Parasite de Sylvain Forge


Le livre : Parasite de Sylvain Forge – Paru le 13/03/2019  aux éditions Mazarine dans la collection Thriller . 17 € ; (426 pages) ;  13 x  21 cm

4ème de couverture :

La capitaine  Marie Lesaux, fraîchement débarquée au sein de la brigade de protection de la famille de Clermont-Ferrand, se voit confier, sous le sceau de la plus grande des confidentialités, l’étrange mission de tester les capacités de son nouveau coéquipier. Valmont, réputé infaillible et doté d’une puissance de travail sans égale, serait capable d’élucider des affaires non résolues, quelle que soit leur complexité.

De fait, Valmont n’est pas un policier comme les autres, mais bien une somme d’algorithmes, un formidable programme expérimental ultra secret à la puissance de calcul phénoménal mis en place par l’État français pour lutter contre toutes les formes de criminalité  : un savant mélange d’intelligence artificielle et de réalité virtuelle que Marie va devoir appréhender pour mieux comprendre le formidable champs des possibles permis par la police 2.0.

Assistée d’Ethan Milo qui a travaillé sur le projet et qui vit cloué dans un fauteuil des suites d’un attentat, mais en but à l’hostilité de certains de ses collègues, la jeune capitaine va mettre Valmont sur le cas du «  suicide  » d’une fillette d’origine africaine retrouvée au pied d’une tour.
La gamine est-elle vraiment tombée toute seule ? Quel crédit accorder à cette rumeur insistante dans les quartiers, entre terreur et légende urbaine, indiquant qu’une «  hyène  »  vaudou, mi-homme, mi-animal, tournerait dans les citées pour «  voler  » des jeunes filles  ?

Le fait est que des disparitions ont bel et bien eut lieu et que la population se tait. Un symbole étrange, là où il n’y avait été question que de morts naturelles ou d’accidents, se trouve sur bien des scènes de ce qui va très vite devenir des crimes irrésolus.

Il se trame quelque chose dans l’illusoire banalité des jours…

Marie et Ethan Milo, aidés du programme Valmont, vont bientôt être confrontés à une épouvantable vérité venue du fond des âges.

L’auteur …Né(e) à : Vichy , 1971. Après une enfance en Auvergne, des études de droit et un passage à Paris, Sylvain Forge voyage et s’imprègne de multiples ambiances, de l’Afrique du Sud au Canada. Il vit désormais à Nantes.
Un premier roman – resté dans un tiroir – plante en lui les germes d’une passion future pour l’écriture. Durant plusieurs années, il bâtit des scénarios de jeux de rôle qui lui donnent le goût de raconter des histoires. Élaborer une intrigue bien ficelée : voilà son plaisir.
Son premier livre, « La ligne des rats », paru en mai 2009 aux éditions Odin (Nantes), est un thriller écologique sur les pesticides.
Sylvain Forge est aussi amateur d’histoire ; ancien guide touristique, il a signé avec « Le vallon des Parques » (éditions du Toucan) un deuxième opus dont les péripéties se déroulent à Vichy en 1943.
L’auteur a bouclé un troisième roman paru fin 2013 « La trace du silure » dont l’intrigue se déroule à Nantes.
Il a reçu le Prix 2018 du quai des Orfèvres au nouveau siège de la PJ parisienne pour son roman « Tension extrême ».  
Extraits :
  « Les escape room, selon ce qu’il comprenait, étaient des jeux d’évasion grandeur nature où les participants, réunis en groupes, disposaient d’un temps donné pour s’échapper d’un endroit clos. Pour ce faire, ils devaient découvrir des objets et résoudre des énigmes, en se prenant pour des chevaliers, des détectives ou les passagers d’une navette spatiale, selon les thèmes du moment.
Un truc pour se faire peur.
L’antre de Jack, sans surprise, proposait une immersion dans un décor londonien, contemporain de Jack l’Éventreur. Masson voulut téléphoner au commissariat avant de se raviser : monter une opération mobilisant du personnel en si peu de temps relevait de la mission impossible. Il se contenta d’un coup de fil à la brigade, prétextant un motif personnel. Le collègue qu’il cherchait décrocha.
— Salut Pierre, dis-moi, j’ai logé un drôle de pistolet qui bosse dans une salle de jeu dénommée L’antre de Jack. Tu connais ?
— Et comment !
— Pour quel motif ?
— C’est la Mecque de l’escape room. Tous les ados y sont. Ils ont au moins trois parcours. Il y a des espaces un peu sales, genre backroom. On sait que ça deale pas mal et il doit y avoir du racolage. Si mes gamins vont là-bas, je les tue. »

 

La chronique jubilatoire de Dany

Parasite de Sylvain Forge

On attendait le lauréat du mythique prix du Quai des Orfèvres 2018 … saura-t-il transformer l’essai ? En fait d’essai Sylvain Forge signe ici son huitième thriller (Pire que le mal étant une réécriture de La ligne des rats) et situe son action en Auvergne, sa région natale. Dans la même région que Sous la ville, mais en surface cette fois et le lieu importe peu dès lors que l’action se situe en province.

Après Tension extrême où le lecteur était plongé dans le quotidien flippant et connecté et qu’il proclamait la main sur le cœur qu’il ne se laisserait pas prendre et qu’il veillerait à cette hyper dépendance, cette fois il se dit qu’il peut être le jouet des manipulations de ses congénères … sans aucune forme de réaction possible.

Heureusement la haute technologie lui fait entrevoir le salut, sous la forme d’un logiciel expérimental. On sent très présent le professionnalisme de l’auteur sur le sujet.

Un darknet sous-jacent, de la maltraitance et l’exploitation des personnes fragiles, la souffrance des victimes, autant de thématiques humanistes que développe Sylvain Forge au fil de ses romans.

Deux volets donc dans ce thriller : l’humain et la technologie, qui font leur petit bonhomme de chemin au cours de ces 426 pages, très richement documentées, en s’imbriquant progressivement.

Que dire de plus que la 4ème de couverture déjà bien (trop) évocatrice, sans déflorer l’intrigue ?

J’ai beaucoup aimé !

Le rythme y est soutenu, les chapitres courts, les personnages attachants et singuliers, même Valmont qui inspire la crainte mais démontre son efficacité contre vents et marées.

Oui Sylvain Forge tient ses engagements et cependant promet de changer (oui vraiment) de genre pour 2020 avec tout de même du noir, mais moins de flics !

