L’évangile selon Satan de Patrick Graham


Le livre : L’évangile selon Satan de Patrick Graham. Paru le 31 janvier 2007 aux Éditions Anne Carrière. 21,90 € ; (525 p.) ; 15,5 x 23,5 cm

4ème de couverture :

2006, Hattiesburg, dans le Maine. Rachel, l’assistante du shérif du comté, enquête sur la disparition de quatre jeunes serveuses. Elle disparaît à son tour. Marie Parks, profileuse au FBI qui possède des dons de médium et s’est spécialisée dans la traque des cross-killers – les tueurs en série qui voyagent -, est chargée d’enquêter sur la disparition de Rachel. Elle retrouve son corps torturé et la dépouille des quatre disparues crucifiées dans une crypte. Le tueur, abattu par le FBI, est un moine qui porte les signes du Diable.

Quelques jours plus tard, au Vatican, le cardinal Oscar Camano, patron de la congrégation des Miracles, apprend que les quatre jeunes femmes assassinées sont les religieuses qu’il avait envoyées aux États-Unis pour enquêter sur la vague de meurtres qui frappent l’ordre des Recluses, un ordre très ancien, chargé depuis le Moyen Âge de protéger et d’étudier les manuscrits interdits de la chrétienté. Il confie au meilleur de ses exorcistes, le père jésuite Carzo, le soin de retrouver la trace de cet évangile que l’Église a perdu six siècles plus tôt…

Avec L’évangile selon Satan, Patrick Graham fait une entrée spectaculaire dans le club des grands écrivains de thrillers.

L’auteur : Patrick Graham est pilote d’avion de formation et expert en intelligence économique auprès de grandes entreprises internationales.  Né en France, il a passé une partie de sa vie aux États-Unis.  Son premier roman, L’Évangile selon Satan (Prix Maison de la presse 2007) a été vendu à plus de 200 000 exemplaires et a fait l’objet d’une quinzaine de traductions à travers le monde. Son deuxième roman, l’Apocalypse selon Marie, est paru aux éditions Anne Carrière en octobre 2008 et reprend des personnages de son premier livre, dont Marie Parks, avec une histoire toute autre. Son troisième roman, Retour à Rédemption, paru en 2010, change tout à fait de registre pour s’immerger dans l’univers concentrationnaire d’un camp de redressement pour mineurs dirigé d’une main de fer par un pasteur évangéliste dans le sud des États-Unis. Son quatrième roman, Des fauves et des Hommes, paraît en 2012. L’intrigue se déroule aux États-Unis pendant la Grande Dépression (1929) et met en scène deux personnages que tout oppose, dans un road-movie sanglant à travers une Amérique ravagée par la crise. Son cinquième roman, Ces lieux sont morts (éditions Fleuve Noir), paraît en avril 2014. Il met en scène un neuropsychiatre spécialiste de la réanimation des patients en coma dépassé, qui traque un tueur en série en aidant une jeune accidentée à retrouver la mémoire.

Extrait :
«L’air s’amenuisant dans le réduit où elle achève de se consumer, la grosse chandelle de cire faiblit. Elle ne va pas tarder à s’éteindre, et dégage une écoeurante odeur de suif et de corde chaude.
Épuisée par le message qu’elle vient de graver dans la paroi à l’aide d’un clou de charpentier, la vieille religieuse emmurée le relit une dernière fois, la pulpe de ses doigts effleurant les encoches là où ses yeux fatigués ne parviennent plus à les distinguer. Puis, lorsqu’elle est certaine que ces lignes ont été gravées assez profondément, elle vérifie d’une main tremblante la solidité de la cloison qui la retient prisonnière. Un mur de briques dont l’épaisseur l’isole du monde et l’étouffé lentement.
L’exiguïté de sa tombe lui interdit de s’accroupir ou de se tenir droite, et cela fait des heures que la vieille femme se tord le dos dans ce réduit. Le supplice de l’emmurement. Elle se souvient d’avoir lu de nombreux manuscrits rapportant les souffrances de ces condamnés que les tribunaux de la Très Sainte Inquisition emprisonnaient dans la pierre après leur avoir arraché des aveux. Des avorteuses, des sorcières et des âmes mortes auxquelles les pinces et les tisons faisaient avouer les mille noms du Diable.
Elle se rappelle surtout un parchemin qui relatait au siècle dernier la prise du monastère de Servio par les troupes du pape Innocent IV. Ce jour-là, neuf cents chevaliers avaient encerclé ces murailles où l’on disait que, possédés par les forces du Mal, les moines faisaient dire des messes noires au cours desquelles ils éventraient des femmes pleines pour dévorer leur progéniture. Derrière cette armée, dont l’avant-garde tordait la herse à coups de bélier, des chariots et des carrosses abritaient les trois juges de l’Inquisition et leurs notaires, les bourreaux assermentés et leur attirail de mort. La porte abattue, on avait retrouvé les moines agenouillés dans la chapelle. Ayant inspecté cette assemblée silencieuse et puante, les soudards du pape avaient égorgé les plus faibles, les sourds, les muets, les difformes et les imbéciles, puis ils avaient emporté les autres dans les soubassements de la forteresse, où ils les avaient torturés nuit et jour pendant une semaine. Une semaine de hurlements et de larmes. »
 

 

Le ressenti de Jean-Paul

L’évangile selon Satan de Patrick Graham

 

Bonjour à toutes et à tous…

 Le 15 juillet 2007 je découvrais Patrick Graham avec L’évangile selon Satan !

Cela faisait un moment que je le voyais chez ma libraire et un jour j’ai craqué…

Grand bien m’a fait…

 Malgré l’épaisseur du livre je me souviens que je m’étais “régalé”…

D’ailleurs j’avais enchainé sur deux autres de ses romans dès leurs sorties.

 Vendredi soir, mon téléphone vibre. Je jète un coup d’œil discret…

Une demande d’ami !

Je me frotte les yeux… Patrick Graham !!!

Imaginez, vous êtes chez vous…

On frappe à la porte. Vous ouvrez…

Emmanuel Macr…, Non pas lui !

Stephen King est là, tout sourire et il vous tend la main !!!

C’est exactement ce que j’ai ressenti… Je suis redevenu l’adolescent que j’étais en quelques instants !

Je suis tout de suite descendu dans mon bureau à la recherche de ses romans que j’avais adorés !

 Et de nouveau j’a bousculé l’ordre de ma PAL, prêt à passer une nouvelle nuit blanche. C’est aussi ça, être un lecteur…

 Ce thriller mystique est tout simplement flippant !

