Le sommeil des nymphes de Philip D. Langhe


Le livre : Le sommeil des nymphes de Philip D. Langhe. Paru le 23 septembre 2016 chez Ravet-Anceau dans la collection Polars en Nord, n° 216. 14€ ; ( 328 pages) ; 13,5 x 21,5 cm – 
Quatrième de couverture

Au coeur de la forêt de Chantilly se niche un hôtel singulier. Son symbole : une abeille. Appelé le Château, son dernier étage n’accueille que des hôtes d’exception. De riches clients qui, selon la rumeur, bénéficient de services très particuliers. Mais le secret autour de ce lieu reste entier et peu savent ce qu’il s’y passe réellement.

Clara, jeune femme de chambre, vient d’être affectée au Château. Depuis, elle ne donne plus signe de vie à son amie Selena. Celle-ci s’inquiète. Aidée de Torn, un veilleur de nuit taciturne, elle entame une enquête périlleuse. Derrière les portes de l’hôtel se cache l’inimaginable. Une ruche grouillante où un présent glaçant rejoint un passé effrayant.

 

L’auteur : Né dans le Nord dans les années 1970, Philip D. Langhe vit aujourd’hui en Picardie. Cet ingénieur de formation a toujours aimé écrire. Après s’être essayé à la poésie et aux livres pour enfants, il publie avec Le sommeil des nymphes son premier polar. Il y convoque passé et présent pour illustrer les dérives de la société contemporaine.

 

 

Extrait :
Difficile d’imaginer, derrière cette rassurante stabilité, combien de petites mains s’affairent à vérifier le moindre détail, pour que rien ne vienne perturber une séquence bien huilée. Un personnel en effervescence au service d’une excellence invariable.

Le post-it de la bibliothécaire

 

Le sommeil des nymphes – Philip D. Langhe

Au coeur de la forêt de Chantilly, de mystérieuses activités se passent au dernier étage d’un hôtel. De riches clients s’y rendent pour obtenir des services particuliers. Clara, jeune femme de chambre affectée à l’établissement, ne donne plus signe de vie. Son amie Selena s’inquiète. Premier roman.

Une agréable surprise que ce premier roman policier, des personnages avec une psychologie bien bâtie, une intrigue machiavélique mêlant eugénisme, traite d’êtres humains le tout dans un endroit cossu en pleine forêt de Chantilly.

Un auteur à suivre.

Et Dieu se leva du pied gauche  de Oren Miller


Le livre : Et Dieu se leva du pied gauche  de Oren Miller. Paru le 9 novembre 2018 aux éditions L’Homme sans nom. 19€90 ; (350 p.) ; 14 x 22 cm.

4ème de couverture :

Après avoir avoué à sa femme qu’il avait toujours détesté le thé, Ambroise Perrin se défenestre sous les yeux médusés des personnes présentes.

Dans un palace vénitien, Louise Duval se réveille d’une soirée de gala et découvre que sept de ses collègues sont morts au même moment dans leur lit de causes inexpliquées. Rien ne lie ces deux affaires. Si ce n’est leur mystère. C’est assez pour intéresser Évariste Fauconnier, enquêteur émérite spécialisé dans les affaires que personne ne peut résoudre.

Entre crimes en série, esprits diaboliques et complots politiques, le fin limier va devoir dénouer les fils d’une gigantesque toile qui risque bien d’avaler son âme autant que sa raison.

Car l’araignée a souvent le dessus sur le papillon.

L’auteur :  Juriste de formation, Oren Miller (un pseudonyme) s’est très tôt échappée dans des mondes imaginaires qu’elle décide de mettre par écrit en 2009 avec ses premiers romans. Son terrain de jeu favori reste l’adaptation des grands thèmes de fiction et l’exploration des émotions humaines à l’aide d’une plume colorée et bien taillée en pointe.  D’une créativité insatiable, elle s’exprime avec autant d’aisance en science-fiction qu’en romance, et affirme surtout un talent inné pour le polar à travers les enquêtes d’Evariste Fauconnier et Isabeau le Du. En parallèle de ses activités littéraires, elle enseigne certaines matières juridiques dans une prestigieuse école à Lyon
Extrait :
« – La plupart des assassins de grande envergure veulent communiquer avec le premier qui entend leur voix. C’est dans leur nature que d’interagir avec le monde. Ils meurent d’envie de lui donner une leçon. Ils sont comme des enfants qui tirent sur la jupe de leur mère pour attirer leur attention.
 – Sept morts, je crois qu’on peut dire qu’il l’a mise en pièces, la jupe de sa mère.»

 

Les P’tits papiers de So

Et Dieu se leva du pied gauche

« Sympathique cette lecture ! Pas trop mon registre habituel, mais une belle découverte ! »

Et Dieu se leva du pied gauche est le troisième tome des aventures des enquêteurs Evariste et Isabeau. Je n’ai pas lu les romans précédents, cela ne gêne en rien la lecture.

L’histoire démarre à Venise dans les années 50. 7 morts retrouvés au petit matin dans un hôtel. L’auteure aborde dans ce roman un sujet lourd : celui des camps de concentration et des expériences médicales pratiquées pendant la guerre. Elle explore dans ce contexte d’après-guerre ce qu’il y a de plus noir chez l’homme. Voilà de quoi intriguer. 7 morts donc, pour trouver l’assassin, nous pouvons compter sur le duo Evariste et Isabeau, et quel duo !

Des dialogues, drôles, caustiques, des personnages hauts en couleurs et en caractère ! Oren Miller écrit ici un roman policier qui se dévore, une écriture fluide, efficace, des chapitres qui s’enchaînent sans temps morts, ponctués d’excellents dialogues qui augmentent d’avantage le plaisir. Le scénario quant à lui (difficile de vous en dire plus sans spoiler) est rondement mené, sans faille (ou presque), nous menant de découvertes en découvertes avec son lot de surprises ! Moi qui ne suis pas fan de longs dialogues dans mes lectures, j’ai eu un véritable coup de cœur pour ce duo d’enquêteurs.

Une belle découverte que ce roman, et une auteure à suivre !

 Merci aux éditions L’homme sans nom pour ce service presse.

Les espionnes du Salève, Tome 2 : Bletchley Park de Mark Zellweger.


La Chronique Duo

Maud et Danièle ont toutes les deux  lu, en même temps, le même livre. Aussi ce matin  elles nous proposent leurs échanges autour de ce titre :

Le livre : Les espionnes du Salève, Tome 2 : Bletchley Park de Mark Zellweger. Paru le 26  2018 Octobre 2018 aux Eaux Troubles. Collection : Thriller 21.00 euros. 312 pages.  21 x 15 cm.


