un sweat-shirt à capuche qu’il avait relevée sur sa tête. A chaque bouffée de sa Marlboro, la cendre rouge illuminait un rictus de satisfaction. Ses yeux, d’un bleu intense, ne lâchaient pas un seul instant ce qu’il restait de la demeure. Quand il fut certain que le travail avait été correctement fait, il jeta sa cigarette au sol et l’écrasa vivement. Puis il lança un dernier regard sombre en direction de la maison puis quitta les lieux sans jamais se retourner. »

Le OFF de OPH

 

Après La Tour de Sélénite, je me suis plongée dans 1974 d’Arnaud Codeville.

Alors j’enchaîne rarement deux livres du même auteur, néanmoins le troisième d’Arnaud sort sous peu et je tenais à avoir lu les deux précédents avant de découvrir le prochain.

1974 : chronique d’une montée en puissance.

Entre les deux romans, une réelle évolution dans l’écriture. Moins de maladresses, plus de « mâche », une meilleure maîtrise des temps de narration.

Côté style, j’ai retrouvé la faculté qu’à Arnaud de créer des ambiances… et quelles ambiances !
Chair de poule, hauts le cœur, envie de me cacher sous la couette… Le tout sous une pluie omniprésente en cet été de tous les dangers.
Si les thrillers fantastiques ne sont pas votre dada, passez votre chemin, parce que côté sorcellerie et paranormal activity vous allez être servis ! (Rime riche 😉).

Dans la veine de films tels que « Ouija », « l’exorciste » ou encore « The Ring », Arnaud est doué pour nous transporter aux frontières de notre monde sans que cela ne paraisse too much ou que l’on frôle l’indigestion. L’écriture est assez cinématographique et on imagine parfaitement les scènes décrites, même les plus insoutenables.

Quand, à Sebourg, petit village du Nord de la France, les pompiers mettent le feu à une demeure, l’ensemble des habitants assiste à l’agonie de cette vieille bâtisse. Parmi les badauds, un homme se délecte de cette mise à mort…

Une intrigue sans temps mort, de multiples rebondissements : Arnaud nous mène par le bout du nez dans les méandres de son labyrinthe pour nous emmener vers un final… piouffff. 
1974 est un vrai thriller et pas uniquement un roman fantastique ou horrifique. La tension narrative, l’enquête, les meurtres… tous les ingrédients sont réunis pour nous faire passer un bon moment.

Il me manque encore un poil de consistance pour les personnages mais parce que vous le savez, je suis exigeante !

1974 est un roman que je ne peux que vous recommander pour découvrir l’auteur si vous êtes amateurs de ce genre de lectures.

Sur ce, je vais aller faire des cauchemars…

 

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (4)


Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ?

Et si on leur donnait la parole 4 Ian Yerrul

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (4)

Bonjour, très honoré de vous rencontrer. J’ose à peine vous présenter… Ça vous dérange de le faire vous-même ?

Je m’appelle Yeruldelgger Khaltar Guichyguinnkhen. Je suis…enfin j’étais, avant que l’auteur n’en décide autrement… commissaire à la Criminelle d’Oulan Bator en Mongolie. Je peux difficilement en dire plus sur moi, l’auteur ne m’ayant donné ni âge, ni taille, ni poids, pas plus d’ailleurs que de couleur de cheveux, de peau ou des yeux. Ah si, j’ai des mains comme des enclumes et il s’en sert pas mal paraît-il pour me faire distribuer des baffes à ceux qui le méritent (selon lui !). Tout ce que je sais d’autre, c’est que je suis né dans une famille de nomades qui m’a confié dans ma jeunesse aux moines du Septième Monastère pour me donner une bonne éducation. Et m’enseigner l’art du combat des moines-guerriers de Shaolin…

Voilà qui forge un homme ! C’est là votre trait de caractère principal ?

De ma culture nomade, j’ai hérité une obstination qui frôle l’entêtement. Une endurance certaine à la douleur aussi. Et l’irrésistible force d’inertie des gens de la steppe. De ma vie à la ville et de mon métier de flic, je dois admettre que j’ai développé une rage intérieure qui peut devenir d’une violence destructrice quand elle explose en colères. Mais ce qui me maintient en vie, à travers mes obsessions et ma violence, c’est cette lutte intérieure permanente pour respecter malgré tout les traditions de ma culture nomade et les préceptes de l’enseignement Shaolin.

J’ai développé une rage intérieure qui peut devenir d’une violence destructrice quand elle explose en colères.

Comment devient-on le plus célèbre des enquêteurs mongols ? Vous êtes restés combien de temps dans la tête de votre créateur ?

