Papote de Flingueuses : Soul of London de Gaëlle Perrin-Guillet


Le livre : Soul of London  de Gaëlle Perrin-Guillet. Paru le 22 septembre 2017 chez Millady Thriller. 7€20 ; (305 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv : 

Une enquête au cœur de Londres, au XIXe siècle

Londres, 1892. Des cadavres de chiens sont retrouvés mutilés, le crâne ouvert, dans les tunnels du métro. L’enquête est confiée à Henry Wilkes, flic accidenté et handicapé, relégué loin du terrain depuis qu’il doit marcher avec une canne. Le dossier ne l’enchante guère, mais quand le corps d’une enfant à est son tour retrouvé, au même endroit et mutilé, il prend une autre dimension.

William Bennet, un gamin des rues qu’il a recueilli un an plus tôt, l’assiste dans sa tâche. Alors qu’ils explorent les tunnels crasseux du métro, Alice Pickman, une jeune femme issue de la haute société, s’adresse à Henry pour qu’il rouvre l’enquête du meurtre de sa sœur dans le quartier malsain de Lisson Grove, qu’elle estime avoir été bâclée.

Au cœur d’une ville en pleine révolution, où se disputent la science et la religion, Henry et Billy, en dignes représentants des Lumières, cherchent à faire éclater la vérité au milieu du fog londonien, mélange de charbon, de mensonge et de perversion…

L’auteur : Née en 1975, Gaëlle PERRIN-GUILLET est secrétaire de mairie le jour et auteur de thriller la nuit. Depuis toujours amatrice de romans noirs, elle s’essaie à l’écriture en 2000. Après deux romans auto-publiés (« Le Sourire du diable » en 2010 et « Au fil des morts »en 2011), elle participe à deux recueils des « Auteurs du noir face à la différence » (en 2012 aux éditions JIGAL puis en 2013 à L’atelier Mosesu). Gaëlle Perrin-Guillet a publié « Haut le chœur » chez Rouge Sang en 2013 mais aussi un polar pour enfant en 2015 chez Rouge Safran, La nuit du chat noir. En 2016 sort Soul of London  qui est repris en poche en 2017 chez Milady. En aout 2018  paraitLes fantômes du passé  la nouvelle enquête de Wilkes et Bennett . Enfin Haut le chœur revient chez Taurmada le 14 mars prochain.

Extrait :
— Le jour où je suis parti, il a eu la main un peu plus lourde que d’habitude. Faut dire aussi qu’il s’en mettait pas mal derrière la cravate. Alors, hein, le poing, c’est lourd quand ça tombe avec l’alcool ! J’ai cru qu’il allait la tuer. Je me suis mis au milieu et… j’ai tapé. Un peu fort, moi aussi. J’ai pas attendu de voir s’il revenait à lui. Je suis parti en courant. Et si vous voulez tout savoir, sa femme qu’il tabassait depuis des mois, quand j’ai frappé son mari, ben, vous savez quoi ? Elle s’est mise à hurler et à m’insulter ! Oui, m’sieur ! Comme si c’était moi le criminel ! Pensez bien que j’allais pas rester dans cette maison de fous…
En racontant son histoire, Billy s’était arrêté au milieu du trottoir et mimait la scène à grand renfort de gestes éloquents. Henry Wilkes ne pipa mot pendant tout le récit.
Une fois qu’il eut terminé, Billy attendit une réaction. Mais rien ne vint du côté du policier. Figé sur sa canne, Wilkes ressemblait à un automate qu’on aurait oublié de remonter. Puis il parut se ranimer et se remit à marcher. Mais, au lieu de prendre la direction du poste de police, il tourna dans une rue adjacente et fit signe à Billy de le suivre.
Le flic ne l’avait jamais emmené au poste. Il avait préféré lui proposer de travailler pour lui, en lui offrant un toit et un lit.
Billy avait accepté sans se poser de questions. Devenu la jambe valide de Henry, il faisait ses courses, lui apportait ses journaux, et l’accompagnait parfois sur une enquête. Car Billy avait un talent : un sacré coup de crayon.
Jour après jour, l’homme et l’enfant s’étaient découverts et appréciés. Depuis, ils partageaient le petit appartement de Beaumont Street, où ils s’apprivoisaient mutuellement

Papote de Flingueuses

Autour de Soul of London de Gaëlle Perrin Guillet.

