Le code Télémaque de Jean-Luc Aubarbier 


Le livre : Le code Télémaque : Une enquête de Cavaignac & Karadec de Jean-Luc Aubarbier – Paru le 03/04/2019 aux éditions City éditions –  18 € ; (304 pages) ; 15x 23 cm

 4ème de couverture :

Un homme est retrouvé mort, assassiné, dans la chambre d’un hôtel dans le Colorado. Près de lui, il y a un exemplaire du livre « Télémaque » de Fénelon, le grand auteur français du Grand (17e) Siècle. Et un mystérieux message codé écrit de la main du mort…
La victime était l’ami de Pierre Cavaignac et de Marjolaine Karadec, les deux archéologues français arrivés sur place pour faire des recherches dans une réserve indienne. Ce meurtre est-il lié aux attaques du Ku Klux Klan dont ils ont été victimes depuis leur arrivée dans la réserve ?
Les deux archéologues découvrent rapidement qu’une confrérie tente de s’emparer d’un secret dissimulé par Fénelon au Grand Siècle. Un secret pour lequel certains sont prêts à faire couler le sang car il est la source d’un pouvoir incommensurable… et Destructeur.

L’auteur : Romancier, historien des religions,  Jean-Luc Aubarbier est membre d’une obédience maçonnique française de rite écossais. Dans la série d’enquêtes de Cavaignac et Karadec, il a déjà publié L’échiquier du Temple, Le testament Noir, La vengeance de Gaïa et le Complot de l’aube Dorée (City Editions). Né à Sarlat, Périgord, le 16/05/1955, Jean-Luc Aubarbier est écrivain et ancien libraire.
Diplômé à l’INSEEC Bordeaux, il à travaillé pendant quatre ans comme contrôleur de gestion dans une société commerciale, puis a repris une librairie à Sarlat en 1983.
Passionné par l’histoire, il a rédigé pendant vingt ans des guides touristiques et des ouvrages sur le catharisme et les Templiers.
Les Démons de sœur Philomène (2003), son premier roman, a été adapté au cinéma sous le titre Ici-bas, en 2012. L’échiquier du Temple (2015) est son premier thriller.

 Son Site 

 Extrait :
« La respectable loge de la Parfaite Egalité a allumé ses feux le 25 mars de l’année 1688 à l’orient de Saint-Germain-en-Laye. Elle rassemble des officiers et des nobles de l’entourage de son Altesse Jacques II Stuart. Il s’agit de la première loge établie sur votre sol [en France]. Nul doute qu’elle sera suivie de beaucoup d’autres. »
Parlant de Fénelon … « … c’est un aristocrate qui rêve de vertus républicaines, un catholique bon teint qui aspire à une vie spirituelle individuelle. »

 

La chronique jubilatoire de Dany

le titre et auteur : Le code Télémaque de Jean-Luc Aubarbier

 

On connait l’appétit de l’auteur pour l’époque médiévale, il s’introduit de belle manière aux temps de Louis XIV et au siècle des lumières …

Tout commence par une expédition de son couple d’archéologues, Pierre et Marjolaine, héros récurrents, dans une réserve aux Etats Unis qui tourne court … En fait l’auteur nous convie à un jeu de piste en posant la question de ce qu’il adviendrait si Louis XIV avait, à l’approche de la mort, fait une promesse capable de changer la face du monde et qu’on en retrouvait la preuve aujourd’hui … ?

Une intrigue très dense et documentée comme il est d’habitude avec cet auteur périgourdin, empreint de ses racines et de ses valeurs humanistes et maçonniques, va nous immerger dans une lutte d’influence qui oppose pêle-mêle les Illuminatis,  les adeptes du Saint-Sacrement, les frères maçons venus d’Ecosse, l’entourage trouble de Fénelon … Une intrigue qui mêle le passé historique et fictionnel, au présent de Dan Brown et son équivoque Da Vinci Code. Haletant et complexe, un peu trop parfois pour la mécréante que je suis. Cependant j’ai tourné allègrement ces 300 pages, emportée par l’écriture de Jean-Luc Aubarbier … un vrai conteur !

On y apprend énormément de choses sur Fénelon, ses déboires avec le pouvoir, Bossuet et cependant sa grande influence, sur ses relations avec la franc-maçonnerie, sur les intrigues à la cour, sur Madame de Maintenon et Louis XIV vieillissant qui a peut-être …Enfin, l’auteur remet de l’ordre dans les idées des lecteurs au sujet des religions, de leurs alliances, de leurs antagonismes.

Merci à l’auteur et à son éditeur pour la confiance témoignée en me confiant cet ouvrage et ravie d’avoir pu en profiter.

– epub 12.99 €

  Extraits :
«  L’histoire religieuse de l’Europe est bien plus complexe qu’on ne le croit, affirma-t-il en faisant venir son sujet de loin. Prenez l’exemple de la laïcité, une spécialité bien française. Eh bien, ça ne commence pas du tout en 1905, mais au Moyen-Âge, avec Philippe le Bel. Pour s’affranchir de la tutelle de Rome, il fait assassiner le pape, se débarrasse des Templiers et décrète que les décisions du Vatican ne s’appliqueront pas en France. C’est pourquoi, jusqu’à Napoléon, les rois nomment les évêques et refusent certains décrets pontificaux, comme la condamnation de la franc-maçonnerie, par exemple. On nomme cela le gallicanisme et Louis XIV en fut l’un des partisans les plus farouches »
« Quand les mystiques se mêlent de politique, ça tourne toujours au vinaigre, affirma-t-il. Chez les catholiques, on les enferme dans des couvents. Ceux qui veulent vivre sous la dure règle de Dieu sont séparés de la société par la clôture qui protège les individus ordinaires. Mais chez les protestants, comme chez les musulmans, il n’y a pas de monastères. La loi de Dieu doit s’appliquer à tous les individus, volontaires ou non. »

 

mots clefs : histoire, religions, Louis XIV, Fénelon, Montesquieu, Angleterre, poison, franc-maçonnerie, illuminati, KKK, CIA, quiétisme, compagnie du Saint-Sacrement

Que Dieu me Pardonne de Philippe Hauret


Le livre : Que Dieu me Pardonne de Philippe Hauret. Paru le 18 Mai 2017 aux Editions Jigal. Collection : Polar. 18.00 euros. 208 pages. 21 x 14 cm.