Je suis resté captif dans la tête de mon auteur pendant plus de vingt ans. Nous y étions si nombreux d’ailleurs ! Quelle promiscuité : des voyous, des ripoux, des victimes consentantes, des victimes innocentes. Toute cette perversion dans la tête d’un seul homme. J’espère pour lui que nous étions compartimentés dans la section criminelle de son âme. Sinon, quelle désespérance pour lui !  À l’époque je n’étais pas encore le commissaire mongol que je suis devenu par la suite. J’étais encore un vieux flic new-yorkais de Brooklyn, tout cabossé par la vie, du nom de Donnelli. Il m’avait créé pour une hypothétique et sombre histoire de flic vengeur qui pète les plombs. Puis un jour du mois d’août 2011, le 13 si je me souviens bien, l’auteur est descendu parmi nous et nous a tous rassemblés pour procéder à une sorte de casting pour un projet d’écriture avec la Mongolie comme décor. J’en avait tellement marre de me morfondre avec tous ces personnages avides de devenir des héros ou des héroïnes et qui se bouffaient le nez à longueur de journée que je me suis porté volontaire. En fait j’étais le seul et l’auteur n’a pas vraiment eu le choix. Il a même longtemps hésité je crois quand il m’a décrit la première fois déguisé en descendant de Gengis Khan…

À votre avis, il y a des parts de lui dans votre personnalité ?

Je dirais tous mes mauvais côtés. La rage, la colère, la violence, tout ce qu’il ne peut pas faire en bon citoyen bien policé qu’il est. Pour le reste, je doute qu’il ait le moindre respect pour nos traditions. Une certaine curiosité touristique peut-être. Mais ma force de caractère, ma détermination, ma sagesse Shaolin, comment voulez que cela vienne de lui ? S’il avait toutes ces qualités, il ne serait pas auteur de polar. Il serait volontaire dans une ONG ou prix Nobel de la paix, mais pas auteur de polar.

C’est pourtant bien lui qui est aux commandes. D’ailleurs, ne peut-il pas revendiquer la paternité de vos actions, bonnes ou mauvaises ?

Il ne m’a rien fait faire du tout. C’est du pipeau tout ça, et je lui ai échappé dès qu’il m’a créé. Si l’auteur, pour nous personnages, est comme votre Dieu créateur, vous devez alors comprendre que nous nous en sommes libérés autant que vous. Honnêtement, est-ce que vous osez encore faire endosser la responsabilité de toutes les vicissitudes de votre vie à votre créateur ? Eh bien c’est la même chose pour nous. Tout ce que j’ai fait dans cette trilogie, je l’ai voulu moi, au nom de mon libre arbitre, et peut m’importe s’il cherche aujourd’hui à s’en attribuer la paternité. Je revendique tout. J’assume tout. Et je lui laisse l’illusion d’en être l’instigateur.

C’est un juste retour des choses. Mais qu’en est-il de l’instant où il pose la plume ?

Je le hante, je m’immisce dans ses rêves, je le taraude pendant qu’il cherche à penser à autre chose. Je le torture de l’intérieur. J’instille mes idées au milieu de ses pensées. Je susurre des rebondissements à son oreille interne. Bref, je fais mon boulot de lobbyiste de personnage romanesque. Je lui impose des choix malgré lui, jusqu’à ce qu’il se réveille ou sorte de ses pensées avec le sentiment d’avoir subitement, lui, lui tout seul, l’auteur, trouvé une idée géniale.

Vous dites que vous lui susurrez à l’oreille. Aucune question à lui poser ?

Sais-tu à quel point je te hais d’avoir tué ceux que j’aimais tant ?

Merci Yeruldelgger. Je vous laisse le mot de la fin. Peut-être un message pour ceux qui vont vous découvrir ?

Lisez sa Trilogie Mongole, parce que c’est pour moi ma seule chance de survivre. Sans l’auteur, je peux continuer à exister, mais sans lecteur, je suis mort. Ne me tuez pas, lisez-moi

yeruldelgger Ian Manook

Burn-Out – Didier Fossey


Le livre  :  Burn Out de Didier Fossey.  Paru le 28 février 2015 chez Flamant Noir éditions.   15 euros ;  (289 p.) ; 22 x 14 cm. Réédité en poche le 14 février 2018 chez Bragelonne dans la collection Poche Thriller.

