Que Dieu me Pardonne de Philippe Hauret


Le livre : Que Dieu me Pardonne de Philippe Hauret. Paru le 18 Mai 2017 aux Editions Jigal. Collection : Polar. 18.00 euros. 208 pages. 21 x 14 cm.

Paru en poche 15 Février 2019 aux Editions Jigal. Collection : Polar. 9€s. 240 pages. 17 x 11 cm

4ème de couverture :
Ici, une banlieue tranquille, un quartier résidentiel et ses somptueuses maisons dans lesquelles le gratin de la ville coule des jours paisibles… A quelques encablures, une petite cité, grise et crasseuse. Avec sa cohorte de jeunes désœuvrés qui végètent du matin au soir. Deux univers qui se frôlent sans jamais se toucher. D’un côté, il y a Kader, le roi de la glande et des petits trafics, Mélissa, la belle plante qui rêve d’une vie meilleure… De l’autre, Rayan, le bourgeois fortuné mais un peu détraqué… Et au milieu, Mattis, le flic ténébreux, toujours en quête de rédemption. Une cohorte d’âmes perdues qui n’auraient jamais dû se croiser… Des destins qui s’emmêlent, des illusions perdues, des espoirs envolés… Et puis, cette petite mécanique qui se met en place comme une marche funèbre… implacable !

L’auteur : Philippe Hauret est né en 1963 à Chamalières. Il passe son enfance sur la Côte d’Azur, entre Nice et Saint-Tropez avant de venir s’installer sur Paris.
Il travaille aujourd’hui pour la bibliothèque d’une université.

 

 

 

 

Extraits :
 « Les gens ne se rendaient pas compte… Il fallait posséder un sacré mental pour passer une vie entière à buller ! L’argent n’évitait pas l’ennui, on pouvait même dire qu’il le favorisait. Que restait-il une fois que vous aviez effectué le tour du monde 5 fois d’affilée, parcouru les greens les plus réputés, que vous vous étiez empiffré des mets les plus raffinés, aviez bu les crus les plus onéreux et aviez sauté toute une colonie de mannequins rachitiques ? En général, un sentiment de grande lassitude commençait à poindre, jusqu’au moment où il gangrenait votre cerveau, vous plongeant dans un état de catatonie absolu dont il était difficile de sortir autrement que par la drogue ou l’abus de boisson. »

Les Lectures de Maud :

Version lue : Broché

Que Dieu me Pardonne de Philippe Hauret

 

Dans cette enquête, deux mondes s’opposent, les riches-les pauvres. Que ce soit leur lieu de résidence ou leur façon de vivre. Globalement tout les oppose !! D’un côté les délinquants chez les pauvres, de l’autre les gentils gens. Que va-t-il se passer lorsque ces deux réalités vont se rencontrer ?

Des personnages, diverses et variés, vont se rencontrer et là, ça va être de la dynamite. Serait-ce forcément les riches les gentils ? C’est ce que l’on va découvrir au travers différents cambriolages et meurtres. Malgré leurs différences sociales, quelque chose à l’air de les réunir, un mal être global, ne pas savoir quoi faire de sa vie, ni comment remplir ses journées, même lot pour les addictions. Ils sont hantés par les mêmes questions, même si suivant de quelle côté on se trouve de la barrière les solutions ou conséquences sont différentes. Et encore, pas si sûre.

Kader et Mélissa ont en commun, outre le fait d’habiter dans la même citée et de ne pas avoir d’emploi : l’appât du gain, le manque d’argent va les amener à faire des choses qu’ils regretteront peut-être plus tard. Leur moral est là.

Rayan, personnage antipathique et détestable au possible qui se permet de prendre tout le monde de haut et de ne se sentir concernée que par sa petite personne, sa position  et son confort uniquement. Pour lui l’argent arrange tous les problèmes, seul Dieu a le pouvoir de le punir.

Mattis va se retrouver à gérer un enquête qui va l’emmener au-delà du pensable, mais aussi il va être confronté à la responsabilité de ses choix. De plus, il n’est pas très en phase avec l’attitude d’un des enquêteurs. Une vie personnelle quelque peu chahutée. Suivant son intuition, il va habilement faire le tri entre le vrai et le faux. Ne va-t-il pas se brûler les ailes ?

L’auteur signe ici un polar magistral, au-delà de l’enquête il souligne les fameux clichés. Il bouscule les idées reçues, par exemple : les délinquants sont pauvres, habitent en cité et sont issus de l’immigration. Il soulève également la notion de moyen qui fait parfois pencher la balance d’un côté ou de l’autre de la justice, meilleure défense car avocat plus onéreux. La différence de prise en compte de la parole est aussi très savamment soulignée. Croirait-on plus un riche, qu’un pauvre ? Sur la pointe des pieds et tout en finesse, il est aussi question de la violence et du racisme dans la police. J’ai dévoré ce livre, happée par le thème, l’écriture, le rythme et les différentes composantes de cette histoire. Je vous recommande très vivement cette lecture !!!

Je remercie Geneviève de m’avoir permis de découvrir ce livre !!

Dernière sortie pour Wonderland de Ghislain Gilberti


Dernière sortie pour Wonderland de Ghislain Gilberti. Paru le 17 janvier 2019 à la Mécanique générale.9€95 ; (463 p.) ; illustrations en noir et blanc ; 18 x 12 cm

4e de couv :

Durant une free party, Alice Price, étudiante et artiste de la scène électronique underground, goûte à une drogue inconnue. Les effets du produit la dépassent rapidement et, aux frontières de l’overdose, un étrange lapin blanc la propulse au coeur d’un monde parallèle et piégé : l’univers de Lewis Carroll. La chenille, le chapelier fou, le lièvre de mars, le chat du Cheshire, tous les personnages du conte victorien sont là et invitent cette Alice contemporaine dans les sombres mystères de la création du vrai Wonderland.

Les innocents ne sont pas toujours ceux que l’on croit, les alliés sont rares et les périls nombreux. Si elle veut rester vivante, la jeune Alice n’a plus le choix et doit reconstituer le puzzle diabolique de Lewis Carroll.

En brisant le mythe Disney, Ghislain Gilberti s’attaque à un emblème intouchable de l’Angleterre depuis le XIXe siècle : Lewis Carroll, introverti maladif, toxicomane, atteint du syndrome de puer aeternus, amateur de photographies pornographiques infantiles, pédophile… C’est sans concession que Dernière Sortie pour Wonderland referme pour toujours la porte du Pays des Merveilles et met un point final à la pudibonderie hypocrite que même Tim Burton n’a pas pu briser avec ses dernières adaptations cinématographiques.