Maud, Ophélie, Aline et même Ge ont lu ce titre mais pour certaines il y a quelques années, aussi Notre Jumelle infernale tente de nous rafraîchir la mémoire

Maud : Bonjour Ophélie et Aline, nous sommes réunies aujourd’hui pour papoter autour de Soul of London de Gaëlle Perrin Guillet.

Qu’avez-vous pensé de cette histoire ?

Ophélie : Bonjour les filles! Pour moi la lecture remonte un peu. Toutefois, j’ai encore en mémoire, plus d’un an après, l’ambiance très londonienne. La sensation que la ville est un personnage à part entière.

Aline : Pour moi aussi la lecture remonte un peu. c’était il y a 2 ans. J’ai le souvenir d’un roman à la Dickens, un Londres à la Sherlock Holmes.

Maud : Oui c’est ça un plongeon dans les bas-fonds londonien dans une période post Jack L’Éventreur. On ressent bien l’ambiance, la nuit, la peur et le froid. Totalement immergé

Les personnages, Henry et Billy vous les avez trouvés comment?

Ophélie : Très crédibles! Ça paraît bête mais dans certains romans je reste complètement dans l’imaginaire. Je ne me dis pas que untel peu ou à pu exister. Pour Henry et Billy ce n’est pas le cas. J’avais le sentiment qu’ils avaient été « réels ».

Aline : Je suis d’accord Ophélie, on est capté par les lieux, l’époque ET les personnages. Henry est très charismatique, profondément humain et une certaine timidité l’habite . Pour Billy, orphelin, gosse des rue. Plutôt perspicace et reconnaissant vis à vis d’Henry et ce qu’il fait pour lui.

 Ophélie : Oui! Billy m’a fait penser au personnage de Billy Eliot… vif et perspicace. Plein de vie et très solaire.

Aline : Complètement.

Maud : Ils se complètent bien , un sacré duo d’enquêteurs, chacun leur passé, leur rencontre, une vision du monde; mais ils s’entendent sur la quête de justice

Qu’avez-vous pensé de l’intrigue en elle-même?

Ophélie : J’ai le souvenir d’une intrigue complexe et plutôt bien construite. Pas de fin bâclée comme on en retrouve trop souvent mais une enquête qui se clôture vraiment sur les dernière pages sans que je n’ai pu en deviner l’issue.

Aline : Comme Ophélie  je me souviens d’une intrigue complexe mais bien menée. Lors de ma lecture j’ai souvent pensé à Sherlock Holmes.

Maud : Deux intrigues menées de front. En effet d’un côté l’assassinat d’une jeune femme de bonne famille…de l’autre une enfant retrouvée sans vies…

Il est vrai que le déroulé rappelle les enquêtes de Sherlock Holmes.

La réussite de ces 2 énigmes vont les guider car ils n’ont pas envie de replonger les moments sombres de la période de Jack L’Éventreur. L’ambiance s’en ressent

Avez-vous lu le 2ème volet ? Moi pas encore mais je vais bientôt m’y plonger

Ophélie : oui. pas toujours simple de mêler deux intrigues. Mais Gaëlle a réussi à les faire s’imbriquer avec brio.

Aline : Aurait-il pu n’y avoir qu’une intrigue ? Je ne pense pas. C’est le contraste des milieux sociaux, le contraste des victimes : une jeune femme, une fillette qui guident le lecteur et son enquêteur. le fait de passer d’une enquête à une autre donne du rythme et maintient le suspense.

Ophélie : je suis d’accord sur le fait qu’une seule intrigue n’aurait pas permis au roman de brosser un portrait complet de Londres à cet époque. C’est une des forces de ce roman. Avoir fait de Londres un personnage à part entière grâce à l’ambiance mais aussi aux intrigues.

Maud : Entièrement d’accord

Aline : oui l’ambiance est très londonienne post Jack. J’ai le deuxième volet.

Maud : Et tu l’as lu?

Ophélie : Je n’ai pas encore le suivant mais ça ne saurait tarder.