Je remercie l’auteur pour sa confiance et les éditions Fayard-Mazarine pour m’avoir permis de lire ce thriller en avant-première

extraits 2 – 3 et 4 :
« Marie fit un pas dans sa direction quand il lui sembla que quelque chose vivait dans les ramifications du taillis. Une chose que Marie aurait pu tirer de sa torpeur et qui, désormais, flairait sa présence. La jeune femme se figea aussitôt. Le végétal occupait pratiquement toute la cave. Les feuilles vibraient et bougeaient, sans brise aucune, et ses fruits faisaient de même, comme des clochettes. Jamais Marie n’avait rencontré pareille créature. Le duvet de ses bras se dressa sous ses manches comme les poils d’un chat avant même qu’elle n’eût pris conscience de la terreur qui venait de la submerger. »
 
« À un certain niveau d’implications, la criminalité devient intouchable, comme l’argent de la drogue lorsqu’elle est réinjectée dans l’économie légale. Et avec la pédophilie, c’est pareil ».
« L’imagerie cellulaire à haut débit a bouleversé notre compréhension de la vie parasitaire, commenta la scientifique en cliquant sur un fichier présent sur le bureau de son ordinateur.
— De quoi s’agit-il ?
— Une séquence reproduite à l’aide d’un microscope automatisé : des milliers d’images qui témoignent comme dans un film de l’activité du toxoplasme. »
 
« — En général, le toxoplasme se fixe dans la zone du cerveau dite « limbique », là où sont régulées diverses émotions, comme la peur. Chez la souris, quand tout fonctionne normalement, des neurotransmetteurs déclenchent une attirance face à l’odeur d’une femelle et une répulsion lorsque surgit l’odeur du chat. C’est ainsi que le rongeur est conditionné pour survivre. Mais ce que nous voyons en ce moment, c’est comment le parasite s’y prend pour tout court-circuiter.
— Il affecte le cerveau du chien, comme celui des rongeurs ou des chimpanzés ? lança Marie.
— Exactement. »
 

mots clefs : 

On a tous une bonne raison de tuer, Pétronille Rostagnat.


La double Chronique,

Aujourd’hui 2 flingueuses vont vous donner leurs avis sur un même livre.

Ce matin c’était Fanny qui nous faisait découvrir son billet,

Cet après-midi c’est au tour de Miss Aline de nous proposer son accroche.


Le livre : On a tous une bonne raison de tuer de Pétronille Rostagnat. Paru le 19 janvier 2019 aux Editions Incartades. 21€ ; (344 p.) ; 22 x 14.5 cm

4ème de couverture :

« Gabrielle est découverte dans son bain les poignets tranchés. Tout laisse croire à la tentative de suicide d’une mère au foyer désœuvrée, mais Gabrielle n’a aucun souvenir de son acte. Poursuivie par la désagréable impression d’être en permanence observée, elle est presque sûre d’avoir été, en réalité, victime d’une tentative de meurtre.

Après avoir installé des caméras chez elle, elle surprend la visite d’une jeune inconnue puis découvre, lors d’un cocktail organisé dans le cabinet d’avocats de son mari, qu’il s’agit d’une proche collaboratrice de celui-ci. Trois jours plus tard, cette dernière est retrouvée assassinée.

Commandant au 36 quai des Orfèvres, Alexane Laroche se retrouve impliquée de plein fouet dans cette affaire. Son mari Charles est l’un des associés du cabinet et personne ne peut être exclu de la liste des suspects… »

L’auteur :  Pétronille Rostagnat, a vécu en Chine et à Dubaï, et réside désormais à Lyon. Mère de trois enfants,
elle a été responsable marketing pendant une dizaine d’années avant de se consacrer entièrement à
l’écriture de romans policiers. Alexane, commandant à la brigade criminelle de Paris, son héroïne, a vu
le jour en 2015, dans son premier roman intitulé La fée Noire. On a tous une bonne raison de tuer est
son troisième livre.

 

 

Extrait :

« Elle avait appris au cours des nombreux interrogatoires qu’elle avait menés dans sa carrière que cela ne servait à rien de trop presser le prévenu. Il fallait faire preuve de patience, créer un moment d’intimité, presque de complicité, pour obtenir des aveux. C’était principalement la nuit, quand le 36 était plongé dans le silence, que le bruit des bateaux-mouches sur la Seine avait cessé, que le bourdonnement de tous les jours avec les allées et venues des officiers de police n’était plus, que les hommes et les femmes vidaient leur sac.

Gabrielle termina son verre de vin, le posa et, sans oser croiser le regard de son amie, conclut cette discussion simplement :

–         Tu connais cette citation de l’auteur dramatique français Antoine Bret : « Le vrai n’est pas toujours  conforme à l’apparence » ? »

  L’accroche de Miss Aline :

 

Deux couples amis depuis tellement longtemps qu’ils se connaissent sur le bout des doigts. Les époux se sont associés, il y a des années, pour ouvrir leur cabinet d’avocats. Les épouses, l’une commandant au 36 quai des Orfèvres, l’autre mère au foyer. Pourquoi cette dernière a-t-elle tenté de mettre fin à sa vie ?

Comment gérer l’après tentative quand ton mari est entendu par la police ? Qu’a-t–il avoir avec le meurtre de sa jeune collaboratrice ?

Comment gérer une enquête dont tu es écartée parce que ton mari est entendu par tes collègues ?

Débute le jeu du chat et de la souris : qui sait quoi, qui a vu quoi, qui a fait quoi ? Les révélations se font et se défont. La confiance est mise à rude épreuve.

L’histoire semble simple : une tentative de meurtre qui échoue, cherchons à qui profite le crime. Voilà que l’auteure te fait suivre une rencontre qui remet tout en question. L’intrigue prend alors une toute autre tournure. Et que dire de cette phrase qui te reste dans le creux de l’oreille. Les choses s’étoffent, se corsent et tu ne vois plus l’intrigue de la même manière.  

S’il est un thème  à retenir dans ce roman c’est celui de la confiance. Confiance en ses proches d’abord. Des êtres que tu connais depuis tellement longtemps que tu peux prévoir leurs réactions. Confiance professionnelle ensuite. Des collaborateurs qui sont ta deuxième famille, à qui tu confirais ta vie les yeux fermés. Mais connait-on jamais vraiment, totalement la personne qui nous fait face ? Il suffit d’un grain de sable pour révéler les êtres et en faire des étrangers (à son cœur).

