Animal de Sandrine Collette


Le livre : Animal de Sandrine Collette. Paru le 7 mars 2019 chez Denoël dans la collection Sueurs Froides.  19€90 ; (282 p.) ; 23 x 16 cm.

4e de couv :

Humain, animal, pour survivre ils iront au bout d’eux-mêmes.

Un roman sauvage et puissant.

Dans l’obscurité dense de la forêt népalaise, Mara découvre deux très jeunes enfants ligotés à un arbre. Elle sait qu’elle ne devrait pas s’en mêler. Pourtant, elle les délivre, et fuit avec eux vers la grande ville où ils pourront se cacher.

Vingt ans plus tard, dans une autre forêt, au milieu des volcans du Kamtchatka, débarque un groupe de chasseurs. Parmi eux, Lior, une Française. Comment cette jeune femme peut-elle être aussi exaltée par la chasse, voilà un mystère que son mari, qui l’adore, n’a jamais résolu. Quand elle chasse, le regard de Lior tourne à l’étrange, son pas devient souple. Elle semble partie prenante de la nature, douée d’un flair affûté, dangereuse. Elle a quelque chose d’animal.

Cette fois, guidés par un vieil homme à la parole rare, Lior et les autres sont lancés sur les traces d’un ours. Un ours qui les a repérés, bien sûr. Et qui va entraîner Lior bien au-delà de ses limites, la forçant à affronter enfin la vérité sur elle-même.

SANDRINE FSNL’auteur :  Sandrine Collette est née en 1970. Sandrine Collette passe un bac littéraire puis un master en philosophie et un doctorat en science politique.
Elle devient chargée de cours à l’Université de Nanterre, travaille à mi-temps comme consultante dans un bureau de conseil en ressources humaines et restaure des maisons en Champagne puis dans le Morvan.
Elle décide de composer une fiction et adresse son manuscrit aux éditions Denoël. Il s’agit « Des nœuds d’acier« , publié en 2013. Son premier roman rencontre un vif succès critique et public avec 20 000 exemplaires vendus. Il obtient le Grand Prix de littérature policière ainsi que le Prix littéraire des lycéens et apprentis de Bourgogne.
En 2014, elle publie son second roman « Un vent de cendres » (chez Denoël) qui revisite le conte La Belle et la Bête.
Devenue l’un des grands noms du thriller français, une fois encore, elle montre son savoir-faire imparable dans « Six fourmis blanches » (2015).
« Il reste la poussière » (2016) obtient le Prix Landerneau du polar. En 2017 paraît « Les larmes noires sur la terre« . En 2018 elle nous surprend avec  » Juste après la vague« .
Extrait  :
Les enfants s’étaient habitués à la ville en quelques semaines. Ils avaient appris à parler – Nin surtout, qui était si bavarde, et à qui Mara ordonnait de se taire malgré le joli roulement de sa voix claire et rieuse, parce que la fatigue l’emportait toujours, et qu’elle voulait du calme.
La montagne lui manquait, et les cris des animaux, la solitude, les nuits noires. Ici, rien ne s’arrêtait jamais, ni le bruit chez les voisins, ni la proximité insupportable, ni les lumières qui empêchaient de voir l’obscurité et la lune. Elle avait presque oublié l’odeur des pins quand l’été chauffe la résine, celle des herbes sèches, celle de la pluie sur une terre propre, qui fait s’ouvrir les fleurs. Même le souvenir de la présence feutrée des tigres la rendait mélancolique, et les serpents par dizaines sous les pierres des routes, le chemin trop long jusqu’au village.
Elle regardait Nun et Nin, et la différence la frappait ; eux, toujours maigres mais vifs, joyeux, courant partout, chantant, criant.
Et elle.
Une pauvre silhouette efflanquée qui ne souriait plus.

 

Le post-it de Ge

J’aurai aimé vous parler du dernier roman de Sandrine Collette.

Oui ce matin j’aurai aimé vous offrir une chronique digne de ce nom, digne d’Animal.

Mais voilà les mots me manquent !

Cela fait trois semaines que je repousse celle-ci. Trois semaine que je cherche les bonnes formules. Trois semaines que je veux vous dire combien une nouvelle fois, Sandrine Collette m’a bouleversée avec son nouveau roman.

Mais rien n’est assez fort pour exprimer tout cela.

Si seulement j’avais la plume de notre auteure ! Là j’arriverai sans doute à vous faire ressentir cette fièvre qui ne m’a pas quittée en lisant ce titre. Je pourrai vous livrer tous ces sentiments contradictoires qui m’ont tenaillée durant cette lecture. Je trouverai enfin les mots pour vous donner envie de le lire à votre tour.

Mais voilà, les mots de Sandrine Colette m’ont laissée sans voix.

Il y a d’abord l’histoire. Les histoires…

Celle de Mara que l’on entraperçoit au tout début du livre. Celle d’une femme népalaise qui comme ses semblables n’a pas la vie facile.

Il y a celles de Nun et Nin. Des enfants des rues. Des vies qui ne valent rien. Des vies sacrifiées que Mara va tenter de sauver au mépris de sa propre existence.

Et puis à l’autre bout de la terre il y a Lior et Raphaël, un jeune couple de français. Une passion dévorante qui fait que Raphaël suit sa femme dans sa passion à elle, la chasse. Lui le non violent qui ne supporte pas les armes à feu mais qui est tellement admiratif devant l’instinct animal de Lior quand celle-ci devient la chasseuse prédatrice.

Et puis il y a la nature. Grandiose, magnifique, luxuriante.

Les paysages, ceux du Kamtchatka. une région volcanique des plus secrètes du monde. A l’extrémité orientale de la Russie, sur la ceinture de feu du Pacifique. L’un des endroits les plus reculés et sauvages de la planète. Là où vivent les ours bruns, le légendaire Ours du Kamatchatka.

Et puis il y a la montagne et des collines népalaises. La jungle aussi. Le Pays d’en Haut  accroché à la chaîne de l’Himalaya. La vie rude des paysans, celles aussi rude des népalais exilés à la ville et entassés dans des bidonvilles. Et puis il y a le tigre. Le tigre royal du Bengale venu se perdre sur les contrefort des hautes vallées tibétaines.

Il y a surtout 282 pages de pures intensités car les superlatifs manquent pour qualifié ce magnifique roman.

Sauvage, puissant, violent, captivant, déconcertant, angoissant, émouvant, brutal, intense….Animal !

Animal nous fait vivre une expérience intense. il nous fait  franchir la frontière entre l’humanité et l’animalité. Il nous parle aussi de résilience et de quête d’identité.

Alors vous êtes prêt(e)s vous aussi à vivre intensément et à voir où s’arrête votre humanité et ou commence votre animalité.

Moi perso, je le sais encore plus maintenant !

Et du coup je me permet de vous conseiller de lire urgentissimement  Animal de Sandrine Collette. Encore un coup de génie de cette talentueuse autrice.

Né d’aucune femme de Franck Bouysse


Le livre : Né d’aucune femme de Franck Bouysse. Paru le 10 janvier 2019 aux édition La manufacture de livres. 20€90 euros; (336 p.) ;  14 x 20 cm.

4ème de couverture :

 » Mon père, on va bientôt vous demander de bénir le corps d’une femme à l’asile.
— Et alors, qu’y-a-t-il d’extraordinaire à cela ? demandai-je.
— Sous sa robe, c’est là que je les ai cachés.
— De quoi parlez-vous ?
— Les cahiers… Ceux de Rose. »
Ainsi sortent de l’ombre les cahiers de Rose, ceux dans lesquels elle a raconté son histoire, cherchant à briser le secret dont on voulait couvrir son destin. Franck Bouysse, lauréat de plus de dix prix littéraires, nous offre avec Né d’aucune femme la plus vibrante de ses oeuvres. Ce roman sensible et poignant confirme son immense talent à conter les failles et les grandeurs de l’âme humaine..

