Le Baiser de Pandore de Patrick Ferrer


Le livre : Le Baiser de Pandore de Patrick Ferrer. Paru le 4 Juillet 2017 aux Editions Incartade(s). 19.00 euros. 278 pages. 22 x 3 x 14,5 cm.


4ème de couverture :
Je m’appelle Paul Heyland. Je suis flic, commissaire à la Crim. Lorsque j’ai été affecté au meurtre de Julien Delatour, assassiné un froid matin d’hiver dans une chambre d’hôtel de luxe, je n’y ai vu qu’une sale enquête de plus… J’avais tort. Je me souviens encore des lumières blafardes de cette salle d’interrogatoire où je l’ai rencontrée, la suspecte que tout accusait. Une Ukrainienne aux yeux gris. Belle, triste, mystérieuse. J’aurais dû me douter que tout cela allait mal se terminer… Pourquoi suis-je resté sourd aux voix qui me chuchotaient à l’oreille de tourner le dos et m’enfuir ? C’était le début de la fin. Une longue course semée de cadavres, comme autant de cailloux blancs laissés à mon attention, qui allait m’entraîner dans une poursuite effrénée jusqu’aux confins d’une Russie encore hantée par les fantômes du passé. Au bout de la route, je savais que je n’en sortirais pas indemne. Tous ces macchabées croisés durant ma carrière de flic me l’avaient déjà annoncé. Mais depuis l’instant où j’avais croisé son maudit regard gris, je n’avais plus le choix…

L’auteur : Une des « étoiles montantes parmi les nouveaux auteurs » (IDBoox), doté d’une « grande élégance d’écriture » (NouvelObs.com), Patrick Ferrer fait partie des talents ayant émergé de l’auto-édition. Ayant depuis toujours la littérature dans le sang, Patrick a été un temps bouquiniste sur les quais de Seine et a bourlingué dans divers métiers du livre avant de se consacrer à l’écriture. Le Baiser de Pandore, son premier roman, s’est écoulé à plus de 9 000 ebooks dès sa sortie, rencontrant un succès immédiat auprès des lecteurs et de la critique.

 

Extraits :
« Elles avaient l’habitude de ce genre d’humiliation, préliminaires à une autre démonstration de cruauté de la part du camarade Bourguinov.
– Votre silence ne fait qu’aggraver votre cas. Est-ce ainsi que vous remerciez le Parti des faveurs qu’il vous fait en vous recueillant, en s’occupant de vous comme ses propres enfants, vous que même vos parents ont renié ?
Des larmes de fatigue et de peur roulaient déjà sur les joues des plus jeunes mais aucune voix ne s’éleva.
– Très bien, je vais devoir désigner l’une d’entre vous au hasard. Vous ne me laissez pas d’autre choix. »

Les Lectures de Maud :

Le Baiser de Pandore de Patrick Ferrer.

Le lecteur est tout de suite embarqué dans les années 1990, post chute Mur de Berlin, explosion du bloc soviétique. Le personnage principal, Paul Heyland, flic intègre qui pressent se faire promener et manipuler dans son enquête par des ombres qui le dépassent. Fort de son caractère, il ne croit pas à cette vérité qu’on lui sert sur un plateau et qui a l’air de contenter tout le monde jusque dans les plus hautes sphères politiques et judiciaires. Débarqué proprement de la Crim, il devient enquêteur privé et va poursuivre sa quête de vérité. Il va se rendre en Russie, rien, ni personne, ne le prépare à ce qu’il va y trouver. Il va rencontrer de nombreux protagonistes, sont-ils des Amis ? Des Ennemis ? Comment faire la différence dans ce pays où la corruption et le KGB règnent, où les vérités sont étouffées ?
Un thriller d’espionnage mené tambour battant par l’auteur, aucun temps mort, de nombreuses explications nécessaires à la compréhension du contexte géopolitiques de l’époque nous sont apportés par l’auteur. Une plume à la fois dynamique et passionnante. Le lecteur sent la pression montée, vit les déboires de Paul comme s’ils lui arrivaient à lui-même. Les pages se tournent sans que l’on s’en rende compte, tant l’atmosphère est à la fois grisante et enivrante. Les descriptions accompagnent l’environnement austère de la situation dans laquelle va se retrouver Paul, le lecteur est rapidement acquis à sa cause. Que va-t-il réellement trouver comme vérité ? Pourra-t-il l’accepter ? Quelles conséquences pour sa vie personnelle à jamais changée suite à certaines révélations ?
Une très agréable découverte sous haute tension, j’ai beaucoup frissonné pour Paul lors de cette lecture, on s’attache vite à ce personnage, une fin indescriptible tant elle est surprenante… Vivez ce voyage et vous verrez !!!

Je présente mes excuses auprès de l’auteur pour mon retard et le remercie pour sa confiance et sa patience

Version lue : Numérique

Mention : premier roman

Norilsk – Caryl Ferey


Le double billet de collectif polar.

Deux chroniqueuses pour un même bouquins.

Aujourd’hui c’est Kris et Ge qui vous donne leur avis

Et là le livre c’est :

Norilsk de Caryl Ferey.  Paru le 12 octobre 2017 chez Paulsen dans la collection Démarches.  19€50 ; (156 p.) ; illustrations en noir et blanc, cartes ; 21 x 14 cm

4eme de couv

Norilsk, Nord de La Sibérie.
La ville de plus de 100 000 habitants la plus septentrionale.
L’une des plus polluées.
Un ancien goulag ou les bâtiments soviétiques s’effondrent.
Un froid qui l’hiver peut atteindre – 60°C.
La plus grande mine de nickel au monde tenue par des oligarques.
Une ville fermée que l’on ne peut atteindre qu’avec l’autorisation du FSB.
Deux mois par an de nuit totale.
Une population majoritairement constituée de mineurs.
Espérance de vie lamentable.
Une ville sans animaux, sans arbres, sans rien.
En résumé la ville la plus pourrie du monde.
Mais pour affronter l’enfer sibérien j’avais ma botte secrète : La Bête.

L’auteur : Caryl Férey a parcouru l’Europe à moto, puis a fait le tour du monde à 20 ans. En 1998, il publie le remarqué Haka (édition Baleine) suivi, dans la Série noire de Gallimard, par Utu (2004), Zulu (2008), Mapuche (2012), Condor (2016).

