L’inconnue de l’équation – Xavier Massé


La double chronique

L’avis de Dany

Le livre : L’inconnue de l’équation de  Xavier Massé. Paru le 16 mai 2019 aux Editions Taurnada, dans la collection Les tourbillons des mots. 9€99 ; (260 p.) ; 18 x 11 cm

4ème de couverture :

Quatre heures. La police n’a que quatre heures pour démêler ce qui ne semblait être au départ qu’un simple drame familial : un couple, Juliette et François, retrouvé carbonisé, leur fils, Julien, gisant au sol. Deux salles d’interrogatoires, deux témoins de la tragédie : la mère de François et une flic présente sur les lieux. Deux versions, deux visions différentes. Accident, meurtre, ou vengeance ? Une toile d’araignée va se tisser peu à peu et d’une simple énigme va surgir une équation… aux multiples inconnues.

 

L’auteur : Né en 1977 à Roussillon (Isère), Xavier Massé est un jeune écrivain à l’imagination débordante. Passionné par le cinéma et la littérature, il devient très tôt fan du genre thriller, avec un goût toujours plus prononcé pour les scénarios complexes. Il sort en 2016 Répercussions qui remporte le prix du 1er roman Dora-Suarez 2018. Il décide de continuer l’aventure avec L’inconnue de l’équation, un huis clos qui ne laisse aucun répit au lecteur.

 

 

 

Extraits :
« Les factures grossissantes lui avaient imposé de prendre une décision rapidement et d’accepter le premier boulot qui passerait : aujourd’hui, les banques n’étaient plus aussi conciliantes.
Il avait beau se demander tous les jours « comment j’ai pu en arriver là ? », chercher quelle avait été son erreur, ce qu’il avait pu louper… La réponse était : rien… ou plutôt, un abus de confiance, et d’ignorance.
En deux ans, ils avaient tout perdu : leur société, leur amitié, et Caroline avait quitté Stéphane. »
« J’avais trouvé une méthode un peu radicale, mais assez performante, pour faire disparaître les corps. Ça tombait bien qu’elle travaille dans un laboratoire ! Savez-vous combien l’acide peut être efficace pour dissoudre beaucoup de choses ?
J’avais réussi à faire un sacré mélange…
a) De l’acide sulfurique,seulement dépassé par quelques superacides. Très utile pour le décapage de métaux en sidérurgie.
b) Du peroxyde d’hydrogène,il a la particularité de pouvoir être aussi utilisé seul comme monergol, comme dans les Rocketbelts de James Bond.
c) De l’hydroxyde de sodiumpur, appelé « soude caustique »… Ce produit étant extrêmement corrosif pour la peau, les yeux, les voies respiratoires et digestives. Elle doit être manipulée avec des gants, des lunettes de protection et une protection intégrale du visage.
Un mélange explosif ! »

 

La chronique jubilatoire de Dany

L’inconnue de l’équation – Xavier Massé

Très difficile de parler de ce thriller sans spolier aussi, je resterai sobre …

Trois chronologies s’imbriquent et permettent au lecteur de reconstituer la vie d’un couple, François et Juliette, parents d’un jeune Julien. Ils vont connaître la crise en 2005, financière d’abord puis familiale. On les retrouvera en 2010 puis 2013, grâce aux témoignages de Berger, enquêtrice et Mireille, la grand-mère.

L’auteur a opté pour un puzzle aux multiples pièces, perdant le lecteur parmi les hypothèses toutes extrêmes et plus improbables les unes que les autres.

Cela donne lieu à une lecture surprenante, où il faut s’attacher à chacun des détails, les recouper avec les différents interrogatoires, sans faire retomber sa vigilance car rien n’y est gratuit ! Surprenant et court, ce roman chahute le lecteur jusqu’au dénouement ! Intéressant et surprenant … mérite le détour.

Merci aux éditions Taurnada de m’avoir fait confiance et pour cette belle surprise.

Lu en version numérique. epub 5.99 €

L’inconnue de l’équation de Xavier Massé


La double Chronique

L’avis de Miss Aline

Le livre : L’inconnue de l’équation de  Xavier Massé. Paru le 16 mai 2019 aux Editions Taurnada, dans la collection Les tourbillons des mots. 9€99 ; (260 p.) ; 18 x 11 cm

4ème de couverture :

Quatre heures. La police n’a que quatre heures pour démêler ce qui ne semblait être au départ qu’un simple drame familial : un couple, Juliette et François, retrouvé carbonisé, leur fils, Julien, gisant au sol. Deux salles d’interrogatoires, deux témoins de la tragédie : la mère de François et une flic présente sur les lieux. Deux versions, deux visions différentes. Accident, meurtre, ou vengeance ? Une toile d’araignée va se tisser peu à peu et d’une simple énigme va surgir une équation… aux multiples inconnues.

L’auteur : Né en 1977 à Roussillon (Isère), Xavier Massé est un jeune écrivain à l’imagination débordante. Passionné par le cinéma et la littérature, il devient très tôt fan du genre thriller, avec un goût toujours plus prononcé pour les scénarios complexes. Il sort en 2016 Répercussions qui remporte le prix du 1er roman Dora-Suarez 2018. Il décide de continuer l’aventure avec L’inconnue de l’équation, un huis clos qui ne laisse aucun répit au lecteur.
Extrait :
« Ce soir, je ne sais pas si j’ai bien fait de m’engager sur cette voie, mais à ce moment précis, je suis face à ma vie, face à ma mort, et je ne sais absolument pas comment tout ça va se terminer.
Je sais seulement qu’il va me falloir faire un choix… et le bon. »

L’accroche de Miss Aline :

 L’inconnue de l’équation, Xavier Massé

Quatre personnes dont trois armées. Un drame. Deux témoins. Deux salles d’interrogatoire. Quatre heures d’audition en tant que simple témoin ensuite il faudra les relâcher ou signifier une garde à vue.

Salle 1 : l’inspectrice Amandine Binger.

Salle 2 : Mireille la mère de François (l’une des victimes).

Deux versions pour expliquer la mort d’un couple, un adolescent entre la vie et la mort, ainsi qu’un incendie à l’origine douteuse.