Aline : non pas encore, j’ai bien aimé le personnage d’Henry

Maud : J’ai aimé les 2 personnages pour différentes raisons. Henry pour sa droiture et sa quête de vérité. Billy pour avoir eu le courage à un moment donné d’accepter de changer de vie. Il conseille énormément son mentor dans tous les codes qui concernent les bas-fonds

Ophélie : comme toi j’ai aimé les deux personnages. Un Billy qui m’a rappelé Oliver Twist dans la personnalité. Un Henry qui effectivement a soif de vérité. Ils ont une belle complémentarité, Billy servant de canne à Henry, au sens propre comme dans l’image

Aline :  ils se complètent plutôt bien.

Maud : Un duo totalement complémentaire je suis entièrement d’accord avec toi

Aline : ils se soutiennent mais ils se surtout ils se sauvent mutuellement.

Maud : Et ils s’apprécient et se respectent mutuellement

Aline : que vont-ils devenir dans l’opus suivant ?

Maud : Très bonne question!!! Hâte de savoir

Aline : Sur la 4ème de couv Henry à l’air mal en point et Billy … mystère et boules de gommes.

Ceux sont deux écorchés de la vie qui ne sont pas dans la bonne époque.

Maud : Ah je n’ai pas été la voir la 4eme. Se sera une surprise !!

Ils ont dû compiler tous les 2 avec les différents accidents de la vie qu’ils ont rencontré

En tout cas je recommande vivement cette découverte

Aline : moi aussi je recommande vivement.

Maud : On se retrouvera peut être pour parler du suivant

Aline : surement oui 

Maud : Ce sera avec plaisir!!

Geneviève : Parfait. J’ai moi-même lu le livre il y a un peu presque 3 ans et tout ce que vous dites là c’est exactement ce que j’ai ressenti à sa lecture.

Maud : C’est génial si tu t’es retrouvée dans nos échanges

Aline : Génial Geneviève

Maud : Donc tu recommandes aussi?

Geneviève : Et comment !

D’ailleurs vous pouvez retrouver mon billet sur Soul of London ICI

Maud : As-tu lu le suivant?

Geneviève : Moi pas encore. Mais j’ai pas dit mon dernier mot

Maud : Super alors on va le découvrir

Geneviève : Et peut-être que je serai là pour la papote

Maud : Excellente idée!!!

Aline : Tu peux retirer le « peut-être » de ta phrase DouGe. 

Maud : Je suis d’accord avec Aline !!

Geneviève : Ok les filles, je tacherai d’être des vôtres pour la papote sur Les fantômes du passé

Maud : Merci Aline, Geneviève et Ophélie d’avoir bien voulu papoter sur ce livre

Aline : Merci pour cette papote, rdv aux prochaines aventures d’Henry et Billy.

Ophélie : Merci les filles pour cet échange 

Geneviève : Merci de m’avoir rajouter à votre papote les flingueuses

Maud : Belle soirée et bonne futures lectures

Soul of London  – Gaëlle Perrin-Guillet


Le livre : Soul of London  de Gaëlle Perrin-Guillet. Paru le 22 septembre 2017 chez Millady Thriller. 7€20 ; (305 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv : 

Une enquête au cœur de Londres, au XIXe siècle

Londres, 1892. Des cadavres de chiens sont retrouvés mutilés, le crâne ouvert, dans les tunnels du métro. L’enquête est confiée à Henry Wilkes, flic accidenté et handicapé, relégué loin du terrain depuis qu’il doit marcher avec une canne. Le dossier ne l’enchante guère, mais quand le corps d’une enfant à est son tour retrouvé, au même endroit et mutilé, il prend une autre dimension.

William Bennet, un gamin des rues qu’il a recueilli un an plus tôt, l’assiste dans sa tâche. Alors qu’ils explorent les tunnels crasseux du métro, Alice Pickman, une jeune femme issue de la haute société, s’adresse à Henry pour qu’il rouvre l’enquête du meurtre de sa sœur dans le quartier malsain de Lisson Grove, qu’elle estime avoir été bâclée.