4e de couv :

Paris. Avril 2014. La police enquête sur une série de vols d’objets d’art dans les cimetières de la capitale. Lors d’une nuit de planque, un policier est assassiné. Pas de témoins. Peu d’indices. Boris Le Guenn, chef de groupe de la BAC au quai des Orfèvres, est saisi de l’affaire. Mais il manque d’effectifs et doit mener plusieurs enquêtes de front. La descente aux enfers d’un de ses lieutenants, déterminé à rendre justice lui-même, ne va pas lui faciliter la tache…

Burn-Out nous fait entrer dans l’intimité de la police. Un monde désenchanté, dans lequel l’histoire ne se termine ni bien ni mal : elle se termine, c’est tout. Certains flics boivent pour oublier, d’autres ont une démarche plus radicale, violente, imprévisible… Ça pue la clope, le sang et la sueur de ceux qui veillent sur la population. Ces flics, obsédés par leur boulot, à qui on demande de laisser au vestiaire leurs problèmes personnels, sont vite rattrapés par leurs démons…
Ambiance, jargon, procédures… vous aurez l’impression de faire partie de cette équipe de la BAC dès les premières pages. Didier Fossey a fait toute sa carrière dans la Police nationale, il sait donc de quoi il parle. Quand leur métier prend toute la place, devient insupportable au quotidien et risque de leur faire tout perdre, ils trouvent parfois en leur arme de service l’ultime solution…

Prix Polar 2015 du Lions Club

L’auteur : Didier Fossey en né en 1954 à Paris. Après des études secondaires laborieuses, il fréquente un lycée hôtelier à Granville, en Normandie, d’où il sort muni d’un CAP de garçon de restaurant. Il a la chance de travailler sur le paquebot France, puis dans différents établissements parisiens avant d’ouvrir son propre restaurant. En 1984, il laisse tout tomber pour entrer dans la police, à Paris. Ses années de service en brigade anticriminalité de Nuit du 13e arrondissement de 1986 à 2001, les nuits de planque, de traque, la morsure du froid, ce monde de la nuit lui plaisent et lui fournissent quelques anecdotes croustillantes qui lui serviront quelques années plus tard.
Extrait :
“Tous les flics ont des cauchemars, ça fait partie du paquetage”, avait dit un jour Olivier Marchal, ancien policier devenu réalisateur de films à succès. Le problème, c’est qu’au départ le flic n’est pas prévenu que le paquetage s’alourdira au fil des ans, et rien n’est prévu pour les ranger, ces foutus cauchemars. Alors certains, comme Franck, mettent une carapace, s’endurcissent et le payent dans leur vie privée. D’autres se laissent déborder, et à défaut de sac pour y mettre leurs peurs, leurs angoisses et les problèmes personnels qui en découlent, se servent de leur arme pour en terminer, à raison d’une quarantaine par an, toutes forces de police confondues.
……………………

Le ressenti de Jean-Paul

Burn-Out  de Didier Fossey

J’ai rencontré Didier au dernier salon du Livre à Paris et je dois avouer à ma grande honte que je ne le connaissais pas du tout ! Mais d’abord ce n’est pas vers lui que je suis venu. C’est le titre de la couverture de son roman qui m’a attiré et repoussé à la fois. ”Burn Out” une nouvelle expression, presque sexy d’ailleurs, alors que le mot en français fait peur et dérange : Dépression. Comme si c’était encore une honte d’en souffrir…
Donc nous avons pu discuté ensemble et j’ai trouvé tout de suite le personnage attachant. Ancien policier, comme Olivier Norek qui a arrêté son métier difficile pour nous transmettre une vision de la Police méconnue. Son vécu peut-être ? En tout cas son roman ma touché par sa sensibilité.
L’histoire est captivante et très réaliste, elle m’a tenue en haleine jusqu’au bout. Des policiers qui sont mal dans leur peau, qui vivent mal les conflits internes, les horaires épuisants, les planques qui n’en finissent pas, qui n’ont plus vie de famille ou tellement insignifiante. Voilà la Police de Didier. Ils sont là pour nous aider, pour nous sauver souvent, alors que nous ne les voyons qu’à peine et que pour beaucoup d’entre eux, ils travaillent la peur au ventre…

Le monde à changé, aujourd’hui les policier on les mains liées, ils ne sont ni aidés, ni aimés. Ils sont perçus comme des collecteurs de l’Etat, plus que des gardiens de la paix… Leurs missions devraient être recentrées très vite avant que cela ne finisse vraiment mal…
Un polar à lire…Une course contre la montre qui nous montre le malaise de la Police !

“Dubreuil avait pris sa décision. Il irait au commissariat tout balancer et se faire passer pour un chef d’entreprise un peu trop cool qui vient de s’apercevoir que ses employés lui font un petit dans le dos. Sergeï se ferait chopper rapidement : avec les moyens actuels, les flics établiraient un rapprochement entre les vols dans les cimetières et l’affaire du château dans les Yvelines. Oui, c’était cela qu’il devait faire, le seul moyen de s’en sortir ; sinon cette affaire allait mal tourner pour lui. Il dirait aux flics il s’était aperçu que son contremaître n’était pas clair, qu’il avait voulu s’expliquer avec lui et que, en guise d’explication, il s’était fait casser la gueule. Ça tiendrait la route. Il ajouterait qu’il était armé, dangereux, et avec un peu de chance, vu le nombre de chauds de la gâchette dans la police, Sergeï n’aurait peut-être même pas le temps de parler.””

