Je te hais de Gilles Caillot


Le livre : Je te hais de Gilles Caillot. Paru le 14 novembre chez Terra Nova 2018. 19€ ; (348 p.) ; 23 x 15 cm.

4e de couv :

Flic tourmenté, le capitaine Marc Kasowski aimerait pouvoir tirer un trait sur les horreurs de son passé. Mais comment oublier son père, ce bourreau qui a assassiné sa mère et sa soeur ? Surtout au moment où celui-ci va sortir de prison…

Alors que le policier lutte contre ses terribles souvenirs d’enfance, un petit garçon et une fillette disparaissent. Et le kidnappeur envoie aux parents une lettre glaçante dans laquelle il détaille la manière dont il les a tués.

Cette affaire, qui rappelle étrangement à Marc ce qu’il a lui-même vécu, risque de faire vaciller son fragile équilibre psychologique. Pour parvenir à démasquer le meurtrier, il va devoir plonger dans les abîmes de son histoire familiale. Et le prix à payer pour sa rédemption risque d’être terrible…

Une enquête aux confins de la folie.
Un thriller glaçant.

L’auteur : Gilles Caillot est l’auteur de six autres thrillers ayant rencontre un grand succès critique et public, notamment L’apparence de la chair et Lignes de sang. Il fait partie de cette nouvelle génération d’auteurs français de polars sombres, aux côtés de Franck Thilliez, Patrick Bauwen ou Karine Giebel.

 

Extrait : 
Ce que je sais aussi, c’est que, même avec des aveux, rien ne sera gagné pour autant. Je connais la justice et ses lourdeurs. Ses incohérences, aussi. Un mec comme la raclure de tout à l’heure peut très bien s’en sortir à bon compte. Surtout s’il est bien conseillé. Et les baveux qui conseillent bien, y en a quelques-uns sur la place publique.

 

Le OFF de Oph

« Je te hais » de Gilles Caillot chez Editions Terra Nova

Chronique d’une apnée au cœur de la folie!

Je l’attendais avec impatience ce dernier roman de Gilles Caillot ! J’ai découvert cet auteur avec la quadrilogie du mal, puis j’ai enchaîné avec « La couleur des âmes mortes » et en fermant ces romans, je me suis dit qu’on tenait un génie du genre !
Gilles Caillot c’est de la psychologie, de la folie, du noir du très très noir, du visuel… Et « Je te hais » n’y déroge pas.

Attention, en ouvrant ce roman, vous ne pourrez pas le lâcher avant de l’avoir terminé. Gilles, une fois encore, arrive à créer une ambiance et une tension qui nous entraîne dans une lecture frénétique. Il nous fait flirter avec la folie. La folie de ses personnages, mais la notre aussi. Combien de fois me suis je dis : ai-je bien compris où il veut m’emmener ? Non cette hypothèse ne tient pas.. et pourtant… J’ai tourné les pages en me délectant de ce style incisif, piquant qui est sa marque de fabrique. Ma propre folie de lectrice m’a rattrapée et c’est en une poignée d’heures que j’ai achevé cet excellent thriller.

Je te hais s’ouvre sur un horrible drame familial. Un drame qui resurgira des souvenirs de Marc Kasowski, Capitaine de Police, lorsque deux enfants seront enlevés.

Dans une première partie, Gilles Caillot nous donne une narration sur deux plans temporels : sa jeunesse, ce traumatisme qu’il a vécu, et en parallèle le début de l’enquête de police qui fait suite à l’enlèvement de deux enfants. Une partie dans laquelle Gilles construit ses personnages centraux. Il leur donne vie à la manière d’un Geppetto mais au fil d’une plume plus aiguisée que le traditionnel ciseau à bois. En fil rouge il traite de la pédophilie, de l’anthropophagie et du traumatisme chez l’enfant.

Dans la seconde partie, exit l’enfance de Marc. Nous restons sur l’enquête et plongeons dans la folie, en apnée, sans que l’auteur nous laisse reprendre notre souffle. La tension narrative est constante, nos hypothèses se font et se défont au fil des pages, jusqu’à un final… (soupir)

« Assis sur le canapé du salon, je ferme les yeux pour tenter de m’affranchir de cette sensation, mais les phrases, monstrueuses, reviennent par flux de plus en plus violents.Je le sais, c’est inéluctable. J’ai beau lutter, mon esprit a beau les rejeter, les ressacs d’une cruauté invraisemblable m’attirent vers un océan carmin de tourmente. Vicié. Empoisonné. Avec l’impression épouvantable de m’y noyer. De perdre corps. De sombrer…corps et âme. De douleur. D’horreur… »

Avec Je te hais, Gilles Caillot signe un thriller psychologique qui flirte avec mon idée de la perfection dans le domaine. La folie est omniprésente et les aspects psychologiques des personnages sont traités avec maestria. Certaines scènes sont si visuelles que l’horreur et le dégoût ont flirté avec mon plaisir coupable de lectrice avide de ce genre littéraire.
Un excellent roman donc que je vous conseille de découvrir sans tarder !

Grand Centre de Leafar Izen


Le livre : Grand Centre de Leafar Izen. Paru le 8 mai 2018 à Les éditions du Bord du Lot. 17€ ; (193 pages) ; 14 x 22 cm.

4ème de couverture :

Dans la zone sécurisée de Grand Centre, des citoyens reclus vivent dans une pâle imitation du monde d’avant la catastrophe.
Félix, agent de réassort est une des rares personnes autorisées à s’aventurer hors zone, parmi les enfermés dehors.
Léo ex-enquêteur zélé auprès de la Commission Mémoire et Vérité n’est plus aujourd’hui qu’un homme déchu, décadent et passablement loufoque. Une amitié indéfinissable lie Félix et Léo. Il y a aussi Lisa et ses jeunes enfants, Nina et Titus, une famille d’enfermés dehors qui occupent une place particulière dans le coeur blessé de Félix.
Des années plus tard, une photographie jaunie va remettre le feu aux poudres et ressusciter d’anciennes velléités de vengeance. Au fil de la nuit oùnous suivons Léo, au fil du road-movie de Félix et de son «cloporte», on s’attache à cet improbable binôme. Léo et ses frasques, Félix et son aura fantomatique qu’épaissit le souvenir. Mais qui sont-ils vraiment ? Les doutes s’immiscent. Ce qui semblait acquis se dérobe, jusqu’à découvrir l’impensable.
S’agit-il d’un roman policier, d’une fiction d’anticipation, d’un thriller psychologique, ou d’une énigme métaphysique ? Probablement tout cela à la fois. Car entre les lignes se révèle un secret savamment distillé par une langue souvent poétique, toujours envoûtante.
Quelle mystérieuse lumière se tient finalement au bout de ce roman qu’on aurait cru noir comme un tombeau ?

 

Leafar IzenL’auteur : Établi dans les vallées cévenoles depuis plusieurs années, Leafar Izen a auto-édité ses deux premiers ouvrages, un recueil de poésie, un ouvrage traitant de métaphysique avant de trouver un partenaire éditorial auprès des éditions du Bord du Lot. Leafar Izen résume son désir d’écrire par les mots suivants : “Quand j’ai des choses à dire, je les écris pour ne plus les penser… ou ne pas avoir à les dire.” “Que tous les diables m’emportent. Si je te trompe en te disant. Nous nous rêvons les uns les autres. Nul ne peut capturer le vent.” Extrait de la Vieille morte, œuvre incomplète, poésies. Grand Centre est son premier roman.