Paru en poche 15 Février 2019 aux Editions Jigal. Collection : Polar. 9€s. 240 pages. 17 x 11 cm

4ème de couverture :
Ici, une banlieue tranquille, un quartier résidentiel et ses somptueuses maisons dans lesquelles le gratin de la ville coule des jours paisibles… A quelques encablures, une petite cité, grise et crasseuse. Avec sa cohorte de jeunes désœuvrés qui végètent du matin au soir. Deux univers qui se frôlent sans jamais se toucher. D’un côté, il y a Kader, le roi de la glande et des petits trafics, Mélissa, la belle plante qui rêve d’une vie meilleure… De l’autre, Rayan, le bourgeois fortuné mais un peu détraqué… Et au milieu, Mattis, le flic ténébreux, toujours en quête de rédemption. Une cohorte d’âmes perdues qui n’auraient jamais dû se croiser… Des destins qui s’emmêlent, des illusions perdues, des espoirs envolés… Et puis, cette petite mécanique qui se met en place comme une marche funèbre… implacable !

L’auteur : Philippe Hauret est né en 1963 à Chamalières. Il passe son enfance sur la Côte d’Azur, entre Nice et Saint-Tropez avant de venir s’installer sur Paris.
Il travaille aujourd’hui pour la bibliothèque d’une université.

 

 

 

 

Extraits :
 « Les gens ne se rendaient pas compte… Il fallait posséder un sacré mental pour passer une vie entière à buller ! L’argent n’évitait pas l’ennui, on pouvait même dire qu’il le favorisait. Que restait-il une fois que vous aviez effectué le tour du monde 5 fois d’affilée, parcouru les greens les plus réputés, que vous vous étiez empiffré des mets les plus raffinés, aviez bu les crus les plus onéreux et aviez sauté toute une colonie de mannequins rachitiques ? En général, un sentiment de grande lassitude commençait à poindre, jusqu’au moment où il gangrenait votre cerveau, vous plongeant dans un état de catatonie absolu dont il était difficile de sortir autrement que par la drogue ou l’abus de boisson. »

Les Lectures de Maud :

Version lue : Broché

Que Dieu me Pardonne de Philippe Hauret

 

Dans cette enquête, deux mondes s’opposent, les riches-les pauvres. Que ce soit leur lieu de résidence ou leur façon de vivre. Globalement tout les oppose !! D’un côté les délinquants chez les pauvres, de l’autre les gentils gens. Que va-t-il se passer lorsque ces deux réalités vont se rencontrer ?

Des personnages, diverses et variés, vont se rencontrer et là, ça va être de la dynamite. Serait-ce forcément les riches les gentils ? C’est ce que l’on va découvrir au travers différents cambriolages et meurtres. Malgré leurs différences sociales, quelque chose à l’air de les réunir, un mal être global, ne pas savoir quoi faire de sa vie, ni comment remplir ses journées, même lot pour les addictions. Ils sont hantés par les mêmes questions, même si suivant de quelle côté on se trouve de la barrière les solutions ou conséquences sont différentes. Et encore, pas si sûre.

Kader et Mélissa ont en commun, outre le fait d’habiter dans la même citée et de ne pas avoir d’emploi : l’appât du gain, le manque d’argent va les amener à faire des choses qu’ils regretteront peut-être plus tard. Leur moral est là.

Rayan, personnage antipathique et détestable au possible qui se permet de prendre tout le monde de haut et de ne se sentir concernée que par sa petite personne, sa position  et son confort uniquement. Pour lui l’argent arrange tous les problèmes, seul Dieu a le pouvoir de le punir.

Mattis va se retrouver à gérer un enquête qui va l’emmener au-delà du pensable, mais aussi il va être confronté à la responsabilité de ses choix. De plus, il n’est pas très en phase avec l’attitude d’un des enquêteurs. Une vie personnelle quelque peu chahutée. Suivant son intuition, il va habilement faire le tri entre le vrai et le faux. Ne va-t-il pas se brûler les ailes ?

L’auteur signe ici un polar magistral, au-delà de l’enquête il souligne les fameux clichés. Il bouscule les idées reçues, par exemple : les délinquants sont pauvres, habitent en cité et sont issus de l’immigration. Il soulève également la notion de moyen qui fait parfois pencher la balance d’un côté ou de l’autre de la justice, meilleure défense car avocat plus onéreux. La différence de prise en compte de la parole est aussi très savamment soulignée. Croirait-on plus un riche, qu’un pauvre ? Sur la pointe des pieds et tout en finesse, il est aussi question de la violence et du racisme dans la police. J’ai dévoré ce livre, happée par le thème, l’écriture, le rythme et les différentes composantes de cette histoire. Je vous recommande très vivement cette lecture !!!

Je remercie Geneviève de m’avoir permis de découvrir ce livre !!

L’évangile selon Satan de Patrick Graham


Le livre : L’évangile selon Satan de Patrick Graham. Paru le 31 janvier 2007 aux Éditions Anne Carrière. 21,90 € ; (525 p.) ; 15,5 x 23,5 cm

4ème de couverture :

2006, Hattiesburg, dans le Maine. Rachel, l’assistante du shérif du comté, enquête sur la disparition de quatre jeunes serveuses. Elle disparaît à son tour. Marie Parks, profileuse au FBI qui possède des dons de médium et s’est spécialisée dans la traque des cross-killers – les tueurs en série qui voyagent -, est chargée d’enquêter sur la disparition de Rachel. Elle retrouve son corps torturé et la dépouille des quatre disparues crucifiées dans une crypte. Le tueur, abattu par le FBI, est un moine qui porte les signes du Diable.

Quelques jours plus tard, au Vatican, le cardinal Oscar Camano, patron de la congrégation des Miracles, apprend que les quatre jeunes femmes assassinées sont les religieuses qu’il avait envoyées aux États-Unis pour enquêter sur la vague de meurtres qui frappent l’ordre des Recluses, un ordre très ancien, chargé depuis le Moyen Âge de protéger et d’étudier les manuscrits interdits de la chrétienté. Il confie au meilleur de ses exorcistes, le père jésuite Carzo, le soin de retrouver la trace de cet évangile que l’Église a perdu six siècles plus tôt…

Avec L’évangile selon Satan, Patrick Graham fait une entrée spectaculaire dans le club des grands écrivains de thrillers.

L’auteur : Patrick Graham est pilote d’avion de formation et expert en intelligence économique auprès de grandes entreprises internationales.  Né en France, il a passé une partie de sa vie aux États-Unis.  Son premier roman, L’Évangile selon Satan (Prix Maison de la presse 2007) a été vendu à plus de 200 000 exemplaires et a fait l’objet d’une quinzaine de traductions à travers le monde. Son deuxième roman, l’Apocalypse selon Marie, est paru aux éditions Anne Carrière en octobre 2008 et reprend des personnages de son premier livre, dont Marie Parks, avec une histoire toute autre. Son troisième roman, Retour à Rédemption, paru en 2010, change tout à fait de registre pour s’immerger dans l’univers concentrationnaire d’un camp de redressement pour mineurs dirigé d’une main de fer par un pasteur évangéliste dans le sud des États-Unis. Son quatrième roman, Des fauves et des Hommes, paraît en 2012. L’intrigue se déroule aux États-Unis pendant la Grande Dépression (1929) et met en scène deux personnages que tout oppose, dans un road-movie sanglant à travers une Amérique ravagée par la crise. Son cinquième roman, Ces lieux sont morts (éditions Fleuve Noir), paraît en avril 2014. Il met en scène un neuropsychiatre spécialiste de la réanimation des patients en coma dépassé, qui traque un tueur en série en aidant une jeune accidentée à retrouver la mémoire.

