L’erreur de Susi Fox


Le livre : L’erreur de Susi Fox. Traduit de l’anglais (Australie) par Héloïse Esquié – Paru le 10 janvier 2019 chez Fleuve Editions dans la  collection Fleuve Noir Policier. 19.90 €  ; (360 pages) ; format 14 x 21 cm

 4ème de couverture :

Sasha a toujours voulu un bébé. Sa grossesse se déroule à merveille, jusqu’au jour où elle se retrouve à l’hôpital pour subir une césarienne d’urgence. À son réveil, elle demande à voir son enfant. Alors qu’elle s’attend à vivre un moment magique, Sasha plonge dans un cauchemar bien réel. Le nourrisson qu’on lui amène n’est pas le sien. La jeune mère n’a aucun doute, même si personne ne la croit. Ni les infirmières qui évitent ses questions, ni son mari qui essaie de la convaincre, ni sa meilleure amie, appelée au secours. Pour tous, Sasha souffre d’un stress lié aux circonstances de la naissance. Mais ce serait oublier combien l’instinct d’une mère est profondément ancré en elle, en dépit des apparences. Si le bébé devant elle n’est pas le sien, où est passé son enfant ? Et qui a pu faire cette erreur ?

L’auteur Susi Fox est Australienne. Elle a étudié la médecine et les arts à l’Université de Melbourne.
Elle vit avec sa famille dans le comté de la chaîne Macedon, dans l’État de Victoria, où elle travaille comme médecin généraliste à temps partiel.
L’Erreur (Mine, 2018) est son premier roman, actuellement en cours de traduction dans de nombreux pays, et l’a immédiatement établie comme un des nouveaux talents du suspense psychologique féminin.

 

 

 

Extrait :
« — Je suis anatomopathologiste, pas pathologiste judiciaire. La plus grande partie de mon travail consiste à observer des taches roses et des points mauves dans un microscope et à écrire des rapports que les gens parcourent à la hâte. Je suis obligée d’écrire les conclusions en majuscules pour qu’elles ne passent pas à la trappe.
— Alors vous aimez votre travail, dans ce cas ? dit-elle avec un grand sourire.
— Je suppose. Ça dépend. Disséquer des bébés morts, ça, ça ne me plaît pas. »
Le premier bébé que j’ai disséqué, une petite fille, avait été retrouvé par sa mère dans son berceau. On soupçonnait un cas de mort subite du nourrisson. Son corps était raide lorsque je l’ai mise sur le plateau d’acier. Elle ressemblait à une poupée en plastique dur, à la vue comme au toucher ; elle n’avait rien du tout d’un vrai bébé. Lorsque j’ai incisé sa peau, ses boyaux se sont répandus, glissant sur l’acier. Je me suis étranglée. J’ai pris la décision de démissionner, sur-le-champ. De plaquer non seulement la médecine légale, mais la médecine en général. Je ne reviendrais jamais.
C’est ma superviseuse qui m’a ramenée des vestiaires à cette salle d’autopsie, au bébé qui m’attendait sur son plateau d’acier. C’était mon devoir, a-t-elle dit, de découvrir la cause de la mort de ce bébé. De donner à ses parents la réponse dont ils avaient un besoin si désespéré. C’était la meilleure chose que je pouvais faire, pour eux et pour elle.
Alors c’est ce que j’ai fait ; ce que je fais encore de temps en temps. Découper la chair des bébés, mince comme du papier à cigarette, fouiller bien profond en eux, dans leurs cavités évidées, à la recherche de quelque chose ou de quelqu’un à blâmer. Je ne prétends pas que c’est agréable. J’évite d’en parler à mes amies lorsqu’elles deviennent mères. Je ne pense pas qu’elles comprendraient. »

 La chronique jubilatoire de Dany

L’erreur de Susi Fox

Sasha, obligée d’accoucher avant terme dans une maternité ayant mauvaise réputation et qu’elle n’a pas choisie, est persuadée que l’enfant qu’on lui présente a été échangé avec un autre beaucoup plus ressemblant à ce qu’elle ressentait pendant sa grossesse. De plus, c’est un petit garçon qui est né au lieu d’une petite fille qu’elle attendait depuis son échographie. Elle n’arrive pas à éprouver ce formidable attachement de mère à son nouvel enfant, est-elle une bonne mère ? N’est-ce pas LE signe de cette substitution ? Et dire que  enfant est attendu depuis plus de dix ans.

Tous les personnages de ce thriller psychologique ont leur secret inavouable, son mari, son père, son amie d’enfance, ses médecins, les autres patientes et c’est un véritable enfer que va vivre la narratrice. Sont-ils complices pour remplir un sombre dessein ? Les lecteurs vont assister à la descente aux enfers de Sasha, puis à sa résilience réelle ou feinte, dans un univers trouble où tout est suspicion et où les soignants ne sont pas plus équilibrés que les patients… un  vrai nid de coucous ! Un peu plus de 350 pages pour nous faire tourner en boucle dans l’amas de neurones perturbé de la jeune mère, où l’on se plait en conjonctures et quand arrive le dénouement, on se dit : soit, c’est une explication parmi d’autres, un peu improbable mais bien amenée par l’auteur qui signe ici son premier roman.

Premier roman donc et une belle découverte, un bon moment de lecture, envoûtant et bien flippant mais … l’auteure n’est-elle pas elle-même médecin ? Elle a mis toute sa féminité au service de cette histoire, certes c’est une fiction et ça ne peut pas se passer dans la vraie vie … quoique !

