J’irai tuer pour vous de Henri Lœvenbruck


La double chronique

Quand deux Flingueuses vous donnent leur avis sur un même livre.

Ce matin c’est Mamie Danièle qui a dégainée la première et maintenant  c’est au tour de Jean Paul notre Mister Flingueuse.


Le livre : J’irai tuer pour vous de Henri Lœvenbruck. Paru le 24 octobre 2018 aux Éditions Flammarion. 22,00 € ; 640 p. ; 15,3 x 24,1 cm.

4ème de couverture :

1985, Paris est frappé par des attentats comme le pays en a rarement connu. Dans ce contexte, Marc Masson, un déserteur parti à l’aventure en Amérique du Sud, est soudain rattrapé par la France. Recruté par la DGSE, il est officiellement agent externe mais, officieusement, il va devenir assassin pour le compte de l’État. Alors que tous les Services sont mobilisés sur le dossier libanais, les avancées les plus sensibles sont parfois entre les mains d’une seule personne… Jusqu’à quel point ces serviteurs, qui endossent seuls la face obscure de la raison d’État, sont-ils prêts à se dévouer ? Et jusqu’à quel point la République est-elle prête à les défendre ? Des terrains d opérations jusqu’à l’Élysée, des cellules terroristes jusqu’aux bureaux de la DGSE, Henry Loevenbruck raconte un moment de l’histoire de France qui résonne particulièrement aujourd’hui dans un roman d’une tension à couper le souffle. Pour écrire ce livre, il a conduit de longs entretiens avec « Marc Masson » et recueilli le récit de sa vie hors norme.

L’auteur : Henri Loevenbruck est né en 1972 à Paris. Fils d’enseignants, il grandit dans le quartier de la Nation et hérite de ses parents d’une passion pour la culture anglo-saxonne. A 25 ans, après des études littéraires, il épouse d’ailleurs une Anglaise et part vivre avec elle en Angleterre puis ils reviennent en banlieue parisienne. Après quelques pas dans le journalisme et la musique, au milieu des années 90, amoureux des littératures de l’imaginaire, il fonde Science-Fiction Magazine avec Alain Névant, un ami d’enfance. Après avoir tenu le poste de rédacteur en chef de ce magazine pendant plusieurs années, il décide ensuite de se consacrer pleinement à l’écriture. Il partage aujourd’hui son temps entre les romans et les scénarios, avouant son penchant pour le thriller investigatif, la Fantasy et le roman d’aventure en général. Il est l’auteur de nombreux polars qui ont rencontré un vif succès, dont Le Syndrome Copernic, L’Apothicaire et Le Mystère Fulcanelli (Flammarion, 2007, 2011, 2013). En juillet 2011, il a été nommé Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres
Extrait :
« Très jeune, j’ai été déçu par le sens que le monde moderne a donné à la politique. Et par ceux qui la font. J’ai le sentiment que, comme va le monde, les gens s’intéressent trop à la politique et pas assez à la philosophie. La norme semble non plus d’avoir une pensée, mais un avis. Un avis politique. Au lieu de se forger chaque jour une philosophie de vie propre, on se sent obligé de choisir un camp, on devient un partisan, dès lors on cesse de penser.
…/…
Les gens qui font de la politique et ceux qui les élisent ne le font plus pour des raisons philosophiques, mais partisanes. Ils ne pensent plus à l’humanité, à leur portefeuille.
J’ai toujours pensé que l’homme ne devrait se battre que pour protéger les faibles, jamais pour les assouvir. L’homme ne devrait pas être dirigé par l’homme, mais pas ses idées, ou ses idéaux, il faut s’instruire, apprendre, écouter, chercher questionner, remettre tout en question à chaque instant, y compris ses propres convictions.» 

 

Le ressenti de Jean-Paul

Bonjour à toutes et à tous…

 

Roman “coup de poing“ !!!

 

La 4e de couverture, n’était que la partie visible de cet iceberg percutant. Je sais d’ores et déjà que « J’irai tuer pour vous » va continuer a résonner encore longtemps dans mon esprit.

 Henri Loevenbruck nous livre un magnifique pavé, au sens propre comme au sens figuré, basé sur des faits réels. Il nous plonge au cœur des services de renseignements dans la France du milieu des années 80. Les attentats à Paris, les journalistes français kidnappés, un monde politique en pleine effervescence à la veille de nouvelles élections présidentielles, des secrets d’état et autres magouilles politiques.

Récit choc, très intense, plein de suspense et de rebondissements dont l’écriture hypnotisante alterne entre phrases courtes, dialogues très denses, entrecoupés d’extraits du carnet du héros.

Et malgré tout, en parallèle, Henri Loevenbruck arrive à nous offrir aussi une très belle histoire d’amour, dans ce récit qui malgré tout, comme à son habitude reste un condensé d’émotions assez incroyable.

Le parcours tortueux de celui qui va devenir “Hadès” ne vous laissera insensible…

 Ce roman est un véritable hommage pour ces hommes de l’ombre, qui au delà de leur vie, font passer leurs devoirs avant tout, n’hésitant pas à se mettre en danger au quotidien !

Henri n’a pas fini de m’étonner… Excellent moment de lecture.

 Je remercie Masse critique et Babelio pour m’avoir transmis ce roman quelques jours avant sa sortie et aussi pour leur confiance !

 

Dieu n’habite pas La Havane de Yasmina Khadra


Le livre : Dieu n’habite pas La Havane de Yasmina Khadra. Paru le 18 août 2016 chez Julliard. 19€50 ; (312 p.) ; 21 x 14 cm
Rééditer en poche chez Pocket le  7 septembre 2017. 6€95 ; (257 p.) ; 18 x 11 cm
4e de couv :

À l’heure où le régime castriste s’essouffle, « Don Fuego » chante toujours dans les cabarets de La Havane. Jadis, sa voix magnifique électrisait les foules. Aujourd’hui les temps ont changé et le roi de la rumba doit céder la place. Livré à lui-même, il rencontre Mayensi, une jeune fille « rousse et belle comme une flamme », dont il tombe éperdument amoureux. Mais le mystère qui entoure cette beauté fascinante menace leur improbable idylle.

Chant dédié aux fabuleuses destinées contrariées par le sort, Dieu n’habite pas La Havane est aussi un voyage au pays de tous les paradoxes et de tous les rêves. Alliant la maîtrise et le souffle d’un Steinbeck contemporain, Yasmina Khadra mène une réflexion nostalgique sur la jeunesse perdue, sans cesse contrebalancée par la jubilation de chanter, de danser et de croire en des lendemains heureux.