Extrait :
«L’air s’amenuisant dans le réduit où elle achève de se consumer, la grosse chandelle de cire faiblit. Elle ne va pas tarder à s’éteindre, et dégage une écoeurante odeur de suif et de corde chaude.
Épuisée par le message qu’elle vient de graver dans la paroi à l’aide d’un clou de charpentier, la vieille religieuse emmurée le relit une dernière fois, la pulpe de ses doigts effleurant les encoches là où ses yeux fatigués ne parviennent plus à les distinguer. Puis, lorsqu’elle est certaine que ces lignes ont été gravées assez profondément, elle vérifie d’une main tremblante la solidité de la cloison qui la retient prisonnière. Un mur de briques dont l’épaisseur l’isole du monde et l’étouffé lentement.
L’exiguïté de sa tombe lui interdit de s’accroupir ou de se tenir droite, et cela fait des heures que la vieille femme se tord le dos dans ce réduit. Le supplice de l’emmurement. Elle se souvient d’avoir lu de nombreux manuscrits rapportant les souffrances de ces condamnés que les tribunaux de la Très Sainte Inquisition emprisonnaient dans la pierre après leur avoir arraché des aveux. Des avorteuses, des sorcières et des âmes mortes auxquelles les pinces et les tisons faisaient avouer les mille noms du Diable.
Elle se rappelle surtout un parchemin qui relatait au siècle dernier la prise du monastère de Servio par les troupes du pape Innocent IV. Ce jour-là, neuf cents chevaliers avaient encerclé ces murailles où l’on disait que, possédés par les forces du Mal, les moines faisaient dire des messes noires au cours desquelles ils éventraient des femmes pleines pour dévorer leur progéniture. Derrière cette armée, dont l’avant-garde tordait la herse à coups de bélier, des chariots et des carrosses abritaient les trois juges de l’Inquisition et leurs notaires, les bourreaux assermentés et leur attirail de mort. La porte abattue, on avait retrouvé les moines agenouillés dans la chapelle. Ayant inspecté cette assemblée silencieuse et puante, les soudards du pape avaient égorgé les plus faibles, les sourds, les muets, les difformes et les imbéciles, puis ils avaient emporté les autres dans les soubassements de la forteresse, où ils les avaient torturés nuit et jour pendant une semaine. Une semaine de hurlements et de larmes. »
 

 

Le ressenti de Jean-Paul

L’évangile selon Satan de Patrick Graham

 

Bonjour à toutes et à tous…

 Le 15 juillet 2007 je découvrais Patrick Graham avec L’évangile selon Satan !

Cela faisait un moment que je le voyais chez ma libraire et un jour j’ai craqué…

Grand bien m’a fait…

 Malgré l’épaisseur du livre je me souviens que je m’étais “régalé”…

D’ailleurs j’avais enchainé sur deux autres de ses romans dès leurs sorties.

 Vendredi soir, mon téléphone vibre. Je jète un coup d’œil discret…

Une demande d’ami !

Je me frotte les yeux… Patrick Graham !!!

Imaginez, vous êtes chez vous…

On frappe à la porte. Vous ouvrez…

Emmanuel Macr…, Non pas lui !

Stephen King est là, tout sourire et il vous tend la main !!!

C’est exactement ce que j’ai ressenti… Je suis redevenu l’adolescent que j’étais en quelques instants !

Je suis tout de suite descendu dans mon bureau à la recherche de ses romans que j’avais adorés !

 Et de nouveau j’a bousculé l’ordre de ma PAL, prêt à passer une nouvelle nuit blanche. C’est aussi ça, être un lecteur…

 Ce thriller mystique est tout simplement flippant !

Thriller, fantastique, horreur, on ne sait plus !

Au fur et à mesure de ma lecture, j’avais envie de redécouvrir les chapitres suivants à toute vitesse.

Un découpage quasi cinématographique très visuel qui donne au récit un rythme très dynamique. Il y a en parallèle une recherche historique incroyable de la part de Patrick. La grande peste de 1348, les Templiers, le Vatican et je ne vous dévoile pas tout. L’auteur va très loin dans l’irréel, mais il est indéniable qu’il fait montre d’une véritable culture de la religion chrétienne…

 

Je n’ai pas pu, ne pas penser “Au nom de la rose”, à “Le Silence des agneaux”, et certains romans de Dan Brown, mais l’intrigue atypique est vraiment prenante et si vous êtes passionné du genre, c’est un roman à ne pas manquer…

 

Un manuscrit de près de trois millénaires est retrouvé. Il pourrait faire basculer, s’effondrer même les bases de l’histoire de la chrétienté et des évangiles qui ont suivies…

 Un “grand livre” qui apportera frissons et angoisses !

 

 

Les particules élémentaires de Michel Houellebecq


Le livre : Les particules élémentaires de Michel Houellebecq. Paru le 24 août 1998 aux Editions Flammarion. 20,50 € ; 393 p. ; 21 x 14 cm.

Réédité de nombreuses fois en poche dont la dernière le 8 septembre 2010chez J’ai lu en Ed. collector. 8€10 ; (316 p.) ; 18 x 11 cm

4ème de couverture :

Michel, chercheur en biologie rigoureusement déterministe, incapable d’aimer, gère le déclin de sa sexualité en se consacrant au travail, à son Monoprix et aux tranquillisants. Une année sabbatique donne à ses découvertes un tour qui bouleversera la face du monde. Bruno, de son côté, s’acharne en une quête désespérée du plaisir sexuel. Un séjour au  » Lieu du Changement « , camping post-soixante-huitard tendance New Age, changera-t-il sa vie ? Un soir, une inconnue à la bouche hardie lui fait entrevoir la possibilité pratique du bonheur. Par leur parcours familial et sentimental chaotique, les deux demi-frères illustrent de manière exemplaire la société d’aujourd’hui et la quête complexe de l’amour vrai.

 

L’auteur : Michel Houellebecq a publié plusieurs romans, Extension du domaine de la lutte, Les particules élémentaires, Plateforme et La possibilité d’une île. Il est aussi l’auteur de poèmes (Le sens du combat, La poursuite du bonheur, Renaissance), d’une étude sur Lovecraft, d’essais (Rester vivant, et Interventions 2) et d’un récit accompagné de photographies (Lanzarote). Il a écrit avec Bernard-Henri Lévy une correspondance, Ennemis publics. Son œuvre est traduite dans une quarantaine de langues.