Lu en version numérique.  epub 13.99 € 

 Autres extraits
« Dans sa couveuse, Toby reste tranquille, endormi. C’est lui l’innocent, dans ce chaos. Il ne ressemble pas du tout à mon bébé. Je pourrais décider de m’occuper de lui comme une mère, de mon mieux, jusqu’à ce qu’il retrouve sa vraie mère, mais à aucun moment je n’ai pensé qu’il était à moi. Et lorsqu’il sera prouvé que j’ai raison, ils comprendront que je n’ai pas le moindre problème mental. »
 « Non, Mark, je siffle, en rassemblant toute ma force. Tu me connais. Je ne fais pas d’erreurs. Je me suis battue pendant tellement longtemps, si durement pour avoir notre bébé, il est hors de question que j’abandonne maintenant. Rien ne m’empêchera de découvrir la vérité. Ce n’est pas notre enfant. »
« Adam, par contre, a quitté Bec il y a six mois, juste après qu’elle est enfin tombée enceinte, disant qu’il ne voulait rien avoir à faire avec l’enfant. Après s’être effondrée un petit moment, elle a choisi de revenir s’installer en Australie. Bec est décidée à être mère célibataire, et à expliquer au bébé qu’elle s’est servie de l’ovocyte d’une donneuse.
« Quand elle sera assez grande pour comprendre. Je suis en paix avec l’idée maintenant. Un enfant est un enfant ; qu’est-ce que ça change, l’identité de sa mère biologique, hein ? De mon point de vue, mieux vaut n’importe quel bébé que pas du tout. »
 

 

mots clefs : maternité, fertilité, échange d’enfant, prématuré, psychiatrie, médecine légale, gémellité, dépression post-partum 

L’unité Alphabet de Jussi Adler-Olsen


unitéLe livre: L’unité Alphabet de Jussi Adler-Olsen. Parution le 03 septembre 2018 aux éditions Albin Michel. 22€90 ; (640 p.) ; 22,5×15,5

 

4ème de couverture:
L’Unité Alphabet est le service psychiatrique d’un hôpital militaire où, pendant la Seconde Guerre mondiale, les médecins allemands infligeaient d’atroces traitements à leurs cobayes, pour la plupart des officiers SS blessés sur le front de l’Est.
Bryan, pilote de la RAF, y a survécu sous une identité allemande en simulant la folie. Trente ans ont passé mais, chaque jour, il revit ce cauchemar et repense à James, son ami et copilote, qu’il a abandonné à l’Unité Alphabet et qu’il n’a jamais retrouvé. En 1972, à l’occasion des jeux Olympiques de Munich, Bryan décide de repartir sur ses traces. Sans imaginer que sa quête va réveiller les démons d’un passé plus présent que jamais.

Jussi_Adler-Olsen_389962xL’auteur: Jussi Adler-Olsen, de son vrai nom Carl Valdemar Jussi Adler-Olsen est un écrivain danois. Il est né le 2 août 1950 à Copenhague. Après avoir été le « bon » guitariste d’un groupe de musique pop, il s’essaie à la médecine puis aux sciences politiques, étudie le cinéma, mais aussi les mathématiques.
Plus tard, il transforme son appartement en boutique de BD d’occasion, monte une maison d’édition, joue les scénaristes et participe au Mouvement danois pour la paix.
Depuis 2007, Jussi Adler-Olsen s’est spécialisé dans une série de romans policiers. Il connaît un succès sans précédent avec Département V, sa série best-seller.
Cette série a été récompensée par les prix scandinaves les plus prestigieux : le Prix de la Clé de Verre du meilleur thriller scandinave, le Prix des Lauriers d’Or des Libraires et le Prix des Lecteurs du meilleur livre danois.
En France, Miséricorde a été récompensé par le Grand Prix des Lectrices de ELLE 2012 et le Prix des lecteurs du Livre de Poche 2013.
Son roman « Délivrance » (2013) a déjà reçu le Prix du meilleur Thriller scandinave ainsi que le Prix des libraires Danois.
Les deux premiers tomes de « Département V » ont été adaptés au cinéma au Danemark.
La série est traduite ou en cours de traduction dans plus de 40 pays, et s’est déjà vendue à plus de 10 millions d’exemplaires dans le monde.
Extrait:
« Ce travail avait été éprouvant pour le groupe d’inspection. Y compris quand il s’était agi de patients normaux souffrant seulement de blessures physiques. Le mépris des nazis pour les faibles n’avait même pas épargné leurs propres hommes. Il n’était pas rare de voir des patients nazis dont l’alimentation avait été si pauvre en graisses pendant les derniers mois de la guerre que leur système nerveux en était durablement affecté. Parmi tous les hôpitaux militaires qu’ils avaient visités, seuls quelques-uns, dans le sud de l’Allemagne et à Berlin, avaient été jugés de qualité acceptable. Les autres étaient une véritable misère. »

 

Le OFF de Oph

L’unité Alphabet, de Jussi Adler-Olsen

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Surprenant… Une plongée dans les méandres de la mémoire… A une époque où l’homme était prêt à tout pour survivre, qu’auriez-vous fait à leur place?

Haine, trahisons, amitié, amour, meurtres… Il y a tout ça dans « l’unité alphabet ».

Ce roman de Jussi Adler-Olsen est en fait son premier roman. Paru en 1997 au Danemark, c’est Albin Michel qui nous le fait découvrir aujourd’hui.

J’ai évidemment beaucoup entendu parlé de l’auteur, pour autant je ne l’avais encore jamais lu. C’est donc une totale découverte pour moi et je n’avais aucun a priori.

Ce pavé de 640 pages et composé de deux parties. Si la deuxième m’a transportée, je me suis ennuyée pendant la première. Beaucoup de descriptions et peu de rythme, j’ai eu peur de le lâcher, mais certains sujets m’ont convaincus de m’accrocher, et grand bien m’en a pris.Ma lecture achevée je ne regrette pas de ne pas avoir abandonné. La première partie est essentielle pour la mise en place du décorum et pour faire connaissance avec les personnages multiples qui évoluent au cœur d’une intrigue qui mêle le passé et le présent dans une valse à trois temps…

Quand l’avion de Brian et James s’écrase en Allemagne, les deux anglais n’ont pas d’autre choix, pour survivre, que de se faire passer pour des malades allemands. Leur parcours nous permet de faire connaissance avec ces deux personnages forts, liés par une amitié qui remonte à l’enfance. C’est également pour l’auteur l’occasion d’évoquer l’euthanasie thérapeutique, courante sous le régime nazi, de sombrer au cœur de la folie d’un système mais également de la folie des hommes.. Jussi Adler-Olsen prend le temps de nous présenter les acteurs de ce thriller dont le rythme va monter crescendo à compter de la deuxième partie.

Les sujets évoqués sont nombreux, entre la folie, la haine, l’amitié, l’espoir, l’euthanasie… mais pas au service de l’intrigue comme c’est souvent le cas dans un thriller, mais davantage au bénéfice des personnages qui s’étoffent, qui prennent en consistance pour notre plus grand plaisir de lecteurs.D’ailleurs l’unité alphabet ce n’est pas un thriller « classique » avec une intrigue centrale et la résolution d’une enquête ou d’un meurtre!L’unité alphabet est un thriller dont les personnages sont l’intrigue.Qui sont-ils vraiment? que cherchent-ils? Que cachent-ils?Jusqu’où iront-ils?