 

 

 

Extrait :
« Il me reste 7 jours à tuer. Jamais le temps ne m’a paru aussi long. A croire que les heures sont plus difficiles à tuer que les gens.
La végétation agonise sous la chaleur du mois de juillet, le cloporte se dandine en direction de Grand Centre. Six jours durant il a arpenté la région de plateaux calcaires et les gorges réputées pour la santé de leurs forêts de pins et de chênes. Félix s’est rendu dans une douzaine de scieries, s’envirant une dernière fois des odeurs de résine et de tanin. Il a pris nombre d’engagements qu’il ne pourra pas tenir. »

 

Chronique d’une flingueuse

GRAND CENTRE de Leafar Izen

Leafar Izen Grand centre

L’avis de Sylvie K

 

Grand Centre m’a été adressé par son auteur et je l’en remercie. Je sortais d’une lecture où il était question d’un futur dans lequel les gens vivent hors du temps dans une décharge et… Dans cette histoire on est vraiment dans le futur, un nouveau monde ; celui des enfermés dans une zone de non-dit et ceux du dehors. Félix fait partie de ceux du dehors et se déplace dans son cloporte contournant le règlement, il côtoie les enfermés surtout Lisa et ses deux enfants. Son pote Léo un génie de l’informatique est un ex consultant privé pour la police mais il ne travaille plus depuis… depuis quoi ? L’histoire commence par des enregistrements sur le dictaphone de Félix, des flash-back. L’auteur nous balade dans les retours en arrière avant de nous emmener dans la deuxième partie de son livre au cœur d’un trhiller car Félix va assouvir une vengeance. Le passé rattrape Léo et Félix dans cet univers où Félix à peu de chance de s’échapper mais où tout différent et monnayable

 C’est un roman d’anticipation agrémenté d’une histoire de vengeance et même d’amour. Chacun trouvera des sentiments ou un style différent en résonnance. J’ai beaucoup aimé le style et l’histoire, Leafar peut continuer d’écrire des romans car celui-ci est prometteur !

Vertige de Franck Thilliez : Autopsie en huis clos


Vertige de Franck Thilliez : Autopsie en huis clos

Au collectif Polar, on vous a initié à la double (voire triple) chronique.

Poussons le bouchon un peu plus loin…

Et si on chroniquait avec un auteur sur un autre auteur ? Une fois n’est pas coutume : Geneviève valide le projet.

Il nous faut un binôme de flingueuses : Dany et Miss Aline et un auteur.

Pour cette première édition Niko Tackian a répondu présent. Après une discussion on est tous d’accord pour…. une autopsie en huis clos autour de

Vertige de Franck Thilliez.

 


Le livre : Vertige de Franck Thilliez. Paru le 13 octobre 2011chez Fleuve Noir dans la collection Thriller. 19€90 ; (330 p.) ; 23 x 15 cm.

Réédité en poche le 11 octobre 2012 chez Pocket. 7€90 ; (344 p.) ; 18 x 11 cm.

  4e de couv :

Un homme se réveille au fond d’un gouffre, au coeur d’un environnement hostile, deux inconnus et son fidèle chien comme seuls compagnons d’infortune. Il est enchaîné au poignet, l’un des deux hommes à la cheville et le troisième est libre, mais sa tête est recouverte d’un masque effroyable, qui explosera s’il s’éloigne des deux autres. Qui les a emmenés là ? Pourquoi ? Bientôt, une autre question s’imposera, impérieuse : jusqu’où faut-il aller pour survivre ?

Pour son 10e roman, Franck Thilliez réussit un tour de force dans ce huis clos étouffant et glacial à la fois, où il joue à décortiquer l’âme humaine confrontée aux situations de l’extrême. Sans jamais épargner son lecteur, manipulé jusqu’à la dernière ligne, et, qui sait, peut-être plus encore…

L’auteur : Né en 1973 à Annecy, Franck Thilliez, ancien ingénieur en nouvelles technologies, vit actuellement dans le Pas-de-Calais. Il est l’auteur de Train d’enfer pour Ange rouge (2003), La Chambre des morts (2005), Deuils de miel (2006), La Forêt des ombres(2006), La Mémoire fantôme (2007), L’Anneau de Moebius (2008) et de Fractures (2009), tous disponibles chez Pocket. La Chambre des morts, adapté au cinéma en 2007, a reçu le prix des lecteurs Quais du Polar 2006 et le Prix SNCF du polar français 2007. L’ensemble de ses titres, salués par la critique, se sont classés à leur sortie dans la liste des meilleures ventes.  Le Syndrome E et GATACA, sont parus aux éditions Fleuve Noir en 2010 et 2011 suivi de Puzzle, Angor, Pandemia, Rêver,  et enfin Sarko en 2017 et Le manuscrit inachevé cette année.  Il est aussi scénariste, collabore à des BD et autres projets culturels. Franck Thilliez est considéré comme le maître du thriller français.
Extrait :
Mon pouce droit vient de remuer. Une flexion suivie d’une extension. Les orteils à présent. Il semblerait que mes tendons se contractent, un à un, que mes muscles frémissent. Mes paupières papillonnent enfin. Tellement heureux, je répète ce mouvement à n’en plus finir. Ouvrir, fermer. Ouvrir, fermer, ouvrir, fermer. Je me sens revivre. Dans une minute ou deux, je décollerai mes soixante-dix kilos du sol et comprendrai enfin ce qui m’arrive.
Mais, soudain, un nouveau bruit me tétanise. Ce cliquetis que je viens de percevoir accompagnant l’agitation de mon poignet. A l’aveuglette, je me redresse traversé de vertiges, et palpe. Un cerceau rugueux me broie le poignet droit. Si stupide et irréel que cela puisse paraître, je crois que je suis entravé.

 

Autopsie en huis clos.

Au collectif Polar, on vous a initié à la double (voire triple) chronique. Poussons le bouchon un peu plus loin…Et si on chroniquait avec un auteur sur un autre auteur ? Une fois n’est pas coutume : Geneviève valide le projet. Il nous faut un binôme de flingueuses : Dany et Miss Aline et un auteur.

Pour cette première édition Niko Tackian a répondu présent. Après une discussion on est tous d’accord pour Vertige de Franck Thilliez.

Monsieur Tackian, prenez le scalpel … c’est parti pour l’autopsie d’un roman en huis clos.

 

Miss Aline : en ce qui me concerne j’ai lu peu de romans de Franck Thilliez. Sans spoiler (bien évidement) comment définiriez-vous ce roman ?

Dany : Déjà c’est un one-shot, ce qui est assez rare à côté de la série Sharko-Henebelle, un thriller psychologique à huis clos.
En plus du thème de la montagne, c’est aussi une descente dans les profondeurs de la conscience.

Niko : Pour moi c’est surtout un thriller en huis clos. C’est ce point qui le rend différent de la plupart de ses autres romans.
Et écrire un huis clos c’est un exercice particulier et difficile à maîtriser dont Franck et moi partageons le plaisir !

Dany : Puzzle, paru deux ans plus tard est aussi un huis clos … pourtant Vertige m’a laissé un plus lourd souvenir que Puzzle …

NikoVertige est un huis clos dès la page 2 … ce n’est pas le cas de Puzzle

Dany : Selon toi Niko, quels sont les ingrédients indispensables à un huis clos ?

Niko : Une situation de départ forte. Un cadre permettant de définir une ambiance car il sera un personnage à part entière. Peu de personnages (Max 4 ou 6). Une unité de temps généralement courte. Beaucoup de tension et de surprises. Et une écriture nerveuse …
C’est un genre à part entière auquel tout le monde ne se frotte pas forcément. Ça demande une certaine confiance en soit. Parce qu’on a très peu d’éléments dans la palette et on va devoir les exploiter au maximum.
(Les personnages) Qu’ils se connaissent ou pas n’a pas vraiment d’importance. L’important c’est ce qu’ils se cachent …
Dans le suspense ce sont les questions sans réponses immédiates qui permettent de créer la tension.

Dany : Pas toujours la violence donc comme premier rapport interpersonnel Dans Vertige nous faisons connaissance avec 3 compagnons d’infortune qui ne se connaissent pas.