 

 

 

Extrait :
«Le milieu des années 70 fur marqué en France par le succès de scandale qu’obtinrent Phantom of the paradise, Orange mécanique et les valseuses : trois films extrêmement différents, dont le succès commun devez cependant établir la pertinence commerciale d’une culture “jeune” essentiellement basée sur le sexe et la violence, qui ne devait cesser de gagner des parts de marché au cours des décennies ultérieures. Les trentenaires enrichis des années 60 se retrouvèrent pour leur part pleinement dans Emmanuelle, sorti en 1974 : proposant une occupation du temps, des lieux exotiques et des fantasmes, le film de Just JaecKin était à lui seul, au sein d’une culture restée profondément judéo-chrétienne, un manifeste pour l’entrée dans la civilisation des loisirs. »

 

 

Le ressenti de Jean-Paul

Bonjour à toutes et à tous…

 

Les romans de Michel Houellebecq frôlent la pornographie.

L’auteur nous mène entre le pornographique, l’obscène et, la banalisation quotidienne de certaines expressions à double sens. Les Particules élémentaires grouille de gros mots. Ce sont des expressions qui sont devenues courantes mais qui imprimées, ne peuvent que choquer. Pourtant, cette profusion de gros mots, n’est pas de gratuite. Houellebecq tente de coller au langage réel, contemporain, « vrai » et, en même temps, il affronte l’hypocrisie dominante qui, tout en usant et abusant d’un langage cru, se cache derrière une asepsie de convenance.

 

Houellebecq est un observateur de notre société et pour un livre écrit en 1998 ces observations sont fines, même si elles ne plaisent pas toujours. Le sexe aussi est très présent. Bref, Houellebecq est un écrivain qui ne laisse pas indifférent. Tant mieux !!!

 

 

Le petit + de collectif Polar

Demain soir sur France 2, l’émission Stupéfiant consacrera une grand partie de sa programmation à Michel Houellebecq.

Et  nous devrions nous y retrouver on vous explique pourquoi ICI

L’appel du Néant de Maxime Chattam.


Le livre : L’appel du Néant de Maxime Chattam. Paru le 8 novembre 2017 chez Albin Michel dans la collection Thriller.  22€90 ; (516 p.) ; 23 x 16 cm.
Rééditer en poche le 14 février 2019 chez Pocket dans la collection Pocket Thriller. 8€60 ; 18 x 11 cm.

4e de couv : 

Tueur en série…
Traque infernale.
Médecine légale.
Services secrets.
… Terrorisme.
La victoire du Mal est-elle inéluctable ?

Ce thriller va détruire vos nuits et hanter vos jours.

L’auteur : Est-il besoin de le présenter ? Né le 19 février 1976 à Herblay, dans le Val-d’Oise, Maxime Chattam fait au cours de son enfance de fréquents séjours aux États-Unis, à New York, à Denver, et surtout à Portland (Oregon), qui devient le cadre de L’âme du mal. Il suit le Cours Simon à Paris en parallèle de ses études. Après le bac, petits boulots, Lettres Modernes à la fac. Il suit des cours en criminologie et écrit sous différents pseudo. Depuis une bonne dixaine d’année maintenant, Maxime Chattam est l’un des maîtres du thriller français dont l’imagination intarissable est régulièrement saluée par la presse. Il a vendu plus de 7 millions d’exemplaires en France et est traduit dans une vingtaine de pays. Après La Conjuration Primitive et La Patience du Diable, ce troisième épisode des enquêtes de la Section de recherches de Paris nous plonge dans le monde des pires criminels et à la racine du Mal moderne.

 

Extrait :
L’homme a souvent considéré, à tort, que les ténèbres consistent en une entité propre, alors qu’elles ne sont qu’absence de lumière. Elles n’existent que par un manque et, s’il faut convenir qu’elles incarnent bien quelque chose, ce n’est rien d’autre que le néant.
Telle était en tout cas la conviction de la jeune femme qui se tenait ramassée sur elle-même dans un coin de l’étroit réduit silencieux et aveugle. Elle enserrait de ses bras ses jambes repliées contre sa poitrine, le menton calé entre les genoux. Bien qu’il n’y ait pas le moindre photon pour l’éclairer, elle savait que son visage devait être crasseux, elle devinait la terre séchée qui lui croûtait les joues et le front, sa peau de porcelaine maquillée de zébrures de poussière noire, les boucles blondes de sa chevelure appesanties par la saleté lui tombant sur les épaules, sa beauté dissoute dans le vide de l’attente, dans l’angoisse et l’obscurité.

 

La recommandation de Jean Luc

Ludivine Vancker et ses collègues de la section de recherches de Paris enquêtent sur un tueur insaisissable dont les traces ne permettent pas son identification. Lorsque les services secrets français décident de participer à la résolution de l’affaire, les mots tueur en série et terrorisme sont associés.

13Avec l’Appel du Néant, l’auteur renoue avec ce qu’il fait de mieux, autrement dit le polar !

Les personnages sont intéressants, on y retrouve les personnages de l’une de ses derniers enquêtes policières, et même si on ne se rappelle plus les enquêtes précédentes, cela n’est pas gênant pour dévorer cette histoire sur fond de terrorisme.
L’auteur s’est beaucoup documenté sur les rouages de toutes les émanations de la police française, on y apprend quantité de choses en matière de procédés scientifiques, d’enquêtes, de technologies liées aux communications, du fonctionnement de la nébuleuse intégriste. C’est réellement passionnant, il pose aussi la question de la réaction de notre société face au terrorisme, il explique la montée du terrorisme, et il décrit aussi au passage la complexité du monde arabe.
Cela pourra paraître compliqué pour certains, mais moi, ça m’a passionné et rend cette enquête encore plus crédible.
Et aussi, il y a la signature propre à l’auteur avec son univers bien particulier surtout lors de la première moitié du livre !
Mais je n’en dirai pas plus…
Au final, ce thriller est nettement supérieur aux autres parce qu’il pourrait être vrai, et cette enquête est vraiment passionnante avec un final à la hauteur.
Un très bon polar comme je les aime.