Après des débuts chaotiques je me suis laissée transportée par la deuxième partie du roman qui s’est révélée passionnante de revirements, de rebondissements, et pourvoyeuse de sentiments contradictoires.

Un roman qui m’a donné envie de découvrir les autres roman de Jussi Adler-Olsen, de lire l’évolution de son style et me délecter encore de ses personnages.

Claustrations de Salvatore Minni 


Ce matin c’est double chronique

Et c’est Clémence te Marie No qui nous parle du même titre.

Le livre :  Claustration de Salvatore Minni . Paru le 19 octobre 2017 aux éditions Nouvelles plumes ; 19 € ; (224 p.) ; 14.2 x 22.6 cm .

4ème de couverture :

Alors que monsieur Concerto tente de découvrir les raisons qui l’ont conduit dans une chambre d’isolement, Charles se cloître de son plein gré. Clara, que son amie Françoise recherche depuis plusieurs semaines, se réveille un matin étendue sur le sol d’une cellule obscure et infestée d’insectes. Ils ne se connaissent pas et pourtant, ils portent le même tatouage sur le bras… Chacun d’entre eux se retrouvera face à son destin. Mais, dans leur quête de la vérité, ils se rendront très vite compte que les apparences ne sont pas celles qu’ils croyaient…

 

L’auteur : Belge, d’origine italienne, Salvatore Minni , est né le 13 février 1979 à Bruxelles . Dès son plus jeune âge, il est attiré par toutes les formes d’écriture. Il commence à mettre sur papier ses écrits durant l’adolescence : textes lyriques et nouvelles font désormais partie de son quotidien. Il se passionne pour la rhétorique à travers la richesse de la langue française. Fascine par les langues en général, il entreprend des études de traducteur. Le métier de professeur lui permettra ensuite de transmettre sa passion aux étudiants qu’il croisera lors de ses cours. A travers ces années et ses expériences, tant professionnelles que privées, les idées ne cesseront de fuser en grand nombre et donneront finalement naissance à l’écriture d’histoires à multiples facettes …

 

Extrait :
«  L’obscurité. Rien que l’obscurité . La peur . Une peur panique . Son cœur battait à tout rompre . Sa respiration était saccadée . Il tenait sa petite main sur sa bouche pour que l’on ne l’entendit pas respirer . Surtout ne pas faire de bruit . Il n’existait pas . Chhht ! Maman lui avait ordonné de rester là et de n’en sortir que lorsqu’elle le  lui dirait . Il s’assura que son ami « bambi » était auprès de lui . »

 

L’avis de Clémence , de la page « Les lectures de Clémence » :

Claustrations de Salvatore Minni 

Thriller qui m’a totalement intrigué en lisant le résumé ! Rien que la couverture m’a donné envie de le lire !

Il s’agit d’un huit clos, un vrai !

L’histoire commence par un prologue qui sème déjà le doute quant à la suite des événements ; Et puis tout s’enchaîne ! L’auteur nous invite à suivre le destin de quatre personnes recluses, enfermées.

En premier, il y a Charles et sa femme Rose. On découvre un couple uni qui fait face à une décision du gouvernement atroce : à savoir la géronto-euthanasie. Bien décidée à se battre, Rose va organiser l’isolement parfait de Charles afin de le sauver.

Vient ensuite le personnage de Clara, jeune médecin, qui se réveille enfermée dans une cave sordide où sa seule compagnie est une colonie d’insectes tous plus répugnants les uns que les autres et des geôliers loin d’être tendres. La question est pourquoi ? Je vous laisse découvrir …

Françoise, collègue de Clara, enfermée sans l’être réellement …

Le dernier personnage et, de loin, le plus important, est Mr Concerto hospitalisé en hôpital psychiatrique contre son gré à la demande de sa famille à cause de son comportement agressif envers lui et les autres.

Je ne peux malheureusement en dire plus au risque de vous dévoiler la suite de l’histoire. Je vous laisse apprécier de vous-même et je pense que, tout comme moi, vous serez scotchés par la fin …

Premier thriller pour moi de Mr Salvatore Minni, et c’est une très belle découverte.

Bravo

L’avis de Marie No

 

Je vais vous la faire courte !

Donc, il y a Charles, Rose, Françoise, Clara et enfin Mr Concerto. Chacun de ces personnages a une histoire, mais qu’ont-il en commun ? Pour le savoir il faudra absolument lire CLAUSTRATIONS, je ne peux malheureusement rien dire de plus !

Ce thriller est déstabilisant car il n’y a pas de date, pas d’heure, pas de lieu. Original et intrigant par le déroulement de chacune des histoires et surtout complètement barjot !

Une fois l’avis au lecteur décrit par l’auteur lu, on se demande bien dans quelle histoire on entre car au fil des chapitres on est de plus en plus absorbés.

A un moment je me suis dit, ha ben mais c’est bien sûr ! j’ai compris le délire de Salvatore et ben pas du tout, il m’a bien bernée le belge ! Il m’a malmenée jusqu’au bout car en effet la fin est époustouflante.

Bravo à Salvatore MINNI pour ce premier thriller, ça promet pour la suite….

Citation :
Ce roman a pour objectif de vous déstabiliser, de vous intriguer, de vous… enfermer. De nombreuses questions vont vous assaillir. Vous allez m’adorer et certainement me détester aussi. Peut-être allez-vous même adorer me détester…

 

Voilà j’espère que vous êtes à présent convaincus

Et si ce n’était pas le cas, alors ce soir, Clémence, vous présentera notre auteur, Salvatore Minni.

La bête au ventre – Edward Bunker


La bête au ventre d’Edward Bunker. Traduit par Freddy Michalski. Paru chez Rivages/ Thriller en 1993. Réédité en poche dans la collection Rivages/Noir  le 28 septembre 1995. 10€65 ; (475 p.) ; 17 x 11 cm.
  
4ème de couverture :
 
Alex est né sous une mauvaise étoile. Sa mère, l’a abandonné et son père a dû le confier à des foyers d’adoption, écoles militaires et autres pensionnats. Commence alors pour lui  » le cycle des laideurs « , des tumultes et des larmes « , qui l’amènera, de révoltes en évasions, à connaître la répression sous toutes ses formes. Encore adolescent, Alex est d « jà un  » taulard  » endurci qui vit la bête au ventre et la rage au cour. La bête eu ventre conclut la trilogie commencée avec Aucune bête aussi féroce et La bête contre les murs. Edward Bunker y analyse le processus qui conduit la société à se fabriquer les criminels qu’elle mérite.
 