Thriller, fantastique, horreur, on ne sait plus !

Au fur et à mesure de ma lecture, j’avais envie de redécouvrir les chapitres suivants à toute vitesse.

Un découpage quasi cinématographique très visuel qui donne au récit un rythme très dynamique. Il y a en parallèle une recherche historique incroyable de la part de Patrick. La grande peste de 1348, les Templiers, le Vatican et je ne vous dévoile pas tout. L’auteur va très loin dans l’irréel, mais il est indéniable qu’il fait montre d’une véritable culture de la religion chrétienne…

 

Je n’ai pas pu, ne pas penser “Au nom de la rose”, à “Le Silence des agneaux”, et certains romans de Dan Brown, mais l’intrigue atypique est vraiment prenante et si vous êtes passionné du genre, c’est un roman à ne pas manquer…

 

Un manuscrit de près de trois millénaires est retrouvé. Il pourrait faire basculer, s’effondrer même les bases de l’histoire de la chrétienté et des évangiles qui ont suivies…

 Un “grand livre” qui apportera frissons et angoisses !

 

 

Lectio létalis de Laurent Philipparie


Le livre : Lectio létalis de Laurent Philipparie – Paru le 17/01/2019 aux éditions Belfond – collection Thriller -19.90€ – epub 4.99 € (368 pages) ; format 14 x 22 cm

 4ème de couverture : Oserez-vous tourner les premières pages du LECTIO LETALIS ?
Paris. Un assistant d’édition tout juste embauché se tranche les veines à la lecture du premier manuscrit qui lui est confié. C’est la troisième fois, en quelques semaines, que le même scénario-suicide se produit dans cette maison d’édition.

Bordeaux. Le lieutenant Gabriel Barrias, ancien indic devenu flic, enquête sur l’assassinat atypique d’un psychiatre massacré par un rapace, dans son cabinet, en pleine consultation.

Deux affaires éloignées en tout point, et pourtant. Un nom apparaît des deux côtés. Celui d’Anna Jeanson, qui fut, dix ans plus tôt, l’unique survivante d’un suicide collectif survenu dans une secte dressant des animaux à tuer.

Un livre et des oiseaux qui tuent, personne ne pourrait y croire. Mais sous la plume de Laurent Philipparie, capitaine de police, tout est si vrai que c’en est effrayant.

L’auteur : Français, Laurent Philipparie est capitaine de police.
Entré à 27 ans dans la police, il commande aujourd’hui des unités de terrain dans l’agglomération bordelaise.
Son goût de l’écriture, il le fait partager à des lycéens, dans le cadre de missions interministérielles.
Après quinze ans à la BAC, il publie son premier roman, « Ne regarde pas l’ombre » (2016).
page Facebook :Laurent Philipparie

 

Extrait :
« Des efforts étaient régulièrement consentis pour humaniser les lieux. Les constructeurs avaient cassé les lignes, individualisé les volumes, aéré les cages d’escalier et « suspendu » des espaces verts. Néanmoins, tout ce qui poussait ici prenait inexorablement l’allure d’un clapier à lapins. Les audacieuses couches de peinture viraient tôt ou tard au gris des jours maussades. Les inscriptions taguées à la bombe ressemblaient à des scarifications infligées à un corps malade. Imposant leur business, les bandes faisaient régner la terreur. Le reste des habitants tâchait de vivre normalement, au prix d’une attitude fuyante. Ne pas lever les yeux. Ne pas parler à la police. Ne pas réussir. Ne pas afficher sa féminité… La population s’organisait autour d’un axe vieux comme le monde : la loi du plus fort. Les policiers, pour ramener un semblant d’ordre, déployaient des stratégies de guérilla.

 

La chronique jubilatoire de Dany

Le lecteur de Ne regarde pas l’ombre retrouvera avec plaisir Gabriel qui a maintenant intégré un placard au sein de la police, dans la proche banlieue de Bordeaux. Ses vieux démons le hantent et le voici rattrapé par son passé alors qu’il va, au hasard d’un flag qui tourne mal, se frotter au monde malfaisant des sectes.

Certes Bordeaux n’est pas Chicago et l’auteur en sait quelque chose, lui qui doit être pote avec son collègue Gabriel … cependant l’approche qu’il nous propose est très documentée sur la manipulation mentale des personnes fragiles … ou pas, car chacune et chacun peut être leurré par des individus experts en PNL (programmation neuro linguistique). Les techniques sont les mêmes que celles utilisées en marketing alors qui peut proclamer : « je n’ai jamais succombé à la tentation ! »

Que l’on trouve l’histoire, selon ses convictions, un peu ésotérique ou carrément réaliste, il reste une intrigue bien menée, au rythme rapide, qui se termine en cataclysme et qui ne faiblit pas au long de ces 368 pages, ancrées dans des paysages de carte postale quand Laurent Philliparie nous emmène sur la côte atlantique, aux abords du bassin d’Arcachon. Elle a en plus le mérite d’aborder des sujets de société actuels dérangeants.

Un deuxième roman prometteur pour une suite avec ou sans Gabriel … un très bon moment de lecture.

Petit précis linguistique : lectio letalis = langage céleste … J’ai conscience que ça ne vous en dit pas assez alors … lisez !

Lu en version numérique.

 

 Extraits: 
« Un étonnant mimétisme opérait entre population et policiers : ces derniers souffraient d’une défaveur similaire à celle ressentie par les habitants. Un même désintérêt de la part des pouvoirs publics, qui se traduisait par une baisse des effectifs, une réduction des moyens, une absence de soutien hiérarchique, le laxisme des juges et l’hostilité des médias… Les policiers portaient sur leurs épaules le poids d’un abandon général. À la longue, ces flics s’étaient marginalisés, retranchés dans leurs tâches quotidiennes. De leur part, on aurait pu craindre les pires dérives, de celles dont raffolent les journaux télévisés : passages à tabac, racket des dealers… Et pourtant ils se tenaient tranquilles. Les constantes suspicions, les accusations régulières et les enquêtes internes ne révélaient aucun manquement au code de déontologie. Ces hommes évoluaient en quasi-autarcie, cultivaient leur propre énergie, développaient des techniques singulières mais demeuraient loyaux. »
 « Tout cela s’inscrivait dans ce que la nature humaine avait de plus hideux à offrir. L’arborescence du Mal était résiliente. Elle se divisait, se répandait partout, et repoussait sans cesse. On pouvait tailler les brindilles, parfois couper des branches, mais jamais s’attaquer au tronc, sous peine d’y perdre son âme… »
« Un commissariat de banlieue, trou du cul du monde, se retrouvait en charge d’un secret d’État. Cette gestion aberrante ne la surprenait guère. Elle n’était pas complètement dupe. Lui confier cette mission revenait à la désigner comme fusible au cas où les choses tourneraient mal. Les carriéristes avaient remplacé les patrons, la frilosité bureaucratique le goût de l’efficacité »
 « Un individu peut analyser consciemment et simultanément un maximum de sept unités d’idées. Les informations supplémentaires sont traitées par l’inconscient, surtout si elles sont furtives et demandent un effort intellectuel. Or, la présentation des infos non-stop est toujours particulièrement chargée : commentateurs, film ou image en arrière-plan, logos mobiles de la chaîne, date et heure, titres, apparition d’annonces diverses, indicateur de la météo et bandeau défilant en bas de l’écran… Certaines données surabondantes vont directement dans ton inconscient sans passer par le crible de ton esprit critique. Bien maîtrisé, ce système permet de faire avaler n’importe quoi… »
 
