Meurtres à Séville de Robert Wilson


Le livre : Meurtres à Séville de Robert Wilson. Traduit de l’américain par Viviane Mikhalkov. Paru le 10 novembre 2004 chez Robert Laffont dans la collection Best-Sellers, 23€50; (509 p.) ; 25 x 16 cm

Rééditer en poche chez Pocket le 12 octobre 2006. 9€40, (723 p.) ; 18 x 11 cm.

4e de couv :

Pour vaincre le tueur, l’inspecteur devra plonger en enfer. Un nouveau héros est né. Son nom : Javier Falcón

Dans les années 1960, à Tanger, Francisco Falcón a peint quatre nus à la sensualité étourdissante. Quand sa première femme, puis sa seconde, meurent, Falcón perd son génie.

À Séville, trente ans plus tard, deux personnes sont cruellement assassinées : ligotées devant la télévision, les paupières découpées, elles ont été contraintes de regarder un spectacle si terrible qu’elles en sont mortes. Qu’est-ce que le tueur leur a montré ? Quel est le lien entre les nus de Falcón et ces assassinats ?

L’inspecteur Javier, fils du peintre, est chargé de l’enquête. Il n’a qu’une seule piste : le Journal secret de son père. Peu à peu, les révélations diaboliques de Francisco Falcón éclairent les crimes sadiques de Séville. Mais Une autre personne a lu le Journal : le tueur. Et il est maintenant sur la piste de Javier

L’auteur : Né en 1957, Robert Wilson partage son temps entre l’Angleterre, l’Espagne et le Portugal. Robert Wilson est un écrivain, auteur de roman policier.
Pendant la Deuxième Guerre mondiale, son père était pilote de la Royal Air Force. Diplômé de l’Université d’Oxford, il a travaillé dans l’import-export en Afrique où il situe l’action de certains de ses romans noirs.
De retour en Europe, il amorce sa carrière littéraire avec la publication d’une série policière consacrée aux enquêtes de Bruce Medway, qui a pour cadre le Bénin, un héros qu’il abandonne en 1998. « Instruments of Darkness » (1995) est son premier thriller et le premier tome de la série.
Une deuxième série met en scène Javier Falcón dont les exploits se déroulent à Séville. « Meurtres à Séville » (The Blind Man of Seville), le premier tome, est publié en 2003.  » Les Damnés de Séville » (The Silent and the Damned, 2004), le deuxième tome, a obtenu le Gumshoe Awards – Best European Crime Novel 2006.
La série a été adaptée en 2012 par la télévision britannique sous le titre « Falcón », avec l’acteur néo-zélandais Marton Csokas dans le rôle-titre.
Robert Wilson a également signé des romans d’espionnage, notamment « La compagnie des ombres » (réédité sous le titre « La danse des espions ») (The Company of Strangers, 2001).
« Une mort à Lisbonne » (A Small Death in Lisbon, 1999) a obtenu le Gold Dagger Award en 1999, le plus fameux prix britannique couronnant un roman policier

 

Extrait :
 » Le stress se manifeste différemment selon les individus, Inspector Jefe, mais au fond, c’est la même chose. Lorsqu’il s’agit d’un stress léger, dû à un surcroît de travail conjugué à des petits problèmes domestiques, le corps émet souvent des signaux d’alarme. Les douleurs au genou ne sont pas rares. En cas de très grand stress, un mécanisme atavique identique déclenche chez l’individu une décharge d’adrénaline qui le pousse soit à attaquer, soit à fuir. On appelle ça : « la réaction de bagarre ou de fuite ». Nous ne vivons plus dans la forêt vierge, certes, mais notre jungle urbaine suscite parfois des réactions similaires. Un grand surmenage alors qu’on affronte dans sa vie personnelle une passe difficile, comme un deuil ou un divorce, peut occasionner une tension telle que l’afflux d’adrénaline ne s’arrête plus. Il y a alors élévation de la tension artérielle, perte de poids, manque d’appétit, accélération du processus cérébral, perte de sommeil. Le corps réagit comme si l’esprit était confronté à la peur. D’où la transpiration et un sentiment d’anxiété pouvant aller jusqu’à des attaques de panique, des trous de mémoire et un délire ruminant. Vous avez tous les symptômes d’un homme qui subit un grand stress, Inspector Jefe. »

 

Le post-it de Ge

En poste à Madrid depuis des années, l’inspecteur  Javier Falcon est muté à la criminelle à Séville. Se remettant mal de la rupture avec sa femme, Falcon frise la dépression nerveuse.

Falcon  maintenant, chef de la police criminel de Séville est confronté un crime atroce qui suscite chez lui un profond malaise .  L’affaire qu’il doit résoudre aujourd’hui va le mener au coeur de la folie. Paul Jiménez est retrouvé dans son appartement, ligoté, bâillonné, les paupières découpées. Un second assassinat de même nature ne lui laisse plus de doute sur son implication personnelle dans l’affaire .

Et les assassinats s’enchaînent… C’est dans le passé de son père peintre reconnu décédé depuis peu, qu’il va trouver la clé de ces meurtres .

L’enquête va l’entraîner de Séville à Tanger et le conduire à reconsidérer une histoire qui s’étend sur presque tout le 20e siècle.

L’évocation de périodes sombres , en particulier celle de la Seconde Guerre mondiale, est au cœur d’un roman qui ne néglige ni la psychologie des personnages, ni la restitution d’atmosphère très particulière , qu’il s’agisse de l’Andalousie plongé dans un climat d’hystérie ou de Tanger ville de toutes les corruption .