 

 Extrait : 
Léo m’expliqua ce que représentait la photographie pour lui, pourquoi il ne tenait pas à en faire son métier mais plutôt un art de vivre, grimper sur les toits et capturer l’image, l’éternité d’un instant – « l’instant photographique » selon Cartier-Bresson – , sans réagir à des commandes ou aux chants des institutions qui tueraient sa liberté créative. Surtout, Léo aimait sa ville ; malgré tout ce qu’elle trimbalait comme déchets et mauvaise réputation, il en avait marre de voir les journalistes la maltraiter, la décrire comme exclusivement négative, que ce soit en photos ou sous forme de documentaires c’était toujours la même chose, Norilsk-la-laide, la-polluée, Norilsk et sa population abrutie par la mine, la télévision et l’alcool, dans l’attente d’en sortir un jour peut-être, de préférence pas les pieds devant.
– Regarde ! plaidait-il. On travaille tous à la mine mais je suis photographe, Dasha est graphiste et fait aussi de belles images. Tu as bien vu : on est poètes, musiciens, dessinateurs, peintres, comédiens, ingénieurs du son, violonistes ! Il n’y a pas de marché ici pour qu’on en vive, Norilsk est trop loin de tout, l’art est un hobby, on n’a pas le choix, mais on le vit à fond, en le partageant avec les autres. C’est aussi et surtout ça, Norilsk… Je t’en prie, dis-le dans ton livre : dis-leur que notre ville mérite mieux que ça.

Le petit avis de Kris

Il ne faut pas prendre Norilsk comme un roman ou un polar, il s’agit plus là d’un constat, d’un état des lieux de cette ville perdue de Sibérie et d’états d’âmes de l’auteur.
Toutefois il y a un manque quelque part !! On ne ressent pas l’âme de cette ville peut-être parce que l’auteur n’a pas rencontré les bonnes personnes.

Autant je m’étais éclatée avec « Pourvu que ça brule » autant là je me suis limite ennuyée malgré l’écriture toujours aussi riche de Caryl, nous avions été habitué à mieux !
Ça se lit !

 Le petit post-it de la bibliothécaire

Voici un livre peut ordinaire. Ce récit est avant tout une commande de l’éditeur à Caryl Ferey, notre écrivain bourlingueur.

Récit d’un voyage que l’écrivain a entrepris en Sibérie au-delà du cercle polaire, à Norilsk. Cet ancien goulag devenu la plus grande cité minière et la ville la plus polluée du monde, est accessible seulement aux non-Russes et sur autorisation des services secrets, le Service fédéral de sécurité de la fédération de Russie.

Il est parti avec un pote dans cette cité noir d’où on ne sort jamais ou alors les pied devant.

Alors Caryl est rentré en immersion comme on devine qu’il le fait habituellement quand il est en repérage pour ces romans. Il s’est mis au diapason des mineurs, il a cherché à les comprendre. Son empathie allons jusqu’à l’overdose de vodka.

Bref ça sens la suie, la sueur, la testostérone et l’alccol. Du Caryl Ferey dans toute sa splendeur;

Ilya Kalinine de Jérôme Camut et Nathalie Hug.


Le livre : Ilya Kalinine de Jérôme Camut et Nathalie Hug. Paru le 3 mai 2017 chez Le Livre de Poche dans la collection Thriller.  6€60 ; (185 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv : 

Il y a Kalinine

On a raconté beaucoup de choses sur Ilya Kalinine. On a dit de lui que c’était un monstre, un assassin de la pire espèce qui tirait son plaisir de la souffrance de ses victimes. On a dit aussi qu’un seul homme ne pouvait pas avoir tué autant de gens et qu’il devait s’agir d’une légende derrière laquelle se cachait une organisation criminelle.

D’autres ont prétendu qu’il n’existait pas.

Et pourtant, Ilya Kalinine a existé.

Depuis cet endroit et ce jour où j’écris ces lignes, je suis sans doute la dernière à pouvoir raconter son histoire.

Je m’appelle Vera et je suis la mère d’Ilya Kalinine. Il est le fruit de notre époque. Il en a la dureté.

Je l’ai élevé, je l’ai aimé, il m’a aimé en retour.

Les monstres n’aiment pas, je peux vous le dire.

Ou alors, nous sommes tous des monstres.

 

Les auteurs : On ne présente plus ce couple d’auteur qui sont comme vous le savez mes chouchous. Mais ce n’est pas parce que je les adore que je suis complaisante avec eux ! Bien au contraire. Mon exigence est décuplée. Si je suis parfois indulgente avec des nouvelles plumes, plus avec Jérôme Camut et Nathalie Hug je ne leur passe rien. Il faut dire que leur premier polar à 4 mains m’a mis KO direct ! Prédation c’est juste le meilleur thriller que j’ai lu l’année de sa sortie. Donc maintenant mon niveau d’exigence est au max avec mes chouchous
En 2004, Jérôme Camut publie les deux premiers tomes de la tétralogie Malhorne aux Éditions Bragelonne. Nathalie Hug se les procure et contacte Jérôme sur Internet. Ils se rencontrent peu après. Ils ne se quitteront plus et commencent très vite à écrire ensemble. Ils ont publié aux Éditions Télémaque la trilogie Les Voies de l’ombre, rééditée au Livre de Poche.

 

Extrait :
Monter un réseau de prostitution pour contrer les réseaux de prostitution, c’est un peu comme lancer une guerre contre la guerre. Ça semble absurde. Et ça l’est peut-être, mais ce qui l’est plus encore, c’est l’inaction, considérer la prostitution comme un mal nécessaire tout en abandonnant des millions de femmes et d’enfants entre les mains de malades mentaux, des hommes privés d’empathie et de compassion qui n’hésitent pas à broyer ces vies pour s’enrichir. 

Mon avis :

Ils sont sympa tout de même Jérôme Camut  et Nathalie Hug, il nous offre comme cela un court roman de 185 pages, rien que pour notre plus grand plaisir et histoire de nous faire patienter avant le prochain qui devrait sortir en octobre chez Fleuve éditions. Et oui Nathalie et Jérôme intègre la collection Fleuve Noir.

Bon en attendant qu’est ce que je me suis régalée en découvrant l’enfance et l’adolescence de Kalinine. Car Nathalie et Jérôme, ou l’inverse peu importe, sont passés maître dans la création littéraire de vrais méchants. on se souvient tous de Kurtz, leur « méchant » de la série les Voies de l’ombre. Aussi avec Kalinine, il lui ont magiquement trouvé un remplaçant. Un putain de remplaçant ! Alors vous pensez, entrer dans l’intimité de celui-ci, cela ne ce refuse pas, surtout qu’on se doute qu’ils va y avoir des révélations.