Niko : Oui la situation de départ est très forte

Dany : Ils partagent une situation commune malgré eux … Une situation douloureuse … c’est autre chose que Mort sur le Nil où tous les touristes sont là pour le plaisir …

Niko : Oui ils sont enchaînés dans un glacier. Ce n’est pas la croisière s’amuse !

Dany : Et il y a un chien … assez rare aussi la présence d’un animal dans ce type de situation

Niko : C’est ce qu’on appelle du high concept en terme d’audiovisuel

Dany : Tu peux développer ?

Niko : Un high concept c’est un concept qui tient à un pitchpin très fort indépendamment des personnages.
Juste en vous racontant la situation vous avez envie d’en savoir plus. Pas besoin de développer les personnages … Pour vous donner envie

Dany : Ça c’est pour le début car ensuite on fait leur connaissance, même intime ...

Niko : Bien sûr ! Mais le concept fonctionne sans.

Dany : Que dire de la question qui prend le lecteur aux tripes … qui sera le voleur, le menteur et le tueur ?

Niko : Oui ça met en place une sorte de jeu de piste.
Un truc que Franck adore. Il a un esprit très ludique.

Dany : C’est comme le jeu qu’il mène à chaque fois avec la chronologie et son chapitrage

Miss Aline : La montagne comme « un personnage à part entière». Ce huis clos ne pouvait-il se faire ailleurs ? Dans le désert par exemple ? Qui peut avoir des effets secondaires (pour certains) similaires à ceux de l’altitude ?

Niko : cet huis clos je ne sais pas, mais j’en ai écrit un dans le désert, donc oui, c’est un univers à part entière de huis clos. On appelle ça un huis clos à ciel ouvert.

Miss Aline : Le huis clos exacerbe les ressentis, les pensées, la suspicion. En même temps il faut compter avec ses compagnons d’infortune.
Là on a trois hommes qui ne se connaissant pas. Chacun réagit et essaie de survivre différemment. 
Les personnages sont très différents les uns des autres. Et en plus il nous faut chercher le menteur, le voleur, le tueur.

Niko : Oui c’est très fort car en plus de cette énigme, le lieu est particulièrement hostile et soulève une autre énigme : comment sont ils arrivés la ? Dès le départ Franck nous dit clairement : c’est une machination, sans doute une vengeance. L’enjeu est posé très vite.

Dany : On a parlé du lieu qui doit être hostile et si possible au climat extrême, des personnages qui doivent avoir un secret et partager le même lieu à l’instant T, d’une énigme, y a-t-il d’autres incontournables … je pense à la durée de l’action. Sans faire comme les tragédies classiques le tout en un jour et toutes les règles qui en découlent, souvent le temps est celui de la survie …

Niko : Oui il peut y avoir un Time lock, c’est à dire une action dont on sait qu’elle va avoir une issue funeste pour les personnages si elle n’est pas résolue. Ce n’est pas obligatoire mais ça aide à créer de la tension. C’est la structure de base du film catastrophe en huis clos par exemple.

Dany : Thilliez avait commis un précédent huis clos avec La forêt des ombres alors sans spoil, pourquoi Vertige affecte davantage le lecteur qui en garde un souvenir plus douloureux ?
Il y avait aussi un animal, il finissait mal le petit cochon !

Niko : Je n’ai pas lu La forêt des ombres mais je pense que ce qui rend Vertige inoubliable c’est l’originalité de sa situation de départ.

Dany : Pour le coup les lecteurs capables de s’identifier aux protagonistes ne courent pas les rues pour ce qui est de l’environnement … Thilliez a-t-il donc tout misé sur l’empathie, l’émotion, les phobies ?

Niko : Il commence par un enlèvement, donc il nous met dans le point de vue d’une victime pour laquelle, forcément, on a de l’empathie immédiatement. Car dans un huis clos, le point de vue est un point crucial. Par quel prisme allons-nous vivre cette aventure ?

Miss Aline : Le huis clos limite aussi le lecteur. L’énigme a forcément sa résolution parmi ce nombre restreint d’individus.

Niko : Ou pas, si on a une idée plus étonnante et qu’on « trompe » le lecteur …

Miss Aline : Ah oui mais là il faut qu’il y ait un élément (ou quoi que ce soit) qui nous livre un peu de l’extérieur.

Niko : Oui c’est vrai. Mais si on passe par certains outils comme le symbolisme c’est presque invisible 

Miss Aline : Vous pouvez développer le symbolisme comme outil ?

Niko : Et bien quand il s’agit de tromper le lecteur ou de l’influencer dans ses hypothèses (nous sommes tous des détectives) les symboles induisent un second niveau de lecture intéressant.
Personnellement je les utilise beaucoup pour l’inverse, c’est à dire montrer la vérité au milieu d’un récit complexe … tous mes romans sont constellés d’indices symboliques.

Miss Aline : Je vais décortiquer à la prochaine lecture ! 

Niko : Oui   bonne chance 

Miss Aline : Peut-on dire que Vertige, au-delà des difficultés dues au lieu de l’action, est aussi une descente dans la conscience. Chacun devant se regarder en face et assumer ses actes ?

Niko : Oui c’est très juste ! D’ailleurs c’est une des forces du huis clos de pousser à l’exploration intérieure sur les personnages. C’est un genre très existentiel

Miss Aline : Dans ce cas nous avons le facteur animal de compagnie. Pour une dimension plus « humaine », empathique ? L’animal attire la sympathie ?

Niko : Pas forcément. Pour moi les animaux dans les fictions, comme dans la vie d’ailleurs, ont des places à part entière en tant que personnages. Bien sûr on ne développe pas autant leur psychologie (mais pourquoi pas ?) mais ils peuvent jouer le panel des humains. Donc être des victimes (le plus souvent, comme dans la vie où nous les prenons largement en otage) ou des bourreaux (je pense à Cujo de S. King).
Dans Toxique j’avais réglé son compte à un petit teckel à poil dur, chien qui, dans la vie sauvage est une véritable furie capable de tuer un sanglier en lui mordant les testicules … mais face à Marie-Thomas, il ne faisait pas le poids.

Dany : Dans Vertige il n’y a pas de femmes en huis clos mais elles sont tout de même très présentes dans les histoires de chacun … faut-il que les micro-communautés dans les huis clos reflètent à ce point les sociétés humaines pour être crédibles ?

Niko : Il y aurait bien entendu pu y avoir des femmes dans ce huis clos ! Au contraire ça aurait densifié et complexifié le récit. Je pense que Franck est tellement un gentleman qu’il n’a pas voulu faire souffrir une femme dans ce glacier.  

Dany : Résumons-nous … 

Vertige est un huis clos, dans un environnement hostile et un climat extrême, où trois hommes détenant des secrets, victimes d’enlèvements sont retenus en otage, en compagnie d’un chien. Ils ont une énigme à résoudre qui leur permettra peut-être de ne pas connaître la fin funeste à laquelle l’auteur, gentleman au demeurant,  les destine à une échéance très probablement courte. Introspection, suspicion vont s’immiscer dans leurs esprits … C’est le talent de l’auteur qui fait l’envie du lecteur …
J’ai oublié quelque chose ?

Niko : Très joliment résumé

Dany: Merci !
Est-ce qu’un huis clos est possible avec des personnages récurrents ? Pour ma part je ne le pense pas …

Niko : Oui, dans le cadre d’un épisode. Par exemple imaginez que Tomar Khan soit victime d’une prise d’otage…

Niko : Oui certes mais tu serais obligé de le faire « survivre », peut-être en mauvais état comme Sharko quelques fois mais l’issue est alors prévisible …

Niko : c’est vrai !

Dany : Ou faire comme Jacques Saussey dans Enfermé.e … ne pas nommer les personnages et révéler l’identité à l’ultime page …
Ou le laisser pour mort et le faire revenir dans le tome suivant après … un long coma ?

