Autopsie en huis clos : Nous rêvions juste de liberté, de Henri Loevenbruck.


Autopsie en huis clos

Nous rêvions juste de liberté, de Henri Loevenbruck.

Au collectif Polar, on vous a initié à la double (voire triple) chronique.

Poussons le bouchon un peu plus loin…

Et si on chroniquait avec un auteur sur un autre auteur ?

Une fois n’est pas coutume : Geneviève valide le projet.

Il nous faut un binôme de flingueuses : Dany et Miss Aline et un auteur.

Pour cette troisième édition d’Autopsie en huis clos

c’est Samuel Delage qui a répondu présent.

Après une discussion on est tous d’accord pour…. une autopsie en huis clos autour de

Nous rêvions juste de liberté, de Henri Loevenbruck.


le livre : Paru le 29 mars 2017 chez J’ai lu dans la collection Thriller.  7,80 € ; (491 p.) ; 18 x 11 cm.

  4e de couv :

Nous rêvions juste de liberté

Providence, le grand nulle part.

La bande d’Hugo, dit Bohem, s’englue dans un avenir opaque. Pour s’en affranchir, vivants et libres, ces rêveurs intrépides entreprennent une traversée du pays qui n’épargnera rien ni personne. Guidant leur devoir d’insoumission, trois valeurs tutélaires : loyauté, honneur et respect.

Sur la route, Bohem et les siens feront l’expérience de la vie, splendide et décadente. À la fin du voyage, au bout de l’initiation, un horizon : la liberté.

« Jusqu’où iriez-vous par amour de la liberté ? »

L’auteur : Henri Lœvenbruck est né en 1972 à Paris, dans le quartier de la Nation, où il a passé toute son enfance et son adolescence. Après le bac, hésitant entre la musique et la littérature, il tente d’allier ses deux passions : la semaine, il étudie en khâgne au lycée Chaptal et le week-end il se défoule en concert ou en studio avec de nombreux musiciens.
Après avoir étudié la littérature américaine et anglaise, l’heure du service national venue, il fait une objection de conscience et passe 17 mois comme maquettiste aux Editions Francophones d’Amnesty International, puis il part vivre en Angleterre, près de Canterbury, où il enseigne le français dans un collège.
De retour en France, il exerce divers métiers, de barman à web-designer en passant par professeur d’anglais, avant de se diriger vers le journalisme littéraire. Pigiste pour la radio (TSF) et la presse écrite (L’Express), il signe de nombreuses chroniques sur les littératures populaires avant de créer son propre magazine (Science-Fiction magazine). Après être resté rédacteur-en-chef de ce titre pendant deux ans, il publie à 25 ans son premier roman aux éditions Baleine, un polar futuriste où l’on devine l’influence manifeste de Philip K. Dick… Cette fois, son choix est fait, il décide de se consacrer pleinement à l’écriture. Il publie alors deux trilogies de Fantasy, La Moïra et Gallica, lesquelles rencontrent un succès inédit pour un auteur français (La Moïra dépasse en France les 300 000 exemplaires, toutes éditions confondues, et les droits sont vendus dans 11 pays). Suivront de nombreux thrillers aux éditions Flammarion (Le Syndrome CopernicLe Rasoir d’Ockham…) qui lui vaudront d’être qualifié par le Nouvel Observateur de « nouveau maître du thriller français ».
Membre fondateur de la Ligue de l’imaginaire aux côtés, entre autres, de Bernard Werber, Franck Thilliez, Bernard Minier et Maxime Chattam, en juillet 2011, il est nommé Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres.
En 2015, son roman Nous rêvions juste de Liberté rencontre un joli succès médiatique et fait à présent l’objet d’un projet d’adaptation cinématographique avec l’un des plus grands réalisateurs français.
Passionné par l’histoire de la contre-culture américaine en générale, et du mouvement biker en particulier, Henri Lœvenbruck tient une rubrique historique dans le mensuel Freeway. Aujourd’hui, il partage son temps entre l’écriture et l’assouvissement de ses deux passions : la moto et la collection de montres cassées…
Extraits :
« Plus le temps passe,plus j’ai l’impression de voir nos libertés s’abimer comme un buisson auquel on fait rien que de couper les branches , »pour son bien ».J’ai le sentiment que,chaque jour,une nouvelle loi sort du chapeau d’un magicien drôlement sadique pour règlementer encore un peu plus toutes nos petites vies et mettre des sens interdits partout sur nos chemins »

 

« Parce qu’en vrai Oscar avait raison, on nageait dans la merde depuis le jour de notre naissance, et il n’y avait pas un seul enfoiré pour nous jeter une bouée de sauvetage, et c’était fatigant, à force, de faire semblant de croire encore à quelque chose »

 

« J’ai caressé lentement la couverture et fait tourner les pages jaunies.C’était une édition vraiment ancienne, du genre originale peut-être.Les vieux bouquins, on a beau les essuyer ou les secouer comme on veut, on a toujours l’impression qu’il reste de la poussière dessus-dedans.Et plus ils sont anciens, plus ils ont cette heureuse odeur d’humidité moisie qui est comme une promesse d’aventures. »


Autopsie en huis clos.

Monsieur Delage, prenez le scalpel … c’est parti pour l’autopsie d’un roman en huis clos.

Nous rêvions juste de liberté, de Henri Loevenbruck.

 

Miss Aline : Bonjour Samuel, bonjour Danièle et bonjour Geneviève
Samuel, nous allons « explorer » ta facette lecteur. Nous allons parler d’un livre qui t’a marqué : Nous rêvions juste de liberté, de Henri Loevenbruck.

Samuel : 👍

Dany : Bonjour vous … Coucou Samuel

10:32

Samuel : Hello !
J’étais embarqué dans mon écriture… et le temps à filé !

Miss Aline : ce n’est pas grave Samuel. Veux tu que l’on reporte à ce soir ou un autre jour.?

Samuel : Non non, ce sera parfait 😉

Miss Aline : Qu’est ce qui t’a amené à faire ce choix de lecture ?

Samuel : J’ai toujours adoré les livres de cet auteur. Séduit par son univers, par la force de ses lignes, de ses mots, et sa fabuleuse façon de structurer les récits. Il a l’art et la manière, il raconte, l’émotion est à vif sur la peau, et c’est le frisson.

Miss Aline : que penses-tu de cette histoire en particulier ?

Samuel : Celle-ci, elle dégage peut-être davantage que toutes les autres. On y perçoit la sensibilité de l’auteur avec une touche autobiographique. Un univers qui lui colle à la peau, l’humain, tout ce qui le caractérise et qui émane de lui.

Miss Aline : Hugo est un personnage fort, dense. qu’en penses tu ?

Samuel : Hugo, on le découvre page à page, et l’auteur est un malin qui nous attrape sans qu’on s’en aperçoive. Il part de loin avec ce héros, et il nous le donne à voir, à grandir, et  nous attache à lui.
Une épopée puissante le fait vivre cheveux au vent, capable d’encaisser tous les coups de la vie, et son besoin de liberté devient le nôtre.

Miss Aline : pourquoi encaisse-t-il autant ? Sa vision du monde, de l’amitié est une vision hors du commun .

Samuel : C’est peut-être une vision du monde, et quel que soit notre parcours, les valeurs humaines restent les plus importantes mais aussi le respect de notre liberté. C’est une énergie touchante qui habite ce récit. Chaque personnage y a sa place. Chacun a subit des coups, et a fait en sorte de les transformer pour vivre. Certains y sont arrivés mieux que d’autres. On découvre aussi que les dérapages ne sont pas gratuits, et qu’il faut savoir les assumer.

