Meurtres à Séville de Robert Wilson


Le livre : Meurtres à Séville de Robert Wilson. Traduit de l’américain par Viviane Mikhalkov. Paru le 10 novembre 2004 chez Robert Laffont dans la collection Best-Sellers, 23€50; (509 p.) ; 25 x 16 cm

Rééditer en poche chez Pocket le 12 octobre 2006. 9€40, (723 p.) ; 18 x 11 cm.

4e de couv :

Pour vaincre le tueur, l’inspecteur devra plonger en enfer. Un nouveau héros est né. Son nom : Javier Falcón

Dans les années 1960, à Tanger, Francisco Falcón a peint quatre nus à la sensualité étourdissante. Quand sa première femme, puis sa seconde, meurent, Falcón perd son génie.

À Séville, trente ans plus tard, deux personnes sont cruellement assassinées : ligotées devant la télévision, les paupières découpées, elles ont été contraintes de regarder un spectacle si terrible qu’elles en sont mortes. Qu’est-ce que le tueur leur a montré ? Quel est le lien entre les nus de Falcón et ces assassinats ?

L’inspecteur Javier, fils du peintre, est chargé de l’enquête. Il n’a qu’une seule piste : le Journal secret de son père. Peu à peu, les révélations diaboliques de Francisco Falcón éclairent les crimes sadiques de Séville. Mais Une autre personne a lu le Journal : le tueur. Et il est maintenant sur la piste de Javier

L’auteur : Né en 1957, Robert Wilson partage son temps entre l’Angleterre, l’Espagne et le Portugal. Robert Wilson est un écrivain, auteur de roman policier.
Pendant la Deuxième Guerre mondiale, son père était pilote de la Royal Air Force. Diplômé de l’Université d’Oxford, il a travaillé dans l’import-export en Afrique où il situe l’action de certains de ses romans noirs.
De retour en Europe, il amorce sa carrière littéraire avec la publication d’une série policière consacrée aux enquêtes de Bruce Medway, qui a pour cadre le Bénin, un héros qu’il abandonne en 1998. « Instruments of Darkness » (1995) est son premier thriller et le premier tome de la série.
Une deuxième série met en scène Javier Falcón dont les exploits se déroulent à Séville. « Meurtres à Séville » (The Blind Man of Seville), le premier tome, est publié en 2003.  » Les Damnés de Séville » (The Silent and the Damned, 2004), le deuxième tome, a obtenu le Gumshoe Awards – Best European Crime Novel 2006.
La série a été adaptée en 2012 par la télévision britannique sous le titre « Falcón », avec l’acteur néo-zélandais Marton Csokas dans le rôle-titre.
Robert Wilson a également signé des romans d’espionnage, notamment « La compagnie des ombres » (réédité sous le titre « La danse des espions ») (The Company of Strangers, 2001).
« Une mort à Lisbonne » (A Small Death in Lisbon, 1999) a obtenu le Gold Dagger Award en 1999, le plus fameux prix britannique couronnant un roman policier

 

Extrait :
 » Le stress se manifeste différemment selon les individus, Inspector Jefe, mais au fond, c’est la même chose. Lorsqu’il s’agit d’un stress léger, dû à un surcroît de travail conjugué à des petits problèmes domestiques, le corps émet souvent des signaux d’alarme. Les douleurs au genou ne sont pas rares. En cas de très grand stress, un mécanisme atavique identique déclenche chez l’individu une décharge d’adrénaline qui le pousse soit à attaquer, soit à fuir. On appelle ça : « la réaction de bagarre ou de fuite ». Nous ne vivons plus dans la forêt vierge, certes, mais notre jungle urbaine suscite parfois des réactions similaires. Un grand surmenage alors qu’on affronte dans sa vie personnelle une passe difficile, comme un deuil ou un divorce, peut occasionner une tension telle que l’afflux d’adrénaline ne s’arrête plus. Il y a alors élévation de la tension artérielle, perte de poids, manque d’appétit, accélération du processus cérébral, perte de sommeil. Le corps réagit comme si l’esprit était confronté à la peur. D’où la transpiration et un sentiment d’anxiété pouvant aller jusqu’à des attaques de panique, des trous de mémoire et un délire ruminant. Vous avez tous les symptômes d’un homme qui subit un grand stress, Inspector Jefe. »

 

Le post-it de Ge

En poste à Madrid depuis des années, l’inspecteur  Javier Falcon est muté à la criminelle à Séville. Se remettant mal de la rupture avec sa femme, Falcon frise la dépression nerveuse.

Falcon  maintenant, chef de la police criminel de Séville est confronté un crime atroce qui suscite chez lui un profond malaise .  L’affaire qu’il doit résoudre aujourd’hui va le mener au coeur de la folie. Paul Jiménez est retrouvé dans son appartement, ligoté, bâillonné, les paupières découpées. Un second assassinat de même nature ne lui laisse plus de doute sur son implication personnelle dans l’affaire .

Et les assassinats s’enchaînent… C’est dans le passé de son père peintre reconnu décédé depuis peu, qu’il va trouver la clé de ces meurtres .

L’enquête va l’entraîner de Séville à Tanger et le conduire à reconsidérer une histoire qui s’étend sur presque tout le 20e siècle.

L’évocation de périodes sombres , en particulier celle de la Seconde Guerre mondiale, est au cœur d’un roman qui ne néglige ni la psychologie des personnages, ni la restitution d’atmosphère très particulière , qu’il s’agisse de l’Andalousie plongé dans un climat d’hystérie ou de Tanger ville de toutes les corruption .

Un récit captivant

Phobies de Alison Segong


Le livre : Phobies de Alison Segong. Paru le 5 avril 2019 aux Editions Heartless dans la collection Suspense.  17€ ; (380 pages)  ; 21 x 15 cm

4ème de couverture :

Quelques semaines après l’arrestation du Boucher, le calme semble revenir au commissariat d’Augusta. Mais un nouveau cadavre est retrouvé dans sa propre cave. Le pauvre homme vient d’expérimenter une ancienne méthode de torture médiévale : le supplice du rat. Aussitôt, Megan et Dean sont placés sur l’affaire, espérant résoudre l’enquête rapidement, et surtout, avant que la rumeur d’un second tueur en série sème la panique en ville.

L’auteur : Alison Segond est passionnée par les livres et l’écriture depuis son plus jeune âge. Des émissions comme « enquêtes impossible », « chroniques criminelles », la dirige naturellement vers le genre du roman policier. Elle nous livre son deuxième TDroman Phobies.

 

Extrait :
« Le bourreau sourit. Un sourire tordu et narquois.
    Danny réalisa qu’il était perdu.
    La cage fut posée sur son ventre –il remarqua pour la première fois depuis son réveil qu’il était torse nu. Il s’urina dessus ; la peur s’était emparée de son corps entier, et désormais, il n’en avait plus aucune maitrise. Il poussa un nouveau cri et s’étouffa avec sa bile qui encombrait sa gorge. Un mécanisme fut activé et le bas de la cage s’ouvrit.
    Les hurlements de Reiner résonnèrent longtemps dans la cave sombre mais ne furent jamais entendus. »

L’accroche de Miss Aline :

Phobies, Alison Segond.