Miss Aline : Ici pas de gentil à priori. En effet il nous faut deviner « le menteur »,  « le voleur » et « le tueur ». Un huis clos de hasard (une panne d’ascenseur ou une prise d’otage) pourrait-il y avoir un « gentil » dans ses murs ? Et surtout peut-il passer de l’autre côté de la barrière, devenir LE méchant ? Pour un auteur y a-t-il matière à travailler sur ce point de vue  ou n’y a-t-il pas assez d’options envisageables ?

Dany : Moi je trouve qu’au début il y a des ou un personnage plus sympathique(s) que d’autre(s)

Miss Aline : Schéma type Danièle ? Il faut que le lecteur soit du côté de quelqu’un pour avoir envie de poursuivre !

Dany : Oui schéma-type bien sûr … je suis de toutes façons bon public dans le sens où j’adhère à l’histoire à fond quand je commence une lecture … là j’ai été comblée avec les fausses pistes et hypothèses …

Niko, tu as déjà commis un huis clos en plein cagnard, es-tu tenté par un huis clos glaçant ?
En tant qu’auteur …

—————- quelques heures plus tard ——————

Dany : Hou Hou Niko ? Pas d’idées … ça m’étonne !

Niko : Hello ! Oui la preuve, mon prochain roman s’appelle Avalanche Hôtel !

Dany : Un huis clos ?

Niko : pas vraiment mais quand même si d’une certaine manière ☺

Dany : Pas dans un glacier tout de même …

Niko : ah bah non ! La réponse est dans le titre

Dany : Avalanche donc … je pense que tu ne nous en diras pas plus que sa date de sortie ? A moins que … quelques scoops ?

Miss Aline : Oui quelques mots …

Niko : Alors écoute, il faut surtout suivre ma page FB dans les trois prochaines semaines pour avoir des scoops, car j’organise en ce moment une petite aventure immersive qui vous fera presque « rentrer » dans le roman. Concernant l’histoire, je ne peux pas trop en dire plus, si ce n’est que ce sera un roman qui va vous happer sous une tonne de neige, vous rouler, vous glacer avec toujours au bout une petite lumière… une avalanche quoi… ☺

Dany : Il sort quand ?

Niko : le 3 janvier ! Par contre, je vais bientôt révéler la couverture et le pitch et je vous la ferai parvenir en même temps pour que vous l’ayez en premier !

Geneviève : Rhooo le jour de ma fête ! Pardon, pardon je m’emballe là !

Niko : c’est d’ailleurs la couverture sur laquelle j’ai le plus bossé de ma carrière et ils ont fait un truc de dingue !

Dany : J’ai vu la première photo indice … bel objet !

NikoAvalanche Hôtel est mon premier « thriller en one shot » dans la vénérable maison Hachette et j’y crois beaucoup beaucoup.

Dany : Ben nous aussi Niko on y croit … En même temps Fantazmë qui entame sa nouvelle vie … auteur comblé pour les fêtes ???

Niko : oui comblé et surtout surbooké car 2019 s’annonce très dense en écriture pour moi. Je suis sur la suite des aventures de Tomar, Alex Hugo n’a jamais aussi bien fonctionné sur France 2 et va prendre en densité d’épisodes et j’ai un gros dossier scénario en cours également…

Dany : Il restera tout de même une petite place pour échanger avec les flingueuses j’espère ?

Niko : et j’ai prévu de beaucoup me déplacer sur des salons en 2019 !
bien sur plein de place ! En fait, il y un truc qui a changé pour moi…

Dany : ??????????

Niko : ça fait 20 ans que je vis d’histoires dans différents milieux sans être jamais rentré dans aucun de ces milieux… avec le roman j’ai le sentiment d’avoir trouvé ma place, et ma famille, donc c’est toujours un plaisir de parler, d’échanger, de prendre le temps… et bien entendu les flingueuses, vous faites partie de cette famille. Vous êtes d’ailleurs parmi les premières à m’avoir fait confiance.

Dany : Nous aussi nous sommes comblées alors Niko … Je pense que pour cette expérience en huis clos on va s’arrêter là Aline ?
Pour ma part je te remercie de ta disponibilité et ta générosité et te dis à bientôt !

Niko : à bientôt !
Et merci à vous pour ce petit échange !

Geneviève : Est ce que je peux une petite question sur Avalanche Hôtel ?

Niko : mais oui

Geneviève : J’ai oui dire que la mise en place allait être à la hauteur de ton talent et des espoirs que ton éditrice porte en toi.

Niko : tu en sais plus que moi !
Enfin pas exactement

Geneviève : Il n’y pas des animations prévues autour de la sortie ?

Niko : Caroline et Philippe investissent énormément sur mon travail. Je sais qu’il y a une belle campagne de promo prévue, plus une soirée de lancement qui sera mémorable et dont les prémisses sont déjà lancées via mes récents post sur ma page FB (mystère !!!)… il y aura aussi un « escape game » grandeur nature Avalanche Hôtel qui va se déplacer de salons en salons… et plein d’autres surprises… bref OUI, ils vont mettre le paquet !

Geneviève : Oh, je suis ravie que ton travail soit récompenser, j’espère pouvoir faire une de ces murder party un de ces 4. Et longues vie à tous tes projets. ☺

Niko : Merci Geneviève !
Rdv mardi pour le second indice

Dany et Geneviève 

Geneviève : Et pardon  les Flingueuses d’être intervenue alors que je ne devrais être que l’œil de Moscou.

Dany : Cheffe on ne t’en veut jamais de … nous soutenir dans nos délires !

Geneviève : Ben moi j’adore vos délire, alors !

Miss Aline : Merci d’avoir soutenu ce « délire » Geneviève ! 

Niko,  un très grand merci pour avoir accepté de participer à notre première « Autopsie en huis clos ».
Je me joins à Danièle pour saluer ta disponibilité et ta générosité.
On te souhaite un très beau succès avec la sortie début 2019 de Avalanche Hôtel.
À très bientôt pour de nouveaux échanges en huis clos… ou pas !
Merci.

Niko : Merci Aline ! 

Le facebook de Niko Tackian

 

Vous en conviendrez avec nous, nous avons appris pas mal de chose sur le métier d’auteur et ses techniques de travail. Nous, nous avons passé un très bon moment d’échange et de convivialité. Un très grand merci à Niko pour sa disponibilité et sa gentillesse, comme toujours.

On vous donne rendez-vous pour une prochaine Autopsie en huis clos avec…. Ah non, on ne va pas vous le révéler maintenant !

 

Le Collectionneur – Fiona Cummins


le livre: Le Collectionneur de Fiona Cummins . Traduit de l’anglais par Jean Esch. Paru le 18 octobre 2018 aux éditions Slatkine et Cie. 20€90 ; 509 pages; format 16 x  23,2 cm.

4ème de couverture:
Le Collectionneur a tout organisé et mène une double vie. Dans l’une, il est comme vous et moi. Dans l’autre, il est le gardien d’un macabre musée de famille : une collection d’ossements humains.
Les collectionneurs cherchent toujours la rareté, l’objet unique. Deux enfants, Jakey Frith et Clara Foyle, souffrent l’un et l’autre d’une maladie génétique orpheline (une centaine de cas en France) qui fait se dédoubler les cartilages puis pousser les os jusqu’à l’étouffement, lamaladie de l’homme de pierre. Le Collectionneur se doit d’avoir ces deux pièces rarissimes que sont deux petits squelettes au tout début de leur déformation.
Dans sa traque éperdue, il déjoue la vigilance du père de Jakey et celle d’un détective trouble, Etta Fitzroy, qui enquête sur une série d’enlèvements.
L’auteur: Fiona Cummins est une ancienne journaliste du Daily Mirror, plusieurs fois récompensée, qui a interviewé de nombreuses célébrités, de Michael Jackson à George Clooney. Aujourd’hui journaliste indépendante, Fiona écrit pour des journaux et magazines nationaux ou pour des entreprises. Elle vit dans l’Essex avec sa famille. Le Collectionneur est son premier roman. Le livre a connu un grand succès en Angleterre, où ses droits ont été achetés pour la télévision.
Extrait:
« Généralement, il préfère attendre qu’ils soient morts avant de se mettre au travail avec son couteau. Il aime l’art de la dissection, les organes que l’ont retire délicatement, la peau que l’on pèle. Le reste, il le laisse à sa colonie. »
 

Le OFF de OPH

Le Collectionneur – Fiona Cummins

Le Collectionneur, chronique d’un roman écrit au scalpel!