La plupart des romans de Yasmina Khadra sont traduits dans une quarantaine de langues. Certains ont aussi été adaptés en bandes dessinées, à la scène et au cinéma (Morituri ; Ce que le jour doit à la nuit ; L’Attentat). Les Hirondelles de Kaboul est en cours de réalisation par Zabou Breitman.

 

Yasmina Khadra avec la patronne

L’auteur : Yasmina Khadra est né est l’auteur de la trilogie Les Hirondelles de Kaboul, L’Attentat et Les Sirènes de Bagdad. La plupart de ses romans sont traduits dans une cinquantaine de pays. L’Attentat (prix des Libraires 2006) et Ce que le jour doit à la nuit (meilleur livre 2008 pour le magazine Lire) ont déjà été portés à l’écran et une adaptation des Hirondelles de Kaboul  en film d’animation. 

Extrait : 
« Qui rêve trop oublie de vivre », disait Panchito.
J’incarne mon propre rêve, pourtant je croque la vie à pleines dents sans en perdre une miette.
Je cherche toujours le bon côté des choses car elles en ont forcément un. Je vois le verre à moitié plein, une forme de sourire par-dessus la grimace, et la colère comme un enthousiasme dénaturé.
Le monde n’est pas obligé d’être parfait, mais il nous appartient de lui trouver un sens qui nous aidera à accéder à une part de bonheur. Il y a immanquablement une issue à n’importe quelle mauvaise passe. Il suffit d’y croire. Moi, j’y crois. Mon optimisme, je le cultive dans mon jardin potager.
Je me suis éveillé à la joie de vivre dès l’âge de cinq ans ; quant aux années qui précèdent, je ne m’en souviens pas – je suis certain qu’elles furent formidables,puisque mes parents l’étaient.

La Kronik d’Eppy Fanny

DIEU N’HABITE PAS LA HAVANE DE Yasmina KHADRA

J’avais besoin, pour accompagner ma semaine de vacances, de la musique des mots qu’offre la poésie. C’est donc Yasmina Khadra et son talent qui m’ont tenu compagnie.

Ce roman attendait sagement dans ma bibliothèque depuis plus de 4 ans. Comme quoi la patience est toujours récompensée.

L’histoire nous transporte à la Havane, nous dépeint avec talent une époque, un contexte, un pays. Nous découvrons Juan Del Monte Jonava, un chanteur dont la voix extraordinaire lui a valu le surnom de « Don Fuego ». Une gloire vieillissante, tout comme le régime castriste. Le Buena Vista a changé de propriétaire et Juan, à 60 ans, est remercié et cours le cachet.

Il ne vit que pour sa musique, et lui qui a chanté devant les plus grands ne comprend pas que l’on ne veuille plus de lui. Il traîne, déambule dans cette ville de la Havane qui est sienne depuis toujours.

Extrait p.61 : « Sans la musique, je ne suis qu’un écho anonyme lâché dans le vent. Je n’ai plus de veines, et donc plus de sang ; je n’ai plus d’os pour tenir debout ni de face à voiler. »

Il vit chez sa sœur Serena où s’empilent divers membres de la famille (sa sœur, le mari de cette dernière, leurs 3 enfants, la belle-sœur de Serena avec son mari et leur bébé, une cousine). Il y partage d’ailleurs sa chambre avec son fils, Ricardo, cet inconnu. Sa fille, elle vit avec sa mère. A la Havane, il est courant que les familles vivent à plusieurs dans un logement.

Extrait p.50 : « Depuis 1959 et la révolution castriste, la population a centuplé, mais la ville n’a pas bougé d’un poil, comme si une malédiction la retenait captive d’un passé aussi flamboyant que l’enfer. »

Lors de ses déambulations, « Don Fuego » croise une jeune fille, sa cadette de 40 ans.

Mayensi à la chevelure aussi rouge que le soleil se couchant sur l’océan. Mayensi si mystérieuse. Et le feu de Don Fuego se rallume pour cette belle, ce dernier amour, ce dernier tour de piste. Pour elle il veut briller. Encore. Décrocher la lune. Toujours. Mais les apparences peuvent être trompeuses ; voire mortelles. Son ami Panchito l’a pourtant mis en garde …

Extrait P.96 : « Tu vas te gargariser et crier sur tous les toits que tu n’es pas une marionnette, poursuit-il comme s’il lisait dans mes pensées. Pour preuve, tu montres que tu n’as pas de ficelles aux bras ni aux pieds. N’empêche, tu es plus à plaindre que les poupées en chiffon car le marionnettiste qui te manipule, c’est toi, et tu ne le sais pas. »

Mais même flirter avec la mort vaut la peine, lorsque cela permet de vivre et croire encore… Même un instant. Et puis la mort, en le rejetant, lui a rendu sa fille. Et ça c’est un vrai cadeau !

Et ce n’est pas le seul. A 64 ans voilà notre Juan sur les routes, chanteur d’un groupe….

Extrait p.255 : « Il faut faire une croix sur ce qui est fini si l’on veut se réinventer ailleurs. Panchito savait de quoi il parlait. Il m’a fallu du temps pour l’admettre, mais j’y suis parvenu. Après tout, qu’est-ce que la vie sinon une interminable mise à l’épreuve. Celui qui se relève de ses faux pas aura gagné l’estime des dieux. De toutes les couleurs qu’on lui en a fait voir, il construira un arc-en-ciel. »

C’est beau, c’est triste, c’est nostalgique.

L’espoir et l’amitié brillent à travers les mots et leurs échos.

Merci à Yasmina pour ce roman.

Sous l’emprise de l’héroïne de Cédric Castagné


Le livre : Sous l’emprise de l’héroïne de Cédric Castagné. Paru le 16 mai 2018 en Auto Edition. 14,90 € ; ( 292 pages ) ;  13,3 x 20,3cm 

4ème de couverture :

Matias, qui n’a plus parlé à sa sœur Eva depuis un an, espère que les fêtes de fin d’année leur offriront l’occasion de renouer le fil de leur histoire…

Ugo, quadragénaire à la réputation sulfureuse, part en Amérique du Sud pur tenter de tourner la page de son sombre passé…

Dans une France gangrenée par la drogue, un enquêteur est désigné pour s’attaquer au fléau et casser l’omerta qui règne dans certains quartiers…

Des histoires sans liens évidents.