Au cœur d’une ville en pleine révolution, où se disputent la science et la religion, Henry et Billy, en dignes représentants des Lumières, cherchent à faire éclater la vérité au milieu du fog londonien, mélange de charbon, de mensonge et de perversion…

Jouant avec un côté «Sidekick», Soul Of London nous plonge dans une atmosphère londonienne fort bien documentée. Ce nouveau thriller se révèle être aussi distrayant qu’angoissant.

 

gaelle-perrin-guillet-6899L’auteur : Née en 1975, Gaëlle PERRIN-GUILLET est secrétaire de mairie le jour et auteur de thriller la nuit. Depuis toujours amatrice de romans noirs, elle s’essaie à l’écriture en 2000. Après deux romans auto-publiés (« Le Sourire du diable » en 2010 et « Au fil des morts »en 2011), elle participe à deux recueils des « Auteurs du noir face à la différence » (en 2012 aux éditions JIGAL puis en 2013 à L’atelier Mosesu). Gaëlle Perrin-Guillet a publié « Haut le chœur » chez Rouge Sang en 2013 mais aussi un polar pour enfant en 2015 chez Rouge Safran, La nuit du chat noir.

 

Extrait :
Henry se leva, s’empara de sa redingote, de sa canne et du chapeau melon qu’il portait comme un pied de nez à la haute bourgeoisie, avant de refermer la fenêtre.
Sur les marches du poste de police, il eut envie de faire un détour pour rentrer chez lui. Il bifurqua au coin de la rue et partit droit devant.
La pluie l’accompagnait. Il aurait pu héler un fiacre et se faire conduire, mais il n’aimait rien plus que flâner le long du canal ou de la voie ferrée.
Après quelques foulées laborieuses, sa jambe se dégourdit et sa démarche s’en trouva allégée. Henry savait que, un jour, la canne dont il ne pouvait aujourd’hui se passer serait un objet de snobisme plus qu’une jambe de secours. Ce jour-là, il pourrait renaître. En attendant, il s’obligeait à arpenter les trottoirs. Quand la douleur devenait trop forte, il s’asseyait quelques minutes sous un porche, puis claudiquait jusque chez lui, où il s’effondrait sur son lit.
Mais aujourd’hui il se sentait bien, prêt à battre le pavé.
Droit comme un i, il avançait, souriant aux passants qui ne le voyaient même pas : il se fondait dans la masse et il aimait ça.
Il n’était ni beau ni laid, pas très grand sans être petit, de corpulence moyenne. Un homme au visage trop anguleux pour être attrayant, éclairé par des yeux intelligents sous d’épais sourcils noirs. À ceux qui le rencontraient pour la première fois, il ne laissait qu’un souvenir confus.
Henry pouvait voir sans être vu.

L’arrêt sur Image de Marc

Soul of London  de Gaëlle Perrin-Guillet

Venez, vous promener dans les rues de Londres, petite visite guidée que vous offre l’auteure. Je vous accorde que ce n’est pas le Londres touristique dont vous pouviez rêver, mais un Londres dans les quartiers pauvres, où se mélangent la misère, la violence, la crasse. Des quartiers que les gens aisés préfèrent ignorer, ou pire encore, mépriser. Ah oui, c’est peut-être important de le préciser, nous sommes en 1892 !

Gaëlle Perrin-Guillet, nous offre dans cette ambiance une double intrigue, avec deux personnages qui deviendront récurrents dans d’autres romans. L’inspecteur Henry Wilkes et Billy Bennet. Ce que j’ai adoré dans ce roman, ce sont justement les personnages qui l’habitent. Il y a une richesse d’informations qui nous permet de les cerner, de les comprendre, de les connaitre. On s’attache à eux rapidement. Les rôles secondaires ne sont pas négligés et bénéficient aussi d’une attention particulière. Les personnages évoluent autour de deux intrigues, certes assez classiques, mais prenantes. A aucun moment l’auteure a cherché à faire du sensationnel, et c’est peut-être ce qui, pour moi, a fait la force de ce roman. On est loin des romans qu’on trouve par brouette entière aujourd’hui, et qui donnent dans le spectaculaire et le sensationnel, mais qui délaissent l’essentiel : leurs personnages.

Nous avons tous connu l’ambiance de ce Londres de la fin du 19e siècle, avec Sherlock Holmes, ou Jack l’éventreur. L’auteur aurait pu tomber dans le travers de multiplier les allusions à ces références, mais il n’en est rien. Si ces deux personnages sont certes évoqués, c’est à dose très réduite, et uniquement pour alimenter un contexte précis.