Le Collectionneur pourrait être votre voisin, votre patron, votre épicier, voir même votre libraire!

Le Collectionneur est à la fois tout le monde et personne.

Le Collectionneur se fond parmi la population, invisible aux yeux des passants.

Le Collectionneur cherche ce qui est rare, et c’est des os qu’il est passionné.

Dans ce thriller psychologique, Fiona Cummins nous entraîne à la poursuite de cet homme étrange pour qui, rien ne compte plus que sa collection hors normes.

Quand il repère deux enfants présentant des déformations osseuses, il ne peut résister, ils doivent venir embellir sa collection privée. Unique, elle ne peut être exposée aux yeux de tous, mais peu lui importe, il le fait pour son plaisir mais aussi pour…. il vous faudra le découvrir vous même!

Fiona Cummins signe avec brio son premier roman. Le style est affûté, dynamique mais aussi incisif. Pas de perte de rythme et une envie irrépressible de tourner les pages.

Outre l’intrigue qui est bien construite, Fiona Cummins évoque des sujets difficiles tels que la maladie et le deuil d’un enfant. Ces deux sujets principaux sont la toile de fond de ce roman sur laquelle l’auteure a peint sa sombre histoire.

Omniprésents, les deux sujets ne peuvent laisser insensible. J’ai souffert avec les parents de ces enfants mais aussi avec les enfants eux-mêmes, ces petits être courageux qui font preuves d’une force incroyable.

Les aspects psychologiques des personnages sont particulièrement bien traités. Qu’il s’agisse de la souffrance des parents mais aussi de l’état d’esprit des enfants ou encore du culte que vous le Collectionneur aux ossement hors normes, l’auteure brosse méticuleusement chacun des portraits et nous livre un thriller puissant et passionnant.

Un petit bémol sur la fin mais qui n’a pas gâché mon plaisir.

Le Collectionneur est un roman que je ne peux que vous recommander!

Le chuchoteur – Donato Carrisi by Sacha


Le livre : Le chuchoteur de Donato Carrisi. Traduit de l’italien par Anaïs Bokobza. Paru le 5 mai 2010 chez Calmann-Levy dans la collection suspense. 22€25 ; (437 p.) ; 23 x 15 cm.
4e de couv : 

Cinq petites filles ont disparu. Cinq petites fosses ont été creusées dans la clairière. Au fond de chacune, un petit bras, le gauche.

Depuis qu’ils enquêtent sur les rapts des fillettes, le criminologue Goran Gavila et son équipe d’agents spéciaux ont l’impression d’être manipulés. Chaque découverte macabre, chaque indice les mènent à des assassins différents. La découverte d’un sixième bras, dans la clairière, appartenant à une victime inconnue, les convainc d’appeler en renfort Mila Vasquez, experte dans les affaires d’enlèvement. Dans le huis clos d’un appartement spartiate converti en QG, Gavila et ses agents vont échafauder une théorie à laquelle nul ne veut croire : tous les meurtres sont liés, le vrai coupable est ailleurs.

Quand on tue des enfants, Dieu se tait, et le diable murmure…

Un époustouflant thriller littéraire, inspiré de faits réels.

L’auteur : Né en 1973, Donato Carrisi est l’auteur du best-seller international Le Chuchoteur, traduit dans vingt-six pays et qui a reçu quatre prix littéraires en Italie. Lauréat du prix SNCF du Polar européen et du prix des lecteurs du Livre de Poche dans la catégorie polar, il est l’auteur italien le plus lu dans le monde. La Fille dans le brouillard a remporté un succès phénoménal en Italie et est en cours d’adaptation au cinéma.

 

Extrait : 
Le maître de musique avait parlé.
Mais ce n’est pas ça qui la frappa. Ce n’était pas la première fois. Grand nombre d’individus solitaires expriment leurs pensées à voix haute quand ils sont enfermés chez eux. Cela arrivait même à Mila, de parler toute seule.
Non. La nouveauté, c’était autre chose. Qui la récompensait d’une semaine entière de guet, passée dans le froid glacial de sa voiture, garée devant la maison marron, à scruter l’intérieur avec des petites jumelles, les déplacements de l’homme d’une quarantaine d’années, gros et laiteux, qui évoluait tranquillement dans son petit univers ordonné, en répétant toujours les mêmes gestes, comme s’ils étaient la trame d’une toile qu’il était le seul à connaître.
Le maître de musique avait parlé. Mais la nouveauté, c’était que cette fois, il avait prononcé un nom.
Mila l’avait vu se former, lettre par lettre, sur ses lèvres. Pablo. C’était la confirmation, la clé pour accéder à ce monde mystérieux. Maintenant, elle le savait.
Le maître de musique avait un invité.

Les Sach’Avis

Le criminologue Goran Gavila et la spécialiste des affaires d’enlèvement Mila Vasquez enquêtent sur la disparition de cinq fillettes, dont les bras gauches ont été retrouvés dans cinq petites fosses creusées dans une clairière…

Alors voilà! Je viens de finir « Le chuchoteur« ! Depuis le temps que j’en entendais parler!
Et je ne suis pas déçue! Moi qui aimé la criminologie, J’ai été servie! Tres fouillé! J’ai adoré! Super bouquin! Très bonne intrigue et une chute de dingue!
Pour ceux qui ne l’ont pas encore lu, je vous le recommande! Foncez!
Bizzzous les psychopathes😘

Le choix : Sommes-nous prêts à en assumer le prix ? – Corinne Martel et Marine Destombes


Le livre : Le choix : Sommes-nous prêts à en assumer le prix ? Roman graphique de Marine Destombes d’après un roman de Corinne Martel . Paru le 5 avril 2018 aux Éditions, Independently published. 18,98€ ; 164 p. ; 15 x 23 cm.

4ème de couverture :

A-B-C. Trois lettres. Trois plans. Un seul choix possible !

A l’heure où la littérature se consomme comme des kleenex et que la date d’expiration s’approche de celle d’une bouteille de lait, “Le Choix” nous prouve qu’après une première vie, il peut y en avoir une autre.

Cette fois, le texte qui a ému un grand nombre de lectrices et de lecteurs est accompagné du dessin.

Et pas n’importe lequel.

Je suis un grand fan du 9ème art. Le Choix m’a interpellé, intrigué. La grande variété et l’enchaînement des planches sont un plaisir sucré pour mes papilles de Bédévore. Tous les codes sont utilisés pour être mieux brisés. Les traits se mélangent pour donner une fresque bigarrée selon les envies des auteurs. Parfois enfantins ou simplement maîtrisés, ils constituent un en- semble subtil jouant avec nos émotions.

La plongée en apnée dans cet ouvrage est un délice délicat.