Le Lis des Teinturiers – Bénédicte Rousset.


le livre:‌  Le Lis des Teinturiers de Bénédicte Rousset. Paru le 28 avril 2018 chez Elan Sud. 18 euros; 340 pages; 21x13cm

4ème de couverture:

Le Lis des teinturiers
Aaron pense être « l’élu » et recherche son alter ego.
Anna et Alphie sont liées au serment de ne communiquer entre elles que d’une façon épistolaire.

Entre Vaucluse et région lyonnaise, nous retrouvons le
commissaire Berthier face à un dangereux prédateur.
Les coupables potentiels sont nombreux et l’évidence
pas toujours bonne conseillère

L’auteur: Très jeune, c’est dans l’imprimerie de son père que
Bénédicte Rousset a découvert les romans, pièces de
théâtre et poèmes rédigés par ses ancêtres, dont un félibre :
Gabriel Bernard.

Fille et petite-fille d’institutrices, enseignante dans un collège
du Vaucluse, l’auteur perpétue le lien à l’écriture comme
une histoire de famille.

Extrait:

 » Tu étais ma douceur, mon pot de bonbons sur l’étagère. Je me serais fracassée la mâchoire du haut de mon tabouret, pour te saisir, pour te garder entre mes doigts, ici, à Lyon, toi et ton regard espiègle.
Mais tu m’échappes. Ton mal être déborde et inonde ces pauvres gens qui croisent ta route.
Un pan de ton manteau de souffrance recouvre ton visage et obstrue ta visibilité du monde.« 

Le Off de Oph

Je découvre la plume délicate de Bénédicte Rousset avec ce deuxième roman.

 « Le Lis des Teinturiers » est un roman policier à la construction originale, alternant récit et relation épistolaire entre deux adolescentes. Une organisation peu commune du roman qui apporte du rythme dans le déroulé de l’intrigue.

 Bénédicte nous transporte avec elle, dans un style soutenu et très soigné, poétique, sans qu’il ne soit pour autant pompeux. Elle intègre à son histoire de nombreuses références littéraires:

  » Le roman d’Octave Mirebau, Le Jardin des supplices, c’est ma Bible. Par toutes ses composantes d’horreur, de décadence et de perversité raffinée. C’est Beaudelaire et Sade mêlés. Le supplice est un art, la mort, c’est la vie. La pourriture obéit à des lois naturelles, ce livre me le rappelle et cela me plaît. »

 Mais aussi des références culturelles:

 « Si Pygmalion et Galatée se trouvaient là, dans cette pièce, je serais le piédestal. Rien de plus. Un support isolé qui sert quand même aux autres. »

 Le tout saupoudré de petites touches d’humour:

 « Pourtant, sans le vouloir, il fredonna ce qu’il avait retenu:

Là bas, au commissariat, on sait tout le prix de la beuh.

Là-bas, au commissariat, on n’accepte pas chèque et carte bleue »

(Maintenant chantez ce passage sur l’air des Lacs du Connemara… j’ai adoré…)

 « Le Lis des teinturiers » c’est une intrigue en Y inversé. Deux histoires parallèles qui finissent par se rejoindre.

il y a d’une part Aaron, l’élu, comme il se plaît à se définir; et d’autre part Anna et Alphie. Un couple d’amies d’enfance séparées géographiquement par le choix de leurs parents, et qui ont décidé de ne communiquer que par lettres.

Aaron marque par son égocentrisme et son sentiment de toute-puissance, les deux amies, quant à elles, s’opposent comme le blanc et le noir de l’échiquier.

L’une est douce, foncièrement gentille, équilibrée; la seconde est complexe, en colère et en proie à ses démons.

Si le dénouement arrive un peu trop rapidement à mon goût (j’aurais aimé quelques pages de plus de développement), ce petit bémol est contrebalancé par un final émouvant.

 J’ai dévoré « Le Lis des Teinturiers » comme on dévore une pâtisserie qui nous faisait envie en vitrine. Un peu trop vite parce que trop gourmande et avec un goût d’addiction. Mais il me reste la délicate saveur de ce roman policier dont j’ai particulièrement apprécié la qualité d’écriture, et que je vous conseille de découvrir à votre tour.