 

L’auteur :  Franck Bouysse , né en 1965 à Brive-la-Gaillarde, a été enseignant en biologie et se lance dans l’écriture en 2004. Grossir le ciel en 2014, puis Plateau en 2016 rencontrent un large succès, remportent de nombreux prix littéraires et imposent Franck Bouysse sur la scène littéraire française. Il partage aujourd’hui sa vie entre Limoges et un hameau en Corrèze.

 

 

Extrait :
« Cela n’a pas encore eu lieu. Il ne sait rien du trouble. Ce sont des odeurs de printemps suspendues dans l’air frais du matin, des odeurs d’abord, toujours, des odeurs maculées de couleurs, en dégradé de vert, en anarchie florale confinant à l’explosion. Puis il y a les sons, les bruits, les cris, qui expriment, divulguent, agitent, déglinguent. Il y a du bleu dans le ciel et des ombres au sol, qui étirent la forêt et étendent l’horizon. Et ce n’est pas grand-chose, parce qu’il y a aussi tout ce qui ne peut se nommer, s’exprimer, sans risquer de laisser en route la substance d’une émotion, la grâce d’un sentiment. Les mots ne sont rien face à cela ils sont des habits de tous les jours, qui s’endimanchent parfois, afin de masquer la géographie profonde et intime des peaux ; les mots, une invention des hommes pour mesurer le monde. »

 

Chronique d’une flingueuse

La Chronique d’Isabelle

 

 

Vous avez lu l’extrait ci-dessus ? L’écriture de Franck Bouysse s’y déploie dans toute sa puissance et sa délicatesse. Elle vous touche au cœur, vous entraîne dans son sillage. Ce livre a suscité un engouement unanime (Télérama lui attribue 3T !) que je comprends sans le partager totalement, malgré mon admiration pour l’écrivain et un plaisir manifeste à la lecture. Pourtant la nature des thèmes traités ne pouvait que me toucher : l’esclavage et la maltraitance, la violence faite aux femmes, l’enfermement.

 Né d’aucune femme est un roman choral, orchestré autour de Rose et de ses cahiers. Rose, justement. Quelle femme magnifique, qui jamais ne renonce, qui lutte et chemine dans l’obscurité, tirant son courage d’étincelles de bonheur laborieusement grapillées.

Gabriel, autre grande figure du roman, est le dépositaire d’une histoire qui le ronge. Sa silhouette croquée d’un trait sûr traverse le roman à grandes enjambées. J’avoue que ses envolées spirituelles m’ont un peu égarée.

Les autres personnages masculins ne sont pas fréquentables. Des monstres,  des faibles, des perdants. Edmond, confondant de lâcheté, Onésime, le père, écrasé par la misère au point d’en avoir le cœur étouffé et le jugement amoindri. Ses décisions enfoncent sa famille dans le drame, comme aspirée par la vase poisseuse d’un marais. Le maître de forge et le médecin, mauvais jusqu’à la moëlle, bouffis de morgue et de cruauté.

Né d’aucune femme est aussi un roman pictural. J’ai admiré la puissance évocatrice des mots. Bouysse manie avec dextérité le pinceau-brosse qui trace à grands traits la trame, noire et tordue telle un vieux sarment. Le couteau qui vient rompre l’harmonie, équarrit le récit, en tronque les rondeurs.  La soie des pinceaux fins qui révèle chaque détail, creuse les ombres, apporte de rares et précieuses touches de lumière.

Sur la toile au final, une vie qui chaque fois s’élance et chaque fois retombe, coupée dans son élan par le sort qui s’acharne. Las, cette dynamique répétitive, cette plongée lente dans le drame, cette surenchère de malheurs ont fini par me lasser. Le début du récit, volontairement énigmatique, m’a aussi déconcertée.  J’aurais voulu qu’il en soit autrement. Pas besoin des 3T pour m’en convaincre ; je sais, je sens que c’est un bon roman. Peut-être n’étais-je pas assez réceptive. Peut-être était-ce juste une question de timing, de disponibilité affective. Je le relirai un jour, pour oublier ce rendez-vous manqué.  

 

Le prieuré de Crest de Sandrine Destombes


Le livre : Le prieuré de Crest de Sandrine Destombes.  Paru le 7 mars 2019 aux Editions Hugo Roman dans la collection Hugo thriller. 360 pages ; 19,95 € ; 14 x 21 cm

 4ème de couverture :

« Madame, je vais vos demander de sortir du véhicule, s’il vous plait. »

Le sous-lieutenant Benoit se remémorera longtemps cette scène. Aurait-il agi différemment s’il avait su ce que déclencherait ce simple contrôle routier ?

Une enfant tourmentée.

Une mère recherchée.

Une conductrice dans le fossé.

Un cadavre aux yeux énucléés.

Telle une comptine macabre, son rapport sonne le glas es jours heureux pour la ville de Crest et la fin de la tranquillité pour les habitantes du prieuré, où l’intrigante Joséphine règne sur ses protégées.

Et lorsque les Experts du Pôle Judiciaire débarquent dans la Drôme, Benoit comprend que la mort aussi s’est invitée à Crest, et qu’elle semble s’y plaire.

 L’auteur : Sandrine Destombes vit à Paris et travaille dans la production d’événements. Le Prieuré de Crest est son sixième thriller. En 2018 elle a remporté, avec Les Jumeaux de Piolenc, le Prix VSD RTL du meilleur thriller français présidé par Michel Bussi.

Pour en savoir plus sur Sandrine c’est ICI

Extrait :
« Les pieds et les mollets étaient encore recouverts de terre. Les techniciens attendaient que le légiste arrive et fasse son examen préliminaire avant de déterrer le corps méticuleusement  pour prélever d’éventuels indices. Le visage de l’homme était dans un tel état que Benoit préféra commencer par le reste. L’image des larves grouillant autour des incisions ou sortant des oreilles de la victime était encore trop présente pour qu’il veuille s’y attarder. »

 

  L’accroche de Miss Aline :

Le prieuré de Crest, Sandrine Destombes

Du haut de tes huit ans, tu n’as pas mesuré les répercussions que pouvaient avoir  tes paroles Léa. Au cours d’un contrôle routier tu dis au sous lieutenant Benoit que la conductrice n’est pas ta mère. Quelques mots jetés et le drame se produit.

Qui es-tu Léa pour susciter autant de mystère, de convoitises, de violence ?

Qui sont toutes ces femmes qui gravitent autour de toi ?

Les Experts commandé par le capitaine Daloz vont avoir fort à faire pour retrouver cette enfant et l’identité de la conductrice. D’autant qu’un fugitif va refaire surface et pas au mieux de sa forme.

Une course contre la montre débute pour retrouver Léa et comprendre son histoire.

Sandrine Destombes nous place une nouvelle fois au sein d’une enquête complexe. Beaucoup d’interrogations, de pistes, de rebondissements. Chose étrange il y a beaucoup de femmes impliquées dans cette intrigue. Quant aux hommes ou ils enquêtent ou ils tombent comme des mouches. Et des mouches, larves et autres bestioles,  il va y avoir beaucoup !

Une fois n’est pas coutume, les protagonistes sont forts avec des personnalités complexes qui intriguent. L’individu portant en permanence des masques selon le public qui lui fait face.