Miss Aline : c’est quoi justement cette liberté ? Assumer ses choix, vivre selon son propre code…?

Samuel : C’est un savant mélange des deux, une forme de respect du libre arbitre pour soit et pour les autres. Savoir partir pour revenir, savoir laisser partir sans retenir. Se suivre et se retrouver.
Ce livre a une force intemporelle, c’est brillant, et ce qu’il dégage se diffuse longtemps après la lecture.
Ce livre, c’est un Goncourt. Il aurait dû tout rafler.

Miss Aline : il laisse en effet une très forte impression qui dure encore et encore.
Est ce le livre que tu aurais aimé écrire ?

Samuel : Clairement, à 100%… mais je ne pense pas que je l’aurais aussi bien réussi. C’est donc une chance extraordinaire pour moi d’être un lecteur et de le découvrir.

Miss Aline : je suis ravie aussi de l’avoir découvert et ne pas être passée à côté. Outre la liberté il est aussi question de code d’honneur, de parole donnée dans ce roman.

Samuel : 👍

Samuel : Et puis ce livre, c’est Henri Loevenbruck, ce loup au grand cœur, cette âme de rocker et de rider, bagues aux doigts et tatouages sur la peau, cuir sur le dos, gang à motos.

Miss Aline : Loup et motard un code à part, une meute, on se lie  et on vit pour le bien de la meute.

Samuel : Ça sent l’huile et la mécanique, l’amour des pièces détachées comme les coups pris dans la gueule, et les soudures comme les poignées de mains avec les potes.

Miss Aline :👍

Samuel : Il y a comme un écho à notre programmation génétique d’être et de vivre ensemble, tout en sachant survivre en solo.
on n’existe par et dans le regard de l’autre.

Miss Aline : 👍

Samuel : Ce côté primitif nous frappe de plein fouet dans ce roman.

Miss Aline : oui je suis d’accord avec toi. toujours la meute, même quand on s’en éloigne, on y revient

Samuel : 👍

Geneviève : Oui l’homme est un animal grégaire.

Samuel : 👍

Geneviève : Samuel,  ne trouves-tu pas que ce livre sent un peu trop la testostérone ?

Samuel : C’est viril, masculin, en force, mais la place du féminin s’y trouve, avec une audace et une liberté de vivre tout aussi éclatante et complémentaire. C’est une fois encore amené avec justesse, là où beaucoup d’auteurs se seraient sans doute moins habilement démenés. C’est un livre qui plait beaucoup aux lectrices… elles sont nombreuses à l’avoir énormément aimé.

Dany : Je confirme, même lu en octobre 2015 … il laisse des traces !
Le lieu de l’action, est-ce que tu penses qu’elle aurait pu se dérouler ailleurs (hors référence à la justice locale) ?

15:29

Samuel : (j’avais une réunion pour les séries TV… mais me revoilà 😉 )
Je trouve que le lieu de l’action a été parfaitement géré. Les « chapitres » des MC pour se poser, et la route, encore la route, les rencontres, les dérives… les retrouvailles, la racine point de départ et l’arrivée. Tout cela donne un road movie brillamment mené.
Et c’est dans le vécu qu’on devine de l’auteur que toute la richesse de ce livre prend sa dimension.

Dany : Et l’époque …

Samuel : La façon dont est traité le livre, au niveau du positionnement dans le temps, lui donne d’une certaine façon un côté intemporel ou presque. Ce livre pourra se lire longtemps avec un sentiment de proximité ou une forme d’ancrage idéalisé, qui donne l’impression d’être dans le timing parfait.
J’ai le sentiment que ce livre peut donner à chaque lecteur l’envie de placer ce récit au moment de sa vie qui le fera le plus rêver.

Dany : Une sorte d’universalité

Samuel : 👍

Samuel : Avec 3 temps. Le premier, l’adolescence, puis le passage à l’âge adulte et une forme de sagesse poignante vers la fin du récit.
Une sorte de quête initiatique tout au long du récit.
Notre héros du départ donne l’impression d’avoir plus de cheveux gris à la fin

Dany : Avec la fougue de l’auteur, tu peux comprendre qu’il ait mis 3 ans à produire son dernier (mais pas ultime) bébé ?

Samuel : Chacun de ses livres donne le sentiment d’être muri, gorgé du meilleur de son fruit, c’est un plaisir à lire.

Dany : Si tu devrais donner 3 bonnes raisons de lire ce livre …

Samuel : Découvrir une définition au mot liberté
Découvrir une nouvelle définition au mot égalité
Découvrir une nouvelle définition au mot fraternité

Dany : …  Bigre … à retenir !

Samuel : Étonnant ces mots qui sonnent comme républicain et qui pourtant sont si humain et présent dans ce roman.

Dany : 3 adjectifs pour qualifier ce roman 

Samuel : Authentique, vivant, inoubliable

Dany : Et l’auteur …

Samuel : bagué, tatoué, talentueux

Dany : Tu as lu d’autres roman de Loevenbruck, y trouves-tu une « filiation »?

Samuel : Il est différent de tous les autres celui-ci. Là, l’auteur a exprimé autre chose enfoui en lui.
Et il l’a exprimé avec le talent qu’on lui connait, et franchement, ça claque.

Dany : Plus intime ?

Samuel : Incontestablement oui

Dany : Un modèle ?

Samuel Une figure de la littérature française. Rares sont les auteurs contemporains capables de se distinguer ainsi.
Je suis vraiment séduit par sa plume, sa justesse, et sa capacité à raconter des histoires aussi habilement construites.

Dany : Nous l’accordéon une petite pause café …. ou chocolat …
Accordons et pas accordéon bien sûr ……..correcteur automatique !!!

Samuel : Pause chocolat en accordéon, ça fait guinguette sympathique avant l’heure 😉

Dany : 😆

Samuel : (j’vous mets pas le plus moche 😉 )

Dany : 😆

Geneviève : Dis moi Samuel, tu me donnerai presque envie de le relire là ! 😉

Miss Aline : À moi aussi ça me donne envie de le relire.
As tu quelque chose à ajouter sur ce roman ou son auteur ?

Samuel : Lisez le suivant 😉

Dany : je valide, le suivant prends tout autant aux tripes mais sur un autre registre
je ne sais plus où j’ai lu que le prochain était un retour vers le suspense historique mais pas moyenâgeux … j’irai aux infos à la source le 11 mai !!!

Samuel : 👍

Miss Aline : Merci Samuel pour cet échange encore une fois intéressant et constructif.

Samuel : Merci à toutes ! C’était un plaisir de parler lecture … et excellente lecture même 😉

Dany : Oui merci Samuel pour ce partage d’émotions. A bientôt !

Miss Aline : Le plaisir est partagé sois en certain.
On te rend à tes mille et une activité.
À très bientôt.

Samuel : 👍

Geneviève : Merci cher Samuel, merci les flingueuses, encore un beau boulot. Je suis sans doute une des seule lectrice à avoir peu apprécié ce titre, mais là je l’avoue, Samuel tu m’as donné envie de revoir mon jugement.

Et vous chers lecteurs et chères lectrices, l’avez vous lu ?

Vous en avez pensez quoi ?