Un trop grand Silence de Lou Vernet


Il y a un peu plus d’un an je découvrais, avec La toile aux alouettes, la plume de Lou Vernet.  Et ce fut une révélation. Vient de sortir le deuxième volet des enquêtes de ses concertistes. J’avoue je ne l’ai pas encore lu. Non je préfère me le garder sous le coude pour le déguster lors d’un temps de pause, en janvier, lors de mes prochaine vacances par exemple. Là en cette fin d’année tout va trop vite pour apprécier pleinement l’écriture exigeante de Lou.

Aussi quand Nei Gong, m’a proposé sa chronique de lectrice, j’ai dit ok, viens sur Collectif Polar nous parler de ce deuxième opus, tu es toujours la bienvenue, surtout pour nous parler d’un titre de Lou Vernet.

Alors, aujourd’hui, vous l’aurez compris c’est

« Chronique de Lecteur »

 

Le livre : Un trop grand silence Volume 2, La Virgule  de Lou Vernet. Paru le 23 septembre 2017 chez Border Line dans la collection Dead Line.  20€ ; (326 p.) ; 21 x 13 cm.

4e de couv :

Le roman

En cette veille de Noël, Paris sombre dans la stupeur : la mort frappe à six reprises, en six lieux de la capitale, sur un intervalle de six heures. Entre les résidents d’une maison de retraite huppée qu’une main assassine a empoisonnés, et des squatters qu’on a sciemment ensevelis dans l’explosion d’un immeuble sordide, pas de dénominateur commun. Pour le duo d’enquêteurs, la Carpe et la Virgule, privé et flic aguerris, c’est l’impasse : quel est le mobile du ou des tueurs ? Quelle est la logique de cet enchaînement macabre ? Le flair de l’un et le pragmatisme de l’autre ne semblent pas suffire à dénouer l’écheveau de cette singulière affaire. Doivent-ils pour autant se fier aux allégations du mystique César ?

 

L’auteur : Ecrivaine, voyageuse, photographe, Lou Vernet est une autodidacte.
Passionnée. Têtue. Et libre. Sa devise : « Ne prenez pas la vie trop au sérieux, de toute façon vous n’en sortirez pas vivant. ». Merci Bernard le Bovier de Fontenelle.  Elle a publié, à ce jour, 4 romans et quelques autres joyeusetés !
  • La toile aux alouette, l’Inclus un polar : des limites de la solitude et des dangers d’Internet comme source de lien social… Pervers ! Ne m’oublie pas : une fiction, 24 heures dans la vie d’un photographe… Visuel .  La femme enfant : huis clos dans une clinique psychiatrique…. Violent ! Un trop grand Silence; la Virgule : le dernier né

Lou écrit sous toutes les formes : Nouvelles, poésie, théâtre…Et entre autre : –Mal Barrée : récit délirant à partir de la question « Qui Suis-je ? »… G comme Gratitude  : Abécedaire insolent et insolite

Extrait : 
Une putain de drogue, le fric. Le somnifère des consciences, la seule religion qui rassemble autant de fidèles.

 

L’avis de Nei Gong

Un Trop Grand Silence, 2ème opus !!

Polar, Roman noir, poésie ? Les 3 !!

Le 2ème opus de Lou Vernet. : « Un trop grand Silence » nous embarque encore une fois dans une intrigue labyrinthique.

Nous retrouvons avec plaisir la Virgule et la Carpe pour une nouvelle enquête sous la plume de Lou Vernet et qui soigne comme d’habitude son intrigue et ses personnages.

Paris, explosif , explosé en 6 points de la capitale. En un instant, des vies partagées, pulvérisées en une nanoseconde. L’ aléatoire a tué .

La Carpe et la Virgule, nos deux enquêteurs sont sur l’affaire. Mais qui tire les ficelles ?

Nous retrouvons  aussi avec plaisir la plume de Lou Vernet qui marque de son sceau , les portraits de ses personnages.

La psychologie de ses protagonistes est essorée jusqu’à l’essence de leur humanité mais en faisant toujours surgir  » le vivant  » de ce qui est ou de ce qui n’est plus en eux même…

Beaucoup d’humanité et de justesse dans le choix des mots. Un soin qu ‘elle leurs accordera jusqu’à la fin du livre.

Zebulon, Bruce , Axelle , Hub , Py , Sous X , nous interrogent ainsi finalement, sur la perception  » d’ être au monde  » , ou pas , ou plus…Un César a la sensorialité « extra- ordinaire » , tente des parades à sa souffrance et à celle des autres qui le traversent.

Lou Vernet nous ballade au plus profond de ces vies entrelacées, dans un dénouement toujours original !!!