4ème de couverture :
Ce second volume de la saga à succès qui se déroule entre août 1941 et novembre 1942 nous réserve bien du suspense.
Un pur régal !
Le réseau des Espionnes du Salève se restructure après la trahison d’une des leurs. Elles s’activent sur tous les fronts tant à Genève, Berne, qu’à Lyon, Londres, Varsovie et Oran. La Gestapo, l’Abwehr et les traitres en tout genre se rapprochent d’elles chaque jour un peu plus. Le danger est omniprésent. Combien de nos Espionnes seront encore en vie ?
Hannah Leibowitz apprend le jour de Noël 41, d’une source top secrète, que les nazis construisent des camps d’extermination dans sa Pologne natale, alors qu’elle n’a plus de nouvelle de son mari resté au ghetto de Lodz. Avram Leibowitz sénior est-il encore vivant ?
De l’eau lourde a disparu en Norvège ! Une Espionne part à la recherche d’un centre de recherche atomique nazi ultra secret. Reviendra-t-elle ? Les nazis auront-ils l’arme de destruction massive ?
Le Royaume Uni subit une attaque sans précédent de l’Abwehr. Celle-ci va-t-elle percer les secrets de Bletchley Park ?
À Lyon où la Résistance et le SOE britannique en lien avec les Espionnes du Salève sont devenus très efficaces et organisés, la répression nazie s’intensifie. Qui s’en sortira indemne ?

 

 

L’auteur : Mark Zellweger, auteur suisse, Fribourgeois, né en 1959, est diplômé d’histoire romaine de la Sorbonne et de marketing stratégique de Business Schools. Il a été directeur marketing-vente dans l’industrie pharmaceutique en Suisse et à l’Étranger une trentaine d’années. En parallèle, il fut conseiller particulier de directeurs de services de renseignement internationaux de tout premier plan. Aujourd’hui, il se consacre à l’écriture et est considéré comme un maître du roman d’espionnage classique par de nombreux critiques spécialisés. Bletchley Partk est son 7e roman.
Xtrême préjudice, son 6e roman, a été sélectionné pour le Prix du Polar Suisse Romand 2017 au festival Lausan’noir. ((@Photo by Jean-Marc ZAORSKI/Gamma-Rapho via Getty Images))

La Chronique Duo

Papote de Flingueuses autour du tome 2 les espionnes du Salève,  : Bletchley Park de Mark Zellweger.

Maud : Bonjour Danièle,

Dany : Salut la jeunesse ! Au boulot ?

Maud : oui oui petite pause post déjeuner 😉
et toi ?

Dany : Je devais te demander … tu as lu le dernier de Mark Zellweger ?

Maud : Oui oui, lu et il n’as pas fait long feu !!!

Dany : Moi je suis en pause tous les jours … du moins c’est ce qu’on dit des retraités !

Maud : J’ai découvert Mark il y a peut de temps avec le premier opus 🙂
Super !!! et toi l’as tu lu ?

Dany : Oui , j’avais lu le tome 1 en Février alors … Encore que je pense qu’on peux lire le tome 2 sans avoir lu le tome 1 …

Maud : En effet, les histoires sont indépendantes, évolutives chronologiquement mais pour suivre les personnages c’est préférable de lire dans l’ordre
Avisdemoiquinengagequemoi 🙂

Dany😆

Dany : Comme toujours, on y gagne dans la compréhension des personnages, ici le passé de Hannah est essentiel

Maud : Oui, on en apprend beaucoup plus sur elle, son mari, leur passé. Sev aussi se révèle également dans cet épisode

Dany : et moi qui croyais que la Suisse était neutre !

Maud : Alors, comme moi suivant les souvenirs de mes cours d’histoire, on ne parlait pas du tout du rôle de la Suisse, autre qu’avec la mention de la neutralité. Et pourtant… Il s’en est passé des choses

Dany : C’est pour ça que le tome 1 est est incontournable si l’on veut y voir un roman historique ...

Maud : oui oui on apprend à la fois, le rôle de refuge qu’à pu être la Suisse. Des français, Allemands, Polonais et sûrement d’autres sont venus s’y réfugier. Mais aussi, on prend conscience du rôle actif de ce pays, dans les service de renseignements et d’espionnages, notamment.

Dany : Oui tout ça est très étonnant et l’auteur a fait preuve de beaucoup de rigueur dans sa documentation.
Son passé professionnel y est sans doute pour quelque chose 😉

Maud : C’est à la fois très documenté, préface d’un historien, sans être ni rébarbatif, ni redondant. Le juste ce qu’il faut !!

Dany : Oui très vivants ces 2 tomes !

Maud : Les expériences professionnelles de l’auteur y sont sûrement pour beaucoup !
Oui il y a du rythme de part les déplacements des personnages et les récits de scènes d’action !!

Dany : A la fois aventure et espionnage … la vraie vie dans son monde !

Maud : Oui et aussi le côté original dans ce domaine, qui pour l’époque devait être unique, le réseau est essentiellement composé de femmes
Elles partent sur les routes, braver tous les dangers pour se procurer des informations qui seront essentielles pour les Alliés
Et puis avec les moyens de l’époque, communication, transport, vie… Sans notre tout numérique de nos jours. Tu en penses quoi ?

Dany : Sûr que vu son âge l’auteur n’a pas connu la seconde guerre mondiale mais son souci du détail est très présent, alors il s’est inspiré de personnes ayant vécu cette époque … de leurs méthodes et des moyens dont ils disposaient !

Maud : oui c’est épatant, aucun faux pas !!!

Dany : Maintenant le numérique n’étant pas vraiment dans la sécurité et la confidentialité, heureusement que les infos de l’époque étaient protégées …

Maud : L’auteur est très précis et méticuleux, ce qui immerge le lecteur et lui fait ressortir l’ambiance de l’époque
oui oui entièrement d’accord

Dany : L’ambiance et ces femmes comme tu dis, bienheureusement moins visibles du fait que c’était des femmes justement … qui aurait pu croire à leur courage !

Maud : Le décryptage de messages ennemis est aussi un des thèmes de ce volet

Dany : Oui je me souviens du film ENIGMA et bien on est en plein dedans

Maud : oui elles se meuvent plus discrètement et attirent beaucoup moins la méfiance que des hommes.
Je n’ai pas vu ce film, je m’en remets à toi pour la comparaison

Dany : Méfiance oui car pour le reste elles jouent sur leur féminité !

Maud : oui tout à fait, justement elles vont très loin pour remplir leur mission ; parfois ce qui leur est facile, elles se travestissent aussi
comme tu le soulignais très justement ; quel courage !!!

Dany : Ce que je trouve astucieux c’est d’avoir mis les cartes en début d’ouvrage … moi qui note toujours les personnages ça m’a bien aidée
point besoin d’être historien ou géographe, on suit très bien ces intrigues plurielles.