L’auteur : Ancien tireur de précision pour l’armée de terre, Ghislain Gilberti s’est imposé en six romans comme l’un des maîtres du thriller français. Il vit près de Belfort avec ses trois enfants et se consacre à l’écriture.

 

Le sacha’avis de Sylvie

Dernière sortie pour Wonderland de Ghislain Gilberti

Le « Putain j’ai pris une claque » du jour !

Durant une fête, Alice Price goûte à une drogue qui la propulse dans le monde de Lewis Carroll. En pénétrant dans l’univers d’Alice au pays des merveilles, elle détruit le mythe et le culte autour de l’auteur britannique.

Le « Putain j’ai pris une claque » du jour !
Ouais une bonne claque!😁
Dernière sortie pour wonderland te plonge dans un univers aux couleurs chatoyantes derrière lesquelles se cache une noirceur qui t’aspire littéralement. Entre fiction et réalité écœurante, le vrai visage de Lewis Caroll émerge au fil des pages.
Ne passe pas à côté d’Alice et accompagne-la dans le terrier du lapin blanc. Dans ta chute n’essaye même pas de t’accrocher aux branches, elles piquent!…
Merci à Ghislain pour ce voyage incroyable!!!… Quelle sensibilité dans son écriture et son style tellement immersif! J’ai adoré !

On a tous une bonne raison de tuer de Pétronille Rostagnat


Aujourd’hui c’est » double chronique ».

Enfin presque

 Trois flingueuses vous donnent leur avis sur une même lecture.

Ce matin c’est notre second mister Flingueuse, Mister Marc qui nous offre son regard acéré

Il y a un mois et demi  c’était Fanny et miss Aline qui vous accrochaient avec ce même titre :

On a tous une bonne raison de tuer de Pétronille Rostagnat

On a tous une bonne raison de tuer – Pétronille Rostagnat

Demain soir Miss Aline reviendra, mais cette fois elle laissera la parole à l’auteure.


Le livre : On a tous une bonne raison de tuer de Pétronille Rostagnat. Paru le 19 janvier 2019 aux  21€ ; (344 p.) ; 22 x 14.5 cm

4ème de couverture :

« Gabrielle est découverte dans son bain les poignets tranchés. Tout laisse croire à la tentative de suicide d’une mère au foyer désœuvrée, mais Gabrielle n’a aucun souvenir de son acte. Poursuivie par la désagréable impression d’être en permanence observée, elle est presque sûre d’avoir été, en réalité, victime d’une tentative de meurtre.

Après avoir installé des caméras chez elle, elle surprend la visite d’une jeune inconnue puis découvre, lors d’un cocktail organisé dans le cabinet d’avocats de son mari, qu’il s’agit d’une proche collaboratrice de celui-ci. Trois jours plus tard, cette dernière est retrouvée assassinée.

Commandant au 36 quai des Orfèvres, Alexane Laroche se retrouve impliquée de plein fouet dans cette affaire. Son mari Charles est l’un des associés du cabinet et personne ne peut être exclu de la liste des suspects… »

L’auteur :  Pétronille Rostagnat a vécu en Chine et à Dubaï et vit désormais à Lyon. Mère de trois enfants, elle a été responsable marketing pendant une dizaine d’années avant de se consacrer à l’écriture de romans policiers.

 

 

 

 

 

 

Extrait :
Arrivée en bas du cabinet, elle eut un mouvement d’hésitation. Que penseraient ses collègues de son intrusion dans les locaux au début de l’enquête ? D’un côté, elle serait elle-même amenée à témoigner dans cette affaire, et était avant tout, et surtout à cet instant, femme de l’avocat touché par cette histoire, plus que commandant à la brigade criminelle de Paris.

L’arrêt sur image de Marc  :

On a tous une bonne raison de tuer de Pétronille Rostagnat

 

Je n’ai pas eu à tourner beaucoup de pages dans ce livre pour comprendre que j’allais passer un très bon moment de lecture. L’écriture est plaisante, pas de pertes de temps inutiles, l’auteure sait apporter les précisions utiles sans se perdre dans de longues pages inutiles.

Deux avocats ont fondé leur cabinet il y a plus de 25 ans, et ils ont réussi à se faire un nom et une réputation. Ils sont également amis dans la vie, les deux familles sont très proches. Deux évènements, qui à priori ne semblent avoir aucun entre lien entre eux, va venir chambouler l’équilibre qui était bien installé depuis de longues années entre eux. La femme d’un des deux avocats a essayé de se suicider, et une des employées du cabinet est retrouvée assassinée. C’est à partir de là que des secrets vont monter à la surface, que tout le monde va se méfier de tout le monde, même de son, propre conjoint. Alexane, l’épouse du second avocat est commandant à la crim. Elle va essayer d’enquêter de son coté pour découvrir la vérité.

Je ne vais pas parler plus de l’intrigue, afin de dévoiler le moins de chose possible. Mais j’ai adoré l’évolution de l’histoire. Plusieurs fois j’ai pensé savoir qui était l’assassin, et plusieurs fois j’ai changé d’avis. Au final à aucun moment j’ai eu juste. C’est dans les toutes dernières pages que l’on découvre le coupable.

Et c’est d’ailleurs dans cet aspect précis de l’histoire que j’émets mon seul bémol. Une fin finalement sans originalité, et un coupable qui tombe un peu là comme ça, parce qu’il en fallait un. Malgré cette petite déception finale, j’ai vraiment beaucoup aimé ce livre, je le conseillerais sans hésiter à ceux qui veulent une histoire prenante et passionnante à suivre.

On a tous une bonne raison de tuer de Pétronille Rostagnat


La double Chronique,

Aujourd’hui 2 flingueuses vont vous donner leurs avis sur un même livre.

Ce matin c’est Fanny qui nous fait découvrir son billet,

Cet après-midi ce sera au tour de Miss Aline de nous proposer son accroche.


Le livre : On a tous une bonne raison de tuer de Pétronille Rostagnat. Paru le 19 janvier 2019 aux Editions Incartades. 21€ ; (344 p.) ; 22 x 14.5 cm

4ème de couverture :

« Gabrielle est découverte dans son bain les poignets tranchés. Tout laisse croire à la tentative de suicide d’une mère au foyer désœuvrée, mais Gabrielle n’a aucun souvenir de son acte. Poursuivie par la désagréable impression d’être en permanence observée, elle est presque sûre d’avoir été, en réalité, victime d’une tentative de meurtre.