Ilya Kalinine et sa soeur, Tania sont abandonnés à la naissance puis illégalement adoptés, Aussi, malheureusement ils sont placés à l’orphelinat . Après cinq ans de misère passés edans cet orphelinat, les enfants s’échappent.  Ils vont devoir se débrouiller pour survivre par leurs seuls et propres moyens. Plus tard…Le garçon infiltrera un réseau de prostitution, animé par son désir de vengeance. Le récit des origines d’un méchant de la série W3, assassin redoutable ou prête-nom d’une organisation criminelle.

Alors oui…Quel pied de retrouver Illya Kalinine dans ce court roman. Le héros, ombre du mal de W3 nous revient et on ne peut que remercier Nathalie Hug et Jérôme Camut pour ce fabuleux cadeau.
Enfin on découvre l’enfance et l’adolescence de Ilya, on en apprend plus sur sa sœur Tania. On comprend mieux la force de caractère de ce personnage, on appréhende mieux ses faiblesses.
C’est toute la force de l’écriture des auteurs que de nous faire entrer en empathie avec un tel homme, tellement complexe et paradoxal. Un vrai criminel qui tue de sang froid mais pour lequel on ressent une forme d’amour. Car il est impossible de détesté Ilya Kalinine, et encore moins maintenant que l’on connait ses secrets.

Nathalie Hug et Jérôme Camut offrent un récit très sombre des origines d’Ilya Kalinine, le criminel qui hante la trilogie W3, dont le premier volet, Le Sourire des pendus, a obtenu le Prix des lecteurs policier du Livre de Poche.

Merci Jérôme, merci Nathalie vous êtes des amours.

 

Aussi comme vous l »aurez compris, ces deux là sont mes chouchous du week-end aussi pour l’occasion de jouer avec nous à à petit concours  flash afin de remporter ce titre dédicacé par nos auteurs lors du prochain festival Saint Maur en Poche les 24 et 25 juin prochain.

Alors retrouvez moi ICI pour découvrir ce petit jeu concours.

A tout de suite !

 

Ulan Bator de Richard TABBI


ulan_b10Ulan Bator de Richard Tabbi Paru en juin 2015 chez Riez éditions dans la Collection Sentiers Obscurs. 16€00 ; (330 pages) ; 20 cm x 14 cm 

4ème de couverture

« Solo Aggrigente est persuadé d’écrire des polars tout ce qu’il y a de classique, alors qu’obsédé par la tétralogie d’Alien il écrit en réalité des romans de SF. Il est marié avec Asako, artiste plasticienne de renommée internationale qui lui annonce qu’elle part en tournée mondiale à l’instar d’une rock star, lui laissant leur fils de 18 mois sur les bras. Ses ennuis commencent le jour où le chanteur des Kyoto Motel se fait décapiter, événement qu’il avait prédit dans l’un de ses romans. Peu après, deux faux flics mongols font irruption chez lui. Commence alors une course folle alcoolisée sur fond de chamanisme, de soviétisme, et d’invasion extraterrestre. La réponse à ses déboires se trouve – peut-être – à Ulan Bator. »

ulan-2015-glassesL’auteur : Richard Tabbi est né en 1967 dans le sud de la France. Après des études d’histoire religieuse médiévale, il a été successivement militaire, enseignant, documentaliste, rédacteur, journaliste, commercial, maçon, ouvrier agricole, bibliothécaire, peintre en bâtiment… Richard Tabbi vit au Havre. 
Son premier roman, Zombie planète, a été publié en 2003 aux éditions Mango. Il a aussi collaboré sous la forme d’essais et de nouvelles aux revues Twice, Bordel, Houelle. Il a signé les textes de l’album « La fiancée d’Uranus » du groupe Parisatori qu’il a fondé avec Patrick Jouanneau.
En 2012 il publie avec Ludovic Lavaissière Moi & ce diable de blues aux éditions du Riez, polar hallucinatoire au style vitriolique béni par Jean-Pierre Dionnet.
Ulan Bator est conçu comme une « suite mentale » à Zombie planète.
Extrait :
« La Volvo empruntait une descente interminable vers la vallée en direction de Saint-Etienne, les arbres du bord de la route, en ce début d’après-midi, ressemblaient à des golems paranoïaques. »

 

Résumé et petit avis :

Il y a quelques temps, plus d’un an déjà,  Richard Tabbi prenait contact avec moi via facebook. Il me proposait son roman à lire et à chroniquer.

Bonjour Geneviève, je lis avec intérêt vos chroniques, et je ne sais si mon éditeur vous a envoyé mon dernier polar, ULAN BATOR. Si ce n’est pas le cas et que cela vous intéresse, n’hésitez pas à me le faire savoir, ce sera avec plaisir.  
Belle journée à vous 😉

Bonsoir Richard,

Merci de votre sollicitude. Je ne me souviens pas avoir vu passer votre livre. Pour autant, je vous avoue que je n’aurais pas le temps de le lire dans les prochaines semaines voire les prochains mois. C’est fort dommage, j’en suis consciente, mais malheureusement mon travail de sélection pour les bibliothèques parisiennes, m’oblige à être dans l’actualité éditoriale immédiate.

Aussi, si vous le voulez bien, je vous propose une solution alternative. Vous m’envoyez votre roman, je le propose à un des chroniqueurs de mon blog et lui demande une petite lecture ainsi qu’un petit avis. Vous en dites quoi ?
Bien cordialement 

L’affaire fut ainsi faite, je recevait quelques semaine après le livre de Richard. Je demandais autour de moi qui voulait bien le lire et me donner leur avis. Deux lecteurs se proposèrent. De mon coté, j’oubliais ce titre, trop à mes propres lectures et mes autres occupations !

Puis l’auteur est revenu vers moi, je ne savais même plus qui étaient les lecteurs d’Ulan Bator. Alors je suis allée faire un petit tour d’horizon. Et là mes deux lascars m’avouaient soit n’avoir pas du tout accroché à l’histoire, soit avoir abandonné le livre. Ce livre est vraiment très atypique, pas franchement un polar comme je les aime. L’auteur mélange trop de genre, je m’y suis perdue.