Et nous Samuel, on se retrouve à Saint Maur en Poche 😉😆

Minuit dans le jardin du manoir de Jean Christophe Portes


Le livre  : Minuit dans le jardin du manoir de Jean Christophe Portes . Paru le 13 mars 2019 aux Editions du Masque.  19€90 ; (379 p.) ; 21 x 14 cm

Résumé de l’éditeur :

Denis Florin est un jeune notaire célibataire, poète et un peu lunatique. Il vit en Normandie dans un manoir avec sa grand-mère Colette – adorable mais folle. Ce qu’il préfère faire dans la vie : reconstituer la bataille de Marignan en figurines, et qu’on le laisse tranquille.
Un jour de janvier, alors qu’il rentre chez lui, il découvre horrifié une tête décapitée sur un piquet dans le jardin du manoir. À la place des yeux et des dents, des pièces d’or. Paniqué, il se terre chez lui, et constate que sa grand-mère adorée a disparu. La presse s’empare de l’affaire et il devient le suspect numéro un. Cela fait beaucoup pour un seul homme, surtout un homme comme Denis Florin. Nadget, une journaliste télé qui jure comme un charretier, convaincue de son innocence, va alors tenter de l’aider à se sortir de ce pétrin. Sur les traces de Colette, ils découvrent qu’un trésor datant de plus de cinq cents ans pourrait bien être caché quelque part dans le manoir…
Mais serait-ce l’explication à ce meurtre odieux et à cette disparition ? Rien n’est moins sûr.
L’auteur : Après des études à l’Ecole Nationale de Arts Décoratifs, Jean-Christophe Portes est devenu journaliste et réalisateur pour la télévision. Les précédentes enquêtes de Victor Dauterive, L’affaire des corps sans tête, L’affaire de l’homme à l’escarpin et La disparue de Saint-Maur et L’espion des Tuileries ont rencontré un beau succès. Il a remporté le Prix polar Saint-Maur en poche 2018.

 

 

 

Le post-it de Geneviève

Jean christophe Portes Minuit dans le jardin du manoir

 

Il y a un manoir sombre et isolé, avec un grand jardin autour.

Il y a Colette, la vieille folle du manoir.

Il y a Denis, son petit-fils, un notaire timide et maladroit.

Et puis il y a, ce matin brumeux, la tête d’un inconnu plantée sur un piquet.

Les ennuis commencent alors pour Denis. Le genre d’ennuis qui changent votre vie. Pour le meilleur… ou plutôt, pour le pire.

Et oui ,la nuit précédente un jeune étudiant pressé traverse le parc du manoir, prenant un raccourci et tombe sur cette tête fichée là.

Il est Minuit dans le jardin du manoir. Ni une, ni deux, notre jeune homme prends en photo cette apparition et la poste sur les réseaux sociaux.

La photo fait le tour des rédactions régionales puis très vite nationales.

Les vautours arrivent à leur suite.

La plus rapide c’est Nadjet, grand reporter à TV1. Celle ci tente de recueillir les première impressions de notre jeune notaire déboussolé qui ne trouve rien de mieux à faire que de la poursuivre avec un vieux sabre pour retrouver enfin le calme dont il a besoin pour réfléchir.

Encore une image choc qui fait le tour des télés en boucle.

Et puis arrive la police . Le lieutenant Trividec est chargé de l’affaire. Ce flic un poil macho, un peu butté, sans doute trop sur de lui et de son charisme, met tout de suite Denis dans la casse du suspect numéro 1. Mais il n’obtient ni aveux ni preuves.

S’en suis une aventure rocambolesque et explosive où des vies ordinaires basculent dans l’extraordinaire.

Sous la plume incisive et cadencée de Jean-Christophe Portes l’histoire prend vie. Le livre se lit à toute vitesse. On est presque là dans un scénario de bande dessinée. D’ailleurs l’auteur émaille son récit de nombreux références, qu’elle soit cinématographiques, littéraires ou tintophiles.

Et puis cette Nadjet Bakhtaoui a tout du jeune Tintin. Aussi ce polar prend des allures de roman d’aventure. Et il mélange avec bonheur plusieurs genres, espionnage, historique et enquête policière dénonçant au passage quelques travers de nombres société ultra-connectée et pointant ça est là quelques grands thèmes d’actualités.

C’est vif, on ne s’ennuie pas, on va de rebondissements en rebondissements. On suit avec bonheur les péripétie de nos protagonistes. Le style de Jean Christophe est émaillé d’humour. On sent qu’ici il s’est amusé à écrire ce roman et nous nous amusons tout autant à le lire. On part avec lui dans une chasse au trésor, on se prend pour Indiana Jones. On suit la piste avec avidité, on suit l’histoire Hernan Cortes et ses conquistadors. On veut tout savoir du dernier empereur  aztèques Cuauhtémoc.

Ajoutez à cela des dialogues savoureux, des situations cocasses,  une intrigue ciselée et vous obtiendrez un parfait roman de divertissement.

Lauréat du prix polar Saint-Maur en poche 2018 pour sa série historique « Les enquêtes de Victor Dauterive », Jean Christophe Portes signe avec Minuit dans le jardin du manoir son premier polar contemporain et c’est un belle réussite.

Merci monsieur l’auteur d’avoir décidé de nous surprendre. Qu’elle belle idée !

Grand Centre de Leafar Izen


Le livre : Grand Centre de Leafar Izen. Paru le 8 mai 2018 à Les éditions du Bord du Lot. 17€ ; (193 pages) ; 14 x 22 cm.

4ème de couverture :

Dans la zone sécurisée de Grand Centre, des citoyens reclus vivent dans une pâle imitation du monde d’avant la catastrophe.
Félix, agent de réassort est une des rares personnes autorisées à s’aventurer hors zone, parmi les enfermés dehors.
Léo ex-enquêteur zélé auprès de la Commission Mémoire et Vérité n’est plus aujourd’hui qu’un homme déchu, décadent et passablement loufoque. Une amitié indéfinissable lie Félix et Léo. Il y a aussi Lisa et ses jeunes enfants, Nina et Titus, une famille d’enfermés dehors qui occupent une place particulière dans le coeur blessé de Félix.
Des années plus tard, une photographie jaunie va remettre le feu aux poudres et ressusciter d’anciennes velléités de vengeance. Au fil de la nuit oùnous suivons Léo, au fil du road-movie de Félix et de son «cloporte», on s’attache à cet improbable binôme. Léo et ses frasques, Félix et son aura fantomatique qu’épaissit le souvenir. Mais qui sont-ils vraiment ? Les doutes s’immiscent. Ce qui semblait acquis se dérobe, jusqu’à découvrir l’impensable.
S’agit-il d’un roman policier, d’une fiction d’anticipation, d’un thriller psychologique, ou d’une énigme métaphysique ? Probablement tout cela à la fois. Car entre les lignes se révèle un secret savamment distillé par une langue souvent poétique, toujours envoûtante.
Quelle mystérieuse lumière se tient finalement au bout de ce roman qu’on aurait cru noir comme un tombeau ?

 

Leafar IzenL’auteur : Établi dans les vallées cévenoles depuis plusieurs années, Leafar Izen a auto-édité ses deux premiers ouvrages, un recueil de poésie, un ouvrage traitant de métaphysique avant de trouver un partenaire éditorial auprès des éditions du Bord du Lot. Leafar Izen résume son désir d’écrire par les mots suivants : “Quand j’ai des choses à dire, je les écris pour ne plus les penser… ou ne pas avoir à les dire.” “Que tous les diables m’emportent. Si je te trompe en te disant. Nous nous rêvons les uns les autres. Nul ne peut capturer le vent.” Extrait de la Vieille morte, œuvre incomplète, poésies. Grand Centre est son premier roman.