Les inspecteurs Migue et Dida vont avoir fort à faire pour démêler les tenants et les aboutissants de cette affaire.

Pourquoi Binger est-elle sur place ? Qui l’a appelé ?

Pourquoi Mireille, avec sa vue défaillante, a-t-elle emmené son petit-fils dans la résidence secondaire de ses parents ? Pourquoi a-t-il voulu rentrer précipitamment en pleine nuit ?

Chacune va apporter des explications sur son rôle, sur la vie de François et Juliette. Plus l’audition avance et plus les nœuds s’emmêlent. Où est la vérité ?

Huis clos que ce roman qui garde en alerte. Dés le départ on est intrigué. Qui parle dans le prologue ? De quelle décision est-il question ?

On est dans la maison, on assiste au drame mais a-t-on tout vu, tout compris ?

On passe d’une salle à une autre et écoutons les témoignages. Entre les deux le récit de la vie de François et Juliette.

Une troisième salle, dans ma tête de lectrice, avec ma propre interprétation, mes interrogations, mes doutes.

L’auteur sait garder le suspens entier, pratiquement jusqu’à la dernière ligne. Il distille des révélations, de nouvelles interrogations avec parcimonie. Toujours au bon moment pour relancer l’enquête et l’attention du lecteur. Il nous entraine vers une fin que l’on n’imaginait pas.

Avec ce roman, se pose la question de l’interprétation d’un fait.  On s’interroge aussi sur ce que les autres nous révèlent d’eux. Est-ce le reflet intégral de la réalité ou juste une partie. Celle qu’ils veulent bien nous montrer, nous faire partager. Combien de masque je porte en fonction de mon « public » ? Quand suis-je moi, entière, complète ? Est-ce que face à moi-même, je porte aussi un masque ? Qui suis-je ?

Je remercie les Editions Taurnada pour ce SP que j’ai dévoré en quelques heures. Merci à Xavier Massé pour m’avoir capturée entre ses lignes et m’avoir offert un excellent moment livresque.

Lu en  Epub 5,99 €  

Le fruit de ma colère de Mehdi Brunet


Le livre : Le fruit de ma colère de Mehdi Brunet. Paru le 15 mars 2018 chez Taurnada dans la collection Le tourbillon des mots. 9€99 ; (224 p.) ; 18 x 11 cm.

4e de couv :

Le jour où Ackerman vient demander de l’aide à Josey Kowalsky, le compte à rebours a déjà commencé. Il faut faire vite, agir rapidement.

Josey n’hésite pas un seul instant à venir au secours de cet homme qui, par le passé, a su le comprendre. Ensemble, ils vont découvrir que la colère et la vengeance peuvent prendre bien des visages. Et s’il était déjà trop tard ?

 

 

 

 L’auteur : Mehdy BrunetNé en 1974 à Bressuire dans les Deux-Sèvres, Mehdy Brunet aime le changement : Gironde, Haute-Savoie, Genève, île de la Réunion, Lozère, la Manche, un sentiment de liberté anime sa vie. Agent de maîtrise dans l’industrie technologique, ce n’est que très tard qu’il découvre sa passion pour l’écriture. Au fil des mots, une facette méconnue de sa personnalité va poindre à l’ombre de sa plume.
Extrait :
Disons que la loi est un outil formidable qu’il faut connaître sur le bout des doigts si l’on ne veut pas qu’elle se retourne contre soi, et malheureusement les procédures font parfois la part belle aux criminels. Toujours est-il que quelques jours après, ma collègue a aperçu la môme sur le trottoir en face du commissariat. Elle se tenait debout les bras le long du corps et se balançait d’un pied sur l’autre, comme si elle attendait quelque chose. Je suppose que ce qu’elle souhaitait, c’était apercevoir la seule personne qui avait su lui apporter un peu de réconfort. Seulement voilà, Valérie, c’était le nom de ma collègue, n’a pas eu le courage d’aller à sa rencontre. Elle est restée tétanisée derrière la fenêtre de son bureau et s’est contentée de l’observer, déversant toutes les larmes de son corps.

 

 

La chronique jubilatoire de Dany

Le fruit de ma colère de Mehdi Brunet

Une suite du premier roman de cet auteur où l’on retrouve avec plaisir Paul Ackerman, flic démissionnaire et Josey Kowalski exilé en Espagne. Ils sont bien mal en point nos deux personnages rescapés de leur précédente aventure. Cette fois c’est Paul qui va solliciter Josey pour retrouver son frère jumeau Eric. Au bout du chemin, y aura-t-il vengeance ? Quelle vengeance peut être légitime quand la maltraitance est au cœur des rapports humains, des modes opératoires diront certains ? Qui a raison, qui a tort et surtout jusqu’où serions-nous prêt à aller si nous étions à leur place ? C’est cette question que nous pose encore une fois Mehdi Brunet, sous un angle cependant différent du premier opus. Néanmoins on y retrouve l’importance de la famille. Un bon moment de lecture, rythmé et douloureux … même si je me suis un peu perdue dans la construction de la multinationale matriarcale et dans la traque finale, je ne regrette pas et je constate que l’auteur confirme son talent de conteur.

Vous pouvez aussi retrouvez ICI l’avis de Fanny sur Le fruit de ma colère

Mon ombre assassine – Estelle Tharreau


Aujourd’hui c’est double chronique avec 3 avis pour le prix d’un !

Ce matin c’est Daniele qui vous a offert sa chronique jubilatoire.

Ce soir c’est Aline et Fanny qui nous présente leur « Chronique Duo »


Le livre : Mon ombre assassine d’Estelle Tharreau – Paru le 17/01/2019 aux éditions Taurnada  dans la collection Le tourbillon des mots –  9.99 € ; (260 pages) ; format 18 x 11 cm

 4ème de couverture :

En attendant son jugement, du fond de sa cellule, Nadège Solignac, une institutrice aimée et estimée, livre sa confession.
Celle d’une enfant ignorée, seule avec ses peurs.
Celle d’une femme manipulatrice et cynique.
Celle d’une tueuse en série froide et méthodique.
Un être polymorphe.
Un visage que vous croisez chaque jour sans le voir.
Une ombre. Une ombre assassine.