Voilà quelles sont été les réponses. J’étais bien avancé. Aussi je me décidais enfin à trouver une place dans mon planning de lecture déjà surchargé pour lire ce titre. Mais avant il fallait que je le commande chez mon libraire.

Et voilà comment j’ai fini par lire Ulan Bator.

Et bien mes aïeux, ça réveille.

Punaise, en effet ce truc est un OVNI ou plutôt un OLNI, vous savez un Objet Littéraire Non Identifié.

Hallucinant, percutant et violent ! déstabilisant et survolté

C’est déjanté mais drôle, déstabilisant et jubilatoire à fois

Imagine un type plutôt doué pour écrire de polars noirs qui a connu son heure de gloire et qui fait mourir son héros.  Un mec qui épouse la femme dont il est follement amoureux suite à leur rencontre sur un plateau télé. Un mec qui veut écrire son chef d’oeuvre, mais qui visiblement rame sec pour le mettre en forme. Un mec qui cherche la vie parfaite, chez lui en bord de mer avec sa petite famille. Et comme son roman SF ne voit pas le jour, l’ancien alcoolique mondain devient un alcoolique tout court. Aussi le jour où sa femme lui annonce qu’elle part en tournée mondiale, la vie de notre bonhomme part à la dérive. Surtout qu’il se retrouve à devoir gérer seul leur fils de 18 mois.

En plus les extraterrestres qui lui font défaut dans son roman viennent s’inviter dans sa vie quotidienne.

Bref, tout dérape et ça part dans tout les sens. On va vivre un road tripe démentiel.

Couses poursuite, situations rocambolesques et paysages étourdissants.

Tout est en place pour nous faire vivre une expérience hors du commun.

Ah oui, et que dire de l’illustration de couverture de  Philippe JOZELON !!!

Découvrez les premiers chapitres sur Ici !

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Un mensonge explosif de Christophe Reydi-Gramond


9782867467295,0-2127687Le livre : Un mensonge explosif  de Christophe Reydi-Gramond. Paru le 27 mai 2014 chez Lian Levi dans la collecrion Policier. 19€ ; (363 p.) ; 21 x 14 cm
 9782264065100,0-2561238&Réédité en poche le 2 avril 2015 chez 10/18 dans la collection Domaine policier. 8€40; (405 p.) ; 18 x 11 cm

Quatrième de couverture

Toulouse, 21 septembre 2001. Un ornithologue de onze ans assiste à la catastrophe qui ébranlera la ville et le pays tout entier. Une déflagration, un éclair gigantesque et l’usine chimique explose, faisant des dizaines de morts et des milliers de blessés. «Un accident industriel à 99 %», déclarent d’emblée les autorités. Clovis Lenoir, commissaire à l’Antiterrorisme, sait bien qu’à quelques mois des présidentielles, cette vérité officielle est plus présentable que la menace d’attentat qu’il traque depuis des semaines. Mais cette piste est-elle la bonne ? Là encore, trop de lacunes et d’invraisemblances jettent une ombre suspecte sur ce qui s’est réellement passé ce jour-là. Un journaliste trop bien renseigné, un physicien idéaliste, un espion injoignable, une businesswoman aux dents longues sont quelques-uns des personnages qu’il croisera dans cette enquête gigogne éclatée entre la France, les États-Unis, le Brésil et la Russie.

Dans ce thriller ingénieux, Christophe Reydi-Gramond superpose à plaisir les leurres et les vérités pour laisser son lecteur ravi d’avoir été si brillamment manipulé.

crgL’auteur : Christophe Reydi-Gramond est né à Bordeaux en 1964. Après plusieurs années de bourlingue, notamment au Sénégal et dans les Caraïbes, il passe par la publicité. Aujourd’hui, il anime la communication institutionnelle d’une grande entreprise française et vit dans le centre de la France.
Extrait :
Soudain, une détonation, aérienne, comme le bang d’un avion, suivie d’un sifflement formidable, le fit bondir sur ses pieds. L’œil vissé au reflex, il essaya de comprendre d’où ça venait. Le sifflement s’arrêta net, et un grand éclair rectiligne jaillit du pied de la colline, parallèle à la surface de la Garonne. Le trait de lumière traversa l’étendue du pôle chimique en une fraction de seconde, jusqu’à toucher une ligne à haute tension. Au moment où tous les câbles de celles-ci se rompaient en serpentant dans un tourbillon d’étincelles, Hugo sentit un grondement : la colline tremblait. Il vit alors la cheminée de l’usine d’engrais décoller, lentement, comme les fusées à la télévision, en même temps qu’un hangar se volatilisait.
Alors l’horizon tout entier s’enflamma en un magma aveuglant. Vint le bruit. Vint le souffle. Vinrent la poussière et l’odeur. Enfin, le silence retomba..

 

Résumé et petit avis :

Le 21 septembre 2001, dix jours après les attentats du World Trade Center, une usine chimique explose au sud de Toulouse faisant 31 morts et 2.500 blessés. Alors que les autorités concluent à un accident industriel, pour certains, des invraisemblances persistent. Le suicide d’un journaliste entraîne le commissaire de l’antiterrorisme Clovis Lenoir à mener son enquête.

Ce thriller exceptionnel m’a tout de suite intriguée dès sa sortie en poche, surtout que c’était un premier roman et que j’étais totalement passé à coté lors de sa première édition en grand format.

9782264065100,0-2561238Et puis sa couverture m’a tout de suite interpellée, il faut dire que je bossais à l’époque sur une sélection de polar autour de l’écologie.Et comme j’en avais parlé à Caroline, la libraire de Terminus Polar où je traînais volontiers le midi durant ma pose déjeuner, elle me l’avais mis de coté.

Alors je l’ai acheté et je l’ai lu, sachant que quelques semaines après j’allais pouvoir rencontrer l’auteur au salon Saint Maur en Poche.

Et j’ai lu le livre qui m’a bluffée. Et j’ai rencontrer l’auteur et nous avons parlé de ce livre.

Et Christophe Reydi-Gramond de me dire : «Dès les premiers jours, j’ai été plus qu’étonné par le traitement de l’information sur l’explosion de l’usine AZF. J’avais l’impression désagréable qu’une vérité officielle cherchait à s’imposer aux forceps et j’ai commencé à m’intéresser au dossier. Cela a conforté mon sentiment mais je percevais aussi que l’on ne connaîtrait probablement jamais la vérité. Toute cette documentation m’est également apparue comme un formidable matériau romanesque. Tout y était : la mort, le mensonge, les pressions du pouvoir, la rébellion d’acteurs isolés. David contre Goliath, mais aussi Antigone contre Créon… Alors j’ai décidé de proposer une explication fictionnelle qui concilie l’inconciliable.»