La mort n’existe pas de Damien Eleonori


Le livre: La mort n’existe pas de Damien Eleonori. Paru le 11 octobre 2018 chez De Saxus. 19,90 euros; 315 pages; format 14,5 x 22 cm
 
4ème de couverture:
Et si la fin du monde annoncée par les mayas avait réellement eu lieu sans qu’aucun d’entre nous ne s’en soit rendu compte ?
21 décembre 2012
Et si la fin du monde annoncée par les mayas avait réellement eu lieu sans qu’aucun d’entre nous ne s’en soit rendu compte ?
Sur le toit d’un hôpital parisien, Léo Liberati laisse son regard se perdre sur la capitale illuminée. Tant de choses se sont passées en trois jours. Il monte sur le parapet et étend les bras. Son dernier regard est attiré par le cadran de l’horloge trônant sur l’église du quartier de Petit-Montrouge. 4h44. Finalement tout était écrit depuis longtemps, il lève les yeux et, tel un ange, s’envole vers les cieux avant de retomber, entrainant l’humanité avec lui. Et si la fin du monde avait bien eu lieu, sans qu’aucun être humain ne s’en rende compte ?
Ecrivain sans avenir, Léo Liberati est un père de famille rongé par la routine. Le matin du 19 décembre 2012, trois jours avant la fin du monde, sa vie bascule.
Suite à un accident dont les circonstances demeurent mystérieuses, Léo se réveille à l’hôpital et se retrouve accusé de meurtre. Fuyant les forces de police, il s’engage alors dans une quête de la Vérité qui le mènera bien plus loin qu’il ne l’avait espéré. Il y trouvera les clés de son destin, mais surtout une révélation sur l’origine du monde et une certitude : la mort n’existe pas.
L’auteur: Damien Eleonori est né en 1980 à Nancy. C’est à la fois l’amour et le hasard qui placent l’écriture sur son chemin. Après des premiers pas en autoédition en 2015 (Psyché), il se lance le pari fou de réunir des auteurs pour une bonne cause. En mars 2018 paraît Phobia, aux éditions J’ai Lu, un recueil de nouvelles réunissant 14 auteurs de polars au profit de l’association ELA (Association Européenne contre les Leucodystrophies). La mort n’existe pas est son premier roman publié en maison d’édition. 
 
Extrait:
« – Qu’ont engendré vos religions?Les humains ont-ils décidé d’aimer leur prochain? Ont-ils eu des guides irréprochables afin de rendre votre monde meilleur? Non. De l’amour d’un tout puissant n’a découlé que de la haine envers ceux qui ont les mêmes convictions. Gouvernés par vos émotions et leurs contraires: la peur de vos semblables, la jalousie envers ceux que vous ne possédez pas, le mépris envers vos inférieurs. En seulement quelques milliers d’années, l’homme a montré son vrai visage. Le seul être capable de s’annihiler soi-même, sans aucune aide. »

LE OFF DE OPH

La mort n’existe pas, Damien Eleonori

Damien Eleonori est cette belle personne à l’origine de Phobia. Un recueil de nouvelles au profit de l’association ELA. Et quel recueil!!!

 

La mort n’existe pas est en fait son premier roman, sorti en auto-édition sous le nom de Psyché.

N’ayant pas lu la première version, c’est donc totalement vierge d’information que j’ai entamé ma lecture, n’ayant que la quatrième de couverture pour me faire une idée du sujet.

La fin du monde, l’origine du monde, la mort, l’âme…  Aïe, des sujets auxquels je ne suis pas particulièrement sensible et traités assez souvent MAIS jamais sous l’angle qu’a choisi Damien.

 

C’est un roman que je ne saurais catégoriser. Il est noir mais n’est pas un polar ni un thriller, la thématique est autant scientifique que fantastique et j’avoue que je ne m’attendais pas à ça. Alors certes, quel besoin de toujours tout mettre dans des cases? Aucun personnellement et j’y suis même assez opposée, mais comment alors vous définir ce roman?

 Damien nous emmène aux frontières du réel pour nous parler de l’âme, de la mort, de la religion et en suivant un homme Leo Liberati. Il nous en parle aussi par le prisme de l’Amour que l’on retrouve continuellement au fil des pages de ce roman. L’amour d’un homme pour sa femme mais aussi l’amour filiale, l’amour passionnel et cet aspect m’a touché.

La construction du roman est originale: une narration à rebours, où l’on suit chapitre après chapitre les différents protagonistes en même temps que s’écoule le temps dans le sablier pour arriver à ce fameux 21/12/12 à 4H44.

Les interconnexions entre les personnages se font au fur et à mesure des boucles temporelles, chaque chapitre étant consacré, au départ, à un protagoniste. L’ensemble est fluide et sans lourdeur, les personnages sont dans l’ensemble plutôt bien construit. Damien a su nous transmettre leurs émotions, leurs frustrations.

Difficile de vous en dire plus sans spoiler le roman, certains sujets arrivent en deuxième moitié de roman et vous en parler gâcherait une éventuelle découverte.

La couverture est totalement en adéquation avec l’intrigue et est très bien pensée.

Il y a un vrai potentiel chez Damien Eleonori et j’ai passé un bon moment de lecture. L’écriture est soignée et de qualité mais le sujet ne m’a pas complètement emportée. Un avis positif sur la forme mais plus nuancé sur le fond étant un peu réfractaire quant au sujet.

En revanche si vous aimez les romans qui vous entraînent aux frontières du réel et vous pousse à réfléchir quant aux religions, à la vie et à la mort, La mort n’existe pas est un roman pour vous.

Le pouvoir de Naomi Alderman


Attention coup de coeur et chouchou du week end !

Le livre : Le pouvoir de Naomi Alderman.  Traduit de l’anglais par Christine Barbaste.  Paru le 3 janvier 2018.  21€50 ; (393 p.) ; illustrations en noir et blanc ; 22 x 14 cm.
  4e de couv :
 ET SI LES FEMMES PRENAIENT ENFIN LE
POUVOIR DANS LE MONDE ENTIER ?
Aux quatre coins du monde, les femmes
découvrent qu’elles détiennent le « pouvoir ».Du bout des doigts, elles peuvent infliger
une douleur fulgurante – et même la mort.Soudain, les hommes comprennent
qu’ils deviennent le « sexe faible ».Mais jusqu’où iront les femmes
pour imposer ce nouvel ordre ?

« Électrisant ! Choquant ! Décoiffant ! Vous ne regarderez
plus jamais les choses de la même façon… »

  Margaret Atwood, auteur de La Servante écarlate

« Mettre en lumière les travers des humains
et continuer d’éveiller les consciences :
c’est là que réside le pouvoir de ce livre. »
Aurélie Janssens, librairie Page et Plume, Limoges

« Une écriture électrique. Un rythme endiablé. Si le pouvoir
change de camp, pour le meilleur comme pour le pire,
ne passez pas à côté : Lisez ce livre ! »
Charlotte Desmousseaux, librairie La vie devant soi, Nantes

 

@Livemint

L’auteure, qui vit entre Londres et New York où elle a travaillé comme scénariste pour des jeux vidéo, s’était fait remarquer par deux romans en France, traduits aux éditions L’Olivier, Désobéissance (2008) et Le Mauvais genre (2011). Fille d’un historien renommé du peuple juif, Naomi Alderman est née en 1974 à Londres et a grandi dans la communauté orthodoxe de Hendon d’Angleterre.