On a tous une bonne raison de tuer, quel titre  approprié. L’auteur va distiller lentement mais surement le doute sur chacun des personnages. On va suivre des scènes avec dialogues dont on ignore l’identité de celui qui parle. D’autres où on ne comprend pas (ou ne voulons pas comprendre) de qui l’on parle. Un peu comme ci on avait des morceaux de puzzle qui nous laisse perplexe parce qu’ils ne semblent ne pas avoir de place dans le tableau. Chaque révélation, rebondissement te fais dire « non, impossible ! ».

Jusqu’à la dernière page, dans un style fluide, l’auteur va nous surprendre.

Belle découverte que la plume de Pétronille Rostagnat. Merci aux Editions Incartade(s) pour ce SP confié au Collectif Polar : chroniques de nuit.

Bonne lecture.

On a tous une bonne raison de tuer de Pétronille Rostagnat


La double Chronique,

Aujourd’hui 2 flingueuses vont vous donner leurs avis sur un même livre.

Ce matin c’est Fanny qui nous fait découvrir son billet,

Cet après-midi ce sera au tour de Miss Aline de nous proposer son accroche.


Le livre : On a tous une bonne raison de tuer de Pétronille Rostagnat. Paru le 19 janvier 2019 aux Editions Incartades. 21€ ; (344 p.) ; 22 x 14.5 cm

4ème de couverture :

« Gabrielle est découverte dans son bain les poignets tranchés. Tout laisse croire à la tentative de suicide d’une mère au foyer désœuvrée, mais Gabrielle n’a aucun souvenir de son acte. Poursuivie par la désagréable impression d’être en permanence observée, elle est presque sûre d’avoir été, en réalité, victime d’une tentative de meurtre.

Après avoir installé des caméras chez elle, elle surprend la visite d’une jeune inconnue puis découvre, lors d’un cocktail organisé dans le cabinet d’avocats de son mari, qu’il s’agit d’une proche collaboratrice de celui-ci. Trois jours plus tard, cette dernière est retrouvée assassinée.

Commandant au 36 quai des Orfèvres, Alexane Laroche se retrouve impliquée de plein fouet dans cette affaire. Son mari Charles est l’un des associés du cabinet et personne ne peut être exclu de la liste des suspects… »

L’auteur :  Pétronille Rostagnat a vécu en Chine et à Dubaï et vit désormais à Lyon. Mère de trois enfants, elle a été responsable marketing pendant une dizaine d’années avant de se consacrer à l’écriture de romans policiers.

 

 

 

 

 

Extrait :
« La peur et l’angoisse montaient en elle. Elle restait intimement persuadée que l’on avait attenté à sa vie, sans savoir ni qui ni pourquoi. Mère au foyer depuis des années, menant une vie calme et rangée comme des milliers d’autres femmes autour d’elle, elle ne comprenait pas en quoi elle pouvait représenter une menace pour qui que ce soit. Ce qui la torturait le plus, c’était d’avoir été sauvée ; elle respirait encore…on allait donc s’en prendre à nouveau à elle… Restait à savoir quand, qui et comment. Elle n’avait pas identifié la menace, cela pouvait alors être n’importe qui ! Même son mari ! Elle jouait la comédie de la femme déprimée, droguée par les médicaments, inconsciente du drame qui s’était réellement joué ce soir-là. Elle devait gagner du temps, baisser la garde de son ennemi « invisible ».
Gabrielle prit encore une grande inspiration, il était temps d’agir. Elle s’installa à son bureau pour allumer son ordinateur. Ses recherches commencèrent par les mots « self defense », « stand de tir », « arme à feu », « vidéosurveillance ». »

Le petit billet de Fanny Louise :

On a tous une bonne raison de tuer de Pétronille Rostagnat

Je ne connaissais pas Pétronille Rostagnat, j’ai donc abordé la lecture de ce roman sans aucun préjugé et ni aucune attente particulière, si ce n’est celle d’espérer prendre du plaisir. La quatrième de couverture était une promesse avec une bonne accroche et on peut dire que c’était une très bonne surprise qui m’attendait.

Ce roman est captivant dès les premières lignes, le suspens monte crescendo et il est très difficile de lâcher ce livre tant on est embarqué dans l’histoire. La lecture est très fluide, c’est détaillé mais pas trop, c’est précis mais pas ennuyeux.

L’auteure se joue du lecteur en le guidant d’une piste à l’autre pour aboutir à un final, qui s’il n’est pas révolutionnaire, n’en est pas moins surprenant car les clés ne sont données qu’en toute fin d’histoire.

J’ai beaucoup aimé le personnage d’Alexane, femme moderne, dévouée à son métier et à sa famille mais qui a aussi ses failles. Elle n’est pas parfaite et cela la rend d’autant plus attachante. Quand elle se retrouve embarquée malgré elle dans une enquête qui la touche de près, on la sent forte et fragile à la fois. L’auteure a su brosser un portrait de ses personnages féminins plutôt raccord avec la réalité. Au-delà de l’intrigue elle-même, ce sont vraiment les personnages qui m’ont conquise.

Cette histoire rythmée, où chacun semble avoir quelque chose à cacher, est rondement menée. Les thèmes de l’amitié, de la trahison, du temps qui passe sont abordés avec beaucoup de finesse et cela en parallèle d’une enquête policière très bien ficelée et aux rebondissements multiples.

Ce livre est vraiment un bon polar, qui se lit vite et qui vous attrapera de la première à la dernière ligne.

Merci aux Editions Incartades, ce fut un vrai bon moment.

Mission plaisir de lecture : accomplie !!

Burn-Out – Didier Fossey


Le livre  :  Burn Out de Didier Fossey.  Paru le 28 février 2015 chez Flamant Noir éditions.   15 euros ;  (289 p.) ; 22 x 14 cm. Réédité en poche le 14 février 2018 chez Bragelonne dans la collection Poche Thriller.