La ville d’Augusta est de nouveau sous les feux des projecteurs. L’affaire du Boucher a laissé des traces sur les membres de l’équipe du commissaire Coleman. Lexi doit se remettre de sa blessure à la jambe, Megan est-elle suffisamment remise, psychologiquement parlant, pour reprendre une nouvelle enquête ?

Un homme, une cave, des rats. Pas d’empreintes, pas d’ADN, rien ne pouvant faire avancer l’investigation et déjà un nouveau meurtre pointe le bout de son nez. Quel est le dénominateur commun entre les victimes ?

Le passé de Lexi va refaire surface. Un passé qu’elle a caché au reste de l’équipe. Son co-équipier Dean, ancien soldat, n’est pas au mieux de sa forme non plus. Il s’accroche et s’accroche aussi à Lexi qui ne lui est pas indifférente.

Après Revanche, Alison Segond nous offre un deuxième opus des enquêtes de Lexi, Megan et le reste de l’équipe. Lexi quitte le devant de la scène pour laisser la place à Megan.

Comme son prédécesseur, Phobies est un roman avec une intrigue bien menée. Alison Segond nous entraine dans une spirale d’actions, de rebondissements qui nous laissent à peine le temps de respirer. Comme le tueur, l’auteur, fait montre d’imagination pour nous décrire des crimes qui font dresser les cheveux sur la tête.

Les personnages sont chargés en émotions et ne craignent pas de montrer leurs faiblesses. Ils sont humains, solidaires, attentifs les uns envers les autres. Depuis l’opus précédent, ils ont évolués. Des rapprochements entre certains d’entre eux ont eu lieu. La vie continue…

Au-delà de l’histoire qu’Alison Segond nous délivre, son roman nous parle d’acceptation de soi, de pardon, d’amitié, de soutien, de partage.

L’écriture est toujours vive et fluide. Le rythme de lecture est entrainé par les nombreux dialogues qui rendent le texte plus vivant.

Essai transformé pour ce deuxième roman : un talent qui se confirme.

Merci beaucoup aux Editions Heartless pour m’avoir renouvelé leur confiance avec de SP. Merci à Alison Segond pour m’avoir capturée, une nouvelle fois, dans ses pages

livre numérique : 4€99

 J’irai tuer pour vous – Henri Lœvenbruck


La double chronique

Quand deux Flingueuses vous donnent leur avis sur un même livre.

Aujourd’hui c’est Mamie Danièle et  Jean Paul notre Mister Flingueuse.


Le livre : J’irai tuer pour vous de Henri Lœvenbruck. Paru le 24 octobre 2018 aux Éditions Flammarion. 22,00 € ; 640 p. ; 15,3 x 24,1 cm.

4ème de couverture :

1985, Paris est frappé par des attentats comme le pays en a rarement connu. Dans ce contexte, Marc Masson, un déserteur parti à l’aventure en Amérique du Sud, est soudain rattrapé par la France. Recruté par la DGSE, il est officiellement agent externe mais, officieusement, il va devenir assassin pour le compte de l’État. Alors que tous les Services sont mobilisés sur le dossier libanais, les avancées les plus sensibles sont parfois entre les mains d’une seule personne… Jusqu’à quel point ces serviteurs, qui endossent seuls la face obscure de la raison d’État, sont-ils prêts à se dévouer ? Et jusqu’à quel point la République est-elle prête à les défendre ? Des terrains d opérations jusqu’à l’Élysée, des cellules terroristes jusqu’aux bureaux de la DGSE, Henry Loevenbruck raconte un moment de l’histoire de France qui résonne particulièrement aujourd’hui dans un roman d’une tension à couper le souffle. Pour écrire ce livre, il a conduit de longs entretiens avec « Marc Masson » et recueilli le récit de sa vie hors norme.

L’auteur : Henri Lœvenbruck est né en 1972 à Paris, écrivain, parolier et scénariste. Auteur de thrillers et de romans d’aventures, il est traduit dans plus de quinze langues.
Après le bac, hésitant entre la musique et la littérature, il tente d’allier ses deux passions : la semaine, il étudie en khâgne au lycée Chaptal et le week-end il se défoule en concert ou en studio avec de nombreux musiciens. Après avoir étudié la littérature américaine et anglaise à la Sorbonne, l’heure du service national venue, il fait une objection de conscience et passe 17 mois comme maquettiste aux Éditions Francophones d’Amnesty International, il épouse d’ailleurs une Anglaise, puis il part vivre en Angleterre, près de Canterbury, où il enseigne le français dans un collège.
De retour en France, il exerce divers métiers, de barman à web-designer en passant par professeur d’anglais, avant de se diriger vers le journalisme littéraire. Après quelques pas dans le journalisme et la musique (il chantait et jouait de l’orgue Hammond dans divers groupes de rock parisiens), au milieu des années 90, il fonde Science-Fiction Magazine avec Alain Névant, un ami d’enfance.
Après être resté rédacteur-en-chef de ce titre de 1996 à 2000, il publie son premier roman en 1998 aux éditions Baleine, sous le pseudonyme de Philippe Machine. Il décide ensuite de se consacrer pleinement à l’écriture.
Il publie alors deux trilogies de Fantasy, La Moïra (2001-2002) et Gallica (2004), lesquelles rencontrent un succès inédit pour un auteur français (La Moïra dépasse en France les 300 000 exemplaires, toutes éditions confondues, et les droits sont vendus dans 11 pays).
Suivront de nombreux thrillers aux éditions Flammarion (Le Syndrome Copernic, 2007, Le Rasoir d’Ockham, 2008…) qui lui vaudront d’être qualifié par le Nouvel Observateur de « nouveau maître du thriller français ».
Auteur-compositeur-interprète, il écrit des chansons pour lui-même et pour d’autres artistes français. De 2013 à 2015, il rejoint le groupe de rock Freelers.
Membre fondateur du collectif d’artistes La Ligue de l’Imaginaire, en juillet 2011, il est nommé Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres.
En 2015, son roman Nous rêvions juste de Liberté, salué par la critique, est en cours d’adaptation pour le cinéma.

son site 

 

 Extrait :

« Mon père connaît le nom des arbres. Parfois, il les nomme, comme ça, devant moi, et je me contente de hocher la tête. Pin du Paraná, flamboyant rouge, palo borracho… Je ne dis rien, de peur de sortir une bêtise et que le padre, irrité, ne mette un terme à notre expédition. Ces moments de bonheur me paraissent si fragiles ! Je retiens mon souffle et je le regarde religieusement poser des pièges, construire des arcs, tailler des flèches, ramasser les baies comestibles, allumer un feu… Ici, mon père, ce n’est plus un modeste ouvrier, ce n’est plus une bête de somme. Ici, c’est un savant, un aventurier. Un guerrier. »
 

La chronique jubilatoire de Dany

Après Nous rêvions juste de liberté, les lecteurs attendaient le nouveau Loevenbruck. Certes, il a fallu patienter trois ans et demi, mais il est excusé car quand on voit la masse de travail de documentation qu’a dû demander ce thriller, on comprend que la gestation a été longue et semée d’embuches. La relation des sentiments et doutes de Marc, le personnage central inspiré d’un homme que l’auteur a côtoyé pour faire de sa vie un roman, est en soi un pari réussi. Il n’est sans doute pas aisé d’approcher les secrets d’Etat, mes méandres du renseignement et d’être fidèle à l’histoire, la petite et la grande. Nous en découvrons des choses qu’il est parfois plus confortable d’ignorer.  Tout ça n’en rend que plus précieux le résultat par ces 640 pages.