Le Choix…

Laurent Loison

 

L’auteur : de Corinne Martel est  née le 8 octobre 1969 à Paris. Passionnée par l’écriture, Corinne Martel est rapidement remarquée puis récompensée de nombreuses fois pour ses essais en poésie et littérature.
Après avoir réalisé ses études et obtenu ses diplômes dans un institut supérieur de gestion et de commerce, Corinne Martel embrasse une carrière orientée dans les jeux vidéos et activités pour enfants qu’elle exerce toujours à l’heure actuelle.
Fascinée par la littérature imaginaire, elle décide de s’inspirer de ses expériences ludiques pour écrire son premier roman, « Et tu vis encore » (IS Édition, collection « Sueurs glaciales », 2016), un thriller énigmatique doté d’un suspense et scénario à couper le souffle qui laisse entrevoir une carrière prometteuse. 
Écrivain ou auteur ? Ses mots sont des histoires, des émotions. Le thriller psychologique son terrain d’expression.

 

Extrait :
“Mon corps se révolte
Mon dos, mes épaules, mon ventre, mes jambes,
Tout me fait mal, j’ai perdu le contrôle.
 
Mon corps se révolte contre les choix de mon esprit.
Comme quand j’ai tué Nathan.
Parce que je vais recommencer.
Sauf que cette fois il s’appelle Paul.
 
Mais il le veut. Il m’a suppliée.
Ce n’est peut-être plus un meurtre ?
Juste une euthanasie ?
 
C’est , dans tous les cas, la fin d’une vie.
Je serai récidiviste.
 
Respecter le jugement de la famille,
Respecter l’envie de Paul
Ne me soulage absolument pas, en Fait.
 
Seule la finalité importe.

 

Le ressenti de Jean-Paul

 

Bonjour à toutes et à tous…

 Après l’émotion reçue lors de ma précédente lecture, j’ai décidé de chambouler l’ordre de ma PAL et de passer “Le choix” au premier plan !

J’étais encore sous l’emprise de cette auteure atypique autant continuer, savoir jusqu’où elle pourrait encore me mener…

 J’ai retrouvé de nouveau son style incisif, pointu mais toujours aussi poétique. De ses mots il se dégage même parfois une petite musique un peu comme une comptine pour les enfants.

Dans ce livre pour mon plus grand bonheur les dessins (de Marine Destombes) ont autant d’importances que les mots.

J’ai pris mon temps pour découvrir cet ouvrage hors norme.

Ce n’est plus un roman, mais bien plus qu’une simple BD.

Chaque planche retranscrit les lignes d’écritures d’une Corinne au style sans concessions.

Les visuels – certains sont magnifiques – évoluent le long de l’histoire, caressants le papier, tantôt légers et évanescents, tantôt durs, voire cruels, accompagnant comme une ombre des dialogues tissés à la perfection !

Le choix ?

Comment faire le bon ?

A, B, C ?

Je ne vous en dirai pas plus… A vous de trouver “la” Solution !

Corinne en déesse-mère va vous hypnotiser comme moi et vous n’aurez de “Choix” que de succomber à son prochain ouvrage… 

 

Evie de K.L. Slater


Le livre : Evie de K.L. Slater. Traduit de l’anglais par Benoît Domis. Paru le 16 août 2018 aux éditions Milady dans la collection Suspense. 19,50€ ; (407 p.) ; 14,2 x 21,3 cm.
4ème de couverture :
La personne que vous aimez le plus au monde est en danger…
Il y a trois ans, la petite Evie, 5 ans, a disparu en sortant de l’école. La police n’a jamais réussi à la localiser. Aucun indice, aucune piste. Rien. La petite s’est évaporée. Mais Toni le sait : sa fille est vivante. Encore faudrait-il qu’elle puisse l’exprimer ! Car Toni est enfermée dans un terrible silence. Personne ne l’écoute, personne ne l’entend. Pourtant, Evie a besoin d’elle. Toni doit réaliser l’impossible si elle veut la sauver.
L’auteur : Le nom de K.L Slater vous est peut être inconnu. Auteure reconnue en Grande Bretagne, elle a tout d’abord écrit des romans pour jeunes adultes sous le pseudo de Kim Slater. Elle s’est ensuite consacrée aux thrillers psychologiques pour lesquels elle possède une grande renommée dans son pays. Evie est son premier thriller traduit chez nous.

 

 

 

Extrait :
« Quand tu t’apercevras que ton enfant a disparu, tu croiras connaître le pire.
Très vite viendra ce sentiment insidieux, comme si tu te vidais de ton sang, que tu n’y peux rien, absolument rien.
Tu le sentiras s’écouler, et rien ne peut l’arrêter. Mais à ce stade, tu te fiches pas mal de ce qu’il peut t’arriver.
Tu ne penses qu’à elle, ton bébé.
Quarante huit heures. C’est la durée approximative où tu chancelleras au bord de la folie, t’entêtant à croire que les choses peuvent redevenir comme avant.
Tu resteras sans dormir pendant des jours, jusqu’à ce que l’on te donne des sédatifs. Chaque fois que tu émergeras de ton sommeil chimique, il se passera une seconde- une seule- où tu ouvriras les yeux en pensant que tout est rentré dans l’ordre. Une seconde où tu croiras avoir tout imaginé.
Ensuite, tu te diras que rien ne peut être pire que ça.
C’est précisément à ce moment là, où presque, que l’espoir commence à s’effondrer. »

L’avis de Clémence, de la page « Les lectures de Clémence » :

Evie, de K.L Slater :

Un suspense haletant qui vous tiendra éveillé(e) jusqu’à l’aube, pour les fans de Paula Hawkins (La Fille du train) et B. A. Paris (Derrière les portes).

Ma première impression en commençant ce livre a été : « encore une disparition d’enfant , du vu et revu »…Mais l’auteur innove complètement dans le genre puisque le côté enquête policière n’est pas du tout mis en avant. Le contexte de l’histoire est plus précisément celui de l’avant disparition de la petite .

Le premier chapitre nous présente la narratrice, dans un état comateux, qui est a priori la seule personne à pouvoir nous aider à retrouver l’enfant.

Puis l’histoire repart en arrière avec l’avant disparition où nous faisons connaissance avec Evie et sa maman Toni. Ces deux dernières sont perturbées par la mort du papa et époux , et vont déménager afin de se rapprocher de la maman de Toni et ainsi débuter une nouvelle vie.

Ces deux personnages principaux avec qui l’auteure nous fait faire connaissance volontairement pendant de nombreuses pages ne fait qu’accroître notre sympathie et nos sentiments pour elles.

Ce livre est un vrai page Turner puisque l’on veut à tout prix connaître les circonstances de la disparition et surtout savoir si nous retrouverons la petite Evie vivante.

On est, ici, dans un réel thriller psychologique où les sentiments sont mis à mal. La chute est juste parfaite puisqu’à aucun moment je ne m’y attendais. Entre la maman accro aux médicaments, l’institutrice déjantée, la chef très spéciale…il faut avouer que les personnages entretiennent le suspens.Mais je me suis trompée sur toute la ligne !

Nouvelle auteure dans mes connaissances et je sais déjà que je suivrai de près ses actualités.

La liste de nos interdits de Koethi Zan


La liste de nos interdits de Koethi Zan. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Séverine Quelet. Paru le 11 juin 2015 chez Fleuve édition dans la collection Fleuve Noir.  19€90 ; (353 p.) ; 23 x 14 cm.

Réédité en poche le 14 septembre 2017 chez Pocket. 7€50 (379 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv : 

Elles croyaient que tout prévoir, tout anticiper les sauverait du pire. Elles se trompaient. 
Ne pas sortir sans bombe lacrymo
Toujours repérer les sorties
Toujours avoir un plan de secours
Ne jamais se retrouver coincée
Ne jamais paniquer…

Et la règle n°1 : ne jamais monter dans la voiture d’un inconnu.

Elles avaient tout prévu. Rédigé une liste exhaustive des dangers qui peuplent notre environnement. Établi tous les interdits. Pris toutes les mesures de sécurité pour rendre leur monde plus sûr.
Aucun imprévu ne devait plus pouvoir les surprendre.
Elles ont enfreint la première règle : elles ont pris un taxi.
Dès lors, le cauchemar n’aura plus de fin.