4e de couv :

Paris. Avril 2014. La police enquête sur une série de vols d’objets d’art dans les cimetières de la capitale. Lors d’une nuit de planque, un policier est assassiné. Pas de témoins. Peu d’indices. Boris Le Guenn, chef de groupe de la BAC au quai des Orfèvres, est saisi de l’affaire. Mais il manque d’effectifs et doit mener plusieurs enquêtes de front. La descente aux enfers d’un de ses lieutenants, déterminé à rendre justice lui-même, ne va pas lui faciliter la tache…

Burn-Out nous fait entrer dans l’intimité de la police. Un monde désenchanté, dans lequel l’histoire ne se termine ni bien ni mal : elle se termine, c’est tout. Certains flics boivent pour oublier, d’autres ont une démarche plus radicale, violente, imprévisible… Ça pue la clope, le sang et la sueur de ceux qui veillent sur la population. Ces flics, obsédés par leur boulot, à qui on demande de laisser au vestiaire leurs problèmes personnels, sont vite rattrapés par leurs démons…
Ambiance, jargon, procédures… vous aurez l’impression de faire partie de cette équipe de la BAC dès les premières pages. Didier Fossey a fait toute sa carrière dans la Police nationale, il sait donc de quoi il parle. Quand leur métier prend toute la place, devient insupportable au quotidien et risque de leur faire tout perdre, ils trouvent parfois en leur arme de service l’ultime solution…

Prix Polar 2015 du Lions Club

L’auteur : Didier Fossey en né en 1954 à Paris. Après des études secondaires laborieuses, il fréquente un lycée hôtelier à Granville, en Normandie, d’où il sort muni d’un CAP de garçon de restaurant. Il a la chance de travailler sur le paquebot France, puis dans différents établissements parisiens avant d’ouvrir son propre restaurant. En 1984, il laisse tout tomber pour entrer dans la police, à Paris. Ses années de service en brigade anticriminalité de Nuit du 13e arrondissement de 1986 à 2001, les nuits de planque, de traque, la morsure du froid, ce monde de la nuit lui plaisent et lui fournissent quelques anecdotes croustillantes qui lui serviront quelques années plus tard.
Extrait :
“Tous les flics ont des cauchemars, ça fait partie du paquetage”, avait dit un jour Olivier Marchal, ancien policier devenu réalisateur de films à succès. Le problème, c’est qu’au départ le flic n’est pas prévenu que le paquetage s’alourdira au fil des ans, et rien n’est prévu pour les ranger, ces foutus cauchemars. Alors certains, comme Franck, mettent une carapace, s’endurcissent et le payent dans leur vie privée. D’autres se laissent déborder, et à défaut de sac pour y mettre leurs peurs, leurs angoisses et les problèmes personnels qui en découlent, se servent de leur arme pour en terminer, à raison d’une quarantaine par an, toutes forces de police confondues.
……………………

Le ressenti de Jean-Paul

Burn-Out  de Didier Fossey

J’ai rencontré Didier au dernier salon du Livre à Paris et je dois avouer à ma grande honte que je ne le connaissais pas du tout ! Mais d’abord ce n’est pas vers lui que je suis venu. C’est le titre de la couverture de son roman qui m’a attiré et repoussé à la fois. ”Burn Out” une nouvelle expression, presque sexy d’ailleurs, alors que le mot en français fait peur et dérange : Dépression. Comme si c’était encore une honte d’en souffrir…
Donc nous avons pu discuté ensemble et j’ai trouvé tout de suite le personnage attachant. Ancien policier, comme Olivier Norek qui a arrêté son métier difficile pour nous transmettre une vision de la Police méconnue. Son vécu peut-être ? En tout cas son roman ma touché par sa sensibilité.
L’histoire est captivante et très réaliste, elle m’a tenue en haleine jusqu’au bout. Des policiers qui sont mal dans leur peau, qui vivent mal les conflits internes, les horaires épuisants, les planques qui n’en finissent pas, qui n’ont plus vie de famille ou tellement insignifiante. Voilà la Police de Didier. Ils sont là pour nous aider, pour nous sauver souvent, alors que nous ne les voyons qu’à peine et que pour beaucoup d’entre eux, ils travaillent la peur au ventre…

Le monde à changé, aujourd’hui les policier on les mains liées, ils ne sont ni aidés, ni aimés. Ils sont perçus comme des collecteurs de l’Etat, plus que des gardiens de la paix… Leurs missions devraient être recentrées très vite avant que cela ne finisse vraiment mal…
Un polar à lire…Une course contre la montre qui nous montre le malaise de la Police !

“Dubreuil avait pris sa décision. Il irait au commissariat tout balancer et se faire passer pour un chef d’entreprise un peu trop cool qui vient de s’apercevoir que ses employés lui font un petit dans le dos. Sergeï se ferait chopper rapidement : avec les moyens actuels, les flics établiraient un rapprochement entre les vols dans les cimetières et l’affaire du château dans les Yvelines. Oui, c’était cela qu’il devait faire, le seul moyen de s’en sortir ; sinon cette affaire allait mal tourner pour lui. Il dirait aux flics il s’était aperçu que son contremaître n’était pas clair, qu’il avait voulu s’expliquer avec lui et que, en guise d’explication, il s’était fait casser la gueule. Ça tiendrait la route. Il ajouterait qu’il était armé, dangereux, et avec un peu de chance, vu le nombre de chauds de la gâchette dans la police, Sergeï n’aurait peut-être même pas le temps de parler.””

Sœurs de Bernard Minier


Le livre  : Sœurs de Bernard Minier. Paru le 5 avril 2018 chez XO.   21€90  ; (480 p.) ; 24 x 15 cm

4ème de couverture :

Mai 1993. Deux sœurs, Alice, 20 ans et Ambre, 21 ans, sont retrouvées mortes en bordure de Garonne. Vêtues de robes de communiantes, elles se font face, attachées à deux troncs d’arbres.
Le jeune Martin Servaz, qui vient d’intégrer la PJ de Toulouse, participe à sa première enquête. Très vite, il s’intéresse à Erik Lang, célèbre auteur de romans policiers à l’œuvre aussi cruelle que dérangeante.

Les deux sœurs n’étaient-elles pas ses fans ? L’un de ses plus grands succès ne s’appelle t-il pas La communiante ? L’affaire connaît un dénouement inattendu et violent, laissant Servaz rongé par le doute : dans cette enquête, estime t-il, une pièce manque, une pièce essentielle.

Février 2018. Par une nuit glaciale, l’écrivain Erik Lang découvre sa femme assassinée… elle aussi vêtue en communiante. Vingt-cinq ans après le double crime, Martin Servaz est rattrapé par l’affaire. Le choc réveille ses premières craintes. Jusqu’à l’obsession.

Une épouse, deux sœurs, trois communiantes… et si l’enquête de 1993 s’était trompée de coupable ?

Pour Servaz, le passé, en resurgissant, va se transformer en cauchemar. Un cauchemar écrit à l’encre noire.