 

 

 

Extrait :
« Il me reste 7 jours à tuer. Jamais le temps ne m’a paru aussi long. A croire que les heures sont plus difficiles à tuer que les gens.
La végétation agonise sous la chaleur du mois de juillet, le cloporte se dandine en direction de Grand Centre. Six jours durant il a arpenté la région de plateaux calcaires et les gorges réputées pour la santé de leurs forêts de pins et de chênes. Félix s’est rendu dans une douzaine de scieries, s’envirant une dernière fois des odeurs de résine et de tanin. Il a pris nombre d’engagements qu’il ne pourra pas tenir. »

 

Chronique d’une flingueuse

GRAND CENTRE de Leafar Izen

Leafar Izen Grand centre

L’avis de Sylvie K

 

Grand Centre m’a été adressé par son auteur et je l’en remercie. Je sortais d’une lecture où il était question d’un futur dans lequel les gens vivent hors du temps dans une décharge et… Dans cette histoire on est vraiment dans le futur, un nouveau monde ; celui des enfermés dans une zone de non-dit et ceux du dehors. Félix fait partie de ceux du dehors et se déplace dans son cloporte contournant le règlement, il côtoie les enfermés surtout Lisa et ses deux enfants. Son pote Léo un génie de l’informatique est un ex consultant privé pour la police mais il ne travaille plus depuis… depuis quoi ? L’histoire commence par des enregistrements sur le dictaphone de Félix, des flash-back. L’auteur nous balade dans les retours en arrière avant de nous emmener dans la deuxième partie de son livre au cœur d’un trhiller car Félix va assouvir une vengeance. Le passé rattrape Léo et Félix dans cet univers où Félix à peu de chance de s’échapper mais où tout différent et monnayable

 C’est un roman d’anticipation agrémenté d’une histoire de vengeance et même d’amour. Chacun trouvera des sentiments ou un style différent en résonnance. J’ai beaucoup aimé le style et l’histoire, Leafar peut continuer d’écrire des romans car celui-ci est prometteur !

La flore et l’aphone – Guillaume Gonzales


Le livre  : La flore et l’aphone  de Guillaume Gonzales. Paru le 10 août 2018 chez Kyklos éditions.  19€ (244 p.) ; 21 x 15 cm

4e de couv : 

Un étudiant lambda : colocation, amourettes, malbouffe et furtives incursions en amphi. Entre deux cessions de Ligue des champions avec les potes et le suivi de l’actualité comics, sans doute concédera-t-il envisager, dans le meilleur des cas, un avenir quelque part en thèse.

En attendant l’hypothétique voie royale, les ambitions du dilettante s’orienteront essentiellement sur l’inventaire des activités nocturnes et l’alimentation de la pompe à bière.

Quel événement justifierait qu’il renonce au farniente perpétuel, avec l’indolence érigée en art de vivre ?

Pas moins qu’un enlèvement !

Au bout du compte, il se pourrait bien qu’il trouve son rôle dans un monde qu’il n’avait jusqu’alors abordé qu’en spectateur.

Et lorsque ce monde, en proie à ses incohérences, se disloquera sous ses yeux, l’étudiant lambda ne se cantonnera plus à regarder…

Déconseillé aux électro-hypersensibles !

L’auteur : Guillaume Gonzales est  né à Saint-Dizier le 26 octobre 1972.
Guillaume Gonzales a passé la majeure partie de son enfance en Picardie.
C’est depuis sa chambre que se sont forgées ses références, de Paul Simon aux trois James  : Crumley, Burke et Ellroy.
Après plusieurs années consacrées à la découverte des États-Unis, parcourant les deux côtes en de multiples occasions, il s’est finalement installé dans le Perche, entre un champ de colza et un pré peuplé de moutons.
C’est là qu’il écrit désormais, lorsque sa femme et ses trois filles le lui permettent. Il a à son actif 3 polars , 2010 – La Bataille des forts (Kyklos, mars 2010) ; 2011 – Viandes et légumes (Kyklos, novembre 2011) ; 2018 – La Flore et l’aphone (Kyklos, août 2018)

 

Extrait  :
« Dans sa rue, passage fréquenté sur le chemin de la plage qu’un brouhaha joyeux animait habituellement, des hordes de zombies, parmi lesquels des enfants seuls et étonnamment calmes, défilaient vers une destination qui de toute évidence leur échappait. »

 

Le post-it de Ge

La flore et l’aphone – Guillaume Gonzales

Il y a bien trop longtemps que je n’avais pas lu un roman de cher Kyklos éditions. J’ai enfin pu réparer cette erreur car en ce début d’automne  sont sortis deux romans de cette maison d’édition si chère à mes yeux. Oui, j’ai un petit faible pour Kyklos car à chaque fois que je découvre un livre chez eux, j’ai une belle surprise. Oui Kyklos c’est l’occasion de découvrir des textes engagés et  des voix dissonantes. Et c’est donc sans appréhension que je me lance dans ces nouvelles lectures.

La première est pour moi l’occasion d’aller à la rencontre d’un auteur que je n’ai jamais lu, pourtant il en est à son troisième roman. Mais bon il n’est jamais trop tard pour bien faire.

Cet auteur c’est Guillaume Gonzales et le livre La flore et l’aphone.

Alors que la Terre, touchée par un mal étrange, est le théâtre d’un déchaînement de violence, un étudiant nonchalant découvre son rôle dans un monde où il n’était jusque-là que spectateur.

Difficile de raconter ce livre sans trop déflorer l’histoire. Sans trop spoiler comme on dit maintenant. On va suivre l’histoire d’un jeune homme sans histoire, un étudiant en théologie qui bosse sur sa thèse tout en profitant au maximum de la vie estudiantine, entre pote, bière et soirée. Et même si comme beaucoup d’étudiant, il ne roule pas sur l’or, la débrouille entre potos fait l’affaire. Un seul problème, ces incessants saignements de nez et ses céphalés. Mais il compose avec tout cela, il tire même parti de son handicap et son nez rougi jusqu’au jour où…

Notre étudiant est kidnappé et où on lui explique que lui et ses problèmes de saignement de nez intéresse les milieux militant alternatifs mais pas seulement. Car oui  il est EHS et souffre d’ Electro Hyper sensibilité.

Voilà pour le début

Le contexte maintenant. Nous sommes ici soit dans un passé proche alternatif, soit dans un futur très proche qui nous pend au nez ! Dans un régime démocratique qui n’en a plus guerre que le nom. Dans la globalisation totale règne en maître. Où les pauvres sont de plus en plus pauvre et les riches d plus en plus puissants.

Aussi avec tout cela Guillaume Gonzales entraîne son personne et nous entraîne avec dans une histoire surréaliste qui pourtant reste tellement vraisemblable. Où comment un simple quidam devient du jour au lendemain un héros ou plus exactement un anti-héros.

De plus, cette intrigue que j’appellerai d’anticipation est servi par une écriture taillée au cordeau  et un style littéraire des plus agréable.

Oui vraiment cette première lecture de cet auteur est une très très belle découverte.

Guillaume Gonzales est un type que je vais suivre de près maintenant.

Merci à Virginie et au éditions Kyklos pour cette fabuleuse histoire et ce très beau texte.

Fourbi Etourdi de Nick Gardel


 Aujourd’hui,Collectif Polar vous offre deux chronique pour le prix d’une.

Mais…Vous en avez maintenant l’habitude !

Alors ce matin, vous avez du lire le Off de Oph

Et ce soir, la Chronique jubilatoire de Dany.