Maud : oui ça nous donne un très aperçu des zones citées, des déplacements, de l’environnement
Oui l’auteur ne perd pas son lecteur en cours de route, que ce soit l’histoire, la géographie, la géopolitique, les intrigues, tout est très bien narré et situé

Dany : Ensuite les rencontres masculines ne sont pas des mieux traitées mais … c’est leur faute après tout

Maud : ha ha ha, oui c’est vrai qu’à part certains ; sinon les hommes n’ont pas forcément les meilleurs rôles

Dany : Hormis l’équipe avec laquelle nous avons fait connaissance dans le tome 1 on découvre aussi les enjeux de pouvoir des autres nations, même si elles sont alliées, les guerres de réseaux et d’influence pouvaient faire du tort à la cause

Maud : tout à fait, rien n’est laissé au hasard, les emplacements, les choix stratégiques, … les réseaux sont une puissance à part entière dans ce conflit

Dany : Pour avoir eu l’occasion d’en parler avec mes grands-parents et ma mère qui ont fait leur part de taf dans ce domaine, je constate que c’est très réaliste, même en Suisse 😉

Maud : J’imagine très bien… La communication sécurisée, les échanges d’information font partie de la stratégie et sont bien mis en avant

Dany : La petite histoire côtoie la grande et c’est une œuvre de mémoire

Maud : oui et aussi cet épisode montre aussi les batailles en Afrique du Nord. Le conflit ne se limitait pas qu’à un nombre réduit de pays

Dany : c’était une guerre mondiale …
on voit bien aussi la façon dont les EU sont entrés dans le conflit

Maud : Oui mais parfois que se soit dans l’enseignement, on a tendance à ne se souvenir que d’une partie des protagonistes

Dany : Certes… Mark fait état d’Allemands qui n’adhéraient pas au nazisme aussi

Maud : Oui tous les Allemands n étaient pas pour Hitler, beaucoup ont fuit l Allemagne

Dany : Je me demande ce qu’il nous réserve pour le tome 3 …

Maud : Que des surprises et de rebondissements je pense …

Dany : Oui il est doué pour ça ...

Maud : Très doué

Dany : J’aime bien sa plume et le côté exotique de la langue suisse 😃

Maud : Oui plume, rythme, langage très agréables

Dany : Tu l’as déjà rencontré en salon ?

Maud : Oui je l ai rencontré au dernier salon de Nemours, je ne l avais pas encore lu. Auteur très gentil et accessible.  Et toi?

Dany : Non jamais mais c’est pour juin 2019, il vient à Bordeaux ! J’espère qu’il a un chapeau d’été !!!

Maud : Je te souhaite une très belle rencontre !!!

Dany : Il commence à être reconnu un peu partout … sur les sites il est plutôt bien côté  ! Et il va au Québec aussi régulièrement

Maud : Oui j ai vu et je suis très heureuse pour lui!!

Dany : Très accessible sur FB …

Maud : Oui comme en vrai, tu verras, il est totalement dans l échange et le partage

Dany : Tu penses qu’on peut le recommander aux polardeux … espionnage certes mais suspense oui !

Maud : Mais je pense que oui !!! Suspense, rebondissements et intrigues au rendez vous

Dany : Alors on dit : « nous, papoteuses du jour, on adopte et on recommande 👍👌👏 »

Maud : Tout à fait d accord!!!!

Dany :  Maud …Tu bosses bientôt ?

Maud : Je te remercie Danièle pour cet échange !!! Je découvre actuellement Jean Christophe Portes avec L’Affaire des corps sans tête, et toi?
Je reprends le travail dès que nous en avons fini

Dany : Moi je suis sur le tome 4 de la saga guyanaise de Colin Niel Sur le ciel effondré … pas besoin de les lire dans l’ordre … attachés à l’actualité et une façon de voir les TOM-DOM d’une autre façon … J’aime beaucoup !

Maud : 👍

Maud : Merci Danièle …(Suis au bureau donc je fais ce que je veux)

Dany : Bisous ma belle et travaille bien pour payer ma retraite

L’étoile jaune de l’inspecteur Sadorski de Romain Slocombe


Le livre : L’étoile jaune de l’inspecteur Sadorski  de Romain Slocombe. Paru le 24 août 2017 chez Robert Laffont dans la collection La bête noire.  21€50 ; (583 p.) ; 23 x 14 cm.

Réédité en poche le 23 août 2018 aux Points dans la collection Point Policier.  8€70 ; (587 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

Après le succès de l’affaire Léon Sadorski, une nouvelle enquête du sinistre et fascinant inspecteur des renseignements généraux.

Paris, 29 mai 1942 : une bombe explose devant le Palais de justice, dans un café fréquenté par les Brigades spéciales, faisant deux morts et plusieurs blessés. Quelques jours plus tard, le cadavre d’une inconnue est découvert en banlieue. Crime passionnel ou politique ?

Chargé d’enquêter sur ces deux affaires, l’inspecteur Léon Sadorski voit ses projets de vacances contrariés – d’autant plus qu’il doit bientôt participer à la grande rafle du Vél d’Hiv, exigée par les nazis et confiée à la police française. Un destin tragique menace désormais sa jeune voisine Julie Odwak, la lycéenne juive qu’il convoite en secret et dont il a fait interner la mère.

L’auteur : Slocombe, Romain est né en 1953 dans une famille franco-britannique. Romain Slocombe est l’auteur de plus de vingt romans, dont Monsieur le Commandant et L’Affaire Léon Sadorski (prix Libr’à Nous 2017 catégorie polar), tous deux sélectionnés pour le Goncourt et le Goncourt des lycéens.
Extrait :
« Tu sais comment ça se passe les exécutions à Suresnes? Moi, j’en ai déjà vu. Des otages juifs que j’ai fait fusiller parce que c’était des rouges! Des pourritures, des têtes de cons comme toi! On les fait partir à 6h30 du matin de Drancy ou du fort de Romainville. Chaque détenu est enchaîné et accompagné par deux SS. Les cercueils font le voyage avec eux. Pas de couvercle, ça fait gagner du temps. On les fabrique tous de la même taille, donc certains trop justes pour les macchabées qu’on y mettra. Ceux-là, on les fait rentrer entre les planches à coups de pied. Les otages ont le droit de formuler leurs dernières volontés, de fumer une cigarette, et pour ceux qui veulent, de demander l’assistance d’un aumônier. »

Le post-it du bibliothécaire,

Le post-it de Ge

 

Dans ce second tome de la trilogie Sadorski, Romain Slocombe nous invite à poursuivre les aventures de Léon Sardorski, « Le Caïd du Rayon juif « .

Chef de brigade de voie publique à la 3e section de la direction générale des Renseignements généraux et des Jeux, Sardorski est un policier français qui ne se pose pas de questions, il fait son boulot c’est tout. Certains diront avec un peu trop de zèle mais bon c’est l’époque qui veut ça. C’est vrai qu’il use et abuse souvent de ses prérogatives. Comme quand il fait interner sa voisine Raïssa Odwak en l’accusant de communisme comme si ça ne suffisait pas d’être juive. En l’envoyant à la prison des des Tourelles, il laisse seule à sa merci, la jeune Julie. Surtout  que Jacques son père lui est déjà interné à Pithiviers. Mais là encore Sadorski ne fait que son taf même s’il a des vues sur la demoiselle Odwad.

Vous l’aurez compris, Romain Slocombe nous offre là un salaud magnifique. Un salaud donc il fait le héros de sa trilogie. Il fallait oser. Mais notre auteur n’en ai pas à son coup d’essai il nous avait déjà fait le coup dans Monsieur le commandant (dont je vous recommande fort la lecture tellement ce petit livre est bouleversant et dérangeant). Oui il nous brosse le portrait d’un français ordinaire sous l’occupation. Léon Sadorski, est-il un antisémite convaincu ou alors un opportuniste de première ? Ce qui est certain c’est qu’il a bien compris le pouvoir que sa carte de police peut lui procurer en ses temps troubles où la France a basculé dans l’horreur et où la chasse aux juifs, aux cocos et aux parias de tous bords est devenue un sport national.