Mais ayez confiance ! Et laissez vous porter par cette intrigue labyrinthique et vous y perdre un peu…

  » On est tellement perdu , tellement seul. Et pourtant , tant que l’on se pose la question , c’est qu’ une part de nous veut vivre . Négocie. Résiste encore.  » . (page 80)

Intrigue et suspens à volonté !! A lire vite !!!

Vous pouvez aussi lire l’avis de Nei Gong sur La toile aux alouettes ICI

Et mon billet, toujours sur La toile aux alouettes Là

Le baiser du rasoir de Daniel Polansky


Mes petites lectures
9782352945444,0-1306707Le livre : Basse-Fosse,Volume 1, Le baiser du rasoir  de Daniel Polansky. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Patrick Marcel. Paru le 20 janvier 2012 chez Bragelonne.20€ ; (376 p.) ; 24 x 16 cm

 9782070449231,0-1904090Rééditer le 2 janvier 2014 en poche chez Gallimard dans la collection Folio SF. 8€70 ; (465 p.) ; 18 x 11 cm

 

Quatrième de couverture

Basse-Fosse. La ville du crime.

Les hors-la-loi sont rois, les femmes, fatales. Disparaissez, et les gardes s’assureront que personne ne vous retrouvera jamais.

Prévôt est dealer. Il a été soldat. Il a été agent de la Couronne. Il a tout vu, et même pire. Difficile de trouver âme plus tourmentée.

Il est aussi le plus à même de traquer l’assassin qui sème derrière lui les corps d’enfants horriblement mutilés.

Un sinistre jeu de piste, où le chasseur pourrait devenir proie.

Extrait :
Il tendit une bourse dodue d’une façon terriblement élégante, étant donné que nous étions en train de conclure une vente de drogue. Il y en avait plus qu’assez, beaucoup plus.
– Le duc est trop aimable.
– Sa Seigneurie achète votre silence et votre loyauté.
– Dites-lui que le premier est gratuit, mais que la seconde n’est pas à vendre.
daniel-polansky_thumb2 L’auteur :

Daniel Polansky est un jeune écrivain né à Baltimore (États-Unis). Le Baiser du rasoir est un premier roman percutant. Cet habile mélange de Fantasy et de polar noir vous entraîne dans un univers sombre et violent.

 

 

 

Lecture d’avant

Petits résumé et avis :

II y a eu la vie dans la rue. Il y a eu la peste. Il y a eu la guerre. Il y a eu la magie… Prévôt a survécu.

Il règne désormais sur le quartier de Basse-Fosse, dealant pour les faibles comme pour les puissants, rappelant à l’ordre de manière définitive les inconscients qui viendraient empiéter sur son territoire. Pourtant, plusieurs enfants sont retrouvés morts. Pas question pour Prévôt de laisser ces crimes impunis, d’autant que les agents de la Couronne ne semblent pas pressés de résoudre l’affaire. Mais qui, du meurtrier ou de Prévôt, connaîtra le baiser du rasoir ?

Et pour ces  enfants mutilés et découverts dans la mystérieuse ville de Basse-Fosse, seul Prévôt, l’ancien soldat au passé trouble, a pouvoir arrêter l’assassin.

La nouvelle perle de Bragelonne prend en cette année 2012, la forme d’un excellent polar de fantasy. Ambiance sombre, récit d’une ville crépusculaire et personnages truculents servent une intrigue bien menée et des dialogues ciselés.

Avec Le baiser du rasoir. Daniel Polansky mêle habilement les codes de la fantasy et du roman noir, se plaçant d’emblée parmi les auteurs du genre à suivre. Il a d’ailleurs été récompensé par le prix Imaginales 2012 du meilleur roman étranger de fantasy.

Lire ici le début de : Le baiser du Rasoir

Burn Out de Didier Fossey


$9791093363103,0-2607362Le livre  :  Burn Out de Didier Fossey.  Paru le 28 février 2015 chez Flamant Noir éditions.   15 euros ;  (289 p.) ; 22 x 14 cm

4e de couv :

Paris. Avril 2014.
Une série de vols d’objets d’art a lieu dans les cimetières parisiens. La police est sur le coup, mais lors d’une nuit de planque un policier se fait assassiner. Pas de témoins. Peu d’indices. Ses collègues présents sur place n’ont rien vu.

Boris Le Guenn, chef de groupe de la B.A.C. au 36 quai des Orfèvres, est saisi de l’affaire. Malgré son manque d’effectifs et plusieurs enquêtes à gérer, il devra faire face à la descente aux enfers de l’un de ses hommes…

Le temps passe. Les vols se multiplient, les crimes aussi, et les pistes sont minces. Boris Le Guenn et son équipe doivent mener à bien ces affaires non sans danger pour eux, tant sur le plan professionnel que personnel.