Un récit captivant

Je serai le dernier homme de David Coulon


Le livre : Je serai le dernier homme de David Coulon. Paru le 9 mars 2018 aux Éditions, Lajouanie. 18€. (292 p.) ; 19 x 13 cm

4e de couv : 

Je serai le dernier homme…

Un chemin dans la campagne normande, trois heures du matin. Un homme passablement éméché, rentrant de chez sa maîtresse, regagne son domicile en essayant d’éviter les contrôles de police. Fenêtre ouverte pour tenter de se dégriser, il entend un coup de feu. S’arrête, descend, tend l’oreille. Fait le tour de sa voiture. Une silhouette apparaît, se précipite au volant et tente de démarrer… Courte échauffourée, il éjecte l’intruse de son véhicule, la tête de la malheureuse heurte une pierre. Le fêtard, dont nous ne connaîtrons jamais le nom, se retrouve avec le cadavre à demi dénudé d’une jeune fille. Pourquoi dépose-t-il le corps dans son coffre ? Pourquoi cette fille était-elle seule dans ce champ de blé ? Et pourquoi agit-il de manière aussi incohérente ? Notre héros serait-il le dernier homme à pouvoir répondre à ses interrogations ?

David Coulon signe ici un roman d’une noirceur absolue. Dans des villages dortoirs – la fin d’un certain monde semble proche, les tensions sociales s’exacerbent, les paysages s’obscurcissent de fumées et de rejets industriels… – des oubliés, des virés, des paumés gravitent, énigmatiques, autour du héros toujours lesté de son encombrant cadavre. Meurtre, enlèvement, traque… rien ne manque à cette description saisissante d’une société en décomposition. Surtout pas le style époustouflant et finalement très désespéré de l’auteur.

 

Extrait : 
“Nous sommes loin de la douleur du monde. Nous sommes ensemble. Nous nous aimons.
Je me souviens de ces phrases.
Non. Nous ne nous aimons plus.
je ne t’aime plus.
On ne connaît jamais vraiment les gens qu’on aime. Ils se dévoilent, puis se referment dès qu’émerge la partie la plus sombre de leur être. Comme des plantes vénéneuses. Belles, odorantes, nous nous ouvrons, puis nous dévorons.
Nous cachons en nous la faim et l’horreur.
Nous nous refermons.
Nous ne voulons pas que l’autre puisse voir ça.
Je suis ta plante vénéneuse, Mathilde. Je me referme, tu ne me connais pas, tu ne me connais plus.
je me souviens. Je me souviens de la main de Mathilde dans la mienne, de la petite main d’Emma.
Je me souviens de ma femme, de ma fille.
Je me souviens. 
Nous nous aimions.
Nous étions loin de la douleur du monde.”

Le ressenti de Jean Paul

Je serai le dernier homme de David Coulon

Bonjour à toutes et à tous…

Très belle surprise dès le début de ce roman…
Le premier chapitre est tout simplement excellent, le style, le sujet de toute beauté…

Mais très vite on sombre dans un univers vraiment noir avec énormément de tension et de suspense.
Les autres chapitres sont tous dans la même veine (phrases très courtes, nerveuses à la première personne du singulier, sans pour autant que l’on s’identifie au personnage principal, mais qui m’a permis vraiment de percevoir tout ce qu’il ressentait.

La pression monte, monte…
La question est, qu’aurions-nous fait à sa place ?
On s’englue au fur et à mesure du récit dans les hésitations du héros, dans une noirceur qui va très vite fleurter avec l’horreur. L’utilisation de la première personne est magnifiée par la tension et l’histoire incroyable qui se déroule sous nos yeux jusqu’à la dernière ligne…

Ne passez pas à côté de petit bijou, l’écriture y est vraiment intense !
Énorme coup de cœur.

Un petit coucou aux éditions Lajouanie, une fois de plus ses choix sont excellents et un bisous à Caroline pour ses couvertures toujours au top !

Le jour de ma mort de Jacques Expert


Le livre : Le jour de ma mort de Jacques Expert  – Paru le 25 avril 2019 aux éditions Sonatine –  21 €  – (320 pages) ; 14 x 22  cm

4ème de couverture :

Charlotte est une jolie jeune femme sans histoire. Elle a un travail qui lui plaît, un petit ami avec qui elle espère se marier, un chat. Elle se dit heureuse. Cependant, cette nuit d’octobre, elle se réveille en sueur à une heure du matin, tremblante de peur, à l’affût du moindre bruit. Elle est seule chez elle, il est minuit passé. On est le 28 octobre. Le jour de sa mort. Trois ans plus tôt à Marrakech, Charlotte et trois copines sont allées consulter un voyant. Les prédictions faites à ses amies se sont réalisées. Qu’en sera-t-il pour Charlotte, à qui il avait annoncé une mort violente le 28 octobre ? Commence alors un suspense de tous les instants. La jeune femme est-elle victime d’une paranoïa alimentée par l’effrayant souvenir ou est-elle réellement en danger alors que rôde dans la ville un tueur psychopathe ? Une fois de plus Jacques Expert joue avec les nerfs du lecteur dans ce récit implacable, aux retournements aussi nombreux qu’imprévisibles.

L’auteur : Jacques Expert est un journaliste et écrivain français, né à Bordeaux en 1956.
Il est journaliste à Radio Caraïbes International en 1981. Grand reporter, spécialiste des faits divers, pendant des années à France Inter et France Info, il couvre notamment l' »affaire Grégory ». En 1994, il devient rédacteur en chef de « Coyote ».
En 1998, il devient directeur des magazines de M6 et directeur des programmes de Paris Première en 2001. En 2012, il est nommé directeur des programmes de RTL.
Il mène parallèlement à cela une carrière d’écrivain.
La Femme du monstre (Prix des Romancières 2008), fruit d’une longue enquête, est son premier roman, paru en 2007. Suivront notamment La théorie des six (2008),Ce soir je vais tuer l’assassin de mon fils (2010) qui a été adapté à la télévision par Pierre Aknine en 2013, Adieu (2011), Qui ? (2013) ou encore Hortense (2016).Sauvez-moi (2018) est son neuvième polar.
Le 1er avril 2018, il quitte la direction des programmes de RTL pour se consacrer à ses activités littéraires.
Il est l’époux de journaliste Valérie Expert (1963).