Soit un triangle, une pyramide si vous voulez, … au somment les politiques,  cyniques, qui ne pensent qu’à leur élection présidentielle, voire leur réélection, ils vont mener le jeu, la diplomatie qu’ils disent … Une sphère publique, dont on connaît les noms, soucieuse de l’image et de son avenir, dépendante de la haute finance qui tire les ficelles de la vente d’armes à l’international…

Entre le sommet et la base, les services secrets qui ont pour objectifs de démanteler les réseaux et commanditaires des attentats et des prises d’otages, parce que c’est leur job. Ils observent, analysent, préparent, choisissent les cibles, déploient la logistique nécessaire mais pas toujours suffisante…

Et enfin la base, niveau de l’exécution, qui ne doit pas se poser de questions sur le bien fondé des commandes à honorer, sans état d’âme ou presque.

La base, c’est bien le centre de ce thriller, l’auteur nous fait approcher le cheminement d’un obscur, la construction de sa personnalité, par son carnet qui ponctue le récit actuel. Les lecteurs comprennent alors pourquoi un petit aventurier devient barbouze sans scrupule, capable de mener de front ses deux identités.

L’action principale se situe au milieu des années 80, pendant une période d’attentats perpétrés à Paris, que les moins de 40 ans ne peuvent pas connaître … : les événements ont cependant une résonance particulière au vu de notre actualité récente. Nous allons assister au recrutement, à l’entrainement et aux actions de ce héros de l’ombre, attachant par ses questionnements et sa quête de bonheur. Au-delà des aventures qui, si elles n’étaient pas adaptées du réel, pourraient sembler improbables, la vie de Marc est donc tumultueuse et clandestine …

Il est peu aisé d’en dire d’avantage si ce n’est qu’il faut lire absolument ce dernier Loevenbruck, bien loin de l’ésotérisme et la fantasy auxquels il nous avait habitués dans ses premiers romans, plus proche de Nous rêvions juste de liberté par sa sensibilité et ses questionnements.

Rythmé et réaliste, précis et haletant, un style efficace, ce « témoignage » sera sans conteste un coup de cœur 2019 …

Lu en version numérique.

epub 13.99 € (640 pages)

 

Extraits :
« — Il y en a qui disent que nous, les musulmans, on ne dénonce pas assez les attentats, qu’on devrait les condamner publiquement, et que si on dit rien, c’est qu’on les cautionne. Mais le reste du temps, on nous demande de nous intégrer, de faire comme tout le monde, de pas faire de bruit, de pas nous faire remarquer. Du coup, moi, je me sens complètement paumée, au milieu de tout ça. J’ai l’impression qu’on m’enlève le droit d’être simplement triste et terrifiée, comme tout le monde. Comme n’importe quelle Française. Dans la rue, j’ai l’impression qu’on me regarde de plus en plus de travers, comme si j’étais complice. Comme si je devais me justifier.
— Ça fait partie du plan des terroristes, Samia. Ils veulent faire monter le racisme et le sentiment anti-islam en Europe, pour que les musulmans s’y sentent de plus en plus rejetés, incompris, détestés, et que du coup, par réaction, ils se radicalisent, qu’ils rejoignent le camp des fondamentalistes. C’est vicieusement parfait, comme stratégie. »
« — C’est une histoire de fric, comme toujours. Derrière tout ça, il y a juste des pays qui, pour des raisons d’argent, essaient de mettre la main sur la communauté musulmane qui s’est installée en Europe, en espérant peser à travers elle dans les choix économiques de nos pays.
— Et pourquoi les a-t-on laissés faire ?
— C’était une stratégie occidentale pendant la Guerre froide, Samia. Les Américains ont favorisé l’expansion d’un islam radical en espérant que cela empêcherait l’avancée du communisme et de l’influence soviétique dans le monde arabe. On a appelé ça la stratégie du « vert contre le rouge ». Une immense connerie…
— Et qu’est-ce qu’on peut faire, alors ?
— Toi et moi, pas grand-chose. Il faudrait que les gouvernements européens aient les couilles d’empêcher que l’islam en Europe ne soit financé depuis l’étranger. »
 
« Les sens aiguisés par la montée d’adrénaline, Marc enfila sa cagoule et se faufila entre les deux pans du mur éventré. Il avait tellement bien mémorisé le trajet planifié par la Boîte qu’il aurait pu le faire les yeux fermés.
À cet instant, dans ce moment de vérité, le jeune homme était entré, d’instinct, dans un état second. Un état d’ultraconscience, de concentration ultime, aiguisée, où chaque seconde comptait comme la dernière et où ses sens et son esprit n’étaient voués qu’à la seule réussite de sa mission. La condition d’un guerrier en chasse, une sagesse martiale. »
 
« On dit que la lecture est un plaisir solitaire, mais celui qui ne lit pas est bien plus seul encore. Il lui manque le monde entier. »
 
«… Vous préféreriez vivre sous un régime où la presse est bâillonnée ?
— Non, bien sûr. Mais parfois, j’aimerais juste vivre sur une île déserte, Hadès. Écouter le chant des oiseaux sur mon hamac en regardant le ressac…
— Damned ! Vous allez changer mon nom de code en Vendredi ?
— Ne m’en voulez pas, je vous aime bien, mais trente ans en tête à tête avec vous, non, je n’aurais pas la patience d’un Robinson Crusoé… Il suffit d’un indigène sur une île déserte, et ce n’est déjà plus une île déserte.
— « Le pluriel ne vaut rien à l’homme, et sitôt qu’on est plus de deux, on est une bande de cons », cita Masson.
— Pardon, mais Brassens disait « sitôt qu’on est plus de quatre », il me semble…
— Il était plus tolérant que moi, avoua Marc.
— Bon sang, ce qu’il me manque ! lâcha Dartan d’un air authentiquement mélancolique.
— À moi aussi, mais vous n’êtes tout de même pas venu à Lyon pour me parler de Brassens, Olivier ?
— Si seulement…, répondit l’officier en souriant. Mais commençons par demander au serveur de nous apporter à boire et à manger… »
 
«Je suis libre. Je suis libre et je veux boire ma liberté jusqu’à la dernière goutte, à présent que j’en connais le prix et la fragilité. Nul ne devrait jamais ignorer le prix de sa précieuse liberté, ni les combats qu’elle nécessite pour être préservée. »
 

Hotspots de Eric Oliva


Le livre: Hotspots de Eric Oliva, paru le 11 janvier 2019 aux éditions Lucien Souny, collection Plumes noires; 272 pages ; 7,50€ ; 18 x 11 cm.