Après avoir installé des caméras chez elle, elle surprend la visite d’une jeune inconnue puis découvre, lors d’un cocktail organisé dans le cabinet d’avocats de son mari, qu’il s’agit d’une proche collaboratrice de celui-ci. Trois jours plus tard, cette dernière est retrouvée assassinée.

Commandant au 36 quai des Orfèvres, Alexane Laroche se retrouve impliquée de plein fouet dans cette affaire. Son mari Charles est l’un des associés du cabinet et personne ne peut être exclu de la liste des suspects… »

L’auteur :  Pétronille Rostagnat a vécu en Chine et à Dubaï et vit désormais à Lyon. Mère de trois enfants, elle a été responsable marketing pendant une dizaine d’années avant de se consacrer à l’écriture de romans policiers.

 

 

 

 

 

Extrait :
« La peur et l’angoisse montaient en elle. Elle restait intimement persuadée que l’on avait attenté à sa vie, sans savoir ni qui ni pourquoi. Mère au foyer depuis des années, menant une vie calme et rangée comme des milliers d’autres femmes autour d’elle, elle ne comprenait pas en quoi elle pouvait représenter une menace pour qui que ce soit. Ce qui la torturait le plus, c’était d’avoir été sauvée ; elle respirait encore…on allait donc s’en prendre à nouveau à elle… Restait à savoir quand, qui et comment. Elle n’avait pas identifié la menace, cela pouvait alors être n’importe qui ! Même son mari ! Elle jouait la comédie de la femme déprimée, droguée par les médicaments, inconsciente du drame qui s’était réellement joué ce soir-là. Elle devait gagner du temps, baisser la garde de son ennemi « invisible ».
Gabrielle prit encore une grande inspiration, il était temps d’agir. Elle s’installa à son bureau pour allumer son ordinateur. Ses recherches commencèrent par les mots « self defense », « stand de tir », « arme à feu », « vidéosurveillance ». »

Le petit billet de Fanny Louise :

On a tous une bonne raison de tuer de Pétronille Rostagnat

Je ne connaissais pas Pétronille Rostagnat, j’ai donc abordé la lecture de ce roman sans aucun préjugé et ni aucune attente particulière, si ce n’est celle d’espérer prendre du plaisir. La quatrième de couverture était une promesse avec une bonne accroche et on peut dire que c’était une très bonne surprise qui m’attendait.

Ce roman est captivant dès les premières lignes, le suspens monte crescendo et il est très difficile de lâcher ce livre tant on est embarqué dans l’histoire. La lecture est très fluide, c’est détaillé mais pas trop, c’est précis mais pas ennuyeux.

L’auteure se joue du lecteur en le guidant d’une piste à l’autre pour aboutir à un final, qui s’il n’est pas révolutionnaire, n’en est pas moins surprenant car les clés ne sont données qu’en toute fin d’histoire.

J’ai beaucoup aimé le personnage d’Alexane, femme moderne, dévouée à son métier et à sa famille mais qui a aussi ses failles. Elle n’est pas parfaite et cela la rend d’autant plus attachante. Quand elle se retrouve embarquée malgré elle dans une enquête qui la touche de près, on la sent forte et fragile à la fois. L’auteure a su brosser un portrait de ses personnages féminins plutôt raccord avec la réalité. Au-delà de l’intrigue elle-même, ce sont vraiment les personnages qui m’ont conquise.

Cette histoire rythmée, où chacun semble avoir quelque chose à cacher, est rondement menée. Les thèmes de l’amitié, de la trahison, du temps qui passe sont abordés avec beaucoup de finesse et cela en parallèle d’une enquête policière très bien ficelée et aux rebondissements multiples.

Ce livre est vraiment un bon polar, qui se lit vite et qui vous attrapera de la première à la dernière ligne.

Merci aux Editions Incartades, ce fut un vrai bon moment.

Mission plaisir de lecture : accomplie !!

Le paradis des louves – Kate Wagner


Le livre : Le paradis des louves de Kate Wagner paru le 18 octobre 2013 chez les éditions Kelableanwi. Réédité en 2018 chez Page 99. 10 € ;  (233 pages) ; 12 x 18,5 cm

4ème de couverture :

 « Meurtrière depuis peu, passionnée depuis toujours, ma flûte de champagne est sans relâche prête à fêter la fin d’un emmerdeur. »

Telle est la sentence permanente de la dangereuse W. Cette jeune fille, qui  nous plonge depuis son enfance dans son inquiétant quotidien, supporte si difficilement les autres êtres humains. Au fil des multiples rencontres et déménagements, elle va tenter de trouver sa place dans un monde qu’elle juge imparfait. Y arrivera-t-elle ? Qui saura sauver son âme damnée ?

L’auteur : Née en 1964 à Strasbourg, Kate Wagner écrit depuis son plus jeune âge. Avant d’explorer le monde des romans, elle a écrit des poèmes, des textes pour des chansons, des articles pour des journaux satiriques ou artistique, une pièce de théâtre en collectif, Le Satin de Noel, éditée chez Art et Comédie de Paris dans la catégorie succès de l’année (20011/14) et une adaptation du roman de Laurence Jyl, Le nez à la fenêtre, à la demande du metteur en scène R.Vuadens.              Peintre pendant vingt-cinq ans, elle prolonge son imagination de la toile sur le papier et raconte des histoires simplement d’une autre manière.                          L’écriture particulièrement incisive, ironique ou mordante a déjà séduit de nombreux lecteurs. Kate Wagner est membre de la SGL, de la Mel, de l’ADELF, de l’adS, du cercle littéraire de la société d’émulation du Jura, de la SEALB, du Cercles des Auteurs de langue Francophone de l’AENJ.