mots clefs : secte, banlieues, bassin d’Arcachon, Saint-Emilion, Hauts-de-Garonne, fauconnerie, hypnose, thriller

Tu tairas tous les secrets d’Hervé Jourdain


Le livre : Tu tairas tous les secrets d‘Hervé Jourdain – Paru le 11/10/2018 aux éditions Fleuve édition dans la collection Fleuve noir – 19.90€   – epub 13.99 € (416 pages) ; format 21×14 cm

 4ème de couverture :

Une femme est retrouvée morte dans le parc naturel des Ardennes. À quelques kilomètres de là, le corps d’une autre est repêché dans la Seine. Sur le pull que portait la première victime, l’ADN de l’épouse d’une chef de brigade de la PJ de Paris. Au cou de la deuxième, un curieux médaillon en forme de chouette.Le commande Guillaume Desgranges est chargé de l’enquête parisienne. Et ce qui se passe dans les Ardennes, il refuse d’en entendre parler : il a élevé seul son fils et remué ciel et terre pour retrouver celle qu’il aimait. Le temps a passé. Son évaporation ne regarde qu’elle, à présent, où qu’elle soit. La brigadière Zoé Dechaume ne l’entend pas de cette façon et n’a qu’une idée en tête : remonter la piste ardennaise. Alors, en toute clandestinité, et en duo avec sa coéquipière Lola Rivière, elle va se lancer sur les traces d’une femme qu’elle ne connaît pas, mais dont elle a toutes les raisons de penser qu’elle vit encore. Entre Paris, la Belgique et les Ardennes, mettant en péril leurs carrières et bien plus encore, les deux jeunes femmes vont se heurter aux secrets qui contraignent au silence, écorchent, et finissent par tuer ceux qui les portent.

 

L’auteur : Hervé Jourdain est né le21/08/1972 à Sainte-Maure-des-Fossés, féru d’Histoire et de course à pied.
Il réussit le concours de gardien de la Paix et s’installe à 20 ans dans le sud de la région parisienne. Parallèlement à son activité professionnelle, il s’inscrit à l’université Paris-I et obtient une licence d’Histoire. Il intègre alors un service de renseignement en 1998 avant de devenir, deux plus tard, officier de police.
Lieutenant à la brigade des mineurs de Paris puis capitaine au sein de la brigade criminelle installée au mythique 36, quai des Orfèvres, il décide par défi de se lancer dans l’écriture de romans policiers.
Il est alors capitaine de police lorsqu’il publie Sang d’encre au 36 (2009), un premier roman qui lui vaut le prix des lecteurs du grand prix VSD du polar.
Il remporte en 2014 le prix du Quai des Orfèvres avec son roman Le Sang de la trahison.
Il a par ailleurs collaboré à l’écriture d’un long métrage, fait office de conseiller sur le tournage d’un téléfilm policier, effectué une brève apparition dans le film « Contre-enquête » (2007) aux côtés de Jean Dujardin.
En 2017, il reçoit le prix Sang d’encre décerné par le festival de Vienne pour son roman, Femme sur écoute, paru chez Fleuve Éditions en 2017.
Sous le pseudonyme Clovis Bienvenu (l’identité de son grand-père maternel), il est également l’auteur de Le 36, quai des Orfèvres à la croisée de l’histoire et du fait divers, paru chez PUF en 2012 dans la collection Questions judiciaires.…Il est aujoud’hui commandant de police.

 

Extraits :
« Certains comptabilisaient le nombre d’autopsies auxquelles ils avaient assisté. Un procédurier se targuait d’en avoir réalisé dix-huit la même année. Une autre enquêtrice, à coup sûr une fétichiste, conservait dans un tiroir un stérilet saisi sur le cadavre d’une femme tuée par son amant qu’elle se plaisait à montrer aux stagiaires de passage au 36. Peut-être pour les faire fuir. Ou pour les épater. Ou pour exorciser cet instant de découpe, cet acte de boucherie, ce dépeçage en règle d’un corps qui ressemblait à s’y méprendre au sien. »
« Selon la copie du rapport d’autopsie qu’elle avait consultée dans la foulée, le cadavre avait séjourné face contre terre durant un mois avant sa découverte. Au fil des heures et des jours, des escouades d’insectes nécrophages s’étaient nichés, développés et reproduits dans et aux abords du macchabée. Les orbites avaient été évidées, les tympans visités, les lèvres forcées, la bouche pénétrée. Les mouches bleues croisaient d’autres diptères dans les cavités gonflées par les larves de coléoptères. Le légiste avait prélevé de nombreux spécimens. Certains avaient été plongés dans du formol, d’autres avaient été conservés vivants dans des tubes aérés afin de dater au mieux la mort de la victime. Puis il avait autopsié ce qui pouvait encore l’être. Les meilleurs morceaux avaient été dévorés : cœur, poumons, rate, foie. Le larynx était intact, aucune fracture n’était signalée, pas plus que la présence de corps étrangers. En résumé, rien n’évoquait une mort violente. Ce décès paraissait inexplicable chez un sujet féminin qui ne semblait pas avoir plus de cinquante ans au vu de l’examen odontologique… »
 

La chronique jubilatoire de Dany

Titre et auteur : Tu tairas tous les secrets d’Hervé Jourdain

On retrouve les protagonistes de Femme sur écoute, dans une intrigue plus classique, mais avec un duo féminin immanquable ! Une enquête complexe où l’auteur nous entraine dans les Ardennes. C’est un peu le hasard qui fait se relier deux scènes de crime et qui va lancer Lola et Zoé sur les pistes de ces femmes disparues. Elles n’en ont pas la légitimité, elles devront jouer avec les personnages secondaires pour approcher de la vérité, toujours border line.