Voyons voir si nos deux flingueuses seront d’accord  sur ce livre !


Le livre : Fourbi Etourdi de Nick Gardel. Parue le 01 novembre é013 aux Editions Friends Only. ( 246 p.)  ;  15€ (en papier) – 8€ (en ebook)

4e de couv :

En volant une vieille DS dans le parking Vinci de Gare de Lyon, Jean-Edouard, Jed pour les intimes, ne s’attendait à en découvrir le coffre garni. Bien sûr, il y a cette sacoche militaire kaki gonflée de petites coupures, comme un macchabée qui aurait séjourné coincé dans une écluse. Mais le hic, c’est justement le cadavre qui l’accompagne. Un gars en chien de fusil portant un col romain sur une veste noire stricte. Le détail parait choquant, surtout quand il se rend compte que la mâchoire du défunt est serrée sur une balle de latex rouge vif montée sur des lanières de cuir du plus bel effet sado-masochiste. L’éducation religieuse de Jed lui remonte par bouffée, avec un rien d’amusement quand il découvre que son nouveau compagnon de route arbore aussi un crucifix finement ciselé dépassant de son rectum.
Décidément, entre les manifestations pour et contre le mariage pour tous et un changement de Pape, Paques s’annoncent Rock’n Roll…

L’auteur : Après avoir exercé différents petits boulots, Nick Gardel intègre l’Éducation nationale. Il s’y occupe d’ados désocialisés et déscolarisés qu’il a pour délicate mission de ramener dans un chemin plus… droit.

 

Extrait :
« Au milieu de cette cathédrale à ciel ouvert, sur un transat à l’équilibre douteux, le corps laiteux et parfaitement nu de Paul Monnier prenait le soleil. Il était tourné de manière à accueillir tout nouvel arrivant avec la vue de son anatomie flasque et peu ragoutante. Sa pilosité éparse se chargeant de souligner les zones que l’on aurait préférées avoir le loisir d’imaginer en lieu et place d’une réalité démonstrative. Paul avait appelé Jean Edouard au secours dans des termes qui laissent présager un danger imminent, et il était un tantinet déconcertant de le retrouver en train de faire une sieste, les couilles au vent. »

Le chronique Jubilatoire de Dany

 

Jean-Edouard, alias Jed, comprend qu’il n’aurait jamais dû voler une vieille DS lorsqu’il y trouve une sacoche pleine de billets et un cadavre dans le coffre. De plus, deux hommes le prennent en chasse. C’est le début d’une échappée meurtrière à travers la France, entre Paris et Saint-Jean-Pied-de-Port.

Ce roman au titre de calembour remplit admirablement son contrat : divertissement sanguinolent aux échos d’un « Clochemerle » moderne.

Un improbable concours de circonstances va faire déraper un acte de corruption en road trip loufoque et inattendu. . Ici pas d’enquête de police mais des truands modestes et plutôt désorganisés sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle …

Ceux qui ont lu la trilogie Peter Raven y retrouveront le providentiel Erdani, toujours aussi geek.

De l’outrance à vous faire sourire de tant de massacres … un vrai régal quoi ! Mention spéciale à la sexagénaire flower-power, véritable samaritaine écolo.

 

 

 

 

 

L’expérience Cendrillon de Sébastien Fritsch


Expérience CendrillonLe livre : L’expérience Cendrillon de Sébastien Fritsch. Paru le 17novembre 2017 aux Editions Fin mars début avril. 7€ ;  (368 p.) ; 11X17 cm
Quatrième de couverture :
Fuir : Milica n’a pas d’alternative.
Parce que son mari est mort, dans sa maison réduite en cendres. Parce qu’elle ne sait ni qui l’a rendue veuve ni qui pourrait lui venir en aide. Parce que dans chaque ville qu’elle traverse, d’un bout à l’autre de l’Europe, de nouvelles questions se lèvent et de nouveaux cadavres tombent.
Alors, elle continue. Sans savoir si sa course la rapproche de la délivrance ou de sa propre fin.
Sébastien Fritsch.L’ Auteur : Sébastien Fritsch est né en région parisienne maisil vit actuellement à Lyon avec sa famille.  
L’expérience Cendrillon est son 7ème roman.

 Extrait :

Habituée à réagir vite, et ce, quelle que soit l’heure, Milica s’éveilla au premier craquement dans le couloir. Elle se redressa ; une main la bâillonna et rabattit sa tête contre l’oreiller.
« Ne dis rien, lui susurra Grégoire. Ils viennent pour moi, mais ils ne t’épargneront pas. Sauve-toi par la salle de bains, par la fenêtre ; et prends le sac gris sur le portemanteau. Ne te soucie pas de moi : ça devait arriver et je suis préparé. »
Il ôta sa main de son visage et l’éjecta violemment hors du lit. La porte de la chambre fut projetée contre le mur à cette même seconde. Deux coups de feu retentirent. Milica fusa vers la salle d’eau, verrouilla derrière elle, happa le sac, monta sur la baignoire, ouvrit la petite fenêtre, y passa les pieds, les jambes et puis la taille, se tourna sur le ventre ; sous la porte apparut alors un rai de lumière. Quatre pas lourds ; une main impatiente agitant la poignée ; un coup de poing rageur.
Elle glissa son corps tout entier par l’embrasure, prit appui sur le pin qui poussait dans la pente. Elle tira le sac ; une nouvelle détonation résonna. Elle devina le verrou détruit, entendit le coup de pied qui repoussait la porte ; mais elle n’était plus là pour voir qui la traquait : coulant de branche en branche jusqu’au pied du grand arbre, elle avait atteint le sol et s’était élancée, droit devant elle, le plus vite possible.

 Emilie délivre son avis

 *** L’expérience Cendrillon de Sébastien Fritsch ***

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Un titre et un résumé intriguant.

Une héroïne qui n’a pas le choix. Qui doit fuir après la mort de son mari, sans savoir où elle va, qui elle fuit et pourquoi.

Une intrigue pleine de questions et de rebondissements.

Des personnages mystérieux : Qui sont-ils ? Que veulent-ils ? Que font-ils là ? Veulent-ils du mal à Milica ou veulent-ils l’aider, la protéger ?

Autant de questions auxquelles Milica devra répondre tout en continuant à fuir et en essayant de rester en vie.

Un road movie intense et sans temps mort, au bout duquel vous attend une fin édifiante, qui vous laissera comme deux ronds de flan.

Merci à l’auteur pour sa confiance ainsi qu’à Geneviève du blog Collectif Polar pour cette opportunité 😃

Sébastien Fritsch
L’expérience Cendrillon
362 pages
 
Editions Fin mars début avril
 

Nous rêvions juste de Liberté d’Henri Loevenbruck


Les off de OPh 1

 J’ai la chance aujourd’hui de vous présenter le premier billet d’Ophélie, notre nouvelle chroniqueuse.

Ophélie nous propose son ressenti de lecture avec ce premier Off de Oph sur :

Nous rêvions juste de liberté d’Henri Loevenbruck.

 Et… Pour mieux connaitre Ophélie c’est ICI

 

Nous rêvions juste de Libertéle livre : Paru le 29 mars 2017 chez J’ai lu dans la collection Thriller.  7,80 € ; (491 p.) ; 18 x 11 cm.

  4e de couv :

Nous rêvions juste de liberté

Providence, le grand nulle part.

La bande d’Hugo, dit Bohem, s’englue dans un avenir opaque. Pour s’en affranchir, vivants et libres, ces rêveurs intrépides entreprennent une traversée du pays qui n’épargnera rien ni personne. Guidant leur devoir d’insoumission, trois valeurs tutélaires : loyauté, honneur et respect.