Extrait :
« Demain, je serais jugée en tant qu’accusée et non comme une victime. Ma vie, dont personne ne connait la moindre parcelle, sera pour expliquer mes gestes et non pour essayer de me comprendre. Ça sera la souffrance des autres qui sera jugée, pas la mienne. Sans doute n’aurai-je pas le  temps d’expliquer ce que personne n’a envie de comprendre. Demain je me soumettrai à l’ordalie. Mais quelle qu’en soit l’issue, après le procès, je m’en irai. Moi seule, sera le jugement de Dieu. J’ai perdu l’homme de ma vie et n’ai pas récupéré l’homme de ma mort… »

L’accroche de Miss Aline

Le paradis des louves, Kate Wagner

Amélie Wanderbourg passe ses derniers instants, dans sa cellule,  à rédiger sa vie. Pourquoi ? Puisqu’il semble que personne ne veuille la poser en victime. Elle va décrire avec détachement ses actes. Elle n’y met aucun sentiment. Elle n’en a pas. Le monde n’est pour elle qu’aberration, incompréhension. Tout et tous l’insupporte. Elle va errer de ville en ville, d’identité en identité différentes et semer la mort. Elle-même ne se pose pas en victime. Ses gestes sont, pour elle, justifiables et justifiés. Elle suit ses impulsions/pulsions. Elle ne semble pas tiraillée par sa conscience. En a-t-elle seulement une ? Même son désir le plus cher se refuse à elle et ce n’est pas faute d’avoir essayé !

Étrange roman que nous livre là Kate Wagner. Étrange personnage que cette Amélie. Étrange lecture qui se fait, malgré toi, avec avidité. A.W t’as contaminé, tu es aseptisée. Aucune empathie mais aucune révolte non plus lors de ta lecture. Tu l’observes, tu l’écoute. Peut-elle être une victime ? Veut-elle être sauvée ? Peut-on être aussi morte à l’intérieur ?

Une fois encore Kate Wagner se surpasse dans la l’analyse du personnage. L’auteur ne se pose pas en « juge » et ne t’y pose pas non plus en tant que lecture. Sans heurt, elle dépeint la nature humaine dans toute sa froideur. Simplement. Comme devant un tableau, tu t’arrêtes et tu observes … tu peux même te laisser subjuguer.

Merci à Kate Wagner pour ce moment livresque particulier. Merci également pour sa disponibilité et sa gentillesse.

Bonne lecture !

Les voies de l’ombre de Jérôme Camut et Nathalie Hug.


C’est d’une trilogie des chouchous de notre porte flingue dont je vous parle aujourd’hui.
La trilogie  » Les voies de l’ombre » de Jérôme Camut et Nathalie Hug.

Le livre : Les voies de l’ombre de Jérôme Camut, Nathalie Hug. Paru le 7 novembre 2012 chez Le Livre de Poche. Réunit :  Prédation ; Stigmate ; Instinct ; Rémanence. 17€90 ; (1512 p.)

Les voies de l’ombre

« J’ai de l’amour pour mes chiens d’attaque. Certains, il a fallu les tabasser, d’autres pas. Il n’y a pas de règles. C’est ça l’extraordinaire complexité de la chimie humaine. C’est passionnant. Approche-toi, ami voyeur. Et n’aie pas honte de ton vice. Viens pénétrer le monde d’un artiste du crime. »

On ne sort pas indemne d’une rencontre avec Kurtz. Tous ceux qui croisent sa route s’en trouvent irrémédiablement transformés et leur vie brisée à jamais. Mais torturer des innocents ne suffit pas à ce génie machiavélique, qui poursuit en réalité un dessein plus ambitieux et beaucoup plus inquiétant.

Tome 1: PREDATION, paru en juin 2006 aux éditions Télémaque 576 pages.

4ème de couverture:
Un cadavre dénudé est découvert dans une friche industrielle, la main droite déchiquetée. Un homme se tire une balle en pleine tête, dans un centre commercial bondé. Un jeune père, dressé comme un chien, est tourmenté sans relâche au fond d’un cachot sans porte ni fenêtre. Aucune piste, aucun lien, aucun mobile… Qui sont ces hommes ? Pourquoi ont-ils été choisis ? Pour quelle mise à mort aberrante ? Prédation entrouvre la porte d’un univers imprévisible et angoissant, étrangement en prise avec les faits divers les plus choquants de notre époque.

 

 

extrait:
« Rufus compte peu d’amis. Non par choix. La nécessité l’y a contraint. Au fil des ans, il lui est devenu de plus en plus difficile de côtoyer en même temps des gens dits normaux et le monde souterrain des malfrats, des pervers et des psychopathes. La proximité du mensonge, de l’incivisme et de la barbarie ne rend pas facile l’amour de l’humain. Heure après heure, jour après jour, ce mal gangrène même les meilleurs. Et use le peu d’altruisme qui pourrait éclore dans d’autres conditions. Ça ronge. Ça obsède. Tant et si bien qu’il n’est rapidement plus possible d’envisager les autres autrement qu’à travers le prisme de la suspicion. »

 

Tome 2: STIGMATE, paru en avril 2007 aux édtions Télémaque, 525 pages.

4ème de couverture:
Quand un monstre fascinant et obscène prend la parole et surgit à nouveau face à ses anciennes victimes, elles n’ont pour seules issues que la fuite, la mort… ou les  » voies de l’ombre « , le système implacable d’un criminel qui leur dévoile en chuchotant les secrets de sa folie.  » J’ai de l’amour pour mes chiens d’attaque. Certains il a fallu les tabasser, d’autres pas. Il n’y a pas de règles. C’est ça l’extraordinaire chimie de la nature humaine. C’est passionnant. Approche-toi, ami voyeur. Et n’aie pas honte de ton vice. Viens pénétrer le monde d’un artiste du crime. Il est temps que je m e présente et que j’offre ma réflexion à la multitude.  »

Extrait:
« L’homo sapiens équipé d’une carte bancaire ne connaît plus l’art de l’attente. La patience, la jouissance d’obtenir ce qu’on a longuement convoité.

Tout cela s’est envolé, écrasé, anéanti sous le rouleau compresseur du mass market.
Et pourtant…
A quelles divines émotions avez-vous fermé la porte !
Le « tout, tout de suite » vous a privé de l’extase.
A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire…
A vivre sans attente, on se prive de l’excellence. »

 

TOME 3: INSTINCT, paru en juin 2008 aux éditions Telemaque, 580 pages.

4ème de couverture:
Et s’il suffisait de 25 tueurs pour plonger la France dans le chaos ? Une meute sans visage dressée par un pervers de génie pour frapper leurs cibles avec une perfection terrifiante…
Et s’il suffisait d’un seul homme ? Pour que nous nous mettions tous à douter…

Extrait:
« Les larmes jaillissent, elle aimerait les ravaler. Elle ne veut pas montrer sa douleur et sa fragilité.
Il suffit de le vouloir très fort. Et tu y arriveras.
Jamais plus elle ne parlera. Jamais plus elle n’aimera.
Je ne veux plus pleurer. Plus pleurer. Je veux être vide dedans pour ne plus avoir mal ».
Les auteurs : Ils sont 3, Jérôme Camut, Nathalie Hug et les CamHug. Et ici c’est cet entité qui officie.