4eme de couverture :

Une famille russe est sauvagement assassinée dans son restaurant. L’enquête est confiée au groupe Klein de l’antenne P.J de Nice. En quelques semaines, ces flics de pointe vont être confrontés à une série de meurtres, tous sur le même mode opératoire, mais sans lien apparent et toujours plus abjects. Une cadence infernale… Si toutes les scènes de crime mettent en évidence un homme aussi violent qu’ordonné, le manque d’indices empêche toute avancée. Cependant, l’ombre du psychopathe et du tueur en série commence à planer sur ces multiples affaires qui, bien vite, n’en font plus qu’une.
L’auteur Eric Oliva a intégré la police nationale depuis 27 ans. Seine-Saint-Denis, les Bouches-du-Rhône et les Alpes-Maritimes. Une expérience hétéroclite, riche, dure, singulière, compliquée qu’il a voulu, d’une certaine façon, partager. Un jour, il se met alors à jeter des mots sur une feuille blanche. « La blancheur s’apparente souvent aux victimes tandis que l’encre noir reste l’apanage des méchants ». Le résultat est d’une cruelle vérité sans fards, des écrits d’un réalisme musclé, car le terrain, les hommes, les affaires, il les connaît. Grand amateur de plongée et de fonds sous-marins, il mélange son métier et sa passion dans son premier roman Mafia en eaux troubles. Puis suivront Mrs Meredith Brown (2014), Du soleil vers l’enfer (2014, Prix Fondcombes, 2014), puis enfin en 2015, Chroniques d’une vie de flic. Il vit à Nice et il exerce au sein du groupe judiciaire à l’antenne de la Police Judiciaire de Nice.
Extrait:
 » Ses yeux se plantèrent dans ceux de l’homme. Elle était tétanisée. Au fond de cet abîme, elle découvrit l’image du mal personnifié. Un mélange de rage et de haine dont elle n’aurait jamais pu soupçonner l’existence.Pourtant, comme s’il avait porté un masque, aucun rictus de colère ne venait déformer son visage. Pas de signe de panique, non plus, encore moins de peur. Rien qui aurait pu laisser deviner la plus petite once d’émotion. »

Le OFF de OPH

Hotspots de Eric Oliva

En refermant ce roman, émue, je me dis qu’il est bon de lire des romans policiers exempts de clichés !
Ainsi pas de flic divorcé, alcoolique ou en proie à ses démons. Aucun lieu commun pour ce polar mais bien la description d’une réalité.Tout y est, de la véracité des logiciels utilisés au manque de moyens en passant par le respect scrupuleux du déroulé d’une enquête de police. 
Eric Oliva m’a emmené dans son univers, non seulement par ce respect mais aussi et surtout par une écriture fluide et très visuelle.
Chaque scène de crime provoque des débuts de nausée et le lecteur perçoit sans difficulté l’horreur, la peur des victimes…
Le récit est rythmé, l’écriture vive et percutante.
Les personnages ont du coffre et de la matière, on s’attache à eux et à leurs histoires individuelles.Juste un petit bémol sur le « tueur » qui manque de consistance à mon goût.
Outre ces aspect, Eric Oliva évoque les difficultés de la presse écrite fasse à l’avènement des médias numériques. Enfin, il rend régulièrement hommage à Nissa et sa région au détour de l’intrigue.

Un bon polar bien noir !

 

Je serai le dernier homme de David Coulon


Le livre : Je serai le dernier homme de David Coulon. Paru le 9 mars 2018 aux Éditions, Lajouanie. 18,00€ ; 300 p. ; 13 x 19 cm.

4ème de couverture :

Un chemin dans la campagne normande, trois heures du matin. Un homme passablement éméché, rentrant de chez sa maîtresse, regagne son domicile en essayant d’éviter les contrôles de police. Fenêtre ouverte pour tenter de se dégriser, il entend un coup de feu. S’arrête, descend, tend l’oreille. Fait le tour de sa voiture. Une silhouette apparaît, se précipite au volant et tente de démarrer… Courte échauffourée, il éjecte l’intruse de son véhicule, la tête de la malheureuse heurte une pierre. Le fêtard, dont nous ne connaîtrons jamais le nom, se retrouve avec le cadavre à demi-dénudé d’une jeune fille. Pourquoi dépose-t-il le corps dans son coffre, pourquoi le garde-t-il tentant tant bien que mal de masquer les odeurs putrides qui s’en dégagent ? Pourquoi cette fille était-elle seule dans ce champ de blé ? Et pourquoi agit-il de manière aussi incohérente ? Notre héros serait-il le dernier homme à pouvoir répondre à ses interrogations ?

L’auteur : Né en 1974 à Toulon, David Coulon est psychologue et metteur en scène de théâtre. Il vit en Normandie. Intéressé par les individus en phase de rupture mentale dans un univers qui les broie, ses écrits font le grand écart entre thriller, roman noir, et humour. Il écrit également pour le théâtre.

Extrait :
« Nous sommes loin de la douleur du monde. Nous sommes ensemble. Nous nous aimons.
Je me souviens de ces phrases.
Non. Nous ne nous aimons plus.
Je ne t’aime plus.
On ne connaît jamais vraiment les gens qu’on aime. Ils se dévoilent, puis se referment dès qu’émerge la partie la plus sombre de leur être. Comme des plantes vénéneuses. Belles, odorantes, nous nous ouvrons, puis nous dévorons.
Nous cachons en nous la faim et l’horreur.
Nous nous refermons.
Nous ne voulons pas que l’autre puisse voir ça.
Je suis ta plante vénéneuse, Mathilde. Je me referme, tu ne me connais pas, tu ne me connais plus.
Je me souviens. Je me souviens de la main de Mathilde dans la mienne, de la petite main d’Emma.
Je me souviens de ma femme, de ma fille.
Je me souviens.
Nous nous aimions.
Nous étions loin de la douleur du monde.»

 

 

Le ressenti de Jean-Paul

 

Bonjour à toutes et à tous…

 Le premier chapitre est tout simplement excellent, le style, le sujet de toute beauté…

 Mais très vite on sombre dans un univers vraiment noir avec énormément de tension et de suspense.

Les autres chapitres sont tous dans la même veine (phrases très courtes, nerveuses à la première personne du singulier, sans pour autant que l’on s’identifie au personnage principal, mais qui m’a permis vraiment de percevoir tout ce qu’il ressentait.

 La pression monte, monte…

La question est, qu’aurions-nous fait à sa place ?