Alors oui le traitement fictionnel de ce drame est totalement réussi. Sa thèse sur les causes de cette explosion sont plus que réalistes même si au premier abord elles peuvent paraître totalement surréalistes. Mais la documentation, l’argumentation de l’auteur sont telles que nous sommes totalement adsorbés par cette histoire qu’il nous conte.

Les thèmes développaient dans Un mensonge explosif vont au-delà de ceux d’un polar classique puisque les problèmes de géopolitique liés à l’énergie du futur y sont abordés.

Son intrigue est complexe et tellement intelligente. Un mensonge explosif  est un roman choral. Les personnages sont tellement crédibles, tellement incarnés.

Un mensonge explosif  est un roman explosif. C’est vraiment de la bombe ce roman ! Oui je sais elle était facile celle-ci !

 

 

Lire ICI le début

 

W3, le calice jusqu’à la lie de Jérôme Camut et Nathalie Hug


$$&$$$Le livre : W3 : Volume 3, Le calice jusqu’à la lie de Jérôme Camut & Nathalie Hug. Paru le 1er avril 2016 chez Telémaque. 22€ ;   (829 p.) ; 22 x 15 cm.

4e de couv :

Le calice jusqu’à la lie

W3

Volume 3

Les locaux du site d’info W3 ont été soufflés par une terrible explosion.

Qui est responsable de ce massacre ?

Ceux qui ont échappé à la mort vont très vite comprendre qu’ils ne sont pas sortis d’affaire.

Sur les décombres encore fumants de l’immeuble, les drames se nouent et les destins s’entrelacent une dernière fois.

La plus unie des familles peut-elle résister à tant d’horreur ?

Après le succès des deux premiers volumes de la série, dont le premier a été optionné pour la télévision, Jérôme Camut et Nathalie Hug clôturent la saga W3 sans laisser le moindre répit à leurs personnages.

Les meilleures choses ont une fin… pas les pires. Il faut boire le calice jusqu’à la lie.

13151595_1261217997246243_1451113828957640174_nLes auteurs :

Jérôme Camut est née en 68

En 2004, Jérôme Camut publie les deux premiers tomes de la tétralogie Malhorne. Nathalie Hug se les procure et contacte Jérôme sur Internet. Ils se rencontrent peu après. Ils ne se quitteront plus et commencent très vite à écrire ensemble. Pour exemple l’excellente et palpitante tétralogie Les Voies de l’ombre.

Résumé et petit avis :

« Les locaux de W3 ont été soufflés par une terrible explosion…

Qui a voulu museler à jamais la voix des innocents et celle des opprimés ? Et s’il ne s’agissait pas d’un complot d’état comme tous le pensent ? S’il s’agissait d’une tout autre cause que les membres de W3 n’ont pas su voir ?

Pour les blessés et les survivants commence alors une nouvelle vie. Sous le signe de la reconstruction pour les uns, du renoncement pour les autres, une vie pleine d’amertume, de chagrin et de dangers.

Ce n’est pas parce qu’ils ont survécu à l’explosion qu’ils sont sortis d’affaire. Car ceux qui ont voulu les détruire sont toujours là, et cherchent à terminer leur funeste mission.

Sur les décombres encore fumants de l’immeuble de W3, des destins s’entrelacent, d’autres se heurtent, de nouveaux drames se nouent. Des amours naissent, d’autres se renforcent, et d’autres volent en éclat. Même l’espoir qu’agir avec W3 a du sens est menacé…

La plus unie des familles peut-elle résister à tant d’horreur ? Pas sûr…

Dans la série W3, on est embarqué avec les Camhug. Les personnages semblent réels, leur histoire l’est. Et la philosophie de la trilogie rejoint le cynisme de notre réalité. Il faut boire le calice jusqu’à la lie… »

Ces auteurs ont du génie ! Ils nous avaient laissés abasourdis, désemparés. Nous étions avec nos héros sous les décombres de l’immeuble de la rue des bleuets. Et si nous étions spectateurs impuissants, nous pleurions nos morts. Car notre monde s’écroulait. Qui avait bien pu survivre à ça. Combien de morts, de blessés, de survivants engloutis !

Quelle fut longue cette attente entre le deuxième opus et sur troisième volet. Que d’angoisses et de questions qui ne trouvent pas de réponses !

Et puis enfin la délivrance.

Dès que j’ai eu ce livre entre les mains, et j’ai eu de la chance de l’avoir en avant première, j’ai voulu le dévorer pour connaitre la suite, découvrir très vite qu’elle héros étaient morts, quels étaient ceux qui avait survécu. Je ne suis dit : » je vais m’avaler ce pavé en 3 jours. 300 pages par jours c’est jouable ». « L’impatience à ces limites, maintenant je veux savoir et je veux connaitre la fin !  » Alors je ne suis lancée à corps perdu dans cette lecture. Et puis au bout d’une heure, j’ai tout arrêté ! Cette précipitation ne servait à rien puisque de toute façon, je n’en savait pas beaucoup plus et surtout je manquais trop de détails importants et …C’est dans ces détails que se cachent sans doute la vérité.

Mais le coups de génie des auteurs c’est d’avoir fait débuter le livre, une heure avant la fin du précédents.

Nous allons donc revenir dans les locaux de la rue des bleuets au siège social du journal avec toute cette joyeuse bande de fêlés que sont l’équipe de W3. Nous allons voir chacun des protagonistes arriver, s’installer. Nous allons renter dans ces bureaux, assister au préparatifs de la petit fête donnée en l’honneur de Léon Castel pour sa sorti de prison. Un Léon qui se fait attendre, mais on ne pouvait pas en attendre moins de cet énergumène. On va être au plus près des conversations, on va percevoir l’état d’esprit de chacun. On va renouer avec nos héros, nous les réapproprier. Surtout que l’on sait ce qu’il va se passer dans quelques dizaines de minutes. On va d’autant plus savourer ses retrouvailles car on ne sait pas ce qu’il va advenir d’eux dans quelques dizaines de pages.