Jérôme Camut est né en 1968. Après des études de cinéma, il travaille dans la production et participe à l’écriture d’un scénario. C’est ainsi qu’il découvre l’addiction des mots, qui ne le quittera plus.

Née en 1970, Nathalie Hug a d’abord travaillé dans l’industrie pharmaceutique, jusqu’en 2004 où sa rencontre avec Jérôme Camut bouleverse sa vie et l’incite à se consacrer à l’écriture.

Le OFF de OPH

PRÉDATION  est le premier tome de la trilogie « les voies de l’ombre »

Certes je vous l’accorde ce n’est pas une nouveauté puisque ce premier tome est sorti en 2006, mais je n’avais pas encore découvert le duo Camhug…

J’avais lu les romans solo de Nathalie (itinéraire d’un chamboulage annoncé…), plein de douceur et de sensibilité et là… mais où est donc passée la douce Nathalie?

PREDATION c’est une plongée dans l’obscurité, au son des Doors et de la BO d’Apocalypse Now…

Une ambiance pesante, angoissante, étouffante. Un climat de tension permanent qui maintient le rythme tout au long de ce roman, un roman que j’ai dévoré le ventre noué!

Psychologique, ce thriller l’est sans aucun doute. Il évoque la manipulation, l’asservissement psychologique, l’esclavagisme humain. Jusqu’où sommes nous prêt à aller pour sauver la vie de la personne que nous avons de plus cher au monde? Sans aucune hésitation « très loin », moi la première… Il me reste juste à espérer que je ne rencontrerai jamais un Kurtz dans ma vie.

Le duo Jérome Camut et Nathalie Hug nous entraîne dans le sillage d’une intelligence hors du commun, une intelligence construite par des relations biaisées, une enfance anormale, violente, castratrice. Quels événements de notre enfance font de nous les adultes que nous sommes?

Tous ces aspects sont remarquablement brossés au fil des pages de PRÉDATION.

Du coup, emportée par l’histoire, attachées au personnage, je n’ai pas su m’arrêter et je me suis lancée dans STIGMATE, le tome deux.

STIGMATE: Marque durable que laisse une plaie….

 Stigmate est donc le deuxième tome de la trilogie « les voies de l’ombre ».

Et c’est un roman qui porte bien son nom… Après Prédation j’ai retrouvé Kurtz, la boule au ventre… Cet homme est fou mais d’une intelligence redoutable… Mégalomane, pervers…

Kurtz nous entraîne, au fil du livre, dans sa psyché dérangée « les centaines de pages qui suivent sont le témoin impartial de la mise en application du Système.

« Approche toi, ami voyeur. Et n’aie pas honte de ton vice.

Viens pénétrer le monde d’un artiste du crime. »

Après avoir chassé ses semblables pour les avilir et les asservir, Kurtz revient admirer son œuvre et se délecter des « stigmates » de ses victimes rescapées!

Jérôme et Nathalie travaillent très largement le terme en brossant les mille et une conséquences de ce que Kurtz a fait subir à ses victimes.

Une fois encore j’ai eu la boule au ventre, des nausées de voir certains personnages se déliter…

Difficile de vous en dire davantage sans en révéler plus sur le tome 1 et celui-ci…

Sachez juste que plonger dans le monde de Kurtz ne laisse pas indemne…

Que Jérôme et Nathalie nous offrent ici un thriller psychologique coup de poing qui vous amènera aux portes de la folie…

Et partie comme je l’étais, emportée, accrochée voir fascinée par Kutz je me suis jetée dans la foulée sur le tome 3: INSTINCT

L’instinct est un terme que nous attribuons plus facilement aux animaux qu’aux humains… exception de faite de l’instinct de survie et c’est bien de cet instinct là que Nathalie Hug et Jérôme Camut nous parlent au début de ce troisième volet de la trilogie.

Mais pas seulement… l’instinct animal occupe également une place non négligeable… en même temps l’instinct n’est-elle pas la meilleure arme d’un prédateur mais aussi l’une des meilleurs défense?

J’ai donc retrouvé ce personnage fascinant qu’est Kurtz. Oui oui vous avez bien lu… fascinant.

Hautement charismatique, la séduction dont il fait preuve et sa capacité à fédérer ne sont pas sans rappeler un certain dictateur!

Si j’ai trouvé le début de ce troisième tome plus lent que les précédents, le rythme s’est ensuite considérablement accéléré m’empêchant tout acte de socialisation en ce dimanche d’Epiphanie (ou Eppy Fanny 😜).

C’est un pan du passé de Kurtz que nous dévoilent également les auteurs, pas son enfance ça a été fait précédemment, mais son œuvre avant que la police française ne découvre son existence.

Un peu moins de boules au ventre et de nausées en terminant la trilogie, mais toujours des questionnements sur l’humain, ses réactions face à des choix douloureux, les conséquences de ces choix, sa capacité à suivre un individu, et enfin notre part d’animalité…

« Je suis prête à remplir ma mission

Je ne demande rien d’autre à la vie que la satisfaction d’avoir accompli ce pour quoi j’ai été élevée.

Qui suis-je?

Qu’importe

Je suis un fantôme, une ombre parmi les ombres.

Je n’ai rien demandé à personne. Il m’a choisie. »

Cet extrait m’a particulièrement marqué et encore aujourd’hui je pense régulièrement à ces trois premiers tomes. J’ai appris depuis qu’il y en avait un quatrième: Rémanence que je compte bien lire bientôt.

Si comme moi vous connaissiez les CAMHUG sans jamais les avoir lu, réparez cet oubli, vous ne le regretterez pas!
Cette trilogie est pshychologique, elle angoisse, elle fascine, elle est addictive.
Mention particulière pour tout le travail autour du personnage de Kurtz…

 

Voilà ma Geneviève,

ma chronique de la trilogie de La voies des Ombres,

sachant qu’en fait il me manque Rémanence que notre Eppy me prêtera sans doute bientôt !