Des révélations qui viennent compliquées encore l’enquête et notre cerveau de lecteur. Avec Sandrine Destombes à chaque roman, on entre dans un labyrinthe vers la vérité. Attention à prendre le bon virage !

Un très bon moment livresque offert par les Editions Hugo thriller et par Sandrine Destombes que je remercie à nouveau pour sa gentille dédicace.

Bonne lecture.

Les voies de l’ombre de Jérôme Camut et Nathalie Hug.


C’est d’une trilogie des chouchous de notre porte flingue dont je vous parle aujourd’hui.
La trilogie  » Les voies de l’ombre » de Jérôme Camut et Nathalie Hug.

Le livre : Les voies de l’ombre de Jérôme Camut, Nathalie Hug. Paru le 7 novembre 2012 chez Le Livre de Poche. Réunit :  Prédation ; Stigmate ; Instinct ; Rémanence. 17€90 ; (1512 p.)

Les voies de l’ombre

« J’ai de l’amour pour mes chiens d’attaque. Certains, il a fallu les tabasser, d’autres pas. Il n’y a pas de règles. C’est ça l’extraordinaire complexité de la chimie humaine. C’est passionnant. Approche-toi, ami voyeur. Et n’aie pas honte de ton vice. Viens pénétrer le monde d’un artiste du crime. »

On ne sort pas indemne d’une rencontre avec Kurtz. Tous ceux qui croisent sa route s’en trouvent irrémédiablement transformés et leur vie brisée à jamais. Mais torturer des innocents ne suffit pas à ce génie machiavélique, qui poursuit en réalité un dessein plus ambitieux et beaucoup plus inquiétant.

Tome 1: PREDATION, paru en juin 2006 aux éditions Télémaque 576 pages.

4ème de couverture:
Un cadavre dénudé est découvert dans une friche industrielle, la main droite déchiquetée. Un homme se tire une balle en pleine tête, dans un centre commercial bondé. Un jeune père, dressé comme un chien, est tourmenté sans relâche au fond d’un cachot sans porte ni fenêtre. Aucune piste, aucun lien, aucun mobile… Qui sont ces hommes ? Pourquoi ont-ils été choisis ? Pour quelle mise à mort aberrante ? Prédation entrouvre la porte d’un univers imprévisible et angoissant, étrangement en prise avec les faits divers les plus choquants de notre époque.

 

 

extrait:
« Rufus compte peu d’amis. Non par choix. La nécessité l’y a contraint. Au fil des ans, il lui est devenu de plus en plus difficile de côtoyer en même temps des gens dits normaux et le monde souterrain des malfrats, des pervers et des psychopathes. La proximité du mensonge, de l’incivisme et de la barbarie ne rend pas facile l’amour de l’humain. Heure après heure, jour après jour, ce mal gangrène même les meilleurs. Et use le peu d’altruisme qui pourrait éclore dans d’autres conditions. Ça ronge. Ça obsède. Tant et si bien qu’il n’est rapidement plus possible d’envisager les autres autrement qu’à travers le prisme de la suspicion. »

 

Tome 2: STIGMATE, paru en avril 2007 aux édtions Télémaque, 525 pages.

4ème de couverture:
Quand un monstre fascinant et obscène prend la parole et surgit à nouveau face à ses anciennes victimes, elles n’ont pour seules issues que la fuite, la mort… ou les  » voies de l’ombre « , le système implacable d’un criminel qui leur dévoile en chuchotant les secrets de sa folie.  » J’ai de l’amour pour mes chiens d’attaque. Certains il a fallu les tabasser, d’autres pas. Il n’y a pas de règles. C’est ça l’extraordinaire chimie de la nature humaine. C’est passionnant. Approche-toi, ami voyeur. Et n’aie pas honte de ton vice. Viens pénétrer le monde d’un artiste du crime. Il est temps que je m e présente et que j’offre ma réflexion à la multitude.  »

Extrait:
« L’homo sapiens équipé d’une carte bancaire ne connaît plus l’art de l’attente. La patience, la jouissance d’obtenir ce qu’on a longuement convoité.

Tout cela s’est envolé, écrasé, anéanti sous le rouleau compresseur du mass market.
Et pourtant…
A quelles divines émotions avez-vous fermé la porte !
Le « tout, tout de suite » vous a privé de l’extase.
A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire…
A vivre sans attente, on se prive de l’excellence. »

 

TOME 3: INSTINCT, paru en juin 2008 aux éditions Telemaque, 580 pages.

4ème de couverture:
Et s’il suffisait de 25 tueurs pour plonger la France dans le chaos ? Une meute sans visage dressée par un pervers de génie pour frapper leurs cibles avec une perfection terrifiante…
Et s’il suffisait d’un seul homme ? Pour que nous nous mettions tous à douter…

Extrait:
« Les larmes jaillissent, elle aimerait les ravaler. Elle ne veut pas montrer sa douleur et sa fragilité.
Il suffit de le vouloir très fort. Et tu y arriveras.
Jamais plus elle ne parlera. Jamais plus elle n’aimera.
Je ne veux plus pleurer. Plus pleurer. Je veux être vide dedans pour ne plus avoir mal ».
Les auteurs : Ils sont 3, Jérôme Camut, Nathalie Hug et les CamHug. Et ici c’est cet entité qui officie.

Jérôme Camut est né en 1968. Après des études de cinéma, il travaille dans la production et participe à l’écriture d’un scénario. C’est ainsi qu’il découvre l’addiction des mots, qui ne le quittera plus.

Née en 1970, Nathalie Hug a d’abord travaillé dans l’industrie pharmaceutique, jusqu’en 2004 où sa rencontre avec Jérôme Camut bouleverse sa vie et l’incite à se consacrer à l’écriture.

Le OFF de OPH

PRÉDATION  est le premier tome de la trilogie « les voies de l’ombre »

Certes je vous l’accorde ce n’est pas une nouveauté puisque ce premier tome est sorti en 2006, mais je n’avais pas encore découvert le duo Camhug…

J’avais lu les romans solo de Nathalie (itinéraire d’un chamboulage annoncé…), plein de douceur et de sensibilité et là… mais où est donc passée la douce Nathalie?

PREDATION c’est une plongée dans l’obscurité, au son des Doors et de la BO d’Apocalypse Now…

Une ambiance pesante, angoissante, étouffante. Un climat de tension permanent qui maintient le rythme tout au long de ce roman, un roman que j’ai dévoré le ventre noué!

Psychologique, ce thriller l’est sans aucun doute. Il évoque la manipulation, l’asservissement psychologique, l’esclavagisme humain. Jusqu’où sommes nous prêt à aller pour sauver la vie de la personne que nous avons de plus cher au monde? Sans aucune hésitation « très loin », moi la première… Il me reste juste à espérer que je ne rencontrerai jamais un Kurtz dans ma vie.

Le duo Jérome Camut et Nathalie Hug nous entraîne dans le sillage d’une intelligence hors du commun, une intelligence construite par des relations biaisées, une enfance anormale, violente, castratrice. Quels événements de notre enfance font de nous les adultes que nous sommes?

Tous ces aspects sont remarquablement brossés au fil des pages de PRÉDATION.

Du coup, emportée par l’histoire, attachées au personnage, je n’ai pas su m’arrêter et je me suis lancée dans STIGMATE, le tome deux.

STIGMATE: Marque durable que laisse une plaie….

 Stigmate est donc le deuxième tome de la trilogie « les voies de l’ombre ».