Sur la route, Bohem et les siens feront l’expérience de la vie, splendide et décadente. À la fin du voyage, au bout de l’initiation, un horizon : la liberté.

« Jusqu’où iriez-vous par amour de la liberté ? »

L’auteur : Henri Lœvenbruck
Henri Lœvenbruck est né en 1972 à Paris, dans le quartier de la Nation, où il a passé toute son enfance et son adolescence. Après le bac, hésitant entre la musique et la littérature, il tente d’allier ses deux passions : la semaine, il étudie en khâgne au lycée Chaptal et le week-end il se défoule en concert ou en studio avec de nombreux musiciens.
Après avoir étudié la littérature américaine et anglaise, l’heure du service national venue, il fait une objection de conscience et passe 17 mois comme maquettiste aux Editions Francophones d’Amnesty International, puis il part vivre en Angleterre, près de Canterbury, où il enseigne le français dans un collège.
De retour en France, il exerce divers métiers, de barman à web-designer en passant par professeur d’anglais, avant de se diriger vers le journalisme littéraire. Pigiste pour la radio (TSF) et la presse écrite (L’Express), il signe de nombreuses chroniques sur les littératures populaires avant de créer son propre magazine (Science-Fiction magazine). Après être resté rédacteur-en-chef de ce titre pendant deux ans, il publie à 25 ans son premier roman aux éditions Baleine, un polar futuriste où l’on devine l’influence manifeste de Philip K. Dick… Cette fois, son choix est fait, il décide de se consacrer pleinement à l’écriture. Il publie alors deux trilogies de Fantasy, La Moïra et Gallica, lesquelles rencontrent un succès inédit pour un auteur français (La Moïra dépasse en France les 300 000 exemplaires, toutes éditions confondues, et les droits sont vendus dans 11 pays). Suivront de nombreux thrillers aux éditions Flammarion (Le Syndrome CopernicLe Rasoir d’Ockham…) qui lui vaudront d’être qualifié par le Nouvel Observateur de « nouveau maître du thriller français ».
Membre fondateur de la Ligue de l’imaginaire aux côtés, entre autres, de Bernard Werber, Franck Thilliez, Bernard Minier et Maxime Chattam, en juillet 2011, il est nommé Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres.
En 2015, son roman Nous rêvions juste de Liberté rencontre un joli succès médiatique et fait à présent l’objet d’un projet d’adaptation cinématographique avec l’un des plus grands réalisateurs français.
Passionné par l’histoire de la contre-culture américaine en générale, et du mouvement biker en particulier, Henri Lœvenbruck tient une rubrique historique dans le mensuel Freeway.
Aujourd’hui, il partage son temps entre l’écriture et l’assouvissement de ses deux passions : la moto et la collection de montres cassées…
Extrait :
Les jours d’après, on a roulé pareil, à s’arrêter quand on voulait, à faire les pitres sur la route, à dormir à même la terre, à manger un peu n’importe quoi et à payer une fois sur deux, à la tête du patron. On commençait à avoir la peau sacrément brûlée par le soleil et ça sentait pas vraiment la rose toutes ces journées sans se laver, sans se changer, mais, bon sang, on s’en foutait, on était pas sur la route pour embaumer la planète, les pirates qui sentent bon c’est pas des vrais pirates, et plus on se trouvait sales plus on se trouvait beaux, comme aventuriers, avec la peau qui tire et la crasse qui fait ressortir les rides du sourire.

Les off de OPh 1

Le OFF de OPH ou L’avis d’Ophélie

 

« Nous rêvions juste de Liberté »

Pas de mots, juste des larmes et le cœur serré…

« Nous rêvions juste de Liberté » n’est pas un livre mais un trésor, un trésor que je vous conseille d’ouvrir et de lire sans attendre…

Un trésor qui vous fera sans doute passer au delà du miroir si, derrière Bohem, vous décidez de prendre le chemin de la liberté…

Un trésor qui vous fera forcément ouvrir les yeux sur le sens profond de l’amitié…

J’avoue ne pas être une fidèle de l’ensemble des œuvres de Sieur Henri Loevenbruck. Jusqu’à ce jour je n’en n’avais lu que deux (Le rasoir d’Ockham et les cathédrales du vide) qui m’avaient été conseillés par Christophe de la Librairie des 4 chemins à Lille. Christophe, un de ces Libraires magiques qui vous connaît tellement bien que quand vous allez le voir il met à chaque fois dans le mille quand il vous conseille.

J’avais beaucoup entendu parlé de ce roman par des amis. Ils le décrivaient avec ferveur comme une œuvre bouleversante et ils y ont mis tellement d’émotion que je n’ai pas su résister.

Je l’ai donc acheté et me suis plongée dedans…

Comment vous faire comprendre à quel point ce roman m’a percuté… Au delà du chemin initiatique que beaucoup évoquent et que je considère comme quelque chose de très personnel, j’ai vu tellement d’autres choses… les valeurs qui sont décrites, la loyauté, le respect, l’honneur… l’amour inconditionnel que l’on peut ressentir pour des amis bien plus que pour des « amoureux », voir même de la famille…
Ce besoin d’être libre au delà des apparences et des pressions de conformité auxquels nous sommes soumis en permanence, cette envie de ne pas entrer dans un moule et de refuser ce que certains appellent « la fatalité » ou encore « l’inéluctable »…
Cette amitié qui nous transcende même quand nous n’avons plus de contacts avec celui ou celle à qui on se sent lié à jamais (je vais d’ailleurs offrir ton livre à « ma Freddy » pour qu’elle sache à quel point je l’aime), mais aussi le goût amer de la trahison… la douceur du pardon quand au delà de la douleur nous restons fidèle à nos valeurs…
L’écriture est touchante de naïveté et c’est aussi ce qui fait la force de ce roman et lui donne son caractère universel, il parle à tous sans besoin de se plonger dans un dictionnaire ou de réfléchir au sens exact d’une phrase… Cette naïveté qui nous fait ressentir tellement d’émotions, qui donne l’impression que c’est un ami qui nous raconte son histoire autour d’une bière fraîche, qui donne cette impression de partager un moment intime avec Bohem, un moment où il se livre entièrement, sans fard, sans artifice, lui tout simplement.
Ce roman illustre parfaitement le pont qui peut se créer entre un auteur et ses lecteurs, avec ce sentiment de partager ensemble un secret ou en tout cas un moment d’échange privilégié.
Dans tous les cas, cette œuvre ne peut pas laisser le lecteur indifférent!
Je vous conseille de monter derrière Bohem, sur sa moto, et de faire ce voyage avec lui, attaché à sa taille, les cheveux au vent et la liberté vous fouettant le visage… Dépliez vos bras et laissez vous emportez avec lui…

Moi j’y suis encore, sur les routes, et ne suis pas prête à le laisser partir.

Artères souterraines de Warren Ellis


Artères souterraines de Warren Ellis

 Attention ça décape.