Pour autant Romain Slocombe ne fait pas ici l’apologie du régime de Vichy. Non il se pose là et nous donne à voir ce que l’humain porte en lui de pire dés que les conditions historiques, politiques, économiques voire sociales sont réunies. Si il a choisi un sale type pour héros, il ne le juge pas, il le laisse vivre dans son époque.

Une époque que notre auteur reconstitue à merveille. Le Paris de l’occupation comme si nous y étions. Il appuie son propos à grande aide de documentations historiques qui vient étayer et étoffer son intrigue. Slocombe fait ici oeuvre d’historien, mais il fait aussi un travail de mémoire salutaire. Car si aujourd’hui avec mon œil aiguisé de femme française du 21e siècle je lis ce livre en éprouvant fort dégoût pour les protagonistes de cette histoire qu’on aurait-il était si j’avais moi même vécu l’occupation. Aurais-je  baissé ou fermé les yeux devant les exactions de tous poils. Je ne suis pas certaine d’avoir pu avoir une once d’héroïsme ou d’abnégation tels ses résistants prêts à sacrifier leur vie pour combattre la barbarie. Alors oui j’ai détesté Léon Sardowski et les gens de son espèce. J’ai condamné les exactions commissent par la police française, j’ai été indigné face aux humiliations que l’on faisait vivre aux juifs quotidiennement sans parler de la peur qu’on leur a fait subir. Oui je ne comprends pas la population parisienne qui ne s’est pas révoltée lors des rafles. Mais qui suis-je pour tous les juger.

Juste peut-être puis-je essayer de faire en sorte que de telles atrocités ne soient plus possible et que l’ignominie ne passe pas en France et partout en Europe. Mais là je doute quand je vois la montée des populismes et autres extrémistes autour de nous.

Alors lisez ce livre, lisez cette trilogie, c’est vraiment pour moi une énorme coup de cœur et une lecture salutaire.

Et si vous êtes passé à coté, hier Maud vous a fait part de son ressenti sur le premier opus de cette saga : L’affaire Léon Sadorski

Et demain c’est Danièle qui vous dira ce qu’elle pense du troisième et dernier opus, Sadorski et l’ange du péché.

Et oui nous nous sommes mis à trois flingueuses pour vous parler de ce super triptyque.
Mais attention chaque livre peut se lire indépendamment des autres.

L’Affaire Léon Sadorski – Romain Slocombe


Le livre : L’Affaire Léon Sadorski de Romain Slocombe. Paru le 25 Août 2016 aux Editions Robert Laffont, collection La bête Noire. 21.00 euros. 512 pages. 14,2 x 3,6 x 22,6 cm.

 Réédité en poche le 24 Août 2011 aux Editions Points, collection PST Policiers. 8€50 ; 480 pages ; 11×18 cm.

4ème de couverture :
Depuis que les nazis occupent Paris, l’inspecteur Léon Sadorski coffre les Juifs pour les expédier à Drancy tout en empochant des pots-de-vin. La Gestapo l’arrête et le transfert à Berlin pour une série d’interrogatoires dignes de Kafka. Le but des Allemands en le terrorisant : en faire leur agent et lui confier une mission  » spéciale « . Mais à son retour en France, quand une jeune femme est assassinée et que la police SS confisque l’enquête, Sadorski décide de faire justice lui-même, en dépit de tous les dangers…

L’auteur : Né en 1953 dans une famille franco-britannique, Romain Slocombe est l’auteur d’une vingtaine de romans, dont Monsieur le Commandant sélectionné pour le Goncourt et le Goncourt des lycéens 2011.

Après des études d’art, Romain Slocombe participe à l’aventure artistique du groupe Bazooka, notamment au tout début de celle du magazine Métal Hurlant (années 70), pour lequel il produit des œuvres naviguant entre bande dessinée et illustration. Ses thèmes de prédilection se focalisent rapidement autour du Japon, auquel il s’est intéressé dès sa prime jeunesse, et le bondage, avec des jeunes femmes (infirmières et japonaises) attachées (auquel et auxquelles il s’est intéressé plus tard).

Ses modes d’expression sont multiples : bande dessinée, dessin, peinture, illustration, photographie, cinéma, essais et roman, ce dernier que cela soit pour la jeunesse ou pour un public plus large. Romain Slocombe a exposé ses œuvres graphiques en France comme à l’étranger (New York, Londres, Stockholm, Tokyo, Bologne…).

L’expression romanesque semble avoir occupé une proportion importante de son énergie créative dès 2000 avec la parution de quatre romans – formant une tétralogie nommée La Crucifixion en jaune – jusqu’en 2006, avec comme (personnages et) éléments principaux :

Ces livres mêlent avec talent une intrigue de type roman noir avec, à chaque fois, des pans de chapitres dédiés à une approche de type historique, d’ailleurs documentée : la secte Aum, l’Histoire du Japon, en particulier ses exactions en Chine à partir de 1937 et pendant la Seconde Guerre mondiale. 

Extraits :
« Notre informateur avait aussi rédigé un long mémorandum sur le soutien occulte du patronat français aux éléments de la droite extrême et à la politique allemande. Il citait MM. Peugeot et Scheller, qui est le directeur de L’Oréal et de Monsavon, comme financiers du CSAR, mouvement surnommé la Cagoule, notait que M. Albert-Buisson, président de Rhône-Poulenc, était un vieil ami de Pierre Laval… Ostniski avait copié une liste une liste de tous les donateurs de la Cagoule: autant que je me rappelle il y avait la société Michelin, les huiles Lesieur, un groupe de soyeux lyonnais, les chantiers de Saint-Nazaire, Pont-à-Mousson, les peintures Ripolin, le syndicat de l’industrie lyonnaise, Saint-Gobain, Cointreau, Lemaigre-Dubreuil, et des banquiers, notamment la banque Words…Les souscripteurs étaient recrutés par le Polytechnicien Eugène Deloncle, fondateur du MSR. Vous comprenez, nos grands patrons avaient connus une sale frayeur en 1936 avec la Front Populaire… Alors dans ces milieux-là, l’expression courante était « Vivement qu’Hitler vienne mettre de l’ordre ! »

Les Lectures de Maud :


Cette lecture nous plonge à Paris, sous l’occupation allemande pendant la seconde guerre mondiale. Les décors et atmosphères envoutent le lecteur. La peur, le manque, les négociations et autres arrangements sont très présents et réalistes.

De très nombreux protagonistes entourent cette première enquête de l’inspecteur Léon Sadorski. La surpopulation de personnages peut parfois perdre un peu le lecteur, certains évoqués n’apportent pas vraiment quelque chose à l’histoire. Un personnage principal que l’on peut aimer et haïr à la fois. Au fur et à mesure, il va aller de retours en déconvenues, en voulant mener cette enquête à bien et pourtant les entraves et barrières vont s’enchaîner.