C’est un monde désenchanté, un monde dans lequel l’histoire ne se termine ni bien ni mal, elle se termine, c’est tout. Certains flics boivent pour oublier, d’autres ont une démarche plus radicale, violente, imprévisible.

Burn-out, nuits de planques et de filoches. Ça pue la clope, le sang et la sueur de ceux qui veillent sur la population. Ces flics, obsédés par leur boulot, à qui l’on demande de laisser au vestiaire leurs problèmes personnels, sont vite rattrapés par leurs démons et leur paquetage s’alourdit de quelques cauchemars…

DidierFossey2L’auteur : Didier Fossey en né en 1954 à Paris. Après des études secondaires laborieuses, il fréquente un lycée hôtelier à Granville, en Normandie, d’où il sort muni d’un CAP de garçon de restaurant. Il a la chance de travailler sur le paquebot France, puis dans différents établissements parisiens avant d’ouvrir son propre restaurant. En 1984, il laisse tout tomber pour entrer dans la police, à Paris. Ses années de service en brigade anticriminalité de Nuit du 13e arrondissement de 1986 à 2001, les nuits de planque, de traque, la morsure du froid, ce monde de la nuit lui plaisent et lui fournissent quelques anecdotes croustillantes qui lui serviront quelques années plus tard.

 

Extrait :
« – Les gars,  on a une merguez 
 Aussitôt l’arrosage cessa.
Le sergent, chef d’engin, s’approcha.
La Fourche était crochée dans un amas noir carbonisé au bout duquel, on pouvait identifier, sans équivoque, une main. »
CM16

L’avis de Jean Luc

Burn-out est une belle découverte. C’est un très bon roman policier qui prouve que les auteurs français restent toujours au top.
Je connaissais Olivier Norek, lieutenant de police, mais il y a aussi, Didier Fossey, ancien policier, qui avec Burn-out frappe très fort également.
Dans son roman, l’auteur nous décrit le mode de fonctionnement de plusieurs équipes dont la BAC, il y a une enquête bien enlevée, bien décrite et surtout très réaliste.
Et effectivement, comme mentionné sur la quatrième de couverture, ça sent le vécu à plein nez.
J’ai beaucoup aimé ces personnages de flics écorchés vifs, mais d’abord humains. Il y est bien sur question de burn-out, de la pression ressentie par ces flics qui sacrifient leur vie à leur boulot. J’ai aussi découvert les modes de fonctionnement des services de police avec toutes leurs contraintes.
Il y a aussi des scènes très dures, en l’occurrence une cérémonie d’enterrement pour un policier tué lors de son service….On comprend mieux au fil de la lecture de ce livre, la tentation pour les policiers d’en finir avec leur arme de service.
On est loin des super héros américains mais on est d’abord avec des hommes pris en sandwich par une hiérarchie éprise de reconnaissance et de l’autre côté, des malfrats hyper violents sans scrupules. Les flics apparaissent alors comme des hommes fragiles, sensibles mais aussi capables du pire.
Un autre point fort de ce roman est le rythme auquel il est mené. Dès le départ, on est happé dans cette histoire, cette fois-ci il n’est pas question de guerre des polices mais bien plutôt d’une enquête menée par différents services qui vont collaborés ensemble, l’auteur va plutôt s’intéresser à la vie privée et familiale de chacun des enquêteurs.

Et comme tout bon thriller, il y a du suspens et l’intrigue même si elle peut paraître un peu trop prévisible à un moment, reste tout à fait probable.
Pour terminer, je recommande vivement la lecture de ce roman qui malheureusement se lit trop vite à mon goût.

Lire ici le début 

L’heure des fous de Nicolas Lebel


9782501083096,0-15267079782501094597,0-2068976Le livre : . L’heure des fous de Nicolas Lebel. Paru le 30 janvier 2013 chez Marabout, MaraBooks.19,90 € ;(379 p.) ; 23 x 15 cm

Paru en poche le 28 mai 2014 en Marabooks poche. 6,99 € ; (342 p.) ; 18 x 13 cm

4e de couv :

Paris : un SDF est poignardé à mort sur une voie ferrée de la gare de Lyon. «Vous me réglez ça. Rapide et propre, qu’on n’y passe pas Noël», ordonne le commissaire au capitaine Mehrlicht et à son équipe : le lieutenant Dossantos, exalté du code pénal et du bon droit, le lieutenant Sophie Latour qui panique dans les flash mobs, et le lieutenant stagiaire Ménard, souffre-douleur du capitaine à tête de grenouille, amateur de sudoku et de répliques d’Audiard…

Mais ce qui s’annonçait comme un simple règlement de comptes entre SDF se complique quand le cadavre révèle son identité.