 

 

 

L’auteur Estelle Tharreau, passionnée de littérature depuis l’adolescence, parcourt les genres, les époques et les pays au fil des auteurs qu’elle rencontre. De cet amour de la littérature est née l’envie d’écrire. Ayant travaillé dans le secteur public et privé, elle vit actuellement en Franche-Comté où elle partage son temps entre sa famille et l’écriture.

 

Extrait :
Le sort m’avait destinée à infliger la mort. Je ne savais pas quand. Je ne savais pas qui. Mais je savais que je tuerais encore, que je tuerais beaucoup et que je n’offrirais aucune occasion de m’arrêter. Je m’apprêtais à entamer une prédation méthodique. Le destin se chargerait de me désigner les proies.

 

 

Chronique duo Fanny Louise – Miss Aline.

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Mon ombre assassine, Estelle Tharreau

Editions Taurnada.

 

Miss Aline : Bonjour Fanny, c’est notre première papote sur un roman. Ravie de partager cela avec toi. Nous avons donc lu Mon ombre assassine d’Estelle Tharreau. Est-ce ton premier roman de cette auteure ?

Fanny Louise : Bonjour Aline. Ravie de faire mon premier duo avec toi !! Oui c’est une découverte pour moi. Tu connaissais cette auteure ?

Miss Aline : Oui j’avais déjà côtoyé la plume de l’auteure dans son roman La boue dans la bouche. Où j’ai découvert son style, son écriture qui est particulière.

Fanny Louise : Ce type d’écriture n’est donc pas propre au roman que nous venons de lire. C’est son « style », donc ? C’est en effet assez particulier. Intéressant certes, mais il m’a fallu un peu de temps pour m’y faire.

Miss Aline : Je trouve qu’elle a une façon bien à elle de nous mettre hors du temps. Le livre, l’histoire t’absorbent. Qu’est-ce que tu entends, toi, par « style assez particulier » ?

Fanny Louise : D’un chapitre au suivant on passe d’une narration et d’un style à un autre. La construction même du roman est inédite, pour moi en tout cas. Je n’avais jamais lu un roman construit de manière aussi tranchée, avec un parti pris radicalement opposé d’un chapitre à l’autre sur toute la longueur de l’histoire. C’est déroutant au début, ce qui explique sans doute que j’ai eu un peu de mal à entrer dans l’histoire.

Miss Aline : Parlons justement de l’histoire. La 4ème de couverture nous livre le contenu. Je me suis demandée ce que l’auteure allait bien pouvoir nous raconter…vu que nous savons qui est la « méchante » ! Mais c’est justement cette 4ème qui en a beaucoup dit, qui m’a attirée.

Fanny Louise : C’est vrai que la 4ème de couverture donne le ton du roman, on sait d’entrée à qui on va avoir à faire. C’est suffisamment attirant pour que l’on ait envie de plonger dans l’histoire mais cela ne donne pas d’indices précis sur le contenu. J’aime quand un livre se présente sans trop se dévoiler et ici c’est parfait et assez malin.

Miss Aline : Toutefois pas simple de se mettre dans la tête (froide) d’une tueuse en série.

Fanny Louise : Pas simple en effet mais justement c’est sûrement voulu car à priori personne n’a envie de se mettre dans la peau d’un tueur froid. Enfin je l’espère… Quels sont tes sentiments à l’égard de cette « héroïne » ?

 

Miss Aline : L’auteure nous livre une analyse méthodique et presque froide de ce qui se passe dans la tête d’une tueuse. Elle nous montre tous les éléments : la petite enfance difficile et isolée, la peur de mourir, une mère absente (et plus), idem pour le père. Je n’ai pourtant pas d’empathie pour cette « héroïne ». Dés son plus jeune âge elle est dérangeante, elle met mal à l’aise.

Fanny Louise : En effet il est difficile d’avoir une quelconque empathie pour elle mais j’ai  quand même le sentiment que les éléments de sa vie d’enfant et d’adolescente sont là pour donner une certaine légitimité à tous ses crimes. Comme si l’auteure avait voulu lui trouver des excuses tout en décrivant quand même une personnalité froide et sans cœur. Cet aspect m’a dérouté. N’as-tu pas été gênée par le parti pris de l’auteur de donner des circonstances atténuantes à son héroïne de par ce récit de sa vie passée ?

Miss Aline : Pour moi, Estelle Tharreau n’a pas donné de circonstances atténuantes. Elle a énoncé ce qui a amené Nadège à être ainsi. Nadège ne cherche pas d’excuses à ses actes, elle assume.

Fanny Louise : Je perçois les choses différemment, pour moi la description des sévices qu’elle a subi donnent une forme de justification à ses actes. Elle est devenue ce qu’elle est de part son vécu. C’est pour moi l’origine de son mal. Elle n’est pas née « mauvaise », elle l’est devenue. Si l’auteure n’avait pas donné à son héroïne ce passé, l’horreur aurait été absolue, le personnage aurait été le mal incarné. Alors que là, le lecteur peut avoir deux lectures différentes : soit il considère que le passé est une circonstance atténuante, soit il considère que le passé n’est que le détonateur qui révèle la personnalité de l’héroïne. Nadège détaille ses actions de manière chirurgicale en expliquant précisément sa relation avec chacune de ses victimes. J’ai l’impression qu’elle essaye de se dédouaner de ses actes en rejetant la faute sur ses victimes.

Mon ressenti est que l’auteure a voulu justifier les actions de Nadège et c’est précisément l’élément qui a fait que j’ai eu du mal à me mettre dans l’histoire. Car il faut reconnaître que Nadège est vraiment un personnage qu’on déteste et qu’on a envie de voir disparaître mais dont on se dit quand même aussi : wahou quand même elle en a bavé !

Tu n’as eu aucune empathie par moment pour Nadège ?