Que feriez-vous si, avisé que vous êtes gravement malade, on vous proposait un traitement miracle ? Les pieds sur terre ou la tête dans les nuages, une galerie de personnages bien campés  renforcent toute l’ambigüité posée par l’auteur.

De nombreux thèmes sont abordés par Hervé Jourdain à la périphérie de cette enquête : l’exploitation des immigrés clandestins, les médecines alternatives, les sectes, les maladies rares, l’amour maternel, les SDF … procurent aux lecteurs des moments d’émotions dans ce monde de brutes. Notons aussi la sobriété du ton : pas d’effets spéciaux de superproduction, tout est précision et minutie. En prime une visite du Bastion, le new 36, maintenant opérationnel … ou presque !

J’aime beaucoup, mais il n’aurait pas dû assassiner une 2CV !

 

Lu en version numérique.

 

 Extrait :
«  Le front collé contre la planche d’une étagère, elle attrapa une conserve en verre. Ce qui ressemblait à des abricots flottant dans un jus épais. Elle tira sur la languette afin d’ouvrir le couvercle. En vain. Trop faible. Elle l’agrippa avec les dents et poussa le bocal de ses deux mains. Pas mieux, le caoutchouc usé se déchira sans libérer l’air nécessaire. De colère, elle le jeta contre le mur. Le verre se brisa, le jus l’éclaboussa.
Elle se rua au sol telle une mendiante, pinça de la pulpe de fruit mêlée de terre entre ses doigts et la porta à sa bouche. Elle ferma les yeux. Ils se rouvrirent sur des larmes. Honte de ramasser de la nourriture tombée au sol, douceur du sucre, crainte d’être abandonnée, espoir d’être sauvée, elle était chahutée par des vents contraires.»

 

Kiaï de Alexandra Coin et Erik Kwapinski.


Le livre : Kiaï de Alexandra Coin et Erik Kwapinski. Paru le 1er juin 2018 chez Lucien Souny dans la collection Plumes noires.  6€90 ; (220 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

Kiaï

Un violent incendie a ravagé un orphelinat religieux. Les pensionnaires sont évacuées et Marie, l’une des jeunes filles, est placée d’office dans un hôpital psychiatrique à Auxerre.

À des centaines de kilomètres de là, à l’exception des morts qu’il a laissés derrière lui et des années qu’il a passées dans la Légion comme tireur d’élite, rien ne distingue Fabrice des autres habitants de ce village en pays cathare où il s’est désormais retiré. Jusqu’au jour où Peter Wolff, son vieux complice de randonnée, biker au look de Viking et prêtre défroqué, va attirer sur eux les foudres d’un groupe activiste catholique. Les méthodes de l’Inquisition renaissent de leurs cendres.

En quoi cette croisade mortelle concernerait-elle Marie ? Pourquoi elle seule pourrait y mettre un terme ? Une intrigue vertigineuse, un thriller sobre, acéré et addictif.

Les auteurs : Alexandra et Erik vivent dans l’Yonne mais ils se réfugient dès qu’ils le peuvent dans un village niché, dans l’Aude, en terre cathare. Ils ont pratiqué les arts martiaux. Lui, a fait un détour chez les commandos avant d’enseigner la philo. Elle, a exercé plusieurs petits boulots avant de devenir enseignante. L’intérêt pour la psychologie et la lecture les a réunis. En 2016, ils ont signé ensemble La Voie du Talion aux éditions Aconitum/FleurSauvage (roman nominé en 2016 pour le prix du jury Dora Suarez). Alexandra Coin, de son côté, a publié Entraves, la même année, chez le même éditeur, roman préfacé par le psychiatre et écrivain Dominique Barbier, spécialiste des pervers narcissiques.
Extrait : 
« Par excès de tolérance, on courbe l’échine devant les symptômes de l’intolérance. Mais en agissant ainsi, on trouve toujours quelqu’un pour monter sur notre dos… Il faut quelquefois savoir dire non pour préserver la liberté et la justice. »

 

La KroniK d’Eppy Fanny

KIAÏ d’Alexandra COIN et Erik KWAPINSKI aux éditions Lucien Souny – Plumes noires

J’ai rencontré ce couple d’auteurs lors du salon de Nemours 2017. Une vraie belle rencontre en particulier avec Alexandra Coin , pour notre amour commun pour la nature et la vie simple et nos souvenirs d’enfance. Ils nous ont réunies ; Comme une évidence.

A l’époque il présentait leur 1er opus à 4 mains « la loi du talion », que je n’ai hélas pas lu.

La lecture de Kiaï m’a donné le désir de le faire pour mieux appréhender le personnage central de ce roman, héros du précédent.

Mais l’on peut tout à fait lire ces romans de façon individuelle, car les histoires sont distinctes.

L’histoire :

L’orphelinat des Capucines, un porc en soutane façon puzzle qui en engraisse d’autres, via une main vengeresse, celle de Gabrielle, une orpheline qui s’est révoltée.

Une autre orpheline, Marie, va purifier le lieu en l’incendiant et sera internée dans un hôpital psychiatrique. Son seul lien avec l’extérieur sera désormais la TV.

15 ans plus tard

Fabrice a trouvé refuge dans un petit village de l’Aude. Il se plaît dans cette vallée, au milieu de cette nature où il s’est reconstruit une vie bien loin de celle d’avant. Le sniper est mort.

Il chasse avec son chien et son arc, et est ami avec un ex curé grande gueule, Peter. Doublement amis, car leurs chiens le sont aussi.

Gabrielle est devenue une jeune femme et a rejoint un groupe religieux catholique ultra, le CLOU, et sa section la plus active. La face cachée de Formanoir, si respectable. Un groupe où elle a trouvé une famille, des repères. Sanglants, violents, mais des repères et des valeurs auxquels elle adhère. Seulement voilà, dans cette famille il y a un mouton noir que même le cilice ne calme pas, et les repères sont bâtis sur des mensonges. Et les méthodes utilisées rappellent les pires heures de l’inquisition.

Extrait p.139 : « Ces souffrances atroces lui avaient toujours paru abstraites, tant elles sont impensables. Elles avaient été infligées en des temps obscurs qu’elle pensait à jamais révolus. Elle se trompait lourdement. »

Peter Wolf dénonce les abus des religions. Toutes, sans exception. Dans un livre, et à la radio. Des idées dangereuses car les extrémistes ne peuvent tolérer de tels blasphèmes.