 

Extrait :
« J’ai lu, allumé la télévision, j’ai vite éteint quand j’ai vu qu’ils continuaient à ressasser des idioties sur moi. Une espèce de bonne femme (tellement moche que c’est une injure à la féminité) a proféré l’une des plus grandes bêtises que j’aie entendues à mon sujet. Selon cette imbécile, si mes « victimes » (quel terme réducteur, ces gens sont tellement limités) sont blondes, c’est parce que la blondeur symbolise « la pureté féminine que je veux souiller ». Quelle ineptie ! Et dire que ces gens-là sont payés pour énoncer de telles énormités. Sachez, pauvre idiote, que je ne suis ni fou ni psychopathe, et que je n’ai aucun compte à régler avec les femmes blondes.
Je le soutiendrai toujours, envers et contre tout, si, par malchance, je me retrouve un jour devant un tribunal : non, messieurs les juges, je n’ai pas été violenté ni traumatisé par une femme blonde, qu’elle soit parente, voisine ou enseignante, durant ma prime enfance. Ma chère maman n’était pas toujours blonde en dépit de son adoration pour Marilyn Monroe. Elle changeait si fréquemment de couleur de cheveux que son coiffeur a dû faire fortune grâce à elle. »

  La chronique jubilatoire de Dany

Le jour de ma mort de Jacques Expert

Parce qu’un voyant lui a prédit la mort pour aujourd’hui, Charlotte doit se tenir éveillée et vigilante jusqu’à minuit. C’est sans compter sur un tueur en série qui chasse les jeunes femmes du même profil qu’elle. L’angoisse va monter progressivement pour Charlotte et le lecteur … vraiment flippant ce narrateur-tueur qui va tour à tour, avec son imagination débordante, ressembler au voisin du 5ème, au gardien du chantier d’en face, etc. Que dire du comportement ambigu de Jérôme ? Est-il prêt à s’engager ou profite-t-il tout simplement d’une plaisante compagnie ? C’est tout l’entourage de Charlotte qui nourrit sa paranoïa … si toutefois paranoïa il y a !

Qui n’a pas connu ces moments de d’angoisse galopante où tout devient un « signe » confortant sa psychose ? C’est bien sur ce ressort que joue Jacques Expert, en prenant son temps et en captant l’attention du lecteur qui ne peut s’échapper avant les dernières pages. Toutes les peurs de Charlotte, nous avons pu les connaître personnellement  mais heureusement pour nous, nous ne les avons sans doute pas rencontrées le même jour. L’accumulation fait que l’abîme guette cette « blonde au chat ». Toute ingénieuse qu’elle est, Charlotte va nous entraîner à sa suite, grâce à la plume maléfique de l’auteur qui ne nous laissera pas souffler.

C’est le deuxième roman que je lis de Jacques Expert, je le trouve encore plus puissant qu’Hortense pourtant déjà bien dérangeant et tout aussi capable de hanter les nuits des lecteurs. Pour les amateurs du genre … à lire absolument !

Lu en version numérique 14.99 €

Je remercie NetGalley et l’éditeur pour leur confiance

Extraits
« À propos de discrétion… La discrétion fait partie de mes qualités les plus notables, et j’en suis particulièrement fier.
La discrétion n’exclut pas l’ambition, loin de là. Pour moi, ce qui compte est de faire mon chemin et de parvenir aux buts que je me fixe, sans tapage, sans triomphe. Je n’ai nul besoin de démontrer au monde entier que je suis le meilleur, je ne suis pas de ceux qui se mettent en avant pour un oui ou un non. Enfant déjà, je m’appliquais à passer inaperçu, à me fondre dans la masse. Parfois, à cause de mes problèmes de surpoids, ce n’était pas facile. Pourtant j’ai toujours su me faire oublier, même si parfois ma tranquillité passait par de petits sacrifices. J’ai très souvent donné mes sachets de bonbons à ceux qui me chahutaient.
Ne pas me mettre en avant ne m’a pas empêché de très bien réussir dans la vie. Vous en avez la preuve, non ? Et je n’en suis qu’au commencement !
Attention, il ne faut pas confondre discrétion et anonymat. Ni discrétion et timidité.
L’anonymat, c’est une vie terne, sans relief et sans intérêt. On ne retiendra rien de votre passage sur cette terre, vous serez rapidement oublié et personne ne s’arrêtera devant votre tombe… anonyme !
La timidité est encore pire : une maladie qui inhibe, ralentit vos rêves. Je n’aime pas les timides : ils n’osent pas. En revanche, j’aime les discrets : ils taillent leur route ! Les discrets s’intègrent dans le paysage. Ils sont là et agissent, personne n’y prend garde, là réside leur force. »
« Mamie m’encourageait souvent à « regarder le monde en couleurs », ce sont ses propres mots. Je l’ai écoutée au point d’en faire une philosophie de vie. Il n’y a rien de plus ennuyeux que les gens qui voient la vie en noir. La vie est trop belle pour faire le difficile. Tout ça pour dire que je n’aime pas les râleurs, encore moins les râleuses. POSITIVER, c’est mon credo. »

De bonnes raisons de mourir de Morgan Audic


Le livre : De bonnes raisons de mourir de Morgan Audic. Paru le 2 mai 2019 aux Editions Albien Michel dans la collection Thrillers. 21€90 ; (420 p.) ; 23 x 16 cm

4e de couv :

De bonnes raisons de mourir

Un cadavre atrocement mutilé suspendu à la façade d’un bâtiment.

Une ancienne ville soviétique envoûtante et terrifiante.

Deux enquêteurs, aux motivations divergentes, face à un tueur fou qui signe ses crimes d’une hirondelle empaillée.

Et l’ombre d’un double meurtre perpétré en 1986, la nuit où la centrale de Tchernobyl a explosé…

Morgan Audic signe un thriller époustouflant dans une Ukraine disloquée où se mêlent conflits armés, effondrement économique et revendications écologiques.

 

L’auteur : Morgan Audic est né à Saint-Malo le 30 janvier 1980 et a grandi à Cancale. Il vit depuis plus de dix ans à Rennes, où il enseigne l’histoire et la géographie en lycée.
Il est l’auteur de « Trop de morts au pays des merveilles« , un thriller publié en 2016.