 

 

 

Extrait :
Il ne s’est rien passé de spécial, aujourd’hui. Simplement, chaque jour qui passe, on grandit un peu, chaque jour apporte sa pierre, jamais la même, et de cet amoncellements émerge soudain une possibilité qui n’existait pas auparavant. C’est ainsi qu’une jeune fille devient une femme. Pas à pas, jusqu’à atteindre l’âge adulte.

 

Le post-it de Ge

Présenté comme une « dystopie féministe », The Power, le dernier roman de Naomi Alderman vient de remporter outre-Manche le Bailey’s Women’s Prize 2017 qui récompense une œuvre de fiction écrite par une écrivaine de langue anglaise.

Du jour au lendemain, aux quatre coins du monde, des adolescentes découvrent qu’elles sont capables de générer de leurs doigts une puissante décharge électrique pour se défendre ou agresser. Dorénavant, elles n’ont plus à se laisser dominer par les hommes et rien ne les empêche de prendre le pouvoir. Roxy, Allie, Margaret et Tunde sont témoins de ce bouleversement.

Dans le roman d’Alderman, les femmes ont ce pouvoir inédit de tuer les hommes par une simple pression du doigt. Son livre est aussi une réflexion sur la notion même de pouvoir : qui l’a, pourquoi, et une fois que l’on a le pouvoir combien de temps s’écoule avant que ce dernier ne nous corrompe ?

Ici en effet les rapports de pouvoir sont inversés. C’est une jeune fille d’Afrique sub-saharienne qui découvre la première son don. Très vite cette jeune femme qui n’a connu que la condition de soumission, comprend que grâce à ce nouveau pouvoir, elle va pouvoir changer les choses. Surtout qu’elle a aussi le pouvoir de transmettre ce don de vie et de mort à d’autres femmes.

Les rapports de force s’inversent, le concept ici est poussé à son extrême. C’est là tout l’intérêt de ce texte mais c’est pas le seul.

Ce thriller futuriste est le premier roman de science-fiction à remporter un prestigieux et généreux prix littéraire britannique. Aussi aujourd’hui, on peut à raison se demander si « le futur de la science-fiction n’est pas féministe ». ….

Je vous laisse méditer là dessus.

Moi j’ai ma petite idée !

« Tunde élargit son cadre pour intégrer les spectateurs à l’arrière-plan, derrière les baies vitrées du centre commercial, et filmer leurs réactions : on voit des hommes qui cherchent à éloigner de force leur femme des vitres ; et des femmes qui les éconduisent d’un mouvement d’épaule, sans un regard, sans un mot, et qui, paumes écrasées contre les vitres, dévorent le spectacle des yeux. Tunde comprend alors que ce truc va prendre comme une traînée de poudre, embraser la planète tout entière et changer le monde. Plus rien ne sera jamais comme avant et cela le comble d’une telle joie qu’il se met à crier avec les femmes au milieu des flammes. »

Le diplôme d’Assassin de Bernard-Marie Garreau


Le livre : Un flic en soutane Volume 1, Le diplôme d’assassin  de Bernard-Marie Garreau. Paru le 14 octobre 2016 chez Envolume  dans la collection Noir : quêtes et enquêtes. 16€90 ; (184 p.) ; 21 x 14 cm

4e de couv :

Le diplôme d’assassin

Dans les années soixante, le père Jean se situe aux antipodes de la plupart des curés : il croit profondément en Dieu, mais nourrit une solide aversion pour les religions. Et pourtant, il ne défroque pas et continue à enseigner les lettres à Saint-Sigismond. Un crime commis dans son collège le désigne comme suspect numéro un, mais un véritable coup de foudre amical le lie à Marcel, le commissaire qui l’interroge, et transforme son destin. Il devient un justicier atypique et efficace qui règle ses comptes avec le vice et la tartufferie.

Comme le père Jean, Bernard-Marie Garreau a une double vie. D’écrivain. Romancier de littérature « blanche », le voilà qui écrit du noir. Comme le père Jean, il aime les vieilles voitures. Il est incollable sur celles de James Bond : Facel Vega ou Aston Martin. Et comme le père Jean, il jongle avec les registres de langue. Combien de fois avons-nous débattu de la pertinence d’une expression argotique ou d’un présent du subjonctif. Et c’est un nostalgique qui aurait aimé que le temps s’arrête entre 1960 et 1970, l’époque du Diplôme d’assassin.
Pierre Michel Pranville

 

L’auteur :Né en 1949 Bernard-Marie Garreau est universitaire et écrivain. Il a publié des essais, notamment une biographie de Marguerite Audoux couronnée par le Prix de l’Essai de la Société des Gens de lettres, ainsi que des romans et des nouvelles. Avec Le Diplôme d’assassin (Un flic en soutane – Saison 1), il inaugure une série policière où son humour, son goût pour l’écriture et son sens du récit trouvent leur plein épanouissement.

 

Extrait :
Moi qui trouvais qu’il n’arrivait jamais rien dans ce foutu bahut ! Branle-bas de combat dès l’aube ! Saint-Sigismond, rebaptisé Sainte-Nitouche par mes soins, est en émoi : Forgerit a été trouvé égorgé, étendu sur le dos dans sa chambre. Il paraît qu’il était complètement à poil. Nu comme le goret qu’il était ! Ça me donne des haut-le-cœur 

La Kronik d’Eppy Fanny

Le diplôme d’Assassin (un flic en soutane – Saison 1) de Bernard-Marie GARREAU Editions Envolume Noir

 

J’ai rencontré l’auteur lors du salon de Nemours 2017 (Merci Florence Couvreur-Neu).

Rencontre passionnante avec un romancier de littérature Blanche, qui se dévoie en basculant avec délectation dans le Noir.

Il le fait avec talent et humour. Ce roman est jubilatoire en diable, un comble pour une histoire de curé (peu orthodoxe il est vrai).

L’histoire :

Le père Jean, pas très catholique, hors norme, car s’il croit en Dieu, il ne croit pas en ses semblables ; trop conscient des failles et des perversions des hommes, même de ceux censés représenter une religion et servir de guide aux autres.

Extrait page 113

« Mon petit criminel a baissé la tête. On jurerait qu’il prie. Peut-être prie-t-il. Moi non. Je n’y arrive pas. Je n’y arrive plus dans une église. Et pourtant, certains moments de la messe me touchent de près. Mais ce sont les faux-culs qui me bloquent, les faux-culs bénits, mes faux-frères. »

Le voilà qui enseigne à St Sigismond, qu’il rebaptise Ste Nitouche. Voilà qui pose le ton de ce roman. Il est vrai que le père Jean est un touche à tout :

Vie maritale, un enfant, puis séparation avant que le quotidien ne vienne tout abîmer.

Il part et se consacre à Dieu. Traficote un peu pour assurer le quotidien de sa famille délaissée.