On s’englue au fur et à mesure du récit dans les hésitations du héros, dans une noirceur qui va très vite fleurter avec l’horreur. L’utilisation de la première personne est magnifiée par la tension et l’histoire incroyable qui se déroule sous nos yeux jusqu’à la dernière ligne…

 Ne passez pas à côté de petit bijou, l’écriture y est vraiment intense !

Énorme coup de cœur.

Un petit coucou aux éditions Lajouanie, une fois de plus ses choix sont excellents et un bisous à Caroline pour ses couvertures toujours au top !

 

L’affaire Rose Keller de Ludovic Miserole


Le livre: L’affaire Rose Keller de Ludovic Miserole. Paru le 13 septembre 2018 aux éditions French Pulp. 18 euros; 410 pages,14x 21 cm.
 
4ème de couverture:
Rose Keller est au chômage depuis plus d’un mois. Elle est réduite, en ce dimanche de Pâques du 3 avril 1768, à mendier sur la Place des Victoires à Paris.
En acceptant de suivre, pour un écu, un jeune homme soigneusement habillé qui a besoin de quelqu’un pour un peu de ménage dans sa maison d’Arcueil, elle ne peut se douter qu’elle se dirige tout droit vers l’enfer.
Elle ne sait pas encore que l’homme qui vient de l’engager n’est autre que Donatien Alphonse François de Sade, celui qu’on surnommera  » le divin marquis « , qui lui fera subir les pires outrages imaginables.
L’auteur:  Ludovic Miserole est un auteur que l’Histoire et les personnages historiques fascine.
Avec un talent indéniable,il marie subtilement histoire et fiction pour mettre en scène un passé révolu. Auteur de Rosalie Lamorlière et de Zamor  il revient aujourd’hui avec le premier tome d’une trilogie consacrée au sulfureux Marquis de Sade.

 

 

Extrait:
« Tais toi malheureuse! Tu ne sais pas ce que tu dis.L’expérience te manque.Que me parles tu de remords? Peuvent-ils exister dans l’âme qui ne reconnaît de crime à rien? Je suis capable de toutes les débauches de l’esprit et je n’ai pas de coeur. Ce coeur n’existe pas. Ce n’est qu’un nom donné aux faiblesses de l’esprit. Tu vois, en te confessant à moi, tu ne crains donc pas mon courroux et tu te sentiras soulagée. Je t’écoute. Parle! Raconte moi les pires horreurs dont tu t’es rendue coupable. »

Le OFF de OPH

L’Affaire Rose Keller, un petit bijou de Ludovic Miserole dans un écrin made in French Pulp

Chronique d’une pierre précieuse…

L’affaire Rose Keller est une exo fiction, une fiction créée à partir d’éléments réels. Ici il s’agit donc bien d’un roman noir puisque l’Affaire Rose Keller est le premier évènement à avoir mis sur le devant de la scène le Marquis de Sade et ses pratiques très controversées.

Dimanche de Pâques du 03 avril 1768, Rose Keller, jeune veuve, est abordée dans les rues de Paris par un gentilhomme qui lui propose, contre rémunération, de venir faire du ménage dans l’une de ses demeures. La pauvresse, sans le sou, après avoir précisé ne pas avoir la cuisse légère, accepte sa proposition. Ce que ne sait « la douce Rose », c’est que cet homme recherche le plaisir dans les douleurs qu’il procure aux autres…

Ainsi commence ce roman passionnant.

J’ai été fascinée par ce livre et à plusieurs titres.

Ludovic a effectué, en amont de l’écriture, un travail de recherche colossal pour nous livrer cette histoire. Extraits de lettres originales, de rapports, plusieurs documents cités et retranscris étaient jusqu’alors dormants dans divers lieux d’archives (bibliothèque nationale de France, Archives départementales de Nanterre…) avant qu’il ne les exhume.

Dans la rédaction, il a su adapter son style et son écriture à l’époque pour nous transporter, sans DeLorean, en 1768, au cœur de cette affaire sulfureuse. L’écriture est soignée, travaillée, le vocabulaire particulièrement bien adapté sans pour autant que la lecture soit lourde ou indigeste. Bien au contraire, la plume est légère, délicate, ronde tout en donnant du rythme au récit. Une fois commencé, il m’a été difficile de lâcher cette lecture passionnante.

Les descriptions des tortures que Donatien Alphonse François de Sade fera subir à Rose sont décrites sans outrance, de manière juste, comme si nous étions les spectateurs de ces scènes sans pour autant être voyeurs. Les douleurs ressenties par Rose vrillent les entrailles et hérissent les poils. La manière dont la pauvre femme sera traitée après sa fuite est à vomir… Toutes ces émotions, celles que je vous décris, sont celles qu’a fait naître Ludovic.

J’ai découvert un Marquis de Sade philosophe. Si d’aucun ne retienne de cet homme que ses pratiques sexuelles et ses écrits sulfureux, beaucoup oublient que Sade était non seulement homme de lettres, mais aussi d’esprit. En racontant cette histoire, Ludovic a fait le choix de rester totalement objectif, de ne pas tenir compte de ses ressentis par rapport à cet homme. Il nous livre donc un Marquis, allergique à la religion et à tout dogme, qui développe à plusieurs reprises sa vision de la liberté et de ses idées, et j’avoue que je suis encore, une fois ma lecture achevée, pensive :

« Le bien ? Notion étrange qui varie non seulement d’un être à l’autre, mais également d’une civilisation à une autre. C’est dire le sérieux de la chose ! Ne me parlez pas de choses qui vous dépassent. Ce qui est bien pour vous ne l’est pas pour moi et ce qui est moral pour vous n’est que fadaise à mes yeux. Êtes-vous convaincue de ce que vous prêchez ? Avez-vous seulement vécu une infime partie de ce qu’on vous interdit ? Vous m’enfermerez peut-être, mais contrairement à vous, je suis libre. »

De sa femme amoureuse et soumise à sa belle-mère dominatrice et maîtresse femme ; de son valet à son oncle religieux, Ludovic nous décrit les personnes clefs de la vie du « Divin Marquis » et le rôle qu’ils ont tenu dans sa vie.