Je suis très heureuse de découvrir l’écriture fluide de l’auteur à travers ce premier tome. Pendant ma lecture, j’ai pourtant rencontré quelques longueurs et lourdeurs. L’axe politique choisi dans ce livre rend cette œuvre originale. Je regrette pourtant que l’enquête sur l’assassinat soit placée au 3ème plan, mais c’est un choix que je respecte amplement.

L’Unité Alphabet – Jussi Adler-Olsen


Il y a quelques jour Ophélie nous livrait son avis sur L’Unité Alphabet de Jussi Adler-Olsen.

Aujourd’hui c’est Jean Paul qui nous fait partager son ressenti

Le voici…


Le livre : L’Unité Alphabet de Jussi Adler-Olsen. Paru le 29 août 2018 aux Éditions, Albin Michel. 8,30 € ; 480 p. ; 10,8 x 17,8 cm.

4ème de couverture :

L’Unité Alphabet est le service psychiatrique d’un hôpital militaire où, pendant la Seconde Guerre mondiale, les médecins allemands infligeaient d’atroces traitements à leurs cobayes, pour la plupart des officiers SS blessés sur le front de l’Est.

Bryan, pilote de la RAF, y a survécu sous une identité allemande en simulant la folie. Trente ans ont passé mais, chaque jour, il revit ce cauchemar et repense à James, son ami et copilote, qu’il a abandonné à l’Unité Alphabet et qu’il n’a jamais retrouvé. En 1972, à l’occasion des jeux Olympiques de Munich, Bryan décide de repartir sur ses traces. Sans imaginer que sa quête va réveiller les démons d’un passé plus présent que jamais.

Le premier roman de Jussi Adler Olsen, l’auteur de la célèbre série du Département V, où éclatait déjà le talent de ce maître du thriller scandinave.

 

L’auteur : Abonné aux premières places des listes de best-sellers dans le monde entier, on ne présente plus le Danois Jussi Adler-Olsen : lauréat du dernier Ripper Award (prix européen du polar), du Prix Boréales du polar nordique 2014 pour l’ensemble de la série du Département V, Grand prix polar des lectrices de Elle 2012 pour Miséricorde, prix « Laurier d’or » des libraires au Danemark et prix Clé de verre (meilleur polar scandinave) pour Délivrance.

 

Extrait :
« James commençait à synthétiser les renseignements. Quelques informations par-ci, une bribe d’anecdotes par-là et des heures de vantardise qui, ensemble, composaient l’histoire des trois simulateurs qui partageaient son quotidien.
Dieter Schmidt, le Chétif, celui qui était dans le lit le plus éloigné, parlait très bas et il n’était pas facile d’entendre ce qu’il disait. James ne savait pas s’il était d’une nature discrète ou si c’était la peur d’être découvert qui lui donnait une voix aussi tenue. Les gens changent en fonction de leur environnement. Leur morphologie peut également avoir une incidence. James avait remarqué par exemple que plus Dieter Schmidt avançait dans ses séances d’électrochocs, plus il paraissait effacé, alors que ni Kröner ni Lankau ne semblait en être affectés. Quoi qu’il en soit, leur situation actuelle ne les empêchait pas d’échanger leurs souvenirs avec jubilation. James priait pour qu’un jour une infirmière les surprenne, que c’est trois monstres soient démasqués et que son cauchemar se termine.
En attendant, il devait se méfier deux et s’assurer qu’il n’aient aucun soupçon à son égard.»

 

Le ressenti de Jean-Paul

 

Bonjour à toutes et à tous…

 L’Unité Alphabet est le premier roman de Jussi Adler-Olsen, qui est devenu un best-seller dès sa sortie dans de nombreux pays.

Comme l’indique l’auteur à la fin de son ouvrage, “Ce livre n’est pas un roman de guerre.”

Malgré certaines longueurs au début (justifiées par le sujet du récit), ce roman est incroyable !

 C’est le récit sur une véritable amitié masculine, sur l’amour, sur la folie aussi, mais surtout, c’est le récit d’une trahison…

 Nous sommes dans l’univers des hôpitaux psychiatriques durant la seconde Guerre Mondiale.

Mais ici, ce ne sont pas des juifs qui sont traités en cobayes par des médecins allemands mais bel et bien des officiers SS !

 La première partie du roman qui se déroule en 1944 est très visuelle.

Il n’y a quasiment pas de dialogues obligeant l’auteur à utiliser une écriture détaillée et pointue.

C’est une histoire très pesante, effrayante, cruelle et terrifiante. Mais surtout, terriblement vrai. C’est avec des recherches très approfondies que Jussi nous fait revivre avec maestria les heures sombres d’une certaine forme de cette guerre que j’ignorai totalement.

Des asiles où sont parqués des officiers SS qui sont de véritables mouroirs.

Des médecins et des infirmières qui tentent bien que mal de conserver leurs blessés en vie, alors que la guerre est aux portes de l’hôpital.

 Vers la seconde moitié du livre, l’action se déroule en Angleterre, en 1972.

Mais très vite l’intrigue se retrouve de nouveau en Allemagne.

Le jeu du chat et de la souris commence alors avec de nombreux rebondissements inattendus.

L’écriture de cette partie est superbe !

Chaque chapitre se déroule avec la mise en avant d’un narrateur différent, avec son mode de pensée et ses émotions, donnant ainsi pour chaque personnage/chapitre un rendu particulièrement vivant et rythmé !

 L’Unité Alphabet, ou l’histoire du destin passionnant sous la forme d’un thriller oppressant, de deux pilotes, Bryan et James…

 

Rouge armé de Maxime Gillio


Le livre : Rouge armé de Maxime Gillio. Paru le 2 novembre 2016 chez Ombres Noires. 19€ ; (347 p.) ; 21 x 14 cm
4e de couv :

Rouge armé

Patricia, journaliste au Spiegel, enquête sur les personnes qui, dans les années soixante, ont fui l’Allemagne de l’Est au péril de leur vie. Inge est passée de l’autre côté du Mur quarante ans plus tôt et accepte de lui raconter son enfance, son arrivée à l’Ouest, son engagement…

Mais certains épisodes de la vie d’Inge confrontent Patricia à ses propres démons, à son errance.

Leur rencontre n’est pas le fruit du hasard.

Dans les méandres de la grande Histoire, victimes et bourreaux souvent se croisent. Ils ont la même discrétion, la même énergie à se faire oublier, mais aspirent rarement au pardon.

L’auteur : Maxime Gillio est né en 1975, père de trois enfants, a travaillé douze ans dans l’Éducation nationale avant de réaliser qu’il n’aimait rien tant que le calme et la solitude. Depuis, il s’est reconverti dans l’édition. Mais il a quand même gardé sa tribu, pour son plus grand bonheur.
Extrait :
Elle ne répond pas, car elle sait, mieux que quiconque, que j’ai raison. Les gens de ma génération ont vécu l’édification du Mur et les années de guerre froide comme le plus gros traumatisme de leur vie. Familles déchirées, décimées parfois, la suspicion permanente, des frères qui deviennent des étrangers, les cicatrices qui ne se referment pas.