Miss Aline : Je n’ai pas d’empathie pour la femme qui se confesse au cœur de ce roman. Elle pose sa vie sur la table de dissection. Elle s’observe, s’analyse. Même enfant elle a un côté glaçant. J’ajouterai que ceci n’explique pas cela. Un enfant battu ne devient pas forcément un parent qui bat à son tour. Nadège a fait des choix. Elle aurait pu en faire d’autres. Je suis toutefois d’accord avec les deux niveaux de lectures que tu évoques.

Je trouve que l’auteure sait parfaitement dépeindre le genre humain, créer une ambiance, une atmosphère.

Fanny Louise : Je suis d’accord. On est en tension, oppressé, on veut voir où l’histoire va aboutir. C’est un excellent « page turner ». C’est haletant à souhait. C’est très narratif mais très bien rythmé.

Au-delà, du cœur de l’histoire, c’est un livre très bien construit et le suspens y est présent de bout en bout.

Miss Aline : Estelle Tharreau est forte sur la profondeur humaine. Ses états d’âme, ses douleurs, ses espoirs et surtout sur sa capacité à faire le bien ou le mal. Avec ce roman, elle appuie le fait que l’on ne connait jamais véritablement la personne qui nous fait face.

Fanny Louise : je n’ai pas d’élément de comparaison avec ses précédents écrits, ne l’ayant jamais lu mais sur ce livre, je reconnais que ton analyse est juste. Le récit est très factuel et c’est sûrement ce qui m’a dérouté au début. Nadège est froide et du coup le roman l’est aussi car c’est nécessaire à la construction de l’histoire. Les personnages sont disséqués de façon chirurgicale. Pas de place aux sentiments, c’est pointu et précis. Sur ce point, bravo à l’auteure car cela donne beaucoup de profondeur au roman. On n’est pas dans une description de situation. On est dans l’analyse, on creuse, on va au fond des méandres du fonctionnement humain.

Miss Aline : Ne pouvant aller plus loin dans notre analyse sans spoiler, je te propose de conclure Fanny. Pour ma part, ayant déjà lu Estelle Tharreau, je confirme ma curiosité à suivre son évolution dans l’écriture. Car incontestablement : auteure à suivre !

Fanny Louise : En effet, difficile d’en dire plus sans trop dévoiler l’histoire. Je pense que je vais lire les précédents romans de l’auteure car j’ai vraiment bien aimé sa plume. C’est une jolie découverte pour moi. Merci Aline de m’avoir permis de réalise ce premier retour duo.

Miss Aline : Le plaisir fut partagé Fanny.

Nous tenons à remercier les Editions Taurnada pour ce SP confié aux flingueuses du Collectif Polar. Nous remercions également Estelle Tharreau pour nous avoir fait entrer dans son univers livresque.

Mon ombre assassine d’Estelle Tharreau


Aujourd’hui c’est double chronique avec 3 avis pour le prix d’un !

Ce matin c’est Daniele qui nous offre sa chronique jubilatoire.

Ce soir ce sera le tour d’Aline et de Fanny de nous nous présenter leur

« Chronique Duo »


 

Le livre : Mon ombre assassine d’Estelle Tharreau – Paru le 17/01/2019 aux éditions Taurnada  dans la collection Le tourbillon des mots –  9.99 € ; (260 pages) ; format 18 x 11 cm

 4ème de couverture :

En attendant son jugement, du fond de sa cellule, Nadège Solignac, une institutrice aimée et estimée, livre sa confession.
Celle d’une enfant ignorée, seule avec ses peurs.
Celle d’une femme manipulatrice et cynique.
Celle d’une tueuse en série froide et méthodique.
Un être polymorphe.
Un visage que vous croisez chaque jour sans le voir.
Une ombre. Une ombre assassine.

 

 

 

L’auteur Estelle Tharreau, passionnée de littérature depuis l’adolescence, parcourt les genres, les époques et les pays au fil des auteurs qu’elle rencontre. De cet amour de la littérature est née l’envie d’écrire. Ayant travaillé dans le secteur public et privé, elle vit actuellement en Franche-Comté où elle partage son temps entre sa famille et l’écriture.

 

Extraits :
« Le sort m’avait destinée à infliger la mort. Je ne savais pas quand. Je ne savais pas qui. Mais je savais que je tuerais encore, que je tuerais beaucoup et que je n’offrirais aucune occasion de m’arrêter. Je m’apprêtais à entamer une prédation méthodique. Le destin se chargerait de me désigner les proies.
« Des heures durant, dans le noir de certains conteneurs ou wagons mal fermés, j’épiais l’abjection des actes qui s’opéraient parfois à quelques centimètres de ma rage et de mon couteau broyé entre mes doigts impatients.
Des actes brefs, automatiques, réalisés dans la saleté et la crasse. Des hommes réduits à leur pénis et à leurs pensées dantesques. Des filles à la passivité froide et aux gestes mécaniques. Prise dans le rythme bestial de ces mouvements de chairs corrompues, parfois mes yeux remontaient jusqu’à la gorge offerte de ces femelles rêvant de la leur trancher net pour punir leur capitulation et les effacer de ce monde.
Mais je devais me maîtriser. Une autre proie m’attendait. »

 

La chronique jubilatoire de Dany

Les constats : le nombre de femmes criminelles augmente, celui des tueuses en série aussi … phénomène récent. Le plus sur moyen d’échapper à la justice est de faire reconnaître comme victime, ainsi on peut considérer que le crime parfait existe….

Forte de cette constatation, Estelle Tharreau va confier la narration à Nadège, son héroïne qui sera le fil rouge de cette saga familiale, sur plusieurs décennies. Son récit chronologique est ponctué d’extraits d’auditions de l’instruction d’une enquête contemporaine, pour le meurtre d’un policier Fabien Bianchi …

Méticuleusement, l’auteure nous distille le parcours de celle qu’elle annonce d’emblée comme une tueuse réfléchie et calculatrice, manipulatrice et excellente comédienne s’il en est. Elle se présente comme la nouvelle Némésis, l’expression de la juste colère.

Excellent moment de lecture … le lecteur est pris à partie par le personnage

Crimes parfaits en cascade et art de la dissimulation au sommet de l’art.