Il y a tellement de passages que je voudrais retranscrire pour vous faire comprendre à quel point il faut impérativement lire ce livre, à quel point c’est un bijou dans sa construction, sa rédaction, dans ce qu’il pousse à la réflexion. Non pas qu’il impose un changement des visions que chacun d’entre nous peut avoir sur le personnage de Sade, que ce soit celle d’un être abject ou d’un homme libéré de tout carcan jouissant sans honte de ce qu’il considère comme étant la liberté ; mais parce qu’il amène à la réflexion, parce qu’il dévoile un autre aspect de ce personnage ; parce qu’il met en lumière le pouvoir de l’argent, le pouvoir de ceux qui détiennent Pouvoir et Influence…

Vous l’avez compris, ce livre est pour moi un énorme coup de cœur. Le travail de Ludovic est remarquable et doit être remarqué. L’Affaire Rose Keller entre dans le trio de tête de mes dix coups de cœurs de l’année pour tout ce que je viens de vous décrire. Un bon roman ce n’est pas qu’une intrigue ou une histoire et des personnages, un bon roman vous fait ressentir, vous fascine, vous passionne, vous empêche d’ouvrir un autre roman en fin de lecture parce qu’il persiste à vivre dans votre esprit… J’ai terminé celui-ci il y a 24 heures, et ce soir encore je ne lirai pas…

La liste de nos interdits de Koethi Zan


La liste de nos interdits de Koethi Zan. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Séverine Quelet. Paru le 11 juin 2015 chez Fleuve édition dans la collection Fleuve Noir.  19€90 ; (353 p.) ; 23 x 14 cm.

Réédité en poche le 14 septembre 2017 chez Pocket. 7€50 (379 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv : 

Elles croyaient que tout prévoir, tout anticiper les sauverait du pire. Elles se trompaient. 
Ne pas sortir sans bombe lacrymo
Toujours repérer les sorties
Toujours avoir un plan de secours
Ne jamais se retrouver coincée
Ne jamais paniquer…

Et la règle n°1 : ne jamais monter dans la voiture d’un inconnu.

Elles avaient tout prévu. Rédigé une liste exhaustive des dangers qui peuplent notre environnement. Établi tous les interdits. Pris toutes les mesures de sécurité pour rendre leur monde plus sûr.
Aucun imprévu ne devait plus pouvoir les surprendre.
Elles ont enfreint la première règle : elles ont pris un taxi.
Dès lors, le cauchemar n’aura plus de fin.

L’auteur : Koethi Zan a grandi en Alabama et est une ancienne juriste dans le domaine du divertissement et des médias . La Liste de nos interdits est son premier roman. Koethi Zan vit près de New York avec sa famille.

 

Extrait :
Les premiers trente-deux mois et onze jours de notre captivité, nous étions quatre dans ce sous-sol. Et puis, tout à coup et sans crier gare, nous n’étions plus que trois. Même si la quatrième ne faisait pas de bruit depuis des mois, la pièce est tombée dans un silence de mort après son départ. Longtemps ensuite, nous sommes restées sans parler, sans bouger, dans l’obscurité, chacune se demandant laquelle serait la prochaine dans la boîte.
Jennifer et moi n’aurions jamais dû finir dans cette cave. Nous n’étions pas comme les autres filles de dix-huit ans, qui font fi de toute prudence quand elles sont lâchées pour la première fois sur un campus universitaire. Pour nous, la notion d’indépendance était une affaire sérieuse, et nous contrôlions cette nouvelle liberté très attentivement. Nous connaissions les risques que le monde comportait et nous étions déterminées à ne pas nous y exposer.

L’accroche de Miss Aline

La liste de nos interdits – Koethi Zan. Pocket édition

J’ai tourné autour de ce livre plusieurs fois. Finalement j’ai craqué et je ne le regrette pas.

Sarah et Jennifer ont effectivement tout prévu…. sauf ce qui allait leur arriver. Dés les premières lignes tu es avec elles dans ce sous-sol. Et puis Sarah nous parle de sa vie d’avant : comment Jennifer en est venue à en faire partie, comment elles envisagent l’avenir et surtout toutes ces choses interdites à observer. Ca doit être épuisant cette vigilance de tout les instants. Elles sont tombées sur plus fort qu’elles, elles ne s’y attendaient pas.
Sarah va s’isoler du monde extérieur pour mieux survivre à l’horreur. Puis son monde va basculer : son bourreau demande la liberté conditionnelle. Que faire ? Agir ? Mais comment et qui va l’aider. Jennifer ? si seulement.. Commence alors une longue traque des indices qu’il aurait pu disséminer dans ses lettres. Traque des lieux et des individus qu’il a fréquenté. Il faut tout faire pour l’empêcher de sortir. Même si pour cela il faut affronter le passé et ses douleurs. Des douleurs physiques, morales, laisser l’inconscient revenir à la surface, affronter.
Comme en thérapie, Sarah va avancer, trouver, avoir peur à nouveau, pleurer, comprendre. Jusqu’à la touche final et ça elle ne l’avait absolument pas prévu.

On n’est pas dans une noirceur affichée ouvertement. Non, tout est suggéré et c’est pire, ton imagination cavale. Comme Sarah, tu avances petit à petit. Il n’y a pas d’action à proprement parlé. Toutefois tu te retrouves avec une furieuse envie de lire, il faut que tu avances. Tu ne peux pas laisser Sarah seule à se démener. Tu dois lui apporter la délivrance en dévorant les pages et l’amener là ou tout s’arrête…ou pas.

Bonne lecture !

Ils étaient cinq – Sandrines Destombes


Aujourd’hui sur Collectif Polar, nous faisons une spéciale Sandrine Destombes.

J’ai eu le plaisir de rencontrer dernièrement cette auteure avec qui le courant est belle passé.

Aussi j’espère que cette rencontre ne restera pas infructueuse. Et que nous serons amenées à faire de belles choses ensembles avec les Flingueuses.

En attendant, deux flingueuses justement ont lu deux titres différents de Sandrine.

Et aujourd’hui elles nous en donnent leur retour.

La première à se lancer c’est Ophélie


Le livre : Ils étaient cinq de Sandrines Destombes. Paru le 20 février 2017 aux Nouvelles Plumes. 18€ (320 p.) ; 14 x 22,5 cm.

4e de couv :

« Ce fut un honneur de vous connaître Capitaine » Quand Antoine Brémont, capitaine de la DSC, est invité à rejoindre un puzzle macabre en qualité de Juge des Âmes, il ne sait pas encore que ce jeu cruel l’entraînera lui aussi vers un passé vertigineux.

Que faire quand on est profiler et que l’on devient l’interlocuteur privilégié d’un groupe de tortionnaires ? Séances de torture filmées, scènes de crimes glaçantes Pour mettre un terme au massacre, le capitaine Antoine Brémont doit comprendre l’origine du mal et affronter ses propres cauchemars.

L’auteur : Née en 1971, Sandrine Destombes a toujours vécu à Paris. Elle travaille dans la production d’événements depuis plus de vingt ans et profite de son temps libre pour écrire des polars, son domaine de prédilection. Attachée à ses origines italiennes, elle instille son amour des Abruzzes au fil de ses romans.

Extrait :

En ce premier jour du mois de décembre, les équipes de la DSC étaient en pleine effervescence. Le lieutenant Nguyen s’affairait sur son ordinateur, tapant frénétiquement des codes  alphanumériques sur un écran noir. Il ouvrait parfois une fenêtre pour la refermer aussitôt. Ses
yeux balayaient l’écran à une telle vitesse qu’on aurait pu le croire en transe si un de ses collègues l’avait observé attentivement. Mais tout le monde était sur le pied de guerre et s’attelait à sa propre tâche. La lieutenante Rocca, de son côté, scrutait méticuleusement des agrandissements
extraits de la vidéo qui était la raison de ce branle-bas de combat. Le dos voûté, elle s’aidait d’une loupe pour observer les clichés.