L’auteur : Edward Bunker, est un auteur de romans noirs et scénariste de cinéma, né le 31 décembre 1933 à Hollywood (Californie, États-Unis) et mort le 19 juillet 2005 à Burbank.
Il connut des années de prison avant de se voir publié. Il est moins prolifique que James Ellroy à qui il est souvent comparé. Il a joué des rôles secondaires dans certains films, notamment Le Récidiviste, avec Dustin Hoffman inspiré de son roman Aucune bête aussi féroce, et Reservoir Dogs, de Quentin Tarantino.
(Source Wikipédia)
 
Extrait :
En 1943, la vallée de San Fernando était encore la campagne – sans smog et sans mobil-homes- où vivaient quelques petites communautés séparées par des kilomètres de citrus et de luzerne. Le gamin avait le regard fixé droit devant lui, comme transfiguré par la ligne banche au milieu de la chaussée noir qui disparaissait dans le chatoiement des bouffées de chaleur. En réalité, il ne voyait rien, il n’entendait rien. Il songeait à tous les trajets, identiques à celui-ci, qu’il ait connu depuis l’âge de 4 ans, ces trajets qui le conduisaient à chaque fois vers quelque nouveau lieu dirigé par des inconnus. C’était là à peu près tout ce dont il se souvint – internats, écoles militaires, foyers d’adoption -, tous ces endroits, ainsi que quelques éclairs de scènes affreuses gardées en mémoire, laideur, tumulte et larmes…
 

Le Émotions de lecture de Cécile :

« La Bête au ventre » fait partie du top 10 de mes livres qui m’ont marqué et pourtant, je ne l’ai pas relu depuis plus de 20 ans. Il est toujours très dangereux de tenter de revivre une histoire avec un ex.  C’est donc avec l’appréhension d’une immense déception que je me suis replongée dans ses pages.

 

Et Bam, en pleine tête comme autant de mots coups de poing, « La Bête au ventre » n’a rien perdu de son percutant. J’ai retrouvé Alex avec la même rage les poings serrés comme lui devant ces adultes, ces froides institutions qui échouent à chaque fois à donner  un peu d’attention et d’éducation à ce garçon en colère. On serre les poings à chaque coup, à chaque injustice, on sent monter la même colère en diapason avec lui. Mais on ferme aussi les yeux à demi quand on se rend compte qu’Alex va encore prendre le mauvais chemin, et encore choisir le mauvais modèle pour son éducation.

 

Malgré  un infime espoir parfaitement déraisonnable que quelque part, quelqu’un aidera ce tout jeune adolescent  adorateur de livres, on ne peut ignorer qu’Edward Bunker nous emmène avec colère et rage vers une fin inéluctable de violence, de crime … La bête au ventre est après tout la conclusion de la trilogie qui nous a baladé dans le milieu de la criminalité et du système carcéral de l’après-guerre américain, véritable fabrique des pires criminels. Certes les lieux et les époques sont différents mais les conséquences sont toujours les mêmes, la perte  de jeunes adultes dans l’une ou l’autre des radicalités dont la société finit toujours par se mordre les doigts.

 

« Au départ, ses rébellions avaient été aveugles, moins actes délibérés que réactions réflexes à la douleur – douleur de la solitude et de l’absence de l’amour, … »

 

« L’assistante sociale …était horrifiée. Elle avait vu nombre d’enfants rebelles mais cette fois elle avait le sentiment de voir devant elle une âme qui commençait à mourir. »

 

« On était lentement en train de graver dans son jeune cerveau que ceux qui étaient en position d’autorité ne se souciaient guère de bien ou de mal, de ce qui était juste et de ce qui ne l’était pas- leur seule préoccupation était d’asservir leurs subalternes. »

 

« Il luttait pour rependre son sang-froid…Mais la fureur qui agitait son cerveau le dévorait à cœur, jusqu’au tréfonds de lui. Même lorsqu’il fut clamé, il avait un abcès à l’âme. »

 
 

Dolores de James Osmont


Le livre : Dolores, la trilogie du cycle psychiatrique, Tome 3 de James Osmont. Paru le 14 juin 2017 chez CreateSpace Independent Publishing Platform . 9€99 ; 312 pages ; 12,7 x 1,8 x 20,3 cm.
Résumé :

ATTENTION : il s’agit du dernier tome d’une trilogie débutée par les romans « Regis » et « Sandrine », parus en 2016 !

Le Mal poursuit sa course. Inexorablement. Dolores est son nouveau pantin. Bras armé, victime désignée ? Toxique et paumée, elle se débat pourtant. Fuit en avant. Se heurte aux limites et aux murs de sa prison. Chaque jour, elle oeuvre à sa propre destruction… Mais la trilogie turbulente qui va prendre fin ici n’aura été qu’une étape. Fatalement. Car la folie des Hommes a encore bien des cartes à jouer… Et d’innombrables visages.

Biographie de l’auteur

 James Osmont, auteur et photographe né à Brest, est aussi infirmier en santé mentale depuis plus de dix ans. Ce troisième roman clôt un cycle psychiatrique, noir et vénéneux. Une expérience émotionnelle globale où la musique et la précision clinique sont omniprésentes…

Le OFF de OPH

Aaaah Dolores… Ton prénom, « doloris », « douleur »… qui résonne aussi comme un sortilège…

Ce n’est pas Dolores elle même qui m’a accompagnée au fil des pages, c’est la signification de son prénom.
La douleur sous toutes ses formes, physiques, psychiques, mentales…

Avec ce troisième et dernier volet de #latrilogiepsychiatrique de James Osmont j’ai eu mal tout au long des 301 pages.

Une fois encore James, en magicien des mots, nous plonge dans l’univers de la psychiatrie mais pas seulement… il nous pousse à nous interroger sur notre société, nos comportements de plus en plus individualistes. Avec une intrigue qui se déroule « aujourd’hui », il mèle au roman les grands événements qui ont changé notre société ces trois dernières années, il dénonce les tsunamis politiques, l’abandon de la pensée pour uniquement panser les plaies…

Qu’est ce que le Mal, comment parvient-il à prendre possession des êtres que nous sommes? Sommes nous tous vulnérable face à sa force ou pouvons nous résister à sa capacité de s’insinuer, sous différentes formes, en chacun de nous?