Et c’est un roman qui porte bien son nom… Après Prédation j’ai retrouvé Kurtz, la boule au ventre… Cet homme est fou mais d’une intelligence redoutable… Mégalomane, pervers…

Kurtz nous entraîne, au fil du livre, dans sa psyché dérangée « les centaines de pages qui suivent sont le témoin impartial de la mise en application du Système.

« Approche toi, ami voyeur. Et n’aie pas honte de ton vice.

Viens pénétrer le monde d’un artiste du crime. »

Après avoir chassé ses semblables pour les avilir et les asservir, Kurtz revient admirer son œuvre et se délecter des « stigmates » de ses victimes rescapées!

Jérôme et Nathalie travaillent très largement le terme en brossant les mille et une conséquences de ce que Kurtz a fait subir à ses victimes.

Une fois encore j’ai eu la boule au ventre, des nausées de voir certains personnages se déliter…

Difficile de vous en dire davantage sans en révéler plus sur le tome 1 et celui-ci…

Sachez juste que plonger dans le monde de Kurtz ne laisse pas indemne…

Que Jérôme et Nathalie nous offrent ici un thriller psychologique coup de poing qui vous amènera aux portes de la folie…

Et partie comme je l’étais, emportée, accrochée voir fascinée par Kutz je me suis jetée dans la foulée sur le tome 3: INSTINCT

L’instinct est un terme que nous attribuons plus facilement aux animaux qu’aux humains… exception de faite de l’instinct de survie et c’est bien de cet instinct là que Nathalie Hug et Jérôme Camut nous parlent au début de ce troisième volet de la trilogie.

Mais pas seulement… l’instinct animal occupe également une place non négligeable… en même temps l’instinct n’est-elle pas la meilleure arme d’un prédateur mais aussi l’une des meilleurs défense?

J’ai donc retrouvé ce personnage fascinant qu’est Kurtz. Oui oui vous avez bien lu… fascinant.

Hautement charismatique, la séduction dont il fait preuve et sa capacité à fédérer ne sont pas sans rappeler un certain dictateur!

Si j’ai trouvé le début de ce troisième tome plus lent que les précédents, le rythme s’est ensuite considérablement accéléré m’empêchant tout acte de socialisation en ce dimanche d’Epiphanie (ou Eppy Fanny 😜).

C’est un pan du passé de Kurtz que nous dévoilent également les auteurs, pas son enfance ça a été fait précédemment, mais son œuvre avant que la police française ne découvre son existence.

Un peu moins de boules au ventre et de nausées en terminant la trilogie, mais toujours des questionnements sur l’humain, ses réactions face à des choix douloureux, les conséquences de ces choix, sa capacité à suivre un individu, et enfin notre part d’animalité…

« Je suis prête à remplir ma mission

Je ne demande rien d’autre à la vie que la satisfaction d’avoir accompli ce pour quoi j’ai été élevée.

Qui suis-je?

Qu’importe

Je suis un fantôme, une ombre parmi les ombres.

Je n’ai rien demandé à personne. Il m’a choisie. »

Cet extrait m’a particulièrement marqué et encore aujourd’hui je pense régulièrement à ces trois premiers tomes. J’ai appris depuis qu’il y en avait un quatrième: Rémanence que je compte bien lire bientôt.

Si comme moi vous connaissiez les CAMHUG sans jamais les avoir lu, réparez cet oubli, vous ne le regretterez pas!
Cette trilogie est pshychologique, elle angoisse, elle fascine, elle est addictive.
Mention particulière pour tout le travail autour du personnage de Kurtz…

 

Voilà ma Geneviève,

ma chronique de la trilogie de La voies des Ombres,

sachant qu’en fait il me manque Rémanence que notre Eppy me prêtera sans doute bientôt !

7/13 de Jacques Saussey


Le livre : 7/13 de Jacques Saussey. Paru le 10 janvier 2018 chez  Toucan dans la collection Toucan noir. 13.2 € – e-book : 9.99 € ; (464 p.) ;  20 x 12 cm

 4ème de couverture :

Hiver 2015. Durant l’absence prolongée des propriétaires, une villa de la banlieue
parisienne est le théâtre d’un crime atroce. Lorsqu’il arrive sur les
lieux, le capitaine Magne découvre avec effroi que le corps n’est plus
reconnaissable. Pas de vêtements, pas de papiers : l’identification
s’annonce compliquée.

Décembre 1944. Londres. Un officier américain scrute avec inquiétude le brouillard qui plombe le ciel de
l’Angleterre. Il projette de traverser la Manche au plus vite pour
rejoindre la France où il doit préparer l’arrivée prochaine de ses
hommes. Le mauvais temps s’éternise mais bientôt, une proposition
inattendue va faire basculer son destin.
Soixante-dix ans plus tard, elle confrontera les enquêteurs du quai des Orfèvres à l’un des mystères
les plus stupéfiants qu’ils n’aient jamais rencontrés.

L’auteur : Jacques Saussey est né en 1961.
Il a commencé à écrire ses premières nouvelles à 27 ans, en 1988. Deux nouvelles ont été primées dans des concours (« Quelques petites taches de sang » en 2002 aux Noires de Pau, et « Alfred Jarry est mort » en 2007) et une éditée en BD (« Le joyau du Pacifique« , en 2007).
« La Mante Sauvage » est son premier polar. Son deuxième thriller « De Sinistre Mémoire » est paru en 2010 aux Éditions des Nouveaux Auteurs. Actuellement il travaille comme cadre technique dans une grosse société. Il a pratiqué le tir à l’arc de compétition pendant dix ans, de 1985 à 1995, avec à la clef un titre national individuel en 95 et un par équipe en 92. Il vit dans l’Yonne.

le blog de l’auteur:
http://jacques-saussey.over-blog.com/

Extrait :
« Fred s’était arrêté sur le tout dernier article qu’elle avait publié. Il s’agissait d’un long plaidoyer à propos des hordes de migrants qui continuaient à s’agglutiner aux portes de l’Angleterre, près de Calais, dans des conditions d’hygiène et de survie d’une hallucinante précarité. Ils étaient de plus en plus nombreux chaque jour qui s’écoulait, comme si un barrage humain s’était rompu quelque part en amont, dans un monde inconnu de l’Occident. »

 

 La chronique jubilatoire de Dany

Avec la participation inattendue d’Olivier Norek présentement préfacier …

Dans la série Magne- Heslin, je prends le 7ème et j’essaye de ne pas spolier ! Je peux d’abord dire que j’ai aimé tout en trouvant l’intrigue plus complexe à suivre que dans le précédent opus.

Deux temporalités se déroulent parallèlement, ça l’auteur l’a déjà fait notamment dans « la pieuvre » mais cette fois il nous fait d’avantage penser à Nicolas Lebel et à la construction de son roman « De cauchemar et de feu ». En effet une enquête au premier plan nous permets de renouer avec le couple Magne-Heslin que nous avions quittés dans « Ne prononcez jamais leurs noms » bien mal en point, va percuter une énigme non résolue de la dernière guerre mondiale. Une série de meurtres pousse nos enquêteurs dans l’arrière pays Boulonnais pollué, au contact avec des immigrés. Certes il semble qu’après l’ »Entre deux mondes » d’Olivier Norek et le « Fantazmë » de Niko Tackian, le sujet de l’incapacité à répondre dignement aux problèmes de l’immigration clandestine occupe nos auteurs. C’est que le thriller-polar est un incroyable vecteur de réflexion pour les sujets de société et les lecteurs ne s’y trompent pas en plébiscitant leurs auteurs.