L’affaire va entraîner le groupe d’enquêteurs dans les méandres de la Jungle, nouvelle Cour des miracles au coeur du bois de Vincennes, dans le dédale de l’illustre Sorbonne, jusqu’aux arrière-cours des troquets parisiens, pour s’achever en une course contre la montre dans les rues de la capitale. Il leur faut à tout prix empêcher que ne sonne l’heure des fous…

Extrait :
« Mehrlicht quitta la salle, laissant Dossantos et le capitaine Zelle prendre la suite. Il grognait. L’interrogatoire ne donnait rien. Dans le couloir, il dégaina son portable et composa le numéro de Carrel :
– Mehrlicht. Dis-moi, j’ai une faveur à te demander. Non, non. Rien de buccal. Je voulais savoir si tu peux passer voir Jacques tout à l’heure. Je suis coincé au turbin. Super ! Il y a autre chose. Tu peux lui dégoter une bouteille de Côte Rôtie ? C’est moi qui rince. Super. Salut … Allô; allô, Régis ? Ouaih, j’oubliais. Pour le couteau ,t’as du neuf ? Les RG ? Putain ! Tu peux m’envoyer une copie ? Non ! Un mars non plus. Dis-moi, il est temps que tu te retrouves une nana vivante, elles te suffisent plus, tes macchabs. OK. Je te rappelle. Tu embrasses Jacques pour moi. Salut. »

3751267304L’auteur : Nicolas Lebel est linguiste, traducteur et enseignant. L’Heure des fous est son premier roman.  Il est né à Paris où il vit encore aujourd’hui.

Après quelques allers-retours aux quatre coins du globe, il revient à Paris où il tente depuis plusieurs années d’enseigner l’anglais aux Français. Passionné de littérature et de linguistique, il publie en 2006 une première fiction, une épopée lyrique en alexandrins : « Les Frères du serment », qui sort dans un silence prometteur.

Par ailleurs, soucieux de devenir le plus grand batteur de Métal de la planète avant sa mort, Nicolas Lebel apprend à dompter sa batterie depuis quatre ans sous les encouragements de ses voisins. Adepte de Côtes du Rhône et de Whisky Islay, l’auteur s’astreint à des dégustations régulières parce que rien de grand ne se fait sans rigueur et discipline. La photo et les sports de combat achèvent de remplir un emploi du temps saturé.

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Résumé et avis :

Le capitaine de police du XIIe arrondissement de Paris est envoyé sur les lieux du meurtre d’un SDF. De nombreuses zones d’ombre apparaissent alors. La victime, Marc Crémieux, était en fait un journaliste qui écrivait un article sur les sans-abris. L’enquête mènera le capitaine des bancs de la Sorbonne aux égouts de Paris.
Ce premier roman a beaucoup de choses pour plaire. Une intrigue simple qui se complique au fur et à mesure pour nous amener dans des ghettos parisiens mal connus et jusque dans les sous-sols de la capitale.                     Un auteur, enseignant de métier, qui manie parfaitement les éléments narratifs et nous offre une lecture très fluide.                                                           Et une très bonne idée : la sonnerie de portable égrainant des citations d’Audiard qui rajoute une note humoriste aux dialogues qui n’en manquent pas.

L’auteur nous dévoile une galerie de personnages bien campés et le lecteur entre vite dans la vie de ce petit commissariat de quartier du 12eme arrondissement.

Il nous donne à  voir l’est de la capital de façon différente.
C’est des quartiers que je connais bien, le bois de  de Vincennes est mon terrain de jeu. Mais « L’heures des fous » a su me surprendre.
Et la plume espiègle de l’auteur, son humour mordant mais subtil y sont sans doute pas non plus étrangers.

Un thriller à la française qui a tout pour ravir les amateurs du genre.

C’est une pure et vraie belle découverte de l’année 2013. Foncez si vous ne connaissez pas encore.

Extrait :
« Ses yeux étaient deux boules sombres que l’on aurait juré indépendantes l’une de l’autre, capables de lorgner l’une la grille de sudoku, l’autre ce qui se passait alentour. Nul n’aurait pu dire s’il avait une langue visqueuse, mais à l’instant où il quittait le bâtiment – ce qui se produisait toutes les demi-heures – on voyait poindre de sa gueule un mégot laiteux qu’il supait avec délectation, s’imbibant de sa teinte cireuse jusqu’au bout de ses doigts-ventouses. Au portrait s’ajoutaient des taches brunes qui ponctuaient chaotiquement son crâne fripé où vacillaient au vent du ventilateur les derniers lambeaux d’une chevelure défunte. »