Je sors encore une fois chamboulée de cette lecture… Elle pose tellement de questions.

Habile jongleur, James conserve tout au long de ces trois opus une plume poétique, use de la métaphore sans en abuser. Son style vous percute quand ce n’est pas par l’un de ses uppercut que vous êtes sonnés…

Morceaux choisis:
« Sans ambition ni réelles responsabilités, il passait chaque jour la porte de son entreprise: une boite normale elle aussi, avec des gens assis, des agrafeuses d’un demi-kilo, une fontaine à eau… Ça porte bien son nom tout compte fait, une « boite »: ça vous garantit la routine et l’aliénation sous-payée, ça doit faire avec la « conjoncture pas facile, vous comprenez? », et surtout, ça vous évite de vous poser trop de questions sur le sens à donner à tout le reste »
 » Quand le crabe était venu lui prendre un sein, à elle, sa mère, sa déesse, l’amputant, la déséquilibrant, mettant à bas la garantie imaginaire de sa présence à ses côtés; Lucas avait commencé à perdre pied. La mort est la seule expérience du réel qui ne se vit pas; spectateur, impuissant, lui s’était enfermé dans l’irréel, préférant dès lors ne plus vivre. »

Merci James pour cette trilogie poignante qui au delà du Thriller classique bouleverse pas mal de codes et nous pousse à porter un regard nouveau sur la psychiatrie mais aussi le Mal (dans la définition que nous lui donnons)

 

Sandrine de James Osmont


Le livre : Sandrine, la trilogie psychiatrique de James Osmont. Paru le 14/10/2016 chez Librinova. 9€99 ; 274 pages ; 12,7 x 1,6 x 20,3 cm.

Résumé 

ATTENTION : il s’agit de la suite du roman Regis, paru en 2016 !

Les chemins tortueux font aimer les lignes droites. Mais sur la route de Sandrine, désormais aucun répit. Les nids de poules succèdent aux cahots. Depuis trop longtemps le voyage est solitaire, les virages serrés et les rencontres dangereuses sur le bas-côté. Égarée dans les labyrinthes de la dépression, abandonnée de tous, elle ne se doute pas qu’au détour d’un sentier, dans les impasses sombres et les recoins souillés, se terrent d’autres forces hostiles. De celles qui commandent aux aiguillages de l’existence. Encore une fois, le Mal l’attend au tournant…

 

Biographie de l’auteur

James Osmont, auteur et photographe né à Brest, est aussi soignant en psychiatrie depuis plus de dix ans. Avec ce second roman, il poursuit une exploration atypique et mouvementée qui accompagne son travail autour des émotions et de la condition humaine. Quitte à se rapprocher du gouffre…

 

 

Le OFF de OPH

 

Après « Régis », voilà que je viens de quitter « Sandrine », fermant un livre qui au-delà de l’histoire m’a encore une fois transporté par la puissance des sentiments, pathologies et constructions des personnages…

La trilogie psychiatrique de James Osmont n’est décidément pas classable dans une catégorie tant elle est unique, atypique…

Dans ce deuxième tome, ou devrais-je dire simplement avec Sandrine, James montre encore à quel point il sait manier la métaphore et la poésie pour dénoncer non seulement les dangers des addictions mais aussi les failles d’un système médical encore trop souvent bancal.
Il décrit les processus de la dépression, raconte ,comme un ménestrel, comment elle peut sournoisement s’attaquer à chacun de nous.
Profondément moderne de part la critique des aspects sombres de notre société tout en apparence et en psychologie de comptoir, l’histoire romancée flirte avec la réalité de la sombre période d’attentats que nous avons vécu récemment.

sandrine james osmont

Sandrine m’a émue, m’a faite pleurer, m’a poussée à m’interroger aussi sur moi-même, mes failles, mes blessures… Et comme Régis avant elle, il m’a été difficile de la quitter.

Je ne vous donnerais pas envie de la rencontrer au travers d’un résumé classique de 4ème de couverture car ce serait vous priver de la découverte et des émotions que pourraient vous procurer tant Régis que Sandrine… je préfère vous mettre ci-dessous quelques extraits, qui, j’en suis certaine, aiguiseront votre curiosité:

« D’abord chronophage, l’addiction s’est faite procuration et trompe l’œil, amotivationnelle et robotisante.[…] L’attraction était souvent trop puissante, tentaculaire. Elle venait le saisir où qu’il soit, quoiqu’il fasse… »
« Un soulagement momentané, un traitre remède. Une aération polluée, et qui n’était chaque fois que temporaire. Parce que le désespoir, pauvres de nous… a la couleur du vent et le goût du souvenir. »
« Le remords avait asséché son âme, tel un vent d’Est lancé à travers l’hiver sur une terre rase, un bocage aplani, dépourvu de défenses et de talus, sans haies ni perspectives pour boucher l’horizon infini, inlassable, insurmontable… Elle n’était plus ce champ fertile, ce terroir nuancé, arable, légèrement acide, cette contrée de caractère qui se mérite et se savoure, quitte à se comparer à un coteau de grand cru »

Régis et Sandrine m’ont fait vivre une expérience littéraire jusque là unique, la bande-son créée par James pour accompagner ses personnages et notre lecture renforce la noirceur, le capharnaüm régnant dans les esprits perturbés, troublés et blessés de chacun des êtres auquel il a donné vie.

Merci James, Sandrine comme Régis ne pouvaient pas me laisser indifférente, et il continuent de m’accompagner malgré leur absence… Je vais maintenant aller à la rencontre de Dolores et achever ainsi un cycle qui m’aura profondément marqué…

Sur le seuil de Patrick Senécal


Le livre : Sur le seuil de Patrick Senécal. Réédité le 10 novembre 2016 chez A Lire,   10€90 ; 429 pages ; 18 cm x 11 cm.

Paru en France précédemment chez Bragelonne le 19 octobre 2006.  20€ ; (363 p.) ; 24 x 16 cm

Résumé :

Il se nomme Thomas Roy. C’est l’écrivain le plus adulé du Québec. Invité régulier des talk-shows, la parution de ses romans d’horreur est toujours un événement médiatique majeur. Or, voici qu’on le retrouve chez lui, horriblement mutilé et catatonique. Tentative de meurtre ou suicide manqué ?