Extrait p.68 : « Les derniers mots de Peter tournaient en boucle dans la tête de Fabrice. Les lanceurs d’alerte taxés de conspirationnistes… Comme les Cathares avant eux avaient été accusés d’hérésie… Quel habile moyen de discréditer les contestataires et de préserver l’ordre établi ! Rester dans le moule sans se poser de questions était beaucoup plus confortable. Mais laisser faire et se taire, ouvrait une voie royale aux fanatismes, il ne fallait pas l’oublier. »

Lorsque le CLOU souhaite bâillonner un loup, meilleur ami d’un ex légionnaire, ce dernier retrouve tous ses réflexes et mobilise ses anciens amis. Les vallées, les montagnes et la forêt seront les témoins de cet affrontement.

Extrait p.175 : « Le coup de tonnerre du calibre 12,7 gronda dans les airs au-dessus des arbres. La foudre cependant eut été plus clémente en s’abattant sur l’homme dans le fourré. Avec un tel calibre, il devait moins ressembler à une merguez grillée qu’à un hamburger saignant. »

Mais comment châtier la tête de cette hydre religieuse malfaisante ?

Alexandra et Erik nous offre un roman fort sur les dérives sectaires, le pouvoir, la culpabilité, la vengeance et la folie. Mais c’est aussi une ode à cette magnifique région de l’Aude.

Les bruits et les odeurs de ces vallées, montagnes et forêts, m’ont accompagnée pendant toute ma lecture. Une immersion totale. Un vrai bonheur de lecture et un twist final génial. Merci à vous deux. Doublement.

Cheptel – Céline Denjean


Le livre : Cheptel de Céline Denjean. Paru le 17 janvier 2018 chez Marabout dans la collection MaraBooks Thriller. 19€90 ; (653 p.) ; 23 x 15 cm

4ème de couv

Le corps d’une jeune femme est retrouvé en Lozère.

Au regard des éléments qu’ils détiennent, les enquêteurs de la SR de Nîmes se forgent rapidement un avis: elle a fait l’objet d’une chasse à l’homme…

Pour le capitaine Merlot, d’Interpol, les conclusions médico-légales placent cette victime dans une longue série.

Les gendarmes nîmois vont alors apprendre à leur grande stupéfaction, qu’Interpol tente depuis vingt-cinq ans de démanteler un réseau de trafic d’êtres humains.

Louis Barthes, notaire à la retraite, est à la recherche de sa soeur jumelle dont il ignorait l’existence. Ses démarches vont a peu à peu le faire remonter jusqu’à une poignée d’orphelins juifs dont la fuite vers l’Espagne s’est arrêtée dans les Pyrénées…

Jeune adolescent de 13 ans, surdoué, Bruno passe des vacances dans les Pyrénées quand il tombe dans un dangereux torrent et est emporté par les flots. Il parvient miraculeusement à s’extirper des eaux tumultueuses, et cherchant de l’aide, découvre une communauté vivant hors temps et hors réalité dirigée par une grande prêtresse qui se fait appeler Virinaë.

Trois fils que Céline Denjean tisse ensemble dans un suspens et une tension exceptionnels, et surtout avec sa remarquable maîtrise du récit révélée dans ses précédents romans.

L’auteur  : Avec des grands-parents libraires, Céline Denjean a grandi au milieu des livres. Après avoir travaillé dans le domaine social, elle se consacre aujourd’hui à l’écriture. Elle est l’auteur de Voulez-vous tuer avec moi ce soir ? (Nouvelles Plumes, 2015 ; Pocket, 2016) et de La fille de Kali (Marabout, 2016).
Extrait ; (très difficile de choisir tellement tout est bon !) :
« La déflagration la fit sursauter. Elle sentit ensuite la douleur dans son dos. Elle eut le réflexe de tourner la tête avant de chuter en arrière. Et là, elle l’aperçut. La femme. Qui baissait son fusil à lunette. Un rictus méchant et triomphant agrafé au visage. Puis sa vue commença à se brouiller et ses tympans bourdonnèrent étrangement comme un chrysanthème rouge sang florissait sur sa poitrine. Elle entendit vaguement un hurlement de victoire et tout près de son oreille, les gémissements du chien qui l’avait rejointe. La vie fuyait son corps au grand galop. Les boches avaient encore gagnés…….. »

 

La lecture de Marie Nono

 

LE CHEPTEL de CELINE DENJEAN –

650 pages chez MARABOUT THRILLER

850 g de bonheur (hé oui je l’ai pesé !)

On démarre sur deux histoires totalement loufoques, d’un côté un vieux notaire qui découvre que trois jours après sa naissance, il est mort ! de l’autre il y a toute une clique de pèlerins avec des prénoms à dormir dehors (Anten, Elicen, Atrimen, Kalire etc…) qui semblent hors du temps.

Et puis à partir de la page 27, B I M, c’est parti pour une sacré pression, une histoire de dingues avec des dingues, ça rend dingue et carrément addict !

Tous les détails sont importants et vraiment bien dévoilés grâce à l’excellente plume de Céline.

C’est fort, émouvant, captivant, et difficile à lâcher. Donc allez y les yeux fermés, c’est 850 grammes de mots qu’il faut absolument déguster.

 

 

Droit dans le mur – Nick Gardel


La double chronique

Aujourd’hui Julie et Dany vous donnent leur avis sur un même livre.

C’est Julie, notre jeune chroniqueuse qui a ouvert le bal ce matin.

Et maintenant c’est au tour de Dany notre mamie Flingueuse de vous proposer sa chronique.

Le livre c’est :

Le livre : Droit dans le mur de Nick Gardel. Paru le 10 novembre 2017 chez Caïman dans la collection Polar.  13€ ; (229 p.) ; 19 x 12 cm

4e de couv :

Ancien vigile, Michel Marchandeau a cru au rêve campagnard : il s’est installé dans une maison des contreforts vosgiens. Mais le voisinage peut vous pourrir la vie bien plus vite qu’on ne le croit.

Entre une congrégation d’illuminés aux prétentions territoriales envahissantes et un Anglais chercheur de trésor, le retraité va devoir jouer des poings. Rapidement les cadavres commencent à s’entasser et cette histoire pourrait bien finir… droit dans le mur !