 

Le Off de Oph

 

Bonjour à tous,

« Ils étaient cinq » de Sandrine Destombes est un thriller rythmé et addictif.

En suivant le Capitaine Brémont et son équipe dans leur enquête, j’ai découvert l’origine du masque des Anonymus , appris le nom de celui qui a inspiré ce visage qui , par la suite, a été stylisé et repris pour la BD « V pour Vendetta ».

Une Vendetta… le Capitaine Brémont en est certain, c’est la vengeance qui anime les assassins qu’il traque. Combien sont-ils? Pourquoi l’ont-ils choisis lui? Parce que oui, ils l’ont choisis pour être leur juge.

Tout part d’une vidéo qui lui est personnellement adressée… sur cette vidéo, l’horreur. Un sms quelques minutes plus tard pour indiquer à Brémont où se trouve la victime, puis tout bascule. L’homme est retrouvé mutilé et dans le coma, une femme est découverte prostrée, séquestrée depuis deux semaines.

Qu’est ce qui anime les bourreaux? Brémont sait que tant qu’il ne l’aura pas découvert le « pourquoi », les victimes s’enchaîneront…

Mais le Capitaine se laissera envahir par ses émotions au point d’en oublier parfois son job de profileur…

L’intrigue est bien menée, rythmée. Si le doute plane par l’ambivalence des personnages, la certitude n’est pas acquise avant le dénouement final.
Sandrine nous balade d’un soupçon à un autre très habilement, nous transportant avec elle dans ce thriller noir.

Voilà, chers polardeux, pour le ressenti d’Ophélie

Ce soir c’est Danièle qui nous parlera d’un autre titre de Sandrine Destombes

A très vite alors

Une forêt obscure de Fabio M. Mitchelli


97822211887290-3186640Le livre : Une forêt obscure de Fabio M. Mitchelli. Paru le 15 septembre 2016 chez Robert Laffont dans la collection La bête Noire. 20€ ; (399 p.) ; 23 x 14 cm.

4e de couv : 

« Je n’ai rien d’un monstre. Je suis là uniquement pour nourrir l’esprit de la forêt, en lui offrant la chair de la jeunesse. » Daniel Singleton, alias Robert Christian Hansen (1939-2014), le monstre d’Anchorage.

À Montréal, Luka diffuse sur le Web les images des animaux qu’il torture, puis celles de son amant qu’il assassine à coups de pic à glace. Pour enquêter sur une telle affaire, il faut un flic borderline comme Louise Beaulieu.
En Alaska, dans la petite ville de Juneau, deux jeunes filles sont découvertes en état de choc. Pour comprendre, il faut un flic comme Carrie Callan, qui va exhumer les vieux secrets et regarder le passé en face.
Le point commun à ces deux affaires : Daniel Singleton, un tueur en série. Du fond de sa cellule, il élabore le piège qui va pousser Louise à aller plus loin, toujours plus loin… Jusqu’à la forêt de Tongass, là ou le mensonge corrode tout, là ou les pistes que suivent les deux enquêtrices vont se rejoindre.
Ce roman est librement inspiré du meurtre commis par Luka Rocco Magnotta en 2012, ainsi que des crimes de Robert Christian Hansen, qui a violé et assassiné 17 femmes entre 1971 et 1983.

mitchelli-fabio-m-1-polarlens-2015L’auteur : Fabio M. Mitchelli est né à Vienne (Isère) en 1973. Il a été révélé au public par son thriller La Compassion du diable (Fleur Sauvage, 2014 ; Milady Thriller, 2016), surnommé « le livre bleu ». Fasciné par les faits divers et les grands criminels du XXe siècle, il se surpasse avec Une forêt obscure et fait coup double en dynamitant les codes du thriller psychologique et du true crime.

 

Extrait : 
Mai 2012, Montréal
Luka était allongé sur son lit, à demi nu, seulement vêtu d’un caleçon boxer argenté qui lui moulait parfaitement le paquet. Il s’était peint les lèvres d’un rouge carmin des plus lumineux, agrémenté d’un gloss qui donnait à sa bouche la beauté factice des poupées bon marché. Des fractales de lueur bleutée venaient palpiter sur la lactescence de son corps, sur la peau blanche de son visage qui luisait comme de la porcelaine. Des mouvements, des ombres, des effets de lumière crue et, parfois, de longs moments d’obscurité. En fond sonore le player du micro portable diffusait « Paradise Circus » de Massive Attack.
Luka souriait. Le plaisir qu’il prenait était jubilatoire, incommensurable, même. L’être qui l’avait dévoré au fil des ans ne lui avait laissé aucune chance. La bête noire s’était insinuée en lui, l’avait dissous de l’intérieur.

 

Petits résumé et avis :

Il y a des années que je suis de très près Fabio Mitchelli. Ses premiers courts romans étaient prometteurs. Aussi j’attendais la révélation avec impatience. Il y a bien eu La Compassion du diable en 2014 que mon libraire a encencé. Mais je n’y ai pas totalement adhéré. Cependant j’y ai trouvé de forts bonnes idées. Comme à son habitude, Fabio me prouvait qu’il est réellement fasciné par les faits divers et les grands criminels du XXe siècle. Mais son récit manquait d’intensité. Ses dialogues tombaient parfois à plat. Mais là encore toutes les capacités de l’auteur étaient là, il ne manquait pas grand chose pour que ce thriller soit terriblement addictif.

Fabio, je l’avait compris est un bosseur, et il a un univers bien à lui. C’est ce dernier point que je trouvais intéressant chez lui. C’est pour cela que lectrice de la première heure, je le suivais de près. Je connaissais le potentiel, je savais la puissance évocatrice qui se cachait chez notre auteur, je la devinais. Je l’attendais et Fabio l’a fait !

Avec une forêt obscure, il nous offre un puissant récit.

Je sais qu’il a énormément travaillé, je sais qu’il a eu l’oreille attentive d’une véritable éditrice. Que le fait de rentrer dans une maison d’édition aussi prestigieuse que Robert Laffont l’a grandi. J’ai perçu ce changement en lui. J’ai retrouvé un homme plus posé, plus serein je dirais même. Et cela se ressent au niveau de son écriture. Il l’a affinée. Ici son écriture est au cordeau. Rien n’est superflu, tout est parfaitement dosé. Et si les intrigues de ce flippant thriller sont retors, Fabio n’en fait pas trop, il a su rester sobre pour notre plus grand plaisir.

Mais voyez plutôt.

Des jeunes filles sont retrouvées mortes ou en état de choc aux abords de la forêt Tongass. Le lieutenant Carrie Callan prend le dossier en main. A Montréal, Luka Ricci torture des animaux puis tue son amant à coups de pic à glace. Une enquêtrice, Kelly Bailey, est en charge de l’affaire. Les deux affaires se rejoignent…

L’éditeur nous met tout de suite en garde.