Un homme tout en contradictions. Qui aime les voitures, rentre en Franc-Maçonnerie et en ressort aussitôt…

Un prêtre de l’établissement est retrouvé égorgé. Une enquête débute pour trouver le ou les coupables.Dans l’absolu le père Forgerit ne sera guère regretté. Un pédophile reconnu.

La justice Divine serait-elle rendue ?

Cette enquête va permettre la rencontre entre le père Jean et le commissaire Fatty, de son vrai nom Marcel Durand. Une amitié, improbable mais sincère, va lier ces deux hommes. Univers différents, mais une vision humaine commune.

Comme des justiciers des temps modernes.

Et voilà ce tandem improbable qui enquête de concert. Les pistes sont trompeuses. La vérité aussi. Sur ce meurtre, puis d’autres. Et toujours cette vision commune de ce que doit être la justice. Et ça fonctionne !

Le récit se déroule de 1967 à 1969.

Le texte a des relents des films d’Audiard.

On retrouve cette période avec bonheur. D’autant que l’auteur y prend lui-même un plaisir communicatif. Comme une douce nostalgie partagée avec lui et qui ravive nos propres souvenirs (enfin pour les plus de 20 ans comme moi).

Puis il y a tous ces personnages, en particulier « la bande » du père Jean, famille et amis réunis. Une vision de la famille au sens large. Comme j’aime.

Un fils de sang et un fils de cœur. Sans différence.

Je retrouverai avec plaisir Jean et Marcel. Ce duo d’enquêteurs de choc dont les prochaines aventures ne devraient pas tarder.

Le diable s’habille en licorne : une aventure de Requiem – Stanislas Petrosky


Le livre :Le diable s’habille en licorne : Requiem, T3  de Stanislas Petrosky. Paru le 9 février 2018 chez Lajouanie das la collection Roman policier mais pas que…. 18€ ; (210 p.) ; 19 x 13 cm.
4e de couv :
Requiem, votre curé préféré est de retour à… Dunkerque et en plein carnaval ! Pour une séance d’exorcisme. Notre héros, hors norme, est, il faut l’avouer, un peu étonné par cette divine mission. Non pas qu’il ne croie pas au démon, c’est quand même un petit peu son boulot, mais il se méfie, c’est tout. Il faut dire que les festivités donnent lieu à de sacrées fiestas mais aussi à quelques curieux décès. Des lycéens meurent les uns après les autres après avoir ingurgité des bonbons aux saveurs bien peu catholiques. Requiem réussira-t-il à démanteler ce trafic de «Licorne» et à sauver le carnaval ? Vous le découvrirez dans ce troisième tome des aventures de Requiem, le plus déjanté des serviteurs du Seigneur… Un homme d’Eglise pour le moins atypique, de drôles de paroissiens, des missionnaires aux curieuses positions, des fêtards invraisemblablement grimés, des harengs comme si il en pleuvait : Stanislas Petrosky met le feu à Dunkerque. Accrochez-vous les Ch’tis ça va secouer !
……………………
L’auteur : Stanislas Petrosky vit en Normandie, à quelques kilomètres du Havre. Sa profession, thanatopracteur, n’est probablement pas pour rien dans son goût pour le crime, la transgression et l’humour… noir. Cet auteur atypique voue un culte immodéré à Frédéric Dard. Sa plume est trempée dans la même encre. La preuve, c’est cette fois Patrice Dard, le propre fils du maître et heureux continuateur de San-Antonio, qui bénit le bouquin et signe une présentation aux petits oignons…
……………………
Extrait : 
“Tu n’es peut-être pas croyant toi qui me lis, et je m’en cogne. Oui tu as bien lu, que tu croies ou non en l’existence du Patron m’en caresse une sans réveiller l’autre, c’est pour te dire. Ma pomme elle respecte tout le monde, que tu croies en une force divine, un Alien, la suprématie des fourmis, en celle de ta biroute de Godzilla, je m’en fous…
Tant que tu vas pas flinguer pour ça, je m’en bas les roupettes avec une porte-fenêtre. Il n’y a aucune obligation, si ce n’est de respecter les idées des autres.”
……………………

Le “ressenti” de Jean-Paul

Le diable s’habille en licorne : une aventure de Requiem – Stanislas Petrosky

Voici une chronique un peu différente

J’ai englouti le tome 3 !

Alléluia, gloire à tous les Seins, Gloria in excelsis Deo ! … houla ! Faut que j’me calme !

Encore une fois c’est aux petits oignons…

J’attaque sans préambule, comment veux-tu que je t’…

stop !!!

Je vais vous la faire courte. (je parle de ma chronique – qui exceptionnellement n’en sera pas une !)

Venit enim potest*

* pour ceux qui calent : Advienne que pourra !

13/04/2018

Gare du Nord – 8h16

Terminus tout le monde descend, attention à la marche en descendant !

Putain qu’est-ce que je fout là ?

J’étais bien dans mon pieu. Maintenant je sais ce que ressent une sardine dans sa boîte et je ne vous parle même pas de l’odeur.

Les portes s’ouvrent (enfin je respire, n’est pas Jacques Mayol qui veut…), le wagon nous crache sur le quai déjà bondé.

En plus des grèves il faut supporter la mauvaise humeur des gens (pas que dans le sens olfactif !)

Bon j’suis pas rendu…

Pardon, pardon, pardon (oui, oui, plusieurs fois, y a du monde sur le quai, tu suis pas ???)

Direction le métro.

Je ne sais même plus où je dois aller. Ça c’est les médocs.

Après le médecin, la psy, médecine du travail, aujourd’hui séances de relaxation, hypnose/massage… enfin un truc Zen !

Il parait que cela doit me détendre. Pourtant avec une petite bière et hop c’est bon !

Mais c’est pas encore l’heure.

Je dois lâcher prise… Pas facile, et y a des positions ou c’est même pas possible sinon tu te casses la gueule !

Alors ok ! Va pour le massage…

Je m’entête à me foutre de tout,

mais pourvu qu’elle soit rousse !

Les hommes préfère les blondes, moi c’est les rousses, elles ont des subtilités plus épicées…

Escalator.

Hey ! poussez pas y a un cœur dans ce petit corps !

En bas des marches le “gus” me zieutes !

Non ! Pas possible…

Hazard ou coïncidences, c’est bien lui !

Salut Requiem ! Qu’est-ce que tu fais là ?

On s’colle un bequot (en tout bien tout honneur, je préfère les rousses – voir un peu plus haut)

Incroyable !

Les voies du Seigneur sont… (vous devez connaitre la suite… Sinon un conseil, lisez très vite les 3 tomes de Stanislas !)

– Mais franchement tu penses que les gens vont croire à notre rencontre hasardeuse ?

– Tu sais moi les croyances… A part au Patron j’crois plus en grand chose. j’te paye un cahoua ?