L’auteur : Né à Béziers (Hérault) , le 26/08/1960, Bernard Minier grandit à Montréjeau au pied des Pyrénées, puis fait des études à Tarbes et à Toulouse avant de séjourner un an en Espagne. Il vit aujourd’hui dans l’Essonne en Île-de-France. Il fait d’abord carrière dans l’administration des douanes, comme contrôleur principal, tout en participant à des concours de nouvelles avant de franchir le pas et d’envoyer un manuscrit de roman à des éditeurs.
Il publie son premier roman, « Glacé « , en 2011. Salué par la presse Glacé a très vite connu un large succès public et a été traduit ou est en cours de traduction dans une dizaine de langues, dont l’anglais. Il rencontre le même succès dans plusieurs pays européens.
« Glacé  » met en scène le commandant Servaz, un policier de Toulouse profondément humain et lettré, confronté à une série de crimes aussi épouvantables qu’incompréhensibles dans les Pyrénées au cœur de l’hiver. Le roman obtient de nombreux prix dont le Prix Polar au Festival de Cognac et le Prix « Découverte » Polars Pourpres. Il a été adapté en série télévisée.
Son deuxième roman, « Le Cercle« , paru en 2012, renoue avec le même personnage et se situe cette fois dans le milieu d’une petite ville universitaire du Sud-Ouest. Il obtient le prix des bibliothèques et médiathèques de Grand Cognac. Puis viennent « N’éteins pas la lumière », « Une putain d’histoire » prix du meilleur roman francophone du festival de Cognac et « Nuit »
Ses romans privilégient les atmosphères oppressantes, la violence psychologique et des personnages complexes, ainsi que « l’attention qu’il porte aux décors, naturels en particulier ». « Sœurs » est son sixième roman, le cinquième de la série Servaz.
Extraits :
« Si les vivants ont des secrets, constata-t-il en pensant à Alexandra, les morts, eux, n’en ont plus guère pour le légiste. Analyses, prélèvements, examens visuels et palpations révèleront leur état de santé et bien souvent, leur état mental, voire moral. Cirrhoses, hématomes, anciennes fractures ressoudées et cals osseux portant témoignage de coups et de mauvais traitements, vieilles cicatrices par impacts de balle ou arme blanche, scarifications et automutilations, somnifères, antidépresseurs, drogues, maladies vénériennes, lésions anales, traces d’asphyxie autoérotique, poumons goudronnés par plusieurs centaines de milliers de cigarettes, piqûres de seringues, liens, mauvaise hygiène de vie, malpropreté, déliquescence, folie, mort – rien ou presque n’échappe à l’œil du légiste. Rien sauf les sentiments, les émotions, les pensées – ce qui fait qu’un être humain a passé un moment sur cette Terre avant de disparaître. »

 

La chronique jubilatoire de Dany

Heureusement l’auteur précise : le personnage d’ «  Erik Lang n’est pas inspiré de mes collègues auteurs de polars qui sont, pour la plupart, des gens fort sympathiques et accessibles ! » Heureusement … pour la plupart …

Ce roman se déroule sur deux époques, la première moitié sorte de préquel (antépisode) permet au lecteur de faire la connaissance de Servaz à ses débuts dans la police en 1992-1993 et la seconde moitié se passe de nos jours. Tout sépare les deux polices : celle de l’avant téléphone portable et celle des balbutiements de l’investigation assistée par l’ADN et les caméras de surveillance. Et les lecteurs en apprennent beaucoup sur le héros récurrent de Bernard Minier. Il était en bien meilleure forme en 93 et déjà bien affûté et aux dires de l’auteur, lui ressemblait physiquement …

La mort suspecte de son épouse va placer un auteur de polar au cœur de l’intrigue et raccrocher les faits actuels à ceux vieux de vingt-cinq ans, la toute première enquête de Servaz.

Au-delà de l’enquête bien ficelée, par son style efficace, Bernard Minier nous entraîne aussi sur une réflexion sur les relations entre les auteurs et leurs lecteurs, ambiguës et exclusives parfois. De l’adoration à la soumission, de la manipulation à la vengeance extrême, le mensonge est partout.  Avec ce cinquième opus des aventures de Servaz nous retrouvons avec plaisir son équipe et nous approchons un peu plus l’intimité de Servaz. Un très bon cru que 2018 !

Certes le lecteur appréciera ces retrouvailles, néanmoins cet épisode peut se lire indépendamment, sachant qu’une fois la dernière page tournée, le manque poussera le « polardeux » à se ruer dans sa librairie préférée pour se procurer les volets précédents. Les personnages gagnent en épaisseur au fil des enquêtes

Citations :
« A vingt ans, il s’était rêvé écrivain, mais il serait flic tout sa vie. Même à la retraite, un flic restait un flic. C’est ce qu’il était. Où donc étaient partis ses rêves ? »
« C’est le problème avec certains fans. Ils deviennent trop envahissants, ils veulent faire partie de votre vie, ils exigent une attention constante … Ils veulent être importants pour vous, ils estiment que le fait d’avoir lu tous vos livres leur donnent certains droits. »
«  Pour certains lecteurs, ils (les auteurs) tenaient même lieu, à leur insu, de membre supplétif de la famille, d’oncle d’Amérique, d’ami de longue date qui, si la carrière de l’écrivain se prolongeait sur plusieurs décennies, finissaient par faire partie intégrante de leur vie. »
 « Soudain, il (Servaz) se demanda combien de personnes dans cette ville lisaient en ce moment précis, c’est-à-dire en même temps que lui. Des centaines ? Des milliers ? Et combien regardaient la télévision ou l’écran de leur téléphone ? Infiniment plus, sans aucun doute. Etaient-ils, eux, lecteurs, comme les Indiens d’Amérique au XIXème siècle : menacés d’extinction par une race nouvelle ? Appartenaient-ils à l’ancien monde en train de disparaître ? »
« Désormais, lecteurs et fans avaient un accès direct à leurs auteurs préférés, sans l’intercession sourcilleuse d’une maison d’édition ni les délais imposés par les vicissitudes du courrier ordinaire. Est-ce que ça n’ôtait pas une partie de leur mystère à ces écrivains contraints de sortir de leurs solitudes altères, de leurs tours d’ivoire inaccessibles pour descendre dans l’arène ? Est-ce qu’un auteur devait rester à portée de clic, disponible vingt-quatre heures sur vingt-quatre, ou au contraire ce travail n’exigeait-il pas de la distance et de la réserve, une forme discrète d’insociabilité ? Comment pouvait-on être à la fois dans et au-dessus de la mêlée ? »
Une réflexion écolo : p205-206 « … Que l’humanité fût devenue folle, Servaz n’en doutait pas une seconde. La question était de savoir si elle l’avait toujours été : cinglée, suffisante, autodestructrice – et si elle n’avait eu les moyens de son autodestruction qu’à une date récente. »

Sous surveillance de Dorothée Lizion


Comme en ce lundi nous n’avons pas d’Avis d’Expert a vous proposer. Et oui il faudra attendre une semaine de plus.