L’auteur : Enseignant dans les parties les plus complexes des méandres de l’éducation nationale et rattrapé par une quarantaine qui ne va pas en s’arrangeant, il a bien fallu que Nicolas Juan trouve une échappatoire. Il a finalement mis la main sur Nick Gardel pour se cacher derrière et pouvoir écrire des bêtises.
Extrait : 
 « Je l’ai déjà dit, chez les mecs, le point d’impact optimal se situe au niveau de leur entrejambe. On peut s’entraîner à massacrer du poteau de bus avec les tibias, à défoncer de la planche de douze à la main, mais personne ne résiste à un coup ajusté dans les glaouis. 
Mon cuistot s’est plié en deux, pile au-dessus de l’acier qui l’attendait en obélisque. La pointe est rentrée par le menton, a traversé la langue et j’ai dû pousser pour qu’elle perfore le plancher du palais. Le gros a gigoté un peu, pour faire croire à une dernière volonté. Mais il avait clairement la tête ailleurs. Il s’est écroulé d’un coup, en tas amorphe et l’oeil vitreux, commençant le décompte de sa date limite de fraîcheur. »

La chronique jubilatoire de Dany

Michel Marchandeau, veuf retraité, vit dans dans les Vosges dans une maison isolée dont avait hérité sa femme. Son voisin le plus proche David Waters s’est lancé à la recherche d’un trésor qu’auraient caché ses ancêtres, mais une communauté, ayant tout de la secte, insiste pour racheter ses terres.

Chronique sur le blanchiment de bijoux sales et autres biens mal acquis … Dans ce thriller nous retrouvons la gouaille de « Fourbi étourdi » et une galerie de personnages incomparables. Nick Gardel m’a fait penser à René Fallet et ses « chroniques villageoises et beaujolaises » mais dans le cas présent, ça se passe en Alsace, sur ces terres ballottées entre l’Allemagne et la France au grès des guerres et petits arrangements qui s’en suivent.

Les fidèles lecteurs retrouveront aussi Estéban et sa divine Renault 5 …
Quelle vie de retraité pour le narrateur ! Il n’arrive pas à mener à bien la réfection de son volet, perturbé et interrompu par des meurtres de ses voisins et un gendarme qui lui en veut. Il mènera néanmoins l’enquête et une fois face au mur devra faire des choix cruciaux pour sa tranquillité et son volet !

Même avec un nombre de morts conséquent, le lecteur sort du roman avec le sourire … jubilatoire n’est-il pas ?

L’auteur, pour les accrocs, a eu la bonne idée de faire RE-paraître  Fourbi étourdi avec bonus …

Droit dans le mur de Nick Gardel


 La double chronique

Aujourd’hui Julie et Dany vous donnent leur avis sur un même livre.

C’est Julie, notre jeune chroniqueuse qui ouvre le bal.

Et Dany notre mamie Flingueuse qui le clôturera.

Le livre c’est :

Le livre : Droit dans le mur de Nick Gardel. Paru le 10 novembre 2017 chez Caïman dans la collection Polar.  13€ ; (229 p.) ; 19 x 12 cm

4e de couv :

Ancien vigile, Michel Marchandeau a cru au rêve campagnard : il s’est installé dans une maison des contreforts vosgiens. Mais le voisinage peut vous pourrir la vie bien plus vite qu’on ne le croit.

Entre une congrégation d’illuminés aux prétentions territoriales envahissantes et un Anglais chercheur de trésor, le retraité va devoir jouer des poings. Rapidement les cadavres commencent à s’entasser et cette histoire pourrait bien finir… droit dans le mur !

L’auteur : Enseignant dans les parties les plus complexes des méandres de l’éducation nationale et rattrapé par une quarantaine qui ne va pas en s’arrangeant, il a bien fallu que Nicolas Juan trouve une échappatoire. Il a finalement mis la main sur Nick Gardel pour se cacher derrière et pouvoir écrire des bêtises.
Extrait: 
« Comment font les gens qui n’ont que ça comme horizon ? Sans cesse un truc à démonter, plâtrer, poncer, enduire, tailler, remonter. Un festival d’infinitif pour une sinécure qui ne s’arrêtait jamais. L’infinitif à l’infini. »

Le compte rendu de Julie

Voilà ma 4ème chronique sur « droit dans le mur » de Nick Gardel.

                                                                                                                                               

 « Droit dans le mur » de Nick Gardel

Un polar sous fond de secte 

 Vous voulez lire un polar sous fond de secte, alors ce livre est fait pour vous. Michel Marchandeau va découvrir cette secte à ses dépens. Comment va t-il s’en sortir?

 La 1ère partie, on découvre avant tout un meurtre d’une vieille dame dont tout accuse le voisin David Waters mais Michel Marchandeau croit en l’innocence de David dont il s’est lié d’amitié. Ensuite, la 2ème partie, on entre dans la secte. Ainsi, il vous faudra vous montrer patient même si le roman souffre de quelques longueurs mais je pense le relire car je n’ai pas tout compris. De plus, chaque chapitre est entrecoupé de conseils de menuiserie qui peuvent s’avérer utiles comme « comment repeindre des volets en bois » pour ceux qui n’y connaissent rien comme moi.

 Le seul problème du livre pour moi réside dans la distinction des personnages: l’histoire est racontée à la 1ère personne « je » et à la troisième personne en « il », il m’a fallu du temps pour comprendre que le « je » est raconté par Michel Marchandeau le personnage principal. Du coup, j’avais du mal à m’attacher au personnage bien que c’est venu ensuite.

 Si vous avez du mal à retenir des noms étrangers comme moi lorsqu’il y a pas mal de personnages, alors il vous sera difficile de vous plonger totalement dans le livre. En effet, il y aura des personnages aux noms allemands et de nombreux personnages dedans, il m’a été difficile de distinguer les différents personnages et leurs rôles.

 En conclusion:

Si vous recherchez un polar sous fond de secte, je vous le conseille mais attention à ceux qui n’aiment pas beaucoup qu’il y ait de nombreux personnages car il y en aura.

Je remercie Geneviève du Collectif Polar d’avoir reçu ce livre en cadeau lors d’un concours.