Mais les choses ne sont pas toujours ce qu’elles semblent être.

Saurez-vous trouver ce que cachent les apparences ?

L’auteur : Cédric Castagné est l’auteur d’un premier roman sorti en juin 2017, Un dernier mot avant de partir, un thriller psychologique qui aura touché plus de 3 000 lecteurs en quelques mois à peine. Ingénieur de formation, l Cédric Castagné est l’auteur d’un premier roman sorti en juin 2017, Un dernier mot avant de partir, un thriller psychologique qui aura touché plus de 3 000 lecteurs en quelques mois à peine. Ingénieur de formation, l’écriture est pour lui une passion avant tout, un moment d’évasion durant lequel il se plaît à imaginer des scénarios mêlant suspens et rebondissements à l’image des films qui l’inspirent tels que Sixième sens ou Shutter Island.
Extrait :
« Carlos aurait tué un enfant de dix ans pour faire comprendre aux gamins du quartier qu’ils n’avaient que deux choix : travailler pour ou contre lui, le vol ne pouvant être toléré. Mais en réalité, plutôt qu’un meurtre, c’est un véritable massacre auquel se serait livré Carlos, des heurs durant, devant les yeux horrifiés de la petite assemblée. Une lente et cruelle vengeance, autant qu’un rappel à la loi. À sa propre loi. »

 

L’accroche de Miss Aline :

Sous l’emprise de l’héroïne, Cédric Castagné

Quel meilleur moment que la trêve de Noël pour retisser des liens ? Mauvaise idée qu’a eut là le père de Matias. Eva, sa sœur,  annonce qu’elle part le lendemain en voyage.

Tiago reçoit carte blanche pour mettre fin au trafic de Vassiliev et l’arrêter. Il est déjà borderline, il va devenir explosif.

Ugo voudrait ouvrir son agence de voyage. Il va être rattrapé par son passé pas toujours très propre.

Au début de ta lecture, tu t’interroges : comment relier toutes ses histoires ?  L’auteur prend le temps de bien poser chaque personnage mais pas seulement dans l’action. Il les décortique. Il va nous montrer leurs doutes, leurs peurs, leurs espoirs, leurs ambitions, leurs faces cachées.

Le récit est bien déroulé. On va accompagner chaque action, chaque prise de décision. On va avoir peur, douter. Parfois même on sera empathique. Mais quand la poudre blanche règne faut-il attendre une happy end ?

Le fait d’alterner les histoires : Matias, Ugo, Tiago, Eva, maintient le lecteur en alerte. On veut savoir, retrouver untel ou untel. Au-delà du thriller, on va trouver des êtres torturés, en quête de quelque chose. L’auteur nous amène à nous interroger sur les apparences, ce que l’on dégage, ce que l’on veut que l’autre voit/perçois. Sous l’emprise de l’héroïne est un thriller humain.

De plus l’auteur te ménage une « surprise » finale que tu n’as pas soupçonnée. Dans les dernières pages, tu n’as que « waouh » en tête.

Merci à Cédric Castagné pour la découverte de son univers. Merci également pour son accueil et sa gentillesse lors de notre rencontre au salon de Mon’s Livre (Belgique).

mots clés : drogue, manipulation, politique, dealer, apparences, France, Colombie.

 Bandidos de Marc Fernandez


La chronique à deux voix des Jumelles

Le livre : Bandidos de Marc Fernandez. Paru le 3 Octobre 2018 aux Editions Préludes. Collection Préludes Noire. 15.90 euros. 320 pages. 13 x 2,5 x 20 cm


4ème de couverture :
Le corps calciné d’une femme menottée, une balle dans la nuque, est retrouvé dans un parc de Madrid. Diego Martin, journaliste radio d’investigation, connait la victime, rencontrée vingt ans auparavant… En Argentine. Jeune reporter à l’époque, il avait couvert l’assassinat du frère de la victime : Alex Rodrigo, photographe pour un grand hebdomadaire, tué selon le même mode opératoire.
Un meurtre identique à des milliers de kilomètres de distance, à deux décennies d’écart. Il n’en faut pas plus au présentateur d' »Ondes confidentielles » pour se lancer dans une enquête qui le mènera à Buenos Aires, où il retrouvera une femme qu’il n’a jamais pu oublier…
Entre corruption politique, flics ripoux et groupes mafieux, ce voyage va faire ressurgir les fantômes du passé. Car parfois, ceux qu’on croyait morts reviennent hanter ceux qui sont restés.

L’auteur : Journaliste depuis plus de 15 ans, il a longtemps été chargé de suivre l’Espagne et l’Amérique latine pour Courrier International.
Co-auteur, avec Jean-Christophe Rampal, de La ville qui tue les femmes, enquête à Ciudad Juárez, de « Pinochet, un dictateur modèle » (Hachette Littératures) et du roman Narco Football Club (éditions Moisson Rouge). Ils ont également réalisé le webdocumentaire La Cité des mortes.
Mala Vida est son premier roman en solo.
Marc Fernandez tient le blog polar Mauvais genre sur Slate.fr

 

Extrait:
«Ce ne sont plus les militaires qui nous mettent en danger, ils ne sont plus là depuis un moment et c’est tant mieux. Mais d’autres les ont remplacés. Ceux qui sont au pouvoir aujourd’hui, qui font tout pour le garder, pour l’étendre. A tout prix. Même s’ils doivent piétiner pour cela nos droits les plus fondamentaux. Et quand je parle de pouvoir, ce n’est pas seulement le pouvoir politique auquel je pense, mais aussi et surtout le pouvoir économique. En gros, celui des plus riches. Les fusils se sont tus, c’est vrai. Ils ont été remplacés par un nouvel arsenal, moins visible mais tout autant, sinon plus dangereux : les transactions financières et les enveloppes de billets. Le dollar comme arme de destruction massive. L’argent fait plus de dégâts qu’une rafale de kalachnikov.»

Chronique de nos jumelles

 Bandidos de Marc Fernandez

Après des heures de lecture, nous avons bouclé notre reportage exclusif pour Collectif Polar. De l’Espagne au Chili, nous avons achevé notre périple en Argentine en suivant à la trace Diego, Ana, Isabel, David et récemment plus récemment Léa.

C’est à la recherche des « Bandidos » que nous avons plongé cette fois. Des policiers corrompus à la solde de politiciens véreux qui n’ont qu’un seul objectif: museler la presse.