Alors nous avons décidé de poursuivre notre long week-end spécial « Journée de la Femme ».

Du coup ça nous fera une semaine spéciale.

Et aujourd’hui c’est miss Aline qui donne le la


 Le livre : Sous surveillance de Dorothée Lizion. Paru le 20 mars 2014 chez les Nouveaux Auteurs.  19€95 ; (513 p.) ; 21 x 14 cm.

Rééditer en poche le 12 janvier 2017 chez Pocket. 8€ ;  (478 p.) ; 18 x 11 cm

 4e de couv : 

Et si vos migraines cachaient un lourd secret sur votre propre identité…

Valène Daran, 20 ans, intelligente, promise à une grande carrière de journalisme, doit se faire régulièrement des injections d’héroïne pour supporter d’atroces céphalées. Les plus grands spécialistes restent démunis face à son mal.

Elle s’interroge, tiraillée entre l’envie d’en finir et celle de vivre à tout prix.

Pourquoi son comportement, parfois, apparait-il si étrange aux yeux de ses amis ? Pourquoi voit-elle des choses que les autres ne voient pas ? Pourquoi tout à coup un grand ponte de la chirurgie s’intéresse-t-il à son cas ? Pourquoi ce capitaine de gendarmerie, Yahmose Boileau, qui enquête sur des suicides aussi cruels qu’absurdes, croise-t-il si souvent son chemin ?

Au fond, que cache cette douleur ?

La vérité, avec son lot d’électrochocs, tombera fatalement…

 L’auteur : Dorothée Lizion est née en 1973. Elle habite dans le Calvados. Docteur en Etiopathie, elle est passionnée de films d’horreur, thrillers et… de médecine-légale.   Dorothée Lizion est professeur en neurologie vasculaire à la faculté de Rennes et intervenante lors de formations professionnelles en dissection et victimologie.
Extrait : 
Allongée sur le dos, elle fixa quelques secondes le plafond blanc, quand… le mal revint à la charge, déchirant à petit feu les membranes qui recouvraient le fond de ses globes oculaires. Elle savait par habitude qu’elle ne pourrait pas dormir, et aussi, qu’elle ne supporterait pas davantage cette douleur. Sur ces pensées, elle se releva en gémissant, ouvrit le premier tiroir de sa commode, en sortit une petite boîte métallique…
Elle s’assit, retira le couvercle, prit une bande élastique qu’elle noua fermement autour de son bras après avoir remonté sa manche. Puis elle plongea de nouveau la main dans l’écrin de fer pour en sortir une seringue… quand, tout à coup, une autre attaque, comme un coup de fleuret dans l’occiput qui ressortirait par-devant, au-dessus des sourcils. Elle lâcha la seringue pour appuyer son front avec la paume de sa main. Ses yeux, plissés par le mal, fixaient les veines au pli de son coude, des veines qui saillaient sous une peau bardée de piqûres violacées.
Une larme coula sur sa joue tendue.

L’accroche de Miss Aline

Deux Flingueuse pour une auteure. De gauche à droite : miss Aline, Oph et Dorothée Lizion

Sous surveillance, Dorothée Lizion
Éditions Pocket.

 

Valène Daran, étudiante en journalisme, est décidée, brillante et téméraire. Quelqu’un à qui tout semble sourire. En apparence du moins, car sous la surface Valène sait depuis longtemps que ces maux de tête inouïs – dont les crises la terrassent – n’ont rien d’anodin, qu’une chose terrible se trame quelque part dans son cerveau. Une chose malsaine, une douleur à laquelle personne ne trouve ni cause ni remède et que seules des injections d’héroïne parviennent à calmer. Et qui peut-être explique ses comportements parfois étranges et ces choses qu’elle seule voit.

Mais qui n’explique pas pourquoi ce ponte de la chirurgie s’intéresse tout à coup à son cas. Tout comme ce flic qui enquête sur une série de suicides spectaculaires de jeunes sans histoire… mais tous drogués à l’héroïne.

Prix VSD du polar

Comment parler de ce livre sans rien révéler et garder le suspens entier ? En fait la 4éme de couverture ne te laisse même pas envisager le déroulement. Ou si mais erroné. Mauvaise piste délibérée ou pas.

Sur une petite première moitié du Livre , une question : bon ben où on va ? Parce que tu vois pas. Valène borderline, un flic,  trop curieux. Elle un peu agaçante, lui qui porte je ne sais quoi qui le rend attachant.
Leurs chemins vont se croiser là où ils ne s’y attendaient pas.

Et d’un coup tout s’accélère. Chacun menant sa propre quête d’une vérité qui dépasse l’entendement. Toi aussi lecteur tu vas rester bouche béé. Et t’as pas tout vu/lu. Tu crois avoir touché le fond ou atteins des sommets ( à chacun sa façon de voir) et là…. ça valait le coup de persévérer dans la lecture.
La fin est pour moi une fin ouverte…une suite ?

N’hésitez pas : lisez le !

 

Le coma des mortels de Maxime Chattam : une lecture bicéphale : partie 1


Nous avons lu, Emilie et moi, au printemps dernier sans nous concerter, à quelques semaines intervalle…

 Le coma des mortels de Maxime Chattam .

Du coup je vous propose de découvrir deux avis différents sur cette lecture commune involontaire.

Voilà celle d’Emilie

 

Le livre : Le coma des mortels de Maxime Chattam

4’e de couv : 

Qui est Pierre ?
Et d’ailleurs, se nomme-t-il vraiment Pierre ?
Un rêveur ?
Un affabulateur ?
Un assassin ?
Une chose est certaine, on meurt beaucoup autour de lui. Et rarement de mort naturelle.

Rebondissements incessants, métamorphoses, humour grinçant… Un livre aussi fascinant que dérangeant, en quête d’une vérité des personnages qui se dérobe sans cesse.

Un roman noir virtuose dont l’univers singulier n’est pas sans évoquer celui d’un cinéma où David Lynch filmerait Amélie Poulain.