Laurent Scalese fait dire à Samuel Moss dans Je l’ai fait pour toi :

« Première loi : le crime parfait existe.
Deuxième loi : le criminel parfait n’existe pas.
Troisième loi : l’enquêteur doit donc concentrer ses efforts non pas sur le crime, mais sur le criminel. »

Démonstration réussie !

J’avais lu Impasse en 2017, 2018 est assurément un très bon cru pour Estelle Tharreau qui tient toutes ses promesses.

Lu en version numérique. epub 5.99 €

 Extraits :
« En effet, de quoi se repaissent les crimes, selon vous ? Le crime prend irrémédiablement racine dans vos faiblesses, vos défauts, vos mauvaises habitudes petites ou grandes. Il s’en inspire, s’en nourrit jusqu’à les phagocyter et vous engloutir avec elles. »
« J’étais entrée dans le quotidien de la famille de ma victime. J’espérais qu’elle en criait d’effroi si le mystère de l’au-delà le permettait. J’espérais qu’elle frémissait chaque minute quand ma main criminelle se posait sur eux. Qu’elle endurait les mêmes tourments que ceux qu’elle m’avait infligés en voulant m’imposer cette gamine handicapée, ce monstre tout droit surgi de mon passé.»
« …les criminels ne naissent pas ex nihilo. Que la société et chaque élément qui la compose ont leur part de responsabilité, grande ou petite. Que notre indifférence, nos négligences, qu’à chaque fois que nous détournons les yeux d’un enfant ou d’une personne en détresse, nous participons peut-être à la création d’une bombe en devenir.»

Mauvais genre – Isabelle Villain


Aujourd’hui c’est … Double Chronique…

Où quand 2 flingueuses vous donnent leur point de vue sur un même roman.

Ce matin c’est Marc qui nous livrait son Arrêt sur image.

 En cette fin d’après-midi c’est au tour de Miss Aline de nous présenter son avis.

Allez place à l’Accroche de Miss Aline




Le livre : Mauvais genre, Isabelle Villain. Paru le 15 novembre 2018 chez Taurnada Editions.  9,99 € ; (252 pages) ; 18 x 11 cm

4ème de couverture :

Hugo Nicollini est un garçon différent des autres gamins de son âge. Un père brutal. Une maman protectrice. Un soir, il est témoin d’une dispute entre ses parents. Une de plus. Une de trop. Cette fois-ci, sa mère succombera sous la violence des coups.

Vingt-trois ans plus tard, l’équipe du commandant Rebecca de Lost enquête sur la mort d’une jeune femme sauvagement poignardée dans son appartement. Pas d’effraction. Pas de vol.  Pas de traces de défense. L’entourage de la victime est passée au crible, et l’histoire du petit Hugo va refaire surface bien malgré lui.

L’auteur : Née au Maroc en 1966, Isabelle Villain a travaillé pendant une quinzaine d’années dans la publicité, l’événementiel et l’organisation de salons professionnels. Amatrice de littérature policière depuis l’enfance, elle obtient en 2015 le prix Maurice Bouvier pour  Peine capitale, e en 2016 le prix polar du festival Jeter l’Encre pour Ames battues.

 

 

Extrait :
« La dernière chose qu’elle aperçoit avant de mourir est le sourire de son meurtrier, mâchoires contractées, qui l’observe, un rictus au coin des lèvres, apparemment enchanté du spectacle. Il n’aura prononcé en tout et pour tout qu’une seule petite phrase. C’est bientôt terminé, ne t’inquiète pas. »

L’accroche de Miss Aline :

Hugo assiste au massacre de sa mère. Les faits sont là : clairs, précis et le coupable est bien en vue. Vingt-trois ans plus tard le Commandant Rebecca de Lost et son équipe doivent intervenir au domicile d’Angélique morte de plusieurs coups de couteau. Pas grand-chose à se mettre sous la dent : pas d’empreintes, pas d’effraction, pas de vol, pas de viol, pas de photos, pas de lettres. Une femme qui semble ne pas avoir de vie où beaucoup de chose à cacher. Enquête de voisinage,  petit ami,  lieu de travail. Rien ne semble « justifier » ce meurtre.

L’auteure nous fait assister à tout : le travail du procédurier, l’autopsie… tout est décortiqué. Tu as intégré l’équipe de Rebecca ! J’avoue chercher ce qui peut retourner la situation. Et voilà qu’Hugo fait sa ré- apparition.  Elle est fracassante, absolument inattendue. Coup de maître de l’auteure ! Non je ne vous en dirai pas plus afin de vous garder la surprise intacte.

A ce moment là, le récit prend une toute autre tournure. Les choses se précipitent.  Tu t’empresses de tourner les pages. D’autres éléments vont venir te surprendre. Des personnages vont prendre de l’épaisseur.

A part l’intrigue, tu as un petit aperçu de la vie de chacun. Ce qui donne à ce thriller un côté humain. Les amours, les amis, les emmerdes font aussi parties du quotidien d’un flic.

Il faut que je vous parle de la fin ? pssst… je peux rien vous dire, si ce n’est que là encore : surprise incroyable.

L’écriture et la lecture sont fluides. Beaucoup de dialogue, ce qui rend le récit vivant et donne un bon rythme. Isabelle Villain a su nous maintenir en haleine, nous apprendre des choses (comme le travail du procédurier, par exemple), nous faire ressentir le doute, la peur, la tristesse, la stupeur. Très beau travail d’écriture, très bon travail sur l’intrigue.

Isabelle Villain est une vraie découverte et j’en suis ravie. Merci beaucoup à l’Editions Taurnada pour ce SP qui se transforme en coup de cœur pour cette année 2018.

Mauvais genre de Isabelle Villain


Aujourd’hui c’est … Double Chronique…

Où quand 2 flingueuses vous donnent leur point de vue sur un même roman.