Le Senior Fernandez nous a entraîné, dans un style vif porté par une plume percutante et journalistique, à la suite de nos amis, afin de faire la lumière sur le sombre meurtre d’une jeune journaliste mais aussi celui de son frère commis 20 ans plus tôt. Assassinés de la même manière, pourquoi a-t-on voulu réduire au silence ces deux porteurs de « faits » et de vérité?

Nous avons dû nous faire toutes petites sur les traces de nos amis, le danger les guettant à chaque coins de rues, il n’aurait pas fallu nous faire repérer! Penchées sur l’épaule de Diego, nous avons pu lire ses premiers papiers, ceux de ce jeune journaliste qu’il était, déjà combattant des mensonges et des pratiques occultes des pouvoirs politiques.

Sous la houlette, de Marc, nous avons enquêté sur les modes de communication et nous nous sommes posées cette question (largement insufflée par l’auteur): Que penser des médias aujourd’hui? Pour Marc, la réponse semble claire, comme tant d’autres de secteurs, l’information n’est plus qu’une question de rentabilité: les mêmes articles repris par plusieurs journaux différents, des copier-coller sans saveur ni substance, sans analyse réelle. Mais à qui profite cette non-information?… Nous vous laissons réfléchir à cette question.

Corruption des institutions, manipulations, mensonges, Marc n’épargne rien ni personne et assume les messages qu’il souhaite faire passer au travers de ses romans, qui, s’ils sont tous des fictions, puisent leur source dans des événements réels.

Du scandale des bébés volés sous Franco au Guerilleros du Chili, nous achevons avec Bandidos les aventures de David et ses amis. Des personnages que nous avons suivi dans leur évolution, leurs joies, leurs peines. Une amitié sans faille qui, même dans la trahison ou dans la mort, s’est révélée inaltérable.

Si les trois romans peuvent se lire dans l’ordre que vous avez choisi, nous vous recommandons toutefois d’en suivre la chronologie afin de comprendre les personnages, leurs réactions. Apprenez à les apprivoiser comme ils vous apprivoiseront, car au final, c’est eux qui nous transportent.

Cette séparation s’annonce difficile pour nous, nous nous sommes attachées à chacun des membres de cette équipe, qui, nous les entendons, scandent en chœur « No Pasaran » chaque fois que Marc Fernandez signe un de ses romans.

 

 

Tags : Polar, Journaliste, Argentine, Mafia, Espagne, Politique , Médias

 

Le vieux qui voulait sauver le monde  de Jonas Jonasson


Le livre : Le vieux qui voulait sauver le monde  de Jonas Jonasson … – traduction : Laurence Mennerich – Paru le 11 octobre 2018 aux éditions Presses de la cité – collection Domaine étranger -21.50€  (502 pages) ; format 23×14 cm. – epub 14.99€

 

4ème de couverture :

Après avoir séduit 1,3 million de lecteurs en France, le Vieux ne sucre toujours pas les fraises !

Tout commence au large de Bali, avec une montgolfière et quatre bouteilles de champagne. Aux côtés de Julius, son partenaire dans le crime, Allan Karlsson s’apprête à fêter son cent unième anniversaire quand… patatras ! Le ballon s’échoue en pleine mer. Voici nos deux naufragés recueillis à bord d’un vraquier nord-coréen. Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, il se trouve que l’embarcation, dépêchée par Kim Jong-un, transporte clandestinement de l’uranium enrichi. Ni une ni deux, Allan se fait passer pour un spécialiste de la recherche atomique, parvient à leurrer le dictateur et s’enfuit avec une mallette au contenu explosif… un néonazi suédois à ses trousses. De Manhattan à un campement kenyan en passant par la savane de Tanzanie et l’aéroport de Copenhague, Allan et son comparse se retrouvent au cœur d’une crise diplomatique complexe, croisant sur leur route Angela Merkel, Donald Trump ou la ministre suédoise des Affaires étrangères, se liant d’amitié avec un escroc indien au nom imprononçable, un guerrier massaï, une entrepreneuse médium engagée sur le marché du cercueil personnalisé et une espionne passionnée par la culture de l’asperge.

 

L’auteur Jonas Jonasson est un écrivain et journaliste suédois né à Växjö , le 6 juillet 1961.Avant de devenir écrivain, Jonas Jonasson a longtemps travaillé comme journaliste, consultant dans les médias puis producteur de télévision.
Décidant de commencer une nouvelle vie, il se met à la rédaction d’un manuscrit, vend tout ce qu’il possède en Suède et part s’installer dans un village suisse, près de la frontière italienne (dans le canton du Tessin).
En 2009, son manuscrit est publié. En France, il paraît aux Presses de la cité en mars 2011, sous le titre Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire et se fit la malle.
Son second roman, L’analphabète qui savait compter est sorti en France en octobre 2013, suivi en 2016 par  l’assassin qui voulait une place au paradis

 

 Extrait :
« Donald John Trump était né à New York le 14 juin 1946, un an jour pour jour après que le citoyen suédois Allan Emmanuel Karlsson eut donné aux États-Unis la solution à leurs problèmes de fabrication d’une bombe atomique.
Les deux hommes avaient plus en commun qu’il y paraissait. Allan avait hérité d’une cabane sans eau courante ni isolation, en pleine forêt, en dehors de Malmköping, et le jeune Donald, de vingt-sept mille appartements à New York City. Les fistons traversèrent ensuite une période funeste. Allan fit exploser sa cabane ; Donald fit à peu près la même chose avec l’empire immobilier de son père et fut sauvé de la faillite grâce à plusieurs banquiers charitables.
Un autre de leurs points communs était d’avoir réfléchi au sens de la vie au même moment, chacun de son côté : Allan à Bali, avant d’être ensorcelé par une tablette noire et de partir à la dérive dans une montgolfière, Donald dans une grande maison blanche à Washington, entouré d’idiots et d’ennemis. »

 

La chronique jubilatoire de Dany

Le vieux qui voulait sauver le monde  de Jonas Jonasson

On avait laissé Allan se dorer en Malaisie, bourré de fric et en bonne compagnie. Un an après il accepte de fêter ses 101 ans de façon détonante … il fait sa révolution numérique et devient addict de la tablette à la pomme, tandis que Julius est en adoration pour les asperges.