Emilie délivre son avis

**LE COMA DES MORTELS de Maxime Chattam **

 

Je ne sais pas quoi penser de ce livre…
J’ai aimé certains passages, d’autres non. J’ai aimé la description des sentiments mais pas celle, minimaliste, des meurtres et la soit-disant manière différente de les raconter. Je n’ai pas vu les retours en arrière à part à travers le décompte des chapitres.
Je ne me suis pas vraiment attachée au personnage principal, ni aux autres d’ailleurs. 
Je n’ai pas vraiment compris la fin, pas vraiment été convaincue par certains aspects du dénouement.
De plus, il y a des passages plein de moqueries, de condescendance voire de méchanceté gratuite et de jugement. Ce ne sont pas des moments de lecture agréables.
Ce livre n’est, pour moi, pas à la hauteur de ce que peut faire l’auteur et encore moins à la hauteur du résumé qui m’avait vraiment plu. Ce résumé qui m’avait convaincue de découvrir enfin cet auteur.
Je ne vais pas dire qu’il ne faut pas le lire. Ceci n’est que mon avis personnel. D’autres personnes peuvent tout à fait le percevoir et le comprendre autrement. Je reste tout de même sceptique, perplexe face à cette histoire…

Merci aux éditions Albin Michel pour leur confiance.

A suivre donc ! …

Sinon mon avis sur le coma des mortels c’est ICI

L’accident de C.L. Taylor


Mes petites lectures

9782501096317,0-2588247Le livre : L’accident  de C.L. Taylor.Traduit de l’anglais par Luce Michel. Paru le 13 mai 2015 chez Marabout dans la collection Marabooks. 19€90; (355 p.) ; 23 x 15 cm

Quatrième de couverture

Un secret trop lourd à porter…

Sue Jackson mène une parfaite vie de famille. Mais le jour où sa fille Charlotte se jette sous un bus, tout vole en éclats. Le coma de l’adolescente met Sue face à une sombre réalité qu’elle ne peut ignorer.

Après avoir découvert dans le journal intime de Charlotte une phrase qui la glace d’effroi. Sue n’a d’autre choix que de plonger dans la vie privée de sa fille. Une quête de la vérité qui détruit sa confiance en ses proches et la contraint à fouiller dans les profondeurs troubles de son propre passé.

Sue est prête à tout pour protéger sa fille. Mais si elle-même était la cause du danger que court Charlotte ?

AVT_CL-Taylor_1081L’auteur :

C. L. Taylor vit à Bristol avec son compagnon et leur jeune fils. Ses nouvelles, publiées dans divers magazines littéraires et féminins, ont remporté plusieurs prix.

 

 

Extrait :
« Jusqu’aux onze ans de Charlotte, j’ai été la personne qu’elle aimait le plus au monde. Ensuite, quelque chose a changé. Au lieu de se précipiter à la maison à peine l’école finie pour tout me raconter avec excitation, elle a commencé à se montrer maussade et renfermée. Au lieu de glousser sur le canapé à mes côtés en regardant un épisode de Scoubidou, elle s’est terrée dans sa chambre avec son ordinateur et son téléphone portable pour seule compagnie. Elle se renfrognait même si je ne faisais que passer la tête dans l’entrebâillement de la porte pour lui proposer une tasse de thé. Brian a essayé de me rassurer en m’expliquant que c’était normal, dans la mesure où elle entrait dans l’adolescence. »

Résumé et petit avis :

Charlotte est dans le coma, car elle s’est jetée sous un bus. Susan n’a aucune idée de ce qui a poussé sa fille à commettre cet acte désespéré. En explorant sa vie avant l’accident, elle s’aperçoit qu’elle ne connaît pas vraiment l’adolescente, et que des événements de son propre passé peuvent l’avoir mise en danger.

C.L.Taylor est une de ces jeunes auteurs britanniques qui manient le roman psychologique avec brio. A l’instar de ses ainées, elle distille un rythme bien plus moderne à ces histoires.

C.L. Taylor a une écriture qui accroche. Une écriture fluide qui participe au rythme prenant du livre. Un rythme qui monte au fur et à mesure que l’on progresse dans le récit. L’accident est ce que l’on nomme un page-turner. La tension ne se relâche jamais jusqu’à la dernière page.  chaque nouvelles scènes voient le suspense s’ intensifié.

Ici l’auteur nous propose  une histoire dure et sombre, un thriller psychologique noir .

Ruth Rendell, de P. D. James, Elizabeth George ou Minette Walters ont trouvé une digne héritières.

Pour info :

9782501103770,0-3181171Son deuxième roman, Le mensonge, sort ces jours-ci. Il est dans ma Pal…Et il devrait être avalé ce week end !

4e de couv : Je sais que tu ne t’appelles pas Jane Hughes

Jane Hughes a un compagnon aimant, un travail passionnant dans un refuge pour animaux et vit dans un cottage au Pays de Galles. Elle est plus heureuse qu’elle ne l’a jamais été. Mais sa vie est un mensonge.

Jane Hughes n’existe pas.

Cinq ans auparavant, ce qui devait être un voyage de rêve au Népal s’est transformé pour elle et ses amies en véritable cauchemar qui a coûté la vie à deux jeunes femmes. Elle a bien tenté de mettre le passé derrière elle. Mais quelqu’un connaît la vérité. Quelqu’un qui a l’intention de ne pas la laisser en paix tant qu’il n’aura pas détruit sa vie et tout ce qu’elle aime.

Burn Out de Didier Fossey


$9791093363103,0-2607362Le livre  :  Burn Out de Didier Fossey.  Paru le 28 février 2015 chez Flamant Noir éditions.   15 euros ;  (289 p.) ; 22 x 14 cm

4e de couv :

Paris. Avril 2014.
Une série de vols d’objets d’art a lieu dans les cimetières parisiens. La police est sur le coup, mais lors d’une nuit de planque un policier se fait assassiner. Pas de témoins. Peu d’indices. Ses collègues présents sur place n’ont rien vu.

Boris Le Guenn, chef de groupe de la B.A.C. au 36 quai des Orfèvres, est saisi de l’affaire. Malgré son manque d’effectifs et plusieurs enquêtes à gérer, il devra faire face à la descente aux enfers de l’un de ses hommes…

Le temps passe. Les vols se multiplient, les crimes aussi, et les pistes sont minces. Boris Le Guenn et son équipe doivent mener à bien ces affaires non sans danger pour eux, tant sur le plan professionnel que personnel.

C’est un monde désenchanté, un monde dans lequel l’histoire ne se termine ni bien ni mal, elle se termine, c’est tout. Certains flics boivent pour oublier, d’autres ont une démarche plus radicale, violente, imprévisible.