 

 

 

 

Extrait :
Grincements métalliques, respirations sifflantes.
Il s’éveilla dans une pénombre inquiétante, traversée de flashs vert et bleu chaque fois qu’il clignait les paupières. L’air était lourd, saturé d’une puanteur âcre de corps mal lavés mêlée à des d’odeurs d’antiseptique et d’alcool fort.
Où je suis ?
Ses yeux s’habituèrent à la faible luminosité de la pièce et il aperçut une rangée de lits plaqués contre le mur en face de lui. Ils étaient occupés par des êtres informes et gémissants qui remuaient lentement leurs membres comme des scarabées à demi écrasés agitent leurs pattes avant de s’éteindre.
Bouge !
Une pulsion au fond de son crâne lui criait de fuir. Il essaya de se redresser, mais ses poignets et ses chevilles refusèrent de se décoller du matelas. Avec horreur, il réalisa qu’ils étaient attachés au cadre du lit par des sangles. Il tira de toutes ses forces pour arracher ses liens, mais l’effort lui fit tourner la tête au point qu’il crut s’évanouir. Désorienté, le corps baigné d’une sueur froide et grasse, il tenta de se rappeler comment il était arrivé ici.

 

Le post-it de Ge

De bonnes raisons de mourir – Morgan Audic

Un cadavre mutilé est découvert à Pripiat, ville près de Tchernobyl. Le commandant Melnyk, policier ukrainien animé par le sens du devoir, est chargé d’enquêter tandis qu’Alexandre Rybalko, policier russe a été engagé par le père de la victime pour retrouver l’assassin et le tuer. Leurs investigations se croisent et les conduisent sur la trace d’un double homicide commis la nuit du 26 avril 1986.

J’ai adoré ce bouquin, j’avais déjà beaucoup aimé le premier roman de Morgan Audic Trop de morts au pays des merveilles, qui avait été un de mes coup de coeur 2016.
Mais là quel coup de maître, Morgan Audic nous offre un roman policier parfait. A la fois roman noir, roman d’espionnage, cold case est un formidable thriller. De bonnes raisons de mourir, est la révélation de ce premier semestre 2019.

Je vous le disais, tout y est.
L’intensité de l’intrigue, le charisme des personnages, la véracité des thèmes exploités.
C’est parfait et parfaitement dosé. C’est formidablement maîtrisé. L’écologie, géopolitique, les enjeux économiques rien ne manque. Sans oublier cette guerre larvée au cœur de notre bonne vieille Europe.
Bien mieux qu’un bon documentaire sur ses sujets, ce titres se lit avec un tel plaisir, une telle intensité qu’on ne peut le lâcher
L’écriture et le style de notre auteur en font un magnifique thriller qu’on lit d’une traite malgré ces 420 pages.

C’est très cinématographie, ça s’imprime sur votre rétine et ça reste gravé dans votre cerveau.
Un putain de bouquin, un page turner certes mais qui restera longtemps dans nos esprits.

Surtout ne passez pas à coté.

Vous ne le regrettez pas, foi de porte flingue.

Phobies de Alison Segong


Le livre : Phobies de Alison Segong. Paru le 5 avril 2019 aux Editions Heartless dans la collection Suspense.  17€ ; (380 pages)  ; 21 x 15 cm

4ème de couverture :

Quelques semaines après l’arrestation du Boucher, le calme semble revenir au commissariat d’Augusta. Mais un nouveau cadavre est retrouvé dans sa propre cave. Le pauvre homme vient d’expérimenter une ancienne méthode de torture médiévale : le supplice du rat. Aussitôt, Megan et Dean sont placés sur l’affaire, espérant résoudre l’enquête rapidement, et surtout, avant que la rumeur d’un second tueur en série sème la panique en ville.

L’auteur : Alison Segond est passionnée par les livres et l’écriture depuis son plus jeune âge. Des émissions comme « enquêtes impossible », « chroniques criminelles », la dirige naturellement vers le genre du roman policier. Elle nous livre son deuxième TDroman Phobies.

 

Extrait :
« Le bourreau sourit. Un sourire tordu et narquois.
    Danny réalisa qu’il était perdu.
    La cage fut posée sur son ventre –il remarqua pour la première fois depuis son réveil qu’il était torse nu. Il s’urina dessus ; la peur s’était emparée de son corps entier, et désormais, il n’en avait plus aucune maitrise. Il poussa un nouveau cri et s’étouffa avec sa bile qui encombrait sa gorge. Un mécanisme fut activé et le bas de la cage s’ouvrit.
    Les hurlements de Reiner résonnèrent longtemps dans la cave sombre mais ne furent jamais entendus. »

L’accroche de Miss Aline :

Phobies, Alison Segond.

La ville d’Augusta est de nouveau sous les feux des projecteurs. L’affaire du Boucher a laissé des traces sur les membres de l’équipe du commissaire Coleman. Lexi doit se remettre de sa blessure à la jambe, Megan est-elle suffisamment remise, psychologiquement parlant, pour reprendre une nouvelle enquête ?

Un homme, une cave, des rats. Pas d’empreintes, pas d’ADN, rien ne pouvant faire avancer l’investigation et déjà un nouveau meurtre pointe le bout de son nez. Quel est le dénominateur commun entre les victimes ?

Le passé de Lexi va refaire surface. Un passé qu’elle a caché au reste de l’équipe. Son co-équipier Dean, ancien soldat, n’est pas au mieux de sa forme non plus. Il s’accroche et s’accroche aussi à Lexi qui ne lui est pas indifférente.

Après Revanche, Alison Segond nous offre un deuxième opus des enquêtes de Lexi, Megan et le reste de l’équipe. Lexi quitte le devant de la scène pour laisser la place à Megan.

Comme son prédécesseur, Phobies est un roman avec une intrigue bien menée. Alison Segond nous entraine dans une spirale d’actions, de rebondissements qui nous laissent à peine le temps de respirer. Comme le tueur, l’auteur, fait montre d’imagination pour nous décrire des crimes qui font dresser les cheveux sur la tête.

Les personnages sont chargés en émotions et ne craignent pas de montrer leurs faiblesses. Ils sont humains, solidaires, attentifs les uns envers les autres. Depuis l’opus précédent, ils ont évolués. Des rapprochements entre certains d’entre eux ont eu lieu. La vie continue…

Au-delà de l’histoire qu’Alison Segond nous délivre, son roman nous parle d’acceptation de soi, de pardon, d’amitié, de soutien, de partage.