La Kronik D’Eppy Fanny

ROUGE ARME DE MAXIME GILLIO AUX EDITIONS OMBRES NOIRES

J’ai découvert cet auteur à la lecture de ce roman. Ce livre m’a bouleversée par la force du récit et sa maîtrise, ainsi que le sujet abordé. Il m’a permis de découvrir une page de l’histoire de l’Allemagne qui m’était totalement inconnue et d’éclairer mon regard sur plusieurs périodes très sombres de ce pays voisin.

Contexte historique : Où l’on apprend qui sont les Sudètes. La Tchécoslovaquie réunissant les populations Tchèques et Slovaques dans un même état est créée. Les Allemands des Sudètes deviennent alors une des nombreuses minorités que compte le nouvel État. Cela donna naissance à des rancœurs réciproques, les Tchèques considérant les Allemands comme des colonisateurs et usurpateurs, les Allemands voyant leurs concitoyens comme des « gens arriérés ». Rancœur exacerbée lorsque les sudètes soutiendront majoritairement Hitler.

En 1945, la République tchécoslovaque est rétablie dans ses frontières initiales.

Pour éviter de futurs démantèlements de la Tchécoslovaquie, le président Edvard Benes édite des décrets qui expulsent du territoire tchécoslovaque la quasi-totalité des minorités allemandes et une bonne moitié des minorités hongroises, confisquant leurs biens – en échange de quoi, l’État tchèque ne réclama pas de dommages de guerre à l’Allemagne et à la Hongrie vaincues. La loi tchécoslovaque distingue la citoyenneté selon le Droit du sol (par définition tchécoslovaque) de la nationalité selon le Droit du sang : tchèque, slovaque, polonaise, hongroise, allemande, rom ou autre : dans ces États, « nationalité » ne signifie pas « citoyenneté » comme en France. Les deux sont mentionnées séparément sur les documents d’identité et d’état-civil et il est alors aisé de déterminer quels sont les citoyens destinés à l’exil sur la base de leur « nationalité ».

L’expulsion des Sudètes s’étalera sur trois ans, de 1945 à 1947. Ce sont les municipalités qui, dans les faits, sont chargées d’identifier les citoyens tchécoslovaques de nationalité allemande qui sont réunis dans des camps de transit puis conduits par train vers l’Allemagne. À la grande surprise de la plupart des observateurs, les Sudètes n’opposèrent que très peu de résistance à leur déplacement. Cela peut s’expliquer par le profil démographique des expulsés : les femmes, les enfants et les vieillards sont rarement à l’avant-garde des insurrections populaires.

Où l’on découvre un pays meurtri, un mur s’ériger et des familles divisées.

Où l’on parle de la fraction Armée Rouge et de la bande à Baader, également au cœur de cette histoire.

J’ai appris beaucoup et les informations lues ont éclairé et réveillé des souvenirs d’enfant.

L’histoire :

Tchécoslovaquie – 1943 : Anna, une jeune femme mère de deux garçonnets, mais avant tout une Sudète. Le village gronde, jalouse. La rancœur enfle. Et pourtant elle se pensait intégrée mais elle paye l’adhésion de son mari qui combat sous les couleurs Nazies.

Le vent tourne, la guerre se termine et les comptes se règlent. Chèrement pour les plus faibles.

Les Sudètes sont dépossédés de leurs biens (lorsqu’ils ne sont pas tués) et jetés sur les routes (femmes, enfants, vieillards) en direction des camps. Beaucoup meurent de faim et de froid en cours de route et il est à se demander s’ils ne sont pas les plus chanceux.

Anna se retrouve emprisonnée dans un de ces camps. Par amour elle « donnera » son fils afin qu’il survive. Elle-même survivra à l’innommable ainsi que l’enfant qu’elle porte et lorsqu’elle sera libérée, tentera de retrouver ce fils « donné ».

1961, le mur qui s’érige et divise un pays et des familles :

Extrait page 128 : Il avait raconté ses patrouilles le long de la frontière, ses tours de garde, la caserne, et surtout, avec un ton comploteur, il avait énuméré les consignes qu’on leur imposait : stopper la progression des fuyards par tous les moyens, quels que soient le sexe et l’âge des fugitifs.

Puis nous voici dans les années 1970 avec la Bande à Baader :

Extrait page 277 : L’assassinat du banquier Jurgen Ponto a été l’élément déclencheur. Mais comment expliquer au grand public que ce meurtre n’était pas prémédité ? Que ce ne devait être qu’un enlèvement, qui a tragiquement dégénéré ? Après autant d’attentats et de morts, un énième communiqué de presse fera-t-il la différence auprès d’une opinion publique qui les soutient de moins en moins ?

2006 – Patricia est journaliste et elle enquête sur les personnes qui ont fui l’Allemagne de l’Est au péril de leur vie. Inge est passée de l’autre côté il y a 40 ans. Elle accepte de se raconter. Un jeu de chat et de souris se met en place car la rencontre n’est pas fortuite et les fantômes de Patricia ne la quittent pas. Mais qui est le chat ?

Une histoire qui nous entraîne dans ses différentes périodes de l’histoire de l’Allemagne qui se croisent et s’entrecroisent. Qui nous parle de vengeance, de bourreaux et de victimes dont les rôles sont parfois interchangeables. De pardon et d’oubli jamais.

Ce live est une magnifique découverte et je ne peux que vous encourager à vous y plonger au plus vite.

Pour ma part j’ai hâte de rencontrer Maxime sur un salon afin d’échanger avec lui. Il m’a offert un moment de lecture d’exception. Un vrai coup de coeur !

 

 

Les sanglots de pierre – Dominique Faget


Les sanglots de pierre - Dominique FagetLe livre :Les sanglots de pierre de Dominique Faget. Paru le 28 mars 2018. 16€90 ; (235 p.) ; 24 x 16 cm

4e couv :

« Depuis ce jour terrible de l’été 1942, il lui semblait qu’il s’était écoulé des milliers d’années… »

Hortense règne d’une main de maître sur le domaine de La Louvière. Cette femme indomptable et forte a connu des années difficiles. La Grande Guerre lui a volé son mari, le grand amour de sa vie, et son fils aîné est mort lors de la Seconde guerre mondiale.

En cet été 1955, elle aurait mérité que sa vie soit enfin douce et tranquille… Mais tout est compliqué par les manigances de son petit-fils qui projette de transformer le domaine familial en maison d’hôtes. Sans compter également ces meurtres qui se produisent dans le voisinage.

Est-ce un fou qui a décidé de semer la terreur dans la région ? À la Louvière, Hortense pressent qu’il s’agit d’autre chose et que certains secrets du passé risquent de remonter à la surface et de bouleverser de nombreuses existences…

Quand la vengeance attend son heure…

 

Dominique FagetL’auteur : Dominique Faget vit en Gironde où elle situe le cadre de ce roman. Elle est l’auteur de trois autres ouvrages, notamment Celui qui ne meurt pas, un best-seller qui a remporté le Prix VSD du Polar.