Burn-out, nuits de planques et de filoches. Ça pue la clope, le sang et la sueur de ceux qui veillent sur la population. Ces flics, obsédés par leur boulot, à qui l’on demande de laisser au vestiaire leurs problèmes personnels, sont vite rattrapés par leurs démons et leur paquetage s’alourdit de quelques cauchemars…

DidierFossey2L’auteur : Didier Fossey en né en 1954 à Paris. Après des études secondaires laborieuses, il fréquente un lycée hôtelier à Granville, en Normandie, d’où il sort muni d’un CAP de garçon de restaurant. Il a la chance de travailler sur le paquebot France, puis dans différents établissements parisiens avant d’ouvrir son propre restaurant. En 1984, il laisse tout tomber pour entrer dans la police, à Paris. Ses années de service en brigade anticriminalité de Nuit du 13e arrondissement de 1986 à 2001, les nuits de planque, de traque, la morsure du froid, ce monde de la nuit lui plaisent et lui fournissent quelques anecdotes croustillantes qui lui serviront quelques années plus tard.

 

Extrait :
« – Les gars,  on a une merguez 
 Aussitôt l’arrosage cessa.
Le sergent, chef d’engin, s’approcha.
La Fourche était crochée dans un amas noir carbonisé au bout duquel, on pouvait identifier, sans équivoque, une main. »
CM16

L’avis de Jean Luc

Burn-out est une belle découverte. C’est un très bon roman policier qui prouve que les auteurs français restent toujours au top.
Je connaissais Olivier Norek, lieutenant de police, mais il y a aussi, Didier Fossey, ancien policier, qui avec Burn-out frappe très fort également.
Dans son roman, l’auteur nous décrit le mode de fonctionnement de plusieurs équipes dont la BAC, il y a une enquête bien enlevée, bien décrite et surtout très réaliste.
Et effectivement, comme mentionné sur la quatrième de couverture, ça sent le vécu à plein nez.
J’ai beaucoup aimé ces personnages de flics écorchés vifs, mais d’abord humains. Il y est bien sur question de burn-out, de la pression ressentie par ces flics qui sacrifient leur vie à leur boulot. J’ai aussi découvert les modes de fonctionnement des services de police avec toutes leurs contraintes.
Il y a aussi des scènes très dures, en l’occurrence une cérémonie d’enterrement pour un policier tué lors de son service….On comprend mieux au fil de la lecture de ce livre, la tentation pour les policiers d’en finir avec leur arme de service.
On est loin des super héros américains mais on est d’abord avec des hommes pris en sandwich par une hiérarchie éprise de reconnaissance et de l’autre côté, des malfrats hyper violents sans scrupules. Les flics apparaissent alors comme des hommes fragiles, sensibles mais aussi capables du pire.
Un autre point fort de ce roman est le rythme auquel il est mené. Dès le départ, on est happé dans cette histoire, cette fois-ci il n’est pas question de guerre des polices mais bien plutôt d’une enquête menée par différents services qui vont collaborés ensemble, l’auteur va plutôt s’intéresser à la vie privée et familiale de chacun des enquêteurs.

Et comme tout bon thriller, il y a du suspens et l’intrigue même si elle peut paraître un peu trop prévisible à un moment, reste tout à fait probable.
Pour terminer, je recommande vivement la lecture de ce roman qui malheureusement se lit trop vite à mon goût.

Lire ici le début 

Miettes de sang de Claire Favan


CM16

claire&Le livre : Miettes de sang de Claire Favan. Paru le 21 Janvier 2015 au éditions Toucan dans la collection Toucan Noir. 416 pages ; 18 euros.

Claire&&Réédité en poche chez Pocket le 11 février 2016. 352 pages ; 6,80 €

4e de couv :

« Méfiez-vous des apparences avec Claire Favan » Le Point

Le lieutenant Dany Myers est officier de police dans une petite ville du Midwest américain. Son père y était commissaire et lorsqu’il a brutalement disparu, Dany a tout naturellement voulu prendre la relève. Mais cet « héritage » est encombrant et il est mal perçu de ses supérieurs. On lui confie plutôt les tâches subalternes et ses collègues gardent leurs distances.

Sa vie sentimentale n’est pas non plus une réussite, longue suite d’échecs et d’occasions manquées. C’est un homme seul et pessimiste.

Jusqu’à ce qu’il soit, par hasard, confronté à un bien étrange suicide que ses supérieurs veulent classer à tout prix et au plus vite.

Mais Dany a un défaut, il est têtu…

ClaireL’auteur : Claire Favan vit à Paris. Son premier roman, Le Tueur intime (Les Nouveaux Auteurs, 2010), a remporté le Grand Prix VSD du polar 2010. Depuis, elle a publiéLe Tueur de l’ombre (Les Nouveaux Auteurs, 2011), Apnée noire (Éditions du Toucan, 2014) etMiettes de sang (Éditions du Toucan, 2015). Son dernier ouvrage, Serre-moi fort, a paru en 2016 aux Éditions Robert Laffont.
Retrouvez toute l’actualité de l’auteur sur : www.clairefavan.over-blog.com

Extrait: Depuis la mort de Sean Elliot , il est devenu l’homme à tout faire du service, celui à qui on donne toutes les tâches ingrates dont les autres ne veulent pas.
 Pour le coup, Dany ne peut pas dire qu’il chôme: sorties d’école , chiens fugueurs , querelles de voisinage , dégradations de lieux publics, vols de poubelles , accidents de voitures.. il court d’un bout à l’autre de la ville en permanence . On ne l’a jamais vu autant.
 Alors pourquoi se sent-il aussi frustré ? ça n’est pas comme si le déroulement des événements l’avait surpris à un quelconque moment.
 Il baisse la tête et serre les dents au souvenir de la nomination qui a réduit sa vie en lambeaux.

L’avis de Nadia

La petite ville de Poplar bluff est secouée par une vague de meurtres/ suicides inexpliqués . Dany Myers , policier de la ville , introverti , brimé par son chef et ses collègues , infantilisé par une mère envahissante , cherche des réponses là ou les autres policiers ne voient que des coïncidences .

 Claire Favan a un don; elle nous embarque vite et bien dans ses intrigues. Les dialogues sont toujours très bien écrits , c’est rythmé . Claire  nous « décortique » chaque personnage , l’analyse psychologique est fine . Le lecteur « fond » devant ce sympathique Dany , on compatis , on l’encourage … Même si j’avais une petite idée sur le dénouement, je me suis laissée surprendre par la fin de cette intrigue.

 Alors , comme le petit Poucet suit les miettes de pain , suivez les miettes de sang de Claire Favan ..