L’écriture est toujours vive et fluide. Le rythme de lecture est entrainé par les nombreux dialogues qui rendent le texte plus vivant.

Essai transformé pour ce deuxième roman : un talent qui se confirme.

Merci beaucoup aux Editions Heartless pour m’avoir renouvelé leur confiance avec de SP. Merci à Alison Segond pour m’avoir capturée, une nouvelle fois, dans ses pages

livre numérique : 4€99

Les planificateurs de Kim Un-Su


Le livre : Les Planificateurs de KIM Un-su. Traduit du coréen par Choi Kyungran et Pierre Bisiou. Paru le 2 avril 2016 aux éditions de L’Aube. 19,90 € ; (384 pages); 14 x 22 cm. 

Poche paru le 14 mars 2019 aux éditions Points Policiers. 7,90 € ; (408 pages); 10×17 cm.

4ème de couverture :

Derrière tous les assassinats qui ont marqué l’Histoire, il y a toujours eu des planificateurs. Ils se déplacent et agissent dans l’ombre des pouvoirs. En Corée du Sud, depuis l’époque de l’occupation japonaise, la bibliothèque des Chiens a été le trust le plus puissant de l’assassinat. Elle doit son nom étrange au fait que dans ce lieu personne ne lit, en dépit des quelque deux cent mille livres qui garnissent ses rayonnages. Enfant abandonné, Laesaeng a été adopté par père Raton-Laveur, le directeur de ladite bibliothèque. Après la démocratisation du pays, Hanja, autre fils adoptif de père Raton-Laveur et aîné de Laesaeng, fonde une entreprise de sécurité. Avec son diplôme de commerce et ses méthodes expéditives, Hanja gagne vite des parts de marché face à une bibliothèque vieillissante. La concurrence entre les deux entités mène inexorablement à la disparition de l’une d’entre elles…Ce roman crépusculaire nous donne à voir une brillante orchestration d’assassinats made in Korea.

L’auteur :  Kim Un-su, né en 1972 à Busan, commence sa carrière de romancier en 2002. Il a publié plusieurs romans dont Le placard (prix Munhakdongne 2006) et a reçu le prestigieux prix Yi Sang pour « Prisonniers de la chambre forte ». Ont été traduits en français « Prisonniers de la chambre forte » (éditions Cartouche, 2011), Le Placard (Ginkgo éditeur, 2013) et Les Planificateurs (éditions de l’Aube, 2016).
Extrait :
Laeseng a une certaine attirance pour les livres rejetés par père Raton-Laveur. Impossible d’expliquer pourquoi, mais il semble que les livres abandonnés par Père Raton-Laveur méritent d’être aimés. Une autre raison de les aimer, c’est tandis qu’il ne peut prendre chez lui les autres livres de la Bibliothèques des chiens, il peut en conserver parmi les abandonnés. Le matin du dimanche où est prévu l’autodafé, Laeseng choisit quelques ouvrages dans la montagne de livres près de laquelle attend le bison d’essence. Quand il se retourne après avoir fait le choix, les autres livres entassés – ceux qui n’ont pas eu la chance d’être sauvés par père Raton-Laveur ou Laeseng – lui paraissent terriblement pitoyables et désespérés, des prisonniers de guerre attendant la mort face à la potence.

 

 

Les émotions de lecture de Cécile

Les planificateurs de Kim Un-Su

La première fois que je suis allée en Corée… enfin, pour être honnête au centre culturel coréen à Paris, c’était pour découvrir Kim Un-Su et son recueil de nouvelles, Jab en référence au coup parfait en boxe. Un recueil de six nouvelles d’anti-héros coréens où j’avais adoré me plonger ! De la première nouvelle où l’on suit un élève perdu devant l’injonction d’ambition que son école impose, à celle d’un canapé qui encombre à étouffer son propriétaire en passant par celle particulièrement sensible de cette jeune femme qui se suicide,c’est à la fois direct sans fioritures, mais aussi élégant et finalement optimiste.

Je viens de finir « Les planificateurs », le premier thriller de Kim Un-Su et j’ai retrouvé avec un très grand plaisir sa plume. Il ne s’agit plus ici de héros ou plutôt d’antihéros de l’ordinaire mais d’un tueur à gages Laeseng. Le sous-titre aurait pu être Manuel d’éducation d’un tueur à gages amoureux des livres et des armes blanches ! J’ai adoré voir sur-adoré. Une écriture fluide et intelligente, qui nous raconte des planifications de meurtres, des luttes de pouvoirs, des gueules de personnages, des bouquins et une Bibliothécaire qui louche! Une collection de personnages attachants à leur manière, une certaine poésie où on ne l’attend pas et un suspens jusqu’au bout qui nous emmène sur les secrets du combat au couteau. Que demander de plus?! Pas grand chose ! Une conclusion : La Corée m’a encore eue…mon seul regret ? Ne pas avoir la couverture originale qui a franchement plus de gueule que celle du poche comme les personnages de Kim Un-Su !

Mais il est temps pour moi de vous laisser et de partir au Japon avec Une affaire de famille de Hirokazu Kore-eda aux éditions JC Lattès. Un petit combo littéraire, qui je l’espère, se réalisera très bientôt dans un prochain voyage …

 

Manhattan chaos de Michaël Mention


Le livre : Manhattan chaos de Michaël Mention. Paru le 7 mars 2019 chez 10/18 dans la collection Grands détectives. 7€10 ;  (210 p.) ; 18 x 11 cm.

4e de couv :

Manhattan Chaos

New York, 13 juillet 1977.

L’été de tous les extrêmes : alors que la ville est en faillite, une canicule sans précédent sévit et le tueur Fils de Sam rôde dans les rues. Tandis que le soleil se couche sur Manhattan, une coupure de courant survient. Huit millions d’habitants sont plongés dans l’obscurité : c’est le black-out et la panique s’empare de la ville.