Pendant que la police enquête, Roy est placé en observation dans un hôpital de Montréal. Paul Lacasse, le psychiatre qui traite l’écrivain, considère au départ le cas comme assez banal. La découverte de faits troublants l’oblige cependant à reconsidérer petit à petit son opinion. Bientôt, ce sont toutes ses certitudes, tant personnelles que professionnelles, qui chancellent. Car, au-delà du drame de Roy, quelque chose de terrifiant se dévoile lentement, quelque chose d’inimaginable et aux conséquences monstrueuses …

 

Extrait : 
Je lui raconte brièvement l’état de Roy. Curieusement, parler me fait du bien et même si mon mal de ventre est toujours là, il devient supportable. Archambeault m’écoute attentivement. Je n’irais pas jusqu’à dire que mon récit le passionne, mais son masque d’impassibilité se teinte d’une légère curiosité. A la fin, il réfléchit quelques instants et demande : — Pis quand vous l’avez trouvé, il avait commencé un roman qui racontait mon histoire? — Pas vraiment votre histoire, mais ça y ressemblait beaucoup. Un policier qui se prépare à tuer des enfants, à ce qu’on m’a dit… — Mais moi, j’avais rien préparé. Ç’a été une impulsion, c’est tout. Ce sang-froid, ce terrible sang-froid…

 

L’auteur : Patrick Senécal  est né Drummondville le 20 octobre 1967 au Québec où il vit. Bachelier en études françaises de l’Université de Montréal, il a enseigné pendant plusieurs années la littérature, le théâtre et le cinéma au cégep de Drummondville. Passionné par toutes les formes artistiques mettant en œuvre le suspense, le fantastique et la terreur, il publie en 1994 son premier roman.  Dès lors il devient un auteur culte, réputé pour son intensité dramatique. Mais c’est avec Sur le seuil que son succès explose : best-seller instantané, il est adapté au cinéma en 2003, et les droits américains de remake sont aussitôt achetés par le groupe Miramax. Ce thriller, pour lequel on dirait que l’expression «suspense implacable» a été inventée, ne vous laissera pas dormir cette nuit…

Crédit photo : Karine Davidson Tremblay  Agence Goodwin.

 

 

Le billet de Carine

💕 FASCINANT 💕

« Sur le seuil » de Patrick Senécal

Sur le seuil de Patrick Senécal

« Je me préparais donc à terminer ma carrière dans la certitude de l’échec lorsque, ce matin-là, Thomas Roy est apparu dans ma vie. Et il a tout bouleversé. Non pas qu’il m’ait redonné espoir en la psychiatrie. C’est beaucoup plus complexe que cela. Thomas Roy m’a obligé à me tenir sur le seuil … »

Si je n’avais pas su que je lisais un Senécal je ne l’aurai pas deviné -tout du moins dans les premières pages- avant de découvrir çà et là quelques mots et expressions québécoises et encore nettement moins nombreuses que dans certains autres de ses romans. J’ai été un peu déstabilisée en début de lecture de ne pas retrouver la marque de fabrique qui fait de Patrick Senécal le maître de l’horreur. Surprise certes, mais absolument pas déçue car j’ai été accrochée de suite par l’intrigue puis littéralement hypnotisée jusqu’au dénouement ! Je vous recommande vivement ce titre pour commencer en douceur si vous ne connaissez pas l’auteur ou si vous avez déjà lu du Senécal mais que vous vous êtes dit c’est fini c’est trop dur !!! Ce roman devrait vous réconcilier avec Patrick Senécal ou tout simplement vous confirmer son immense talent.

 

Paru en France précédemment chez Bragelonne le 19 octobre 2006.  20€ ; (363 p.) ; 24 x 16 cm

 

Selfies de Jussi Adler-Olsen


Le livre : Les enquêtes du département V ;  Volume 7, Selfies  de Jussi Adler-Olsen. Traduit du danois par Caroline Berg. Paru le 29 mars 2017.  22€90 ; (619 p.) ; 23 x 16 cm

4e de couv :

Avec plus de 16 millions d’exemplaires vendus dans le monde, Jussi Adler-Olsen, Grand prix policier des lectrices de Elle et prix polar des lecteurs du Livre de poche, est une star sur la scène du thriller.

Nouveau défi pour le Département V de la police de Copenhague, en charge des affaires non résolues : un « serial » chauffard dont les victimes sont des femmes jeunes, jolies et… pauvres.

Elles touchent les aides sociales et ne rêvent que d’une chose : devenir des stars de reality-show. Sans imaginer un instant qu’elles sont la cible d’une personne gravement déséquilibrée dont le but est de les éliminer une par une.

L’inimitable trio formé par le cynique inspecteur Carl Morck et ses fidèles assistants Assad et Rose doit réagir vite s’il ne veut pas voir le Département V, accusé de ne pas être assez rentable, mettre la clé sous la porte. Mais Rose, plus indispensable que jamais, sombre dans la folie, assaillie par les fantômes de son passé…

L’auteur : Carl Valdemar Jussi Adler-Olsen est né le 2 août 1950 à Copenhague. Après avoir été le « bon » guitariste d’un groupe de musique pop, il s’essaie à la médecine puis aux sciences politiques, étudie le cinéma, mais aussi les mathématiques.
Plus tard, il transforme son appartement en boutique de BD d’occasion, monte une maison d’édition, joue les scénaristes et participe au Mouvement danois pour la paix.
Depuis 2007, il se consacre à la série « Les enquêtes du département V « . Plus de 14 millions d’exemplaires vendus dans le monde, couronné par tous les grands prix du polar, dont le Grand Prix policier des lectrices de Elle, le Danois Jussi Adler Olsen est une figure incontournable du thriller scandinave.
Extrait : 
Le nom de « Centre d’action sociale » avait déjà cet effet sur elle alors qu’il était relativement neutre. Des noms comme « Chambre des supplices », « Comptoir de mendicité » ou « Guichet des humiliations » auraient été plus justes. Mais dans la fonction publique, on n’appelait pas les choses par leur vrai nom.

 

 La chronique de Marie Jo

Bonjour Geneviève,

Pour cette dernière partie de concours, j’ai choisi « Selfies  » de JUSSI ADLER OLSEN.
En effet, le titre choisi est très judicieux à l’heure où chacun se balade avec un téléphone portable et même pour certains la perche qui va avec…
Esprit bien narcissique de certains et titre fort bien adapté à ce dernier opus de Jussi Adler Olsen.