Territoire d’Olivier Norek : l’avis de Nadia


Chronique de lecteurs

on&Le livre : Territoire d’Olivier Norek. Paru le 25 septembre 2014 chez Michel Lafont. 18,95 ; (394 p.) ; 23 x 14 cm

on&&&&&Réédité en poche le 8 octobre 2015 chez Pocket dans la collection Pocket Thriller. 7,30 ; (376 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

Depuis la dernière enquête du capitaine Victor Coste et de son équipe, le calme semble être revenu au sein du SDPJ 93. Pas pour longtemps, hélas ! L’exécution sommaire de trois jeunes caïds va les entraîner sur des pistes inimaginables.

Des pains de cocaïne planqués chez des retraités, un chef de bande psychopathe d’à peine treize ans, des milices occultes recrutées dans des clubs de boxe financés par la municipalité, un adjoint au maire découvert mort chez lui, torturé… et Coste se retrouve face à une armée de voyous impitoyables, capables de provoquer une véritable révolution.

Mais qui sont les responsables de ce carnage qui, bientôt, mettra la ville à feu et à sang ?

Avec ce polar admirablement maîtrisé, Olivier Norek nous plonge dans une série de drames terriblement humains et de stratégies criminelles – loin d’être aussi fictives qu’on pourrait le croire – où les assassins eux-mêmes sont manipulés.

on&&&&L’auteur : Olivier Norek est née en 1975 à Toulouse. Il est lieutenant de police à la Section enquêtes et recherches du SDPJ 93 depuis quinze ans. Après deux ans dans l’humanitaire, il devient gardien de la paix à Aubervilliers, puis rejoint la PJ au service financier puis au groupe de nuit chargé des braquages, homicides et agressions.
Après avoir réussi le concours de lieutenant, il choisit Bobigny au sein du SDPJ 93, à la section enquêtes et recherches (agressions sexuelles, enlèvement avec demande de rançon, cambriolage impliquant un coffre-fort…).
Il écrit quelques textes et participe en 2011 à un concours de nouvelles. Il décide de se mettre en disponibilité pour écrire son premier roman « Code 93 », un polar réaliste qui nous plonge dans le quotidien des policiers en Seine-Saint-Denis. Il a travaillé à l’écriture de la sixième saison d’Engrenages.
Les droits de ses romans sont déjà acquis en vue d’être portés à la télévision pour y être déclinés en série.
Citation : 
« C’est le drame de nos vies, ironisa Johanna. On consacre nos journées et nos nuits à aider de parfaits étrangers sans être capable de faire attention à ceux qui nous sont proches. »

L’avis de Nadia

Dans ce second opus , nous retrouvons le capitaine Coste et son équipe à la SDPJ 93. Trois meurtres en quelques jours en banlieue parisienne , un banal règlement de comptes ? Coste va vite comprendre que cette affaire n’est pas des plus banales , et que les enjeux sont bien plus importants qu’il ne le croit .

    Tout le monde télécharge des séries (les très très bonnes séries) , parce que quand c’est super bien , on ne peut pas attendre une  semaine  pour connaître la suite de l’histoire , et bien, « Territoires » a été ma série d’hier , un excellent polar , et vous pourrez le lire d’une traite !!! Totalement addictif , impossible à lâcher . C’est puissant , parfois, très violent , le rythme est soutenu , pas de temps morts . Beaucoup d’humour dans les dialogues qui allège la noirceur des personnages ou des situations .  On découvre les banlieues sous un jour nouveau  , les milieux politiques avec leurs petits et grandes combines …
« Territoires » vous permet de percevoir la société autrement , vous ouvrez les yeux sur les manipulations médiatiques et autres … c’est avec un petit goût amer dans la bouche que vous refermerez ce livre .

  » La violence crée la peur , et la peur soumet les hommes » …

Merci Monsieur Norek , et vivement la saison 3 ….Emoji

Lire ICi le début de Territoire et… Retrouvez ma chronique de Code 93

ON

Extrait : 
« Nous vendons de la drogue pour tenir les quartiers et nous tenons les quartiers pour vous être indispensables. C’est le seul moyen d’obtenir votre attention. Le seul moyen d’exister. En fait, tout ça est un peu votre faute. Si on ne vous fait pas peur, vous nous abandonnerez, tout simplement. » 

 

 

Un employé modèle de Paul Cleave


Mes petites lectures

9782355840333,0-5685229782253134190,0-1234219Le livre : Un employé modèle de Paul Cleave. Traduit de l’anglais (Nouvelle Zélande) par Benjamin Legrand. Paru le 19 août 2010 chez Sonatine. 22€ ;  (423 p.) ; 23 x 15 cm.

Réédité en poche le 31 août 2011 au Livre de Poche Thriller.  7€60 ;  (477 p.) ; 18 x 11 cm.

4e de couv :

Christchurch, Nouvelle-Zélande. Joe Middleton contrôle les moindres aspects de son existence. Célibataire, aux petits soins pour sa mère, il travaille comme homme de ménage au commissariat central de la ville. Ce qui lui permet d’être au fait des enquêtes criminelles en cours. En particulier celle relative au Boucher de Christchurch, un serial killer sanguinaire accusé d’avoir tué sept femmes dans des conditions atroces. Même si les modes opératoires sont semblables, Joe sait qu’une de ces femmes n’a pas été tuée par le Boucher de Christchurch. Il en est même certain, pour la simple raison qu’il est le Boucher de Christchurch.

Contrarié par ce coup du sort, Joe décide de mener sa propre enquête afin de démasquer lui-même le plagiaire. Et, pourquoi pas, de lui faire endosser la responsabilité des autres meurtres.

 

«La plupart des gens reviennent de Nouvelle-Zélande en parlant des paysages stupéfiants. J’en suis revenu, moi, avec un seul nom à la bouche, Paul Cleave. Vous n’oublierez pas son livre de sitôt : de rebondissement en rebondissement, il vous emporte littéralement.» Mark Billingham

images (12)L’auteur : Paul Cleave est né à Christchurch, Nouvelle Zélande, en 1974. Un employé modèle est son premier roman. Il a connu un succès international retentissant, se classant dès sa parution en tête des meilleures ventes en Allemagne, au Japon, en Nouvelle Zélande et en Australie.
Extrait 
« Je ne souffre pas de compulsion à tuer tout le temps. Je ne suis pas un animal. Je ne cours pas partout en me déchargeant d’abus subis dans mon enfance tout en trouvant des excuses pour tuer. […] Je ne suis qu’un type normal. Un Joe moyen. Avec un hobby. Je ne suis pas un psychopathe. Je n’entends pas de voix. Je ne tue pas pour Dieu ou Satan, ou le chien du voisin. Je ne suis même pas religieux. Je tue pour moi. C’est aussi simple que ça. J’aime les femmes et j’aime leur faire des choses qu’elles ne veulent pas me laisser faire. Il doit y avoir 2 ou 3 milliards de femmes sur cette terre. En tuer une par mois, c’est pas grand-chose. C’est juste une question de perspective. »

Résumé et petit avis

A Christchurch, en Nouvelle-Zélande, Joe Middleton, employé comme homme de ménage au département de police, est au courant des dossiers criminels, en particulier celui du Boucher de Christchurch, accusé d’avoir tué sept femmes. Joe, qui est en réalité ce sanguinaire tueur en série, n’a pas tué une de ces victimes. Il enquête en vue de punir le plagiaire.