Extrait :
« Acheter des vêtements, c’est un Truc de Petit Copain. Tu poireautes et tu regardes d’un œil vide les morceaux de tissu pendus aux cintres, tu mates les étiquettes et tu te demandes comment un machin qui te couvrirait tout juste la couille droite peut coûter le prix d’un rein, et tu observes les vendeuses qui te surveillent et qui se demandent ce que tu fous avec elle, vu qu’elle est mignonne et que toi t’as plutôt un air bizarre, et elle essaie ses fringues et tu reluques son cul dans une bonne douzaine de modèles différents qui te paraissent identiques, mais faut bien reconnaître que tu te contentes juste de détailler son cul et que tout finit par se mélanger, et quelqu’un colle un aspirateur dans ton portefeuille pour récolter tout ton liquide, et tu sors de la boutique avec un sac tellement minuscule que deux souris pourraient même pas y niquer. Tu répètes la scène une douzaine de fois. Ou jusqu’à ce que ton cerveau décède. »
 Le livre :Artères souterraines de Warren Ellis :roman traduit de l’anglais par Laura Derajinski Paru le 26 août 2010 Au Diable Vauvert. 19€ ; (295 p.) ; 20 x 13 cm

Le livre paru en poche au début de l’année 2014 au prix de 6,60€.

4e de couv :

Artères souterraines

Un privé à la dérive, Michael McGill, est embauché pour retrouver une version de la Constitution des États-Unis comportant des amendements écrits à l’encre alien invisible. Depuis les années 50, le précieux document est passé de main en main en échange de services louches.

Pour un demi-million de dollars, McGill entre dans ce que l’Amérique a de plus fou, grotesque, déviant et hilarant.

Un livre guidé tambour battant par la logique du pire, l’exploration transgressive d’un pays foutraque et décadent à la recherche de ce qui pourrait modifier le cours de son histoire…

L’auteur : Né en 1968 en Angleterre, scénariste, Warren Ellis a participé au renouveau du label Marvel dans les années 90 sur les séries Fantastic Four et Iron Man. Il est l’auteur du chef-d’oeuvre d’humour et de noirceur Transmetropolitan et de plusieurs séries. Son premier roman atomise toutes les conventions et frappe un grand coup !

 

Extrait : — Que sais-tu des cultures amérindiennes ? — Juste l’essentiel, qu’on les a empoisonnés avec des couvertures infectées. Je me demande toujours pourquoi on ne s’offre pas des couvertures miniatures en cadeau à Thanksgiving. 

Post it de la bibliothécaire : Ge

Michael McGill, privé à la dérive, doit retrouver l’original de la Constitution des Etats-Unis, version secrète aux annotations à l’encre alien, grâce à laquelle le gouvernement veut remettre le pays dans le droit chemin d’une morale inflexible.Car depuis le vol du précieux document, le pays a sombré dans la décadence morale. McGill part à la recherche du précieux document volé dans les années 1950 et passé depuis de main en main. Premier roman du scénariste de comics.
Warren Ellis, star dans le milieu des comics grâce à ses séries Fantastic Four et Iron Man, scénariste des films Red et Red 2 et avant tout symbole de la contre-culture américaine. Il signe ici un premier roman mené tambour battant par la logique du pire. Il nous entraîne dans l’exploration transgressive d’une Amérique en déclin, à l’aube de découvrir ce qui pourrait modifier son histoire…Un road-trip hallucinant, déluré, fantasque, avec parfois une surenchère de glauque, de trash, de déviant et certains passages sont bien dégueulasses. Ce tableau de toutes les perversions de l’Amérique est suffisamment éloquent . Et ce pamphlet au vitriol se veut anti-puritain et irrévérencieux, pour autant c’est plutôt intelligent et le ton est résolument moderne. Et pour que notre intérêt se maintiennent jusqu’au bout l’aventure démarre au quart de tour et le rythme ne faibli pas.
Attention âmes sensibles s’abstenir.

Extrait : » Vous voyez, Mike, nous avons besoin d’un balai à chiotte humain qui n’a pas peur de plonger dans la cuvette qu’est l’Amérique. Nous n’avons que faire d’un homme qui se contenterait de ramper sur la lunette et exigerait qu’on tire la chasse ou qu’on ajoute un bloc de Canard WC. Il nous faut quelqu’un qui soit heureux de patauger dans les étrons. « 
Extrait : C’est dans ce but qu’on a fabriqué des pop-stars à Los Angeles. On prend une petite conne cupide au visage symétrique, on époussette les miettes de Pringles, on l’éduque dans le moule Disney, on lui colle une paire de seins et on s’arrange pour que ses clips soient produits par un scénariste de porno : tous les gamins de moins de seize ans sont à vous.

Fourbi étourdi de Nick Gardel


 

Le livre : Fourbi étourdi de Nick Gardel. Paru le 23 mars 2017 aux Ed. du Caïman. 12€ ; (167 p.) ; 19 x 12 cm. ce titre est suivi de Maintenant et à l’heure de notre mort

4e de couv :

Fourbi étourdi

Voler cette antique DS dans un parking souterrain n’était peut-être pas la meilleure idée qu’ait eue Jean-Édouard. Mais c’était pour la bonne cause. Seulement, il y a cette sacoche remplie de petites coupures dans le coffre. Et puis, il va falloir compter avec cet encombrant cadavre qui l’accompagne. Un gars en chien de fusil, portant un col romain sur une veste noire stricte, mais qui a perdu son pantalon dans l’aventure. Alors entre les deux furieux qui l’ont pris on chasse, le début des pèlerinages vers Compostelle et la bénédiction du nouveau Pape, il se peut que cette année Pâques soit moins conventionnel qu’à l’accoutumée…

Une promenade joyeuse et meurtrière, parsemée de sirène électrifiée, de gorgone nymphomane, de dieu nordique peroxydé avec une touche de sadisme italien.

Extrait : 
« Jed salua Siegfried qui enroula la corde le reliant au molosse autour de son poignet. Bien que ce fut son bras droit, longuement entraîné par une pratique intensive de la pornographie internet, le contraste était saisissant entre la maigreur sèche du tatoué et les muscles placides qui jouaient sous le pelage. D’un bond, le mâtin aurait arraché l’épaule de celui qui se prétendait son maître. Précaution inutile pour l’heure, car il s’extasiait du moelleux raffiné d’un Firestone millésimé qu’il couvrait copieusement de bave. »

 

L’auteur : Enseignant dans les parties les plus complexes des méandres de l’éducation nationale et rattrapé par une quarantaine qui ne va pas en s’arrangeant, il a bien fallu que Nicolas Juan trouve une échappatoire. Il a finalement mis la main sur Nick Gardel pour se cacher derrière et pouvoir écrire des bêtises. Natif du 92, transplanté puis réenraciné en Alsace. Nick Gardel garde un amour sans faille pour la Capitale et le goût des voyages en train. Ayant toujours essayé de transformer ses loisirs en travail, il a été tour à tour, vendeur de disques d’occasion, d’informatique grand public, pour finir dans l’Education Nationale. Depuis, cette grande institution lui confie les adolescents les plus en marge du système scolaire, voire de la société.
Mais la marge, c’est ce qui fait tenir les pages du cahier…

 

 

Emilie délivre son avis

*** FOURBI ÉTOURDI de Nick Gardel ***

Jean-Edouard, alias Jed, comprend qu’il n’aurait jamais dû voler une vieille DS lorsqu’il y trouve une sacoche pleine de billets et un cadavre dans le coffre. De plus, deux hommes le prennent en chasse. C’est le début d’une échappée meurtrière à travers la France, entre Paris et Saint-Jean-Pied-de-Port.

Écrire un livre qui soit à la fois sanglant, sadique et drôle n’était pas un défi facile à relever. Et pourtant, Nick Gardel le réussi avec brio.

Ce roman a tout bon : des personnages tous très différents mais attachants chacun à leur façon, des passages sanglants, des réflexions à mourir de rire et une fin comme on en rêve tout le long, sans trop y croire…

Un road movie électrifiant à lire sans tarder.