Si l’auteur avait balayé avec humour les cent premières années d’Allan en lui faisant rencontrer tous ceux qui ont fait l’histoire de ce dernier siècle, c’est maintenant au présent qu’il s’attaque. Quels sont les fléaux qui nous guettent ? Tour à tour le regard critique de Jonas Jonasson se porte sur la Corée du Nord et son chef à la coiffure de Play-mobil, le nouveau Président des Etats-Unis et ses tweets incendiaires, l’Europe en pleine errance avec la montée des populismes, les manœuvres russes pour influencer les élections dans notre monde occidental « démocratique »… quelques espoirs néanmoins à glaner auprès des peuples sages du pays Massaï !

Un nouveau road-trip pour nos héros mais cette fois, ils ont lâché l’éléphant pour une valise d’uranium enrichi de contrebande, en créant leur fabrique de cercueils personnalisés, poursuivis par des néonazis suédois. De nouveaux joyeux drilles rejoignent nos héros : une entrepreneuse de pompes funèbres et apprentie médium, une dissidente des services secrets germaniques adepte des asperges, une ministre suédoise des affaires étrangères …

Tout le suspense est de savoir si Allan fêtera ses 102 ans, l’instinct de survie est bien là cependant … Tout le suspense est de savoir si notre monde survivra à la menace nucléaire et autres fléaux … Côté auteur : qu’est-ce qui fait de lui cet adorateur d’Angela ?

J’ai adoré ce qui devrait être des caricatures de notre actualité vu par ce suédois bourré d’humour, ravageur et dérangeant, qui nous fait faire quelques arrêts sur image, salutaires à notre interprétation du monde.

Merci aux Presses de la cité pour leur confiance.

 

Lu en version numérique.

 

 Extraits

« La Suède s’étend sur mille six cents kilomètres de long, un peu moins en large. Une surface plutôt vaste pour dix malheureux millions d’habitants. Dans la plus grande partie du pays, on peut marcher des heures sans croiser une seule personne. Ni même un élan. On peut acquérir une vallée avec un lac pour une somme qui ne suffirait pas à acheter un studio délabré en banlieue parisienne. L’inconvénient, on le découvre ensuite, c’est qu’il faut parcourir cent vingt kilomètres pour se rendre au magasin le plus proche, cent soixante jusqu’à la pharmacie, et si jamais on marche sur un clou, boitiller encore plus loin pour atteindre l’hôpital. Si on veut emprunter du lait pour le café au plus proche voisin, on risque de devoir marcher trois heures. Le café aura refroidi bien avant qu’on soit rentré.

Ceux pour qui ce mode de vie n’a pas beaucoup d’attrait ont passé l’accord tacite de se rassembler à Stockholm et alentour. Leur présence attire les entreprises. H&M, Ericsson et IKEA préfèrent suivre deux millions et demi de clients potentiels plutôt que, disons, les soixante-dix personnes qui n’ont pas encore quitté le village de Nattavaara, au nord du cercle polaire. »

« En Suède, il existe une chose qu’on appelle « le principe de publicité », autrement dit la transparence documentaire. Cela signifie que tout ce qu’un fonctionnaire fait, écrit, dit – voire pense – doit être consigné sans délai dans un rapport consultable par tout citoyen qui le souhaiterait. Les citoyens, en général, posaient rarement de problèmes. Il en allait autrement des journalistes. »

« Tandis que Sabine et Julius vaquaient à leurs affaires, Allan avait trouvé un canapé dans le salon télé de la maison d’hôtes, où il attendait que Sabine fasse de petites pauses dans ses recherches, afin de rattraper son retard de lecture. Entre autres sur le courroux des Suédois face aux distributions de courrier qui laissaient fortement à désirer. Beaucoup trop de lettres mettaient deux jours à arriver, au lieu du seul promis. Plutôt que d’améliorer ses services, la poste changea les règles. À présent, toutes les lettres mettraient deux jours. Ainsi, le taux de ponctualité approchait les cent pour cent. Allan songea que le directeur de la poste pouvait s’attendre à recevoir une prime conséquente.

Sur un autre sujet, un cadre du Front national français avait mangé un couscous dans un restaurant maghrébin. Et il avait trouvé ça bon ! Voilà qui était extrêmement antipatriotique. Le Couscous Gate aurait entraîné l’exclusion du mangeur de couscous, à moins qu’il n’ait pris volontairement la porte. Allan ne savait pas ce qu’était le couscous. Sans doute l’équivalent dans le monde arabe de la soupe de pois au lard. S’il devait ingurgiter encore une fois ce plat, il concevait de démissionner aussi. Même s’il ne savait pas trop bien de quoi. »

« Les lions pensent de manière logique et toujours selon les mêmes principes. Ils n’ont pas l’aptitude de distinguer un être vivant d’un véhicule motorisé, tant que le premier a le bon sens de rester dans le second. Si, par exemple, le félin voit approcher une voiture à ciel ouvert pleine d’humains, il globalise et se pose trois questions : 1/ puis-je manger cette chose ? (non, c’est trop gros), 2/ cette chose peut-elle me manger ? (non, une longue expérience m’a appris que les voitures tout-terrain et les camions n’attaquent jamais), 3/ puis-je m’accoupler avec cette chose ? (non, je ne pense pas que je pousserai le vice aussi loin).

Mais qu’une personne quitte la sécurité du véhicule de la taille d’un éléphant et les réponses aux questions que se pose le lion sont tout autres. 1/ puis-je manger cette chose ? (oui, et ça va être bon !), 2/ cette chose peut-elle me manger ? (non, comment s’y prendrait-elle ?) et 3/ puis-je m’accoupler avec cette chose ? (non, je ne pense pas que je pousserai le vice aussi loin). »

« Douze mois plus tôt, ils avaient porté un toast aux événements aux États-Unis et à la nomination prochaine de Donald J. Trump. Depuis la nuit du vote, une division entière de l’armée du Net de Guenna avait été employée à effacer les traces, tandis que trois autres divisions modifiaient régulièrement leur position pour que rien n’entrave l’effondrement des États-Unis. Encore douze mois plus tôt, c’était le Brexit que les amis avaient célébré. Deux extraordinaires victoires en autant d’années.

2017 n’avait pas été aussi faste. Le chaos aux États-Unis était bien sûr fantastique, mais aussi effrayant. Il incitait à l’humilité pour la suite. Tout en haut sur le planning figurait la question de se débarrasser de Trump ou non, et, dans l’affirmative, de faire de même avec Kim Jong-un. Il y avait une alternative, mais Volodia et Guenna voulaient y réfléchir à tête reposée.