Jacques Saussey nous tient en haleine avec cette enquête complexe, je l’ai déjà dit, à tiroirs, menée par les rescapés de l’équipe de la criminelle dirigée par Daniel Magne à laquelle les renforts, sous forme du duo improbable rencontré dans « le loup peint » (non pas Dupont et Dupond mais M et M), apportent une loufoquerie bienvenue et rafraîchissante. Il faudra attendre d’être au-delà des ¾ du roman pour comprendre la signification du titre … Non ça n’est pas la tension artérielle de Lisa ni le numéro du modèle du coucou volant de la couverture … lisez et vous trouverez !

Passionnant, instructif, bien écrit … tout pour plaire ce 7/13, qui n’est pas non plus la note attribuée à ce thriller qui mérite bien plus !

« Il y a chez cet auteur, une générosité et une bienveillance que l’on retrouve au fil des pages. Pas de risettes gratuites, d’amitiés de façade, Jacques est un sincère. Et bien malheureux celui qui s’en prendra à ceux qu’il aime. Un peu comme ses flics, pour qui l’équipe est une famille. D’ailleurs, chacun de ses personnages est une partie du complexe puzzle Saussey. Magne et Heslin, son couple d’enquêteurs, représentent ses propres anima et animus, la part masculine et féminine de sa personnalité. Comme un homme fort de fête foraine qui plierait des barres de fer en maillot rayé tout en récitant de la poésie. Complexe je vous ai dit. » – Extrait de la préface d’Olivier Norek

 

 

 

Juste après la vague – Sandrine Collette


Le livre : Juste après la vague de Sandrine Collette. Paru le 18 janvier 2018 chez Denoël dans la Collection Sueurs Froides.  19€90 ; (301 p.) ; 23 x 16 cm

4e de couv :

Une petite barque, seule sur l’océan en furie.
Trois enfants isolés sur une île mangée par les flots.
Un combat inouï pour la survie d’une famille.

Il y a six jours, un volcan s’est effondré dans l’océan, soulevant une vague titanesque, et le monde a disparu autour de Louie, de ses parents et de ses huit frères et sœurs.
Leur maison, perchée sur un sommet, a tenu bon. Alentour, à perte de vue, il n’y a plus qu’une étendue d’eau argentée. Une eau secouée de tempêtes violentes, comme des soubresauts de rage.
Depuis six jours, ils espèrent voir arriver des secours, car la nourriture se raréfie. Seuls des débris et des corps gonflés approchent de leur île.
Et l’eau recommence à monter.Les parents comprennent qu’il faut partir vers les hautes terres, là où ils trouveront de l’aide. Mais sur leur barque, il n’y a pas de place pour tous. Il va falloir choisir entre les enfants.

Une histoire terrifiante qui évoque les choix impossibles, ceux qui déchirent à jamais. Et aussi un roman bouleversant qui raconte la résilience, l’amour, et tous ces liens invisibles mais si forts qui soudent une famille.

 

Sandrine Collette à La comédie du Livre, Montpellier. Photo @ Carole Rannou (Olivia Lanchois) 2016

Sandrine Collette à La comédie du Livre, Montpellier. Photo @ Carole Rannou (Olivia Lanchois) 2016@Olivia Lanchois

L’auteur : Sandrine Collette est née en 1970. Elle passe un bac littéraire puis un master en philosophie et un doctorat en science politique. Elle devient chargée de cours à l’université de Nanterre, travaille à mi-temps comme consultante dans un bureau de conseil en ressources humaines et restaure des maisons en Champagne puis dans le Morvan. Aujourd’hui elle se consacre pleinement à l’écriture de ses romans.

Pour tout savoir sur Sandrine c’est ICI

 

 

 

 

 

 

Extrait : 
Ils étaient là sur la rive à trente mètres, sauf Lotte et Marion que la mère avait dû enfermer dans la maison. La bouche ouverte sur une plainte de panique, le père murmura leurs noms dans sa tête : Madie. Louie, Perrine, Noé, Émilie, Sidonie. Tous arqués sur la corde, même sa fillette borgne, même son garçonnet chétif, à tirer en rythme chaque fois qu’un Hisse ! phénoménal sortait du corps de la mère, écrasant le souffle du vent, tous à haleter pour remonter vers eux les trois naufragés, ils ne flanchaient pas, malgré les rafales, la pluie et le tonnerre, malgré les vagues qui venaient les faire trébucher, se relevaient les uns les autres, continuaient à treuiller en enroulant la corde autour de l’arbre. Et le père effaré les regardait en découdre avec l’orage et la mer, minuscules sur leur bout de terre giflé par le vent, tête baissée, dos voûté telles des bêtes cambrées sous le mauvais temps, pas un qui céderait, même Sidonie qui ne servait à rien mais agrippait la corde elle aussi, glissant sans cesse, elle allait tomber, rouler jusqu’à l’eau – le père dans un sanglot murmura son nom, pria pour que la mère les oblige à regagner la maison, il suffisait d’un arbre brisé, d’un pan de rive qui s’éboule et ils seraient tous emportés. Mais ils restaient là, criant ensemble pour s’encourager et invectiver le ciel, la corde remontait toujours le courant, et soudain le père sentit la vase sous ses pieds, quelques caillasses, et la terre oui, c’était la terre.

Le post-it de Ge

Suite à l’effondrement d’un volcan dans la mer, la maison d’une famille est isolée du reste du monde, cernée par les flots. Madie et Pata, les parents, comprennent qu’il leur faut quitter leur îlot dans leur barque qui ne peut contenir que huit personnes. Ils doivent choisir entre leurs enfants. Un matin, Louie, Perrine et Noé trouvent la maison vide et un mot de leurs parents.

 Voilà de quoi parle mon précieux. Oui mon précieux.

Forcément qu’il est pour moi ce livre. Forcément c’est le dernier Sandrine Collette.

Sandrine Collette, c’est une de ces rares auteurs que je suis depuis leurs débuts. Une auteure qui immédiatement a su me séduire. Et jamais depuis Les noeuds d’acier,  son premier roman, non jamais, mon intérêt n’a été déçu. Bien au contraire. Et à chaque titre c’est un nouveau choc.

Alors forcément ce Juste après la vague était à nouveau pour moi.

Assurément, c’est certain, cette vague, je vais me la prendre en pleine figure.
Car je sais que juste après la vague, je serai, une nouvelle fois, submergée par l’émotion.

Il y a là Lotte et Marion, Émilie, Sidonie, les petites,  Émilie, six ans, Sidonie, cinq, Lotte, trois, et Marion, tout juste un an. Il y a là  Mattéo et Liam les aînés, treize et quinze ans, beaux, grands, presque des hommes. Et puis il y a le milieu, ceux du milieu, Louie ,Perrine et Noé.

Trois enfants, trois déjà cabossés de la vie. Trois éclopés. Louie a onze ans est l’aîné de ces « Trois ratés » « Louie avait une jambe torse, Perrine un œil aveugle, et Noé, à huit ans, faisait la taille d’un enfant de cinq ans. » La patte folle, la borgne et le nain !

Et puis il y a un choix à faire, ou plus exactement un non choix. Car la petite famille qui avait survécu au cataclysme se retrouve sur un îlot au milieu des flots, un caillou condamné à disparaître. Qui va partir, qui va devoir rester car la barque ne peut emporter tout le monde.