Merci aux Editions du Caïman et à Jl Nogaro pour ce service presse au top 😍

White coffee de Sophie Loubière


  Le livre : White coffee de Sophie Loubière. Paru le 13 octobre 2016 chez Fleuve éditions dans la collection Fleuve noir.   21€50 ; (619 p.) ; 23 x 14 cm

4e de couv : 

Sur la Route 66, Lola Lombard a risqué sa vie et celle de ses enfants pour retrouver Pierre, son mari disparu. Sa confrontation avec David Owens, un tueur en série ayant fait de la route mythique une immense scène de crime, l’a fragilisée. Elle rentre en France, sans Pierre, ignorant s’il fait partie des victimes du serial killer. Mais Gaston, leur fils, est persuadé que son père est vivant. Son retour pourrait bien remettre en cause la relation nouée entre Lola et le criminologue Desmond G. Blur, dont elle a bouleversé le destin en levant le mystère sur un drame familial passé.

Chacun se languit désormais d’un côté de l’Atlantique, elle à Nancy, lui à Chautauqua Institution où manifestations étranges, disparitions d’objets et morts suspectes se multiplient. Au fil des jours, l’été bascule vers l’automne, confirmant les menaces qui pèsent sur la population d’une ville coquette, mais aussi sur Lola et son fils. Car les restes d’un corps sont bientôt retrouvés dans le désert de Mojave. Quelqu’un, habité d’un appétit de revanche, est décidé à reprendre possession de ce qui lui appartient. Le plus dangereux prédateur n’est pas forcément celui qu’on croit.

Dans la lignée de Black Coffee, brûlant de l’aura de lieux imprégnés par l’intimité fragile des êtres, White Coffee promet quelques nuits blanches.

L’auteur : Sophie Loubière est née en 1966 à Nancy. Romancière, journaliste, auteur de feuilletons radiophoniques, elle est aussi spécialiste de la musique de film et a été chroniqueuse pour France Inter, productrice à France-Inter et France-Culture et critique musicale au magazine Rolling Stone.

 

Extrait : 
Quatrième jour de cellule.
Dormir sous une lumière artificielle aveuglante, une couverture jetée à même le sol au milieu d’autres détenus.
Quatre jours, rincé de fatigue, bousculé, furieux.
Quatre jours sans possibilité de se laver, de marcher ou de passer un coup de fil, à faire ses besoins comme un singe dans sa cage, à partager ses odeurs intimes avec toute la cellule, ce dortoir peuplé de pauvres types, maigres ou gras de leur misère, coupables ou non.
Quatre jours de prison, ce lieu oublié du bon Dieu où tout acte est brisé.
Pierre était parti trop vite à la conquête de sa liberté. À l’annonce de la mort d’Owens, des ailes lui avaient poussé dans le dos. Il s’était jeté tout seul dans les bras d’un flic. Plus crétin, tu meurs. Trop tard pour rebrousser chemin.
Tu croyais quoi, Cendrillon ? Qu’on allait te faire grimper dans une limousine ? Tu te prends pour Dean Martin ?
Toutes les deux heures, un officier le réveillait, criant son nom avec l’ordre de se lever et de plier sa couverture.

La chronique d’Isabelle

Black coffee, white night, white coffee, black night

White coffee

De Sophie Loubière

Une amie m’a fait récemment un cadeau magnifique. J’étais de passage à Bordeaux. Elle m’a entraînée à la librairie Mollat et m’a dit : choisis un livre, je te l’offre. J’en ai pris 1 puis 3 puis 20… et j’ai dû en reposer 19. C’était le jeu. Et j’ai gardé Black Coffee, de Sophie Loubière.

Pourquoi celui-là ? Je n’ai pas la nostalgie de la route 66 et les romans road-trip me lassent assez vite. Mais cela m’intriguait de voir une romancière française se frotter à un grand mythe américain. Je n’ai pas regretté mon choix. Black Coffee explore une Amérique qui ne figure pas sur les cartes. Poussiéreuse, faussement alanguie comme un crotale au soleil, imprévisible et dangereuse, elle brise des vies, avale des destins et les recrache dans la lumière bleutée des gyrophares du shérif. Mais un voyage ne s’arrête pas aux paysages. Il s’incarne dans les personnages. Ceux que l’auteur a patiemment ciselés, une famille française et un criminologue américain, sont réels jusque dans leur moindre réplique. On ne les suit pas, on les accompagne, en toute intimité.

C’est bien beau tout ça mais elle ne devait pas parler de White Coffee, cette chronique?

Justement, une fois le roman achevé, les valises rangées au-dessus de la penderie, un vide s’installe, la nostalgie vous étreint. Il n’y a plus qu’à soigner le mal par le mal en reprenant un shoot de caféine avec une touche de crème. White Coffee, donc. La famille française a repris tant bien que mal le cours de sa vie à Nancy. Le criminologue est confronté à des mystères en pagaille à Chautauqua Institution, dans l’Etat de New York ; et la route 66 continue de rendre ses morts.

Ces trois histoires qui s’entrecroisent ont chacune leur propre musique. Au début, on peine un peu à sauter de l’une à l’autre, à gérer ces sorties de route! Mais au fil des pages la tension monte et on se laisse entraîner le long de ces trajectoires, fausses parallèles qui finissent par converger. Ou pas. Mais ça, c’est une autre histoire…

Avertissement aux lecteurs

Le texte suivant reprend l’intrigue de Black Coffee et en dévoile certains aspects.

1966, Narcissa, Oklahoma. Un dimanche d’été, un inconnu pris de folie meurtrière pénètre dans une maison isolée. Desmond G. Blur, huit ans, assiste impuissant à la mort de sa petite sœur. Sa tante est égorgée. Sa mère laissée pour morte. Lui-même est gravement blessé d’un coup de couteau sous le cœur. Il ne doit la vie qu’à son chien, lequel met en fuite l’agresseur. De ce cauchemar, Desmond porte le fardeau et n’aura de cesse de chercher celui qui a dévasté sa famille, épluchant les faits divers, nouant des rapports privilégiés avec la police. Un autre homme, absent ce jour-là, Benjamin Blur, son père, le hante par son silence et la distance qu’il met entre eux depuis le drame. Au fil des années, Desmond parvient cependant à se reconstruire, puisant dans la vocation de journaliste un peu de cet entêtement d’enfant, explorant les coulisses du crime. Chroniqueur au Chicago Sun-Times, il reçoit le prix Pulitzer pour sa contribution au témoignage de l’évolution de la violence dans les banlieues de Chicago. La mort d’un ami et collègue photographe le décide à quitter la profession, engendre une remise en question. Desmond enseigne un temps la sociologie du crime, publie ses premiers ouvrages. La mort de son père en 2010 opère une nouvelle cassure : il quitte définitivement Chicago et se retire en Arizona, dans la maison que ce dernier lui a léguée, un chalet paisible et chargé de secrets.

En juillet 2011, sa rencontre avec Lola Lombard, une Française à la recherche de son mari volatilisé sur la Route 66, est déterminante. Ensemble, ils remontent le passé jusqu’à l’homme à l’origine du massacre de sa famille et révèlent l’existence d’un tueur en série ayant sévi sur la Mother Road depuis une cinquantaine d’années, lequel n’est autre que David Owens, le demi-frère de Benjamin Blur. Un oncle que Lola aura, sans le vouloir, tiré de sa tanière et livré à son neveu. Irrémédiablement, les hasards du destin semblent relier Desmond à cette femme.