Du reste, ils devaient reconnaître que, au cours de l’année, ils avaient manqué l’occasion de torpiller l’Europe. Leur déconvenue en France les énervait au plus haut point. Tout avait été préparé pour un duel entre François Fillon et Marine Le Pen. Droite contre très à droite. Guenna gardait dans sa manche une bombe qui aurait pu augmenter les chances de Le Pen. Par malchance, un petit comique du Canard enchaîné avait découvert l’information et l’avait publiée bien trop tôt. Merde ! »

L’engrenage fatal d’Alice Daurel


Le livre : L’engrenage fatal d’Alice Daurel. Paru le 15 juin 2018 en autoédition. 8,60€ ; (357 p.) ; 14 x 21,6 cm.
4ème de couverture  :
Isabel, étudiante de dix-huit ans, partage sa vie entre ses études, sa famille et son petit-ami Alexander, fils d’un homme politique de premier plan. Lorsque son frère, Manolo, douze ans, tombe malade, elle découvre que ses parents n’ont pas les moyens de le faire opérer à New-York, ce qui le condamne à brève échéance. Acceptera-t-elle d’espionner le père d’Alexander pour obtenir des fonds ? Que risquerait-elle si elle était découverte ? Isabel s’engage dans une course contre la montre dont elle n’a pas mesuré les conséquences car, au fil des événements, les caractères se dévoilent et les personnalités se transforment jusqu’à commettre l’impensable
L’auteur : Après des études en école de commerce, Alice Daurel a travaillé dans le marketing, dans une PME puis chez Orange.Elle a vécu en Allemagne, au Mexique et en Chine. L’engrenage fatal est son premier roman.

 

 

 

 

Extrait :
«  Assis dans le service de Cardiologie de l’hôpital Arrochester, nous attendons des nouvelles de l’état de santé de Manolo. Le Docteur Burdas nous fait enfin entrer dans son cabinet. Elle a l’air grave et le visage fermé.
— Les analyses sanguines montrent que votre fils a attrapé un staphylocoque.
Elle tend à mes parents les résultats des examens.
— Son échographie cardiaque permet de voir que, malheureusement, cemicrobe a provoqué une endocardite. C’est une infection qui a beaucoup endommagé sa valve aortique malformée.
Elle nous montre un schéma explicatif.
— La circulation du sang est devenue difficile et cela fatigue énormément son cœur. Il faut absolument réparer cette valve, au plus vite. Avez-vous pensé à l’intervention dont je vous ai parlé ?
— Oui, nous sommes en train de rassembler l’argent
—Bien, car cela devient urgent maintenant. Le mieux serait qu’il soit opéré d’ici à trois mois.
Nous nous regardons tous les trois.
— Trois mois ? Mais, comment voulez-vous qu’on ait cinquante mille dollars d’ici là ? dit mon père. »

L’avis de Clémence

L’engrenage fatal, d’Alice Daurel :

Isabel., amoureuse d’Alexander, qui est le fils du futur président de la république et maire actuel  est étudiante.

Son frère, gravement malade, a besoin de soins et d’une opération qui coûte extrêmement chère sans laquelle son état risquerait de se détériorer voire il risque de mourir.

Isabel cherche désespérément une solution pendant que les élections arrivent…

C’est la qu’une offre inattendue va lui être faite à savoir espionner son beau père contre une jolie somme.

Double jeu, danger, et mensonges sont donc son nouveau quotidien. Va-t-elle s’en sortir ?

Et vous que seriez vous prêts à faire pour sauver l’un des vôtres ?

Le rythme du roman prend donc un virage et les événements s’enchaînent. Écriture très agréable et intrigue passionnante font d’Alice Daurel une auteur à suivre de près.

Qaanaaq de Mo Malo


Le livre: Qaanaaq de Mo Malo. Paru le 31 mai 2018 aux éditions de la Martinière. 20€90; 496 pages;  15,6 x 3,4 x 22,6 cm

4ème de couverture:

Dans le vaste pays blanc, l’esprit de Nanook se réveille. Le grand ours polaire, seigneur des lieux, protégera les siens. Jusqu’au bout.
Adopté à l’âge de trois ans, Qaanaaq Adriensen n’a jamais remis les pieds sur sa terre natale, le Groenland. C’est à contrecoeur que ce redoutable enquêteur de Copenhague accepte d’aller aider la police locale, démunie devant ce qui s’annonce comme la plus grande affaire criminelle du pays : quatre ouvriers de plateformes pétrolières ont été retrouvés, le corps déchiqueté. Les blessures semblent caractéristiques d’une attaque d’ours polaire. Mais depuis quand les ours crochètent-ils les portes ?
Flanqué de l’inspecteur inuit Apputiku – grand sourire édenté et chemise ouverte par tous les temps –, Qaanaaq va mener l’enquête au pays des chamanes, des chasseurs de phoques et du froid assassin. Et peut-être remonter ainsi jusqu’au secret de ses origines.

L’auteur: Mo Malø est l’auteur de nombreux ouvrages, sous d’autres identités. Il vit en France. Qaanaaq est son premier roman policier. Son identité reste un mystère. Enfin presque
Extrait:
« L’enfant ouvre les yeux sur la nuit polaire. Sous sa couverture de phoque, ce n’est pas de froid qu’elle grelotte – elle a l’habitude. Elle vit déjà son troisième hiver interminable. Elle connaît tous les trucs, toutes les règles : les trois couches pour commencer, une en coton, une en laine, puis la peau tannée. Les tonnes de graisse animale à avaler chaque jour, comme une cuirasse calorique. Ça la dégoûte un peu. Mais il faut s’y faire. Non, c’est autre chose qui l’a saisie. L’a arrachée au repos. Une autre évidence échappée des immensités blanches, bleutées de lune, qui a pris le pas sur son rêve. Tous les Inuit le savent : rien de bon ne naît dans les songes. »

Le OFF de OPH

Chronique d’une déception.

Ce roman de l’énigmatique Mo Malø je l’attendais, comme beaucoup d’entre vous. Il faut dire qu’entre la communication faite autour de la sortie du livre, le secret autour de l’identité de l’auteur et les chroniques dithyrambiques, je brûlais d’envie de le lire. 
Peut être trop… trop d’impatience, trop de pub, trop d’attentes par rapport à ce roman. Et plouf…
Je n’ai pas accroché. Que ce soit l’histoire ou les personnages, l’ambiance… Aucune émotion n’est venue accompagner ma lecture. Laborieuse durant la première partie, la seconde n’a pas davantage comblé mes espoirs.