 

 

Extrait :
Dehors, les ombres mystérieuses et sombres des grands arbres du parc se détachaient dans une nuit obscure constellée de milliers d’étoiles brillantes.
Elle resta un moment à contempler l’immensité du firmament, avec l’impression d’être aspirée dans une spirale enivrante.
Soudain, une chauve-souris vola si près d’elle que d’instinct, Juliette eut un moment de recul. Alors quand en plus, un papillon se mit à tourbillonner avant de pénétrer à l’intérieur, elle abandonna son poste pour revenir s’étendre sur son lit.
Sachant qu’elle ne trouverait pas le sommeil, elle resta hébétée, la bouche grande ouverte à contempler les meubles de sa chambre. Il y avait tellement de luminosité qu’elle voyait nettement le petit secrétaire placé contre le mur en face d’elle et qu’elle arrivait même à y distinguer le cahier qui lui faisait office de journal intime posé dessus.
À l’arrière, le papier peint dessinait des volutes et des arabesques énigmatiques. Juliette se sentit peu à peu sombrer dans une torpeur ankylosante…
Tout à coup, elle se raidit.
Ses yeux s’écarquillèrent.
Son sang se glaça.
Son cœur s’emballa.
Elle se mit à suffoquer.
Ce qu’elle entraperçut en face d’elle la cloua d’effroi…

Le Kronik d’Eppy Fanny

Sanglot de pierre

Dominique Faget nous entraîne une fois de plus en Gironde pour cette nouvelle aventure qui nous renvoie aux heures les plus sombres de notre histoire.
L’histoire :
Eté 42. Le régime de Vichy est en place. Bousquet et Laval mènent les exactions contre les juifs. Les bus de la CTRP déversent des êtres sans distinction de sexe ou d’âge au Vel’ d’Hiv. Puis direction la gare de Bobigny et Auschwitz-Birkenau pour grand nombre d’entre eux. Une famille parmi d’autres échappera à la rafle grâce au sacrifice de l’un de ses membres et passera en zone libre. Une famille de résistants les accueillera et fera tout pour les aider à passer en Espagne.
De son côté Hortense n’a pas eu une vie facile. La grande guerre lui a volé son premier mari, Jules Laborde, l’amour de sa vie. La seconde lui a pris son fils Pierre. De cette première vie ne lui reste que son petit-fils, Lucien, un jouisseur. En secondes noces Hortense a épousé Georges Beaulieu de Chayssac, notaire bordelais. De leur union deux filles sont nées, Violaine, puis Nicole mariée et mère de Juliette.
Hortense règne sur le domaine de la Louvière, à Saint-Laurent-des-Vignes. Cette superbe propriété traditionnelle bordelaise vit aux rythmes des saisons, des odeurs de confitures chaudes, de pain grillé, et de bons plats qui mitonnent. En cet été 1956 les femmes des trois générations sont sous le même toit. Nicole et Juliette sont en congés dans la maison familiale. Elles doivent rejoindre mari et père en Algérie. Algérie où les premiers incidents d’importance sont en train de se produire ce qui préoccupe la doyenne.
Juliette fait des cauchemars et voit des fantômes dans sa chambre. Chaleur lourde de l’été, lubie de la jeunesse, souvenirs lointains enfouis et occultés ? La journée elle court la campagne. Par curiosité, elle aperçoit le corps horriblement mutilé d’un voisin qui vient d’être retrouvé assassiné. Le seul point positif pour Juliette est la rencontre avec ce charmant jeune brigadier qui éveille ses premiers sentiments amoureux.
Puis avec l’insouciance de la jeunesse elle se réjouit de l’arrivé de son oncle Lucien qu’elle adule. Ce dernier arrive avec une actrice à son bras. Il aime les femmes et l’argent et spécule déjà sur l’héritage à venir de la Louvière. Une vision du domaine bien éloignée de celle de sa grand-mère.
D’autres morts suspectes touchent des habitants du village. Que se passe-t-il ? Qui est cet assassin qui rôde ? Une vengeance ? La guerre pas si lointaine a laissé des séquelles.
Des secrets de famille inavouables ne demandent qu’à resurgir et la vérité est un dû pour celui qui a vécu le pire.

Les fantômes de Manhattan- RJ ELLORY


Roger J Ellory sera avec nous à Saint Maur en Poche le week-end prochain

Allez le rencontrer


Le livre : Les fantômes de Manhattan de RJ ELLORY. Paru le 7 juin 2018 chez Sonatine- 22€ (464 pages) 16×22 cm

4ème de couverture

Annie O’Neill, 31 ans, est une jeune fille discrète. Elle tient une petite librairie en plein cœur de Manhattan, fréquentée par quelques clients aussi solitaires et marginaux qu’elle. Son existence est bouleversée par la visite d’un nommé Forrester, qui se présente comme un très bon ami de ses parents, qu’elle n’a pratiquement pas connus.
L’homme est venu lui remettre un manuscrit. Celui-ci raconte l’histoire d’un certain Haim Kruszwica, adopté par un soldat américain lors de la libération de Dachau, devenu ensuite une des grandes figures du banditisme new-yorkais.
Quel rapport avec l’histoire intime d’Annie ? Et pourquoi le dénommé Forrester est-il si réticent à lui avouer la vérité ? Lorsqu’elle lui sera enfin dévoilée, celle-ci sera plus inattendue et incroyable que tout ce qu’elle a pu imaginer.

 

L’auteur : Robert Jon Ellory est né le 20/06/1965 à Birmingham.
Il n’a jamais connu son père ,sa mère meurt d’une pneumonie foudroyante à 28 ans alors qu’il a à peine 7 ans. Elevé par sa grand-mère à la santé fragile, il est placé à l’orphelinat où il restera jusqu’à ses 16 ans. Il étudie la musique, joue de la trompette, dans le registre classique aussi bien que dans celui du jazz. Il fait des études d’arts, et étudie notamment la photographie. Après un court séjour en prison, il entame une carrière de musicien qu’il abandonnera pour la littérature. Son premier roman est publié après plus de 120 refus. Seul le silence est le premier roman publié en France (Sonatine). R.J. Ellory est lauréat du prix Nouvel Obs/BibliObs du roman noir 2009 pour « Seul le silence » (A Quiet Belief in Angels, 2007).
Aujourd’hui il se consacre pleinement à son écriture et à la musique avec son groupe de blues, « The Whiskey Poets ». Son œuvre, populaire et plebiscitée notamment en France, est fortement ancrée aux États-Unis malgré les origines britanniques d’Ellory.
Les fantômes de Manhattan est le 10 ème roman publié en France.
Extrait
« Il fallait que les choses bougent. Il fallait agir dans ce sens, et elle était suffisamment pragmatique pour comprendre que le pivot de tout changement ne pourrait être qu’elle-même, que pareils changements ne se produisaient qu’à condition d’être provoqués, qu’ils ne pouvaient en aucune manière être le résultat d’une intervention divine. Ils étaient le fruit de la détermination, de l’action, de l’exemple. Les gens changeaient avec vous, ou ils ne vous suivaient pas ».