On peut faire des livres passionnants autour d’histoires simples, et c’est le ici. Je lirai d’autres livres de l’auteure c’est clair.

 

Je pouvez aussi retrouvez ICI l »avis de Ge sur Soul of London

Trauma zéro de Elly Rosemad


Le livre : Trauma zéro de Elly Rosemad. Paru le 27 septembre 2018 Éditions De Saxus.
19,90€ ; (315 p.) ; 14,5 x 22 cm

4ème de couverture :

L’euthanasie vient d’être légalisée.
Un médecin va en profiter pour semer la mort.

Gabriel, un jeune médecin séduisant et talentueux, va profiter de cette opportunité pour assouvir ses pulsions criminelles et sadiques à l’insu de tous. Ses proies seront des femmes en fin de vie, mais leur mort sera tout sauf paisible.

Dans le même hôpital, Maddy, une psychologue au caractère rebelle abîmée par la vie, a mis au point Trauma Zéro, un protocole expérimental destiné à effacer les traumatismes de la mémoire des patients. Mais l’expérience a été suspendue suite à un accident.

Alors qu’elle tente de la remettre sur pied pour oublier ses propres souvenirs douloureux, elle essuie le refus de ses collègues. Désemparée, elle ne sait plus vers qui se tourner. Pourtant un événement va tout changer. Un jour, elle surprend Gabriel en plein meurtre. Mais contre toute attente, Maddy lui propose le plus inattendu des pactes : ne pas le dénoncer en échange de son aide pour s’appliquer le protocole Trauma Zéro.

Un jeu dangereux débute alors entre eux et ses conséquences seront terribles…

Un thriller psychologique intense !

 

L’auteur : Elly Rosemad est psychologue de formation.
Trauma zéro est son premier roman aux Éditions De Saxus.

 

 

 

 

 

Extrait :
« Gabriel lui adressa un dernier sourire. Un dernier regard insistant, de ceux que l’on n’oublie pas. Si seulement Bérénice savait ce qu’il s’apprêtait à faire. Si seulement tous avaient connaissance de la véritable raison pour laquelle il avait fait en sorte que l’euthanasie soit accessible à tous les patients dans cet hôpital, même les plus démunis. Par les temps qui couraient, il était exceptionnel de voir un hôpital prendre en charge les frais médicaux, et ce pour tous les patients. La sécurité sociale avait désormais entièrement disparue et, avec elle, la possibilité de couvrir les dépenses médicales par ce dispositif. Seuls les plus aisés pouvaient permettre de ses soigner ou de demander l’euthanasie. Les centres hospitaliers étaient finalement devenus des entreprises comme les autres, avec une exigence de rentabilité. »

 

 

Le ressenti de Jean-Paul

 

Bonjour à toutes et à tous…

 Nous sommes en 2025 – L’euthanasie vient d’être légalisée.

 Attention !

Style très direct, Elly Rosemad sous couvert d’un roman d’anticipation, ne tourne pas autour des mots. Elle tranche, elle cogne, elle traumatise… Ici pas de fioritures !

Âmes sensibles passez votre chemin !

 Trauma Zéro est un thriller psychologique très réussi qui m’a pris aux tripes. La lecture est très rythmée, haletante et dérangeante parfois, mais n’est-ce pas ce que l’on attend parfois.

Elly plante le décor dès le début, un hôpital qui fait des recherches, des personnages attachants ou répugnants… Ça c’est fait !

Dès la lecture commencée il m’a été très difficile de m’arrêter, tant l’atmosphère est particulière…

Angoissant, terrifiant, impuissance de certains médecins, la puissance de certains autres, avec un réalisme incroyable. Elly tisse une véritable toile d’araignée où je me suis englué dans ce récit gigogne.

 La mort y est omniprésente et tous les personnages ont des fêlures, des psychoses, sont mals dans leur peau.

Je ne dévoilerai rien de plus pour que vous découvriez par vous-même la puissance de cette plume.