Pourtant Mo Malø évoque des sujets intéressants: il dépeint un Groenland qui oscille entre tradition et modernité. La difficulté pour ce pays de trouver le juste équilibre entre la préservation de son histoire et la nécessaire évolution attendue par les jeunes générations.
Des difficultés que rencontrent d’autres pays colonisés: le combat pour l’indépendance et ses possibles conséquences.
En toile de fond, l’omniprésence du pétrole et l’importance de l’or noir dans la vie économique de l’île continent.

L’écriture est fluide, l’auteur a régulièrement utilisé des termes inuits pour ancrer son histoire au Groenland, mais malheureusement la magie n’a pas opéré. Je n’ai pas su me projeter dans l’ambiance, l’histoire… je n’ai ressenti aucun attrait pour les personnages, aucun d’entre eux ne m’a touché malgré des trajectoires de vie parfois difficiles. Enfin l’intrigue ne m’a pas convaincue, trop alambiquée pour moi.

Rendez-vous manqué donc mais je sais que d’autres amis blogueurs ont beaucoup aimé. À vous de vous faire votre idée!

Les Initiés – Thomas Bronnec


Le livre : Les Initiés de Thomas Bronnec. Paru le 15 Janvier 2015 aux éditions Gallimard. 15€50 ; (256 pages). 22,5 x 1,6 x 15,5 cm. Paru le 19 Janvier 2017 aux éditions Folio. 7.25euros. 304 pages. 17,8 x 10,8 cm

4ème de couverture :

Panique à Bercy. Touché par la crise, le Crédit parisien est sur le point de sombrer. La plus grande banque française a besoin d’un plan de sauvetage en urgence, mais son patron se heurte à l’intransigeance d’Isabelle Colson. La ministre de l’Économie, symbole de la gauche revenue au pouvoir, juge ce plan trop favorable aux banques. Au milieu de ce champ de bataille où la politique tente de reprendre ses droits face au monde de la finance, Christophe Demory, directeur de cabinet d’Isabelle Colson, refuse de choisir son camp. Jusqu’à ce qu’il soit rattrapé par son passé, après la découverte d’un cadavre dans la cour de l’Hôtel des ministres.

L’auteur : Thomas Bronnec est rédacteur en chef adjoint délégué de L’Express.fr, en charge de l’animation de la home page. Il est l’auteur de Bercy au cœur du pouvoir, paru chez Denoël en mars 2011, et il anime le blog « Les Couloirs de Bercy ». Il est journaliste à L’Express, puis travaille à France Télévisions à partir de 2012.
Extrait :
« Depuis près de trente ans, il avait bâti un édifice unique basé sur une philosophie très simple : ce qui est bon pour le Crédit parisien est bon pour la France. Il avait noué dans le monde politique et dans celui de la haute fonction publique des liens privilégiés avec les personnes qui comptaient, ou qui allaient compter. Il s’était très rarement trompé. Dès le début de leur carrière, il allait voir ceux qu’il appelait les « jeunes talents » et il leur faisait son numéro de charme. C’était la première étape du piège qu’il tissait patiemment autour d’eux, jusqu’à ce que leur communauté d’intérêts avec lui et la banque soit devenue trop étroite pour qu’ils puissent dévier de la ligne.

Pour lui, le bonheur de l’humanité passait par le bonheur de la banque. De sa banque. Il était sincèrement persuadé que le système français, où les élites formées dans les mêmes écoles atterrissaient ensuite dans tous les centres de décision du pays, et baignaient dans un entrelacs d’intérêts objectifs, était le meilleur, et il avait décidé de le sécuriser à son profit.»

Les Lectures de Maud :


Un thriller, dans les couloirs du pouvoir. J’ai été entraîné dans cette enquête afin de comprendre, pourquoi ce cadavre ? A cet endroit ? Si comme moi, c’est une question qui vous taraude, allez-y, découvrez la vérité à travers ce livre, mais s’attendons-nous vraiment à cette réponse ?
Des personnages bien décrits, leurs fonctions et leur mécanismes bien expliqués, leur position et leur caractère assumés. Quand certaines affaires refont surface, avec des enjeux qui remontent jusqu’au sommet de la pyramide, quels subterfuges vont être élaborés ? Le tout afin que les lignes de conduite fixées et les objectifs ne s’en trouvent inchangés.
L’auteur, grâce à un style d’écriture journaliste, donne à son œuvre un rythme effréné. Il nous embarque dans le « Off » de Bercy et dans les couloirs du pouvoir, où se mêlent à la fois, stratégies et arrangements. Les complots y sont rois et règnent en maîtres absolus. Jusqu’où iront ces hommes et ces femmes influents afin de contenter leur projet ou d’honorer certains « retours d’ascenseur » ? 
J’ai adoré me plonger dans cette histoire, où le complot siège en place centrale, la fin m’a bluffée. J’irai très prochainement découvrir les autres livres de l’auteur. 

Couleurs de l’incendie de Pierre Lemaître


Le livre : Couleurs de l’incendie de Pierre Lemaître. Paru le 3 janvier 2018 chez Albin Michel dans la collection Roman Français. 22.90 € (534 p.) ; 21 x 14 cm. (e-pub 15.99 €)

4ème de couverture :

Février 1927. Le Tout-Paris assiste aux obsèques de Marcel Péricourt. Sa fille, Madeleine, doit prendre la tête de l’empire financier dont elle est l’héritière, mais le destin en décide autrement. Son fils, Paul, d’un geste inattendu et tragique, va placer Madeleine sur le chemin de la ruine et du déclassement.
Face à l’adversité des hommes, à la cupidité de son époque, à la corruption de son milieu et à l’ambition de son entourage, Madeleine devra déployer des trésors d’intelligence, d’énergie mais aussi de machiavélisme pour survivre et reconstruire sa vie. Tâche d’autant plus difficile dans une France qui observe, impuissante, les premières couleurs de l’incendie qui va ravager l’Europe.

Couleurs de l’incendie est le deuxième volet de la trilogie inaugurée avec Au revoir là-haut, prix Goncourt 2013, où l’on retrouve l’extraordinaire talent de Pierre Lemaitre.