Voilà Geneviève, Bizz. ..

« SELFIES   » de JUSSI ADLER OLSEN.

    Des jeunes filles sans emploi, un personnage qui va sombrer dans une folie  psychotique et virer psychopathe , le département V menacé  de disparition ou presque, des meurtres qui se croisent et qui croissent ,  et pour finir , une énorme révélation sur le passé d’un de nos enquêteurs nous dévoilant  enfin les clefs de sa personnalité…

   Jussi Adler Olsen nous offre un  7ème  opus particulièrement brillant de par une écriture nerveuse,  doté  de chapitres courts et haletants et des protagonistes  peaufinés à l’extrême mais toujours authentiques.

   D’un premier chapitre palpitant  à une fin particulièrement éprouvante  ( oui , j’ai pleuré…) et des rebondissements  percutants font de cette oeuvre la plus aboutie de cette série , pour ma part.

  N’oublions pas cet humour singulier à l’auteur qui est d’autant plus confirmé par certaines réparties chères à Assad mais qui,  dans « Selfies  »  est encore plus repérable dans la bouche de chacun de ses personnages .

  Et c’est donc un florilège  de mots  d’esprit qui va accompagner  le lecteur tout au long de ce roman.

    Une lecture exceptionnelle et aboutie, encore  meilleure aux 6 premiers tomes et qui présage forcément de remarquables révélations à venir.

   Bonne lecture garantie…

Sérum: saison 1 épisode 1 de Henri Loevenbruck et Fabrice Mazza


mes-petites-lectures (1)
9782290041741,0-1330512Le livre : Sérum : saison 1,Volume 1  de Henri Loevenbruck et Fabrice Mazza.Paru le 28 mars 2012 chez J’ai lu dans la collection J’ai lu Policier. 6€ ; (188 p.) ; 18 x 11 cm

Quatrième de couverture

Serum

Saison 1 (…) épisode 1

1773 : Mesmer invente l’hypnose

1886 : Freud invente la psychanalyse

2012 : Draken invente le sérum

Une injection.

Sept minutes pour accéder au subconscient profond d’Emily Scott.

Un carnet pour décrypter ses visions fantasmagoriques.

Quelques jours pour empêcher le pire.

Mais quand les morts suspectes se multiplient, le NYPD se pose une question : Arthur Draken est-il un psychiatre de génie ou un dangereux criminel ?

Les auteurs :
henri-loevenbruck@2x
fabrice-mazza@2x

Henri Loevenbruck est né le 21 mars 1972 à Paris. Il est à la fois auteur, chanteur, compositeur français et
auteur de thriller, de livres de
fantasy et de d’aventures est traduit dans plus de quinze langue.

Fabrice Mazza né en 1970 est le grand maître des énigmes en France.  Ses ouvrages sont lus dans le monde entier et ont dépassé le million d’exemplaires vendus

Extrait :
« Velasquez prit un scalpel et un tube dans son sac et s’approcha de la victime dans le coma. Elle avait l’air de dormir, paisible. Le sang avait été nettoyé de son visage et, sans le bandage qu’on était en train de lui mettre on aurait peine à croire que cette femme venait de prendre une balle en pleine tête.
L’agent pris sa main, gratta un peu de peinture déposée sur l’épiderme et fit glisser quelques particules dans le tube hermétique numéroté. Ensuite, il sortit un encreur et une étiquette de son kit de prise d’empreintes digitales.
Il attrapa délicatement l’index de la femme sous le regard de l’infirmière, l’appuya sur l’encreur, puis appliqua le bout du doigt sur la petite étiquette blanche.
Velasquez fronça les sourcils.
Rien. Juste une trace d’encre qui bavait. Le résultat ressemblait à tout sauf à une empreinte digitale.
Le policier se racla la gorge en sentant le rouge monter à ses joues. Il avait fait plusieurs prises d’empreintes à l’Académie de police, cela n’avait jamais posé de problème. Il sortit une nouvelle étiquette et essaya une nouvelle fois.
Toujours rien. Pas de « dermatoglyphe ».
La femme semblait n’avoir aucune empreinte sur l’index. »
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Petits résumé et avis

Arthur Draken est un psychiatre spécialisé dans la thérapie par l’hypnose. Il utilise un sérum facilitant l’induction hypnotique. Sa principale patiente est sa compagne, victime d’une amnésie totale après avoir reçu une balle en pleine tête. Avec l’aide de Lola Gallagher, détective, Draken va devoir découvrir quel secret est enfoui dans la mémoire de sa partenaire.

« Serum » est une série de livres inédits. Voici le premier volume d’une série romanesque d’un nouveau genre, construite sur le modèle des séries télé. La saison 1 comporte six épisodes. Dans chaque épisode, les lecteurs ont la possibilité d’approfondir l’expérience de lecture. Chaque épisode contient des flashcodes qui donnent accès à du contenu supplémentaire (musiques, vidéos, documents…).De plus, la série Serum propose une expérience en ligne inédite pour ses lecteurs sur le site http://www.serum-online.com.Comme toute bonne série, l’ensemble est hautement addictif. Et l’association entre Fabrice Mazza, grand maître es-énigmes, et Henri Loevenbruck, l’un des meilleurs auteurs de thrillers intelligents made in France, est très prometteuse

Bref…Voici le premier volume d’une série romanesque d’un nouveau genre, beau compromis entre le roman feuilleton et la série TV. La saison 1 comporte six épisodes. Tous les éléments d?un très bon polar sont réunis ici. Une détective au caractère bien trempé, un psy aux expériences étranges, une victime sans mémoire. Et comme dans toute bonne série, l?ensemble est hautement additif.

Lire le début de Sérum 1.1

 

ON PEUT EFFACER VOTRE MEMOIRE, PAS VOTRE PASSÉ.

En cas d’accoutumance, consultez leur site
www.serum-online.com

Facebook Serum :
www.facebook.com/Serumonline

Serre-moi fort de Claire Favan


cfLe livre : Serre-moi fort  de Claire Favan. Paru le 11 février 2016 chez Robert Laffont dans la collection La bête noire. 20€ ;  (371 p.) ; 23 x 14 cm.