Aujourd’hui c’est Marc et Miss Aline qui nous font découvrir un polar d’une auteure française

Ce matin c’est Marc qui nous parle de sa lecture

Ce soir ce sera au tour d’Aline de vous faire par de son ressenti

Allez assez discuté, place à L’arrêt sur image de Marc



Le livre : Mauvais genre de Isabelle Villain. Paru le 15 novembre 2018 chez Tournada Editions dans la Collection Le tourbillon des mots.  9,99 € ; (252 pages) ; 18 x 11 cm

4ème de couverture :

Hugo Nicollini est un garçon différent des autres gamins de son âge. Un père brutal. Une maman protectrice. Un soir, il est témoin d’une dispute entre ses parents. Une de plus. Une de trop. Cette fois-ci, sa mère succombera sous la violence des coups.

Vingt-trois ans plus tard, l’équipe du commandant Rebecca de Lost enquête sur la mort d’une jeune femme sauvagement poignardée dans son appartement. Pas d’effraction. Pas de vol.  Pas de traces de défense. L’entourage de la victime est passée au crible, et l’histoire du petit Hugo va refaire surface bien malgré lui.

 

L’auteur : Née au Maroc en 1966, Isabelle Villain a travaillé pendant une quinzaine d’années dans la publicité, l’événementiel et l’organisation de salons professionnels. Amatrice de littérature policière depuis l’enfance, elle obtient en 2015 le prix Maurice Bouvier pour Peine capitale, et en 2016 le prix polar du festival Jeter l’Encre pour Ames battues.
Extrait :
Une heure plus tard, le commandant de Lost et son adjoint poussent les portes de cet ancien couvent d’Ursulines construit en 1645. La plupart des prisonniers, considérés comme difficiles et extrêmement dangereux, sont ici pour de lourdes peines, condamnés à des sanctions maximales sans grande perspective de réinsertion sociale. A leur arrivée dans la cour, c’est le calme qui frappe Cyril. Un calme extrêmement éloigné du cliché des détenus hurlant et insultant les visiteurs derrière leurs grillages

L’arrêt sur image de Marc

Mauvais genre, Isabelle VILLAIN

Je découvre Isabelle Villain avec ce livre, je n’ai encore rien lu d’elle. Et c’est une belle découverte, l’écriture est fluide et précise. Pas de perte de temps inutiles dans de longues descriptions qui ne servent à rien. Les chapitres courts font avancer l’intrigue sur un rythme soutenu. Un premier chapitre qui d’entrée m’a donné la certitude que j’allais dévorer le livre. Et je ne me suis pas trompé. J’essaye de donner le moins de détails possible dans mes retours sur l’histoire, afin que ceux qui me lisent, ne soient pas trop spoliés. Ici je dois faire un effort pour ne pas lâcher quelques informations. L’auteur à trouvé une intrigue qui n’a pas été souvent abordée. Une intrigue qui amène clairement à se poser la question sur ce qu’auraient été nos propres réactions si on avait été l’un ou l’autre des personnages. Finalement il y a trois intrigues qui vont se croiser, s’entremêler, et s’entrechoquer. Ont-elles un rapport entre elles, ou n’y a-t-il vraiment aucun lien. Isabelle Villain a réussi à brouiller les pistes jusque dans les dernières pages. Je n’ai pas trouvé d’incohérences malgré la complexité relative des enquêtes. A un moment dans la lecture, j’ai pensé qu’il y avait peut-être trop de choses qui se passent, mais la fin du livre montre qu’il n’en est rien, tout est maîtrisé à la perfection. Un excellent moment de lecture. Je lirai clairement d’autres livres de l’auteure.

Le vase rose – Eric Oliva


Le livre : Le vase rose de Eric Oliva. Paru le 3 mai 2018 aux Editions Taurnada dans la collection le tourbillon des mots. 9.99€ ;  (240 p.) ; 18 x 11 cm

4ème de couverture :

Et si votre pire cauchemar devenait réalité ?

Quand votre vie bascule, vous avez le choix : sombrer dans le chagrin ou tout faire pour vous relever.

Frédéric Caussois a choisi.

Pour lui, aucun compromis, il doit savoir, connaître la vérité.

 

 

 

L’auteur : Éric Oliva est …Né à Casablanca en 1967, il embrasse très tôt une carrière dans la Police nationale. Exerçant à Paris puis à Marseille, il travaille aujourd’hui à la PJ de Nice. Passionné par son métier et les fonds sous-marins, c’est après avoir lu les livres de Clive Cussler que se déclenche sa passion pour l’écriture. S’ensuivent 4 romans très bien accueillis, dont « Du soleil vers l’enfer » qui obtient le Prix Fondcombe 2014. Avec « Le Vase rose », Éric Oliva nous entraîne dans une sombre histoire d’un père en quête de vérité.
 Extrait : 
Comme souvent, les actualités nationales amenèrent leur lot d’argumentations sur la politiques très approximative du moment. Rien ne semblait plus aller dans ce pays au bord de la crise de nerfs et bienheureux seraient ceux qui parviendraient a s’en tirer sans trop de dommages. Heureusement, la famille Caussois n’avait pas a se plaindre, sauf peut-être au mois de septembre, lorsque Bercy, énorme machine à la mémoire indéfectible, s’empressait de lui faire parvenir ses fameuses feuilles d’imposition.

 

Le petit billet de Fanny

Le vase rose, Eric OLIVA, Editions Taurnada,

ISBN 978-2-37258-042-7, 9.99€

J’adore découvrir de nouveaux auteurs, de nouvelles plumes et cette fois, je pars à la découverte d’une histoire écrite par Eric Oliva. Inconnu jusqu’à lors pour moi, je vais découvrir cet auteur qui nous vient tout droit de la Police Nationale. On peut d’ailleurs saluer cette corporation, qui nous fournit nombre d’auteurs de polar de qualité !

Eric Oliva, après avoir exercé à Paris puis Marseille, travaille aujourd’hui à Nice. « Le vase rose » est son cinquième roman, dans lequel il nous entraîne dans une tragique histoire, celle d’un père en quête de la vérité sur la mort de son fils.

Tout commence avec l’histoire d’un papa lambda, comme il en existe beaucoup. Pris par un rythme de vie prenant de chef d’entreprise, Frédéric Caussois veut malgré tout profiter de son fils, Tao, qu’il adore. Sa vie et celle de sa femme Luan s’organisent donc autour de celle de leur fils, qui est le centre de leur monde.