Alors j’ai repris ma lecture, m’attachant à percevoir ce qui se cacher derrière chaque mot de Jérôme et Nathalie. Et j’ai bien fait. J’ai apprécier chaque phrase, ne manquant aucun signe de ponctuation. Et calant ma respiration sur le rythme de l’histoire. Et j’ai pris la décision de poursuivre cette lecture que lors des moments de calme dans ma vie de dingue. Hors de question d’en faire un livre de transport, de métro. NON, je veux pouvoir être au calme, seule avec la musique des mots et du livre. Même si quelques fois j’ai laisser de coté ma lecture durant quelques jours, je savais exactement où j’en étais dans l’histoire tellement je l’avais lu avec une attention redoublée la fois d’avant. Je ne lisais plus ce livre, je le vivais, je le laissait s’imprégner en moi.

Et j’ai pleuré, j’ai eu peur, j’ai tremblé avec et pour mes personnages. Oui je dis bien mes personnages. J’aurai même pu dire mes potes, mes amis. Jérôme et Nathalie ont tout fait pour que je m’attache à eux. Ils leurs ont tellement donné vie, donné corps. Ils sont tellement incarnés. Laura et Sookie ont bien changé depuis le départ de cette histoire, de leur histoire. Et puis il y a ce personnage de méchant, ces personnages de méchants. Car un méchant ici peut en cacher un autre.

Alors à  nouveau je vais vivre avec eux des histoires de dingues. Je vais découvrir comment les survivants vont vivre leur deuil, comment ils comptent mettre en oeuvre leur résilience. Et là encore les auteurs ont su me surprendre. Je vous l’ai dit ils ont du génie.

Car  ce tome 3 de W3 est construit comme un véritable thriller, des chapitres cours, des rebondissements, des cliffhangers qui nous laisse sans souffle. On découvre de ci et de là des révélations, elles sont distillées juste au bon moment, juste pour nous faire craindre le pire ou espérer le meilleur. Tous ici est tellement bien amené  pour nous accrocher et à ne plus lâcher ces histoires qui s’entrecoupent et se rejoignent. Il y a un tel souffle épique, une telle puissance d’évocation. Cette lecture est tellement visuelle. Et le final, non de dieu,  quel final ! Oui quel final !!!

Pour autant W3 n’est pas qu’un simple roman d’aventures c’est aussi de belles histoires d’amour, de vengeances…. C’est aussi une chronique sociale, un roman noir qui dénonce et pointe du doigt certains manquements ou abus de nos administrations, des médias, de l’Etat, et les dysfonctionnements de la justice. Un coup de gueule contre ces dérèglements mais aussi un plaidoyer pour la justice, les droits des opprimés, un brûlot dénonçant la traite de l’être humain mais W3 c’est aussi un bel hymne aux femmes.

W3 va me hanter longtemps.

Ce n’est pas qu’un simple roman. Avec cette trilogie, les Camhug construisent une oeuvre.

 Nathalie, Jérôme, ça ne peut pas être totalement fini ? Dites-moi que l’on va replonger dans l’histoire originelle de nos personnages ? Qu’on va revivre un peu encore avec eux ?

Nathalie, Jérôme ne nous laissez pas orphelins !

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L’investigateur de Margarita Khemlin


Mes petites lectures

9782882504036,0-3018774Le livre : L’investigateur  de Margarita Khemlin.Traduit du russe par Bernard Kreise.Paru le 18 février 2016 aux Editions Noir sur blanc.21€ ; (334 p.) ; 23 x 15 cm

 

Quatrième de couverture

« Sache que moins il y a de poissons à l’hameçon, mieux ils tiennent. »

Une nuit de mai 1952, dans une petite ville du nord de l’Ukraine, la belle Lilia est assassinée d’un coup de couteau. Est-ce un règlement de comptes ? Un crime passionnel, un complot antisémite ? Que savent la modiste, le haut fonctionnaire déchu ou la soeur jumelle de la victime ? Dans cette période d’après-guerre, tout le monde a quelque chose à cacher… Le policier Tsoupkoï, figure médiocre et radicalement soviétique, qui est aussi le narrateur du récit, est chargé de l’affaire. À mesure que l’enquête progresse, se dessine le portrait d’une population marquée par les répressions, les privations et les séquelles d’une guerre qui a décimé la communauté juive. Dans la « fraternité soviétique » imposée à toutes les couches de la société, on ne parlait pas de discrimination et d’antisémitisme… Mais l’enquête fera voler en éclats ce consensus hypocrite.

74+78+45L’auteur : Née en 1960 à Tchernigov, en Ukraine, Margarita Khemlin a étudié à l’Institut de littérature Gorki. Elle est l’auteur de plusieurs ouvrages, qui ont été sélectionnés pour les plus grands prix littéraires (Bolchaïa Kniga, Booker prize russe, NOS). Elle revendique l’influence de Tolstoï, Gogol, Agatha Christie et Georges Simenon. L’Investigateur est considéré par la critique russe comme son meilleur roman. C’est le premier traduit en français. Margarita Khemlin est décédée en  octobre 2015 à Moscou.

Mes petites lectures

Résumé et petit avis

En 1952, sous Staline, une femme est assassinée dans une petite ville proche de Tchernigov, en Ukraine. Elle a fait partie de la résistance juive pendant la guerre. Un policier, personnage falot qui est aussi le narrateur du récit, est chargé de l’enquête. Celle-ci va être l’occasion d’un extraordinaire tableau sociologique de la population, marquée par les privations et les séquelles d’une guerre qui a décimé la communauté juive. Dans la « fraternité soviétique » imposée à toutes les couches de la société, on ne parlait pas de ces choses-là. Mais l’enquête fera éclater ce consensus hypocrite et apparaître le mensonge.
Le grand art de Margarita Khemlin, dans ce roman polyphonique, consiste à tenir en haleine son lecteur et à piquer sa curiosité. Chaque personnage semble impliqué dans le meurtre, mais tous se taisent ou ne livrent que des semi-vérités ; ils sont progressivement mis à nu au fil du récit par le policier, figure médiocre et radicalement soviétique, dont la vie personnelle est intimement liée à l’intrigue.

Margarita Khemlin signe un époustouflant roman dans l’URSS répressive et antisémite des années cinquante.

Son  ton et son humour à froid font des ravages.

Un magnifique écriture singulière qui nous transporte dans les méandres de cette société soviétique aseptisée.

Pour lire le début

 

Je m’appelle Lumikki : Volume 1, Rouge comme le sang de Salla Simukka.