Et c’est parti.

Bla-bla-bla, bla-bla-bla… (J’vous la fait courte vu que Requiem à un train à prendre et moi… C’est quoi déjà ?)

Ah oui. Je croise des doigts, rousse, rousse qu’elle soit rousse.

Non content d’occuper mes lectures voilà que Requiem tape l’incruste dans ma vie !

Requiem… un sacré numéro ou un numéro “sacré”, à vous de décider.

Finalement, peut-être plus que Dieu, je suis sûr que satan l’habite !

Complot – Nicolas Beuglet


Le livre :  Complot de Nicolas Beuglet. Paru le 16 mai 2018 aux Editions XO.  19.90€ ; (496 pages) ; 24 x 16 cm

4ème de couverture :

Un archipel isolé au nord de la Norvège, battu par les vents. Et, au bord de la falaise, le corps nu et martyrisé d’une femme. Les blessures qui déchirent sa chair semblent être autant de symboles mystérieux.

Quand l’inspectrice Sarah Geringën, escortée par les forces spéciales, apprend l’identité de la victime, c’est le choc. Le cadavre est celui de la Première ministre.

Qui en voulait à la chef de gouvernement ? Que cachait-elle sur cette île, dans un sanctuaire en béton enfoui au pied du phare ? Sarah, très vite, le pressent : la scène du crime signe le début d’une terrifiante série meurtrière. Dans son enquête, curieusement, quelqu’un semble la devancer. Comme si cette ombre pouvait lire dans ses pensées…

De la Norvège à la vieille cité de Byblos, et jusqu’au cœur même du Vatican, c’est l’odeur d’un complot implacable qui accompagne chacun de ses pas. Et dans cette lutte à mort, Sarah va devoir faire face à ses peurs les plus profondes. A ses vérités les plus enfouies…

 

© Bruno Lévy

L’auteur : Nicolas Beuglet est écrivain et scénariste.  Il a publié un premier roman sous le nom de Nicolas Sker : ‘Le premier crâne‘ (2011). Son deuxième roman, Le Cri, a connu un très grand succès.

Extrait :
Sarah et Christopher déboulèrent en bas du sentier qui rejoignait leur propriété. Une confortable maison moderne de plain-pied, à l’architecture de bois, aux larges baies vitrées qui permettaient d’avoir une vue à 180 degrés sur la mer et le vaste jardin depuis le salon. Debout devant le canapé, face à la vitre qui donnait vers l’arrière de la demeure, un enfant d’environ dix ans se tenait immobile, comme hypnotisé par l’invraisemblable spectacle qui se déchaînait devant lui.
Dans des bourrasques de tempête, l’hélicoptère venait de se poser dans le jardin. Les flashs des feux de signalisation irradiaient leur luminosité sanguine contre les vitres de la maison, crevant la pénombre avec une régularité épileptique.

Le petit billet de Fanny

Complot, Nicolas Beuglet, Editions XO,

ISBN 978-2-84563-981-22, 19.90€

ALERTE GENERALE : nous sommes en présence d’un bon, d’un très bon, voire d’un excellent roman !! Vous l’aurez compris en une phrase, j’ai adoré ce livre.

J’ai rarement été happée par une histoire aussi rapidement que je l’ai été par celle de Complot. Du pur divertissement, dans le très bon sens du terme, tant cette histoire embarque le lecteur dès les premières lignes.

Nicolas Beuglet, que je lisais pour la première fois (et pas la dernière c’est certain), sait captiver le lecteur et l’entraîner dans une histoire folle aux multiples rebondissements.

L’histoire nous plonge au cœur d’une enquête menée par l’inspectrice Sarah Geringën. Cette femme, forte, au caractère bien trempé, se voit confier la lourde mission de découvrir qui a bien pu assassiner la Première ministre de Norvège, dans des conditions pour le moins très troublantes. Car il s’agit là d’un crime peu commun, qui parait suivre un rituel bien précis et dont l’énigme et la signification sont mystérieuses et semblent emmenées sur la piste d’une organisation très particulière.

Extrait page 44 :
Du bout de ses doigts gantés, Sarah fit délicatement pivoter le visage vers le ciel et sentit son cœur rater un battement. Tout devint clair : les Forces spéciales, l’urgence et le sceau du secret.
Malgré le choc, elle demeura impassible. Non pas qu’elle soit insensible. Elle mesurait la crise majeure qui allait bouleverser le pays d’ici quelques heures. Mais elle savait aussi combien seul le sang-froid vient à bout des situations critiques.
Elle perçut la présence immobile des membres de la police scientifique, qui observaient sa réaction, guettant le moment où elle allait laisser transparaître sa confusion.
Mais lorsqu’ils la virent reposer la tête de la victime et se lever pour demander calmement où était le légiste, ils comprirent pourquoi on avait fait appel à elle.
Aux pieds de Sarah, assassinée, gisait Katrina Hagebak, la Première ministre norvégienne.
 

Dans sa recherche de la vérité, Sarah va être épaulée par Christopher, son compagnon journaliste, le seul à qui elle peut se fier, et dont les connaissances en Histoire vont lui être précieuses pour démêler les fils de cette enquête au bout de laquelle, une nouvelle ère pourrait s’ouvrir pour l’humanité. Cette enquête va les mener dans un périple qui les mènera de Norvège au Liban puis l’Autriche et enfin le Vatican.

Je n’en dirai pas plus sur cette intrigue, aux nombreux rebondissements, qui poussent le lecteur à vouloir arriver très vite au bout de l’histoire pour enfin en connaitre le dénouement.

Et quel dénouement !! La fin est magistrale, à couper le souffle et laisse présager d’une suite, qu’on espère découvrir prochainement.

Ce roman est rythmé, haletant. Les chapitres s’enchaînent et happent le lecteur dans une histoire passionnante, menée tambour battant par des personnages complexes, imparfaits et terriblement attachants. On ne s’ennuie pas une seule seconde, même (et surtout je dirais) lorsque l’auteur décrit avec minutie des événements historiques de manière détaillée, comme pourrait le faire un maître de conférences passionné par son sujet.

Aucune lassitude ici, aucune page n’est lue en diagonale. Les lecteurs habitués aux thrillers sortiront repus de cette lecture, qui va leur procurer tous les bons ingrédients d’un excellent moment de lecture.

Je vais pour ma part courir lire Le Cri, précédent roman de Nicolas Beuglet, qui mettait déjà en scène les héros de Complot. Mais n’avoir pas lu Le Cri n’empêche en rien de plonger dans Complot. Les références au précédent opus étant rares et suffisamment claires pour ne pas déstabiliser le lecteur.

Au fait, je ne sais pas si vous l’avez bien compris alors je me répète : J’ai ADORE !!!! Courez vite chez votre libraire préféré !!