 

Les p’tits papiers de So

Les fantômes de Manhattan- RJ ELLORY

RJ Ellory a un talent fou, celui de raconter des histoires, celui de raconter l’Histoire.
Les fantômes de Manhattan c’est la rencontre du présent avec le passé, du passé dans le présent.
Les lecteurs habitués de l’auteur pourraient être surpris par ce roman, très différent des précédents. Il est en réalité le second roman écrit par RJ Ellory. De mon point de vue, le choix éditorial de l’éditeur (Sonatine) de publier les livres de RJ Ellory dans le désordre, est une véritable prise de risque, notamment pour cette dernière parution.
Alors bien sûr, nous retrouvons sa griffe, son style (après un premier chapitre plutôt lourd), les sujets qui lui sont chers, mais j’avoue avoir été décontenancée par cette lecture. Je lisais Ellory sans lire Ellory. Il m’a donc fallut avoir une autre approche de lecture, oublier ce que j’avais pu lire et tant aimé précédemment, comme si je découvrais cette plume pour la première fois.
Et quelle jolie découverte. Nous faisons connaissance d’Annie, libraire célibataire, dont la vie semble toute ordinaire, banale, sans saveur. Elle vit (subit ?) sa vie, une journée après l’autre, dans une routine. Chaque journée se ressemble, et pourtant, il lui manque quelque chose. Ce quelque chose, elle va le trouver dans ses rencontres, trois hommes en particulier. Il y a Jack, son voisin et meilleur ami, qui noie ses traumatismes de guerre dans l’alcool, Forrester, vieux monsieur qui lui apporte, sans crier gare les échanges épistolaires de son père et de sa mère, et enfin, David bel inconnu séducteur. Des personnages sensibles, lunaires et solaires à la fois, dont on ne peut se détacher.
Références historiques, quête de soi, sont une fois encore présents dans ce dernier opus, les fantômes de Manhattan vous accompagneront, collés à vos basques, ils vous plongeront avec grandeur dans la lumineuse noirceur.
Mr Ellory, j’ai eu quelques inquiétudes à vous lire, passés quelques chapitres, vous m’avez une nouvelle fois séduite.

Inavouable – Zygmunt Miloszewski


Zygmunt Miloszewski sera avec nous à Saint Maur en Poche le week-end qui vient.

Alors surtout n’hésitez pas, allez le voir sur son stand


Inavouable - Zygmunt MiloszewskiLe livre : Inavouable de Zygmunt Miloszewski. Traduit du polonais par Kamil Barbarski.Paru le 14 septembre 2017 chez Fleuve éditions dans la collection Fleuve Noir. 21€90; (593 p.) ; 22 x 15 cm

4ème de couverture :

Zakopane, chaîne des Tatras, 26 décembre 1944

Un résistant serre contre lui un étui métallique, À ses oreilles résonnent encore les dernières Instructions de l’officier nazi qui lui a confié « le plus grand secret de cette guerre »… Alors qu’il est pris dans une tempête de neige, sa formation d’alpiniste pourrait se révéler cruciale. Non loin de là, dans une auberge, un homme contemple par l’une des fenêtres la même bourrasque déchaînée. Après une ultime hésitation, il croque sa capsule de cyanure.

Une matinée d’automne, de nos jours, à Varsovie

Chef du département de recouvrement de biens culturels rattaché au ministère des Affaires étrangères, le docteur Zofia Lorentz est convoquée par le Premier ministre : le Portrait de jeune homme du peintre Raphaël, tableau le plus précieux jamais perdu et recherché depuis la Seconde Guerre mondiale, vient d’être localisé. Accompagnée d’un marchand d’art cynique, d’un officier des services secrets à la retraite et d’une voleuse légendaire, Zofia s’envole pour New York, étape d’une quête contrariée qui pourrait Inverser la lecture de l’Histoire et la politique internationale moderne…

Extraits :
« Deuxièmement, l’indignation de la planète la faisait doucement rigoler. Elle était d’avis que l’histoire de l’humanité était une histoire de guerres, de bassesses, de cynisme et de cruauté. 
À ceci près que les vainqueurs présentaient leurs crimes sous les traits de l’héroïsme, d’un changement nécessaire et de lutte pour des lendemains qui chantent. 
Un certain temps s’écoulait, les vainqueurs changeaient et l’Histoire changeait également. C’était ainsi depuis des millénaires. Quel ennui !”
« Quelle sorte de chasse ce serait, si la proie se plantait au milieu d’un pré avec un bonnet rouge sur la tête et une pancarte « Visez ici » ? »
« Bien sûr qu’il comprenait. Des armes, c’était des morts, mais quelques cadavres supplémentaires ne faisaient pas une grande différence. 
Une propagande bien menée pouvait faire d’un mort le prétexte d’une guerre, ou d’un millier de morts un incident sans importance.
Mais le savoir… le savoir, c’était le pouvoir.”

 

Zygmunt-Miloszewski-polar-a-la-polonaiseL’auteur : Zygmunt Miłoszewski est née à Varsovie , le 08 mai 1976.
Zygmunt Miłoszewski est un écrivain, journaliste et scénariste polonais.
Il amorce sa carrière professionnelle en 1995 au quotidien populaire « Super Express » où il est pendant des années chroniqueur judiciaire.
Il travaille également pour l’édition polonaise de « Newsweek » (où il a tenu une chronique sur les jeux vidéo) de 2003 à 2008.
Il commence à publier des nouvelles et des romans en 2004.
En 2005, il publie son premier roman d’horreur, « L’Interphone » (Domofon), très remarqué par la critique, puis il enchaîne les succès, notamment avec une trilogie de romans policiers mettant en scène le procureur Teodor Szacki. La trilogie est composée de « Les impliqués » (Uwikłanie, 2007), adapté au cinéma en 2011, « Un fond de vérité » (Ziarno prawdy, 2011), adapté au cinéma en 2015 et « La Rage » (Gniew, 2014).
« Inavouable » (Bezcenny), un thriller, récit sur la recherche d’œuvres d’art perdues durant la Deuxième Guerre mondiale, a été publié en 2013.
Récompensé par plusieurs prix dans son pays, il a été finaliste en France du Grand Prix des lectrices de ELLE, du prix du Polar à Cognac, et du prix du Polar européen du Point pour « Les impliqués », en 2014.

La chronique jubilatoire de Danièle

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 Cette fois, l’auteur polonais s’échappe de la série du procureur Téodore Szacki pour nous entraîner dans un tout autre style, celui du roman d’aventure à suspense. Un « club » de quatre personnes contraintes de jouer ensemble les Monuments Men pour le Gouvernement polonais, menés par « une » Indiana Jones peu préparée à une telle violence. Un aspect « chorale » qui relie habilement le prologue au dénouement … d’une traque hors du commun, de la Pologne montagnarde aux confins de la Croatie, via une banlieue chic de New York et en Suède, sur la trace de collectionneurs complètement fous ou de spéculateurs sans aucun intérêt pour l’art.
On y apprend beaucoup de choses sur les spoliations d’œuvres d’art opérées par les nazis et des trafics rémunérateurs qui suivirent leur chute, au cours de cette intrigue à tiroirs ô combien captivante. le style est fluide, percutant et pour avoir eu le grand plaisir de discuter (joyeusement) avec eux, je salue une fois de plus la complicité de l’auteur et de son traducteur qui concoure à cette efficacité remarquable.
Très bon moment de lecture et un auteur qui mérite qu’on complète sa lecture.