Un soir, Frédéric couche son fils, lui lit son histoire, lui administre son traitement anti allergique et sa vie bascule dans l’horreur. Tao suffoque, convulse et s’éteint dans les bras de son père. Malheureusement, ce genre de réaction allergique fatale peut arriver à n’importe qui.  Sauf que les secours appelés à l’aide détectent une odeur suspecte sur le corps de la petite victime, celle du cyanure. Ils en arrivent vite à la conclusion, confirmée par l’autopsie, que Tao a été assassiné. Son médicament a été empoissonné à dessein.

Par qui ? Pour quel motif ? Qui pouvait en vouloir aux Caussois au point d’aller jusqu’à empoissonner leur fils ?

Ces questions, Frédéric Caussois va se les poser au péril de son équilibre mental, au péril de sa santé physique et il va payer sa quête de vérité au prix fort. Sa vie, son couple vont voler en éclats.

Extrait page 51 :

« -Je ne veux plus te voir ! Je veux rester seule ! J’ai besoin d’être seule ! 

Ses derniers mots se bousculèrent dans sa tête, résonnèrent à l’intérieur. Lui qui, avec ses quelques noms apposés sur une feuille de papier, commençait à entrevoir une raison de vivre, encaissait un nouveau coup de massue. Après la perte de son fils, celle de sa femme poignait à l’horizon. Il s’assit au milieu des débris de verre et de bois. Le sort s’acharnait sur sa famille et une lassitude sans borne étalait de longs et impétueux tentacules sur ses épaules. »

On va le suivre dans l’enquête qu’il va mener pour découvrir qui a pu commettre l’innommable.

On suit la dérive d’un « Monsieur Tout le Monde » qui devient vite son propre justicier. Car impuissant et en colère face à la lenteur de l’enquête, Frédéric va décider de se lancer sur les traces de l’assassin de son fils. Sa route va croiser celle de la pharmacienne qui lui a vendu l’arme de ce crime. Elle sera son alliée dans cette quête de vérité.

Dans ce roman, la vie des gens et leur tranquillité apparentes sont trompeuses. Tout le monde ment ou a des choses à cacher. Mais tout finit aussi par se savoir et quand Frédéric va s’approcher de la vérité, il va y avoir un prix à payer…

La suite et la conclusion de cette histoire, je vais laisser aux futurs lecteurs le soin de les découvrir et le final en laissera plus d’une ou d’un perplexe.

C’est bien écrit, bien documenté, bien construit, les éléments clés du polar sont présents, mais je n’ai pas réussi à pleinement entrer dans cette histoire et la conclusion m’a désemparée. Ce n’est que mon ressenti personnel, surement dû au sujet si sensible qu’est la perte d’un enfant et nos différentes manières d’aborder ce deuil. Cependant, j’encourage les lecteurs à lire ce roman et se faire leur propre opinion. Me concernant, je sors de ce roman avec un goût d’inachevé mais la curiosité de lire les écrits précédents d’Eric Oliva.

Le Fruit de ma colère – Mehdy Brunet


 Coucou les polardeux,

Aujourd’hui je suis heureuse de vous présenter la toute première chronique de notre toute nouvelle Flingueuse Fanny.

Vous pouvez faire connaissance avec Fanny ICI.

Ou encore avec le gang des Flingueuses là

Allez c’est parti pour le petit billet de Fanny


Le livre : Le Fruit de ma colère de Mehdy Brunet. Paru le 15 mars 2018 chez Taurnada dans la collection Le tourbillon des mots. 9€99  ; (240 p.) ; 18 x 11 cm

4ème de couverture :

Le jour où Ackerman vient demander de l’aide à Josey Kowalsky, le compte à rebours a déjà commencé.

Il faut faire vite, agir rapidement.

Josey n’hésite pas un seul instant à venir au secours de cet homme qui, par le passé, a su le comprendre.

Ensemble, ils vont découvrir que la colère et la vengeance peuvent prendre bien des visages.

Et s’il était déjà trop tard ?

 

L’auteur : Né en 1974 à Bressuire dans les Deux-Sèvres, Mehdy Brunet aime le changement : Gironde, Haute-Savoie, Genève, île de la Réunion, Lozère, la Manche, un sentiment de liberté anime sa vie. Agent de maîtrise dans l’industrie technologique, ce n’est que très tard qu’il découvre sa passion pour l’écriture. Au fil des mots, une facette méconnue de sa personnalité va poindre à l’ombre de sa plume.

 

 

Extrait page 9 :
« L’humidité ambiante mêlée à l’odeur de moisissure lui saturent les narines.
Il parcourt de ses mains les murs de son cachot, car tout ce qui lui reste de ses yeux, c’est un liquide poisseux et du sang séché sur ses joues.
La douleur a maintenant laissé place à la peur, et celle-ci atteint son point culminant lorsqu’il entend ses bourreaux revenir. »

 

Le billet de Fanny

Le Fruit de ma colère, Mehdy BRUNET, Editions Taurnada,

ISBN 978-2-37258-040-3 ;  9.99€

Voilà, j’ai entre les mains une nouvelle promesse d’aventure avec un petit livre à la couverture sombre, qui présage d’une histoire qui doit l’être tout autant… et je ne me trompe pas. Dès les premières lignes, le lecteur est plongé dans le bain. C’est brutal, c’est sans pitié, le ton est donné. L’histoire est lancée.

Cependant, je dois reconnaitre que j’ai eu un peu de mal à me faire au rythme, au découpage de l’histoire dans sa première moitié. Les chapitres se déroulent en plusieurs lieux à la fois, on y suit plusieurs personnages, parfois sans lien apparent. De plus, le récit se réfère beaucoup au précédent livre de l’auteur (que je n’ai pas lu), ce qui bien que l’histoire soit distincte, peut parfois mettre le lecteur à distance. Les héros font beaucoup référence à leur passé commun et on a parfois l’impression d’assister à une conversation entre deux personnes qui se parlent en faisant allusion à leurs souvenirs communs et dont on ignore tout. J’ai été un peu déroutée au début donc mais pas rebutée. Loin de là !