L’auteur : Né à Paris le 19 avril 1951, Pierre Lemaitre a beaucoup enseigné aux adultes, notamment les littératures française et américaine, l’analyse littéraire et la culture générale.
Il est aujourd’hui écrivain et scénariste. Il a rendu hommage à ses maîtres (James Ellroy, William McIlvanney, Bret Easton Ellis, Émile Gaboriau…) dans son premier roman, « Travail soigné », qui a obtenu le Prix Cognac en 2006.
« Alex », prix des lecteurs du livre de poche, deuxième volet de la trilogie Verhoenen renoue avec le style de narration de « Robe de marié »(2009), publié entretemps après « Travail soigné » (2006).
En 2010 sort « Cadres noirs » qui rompt avec le style de ses autres polars et qui s’inspire d’un fait réel survenu à France Télévisions. Ce roman devrait faire l’objet d’une adaptation sous forme de série TV très prochainement.
« Les grands moyens », feuilleton numérique, est une enquête de Camille Verhœven, en marge de la trilogie commencée avec « Travail soigné », poursuivie avec « Alex » et achevée avec « Sacrifices » (2012) qui voit la conclusion de la destinée du héros. « Rosy & John » est la novélisation de son feuilleton numérique Les grands moyens.
En 2013 sort « Au revoir là haut », récompensé du Prix Goncourt 2013 et adapté au cinéma par Albert Dupontel, avec Laurent Lafitte. « Couleurs de l’incendie » (2018) est le second volet de la trilogie.
En 2016, Lemaitre renoue avec le roman noir avec « Trois jours et une vie » qui raconte la destinée d’un jeune assassin de 12 ans.
« Alex » devrait-être adapté au cinéma prochainement par le producteur américain James B. Harris.
Extraits :
« Madeleine resta un long moment à fixer la table, son verre, le journal. Ce qu’elle s’apprêtait à faire l’épuisait à l’avance.
Tout ce qu’elle avait en elle de morale et de scrupules s’y opposait et tout ce dont elle disposait de colère et de ressentiment l’y poussait.
Elle céda à la rancune. Comme toujours.”
« Que les riches soient riches, c’était injuste mais logique. Qu’un garçon comme Robert Ferrand, visiblement né dans le caniveau, se complaise à être entretenu par la grue d’un capitaliste, ça renvoyait le monde dos à dos, l’humanité n’était décidément pas une belle chose.”

 

La chronique jubilatoire de Dany

Une suite de « au revoir là-haut » qui peut se lire sans avoir lu le premier opus.

Dans une ambiance pesante, nous suivons la descente sociale de Madeleine, fille de banquier et épouse d’un ancien militaire condamné à la prison ferme. Elle n’était pas destinée à succéder à son père et fait l’objet des malversations aux fins de s’accaparer sa fortune. Elle ne peut faire confiance à personne et ses alliances improbables feront des miracles.

A noter de bons personnages de second rang, au titre desquels je relève la fantastique « castafiore »

Pas un polar mais une intrigue réglée comme un mécanisme d’horlogerie, prenante tout au long de ces 540 pages sans aucune longueur superflue. Bien loin de la trilogie Verhoeven mais tout aussi riche et efficace.

Qui a tué Heidi ? de Marc Voltenauer


Le livre : Qui a tué Heidi ? de Marc Voltenauer.  Paru le 25 août 2017 aux Editions Slatkine  & Cie. 21€90 ; (445 p.) ; 23 x 16 cm.

Qui a tué Heidi ?

« Heidi gisait dans une mare de sang, la gorge tranchée… Soudain, depuis le sommet d’un nuage orageux, un sillon lumineux fendit le ciel et un éclair s’écrasa sur la crête du Grand Muveran. »

Un politicien abattu à l’Opéra de Berlin, un tueur à gages en mission à Gryon, des fantasmes meurtriers dans le secret d’une chambre… L’inspecteur Auer reprend du service. Il entraîne Mikaël, son compagnon, dans un voyage sans retour, au plus noir de l’âme humaine.

Après le succès du Dragon du Muveran, le nouveau polar glaçant de Marc Voltenauer, au coeur des Alpes vaudoises.

 

L’auteur : Né en 1973, Marc Voltenauer a étudié la Théologie à l’Université de Genève. Passionné par les polars nordiques qui le ramènent à ses terres d’origine, il trouve son inspiration dans le pittoresque village montagnard de Gryon.
Extrait :
Il alla s’asseoir sur la chaise devant la coiffeuse et s’observa dans la glace. Il n’aimait pas ce qu’il voyait.
Un jeune homme.
Un visage d’ange.
Des traits androgynes.
Moins femme que sa mère quand il revêtait ses habits.
Moins homme que son père dans sa tenue de tous les jours.
Mi-homme mi-femme, ni homme, ni femme.
Du tiroir de la coiffeuse, il sortit un rouge à lèvres, du fond de teint et du mascara. Il se maquilla avec soin. A force de répéter ces gestes, il avait acquis une dextérité certaine. Il ouvrit un écrin et saisit une boucle d’oreille. Il tourna légèrement la tête pour voir son profil dans le miroir. Et il l’accrocha. Puis la deuxième. Il se para ensuite d’un collier de perles. Et pour finir, il se coiffa d’une perruque châtain clair qu’il tira de son sac à dos…….

QUI A TUÉ HEIDI ? MARC VOLTENAUER

Editions SLATKINE & Cie

444 pages

Résumé et avis de Marie Noëlle

 

            Berlin, un tueur à gages ancien agent secret russe ; Gryon, un psychopathe, hôtel de police de Lausanne Andreas AUER rentre de vacances mais il est mis en congés forcés suite à une altercation avec un de ses collègue qui avait proféré des propos homophobes et racistes.

De ce fait, il décide de prêter main forte à Antoine son voisin fermier histoire de changer d’air ! pour le plus grand bonheur de Mikaël son compagnon.

Tout ne va pas être aussi serein qu’il le pensait car Gryon va devenir le théâtre d’une série de crimes et de disparitions inquiétantes.

Mais qui est Heidi ? Qui a tué Heidi ?

            Une fois de plus Marc VOLTENAUER nous manipule avec brio dans un rythme à vous couper le souffle.

C’est fluide, rapide, subtil et j’en passe.

Les personnages : tous à leur place et là aussi zéro faute ! C’est une vraie caverne d’Ali Baba, il y en a pour tous les goûts.

Bon vous l’avez compris, j’ai adoré et je le revendique haut et fort ! et puis je vous met au défi de trouver l’assassin avant la fin, c’est du lourd.

Pour ma part, c’est succès assuré. Coup de cœur de l’été !

 

 Vous pouvez aussi retrouver la chronique ICI du Dragon du Muveran.