Je ne sais pas vous,  mais mon coeur de femme ne pourra jamais faire un choix pareil. Je crois que je serai restée avec mes 3 petits. Enfin je ne sais pas…Ce qui est certains c’est ici on va suivre dans un premier temps l’attente de ces trois jeunes enfants livrés à eux même. Et dans un second temps, l’épopée du reste de la famille sur un océan déchaîné.

Et l’eau qui monte inexorablement.

On tremble, on chavire, on pleure, on rit même parfois avec eux. On éprouve de la peur, de la colère, de l’angoisse. On partage leur rage, leur frustration. On a faim avec eux. On leur en veut aussi. On vit ses épreuves à travers eux.

Mais si ici tout n’est que chaos, pour une fois dans tout ce noir que distille à merveille notre auteur, il y a une petite étincelle d’espoir. Et oui dans toutes ces épreuves, il y a l’amour qui unit cette famille. Et on ne peut que s’attacher à eux.

Alors attention attachée vous y bien fort car ça va secouer.

Punaise, Sandrine Collette est vraiment trop forte pour nous remuer à ce point. A chaque nouveau livre que je lis, je me dis, il est encore meilleur que le précédent que j’ai adoré. A chaque fois, je me dis qu’elle ne fera pas mieux. Et bien si, à chaque nouveau titre je suis surprise. Elle se renouvelle, se met en danger et ça marche. Punaise cette femme est un génie. Oui un génie noir qui fait de la belle littérature. Merci Madame l’Auteure pour ce nouveau merveilleux roman. pour cet énorme coup de coeur !

Et si vous n’êtes pas convaincus, allez voir la chronique de mon ami Yvan : Juste après la vague – Sandrine Collette

De cauchemar et de feu de Nicolas Lebel : le chouchou du week-end


 
Le livre : De cauchemar et de feu de Nicolas Lebel. Paru le 3 mai 2017 chez Marabout dans la collection Marabooks Thriller.  19€90 ; (413 p.) ; 23 x 15 cm
4e de couv : 

De cauchemar et de feu

Paris, à quelques jours du dimanche de Pâques.

Un homme d’une soixantaine d’années est retrouvé assassiné dans un pub, une balle dans chaque genou, une troisième dans le front.

L’autopsie révèle sur son corps une fresque d’entrelacs celtiques et de slogans nationalistes nord-irlandais. Trois lettres barrent le haut de son dos : IRA.

Le capitaine Mehrlicht fait la grimace. Enquêter sur un groupe terroriste en plein état d’urgence ne va pas être une partie de plaisir. Pourtant, le conflit irlandais semble bien s’inviter à Paris…

Nicolas Lebel nous entraîne sur la piste d’un tueur pyromane, un monstre né il y a plus de quarante ans au coeur des violences de la guerre civile, qui vient rallumer les feux de la discorde dans les rues de la capitale.

L’auteur :  Après quelques allers-retours aux quatre coins du globe, Nicolas Lebel est aujourd’hui enseignant dans un lycée de l’Est parisien. Passionné de littérature et de linguistique, il publie en 2013 L’Heure des fous, puis Le Jour des morts (2014) et Sans pitié ni remords (2015).
Extrait : 
« La rainette à laquelle on associait le petit capitaine de police avait dû agoniser de longues heures sous un soleil de plomb avant de passer sous une roue de camion. Puis d’être mâchée par un renard… Ce type était au mieux un zombi de grenouille. »

Le résumé et mon petit avis

Comment résister au dernier livre de monsieur Nicolas Lebel. Personnellement je ne peux pas. J’ai trop hâte de retrouver le capitaine Merhlicht et son équipe. Je me suis attaché à ce flic à la tête de grenouille. J’aime à suivre ses aventures et celles de ses lieutenants. J’ai adopté ces personnages avec leur failles et leur faiblesses. J’arrive même à leur pardonner leurs errements. J’aime suivre aussi leur aventures personnelles, chacun trimbalant son lot de misère. Dos Santos et son passé frontiste, Latour et son amant clandestin, Merhlich devant faire face au décès et à l’absence de son épouse, tentant d’élever seul son fils…

Alors oui quand le nouveau Lebel parait je me jette dessus. Mais cette fois plutôt que de le dévorer vite fait, j’ai décidé de le savourer, tranquillement, de profiter de chaque détail, de déguster chaque chapitre. Surtout qu’ici les chapitres alternent passé et présent. Entre Paris et l’Irlande ou plus exactement dans la province de l’Ulster.

 Car en effet, dans ce quatrième opus, Nicolas Lebel nous entraîne sur la piste d’un assassin pyromane, un monstre né dans les années 70 de la violence des affrontements en Irlande du Nord, qui sème incendie, chaos et mort dans son sillage.

A quelques jours du dimanche de Pâques, un homme est retrouvé dans un pub parisien avec une balle dans chaque genou et dans le front. Il porte des inscriptions celtiques sur son corps. Le capitaine Mehrlicht et son équipe se lance dans une enquête sur un groupe terroriste irlandais. Un indépendantiste de IRA qui a vu le 5 octobre 1968, un groupe de manifestants catholiques non-violents molesté par la police. Ces militants pour l’égalité des droits entre catholiques et protestants ont aussi été aussi la cible d’attentats perpétrés par l’Ulster Volunteer, un groupe de protestants extrémistes.  Ainsi débutera la guerre civile en Irlande du Nord  L’enquête ne va pas être simple, d’autant que ce conflit irlandais remonte un peu et que les effectifs de police en ce week-end prolongé de Pâque sont au plus bas.

Vous l’aurez compris, Nicolas Lebel nous propose un roman policier où histoire, littérature et actualité se mêlent. Des romans noirs qui interrogent la société française contemporaine avec humour et cynisme, dont le ton est souvent engagé, et le propos toujours humaniste. Et puis, il faut bien le dire, si on a aimé le style Lebel, ici Nicolas a encore aiguisé celui-ci. Son écriture c’est fait plus précise, plus affûtée, plus dense et plus belle.

Et pour puis pour nous réjouir un peu plus, il agrémente son récit de légende celtico-irlandaise et là la magie opère de plus belle.

Dis-moi mister Lebel, si je vous dit qu’en lisant votre 4e roman, j’ai eu l’impression d’être dans une histoire qui aurait pu être écrite par Madame Vargas, cela vous offense-t-il ?

Dans tous les cas, ce qui est certain c’est que De cauchemar et de feu est un putain de coup de coeur !

Toxique de Niko Tackian : L’histoire d’une LC le final


Durant quelques semaines nous avons, avec la Fée Stelphique, décortiqué le 3e polar de Nico Tackian.

Aujourd’hui nous mettons un point final à cette lecture commune.

J’avoue m’être beaucoup amusée à faire celle-ci. J’espère que vous aussi.

Mais souvenez vous voilà ce que ça a donné.

Histoire d’une LC, prologue 

Histoire d’une LC, chapitre 1

Histoire d’une LC, chapitre 2

Histoire d’une LC, chapitre 3

Et aujourd’hui on vous offre : L’histoire d’une LC le final

Et quelque final puisque vous on aurait deux pour le prix d’un.

D’abord celui d’une gentille Fée: Le final de Stelphique ICI

Et enfin le mien, celui d’une magicienne du noir, ci dessous

Le livre : Toxique de Niko Tackian. Paru le 4 janvier 2017chez Calmann-Levy. 18€90 ; (299 p.) ; 22 x 14 cm

4e de couv : 

Elle aime saboter la vie des autres, elle n’éprouve aucune empathie, elle poursuit un but, elle est toxique.

Mais ça, Tomar Khan, un des meilleurs flics de la Crim, ne le sait pas Nous sommes en janvier 2016. La directrice d’une école maternelle de la banlieue parisienne est retrouvée morte dans son bureau.