4e de couv :

Méfiez-vous de qui vous tend les bras…

« Serre-moi fort. » Cela pourrait être un appel au secours désespéré. Du jeune Nick, d’abord. Marqué par la disparition inexpliquée de sa soeur, il est contraint de vivre dans un foyer brisé par l’incertitude et l’absence. Obsédés par leur quête de vérité, ses parents sont sur les traces de l’Origamiste, un tueur en série qui sévit depuis des années en toute impunité.

Du lieutenant Adam Gibson, ensuite. Chargé de diriger l’enquête sur la découverte d’un effroyable charnier dans l’Alabama, il doit rendre leur identité à chacune des femmes assassinées pour espérer remonter la piste du tueur. Mais Adam prend le risque de trop, celui qui va inverser le sens de la traque. Commence alors, entre le policier et le meurtrier, un affrontement psychologique d’une rare violence…

« Monstrueusement magistral, horriblement bon ! »
Bruno Lamarque, Librairie de la Renaissance, Toulouse

« Intime, violente, déroutante, l’intrigue de Claire Favan s’enroule autour du lecteur tel un serpent. »
Olivier Norek, auteur de Code 93 et de Territoires

« Une des grandes du polar français ! »
Gérard Collard, librairie La Griffe noire, Saint-Maur

CF&

@ Métronews

L’auteur : Née à Paris en 1976, Claire Favan travaille dans la finance et écrit sur son temps libre. Son diptyque culte, Le Tueur intime et Le Tueur de l’ombre, a été récompensé par de nombreux prix. Après Apnée noire et Miettes de sang, elle nous revient avec un thriller d’une noirceur absolue.

Extrait :
La peur a toujours des effets curieux sur lui. Il redevient ce jeune garçon effacé et vide qui doit absolument combler ses manques grâce à l’attention d’une personne du sexe opposé. Et c’est là qu’il est contraint de jouer les équilibristes entre trouver une fille gentille qui rassasie son besoin à court terme et éviter de croiser le chemin d’une Lana bis qui éveille sa part sombre et qu’il devra tuer à un moment ou à un autre.
D’ordinaire, le stress et le manque de présence féminine le conduisent immanquablement à un passage à l’acte. Or, il ne peut pas prendre de risque en ce moment, parce qu’il n’a plus de planque pour cacher ses trophées, plus de corps à observer pour apaiser ses pulsions, plus de zone tampon pour décharger la pression.

Lire ICI le début 

Résumé et petit avis :

Nous sommes en août 1994, Nick Hoffmann est un ado de 15 ans mal dans sa peau. Il a une sœur aînée. Et à 17 ans, Lara est la coqueluche de son lycée. Nick lui est plutôt un boloss. Il est totalement invisible, une sorte de looser. Et le jour où sa sœur disparaît, il devient semble-t-il un peu moins transparent sauf au yeux de ses parents. Ils sont tellement effondré par la disparition de Lara qu’ils finissent par sombrer, l’un dans l’alcoolisme, l’autre dans la dépression.

C’est Nick qui va maintenir le semblant de famille qu’il lui reste à flot. C’est lui qui va assurer le quotidien alors que tout se délite autour de lui. Il va se construire sur ce malheur. Il va m^me décider de devenir quelqu’un, quelqu’un de bien.

Et puis ces parents reprennent espoir et décident de reprendre l’enquête sur la disparition de Lara. Et Nick, se retrouve à la place. Celle qu’il occupait originellement, deux ans avant, au sein de cette famille déchirée. Nick le délaissé alors que ces parents n’ont plus qu’une obsession, parcourir les états-unis pour comprendre ce qu’il est arrivé à leur fille chérie.

Un des thèmes forts de ce livre c’est la disparition. A travers ce sujet, Claire Favan cherche à mettre en avant les sentiments des survivants. Elle va  creuser cette notion et va déterminer la psychologie de Nick en fonction de cela. Ce gamin qui se sens délaissé et que l’on trimbale de droite à gauche, alors que lui avait réussi à choisir sa vie et qu’on lui a coupé les ailles en plein vol est lui aussi une victime. Peut-être même est-il le seconde victime après sa sœur de cet enlèvement.

cf&&On se retrouve 20 ans plus tard. Adam Gibson, est le policier chargé de l’enquête sur un charnier où toutes les victimes sont des femmes. Adam Gibson est un homme brisé par la vie. Un homme en déshérence li aussi. Sa vie personnel est un désastre, il a perdu sa femme, sa fille adolescente, lui en veut, elle lui reproche ses absences, le rend coupable de la maladie et de la mort de sa mère. Gibson qui n’a plus rien à perdre va se lancer corps et âme sur les trace de ce tueurs de jeunes femmes. Mais l’inspecteur Gibson, n’est pas seul à suivre cette affaire. En effet les Hoffmann qui ont fonder une association, courent eux aussi après ce serial killer que l’on a surnommé l’Origamiste. Leur intervention dans cette enquête ne semble pas aidé Adam qui va se retrouver confronter à ce tueur machiavélique.

Vous l’aurez compris, Caire Favan a découpé son roman en plusieurs parties. Ces deux premières qui mettent les choses en place. Qui nous posent les personnages. D’ailleurs c’est bien là un des points fort de notre auteur, savoir camper un personnage, se l’approprier au point d’en ressentir toute la personnalité, toutes les personnalités.

Et puis il y aura le final, la fameuse troisième partie. Là Claire Favan se déchaîne. C’est juste…mais juste…J’en trouve pas mes mots. C’est juste parfait, le suspense est  implacable, les rebondissements efficaces.

Et comme le dit si bien notre libraire toulousain préféré, Bruno « Monstrueusement magistral, horriblement bon ! »

Il y avait longtemps que j’attendais ce livre, il m’a ramené quelques année en arrière alors que je découvrais la toute jeune Claire Favan. Et que son premier roman Le tueur intime me mettait un grande claque. Et que la suite de ce diptyque Le tueur de l’ombre ne faisait que confirmer le talent de l’auteur.

Alors merci Claire pour cela ! Et merci aussi pour cette scène au milieu du bouquin qui va nous hanter longtemps. Elle va faire foi dans une anthologie du genre, crois-moi !

Mais dis moi, j’ai une petite question. Crois-tu qu’un jour tu ancreras une de tes intrigues sur le territoire français ?

Aller je te pose la question ce week end à Saint Maur en poche où on aura le plaisir de te retrouver.