 Avec ce titre, Paul Cleave fait une entrée remarquée dans l’univers du thriller. Il nous emmène dans le monde de Joe Middleton. Un monde cynique et froid et pourtant si subtil. Par la même occasion, nous découvrons la Nouvelle- Zélande. L’écriture fluide, les nombreux rebondissements font de ce titre un polar à part. C’est jouissif, voire excitant et à la fois dramatique et drôle. Une révélation.

Bon anniversaire Gabriel de Luiz Alfredo Garcia-Roza


744014-gf9782742791354 Bon anniversaireGabriel de  Luiz Alfredo Garcia-Roza. Traduit du portugais (Brésilien) par Vitalie Lemerre  et Eliana Machado Meugé.   Paru en septembre 2006 chez Actes Sud dans la collection Actes Noirs; 20€30 ; (291 p.)

– Paru en poche chez Babel en mai 2010 8€70

4e de couv :

Gabriel, vieux garçon vivant chez sa mère et fonctionnaire tranquille, vient expliquer au commissaire Espinosa qu’il craint de commettre un meurtre. C’est en effet ce que lui a prédit un devin moins d’un an auparavant, et le délai évoqué touche à sa fin. Comment et de quoi inculper quelqu’un qui n’a rien fait ? Espinosa, précautions obligent, s’intéresse à l’affaire, même si rien ne justifie une arrestation ou un interrogatoire en règle. Il rencontre ainsi Olga, collègue de Gabriel, et la belle Irène, amie de celle-ci, dont la compagnie ne lui déplaît pas. Gabriel devient nerveux, angoissé, et cela n’échappe pas à sa pieuse maman possessive qui décide de mener elle aussi son enquête pour s’opposer aux forces du mal. Et voilà qu’un premier cadavre, sans doute lié à cette affaire, apparaît dans le paysage de Rio de Janeiro que commence à balayer le vent de sud-ouest annonciateur d’hiver et de malaise.

garcia-roza292L’auteur ; Luiz Alfredo Garcia-Roza est né à Rio en 1936 et, à l’instar d’un Camilleri, est venu au roman policier très tardivement. Philosophe et psychologue, il a enseigné la théorie psychanalytique pendant trente-cinq ans à l’université fédérale de Rio.
Actes Sud a publié cinq enquêtes du désormais célèbre commissaire Espinosa : Le Silence de la pluie (2004), Objets trouvés (2005), Bon anniversaire Gabriel ! (2006), Une fenêtre à Copacabana (2008) et L’étrange cas du docteur Nesse (2010).

Extrait : 

« Vous m’avez harcelé pendant une semaine pour ça ? Vous voulez que j’enquête sur le meurtre d’une personne que vous ne connaissez pas et qui n’est même pas morte ? C’est une plaisanterie ? »

Résumé et avis  :

Le commissaire Espinosa doit enquêter sur un assassinat qui n’a pas encore été commis, à la demande du futur assassin qui ignore le mobile du crime. Gabriel fonctionnaire sans histoire est venu le trouvé pour lui confier son trouble. Un devin lui a prédit il y a quelques temps qu’il allait commettre un meurtre. Et le délai arrive à expiration.

Espinosa va enquêter et rencontre Olga une collègue de Gabriel qui a assister à la terrible prédiction. Il interrogera aussi Irène une amie d’Olga.

Gabriel lui est sous la bonne garde de sa mère, femme pieuse et possessive.

Mais quand Olga passe sous le métro et que le voyant charlatan meurt d’une balle à bout portant d’une balle dans la tête. Espinosa commence à voir rouge surtout que Gabriel dans les deux cas était à proximité des scènes de crime.

Annoncée comme une histoire à dormir debout, cette intrigue, où un policier doit enquèter sur un crime à venir sur la demande d’un assassin potentiel qui n’a pas de véritable intention et encore moins de mobile sérieux, devient rapidement un suspense haletant.

Cette histoire peuplée de personnages troublants nous fait découvrir une Rio de Janério bien éloignée des habituels clichés. Elle nous est présentée comme une ville froide, humide et pluvieuse. Et …Dans les rues de Rio, le vent de sud-ouest annonce toujours de fortes perturbations…

Am stram gram de M.J. Arlidge


9782365690812,0-2556740Le livre : Am stram gram de M.J. Arlidge.Traduit de l’anglais par Elodie Leplat.Paru le 19 mars 2015 aux éditions  Les Escales dans la collection Les Escales Noires. 21,90 € ; (362 p.) ; 23 x 15 cm
 
Quatrième de couverture

Deux jeunes gens sont enlevés et séquestrés au fond d’une piscine vide dont il est impossible de s’échapper. À côté d’eux, un pistolet chargé d’une unique balle et un téléphone portable avec suffisamment de batterie pour délivrer un terrible message : «Vous devez tuer pour vivre.» Les jours passent, la faim et la soif s’intensifient, l’angoisse monte. Jusqu’à l’issue fatale.

Les enlèvements se répètent. Ce sont les crimes les plus pervers auxquels le commandant Helen Grace ait été confrontée. Si elle n’avait pas parlé avec les survivants traumatisés, elle ne pourrait pas y croire.

Helen connaît les côtés sombres de la nature humaine, y compris la sienne ; pourtant, cette affaire et ces victimes apparemment sans lien entre elles la laissent perplexe.

Rien ne sera plus terrifiant que la vérité.

1111L’auteur : M. J. Arlidge travaille pour la télévision depuis quinze ans. Il dirige également une maison de production indépendante qui a permis à plusieurs séries policières de voir le jour. Après le succès phénoménal en Angleterre de son premier roman Am stram gram, en cours de traduction dans le monde entier, M.J. Arlidge a confirmé son talent avec deux autres romans mettant en scène Helen Grace.