Arab jazz de Karim Miské


 

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9782878585070,0-1327915.jpgLe livre : Arab jazz de Karim Miské.Paru le 14 mars 2012 chez Viviane Hamy dans la collection Chemins noctures. 18€; (298 p.) ; 20 x 13 cm
9782757833476,0-2004036Rééditer en poche le 13 mars 2014 au Point dans la collection Point Policier. 7€60; (325 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

À Paris, le 19e est un arrondissement des plus cosmopolite : sushis kasher, restaurant turc, coiffeur juif, libraire arménien…

Seul Ahmed Taroudant demeure à l’écart : prisonnier de son histoire, rêveur, lecteur fou de polars… jusqu’à ce qu’il découvre le corps affreusement mutilé de sa voisine et amie, Laura Vignola, attaché au-dessus de son balcon. Il comprend vite qu’il constitue le coupable idéal. L’horreur de la situation l’extirpe de sa léthargie, et il va collaborer avec les lieutenants de la Crim’ qui mènent l’enquête, la flamboyante Rachel Kupferstein et le Breton Jean Hamelot. Les imaginations s’enflamment. Mais, ensemble, ils détiennent les éléments pour décrypter cette mort. Un meurtre symbolique exécuté par un fou de Dieu loubavitch ou salafiste ? Qu’en est-il du père de Laura, Témoin de Jéhovah, dont l’influence s’étend jusqu’à New York ? Quel rôle joue le Godzwill, cette si jolie pastille qui traverse les frontières ?

 

L’auteur : 455865412Karim Miské, né en 1964 à Abidjan d’un père mauritanien et d’une mère française, est réalisateur de documentaires sur les néo-fondamentalismes juif, chrétien et musulman, la surdité ou la bioéthique. Arab Jazz est son premier roman.

 

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Petit résumé et petit avis :

Ahmed Taroudant, jeune marginal, ne lit que des polars. Quand il trouve sa voisine pendue à son balcon, un rôti de porc à ses côtés, il sort de sa léthargie et de sa torpeur. Est-ce le meurtre symbolique d’un fou de Dieu ? Avec Rachel Kupferstein d’origine juiveet Jean Hamelot, flics breton cinéphiles et torturés, Ahmed enquête au coeur d’un 19e arrondissement cosmopolite où ripoux, caïds et fondamentalistes se livrent une guerre sans pitié.Ils vont tenter de écrypter les signes et les symboles de cette mort atroce.

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Ce polar « mystique », très bien écrit, mêle fondamentalistes religieux, flics pourris, et histoires personnelles d’un héros dépressif amateur de littérature policière et de vrais  condés décidés à agir pour le « bien commun ». Les personnages sont magnifiquement campés et terriblement attachants. Un vrai coup de cœur.

Foisonnant, pétri de sons, de musiques et de parfums, Arab Jazz est le premier roman de Karim Miské. Espérant que ce ne soit pas le dernier

Arab Jazz a reçu le Grand Prix de Littérature policière 2012/ Prix du meilleur Polar des Lecteurs de Points 2014

Lire le début d’Arab Jazz ICI

Le dernier vampire de Jeanne Faivre d’Arcier


9782352945451,0-1306708Le livre : Le dernier vampire de Jeanne Faivre d’Arcier. Paru le 20 janvier 2012 chez Bragelonne. 20€ ; (380 p.) ; 24 x 16 cm

Quatrième de couverture

Une série de meurtres étranges frappe les laboratoires de l’Inserm à Paris. Les victimes, de brillants hématologues et cancérologues, ont toutes été vidées de leur sang…

Le capitaine Christine Deroche est chargée de l’affaire et pense tout d’abord mener une enquête de routine, mais elle reçoit bientôt des bouquets de fleurs et des messages mystérieux qui font le lien entre son passé et celui de l’assassin. Puis ses proches disparaissent un à un et la mission tourne au cauchemar.

Commence alors, pour Christine et son équipe, un voyage dangereux et palpitant, à Paris, Bordeaux et le long de la Garonne, sur la piste d’un meurtrier à la fois victime et bourreau, inquiétant et flamboyant.

jeanne-faivre-d-arcierL’auteur : Lauréate du grand prix de l’Imaginaire, Jeanne Faivre d’Arcier, que l’on a surnommée à ses débuts «la Anne Rice française», a écrit une douzaine de romans noirs et fantastiques. Elle partage sa vie entre Paris, Bordeaux et le Cap-Ferret, où elle trouve son inspiration face à l’océan. Avec Le Dernier Vampire, elle signe un roman où se nouent les fils du polar, de l’histoire et du roman fantastique.
Extrait :
Non, non se cabre le voyeur qui se perd dans les lambeaux de sa mémoire, ce n’est pas la même femme, la morte était plus jeune que cette empotée qui joue comme un sabot. Et puis sa victime n’a pas survécu à sa rage, sa barbarie, sa folie sanguinaire. »

 

Petit résumé et avis :

On a beau être vampire, on n’en est pas moins femme…

Des maisons closes d’Alger aux dédales de Bombay, des ruelles sombres de Séville aux bûchers funéraires de Bénarès, les créatures de la nuit ne cessent d’envoûter les humains qui croisent leur route. Mais aujourd’hui comme hier, Carmilla, la sublime danseuse de flamenco vampire, ou Mâra, la Déesse écarlate, qui fut l’amante du Prince des Démons avant de devenir la favorite de nombreux maharadjahs, restent femmes jusqu’au bout des ongles : leurs passions et leurs vengeances sont implacables, surtout lorsqu’elles se piquent d’aimer des tueurs de vampires ou d’exterminer les buveurs de sang assez fous pour les combattre.

Carmilla lance un programme de recherches consacré à la purification du sang, dans la perspective de créer un réseau de l’or rouge. Mais les Anciens vampires fondamentalistes, férus de magie noire, comptent bien lui mettre des bâtons dans les roues.

Entre l’or rouge et la magie noire, la crasse des théâtres et les sortilèges des palais indiens, la guerre du sang s’annonce plus funeste que jamais…

Jeanne Faivre d’Arcier nous propose une enquête torride. Et elle nous entraîne dans un Paris sordide et glauque à souhait. Ensuite nous partirons  à Bordeaux, traversant les siècles.  On va suivre avec délice et crainte la quête de nos deux héros enfin plus exactement nos deux héroïne. En effet l’une est policière ancrée dans notre réalité et l’autre voyageuse immortelle assoiffée de sang et de vengeance.

Coup de cœur pour ce récit, servi par une écriture ciselée et souvent teintée d’humour noir. Un roman aux frontières du polar noir, du thriller fantastique et du roman historique.

Attention vous risquez fort en vous aventurant dans ses pages de glisser jusqu’à la dernière ligne et de connaître l’errance.