Dans ce Paris meurtri par les attentats de l’hiver, le sujet des écoles est très sensible. La Crim dépêche donc Tomar, chef de groupe de la section 3, surnommé le Pitbull et connu pour être pointilleux sur les violences faites aux femmes.

À première vue, l’affaire est simple, « sera bouclée en 24 heures », a dit un des premiers enquêteurs, mais les nombreux démons qui hantent Tomar ont au moins un avantage : il a développé un instinct imparable pour déceler une histoire beaucoup plus compliquée qu’il n’y paraît.

L’auteur : Niko Tackian, né en 1973, est un scénariste, réalisateur et romancier français. Il a notamment créé avec Franck Thilliez la série Alex Hugo pour France 2. Son premier roman, paru en 2015, a reçu le Prix Polar du public des bibliothèques au Festival Polar de Cognac.

 

 

Extrait : 
Savez-vous que d’après une étude américaine, une personne sur vingt-cinq présenterait des caractéristiques de la sociopathie ? Il pourrait y en avoir autour de cette table par exemple, ou bien dans votre vénérable institution.
– On dirait que vous parlez d’une société secrète.
– Non, ce sont des prédateurs solitaires. Leur ego a trop d’importance pour qu’ils acceptent de s’unir. Enfin mis à part dans les organisations officielles de sociopathes.
Tomar sourit malgré lui au ton décalé que prenait le psy. Il aimait décidément bien ce Benoît Mathis.
– De quelle organisation parlez-vous ?
– Du monde de l’entreprise et de la multinationale en particulier. La plupart des cabinets de recrutement dressent une liste de critères pour définir leur profil type. Mes collègues américains ont démontré que la plupart de ces critères sont communs aux résultats cliniques mis en évidence dans les travaux sur la sociopathie.
– Autrement dit, nous sommes entourés de gens qui nous veulent potentiellement du mal ?
– Oui les médias parlent parfois de gens toxiques. Comme le gaz ou le poison, ils répandent leur influence négative au point d’intoxiquer tout ce qu’ils touchent. Je pense que nous pouvons tous trouver un exemple de ce genre de personnes dans notre entourage…

Mon avis :

Toxique c’est un roman actuel, c’est celui de cette période trouble que nous vivons. Celle des attentats de janvier 2015. Cette période où nous étions à la fois Charlie et à la fois choqués par les massacre de l’hyper casher et de Charlie Hebdo. Celle du massacre du Bataclan, quand notre jeunesse tombe sous la mitraille des fanatiques aux  terrasses de cafés et de restaurants.

Toxique c’est un roman dans l’ambiance du temps ! Une atmosphère pesante, peu rassurante, un avenir compromis. Un ton désabusé, un auteur qui a trempé sa plume dans la morosité de notre quotidien. C’est un poil pessimiste. Une ambiance plombée.

Toxique c’est un style sans fioriture, des chapitres courts, une écriture acérée et percutante. C’est du rythme, sans temps mort. sous tension en permanence.

Toxique c’est aussi un roman psychologique aux personnages troubles. Des héros avec trop ou pas du tout d’empathie. Des personnages marquants à n’en pas douter.

Il y a Tomar Khan, commandant à la Crime, chef de groupe au 36. Tomar que ses hommes respectent et admirent. Un super flic, un limier aux intuitions fulgurantes. Un meneur d’homme. Un jeune homme aux charme indéniable, un jeune homme mystérieux. Un jeune homme au passé trouble.

Il y a Marie-Thomas Petit, Agent Territorial Spécialisé dans les Ecoles Maternelles. Une femme banale, passe partout. Une femme que l’on pourrait croire sans histoire. Une ATSEM proche des enfants dans elle a la charge.

Et il y des histoires de familles, de clans, de groupes. Des histoire de personnes toxiques, de manipulateurs, de manipulation. C’est une histoire un brin fantastique, d’ange gardien ou de fantôme. Une histoire de rédemption et de résilience aussi !

Bref Toxique c’est un roman complexe comme on les aime. Une équipe de flic que l’on a envie de retrouver. Un héros que l’on a appris à aimer.

Vite le prochain opus !

 

« Les morts quittent notre monde et emportent avec eux leurs regrets et leurs déceptions. Mais qu’en est-il des vivants ? »

 

Souviens-toi de moi comme ça de Bret Anthony Johnston


 $$$&&&$9782226319456,0-3095637Le livre : Souviens-toi de moi comme ça  de Bret Anthony Johnston. Traduit de l’américain par France Camus-Pichon. Paru le 2 mars 2016 chez Albin Michel dans la collection Terres d’Amérique.  22€ ; (439 p.) ; 21 x 14 cm.

4e de couv

Souviens-toi de moi comme ça

« Je suis admiratif du talent de Bret Anthony Johnston et bouleversé par la force psychologique de ce portrait de parents en proie à leurs pires angoisses. Un roman prodigieux. »
John Irving

« Un livre fascinant, comme un roman de Dennis Lehane qui aurait été écrit par Jonathan Franzen. »
Esquire

Cela fait quatre ans que le jeune Justin Campbell a disparu sans laisser de trace. Fugue ? Kidnapping ? Accident ? C’est une véritable tragédie pour sa famille qui, faute de certitudes, cherche des échappatoires : sa mère s’est prise de passion pour la protection des dauphins ; son père a une liaison ; et son frère passe ses journées à faire du skateboard dans la piscine à sec d’un motel abandonné…

Lorsque enfin Justin réapparaît, loin de retrouver un équilibre, sa famille se divise davantage, écrasée par la culpabilité et le désir de faire justice elle-même.

Avec ce premier roman prochainement adapté au cinéma, Bret Anthony Johnston s’impose comme l’un des jeunes romanciers américains les plus talentueux.

« Un premier roman brillant et saisissant dans lequel Bret Anthony Johnston explore la façon dont chacun se débat pour accepter et aimer ce qu’on appelle une  » famille « . »
The New York Times

« Un premier roman extraordinaire, servi par une langue lumineuse et une construction sans défaut, qui ne peut laisser insensible. »
The Boston Globe

« Johnston fait preuve d’un incontestable talent, aussi bien dans la vérité de ses personnages que dans le portrait convaincant d’une famille en crise. »
Publishers Weekly

$$$&&&$25756-mL’auteur : Directeur du département de Creative Writing à l’université de Harvard, Bret Anthony Johnston commence sa carrière littéraire avec Corpus Christi, un recueil de nouvelles paru aux États-Unis en 2004, qui lui vaut d’être distingué par la National Book Foundation comme l’un des cinq meilleurs auteurs américains de moins de trente-cinq ans. Souviens-toi de moi comme ça, traduit dans une dizaine de langues, est son premier roman.

Résumé et petit avis :

Suite à la disparition inexpliquée de Justin, 11 ans, les membres de la famille Campbell, en proie à leurs angoisses, tentent de vivre chacun à sa manière. Quatre ans plus tard, l’adolescent est retrouvé par la police, séquestré près de chez lui par un pédophile. Les tensions familiales sont ravivées.

Un premier roman ? J’ai du mal à y croire !

C’est tellement bien écrit et tellement c’est bien construit. J’ai lu quelques par que ce titre ressemble à un livre de Lehane, alors un de ses meilleurs livres, pas un de ses derniers. De ceux qui décortiquent l’âme humaine.