9782253191094,0-2338316Le livre :  Je m’appelle Lumikki  ;Volume 1, Rouge comme le sang de Salla Simukka. Traduit du finnois par Sébastien Cagnoli. Paru le 5 novembre 2014 au Livre de poche édition. 15€ ; (277 p.) ; 22 x 14 cm.
4e de couv :

Lumikki Anderson a dix-sept ans. Elle vit dans la ville de Tampere, en Finlande, où elle est étudiante en école d’art.

Jeune loup solitaire, elle ne se mêle jamais de ce qui ne la regarde pas. Mais cette règle est mise à l’épreuve le jour où elle découvre des billets de banque ruisselants de sang en train de sécher dans le labo photo de l’école.

Prise dans un engrenage infernal, Lumikki devra affronter les réseaux mafieux, mais aussi sa propre part d’ombre.

L’auteur :

téléchargement (4)Salla Simukka, née en 1981 le 16 juin, est finlandaise. Elle exerce le métier de traduitrice. Elle écrit essentiellement des livre pour la jeunesse et ces cerre série  » Je m’appelle Lumikki » qui l’a fait connaitre internationalement.

Extrait :
 Sa mère s’étonnait toujours qu’elle aime tant être seule. Ne finissait-elle pas par s’ennuyer ? Lumikki s’abstenait de répondre qu’elle s’ennuyait davantage en société, à écouter les autres parler pour ne rien dire. Plutôt seule que mal accompagnée. Quand elle était seule, elle pouvait être totalement elle-même. Libre.

Résumé et avis

« Il était une fois une fille qui apprit à avoir peur. Les contes de fées ne commencent pas ainsi. Ainsi commencent d’autres histoires, plus sombres. »

A 17 ans, Lumikki Anderson vit dans un studio à Tampere, en Finlande, loin de ses parents et d’un passé encombrant. Elle est étudiante en école d’art. Elle est toujours un peu à part, toujours un peu distance avec ses camarades  elle ne se mêle jamais de ce qui ne la regarde pas. Elle aime observer  ce qui l’entoure et se qui l’intéresse c’est la photographie. Loin des gens. Mais par un matin glacial, elle découvre, dans la chambre noire de l’école, des dizaines de billets. Et une odeur. Une odeur de vieux sang. Malgré elle, Lumikki sort de son réconfortant univers réglé au cordeau pour remonter la piste, percer les mystères de cet argent sale. Face à elle, des flics corrompus, et un dangereux baron de la drogue. Lumikki aura beau tenter de fuir, elle n’a nulle part où se cacher. Or, rien n’est aussi rouge que le sang sur la neige…  La jeune fille solitaire est projetée malgré elle au coeur de sombres machinations.

Lumikki Andersson a un petit coté Lisbeth Salander, peut-être en moins givré. Mais comme elle, elle est plutôt surdoué dans de nombreux domaines, elle excèle en informatique et pratique un sport de combat. Comme elle, elle est très réversée voire solitaire et cache quelques secrets qui la hante…Ce polar finois prend son temps pour se mettre en place, ce n’est pas un thriller pur-jus. Ici c’est l’intrigue qui est au service du personnage et non l’inverse. Et l’auteur y mèle quelques références aux contes des frères Grimm, qui ajoute de l’épaisseur au récit. Un premier opus qui laisse présager de très bonne chose pour les suivants, car on veut absolument en apprendre plus sur notre héroïne en herbe.

9782012042247,0-2267421Avec des droits vendus dans 43 pays, je m’appelle lumikki est la nouvelle série phénomène venue du froid. D’ailleurs en France il y a deux éditions de ce titre. En plus de celle-ci, Je m’appelle Lumikki est paru chez Hachette dans la collection « Black Moon » destiné au Young Adulte.

Le 2e opus de cette série est paru en mai 2015, le 3e volet devrait voir le jour en Novembre.

Le moineau rouge de Jason Matthews


9782749140766,0-2561841Le livre : Le moineau rouge de Jason Matthews. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Hubert Tézenas. Paru le 9 avril 2015 au Cherche-Midi.  21,50 € ; (654 p.) ; 22 x 15 cm

  

Dans la tradition de John le Carré, une plongée hyperréaliste et palpitante au coeur du renseignement.
Bientôt porté à l’écran par David Fincher.

Alors que la Russie de Poutine devient de plus en plus inquiétante pour les Occidentaux, Nate Nash travaille à Moscou pour la CIA.
Il est le contact privilégié d’une taupe ultra-secrète du SVR, héritier du KGB.
Connu sous le nom de MARBRE, ce haut dignitaire renseigne les Américains depuis une dizaine d’années.
Après un incident, la couverture de Nate est mise à mal.
Il est exfiltré vers Helsinki et Dominika, une espionne russe, est envoyée pour le piéger.
Trahisons, manipulations, secrets, mensonges : un jeu dangereux se met en place entre Dominika et Nate, où vie sentimentale et professionnelle ont vite fait de se confondre.
Avec, à la clé, l’identité de MARBRE.
La tempête ne tarde pas à souffler entre Moscou et Washington, jusqu’à un dénouement totalement imprévisible.

De Graham Greene à John le Carré en passant par Ian Fleming, les plus grands auteurs de romans d’espionnage sont tous des anciens des « services ». Jason Matthews ne fait pas exception à la règle. Après plusieurs décennies passées à la CIA, il nous offre un premier roman captivant. Sa connaissance du terrain et de la géopolitique donne un aspect brut et quasi documentaire qui rend plus terrifiant encore ce grand livre d’actualité où la politique, le suspense et l’amour se conjuguent à merveille.

« L’auteur possède une connaissance incroyable de son sujet. J’ai rarement lu un livre aussi abondant en informations, à la limite du confidentiel défense. »
The New York Times

« Un premier roman sublime ! Beaucoup d’ex-agents secrets se sont reconvertis en romanciers, Matthews fait partie des rares dont la seconde carrière va être aussi solide que la première ! »
The Washington Post

6903512L’auteur :

Jason Matthews est un ancien officier de la CIA, expert du contre-terrorisme.
Il a travaillé dans la clandestinité durant de nombreuses années.
Le Moineau rouge a gagné l’Edgar Award du meilleur premier roman.