Cloîtré chez lui, rongé par la drogue, le célèbre musicien Miles Davis a mis un terme à sa carrière et s’enlise dans la dépression. En manque d’héroïne, il se résout à sortir en quête d’un dealer lorsque des émeutes se déclenchent. Débute une nuit de terreur, où il va se heurter aux pillards et aux fantômes de Manhattan. Traqué d’un siècle à l’autre, la star déchue fera tout pour survivre, alors qu’un mal mystérieux le ronge de l’intérieur.

 

L’auteur : Michaël Mention est né en 1979. Enfant, il se passionne pour le dessin. Adolescent, il réalise plusieurs bandes dessinées. Étudiant, il intègre un atelier d’écriture et rédige de nombreuses chroniques satiriques, avant d’écrire son premier roman. Passionné de rock, de cinéma et d’histoire, sa trilogie policière consacrée à l’Angleterre a été récompensée par le Grand Prix du roman noir au festival international de Beaune en 2013 et le Prix Transfuge meilleur espoir polar en 2015. Power son dixième roman est pour moi le livre de 2018, il a reçu 3 fabuleux prix seulement j’ai envie de dire et c’est bien dommage. Manhattan chaos est donc le 11e roman de ce jeune auteur surdoué.
Extrait :
Tremblant, j’extirpe l’aiguille de ma veine. L’élastique claque, fouette mon mollet engourdi. L’héroïne se diffuse, je la sens monter, brûler mes muscles, mes os, mon cerveau enfiévré.
Ma vision se trouble, altère l’aube en champignon atomique. Ses rayons traversent mes fenêtres pour découper l’atmosphère grisâtre, colorant les mouches et les déchets un peu partout. Ici, dans mon appart’ immense et ultrachic de l’Upper West Side de Manhattan. Deux ans que j’y vis cloîtré. Deux ans que je macère dans le ras-le-bol.
Usé.
Tellement.
Trop de concerts, trop d’excès, trop de trop.
Des années que je tirais sur la corde et, forcément, je ne pouvais que craquer. Après tout, c’est arrivé aux plus grands, d’Alexandre à Attila. L’homme ne bâtit jamais que sa propre fin, je le sais à présent.
C’est à cause du son. Toute ma vie, je l’ai traqué. J’étais fou comme Dalí, précis comme Robinson, et me voici amorphe comme une merde. Une sale merde dépressive, rongée par le mal : ulcère, pneumonie, diabète, tendinite, fractures, prothèse de hanche… on m’a soigné, bricolé un milliard de fois, mais ma chair n’a pas oublié. Et si je pèse cinquante kilos, c’est que j’ai des chaînes en or.

 

Le post-it de Ge

Manhattan chaos – Michaël Mention

Dans son nouveau roman Michaël Mention nous embarque à New York à la fin des années 70. Il nous fait vivre une nuit de folie. Celle du 13 juillet 1977, quand NYC se retrouve dans l’obscurité totale, une panne d’électricité paralyse la ville aux millions de lumière. Enfin paralyse n’est pas le mot puisque ce noir totale va mener la population à la panique, des scènes de violence inouïes vont se dérouler, le pillage va devenir la loi. Bref le chaos envahit la ville.

Et pour nous faire vivre ce chaos, Michael nous offre un guide de choix en la personne de Miles Davis le grand jazzman. Ok ici c’est pas le Davis de année cinquante et soixante, c’est pas non plus celui du début des année soixante- dix qui tente de renouveler son art au grand dam des puriste. Non c’est un Davis fatigué, déçu par les critiques, un musicien qui n’a plus d’énergie, à la dérive, fatigué par 30 ans de carrière où il a tout donnée à son art, à sa musique. Un musicien usé aussi par les excès. Car la drogue et le sexe n’est pas seulement l’apanache du rock’n roll.

Alors Davis se replis, il s’enferme chez lui dans son grand appartement qui deviendra sa prison dorée. Mais voilà le soir du 13 juillet 77, il est en manque, plus d’héroïne à s’injecter dans les veines pour supporter le morne quotidien. Aussi va-t-il être obligé de sortir, dans la nuit noir. La nuit brutale, la nuit de tous les dangers.

Et à travers la folle déambulation de Miles Davis c’est tout New York qui va s’ouvrir devant nous, tout le chaos de Manhattan qui va se dévoiler. Car New York est bel et bien le personnage principal de ce surprenant et épatant roman.

New York, Michaël Mention nous en parlait déjà dans son true crime, Le fils de Sam paru il y a 5 ans déjà qui raconte la triste histoire de David Berkowitz, surnommé le Fils de Sam, un serial killer qui entendait des voix diaboliques et qui sema une véritable psychose durant l’été 77 à NYC .

Avec cette histoire il nous contait déjà la déchéance du  New York des Seventies.

Là il va encore plus loin, car dans son délire, Davis, lui aussi entend des voix ou plutôt il est confronté à un Faust imaginaire ou pas. Un homme qui voyage dans le temps, un type qui lui prédit l’avenir en lui montrant le passé..Aussi va t-on revivre des moments clé de l’histoire de Manhattan. L’incendie de la Triangle Factory en 1911, les émeutes de 1863… On plonge aussi dans le KKK des année 20 avec ses 5 millions de membre. Le Ku Klux Klan devient une force politique influente et puis le krack bourcier de 29…

Ici Michaël Mention confronte le présent au passé, il nous montre que tout est relié, que les événements passés forgent les mentalités d’aujourd’hui.

Et puis il y a l’écriture scandée de Michaël, syncopée, cadencé. Un rythme qui s’accélère, un tempo qui souffle sur ces lignes, sur la ville et qui emballe le cœur fragile de Miles Davis.

En un peu plus de 200 pages Michaël Mention nous fait vivre à 100 à l’heure. 200 pages pour un énorme bouquin. Un livre comme vous n’en aurez jamais lu. Une expérience unique. Une improvisation extraordinaire, un jam hors du commun. Encore un sacré tour de force de notre auteur.

Et pour faire écho à ce nouveau coup de coeur, je vous invite aussi à allez lire Power son précédent roman. Un roman vérité sur le combat des afro-américains chaque jour livrés à eux-mêmes, discriminés, harcelés. Après l’assassinat de Malcolm X, la communauté noire se déchire entre la haine et la non-violence prônée par Martin Luther King, quand surgit le Black Panther Party : l’organisation défie l’Amérique raciste, armant ses milliers de militants et subvenant aux besoins des ghettos. Alors qu’enlisés au Vietnam, les États-Unis traversent une crise sans précédent : manifestations, émeutes, explosion des violences policières.