L’auteur : Koethi Zan a grandi en Alabama et est une ancienne juriste dans le domaine du divertissement et des médias . La Liste de nos interdits est son premier roman. Koethi Zan vit près de New York avec sa famille.

 

Extrait :
Les premiers trente-deux mois et onze jours de notre captivité, nous étions quatre dans ce sous-sol. Et puis, tout à coup et sans crier gare, nous n’étions plus que trois. Même si la quatrième ne faisait pas de bruit depuis des mois, la pièce est tombée dans un silence de mort après son départ. Longtemps ensuite, nous sommes restées sans parler, sans bouger, dans l’obscurité, chacune se demandant laquelle serait la prochaine dans la boîte.
Jennifer et moi n’aurions jamais dû finir dans cette cave. Nous n’étions pas comme les autres filles de dix-huit ans, qui font fi de toute prudence quand elles sont lâchées pour la première fois sur un campus universitaire. Pour nous, la notion d’indépendance était une affaire sérieuse, et nous contrôlions cette nouvelle liberté très attentivement. Nous connaissions les risques que le monde comportait et nous étions déterminées à ne pas nous y exposer.

L’accroche de Miss Aline

La liste de nos interdits – Koethi Zan. Pocket édition

J’ai tourné autour de ce livre plusieurs fois. Finalement j’ai craqué et je ne le regrette pas.

Sarah et Jennifer ont effectivement tout prévu…. sauf ce qui allait leur arriver. Dés les premières lignes tu es avec elles dans ce sous-sol. Et puis Sarah nous parle de sa vie d’avant : comment Jennifer en est venue à en faire partie, comment elles envisagent l’avenir et surtout toutes ces choses interdites à observer. Ca doit être épuisant cette vigilance de tout les instants. Elles sont tombées sur plus fort qu’elles, elles ne s’y attendaient pas.
Sarah va s’isoler du monde extérieur pour mieux survivre à l’horreur. Puis son monde va basculer : son bourreau demande la liberté conditionnelle. Que faire ? Agir ? Mais comment et qui va l’aider. Jennifer ? si seulement.. Commence alors une longue traque des indices qu’il aurait pu disséminer dans ses lettres. Traque des lieux et des individus qu’il a fréquenté. Il faut tout faire pour l’empêcher de sortir. Même si pour cela il faut affronter le passé et ses douleurs. Des douleurs physiques, morales, laisser l’inconscient revenir à la surface, affronter.
Comme en thérapie, Sarah va avancer, trouver, avoir peur à nouveau, pleurer, comprendre. Jusqu’à la touche final et ça elle ne l’avait absolument pas prévu.

On n’est pas dans une noirceur affichée ouvertement. Non, tout est suggéré et c’est pire, ton imagination cavale. Comme Sarah, tu avances petit à petit. Il n’y a pas d’action à proprement parlé. Toutefois tu te retrouves avec une furieuse envie de lire, il faut que tu avances. Tu ne peux pas laisser Sarah seule à se démener. Tu dois lui apporter la délivrance en dévorant les pages et l’amener là ou tout s’arrête…ou pas.

Bonne lecture !

Un supplément d’âme de Matthieu Biasotto


Le livre : Un supplément d’âme….de Matthieu Biasotto. Paru le 28 novembre 2015 en autoédition – réédité le 16 août 2018 aux éditions Bragelonne dans la collection thriller poche. 7€90 ; (275 p.) ; 18 x 11 cm

epub  5,99 € 

 4ème de couverture :

Et si on avait droit à une seconde chance ?

Victime d’un accident de moto, Thomas Garnier est à l’hôpital sous assistance respiratoire, dans un coma si profond que les médecins envisagent de le débrancher. En réalité, il est coincé entre la vie et la mort dans le « supplément d’âme », en compagnie d’un étrange gamin. Il a une chance de revenir du côté des vivants, à condition de comprendre ses erreurs.

De révélation en électrochoc, Thomas recompose la trajectoire de son existence avant qu’il ne soit trop tard. Entre déni et prise de conscience, une seule question le hante : saura-t-il encaisser la vérité

L’auteur : Matthieu Biasotto né le est 16/12/1983, Français, infographiste et webdesigner.
Il a auto-édité son premier roman, Un jour d’avance (2014), un thriller stupéfiant qui embarque le lecteur dans une intrigue intense et surprenante. Le succès est au rendez-vous et son livre a réussi à se placer dans le top 100 des ventes ebook.
Il vit à Miremont, une commune de l’aire urbaine de Toulouse.

site de l’auteur : http://matthieubiasotto.com/

« Edité depuis peu de manière « traditionnelle », j’ai fait le choix d’être libre et de vivre de ma plume. J’aime raconter des histoires où l’on ne s’ennuie pas, imaginer des intrigues un peu étranges et m’exprimer avec un style bien à moi. Enfant du numérique – même si je suis né en 83, je fonctionne beaucoup au visuel, en tout cas j’y suis sensible.

Originaire de Toulouse, je vis maintenant en famille pas très loin de l’Ariège avec ma moitié, mes trois petits gars et flammèche, le chat. Je partage ma vie entre peinture et écriture, deux modes d’expression qui se complètent, finalement. Si les couleurs m’offrent un plaisir instantané, mes textes sont un moyen de me connecter au monde, d’entrer dans les vies, dans les cœurs tout en m’amusant comme un gosse qui ne veut jamais s’arrêter. Après tout, la vie est un jeu… Alors, je fais juste de mon mieux sans me prendre au sérieux ;). »

 

Extraits :

«Je vois se profiler le sous-entendu : j’ai vendu mon âme au diable. Tout ça pour quoi ? Pour une baraque froide et bien trop grande où je ne foutais sûrement jamais les pieds, trop occupé à cravacher. Pour une piscine à débordement, un chien, une moto, un bateau et des tas de conneries connectées qui, maintenant, me font une belle jambe. Je me suis tué à la tâche pour une Audi hors de prix et un empire d’achats compulsifs, afin de compenser le vide sidéral de ma vie. Acheter pour posséder. Esclave d’un confort surfait, soumis aux lois du marché. Je me suis cru irremplaçable. J’en suis mort à crédit. Quel gâchis. Je commence à comprendre. Comprendre que j’ai eu tout faux. Et qu’il y a peut-être un sens derrière tout ça. Je le concède dans un soupir résigné : TK a raison. »

 

La chronique jubilatoire de Dany

 

Un supplément d’âme de Matthieu Biasotto

« Je ne me souviens de rien. J’ai tout oublié ou presque.
Mon existence s’est arrêtée brutalement et la mort ne me veut pas.
Je ne peux pas revenir. Je ne veux pas mourir. Pas pour l’instant.
Pas avant que je ne comprenne ce que je suis. Ce que j’ai fait. Ce que mes proches ont comploté, dit ou pensé.
Pas avant d’avoir saisi le sens de ma vie. Je voudrais découvrir ce qu’il s’est passé, savoir comment j’en suis arrivé là.
Avant que l’on vienne me débrancher. J’erre dans une expérience parallèle qui m’échappe.
Je suis Thomas. Thomas Garnier, et la seule question qui me hante est : Vais-je pouvoir encaisser la vérité ?. »

 

Que d’émotions en refermant ce livre, véritable parcours initiatique et métaphorique.  Thomas est dans le coma et il a perdu ses souvenirs. Au moment de l’accident, on peut dire que c’est un vrai « connard » ! Le jeune garçon qu’il a été, va le guider, comme Virgile dans la Divine Comédie dans un espace parallèle : le supplément d’âme, … de l’autre côté. L’histoire pourrait être celle d’un triangle amoureux classique, celle d’un ambitieux qui fait passer sa carrière avant sa famille. C’est bien plus que ça, c’est celle des choix de la vie. Quand donc Thomas a-t-il rompu avec ses rêves, quand donc a-t-il trahit TK ? Sa quête de vérité, il va la faire pendant son coma, aux portes d’une mort annoncée et ainsi découvrir les malversations de ses collaborateurs, jusqu’au dénouement final, révélation inattendue et violente. La narration de Thomas rend le lecteur complice.