J’ai lu aussi que cela aurait pu être écrit par Jonathan Franzen. Et c’est vrai que la plume de l’auteur est subtile, cristalline même. Et que tel un scalpel, elle sculpte un portrait sans concession de la déliquescence d’une famille. Une famille dévastée par a disparition du fils ainé. Une famille où chacun de ses membres essaient de se reconstruire. Cherchant le réconfort là où ils le peuvent. Une famille qui cherche la redemption sans arriver à la trouver. Trop de non dit, trop de questions sans réponse, trop de fausse pudeur. Trop parfois aussi de bons sentiments, chacun veut réparer, rattraper le temps perdu. L’adolescent retrouvé n’y changera rien. Il est peut-être le seul à vouloir reprendre le cours de sa vie normalement.

Un magnifique roman psychologique qui laisse la part belle à l’entourage de la victime. Leur donnant tour à tour la parole. Une intrigue tout en finesse. Ça sonne juste et ça sonne fort.

Lire le début ICI

13 jours de Valentina Giambanco : un premier roman parfaitement maîtrisé.


sans-titreLe livre : 13 jours de Valentina Giambanco, traduit de l’anglais par Isabelle Maillet. Paru le 26 février 2014 chez Albin Michel. 22,50 € ; (541 p.) ; 23 x 16 cm.

4e de couv :

13 jours

L’assassin lui a donné 13 jours.

13 jours pour tenter de comprendre.

13 jours avant de plonger dans les ténèbres…

À Seattle, personne n’a oublié le mystère de la Hoh River : trois gamins enlevés, cachés dans les bois. Seuls deux d’entre eux avaient réapparu, incapables de se souvenir de ce qui leur était arrivé.

Vingt-cinq ans plus tard, un couple et ses deux fils sont sauvagement assassinés. Au-dessus de la porte de la chambre, le tueur a laissé un message : 13 jours. Très vite convaincue que les deux affaires sont liées, puisque le père de famille qui vient d’être assassiné était l’un des trois enfants kidnappés, la police manque pourtant de preuves. Pour sa première grande enquête, l’inspecteur Alice Madison devra se fier à son instinct. Au coeur des forêts, le cauchemar va recommencer. Dans 13 jours.

Un premier roman sombre et obsédant, best-seller en Grande-Bretagne, qui a imposé Valentina Giambanco sur la scène du thriller britannique.

L’auteur :sans-titre& Valentina Giambanco est née dans le nord de l’Italie. Elle est monteuse pour le cinéma et a travaillé sur de nombreux films à succès, anglais et américains, tel que Quatre mariages et un enterrement. Valentina Giambanco vit à Londres depuis 27 ans où elle a étudié l’anglais et les arts dramatiques. Elle est diplômée de Goldsmiths College de l’Université de Londres. À 46 ans, elle publie son premier roman 13 jours, traduit dans plus de 10 pays et qui sera édité très prochainement aux États-Unis. Elle écrit actuellement son deuxième livre.

Capture&&&&&&&&&&&&&&&&& 

Extrait :
« depuis son arrivé
e, Brown ne se montrait pas spécialement froid avec elle, il ne lui refusait pas non plus son aide à l’occasion, mais il faisait preuve d’un certain détachement.  C’était un excellent flic, sans doute l’un des meilleurs. Tous deux ne seraient jamais amis, elle en avait bien conscience, mais en même temps elle se sentait prête à lui confier sa vie. Peut- être était-ce suffisant ».

Résumé et avis :

Capture&&&&&&&&&&&&&&&& Seattle. Quand quatre membres d’une famille sont assassinés, Alice Madison, jeune recrue de la brigade criminelle,ne sait pas encore qu’elle n’a que treize jours pour faire le lien entre cette affaire et l’enlèvement à Hoh River, vingt-cinq ans auparavant, de trois jeunes garçons, dont deux seulement avaient été retrouvés.

Capture&&&&&&&&&&&&&&&Alice est une inspectrice déterminée et consciencieuse. Elle sais que dans sa nouvelle brigade, elle va devoir faire ses preuves. Elle sais pouvoir compter sur son partenaire Brown et sur l’autre duo de la criminelle Spencer et Dunne. Alors elle observe ses ainés, elle s’initie à leur coté. Alice est douée, elle apprend vite et bien. De plus, elle possède un instinct naturel et fiable et elle sait qu’elle peut lui faire confiance. Mais l’inspecteur Madison porte un passé bien lourd, et il va falloir faire de cette faiblesse une force pour mieux appréhender la psychologie du dangereux criminel qu’elle poursuit.En effet, très vite un suspect apparait. C’est le dernier survivant de l’affaire Hoh River. Et celui-ci n’est autre que John Cameron, un inquiétant psychopathe qui nargue la police depuis des années. Cameron, n’est pas sans nous rappeler un certain Keyser Söze. Et comme ce mythique criminel, Cameron a une réputation sulfureuse.

Capture&&&&&&&&&&&&&&Alice et ses coéquipiers vont devoir débuter la  chasse. Et cette chasse ne va laisser aucun répit au lecteur. Car l’auteur nous entraine dans des allers et retours entre le présent et le passé. Chaque flashback apportant de l’intensité au récit et aux personnages. C’est eux qui vont nous permettre de me les cerner, et ils vont renforcer la crédibilité de l’histoire. Car si l’action est bien présente dans ce livre, Valentina Giambanco attache énormément d’importance à ses protagonistes, elle leur donne vie, elle les dissèque, les analyse.

Ainsi, les suivant nous avec encore plus d’empathie. Et, si elle leur fait prendre des risques, c’est pour encore augmenter la tension dramatique.Vous l’aurez compris ce premier polar est une réussite, l’auteur maitrise parfaitement son sujet, mieux elle le sublime.Alors n’hésitez pas, c’est à découvrir absolument. Et il est à parier que l’inspecteur Alice Madison va devenir un personnage récurent du paysage littéraire policier international.

Capture&&&&&&&&&&&&&&&&&

Extrait :
Kelly s’anima brusquement.  » Y a des rumeurs qui circulent, Madison, comme quoi vous avez trop la pétoche pour continuer à enquêter sur Cameron.
– Pardon ?- On raconte que vous vous êtes dégonflée après ce qui s’est passé hier soir, et que du coup vous avez échafaudé toutes sortes d’hypothèses à la mords-moi-le-noeud. Vous bossez à la Crim’ depuis… quoi ? Un mois ? Ce que vous avez fait, c’est la connerie typique d’un bleu : la pression était trop forte pour vous, et vous avez pas été capable de protéger votre partenaire.
« Alice avança d’un pas, certaine en cet instant qu’elle ne pourrait plus se contenir.
 » Quoi ?  » gronda Kelly.
Elle n’avait plus qu’une envie : lui rabaisser son caquet, égaliser le score après quatre semaines à supporter sa grossièreté et la puanteur de ses cigares au rabais. Un des cigares en question fiché entre les lèvres, il carra les épaules et crispa la mâchoire. Autour d’eux, tous les autres s’étaient figés dans l’attente de ce qui allait suivre. Sachant qu’il était inutile de hausser le ton, Alice prit la parole posément.
– » Vous voulez que je vous dise ? Sur la liste de tous les trucs regrettables qui se sont produits cette semaine, vous êtes loin de figurer en première position ; vous, je vous situe grosso modo  « J’ai oublié de passer au pressing » et « Il faut que je fasse le plein « . Je me fous de ce que vous pensez, Kelly, parce que pour moi vous n’êtes qu’un désagrément mineur – juste une mauvaise odeur, une saleté dans les toilettes qui ne vaut même pas la peine qu’on tire la chasse. Bon, c’est clair ou je continue ? »