Allez go, go go, en lit, en relit et en découvre Michaël Mention, et fissa !

Pour moi Mention est l’un des meilleurs auteurs français de romans noirs ! parole de Porte Flingue.

Thérianthrope de Michaël Fenris 


La triple chronique 3/3

On fait de plus en plus fort chez les Flingueuses.

Trois avis pour le prix d’un.

Trois Flingueuses que l’on entend peu en plus, vous avez de la chance !

Vous avez eu ce matin le retour de Marc, puis l‘avis de Sylvie et enfin ce soir l’avis de Fanny

Allez place au…

petit billet de Fanny Louise


Le livre : Thérianthrope de Michaël Fenris .  Paru le le 22 novembre 2018 aux éditions Prisma – 19.95 € (397 pages) ; format  15 x 23cm

 4ème de couverture :

A Denver, l’inspecteur Ernesto Guzman espérait avoir une fin de carrière paisible. Quand on l’envoie sur une scène de crime particulièrement sordide, il comprend que la retraite va devoir attendre : la victime a été massacrée, et en partie dévorée par son assassin… Alors que les corps affreusement mutilés se multiplient, l’identité du serial killer ne fait plus aucun doute : Mitchell Hiker, ancien garde forestier tout juste échappé d’un asile psychiatrique. L’homme est persuadé d’être un loup-garou, et une petite voix dans sa tète lui souffle de tuer. Une traque sans merci va commencer

L’auteur :  Michael Fenris est médecin généraliste le jour et écrivain la nuit. Il vit en région parisienne et est passionné de littérature américaine. L’auteur de Feuilles et du Syndrome Noah signe ici son troisième roman aux Editions Prisma.
Extrait :
« Et s’il adorait voir des corps de femme, c’était pour les imaginer entre ses dents, mais pas dans son lit, et les magazines qu’il achetait à la pelle finissaient toujours griffonnés sauvagement. Puis, son délire s’aggravant, il s’était mis à les imaginer transformées en loup, fort, craint, solitaire. Il aurait aimé être un loup à l’école, et à l’armée, et que ce soient eux qui le craignent !
Il n’en voulait pas à sa mère. Elle l’avait toujours protégé, et devenu adulte il imaginait bien que ça n’avait pas été facile pour elle d’élever un enfant avec ses maigres revenus et son handicap physique. Elle avait toujours été là pour lui et d’une certaine façon elle l’était encore, même s’il ne la voyait plus depuis plusieurs mois. Avait-il été heureux ? D’une certaine manière, oui. Il avait connu des moments de joie et d’insouciance dans l’enfance, beaucoup plus rarement en devenant adulte, mais il y en avait eu également. »

Le petit billet de Fanny Louise :

Quelle histoire ce roman ! Pour être tout à fait honnête, j’ai eu du mal à entrer dedans. Ma lecture était laborieuse sur la première partie et puis d’un coup… impossible de le lâcher, une frénésie de lecture s’est emparée de moi.

Tout commence de façon classique ou presque : un meurtre, sauvage il faut dire. Des notables qui mettent la pression sur les enquêteurs, ils veulent des résultats, et vite car la première femme assassinée n’est autre que la fille d’un sénateur influent, le FBI s’en mêle. Jusqu’ici on est vraiment dans le schéma classique du polar « à l’américaine » dont l’auteur semble être friand. Moi aussi à une époque, mais j’ai fini par me lasser et c’est ce qui explique sans doute ma difficulté à me mettre dans l’histoire au début.

 On suit les enquêteurs, les indices sont exploités, la traque est lancée, les meurtres se multiplient et arrive la deuxième partie. Et là, on change d’atmosphère et c’est tout le génie de l’auteur. Il distille des indices qui font vite comprendre au lecteur qu’on est face à une intrigue bien plus complexe qu’il n’y parait et qui cache autre chose qu’une banale enquête autour d’un serial killer. Je n’en dis pas plus afin de ne pas révéler le moindre élément qui risquerait de vous gâcher la surprise futur(e) lecteur (rice). Mais je peux vous dire que mes émotions ont fait un tour de montagnes russes tant l’histoire prend une tournure à laquelle on ne s’attend pas et tant l’angoisse monte d’un cran pour arriver à une conclusion originale et surprenante.

Je me suis régalée, j’ai été captivée par cette histoire très bien écrite et au suspens permanent. La fin vous surprendra surement comme elle m’a surprise et je me plais à rêver d’une suite. Même si la fin est une vraie fin et n’appelle pas nécessairement un second volet, j’aimerais beaucoup retrouver les personnages ayant survécus à cette série de meurtres. Car j’ai éprouvé beaucoup d’empathie et me suis attachée à ces héros ordinaires ayant vécu l’extraordinaire.

Ce roman m’a surprise et c’est ce que j’aime quand je lis un livre, être embarquée et être projetée au cœur de l’histoire, ressentir de la peur, de l’angoisse. Et là j’ai été plus que servie.

Merci beaucoup aux Editions Prisma de m’avoir permis de découvrir un auteur qui m’a vraiment fait passer un moment de lecture dont je me souviendrai longtemps.

Thérianthrope, Michaël Fenris 


La triple chronique 2/3

On fait de plus en plus fort chez les Flingueuses.

Trois avis pour le prix d’un.

Trois Flingueuses que l’on entend peu en plus, vous avez de la chance !