Inclassable roman à suspense, très fort et dérangeant, c’est le premier que je lis de Matthieu Biasotto. Sa sensibilité à fleur de peau,son style affûté et surréaliste à la fois m’ont fait penser aux Thanatonautes de Bernard Werber.

Lu en version numérique.

 

Extrait 2 :
«  Tu as oublié l’amour. Tu as oublié les rêves. Tu as oublié de vivre. Tu as oublié qui je suis. Tu as même oublié que tu pouvais rendre le monde plus beau. Est-ce que l’univers a besoin d’un putain de cabinet d’intelligence économique supplémentaire ? Bien sûr que non, pauvre ignorant ! Est-ce que tu vas laisser une trace dans l’histoire avec tes profits pathétiques ? Tu as déjà la réponse. Parfois, il faut mettre les mains dans le cambouis, mon vieux. C’est comme ça. Vu que tu ne le fais pas, je suis là pour ça. Je suis là pour te faire descendre au fond de toi. Dans le coin de ton âme qui t’effraie depuis des lustres.
— Au… au fond de moi ?
Mon étreinte se relâche. Il vient de me sonner…
— Au milieu de tes craintes, de tes erreurs. En ouvrant le placard où tu as entassé tes frasques et tous tes mauvais choix. Je te parle du puits sans fond dans lequel tu as jeté tes élans et ton instinct. Toutes ces occasions où tu as pris le mauvais chemin. Par flemme, par innocence, et puis, finalement, par habitude. Quand tu as décidé de changer tes plans à la première difficulté. Tu sais, cet endroit qui prend la poussière parce que tu as préféré faire comme tout le monde. Tu as pris la décision d’entrer dans le moule, au lieu d’appréhender ce que tu es vraiment. Tu as déposé toutes ces merdes autour de moi. Tu as refermé la porte derrière toi. Tu as jeté la clé pour faire semblant pendant des années. Et tu m’as laissé pourrir là-dedans. »

 

Elizas de Sara Shepard


Elizas de Sara Shepard. Traduit de l’anglais par Amélie de Maupeou. Paru le 26 juin 2018 aux éditions Charleston dans la collection Charleston Noir.  22€50 ; (429 p.) ; 23 x 15 cm
4e de couv :

Elizas

Une jeune femme, belle et fragile, un luxueux hôtel hollywoodien et un dangereux mélange d’alcools forts et de médicaments…

Quand Eliza Fontaine, jeune auteure à succès, se réveille dans une chambre d’hôpital, il lui suffit d’un regard à ses proches pour comprendre qu’on la soupçonne d’une nouvelle tentative de suicide.

N’a-t-elle pas été retrouvée ivre morte au fond d’une piscine alors qu’elle ne sait pas nager ? Pourtant, Eliza en a la certitude, cette fois, c’est différent.

Ses souvenirs sont flous, sa mémoire se dérobe, mais elle se souvient d’une voix, d’un rire…

Uniquement armée du roman qu’elle vient de terminer, et dans lequel semblent se mêler fiction et réalité, la jeune femme part à la recherche de ce qui s’est réellement passé. Car, s’il y a une chose dont Eliza est sûre, c’est qu’elle n’a pas sauté dans cette piscine. Quelqu’un a tenté de la tuer.

« Sara Shepard nous éblouit avec ce thriller glaçant qui brouille les lignes entre fiction et réalité. Un roman vibrant et brillant, avec une héroïne que vous n’oublierez pas de sitôt. »
Mary Kubica, auteure du best-seller Une fille parfaite

L’auteur : Sara Shepard vit à Philadelphie en Pennsylvanie où elle est née le 8 avril 1977. Sara Shepard est l’auteure des séries best-sellers Pretty Little Liars et The Lying Games. La série télévisée tirée de Pretty Little Liars a vu sa septième et dernière saison en 2017.  Diplômée de littérature au Brooklyn College, elle s’est inspirée de son propre vécu pour sa série Les Menteuses. Elizas, son nouveau roman, paru en avril 2018 aux États-Unis, est encensé par la critique.
Extrait : 
Lance m’encourage d’un hochement de tête. Il aimerait sans doute que je lui en révèle davantage, mais je n’en ai pas l’intention. La dernière chose dont j’ai envie, c’est d’expliquer mes élans créatifs devant ma famille. Ce roman est mon accomplissement personnel, pas le leur – d’ailleurs, ils ne l’ont pas soutenu, c’est le moins qu’on puisse dire. Ce ne sont pas des artistes. Ils ne lisent même pas. S’ils le lisaient, ils le taxeraient probablement de stupide. Frivole. Mélodramatique. Je ne leur ai même pas dit qu’il sortait dans un mois. J’espère qu’ils ne s’en apercevront pas et qu’ils ne penseront même pas à le lire. Je n’ai pas envie d’entendre leurs interprétations hasardeuses.

 

Le post-it de Ge

@lillycharleston

Je ne connaissais de Sara Shepard que les romans young-adulte qui ont fait sa renommée. Les premiers publiés il y a une dizaine d’années paru chez Fleuve Noir sous le titre générique « Les menteuses »  l’histoire de cinq lycéennes Alison, Hanna, Emily, Spencer et Aria, les filles les plus populaires de Rosewood qui  ont un lourd secret qu’elles se sont juré de ne jamais révéler à personne.  Une Série plus connu sous le titre de Pretty Little Liars. Il y a eu par la suite The lying game mettant à nouveau des adolescentes en scène, deux soeurs jumelles Emma et Sutton séparées à leur naissance. Ces séries romanesque ont fait l’objet d’adaptations télévisées. Dans la même veine Sara Shepars a écrit Les Perfectionnistes  puis l’an dernier arrivent ses romans les Amateurs dans lequel ses héros et héroïnes sont cette fois de jeune adultes. Et aujourd’hui elle entre dans la cours des grands si je puis dire avec son premier roman destiné à une public adulte.

Avec Elizas, l’auteure nous offre là un pur roman psychologique

Tandis qu’Elizas est en passe de faire publier son premier roman, elle se sent manipulée par son entourage. Parce qu’elle a déjà fait plusieurs tentatives de suicide, personne ne veut la croire quand elle affirme avoir été poussée dans la piscine. Au cours de l’enquête qu’elle mène sur cette agression, sa vie ne cesse de se confondre avec celle de Dot, personnage de son propre roman.

Une fiction où réalité et fiction se mêle étroitement. une histoire où notre héroïne est un peu perdue et nous perd parfois non pas parce que c’est inintéressant mais parce qu’il y a de nombreux rebondissement. D’ailleurs chaque fin de chapitre est un véritable cliffhanger difficile pour les lecteurs et pour la lectrice que je suis de ne pas vouloir connaître la suite. De ne pas savoir comment s’en sort Elizas. Et puis l’alternance entre les chapitres sur Elizas et les chapitres sur son propre roman sont intéressants. Cette autosimilarité donne du relief au roman. Une mise en abyme qui accentue le coté suspense et rajoute de la tension au texte. Cela lui confère aussi un petit coté malsain et glaçant.

Bref vous l’aurez compris, Elizas est un page turner bluffant où réalité, fiction et folie se mêlent. Un thriller psychologique parfaitement construit qui fonctionne à merveille. M^me si je l’avoue, la vieille lectrice de polar que je suis a repéré assez vite les indices que sème l’auteur tout au long de son intrigue.