Certains passages de ce récit s’appuient sur des faits divers qui se sont réellement déroulés à Montréal, au Canada, et à Anchorage, dans l’État de l’Alaska. Certaines scènes de ce roman évoquent des articles parus antérieurement dans la presse ou sur des sites Internet spécialisés, ainsi que les événements liés à la catastrophe écologique causée par l’Exxon Valdez en 1989.

Cet ouvrage s’inspire également de l’escalade criminelle de Luka Rocco Magnotta et du meurtre prémédité qu’il a commis en 2012, sur la personne de Lin Jun, un jeune étudiant chinois installé au Canada, ainsi que des crimes de Robert Christian Hansen qui a violé et assassiné entre dix-sept et vingt et une femmes dans les environs d’Anchorage entre 1971 et 1983.

Malgré de nombreuses scènes empruntées à la réalité, ce roman est une fiction.

Et une pure fiction. Un roman choral maîtrisé de bout en bout. Je vous l’ai dit les intrigues sont retors mais la force de l’auteur c’est qu’il les entremêle à merveille afin qu’elles se rejoignent pour ne plus former qu’une terrible histoire.

Mais en plus d’être un pur thriller, ce titre mais en exergue les traumatismes que la catastrophe de l’Exxon Valdez a laissé sur les populations touchées directement par cette marée noire. Catastrophes écologiques, économiques et humaines. Une région entière sinistrée.

Et puis il a les personnages de ce bouquin. Là aussi Fabio Mitchelli a bossé. Outre les deux portraits de monstre qu’il nous brosse, il y a celui des deux enquêtrices. Et avec celles-ci non plus, notre auteur ne fait pas dans la facilité. Il y a chez ces deux flics une profondeur d’âme comme on en rencontre pratiquement jamais. Mitchelli décortique admirablement leur psychologie. On ne peut que s’attacher à elles, rentrer en empathie avec nos héroïnes que la vie a malmenées ou malmène. Deux magnifiques portraits de femmes fortes et fragiles à la fois. J’ai juste une envie, les retrouver dans un prochain opus.

Bref vous l’aurez compris, ce titre c’est la révélation Mitchelli. Il y a eu le petit livre bleu, maintenant, je peux dire que Fabio a inventé le bleu Mitchelli.

Enfin le thriller que j’attendais !

Rafael, derniers jours de Gregory Mcdonald


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Je vous avez prévenu, il pouvait y avoir quelques surprises en septembre.

Et bien en voilà au moins une.

Et c’est Nath du blog Sous les pavés la Page qui nous l’offre.

 

9782265063600,0-999601Le livre : Rafael, derniers jours  de Gregory McDonald. Traduit de l’américain par Jean-François Merle. Paru le 10 octobre 1996 chez Fleuve Noir dans la collection Fleuve noir Crime. (191 p.) ; 18 x 11 cm

9782264039446,0-254734Rééditer en pochele 3 septembre 2009 chez 10/18 dans la collection Domaine étranger policier. 7€10 ; (190 p.) ; 18 x 11 c

4e de couv :

Il est illettré, alcoolique, père de trois enfants, sans travail ni avenir. Il survit près d’une décharge publique, quelque part dans le sud-ouest des États-Unis. Mais l’Amérique ne l’a pas tout à fait oublié. Un inconnu, producteur de snuff films, lui propose un marché : sa vie contre trente mille dollars. Il s’appelle Rafael, et il n’a plus que trois jours à vivre…

Avec ce roman, Gregory Mcdonald n’a pas seulement sondé le coeur de la misère humaine, il lui a aussi donné un visage et une dignité.

«Ce roman américain est, en pesant les mots, un très grand livre. (…) Ce roman brûle les boyaux. Il est à lire d’un seul trait. Et d’urgence.» André Rollin, Le Canard Enchaîné

«Ce roman vous clouera sur place et déclenchera dans votre tête un hurlement qui ne s’achèvera pas la dernière page tournée.» France-Soir

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L’auteur : Gregory Mcdonald est né en 1937 dans le Massachusetts. Deux fois lauréat du Prix Edgar-Poe du meilleur roman policier de l’année, il est surtout connu, en France, pour sa série des Fletch. Avec Rafael, derniers jours (paru aux Etats-Unis en 1991 sous le titre The Brave), il a écrit un roman sombre et désespéré

L’avis de Nath

Avez-vous déjà versé des larmes en lisant un livre?

Avez-vous déjà ressenti une telle empathie pour un simple personnage de roman que votre main a envie d’entrer dans les pages pour le tirer vers la réalité et le sauver?

Si ce n’est pas le cas, jetez-vous sur celui-ci. Mais attention, cette histoire bouleversante et déchirante risque de vous marquer à jamais!

Rafael, 21 ans et trois enfants, illettré et alcoolique, vit dans un bidonville accolé à une décharge aux confins de l’ouest américain. Pour survivre, il fait comme les autres, il fouille la décharge en compagnie des rats pour commercialiser ce qui peut l’être.

9782264050595,0-530933Cette zone de non-droit abrite des familles entières, sans avenir,oubliées de tous, ignorées et rejetées. Alors ils boivent. Tous, des enfants aux vieillards. Pour oublier, se réchauffer, parce que c’est comme ça. Rafael ne se souvient même plus du jour où il a commencé. Il ne sait pas vraiment d’où il vient. Tout le monde le surnomme « l’indien », peut-être en est-il un, son propre père dit qu’ils n’appartiennent à personne.

Ce que Rafael sait, c’est qu’il aime sa femme et ses gosses et qu’il ferait tout pour les sortir de ce trou immonde dans lequel ils survivent. L’opportunité arrive, entre deux vodka, au bar où il a ses habitudes. 25000 dollars pour un film, un snuff… 25000 dollars qui pourraient sortir sa famille de la misère. Mais pour les obtenir, c’est sa vie qu’il doit vendre…

Attention, une fois ce livre commencé, vous ne pourrez pas le poser. Si votre  sensibilité est exacerbée, abstenez-vous de lire le 3ème chapitre, qui pourrait vous retourner l’estomac, ainsi que le conseille l’auteur en prologue. Mais c’est le coeur et l’âme qui vous seront retournés dans tous les autres chapitres.

Un grand cri d’amour et de dignité, j’en suis encore bouleversée. A lire d’urgence!

 

Pour aller plus loin :

Rafael, derniers jours (titre original : The Brave) est un roman de Gregory Mcdonald, publié en 1991 aux États-Unis, et traduit en français en 1996. Gregory Mcdonald a obtenu le prix Trophées 813 en 1997 pour Rafael, derniers jours.
4933ecc34c024Johnny Depp, a adapté au Cinéma ce roman.  The Brave, en 1997, Il y tient le rôle titre au coté de Marlon Brando.
Mais assurément, le livre est bien meilleur.