Vous avez eu ce matin le retour de Marc, maintenant celui de Sylvie et enfin ce soir l’avis de Fanny

Allez place à l’avis de Sylvie K


 

Le livre : Thérianthrope de Michaël Fenris .  Paru le le 22 novembre 2018 aux éditions Prisma – 19.95 € (397 pages) ; format  15 x 23cm

 4ème de couverture :

A Denver, l’inspecteur Ernesto Guzman espérait avoir une fin de carrière paisible. Quand on l’envoie sur une scène de crime particulièrement sordide, il comprend que la retraite va devoir attendre : la victime a été massacrée, et en partie dévorée par son assassin… Alors que les corps affreusement mutilés se multiplient, l’identité du serial killer ne fait plus aucun doute : Mitchell Hiker, ancien garde forestier tout juste échappé d’un asile psychiatrique. L’homme est persuadé d’être un loup-garou, et une petite voix dans sa tète lui souffle de tuer. Une traque sans merci va commencer

L’auteur :  Michael Fenris est le pseudonyme d’un médecin généraliste qui vit en région parisienne, il aime les thrillers et a publié sous ce nom ses premiers romans, Feuilles et Le syndrome Noah. Michael Fenris, médecin de jour et écrivain la nuit est aussi passionné de littérature américaine.

 

 

 

 

 

Extrait :
« Le patriarche  raisonna à toute vitesse. Il était pris entre le choc de l’information, la mort d’un homme apprécié de tous, et le fait qu’en vieux chasseur connaissant les lieux et la faune locale il ne voyait pas quel animal pouvait avoir dévoré quelqu’un. M$eme un ours grizzly en était en théorie incapable. »

 

Chronique d’une flingueuse :

L’avis de Sylvie K

Thérianthrope, Michaël Fenris

La couverture et le titre interpelle. Bon ça m’a l’air d’être un poil du fantastique une histoire de loup-garou mais ayant aimé Feuilles du même auteur, sans hésiter je m’y mets. Des voix qui enjoignent Mitchell à tuer. Dès le début de l’histoire nous savons qu’il est le tueur !  L’inspecteur Guzman se voyait en retraite mais des cadavres à moitiés dévorés vont l’occuper, l’agent Tosaga du FBI un poil t l’aidera à traquer ce sérial-killer.

On sait qui est le tueur, on assiste à sa traque dans la première partie de l’histoire mais celle-ci s’avère plus complexe. La petite ville de Denver cache bien des secrets. La chimère ne peut pas s’arrêter de tuer voir dévorer, les cadavres s’accumulent dans la petite ville. Quand une petite fille disparaît….

Un trhiller écrit par Michael n’en serait pas un s’il n’y avait pas cette touche de fantastique tout en crédibilité.  L’auteur sait transporter son lecteur dans une histoire captivante, pleine de suspens et de moments forts.

Un épilogue comme je les aime surprenant vous savez, le mal rôde mais il peut se nicher n’importe où !……..

et psstt pour le titre  Thérianthrope c’est comme  lycantropie….

Merci aux Editions Prisma pour l’envoi de ce livre.

Thérianthrope – Michael Fenris


La triple chronique 1/3

On fait de plus en plus fort chez les Flingueuses.

Trois avis pour le prix d’un.

Trois Flingueuses que l’on entend peu en plus, vous avez de la chance !

Vous aurez aujourd’hui le retour de Marc, puis celui de Sylvie et enfin l’avis de Fanny.

Allez place à

L’arrêt sur image de Marc

 

 

Le livre : Thérianthrope de Michael Fenris. Paru le 22 novembre 2019 aux édition Prisma. 19€95 ; 397 pages ; 15 x 23 cm

4ème de couverture :

Quand il part en chasse, les cadavres s’accumulent…
Comment arrêter un serial killer qui se prend pour un loup-garou ?
Un thriller d’une efficacité à couper le souffle.

L’inspecteur Ernesto Guzman espérait finir sa carrière tranquillement. Il réalise que la retraite va devoir attendre quand on l’envoie sur une scène de crime particulièrement sordide : la victime a été massacrée mais, surtout, en partie dévorée par son assassin…
Alors que les cadavres affreusement mutilés s’accumulent, l’identité du serial killer ne fait plus aucun doute : Mitchell Hiker, ancien garde forestier tout juste échappé d’un asile psychiatrique. L’homme est persuadé d’être un loup-garou, et une petite voix dans sa tête lui souffle de tuer.
La traque va commencer.

L’auteur : Michael Fenris vit en région parisienne, il est médecin généraliste. Le soir venu il prend la plume. Il est l’auteur du merveilleux « Feuille » ou encore du « Syndrome Noah » parus également chez Prisma.

 

 

Extrait
Elle regarda malgré elle dans la direction indiquée. Vit la silhouette dressée en ombre chinoise sur le pas de la porte, les petits yeux jaunes, le mufle de chimère mi-animal mi-être humain. Sa bouche s’arrondit en un cri de terreur muette et de totale incompréhension.

L’arrêt sur image de Marc

Thérianthrope de Michaël Fenris

Alors vous allez me croire ou pas, mais je connaissais la signification de thérianthrope avant de découvrir ce livre. C’est mon deuxième livre de cet auteur, après le très bon « Feuille » que j’ai lu il y a quelques années. Je dois avouer pour être entièrement honnête que je suis allé à reculons avec ce livre. Tout laisse à penser que c’est une revisite du fameux conte de Charles Perrault que tout le monde connait, « Le petit chaperon rouge ». Et clairement à chaque fois que je suis tombé sur ce genre de revisite je n’ai pas adhéré.

J’ai bien fait de passer outre cette appréhension, car je ne vais pas tourner autour du pot, j’ai adoré ce livre. On peut effectivement y voir une version moderne du chaperon rouge, mais vraiment de loin, ce n’est guère plus qu’un clin d’œil à l’histoire originelle. Ce livre est un thriller, il n’a rien d’une histoire que vous allez raconter à votre petit dernier pour qu’il s’endorme. Vous pouvez toujours essayer mais vous risquez d’en faire un insomniaque.

Sur le fond, c’est une histoire banale de tueur traqué, qui s’échappe, et laisse de nombreux cadavres dans sa fuite. Au début la ville de Denver, pour finir dans une Amérique plus reculée, en pleine nature. L’auteur a une plume addictive, c’est très ben écris et les pages s’enchaînent, d’autant plus que la tension monte régulièrement. Une belle maîtrise de l’histoire, et Michael Fenris gardera le suspense intact jusque dans les dernières pages.

Merci aux éditions Prisma pour cette superbe découverte.