Lire le début du Dernier Vampire

Les Adeptes de Ingar Johnsrud


les-adeptesLe livre : Les adeptes : une enquête du commissaire Fredrik Beier  de Ingar Johnsrud. Traduit du norvégien par Hélène Hervieu. Paru le 19 mai 2016 chez Robert Laffont dans la collection La Bête Noire.  21€ ; (552 p.) ; 23 x 14 cm

4e de couv : 

Pour le commissaire Fredrik Beier, l’affaire s’annonce comme une enquête de routine : la disparition d’Annette Wetre et de son petit garçon, membres d’une secte baptisée «La Lumière de Dieu». À ce détail près que cette disparition a été signalée par la mère d’Annette, une femme politique très en vue chez les démocrates-chrétiens. Et que ladite Lumière de Dieu, engagée dans une vendetta religieuse contre l’islam, sert de paravent à de monstrueuses expérimentations sur des sujets humains, visant à perpétuer la race blanche…

Bientôt l’enquête menace de devenir une affaire d’État susceptible de lever le voile sur les connivences passées entre la Norvège et l’Allemagne nazie. Rien ne sera épargné à Fredrik Beier et à sa partenaire, l’étonnante Kafa Iqbal. Tous deux pris dans un cauchemar éveillé, ils s’apprêtent à voir vaciller leurs dernières certitudes.

johnsrud-ingar-credits-akamik3-280x300L’auteur : Né en 1974, Ingar Johnsrud a exercé le métier de journaliste. Il vit avec sa femme et ses trois enfants à Oslo. Ce premier volet d’une trilogie, qui a été salué pour son sens aiguisé du détail et sa narration riche et innovante, marque ses débuts littéraires. Best-seller en Norvège, à la croisée de Millénium et de la série TV Borgen, Les Adeptes paraîtra dans vingt pays en 2016.

 

 

 

Extrait :
« Quelle genre de folie peut pousser quelqu’un à s’en prendre à une communauté planquée au milieu de la forêt ? Et à les abattre comme des bêtes ? Fredrik se demanda ce qu’avaient ressenti le ou les meurtriers, quand ils s’étaient retrouvés dans ce couloir. Quand ils avaient vu la rangée irrégulière de patères. Les étiquettes avec les noms en lettres majuscules, écrits par des doigts maladroits d’enfants. S’étaient-ils arrêtés pour lire ces noms ? La patère en bois marquée « Annette », sans rien dessus. Ou celle d’à côté, avec une casquette de parc animalier, fixée à un mètre à peine du sol. « William. »
Il devait régner un silence de mort quand ils s’étaient introduits. Peut-être avaient-ils jeté un coup d’oeil à la salle des enfants, vu tous les jouets bien rangés dans leurs caisses, puis senti l’odeur de savon noir qui flottait dans la cuisine ? Ils avaient dû traverser la salle de couture avec les ouvrages en tricot dans les corbeilles et les machines à coudre sous leurs couvercles en plastique (pour qu’un tout petit, levé plus tôt que les adultes, ne risque pas de se blesser). Arrivés au pied de l’escalier, ils avaient dû avoir la certitude que tout le monde dormait à poings fermés.
La communauté était sans défense. Ils étaient montés à l’étage, où se trouvaient les adeptes. »

 

Petits résumé et avis :

N’apprends t-on jamais de nos erreurs passées ? La question se pose après la lecture de ce premier roman de  Ingar Johnsrud.

Face à une affaire tout à fait classique en apparence, le commissaire Fredrik Beier lève le voile sur un tabou en Norvège, la collaboration avec l’Allemagne nazie. Son enquête l’entraîne au coeur d’un groupe de fondamentalistes chrétiens, adeptes de monstrueuses expérimentations sur des sujets humains. Commence alors une chasse à l’homme avec l’intrusion d’un sniper sans visage.

Ingar johnsrud nous propose ici un polar complexe et complet. Et pourtant il semble que ce titre soit le premier opus d’une trilogie annoncée. Une trilogie qui n’est pas sans nous rappeler Millénium. Pour autant Les adeptes ne souffre aucunement de faiblesse de traduction et le styles de Ingar Johnsrud est beaucoup plus incisif et fluide que celui de Stieg Larsson. Nous retrouvons ici aussi un duo, (en fait un trio) d’enquêteur car notre enquêteur a déjà  un binôme en la personne de Andreas Figueras, un flic asocial et macho à souhait. Je disais donc…Un duo qui fonctionne à merveille même s’il vient juste de se former. Un duo intéressant d’ailleurs. La combinaison d’un homme qui aiment les femmes et d’une femme qui semble être fatale. Et si on pourrait trouver ces personnages quelque peu caricaturaux, il n’en est rien. Fredrik Beier est certes un flic fragile mais c’est un bon flic, un policier méticuleux qui s’appuie sur une méthodologie sûre. De plus il a des qualité certaine pour un flic, il est acharné, accrocheur, persévérant, bref c’est un mec opiniâtre. Quant à sa partenaire elle aussi fait preuve d’une belle constance, elle est aussi réfléchie, rigoureuse et cartésienne. Bref notre duo se complète à merveille. Et Kafa Iqbal se révèle une partenaire idéale pour notre commissaire.

Et nous allons vivre avec ses deux héros une enquête tumultueuse et pleine de rebondissements. Une enquête qui va faire un détour par le passé sombre voir honteux de la Norvège. En effet l’auteur fait alterné les chapitres entre les faits présents et des événements situés durant l’époque nazie. Ces allées et retours dans le passé nous permettent de mieux appréhender et surtout comprendre notre présent.

Sur fonds de politique, ce thriller nous entraîne dans ce que la société a de plus pervers. La manipulation de l’homme par l’homme au nom d’une idéologie. Idéologie aux relents souvent nauséabonds et loin des valeurs humanistes.

 Ingar Johnsrud serait-il la révélation du polar norvégien ? Souvent il est acclamé comme le nouveau Jo Nesbø. A suivre donc.

Extrait 2 : 
« – Je crois que vous avez été manipulés, dit-il. – Ah bon. Et pourquoi ? demanda le journaliste en plissant le front. – Parce que quelqu’un veut faire passer cette tragédie pour une sorte de vendetta religieuse. On veut nous faire croire que ce sont les intégristes musulmans qui ont fait ça. Il est possible que ce soit le cas, mais cette affaire est plus compliquée qu’elle n’en a l’air. J’en ai la certitude. – Fredrik marqua un temps d’hésitation avant de poursuivre. – Il s’est passé des choses dans cette cave… Jorgen leva les yeux au ciel. – La presse  se serait donc fait manipuler ? On serait tombés dans le panneau comme des imbéciles ? »

 

Lire ICI le début des Adeptes