Extrait :
 » Je me disais juste qu’il fallait que vous sachiez qu’elle était un il.
– Pardon ?
– Martina, la prostituée. Y avait peut-être du monde au balcon et tout, mais y a aucun doute, c’était un mec. Il s’est probablement fait opérer au cours des deux dernières années et vu la tronche de son cul, il se pourrait fort bien qu’il ait embrassé le métier avant, même si c’était avec un autre genre de clientèle. Si j’étais vous, je commencerais à chercher de ce côté-là. « 

Résumé et avis :

th (6)Le commandant Helen Grace et son équipe doivent arrêter un tueur particulièrement cruel qui se délecte de transformer des innocents en meurtriers. Pour chacun de ses crimes, il organise une mise en scène dans laquelle ses proies, torturées par la peur, la faim et la soif, n’ont d’autre moyen pour s’en sortir que de tuer.

On entre de plein pied dans l’horreur avec ce titre, l’auteur joue avec nos instincts les plus primaire. Nous sommes totalement partie prenante dans cette histoire.

En effet très vite on s’identifie aux victimes, on entre en empathie. On tremble, on souffre, on vit au rythme de notre lecture. Mais, en plus, on fait jouer notre petit coté voyeur.

Oui, nous sommes partie prenante, et nous, qu’aurons nous fait dans de telles circonstances ? Quelles auraient étaient nos pensées, aurions nous pu encore raisonner, n’aurions nous pas réagis comme ces victimes ?L’instinct de survie n’est-il pas la plus forte des motivation possible? Notre cerveau reptilien aurait été la seule zone cérébrale que nous aurions réussi à faire fonctionner ?De victime n’aurions nous pas préféré la place de bourreau !

th (1)Difficile de garder la tête froide, d’avoir notre libre arbitre et de rentrer en résistance dans de telles conditions, séquestrés, déshydratés, morts de faim et m’ayant qu’une seule issue échappatoire, tuer pour survivre. Là réside le point fort du livre, car chaque protagoniste n’a pas la même façon de digérer et d’interpréter les fait.

L’auteur nous offre une galerie de personnages exceptionnel. Il a soigné la cadre psychologique de chacun d’eux.

Et puis il y a l’équipe de flic avec un trio choc que l’on aimerai retrouver sur d’autres enquêtes et découvrir leur secret.

Vous l’aurez compris, ce titre est un pur thriller avec son intrigue aussi machiavélique que perverse. Et le style direct et percutant de l’auteur, les nombreux rebondissements sont autant de choses qui rendent la lecture addictive et agréable.

Un sacré bon page-turner à découvrir de toute urgence…

Un auteur à suivre assurément .

Extrait :
 Sam dort. Je pourrais le tuer là, maintenant. Son visage n’est pas tourné vers moi : ce ne serait pas difficile. Se réveillerait-il si je bougeais ? Essaierait-il de m’arrêter ? Ou serait-il simplement soulagé que ce cauchemar finisse ? Je ne peux pas penser des choses pareilles. Il faut que j’essaie de me rappeler ce qui est vrai, ce qui est bon. Mais quand on est prisonnier, les jours paraissent sans fin et l’espoir est le premier à mourir. Je me creuse la tête en quête de souvenirs joyeux susceptibles de repousser les idées noires : ils sont de plus en plus durs à convoquer. Nous ne sommes là que depuis dix jours (onze ?), et pourtant la vie normale ressemble déjà à un souvenir lointain. On faisait du stop après un concert à Londres quand c’est arrivé. Il pleuvait des cordes, plusieurs voitures nous avaient déjà dépassés sans même nous jeter un regard. Trempés jusqu’aux os, on s’apprêtait à retourner à l’abri quand une camionnette a fini par s’arrêter. À l’intérieur, il faisait chaud, il faisait sec. On nous a offert du café venant d’une bouteille Thermos. Sa seule odeur a suffi à nous revigorer. Au goût, c’était encore meilleur. Nous n’avions pas conscience que ce serait notre dernière gorgée de liberté. Quand je suis revenue à moi, j’avais la tête comme une casserole. Une croûte de sang sur les lèvres. Fini la camionnette douillette. J’étais dans un endroit glacial, obscur. Etais-je en train de rêver ? Derrière moi, un bruit m’a fait sursauter. Ce n’était que Sam qui se relevait en titubant. On avait été dépouillés. Dépouillés et largués. Laborieusement, j’ai avancé en me tenant aux parois qui nous entouraient. Des carreaux froids, durs. J’ai percuté Sam et je l’ai étreint une seconde, inhalant cette odeur que j’aime tant. Cet instant passé, l’horreur de la situation nous a frappés. On était dans une fosse à plongeon. Délaissée, mal aimée, elle avait été privée de ses plongeoirs, de ses panneaux, même de ses marches. Tout ce qui pouvait être récupéré l’avait été. Ne restait qu’un bassin profond et lisse, impossible à escalader. Ce putain de monstre écoutait-il nos cris ? Probablement. Car quand on a fini par se taire, c’est arrivé. Un portable sonnait : durant une seconde merveilleuse, on a cru à l’arrivée des secours. Ensuite on a vu l’écran du téléphone éclairé sur le sol du bassin. Sam n’a pas bougé, alors j’ai couru. Pourquoi moi ? Pourquoi fallait-il toujours que ce soit moi ? «Bonjour Amy.» À l’autre bout du fil, la voix était déformée, inhumaine. J’avais envie d’implorer pitié, d’expliquer qu’il s’agissait d’une terrible erreur, mais le fait qu’on connaisse mon nom m’a vidée de toute conviction. Comme je ne répondais pas, la voix a enchaîné, implacable, froide : «Est-ce que tu veux vivre ? – Qui êtes-vous ? Qu’est-ce que vous nous av… – Est-ce que tu veux vivre ?» Pendant une minute, impossible de répondre. Ma langue refuse de m’obéir. Ensuite : «Oui. – Par terre, à côté du téléphone, tu trouveras un flingue. Il y a une balle dedans. Pour Sam ou pour toi. C’est le prix de votre liberté. Vous devez tuer pour vivre. Est-ce que tu veux vivre, Amy ?» Impossible de parler. J’ai envie de vomir. «Alors, oui ou non ?» (…)
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