L’histoire, que je ne veux pas spoiler, fait écho à des thèmes d’actualités sensibles dont nous avons beaucoup entendus parler ces derniers mois et qui méritent cette lumière. La femme y a un rôle central, essentiel et on sent chez l’auteur une vraie préoccupation concernant la place de la femme dans nos sociétés.

Nous voici donc spectateur de la folle course qui mène le héros, Paul Ackerman, un ancien flic, jusqu’en Espagne où il vient demander à un vieil ami de l’aider à retrouver son frère jumeau, Eric, disparu depuis quelques semaines. Aucune trace de lui, aucune nouvelle, pas même une demande de rançon. Alors Paul Ackermann et son ami Josey vont remonter jusqu’au soir de la disparition d’Éric. Et lors de cette quête, leur chemin va croiser celui de plusieurs femmes. Des femmes qui semblent prêtes à tout pour préserver un secret. Quel est-il ? On découvrira au fil de l’histoire pourquoi, elles sont prêtes au pire pour faire taire les témoins de leurs exactions.

On voyage tout au long de ce récit, et pour la Normande que je suis voir évoquer Cherbourg et les tumultes du raz Blanchard (un site magnifique dont la beauté est à couper le souffle) fut un petit plus sympathique en regard à cette histoire de course après la montre intense et angoissante à souhait.

C’est bien écrit, c’est rythmé, on ne s’ennuie pas une seule seconde. Rien que ces éléments devraient pousser à la curiosité les passionnés de polar en recherche d’une lecture rapide (le livre fait 224 pages). Mais c’est également sombre et cela porte à réfléchir sur les rapports hommes-femmes tels qu’ils sont depuis des siècles et tels qu’ils devraient être pour les générations futures.

Pour résumer, même si j’ai eu un peu de mal à entrer dans l’histoire, car déstabilisée par le découpage des chapitres, j’ai aimé ce roman. Il comporte les éléments qui sont pour moi essentiels pour un polar : rythme, action, personnages complexes et attachants, réflexion sur notre société…

S’il devait y avoir une suite aux aventures de Paul Ackerman et Josey Kowalsky, je replongerais avec grand plaisir.

De la terre dans la bouche de Estelle Tharreau


Le livre : De la terre dans la bouche, Estelle Tharreau. Paru le 18 janvier 2018 aux Editions Taurnada, collection le tourbillon des mots. 9,99 € ; (246 p.) ; 18 x 11cm cm

4 ème de couv :

Les vieux de Mont-Eloi savent pourquoi ils s’aiment ou se détestent, même si les autres l’ignorent. La seule histoire  à laquelle il faut croire est celles qu’ils ont écrites au musée de la Chênaie. Elsa refusera cette vérité lorsque sa grand-mère lui léguera une maison perdue dans la forêt, à deux pas d’un village martyr.

Guerre. Occupation. Epuration.

Quarante années ne seront jamais suffisantes pour oublier et chasser les fantômes du passé.

 

 

L’auteur : Passionnée de littérature depuis l’adolescence, Estelle Tharreau parcourt les genres, les époques et les pays au fil des auteurs qu’elle rencontre.De sa passion pour la littérature est née l’envie d’écrire. Après avoir travaillé dans le secteur privé et public, Estelle Tharreau,  sort son premier roman en 2016, « Orage », suivi de « L’Impasse » en 2017. Depuis, elle se consacre entièrement à l’écriture. Estelle est née en 1974, elle vit actuellement en Franche-Comté où elle partage son temps entre sa famille et l’écriture.
Citation :
« A Elsa, La Braconne, le passé que je n’ai jamais eu le courage de te raconter. Tous ces fantômes qui n’ont jamais cessé de me hanter. »

L’Accroche de Miss Aline

De la terre dans la bouche, Estelle THARREAU

Crédit photo © Aurélie Pétri

 Rose a laissé en héritage La Braconne, une maison isolée dans les bois près d’un lac,  à sa petite fille Elsa. Elle reçoit aussi des mains du notaire une enveloppe contenant une photo de  Rose posant avec son enfant Michèle (mère d’Elsa) et un homme qui n’est pas son grand-père. Contre l’avis de sa tante, Elsa tient à voir cette maison. Commence alors un retour en arrière, une ouverture sur un passé douloureux. Les recherches d’Elsa dérangent, quelques personnes ne veulent pas qu’elle poursuive ses investigations. Elle va rencontrer de nombreuses hostilités à son égard. Le passé doit rester là où il est. La guerre a laissé des stigmates exposées au musée de Chênaie : sur une photo Elsa retrouve sa grand-mère. La photo de la honte. Dans une vitrine, une cocotte en papier du même style que celle que l’on a déposé sur le rebord de sa fenêtre. D’un côté on veut la chasser, de l’autre on veut lui faire découvrir une vérité trop longtemps cachée.

Elsa est aidée de Fred qui découvre lui aussi un pan de son histoire familial, son grand-père était amoureux de Rose.  Le vieil homme est bouleversé par l’arrivée d’Elsa mais ne veut rien dire. Lentement le passé va se dévoiler et dépeindre une réalité pas toujours glorieuse, des alliances suspectes, des mensonges, des manipulations.

L’auteur nous dépeint un moment d’Histoire dans un endroit isolé. Une guerre qui n’en fini pas, des positions à choisir pour la « bonne cause », ou pour se préserver.  Les apparences peuvent être trompeuses. La critique est facile. Les rancœurs, les jalousies sont exacerbées. L’amour, la trahison ne sont pas épargnés en temps de guerre.

Tout au long du récit, lecteur, tu accompagnes Elsa dans sa quête de vérité. Tu ne peux te défaire d’une charge émotionnelle qui te font frissonner, avoir la larme à l’œil. L’interrogation est constante : la guerre légitime-t-elle certains actes ? Donne-t-elle le droit de s’ériger en juge ? Qu’aurais-je fais à sa place ?

Pansons nos blessures tout en les gardant en mémoire. Ne jamais s’habituer à l’horreur.