Extrait  :
« Nash restait la clé, conclut-il. Il maintiendrait sans doute le contact avec son agent depuis l’étranger. Egorov décida donc de ne pas le lâcher, car cette mutation en Finlande pouvait être une ouverture. Gardons un œil sur lui, là-bas. Le SVR faisait à peu près ce qu’il voulait en Finlande, et l’étranger était son terrain de chasse exclusif. Plus besoin de se concerter avec ces minables du FSB. Nous verrons bien, se dit Vania. Le monde était trop petit pour que quelqu’un puisse s’y cacher. »

Résumé et avis

Difficile à résumer :A Moscou, Nathaniel Nash est l’officier traitant, pour la C.I.A., d’une taupe russe de très haut niveau. Nate Nash espionne le milieu politique russe.  MARBRE qui dirige la section Amériques du S.V.R. l’informe régulièrement. Après que les deux hommes ont été a deux doigts de se faire pincer, Nash est transféré a Helsinki mais garde le contact avec MARBRE. Le général Egorov reçoit l’ordre du président Poutine en personne de démasquer le traître dont il veut voir tomber la tête. Egorov se sert alors de sa nièce, la superbe Dominika Egorova. L’espionne russe, est alors chargée de l’éliminer Nate.

On entre de plein pied dans la cour des grands avec ce roman d’espionnage plus vrai que nature. 007 peut aller se rhabiller. Nate Nash est un espion à l’ancienne, à l’heure du tout numérique. Même Q, avec ses petits gadgets électroniques ne pourra pas remplacer l’habileté d’un espion de premier rang. Avec lui, pas de traçage possible. Et puis, ainsi vous allez apprendre comment échapper à une filature. On ne sait jamais, ça peut s’avérer utile. (Oui, j’ai déjà été suivi par une lectrice un peu chelou, c’est même arrivé à des collègues.)

Non, plus sérieusement, avec cet excellent roman de politique fiction, on peut se demander si la guerre froide n’a jamais cessé. C’est captivant comme un bon film, passionnant comme un parfait documentaire. On découvre les dessus des cartes, on comprend mieux le fonctionnement de notre monde, les relations internationales, l’équilibre fragile des forces.

Et forcément on se laisse surprendre par la fin.

Ah, j’oubliai, l’auteur a eu la charmante idée de parsemer son récit de recettes culinaires des pays que traversent nos protagonistes. Cela rajoute du piquant à cette savoureuse histoire qui n’en manque point. Et je n’avais jamais eu la curiosité de me lancer dans la cuisine finnoise et islandaise.

Au fait…Il a remporté l’an dernier l’Edgar Award du meilleur premier roman et sera bientôt porté à l’écran par David Fincher. Espérant que l’adaptation cinématographique soit aussi brillante que le bouquin.

Vade retro Dimitri de Juan Bas


9782812604799,0-1569215Le livre :Vade retro Dimitri de Juan Bas.Traduit de l’espagnol par Karine Louesdon et José Maria Ruiz-Funes Torres .Paru le 17 avril 2013 au Rouergue dans la collection Rouergue Noir. 20 € ; (230 p.) ; 21 x 14 cm

Quatrième de couverture

Réflexion faite, Pacho Murga coulait des jours bien tranquilles aux Canaries, dans la prison de Salto del Negro, établissement aux prestations dignes des geôles de l’époque victorienne. Et notez bien que c’est pure inadvertance s’il a sauvé la vie de Dimitri Urroz, le mafieux russe, fils d’un enfant de la guerre civile espagnole exfiltré vers l’Union soviétique. Cela n’a pas empêché l’ineffable Dimitri de s’enticher de lui. Adopté comme porte-bonheur par ce mangeur d’huîtres sociopathe, voilà Pacho embarqué à son corps défendant dans une folle équipée entre une Espagne où aucun démon n’a jamais trouvé le sommeil et la Russie où cohabitent le vingt et unième siècle, le Moyen Âge et la préhistoire. Il n’y manque ni les flingueurs de l’ETA reconvertis dans les basses oeuvres du crime organisé, ni les affidés de l’Opus Dei, ni même les siamois, anciennes gloires du cirque devenus rois de la pègre. Mais surtout il y a l’imprévisible Dimitri. Russe et Havanais, donc doublement fou et exponentiellement dangereux, il va jouer de la vie de Pacho comme de l’un des soldats de plomb qu’il trimballe toujours au fond de ses poches. Une danse macabre orchestrée avec un humour corrosif par un maître du polar espagnol

index3Écrivain espagnol né à Bilbao en 1959, Juan Bas est un auteur de polars consacré par plusieurs prix outre-pyrénées (notamment le prix Euskadi 2007 pour Voracidad). Son livre Scorpions pressés, publié chez Gallimard dans la série noire (2005) mettait déjà en scène le personnage de Pacho Murga.

Extrait :
Pas de mendiant à dix mètres à la ronde. Peut-être vais-je pouvoir faire la manche pendant quelques secondes, voire quelques minutes, sans subir les engueulades ou les agressions de rigueur. En fait, le plus difficile ici, ce n’est pas tant de recevoir l’aumône des passants, bien que leur extirper un misérable rouble s’avère une tâche ardue. Ces ignares au visage sculpté par l’abrutissement ont le cœur confit dans une solution composée à parts égales d’alcool à brûler et de saumure, et quand ils mettent la main à la poche, c’est pour se gratter les couilles. Le plus dur, en vérité, c’est déjà d’y parvenir : à faire la manche.

Résumé et avis :

Adopté comme porte-bonheur par Dimitri Urroz, mafieu russe auquel il a évité un coup de surin fatal par pur hasard, Pacho Murga essaie de sauver sa peau dans un essaim de sociopathes, entre une Espagne où aucun démon n’a jamais trouvé le sommeil et la Russie d’aujourd’hui, nouvelle cour des miracles. .

Une vraie bonne surprise que ce livre très vite lu. Juan Bas s’en donne à cœur joie pour relater les mésaventures de Pacho Murga, narrateur aux allures de Benjamin Malaussène qui sauve par erreur la vie d’un parrain de la mafia russe. Son séjour certes désagréable mais jusque là tranquille à la prison de Salto del Negro prend alors un virage à 180°. Il devient le porte bonheur officiel d’un mafieux russe, et perd du même coup son libre arbitre. La langue de l’auteur espagnol est délicieuse, truffée d’humour et de trouvailles qui rendent la lecture proprement jouissive. On suit le déroulement de la descente aux enfers du narrateur avec le sourire aux lèvres, malgré les horreurs décrites, on garde toujours la distance nécessaire pour apprécier l’humour au second degré. Bref, la lecture de « Vade Retro Dimitri » est un délice. Et c’est férocement bon .

Pour lire le début c’est ICI

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