 J’ai passé un excellent moment de lecture…

J’avoue que depuis plusieurs années, je fais parti de ceux qui souhaite que l’euthanasie soit acceptée pour une fin accompagnée de bien-être.

Mais là, Ça fait peur !!!

 Trauma Zéro, un vrai coup de poing qui ne peut laisser insensible…

Merci Elly Rosemad pour ce premier roman…

Rosemad. Tout un programme même dans le nom de l’auteur

 

Un grand merci aux éditions De Saxus…

L’appel du Néant de Maxime Chattam.


Le livre : L’appel du Néant de Maxime Chattam. Paru le 8 novembre 2017 chez Albin Michel dans la collection Thriller.  22€90 ; (516 p.) ; 23 x 16 cm.
Rééditer en poche le 14 février 2019 chez Pocket dans la collection Pocket Thriller. 8€60 ; 18 x 11 cm.

4e de couv : 

Tueur en série…
Traque infernale.
Médecine légale.
Services secrets.
… Terrorisme.
La victoire du Mal est-elle inéluctable ?

Ce thriller va détruire vos nuits et hanter vos jours.

L’auteur : Est-il besoin de le présenter ? Né le 19 février 1976 à Herblay, dans le Val-d’Oise, Maxime Chattam fait au cours de son enfance de fréquents séjours aux États-Unis, à New York, à Denver, et surtout à Portland (Oregon), qui devient le cadre de L’âme du mal. Il suit le Cours Simon à Paris en parallèle de ses études. Après le bac, petits boulots, Lettres Modernes à la fac. Il suit des cours en criminologie et écrit sous différents pseudo. Depuis une bonne dixaine d’année maintenant, Maxime Chattam est l’un des maîtres du thriller français dont l’imagination intarissable est régulièrement saluée par la presse. Il a vendu plus de 7 millions d’exemplaires en France et est traduit dans une vingtaine de pays. Après La Conjuration Primitive et La Patience du Diable, ce troisième épisode des enquêtes de la Section de recherches de Paris nous plonge dans le monde des pires criminels et à la racine du Mal moderne.

 

Extrait :
L’homme a souvent considéré, à tort, que les ténèbres consistent en une entité propre, alors qu’elles ne sont qu’absence de lumière. Elles n’existent que par un manque et, s’il faut convenir qu’elles incarnent bien quelque chose, ce n’est rien d’autre que le néant.
Telle était en tout cas la conviction de la jeune femme qui se tenait ramassée sur elle-même dans un coin de l’étroit réduit silencieux et aveugle. Elle enserrait de ses bras ses jambes repliées contre sa poitrine, le menton calé entre les genoux. Bien qu’il n’y ait pas le moindre photon pour l’éclairer, elle savait que son visage devait être crasseux, elle devinait la terre séchée qui lui croûtait les joues et le front, sa peau de porcelaine maquillée de zébrures de poussière noire, les boucles blondes de sa chevelure appesanties par la saleté lui tombant sur les épaules, sa beauté dissoute dans le vide de l’attente, dans l’angoisse et l’obscurité.

 

La recommandation de Jean Luc

Ludivine Vancker et ses collègues de la section de recherches de Paris enquêtent sur un tueur insaisissable dont les traces ne permettent pas son identification. Lorsque les services secrets français décident de participer à la résolution de l’affaire, les mots tueur en série et terrorisme sont associés.

13Avec l’Appel du Néant, l’auteur renoue avec ce qu’il fait de mieux, autrement dit le polar !

Les personnages sont intéressants, on y retrouve les personnages de l’une de ses derniers enquêtes policières, et même si on ne se rappelle plus les enquêtes précédentes, cela n’est pas gênant pour dévorer cette histoire sur fond de terrorisme.
L’auteur s’est beaucoup documenté sur les rouages de toutes les émanations de la police française, on y apprend quantité de choses en matière de procédés scientifiques, d’enquêtes, de technologies liées aux communications, du fonctionnement de la nébuleuse intégriste. C’est réellement passionnant, il pose aussi la question de la réaction de notre société face au terrorisme, il explique la montée du terrorisme, et il décrit aussi au passage la complexité du monde arabe.
Cela pourra paraître compliqué pour certains, mais moi, ça m’a passionné et rend cette enquête encore plus crédible.
Et aussi, il y a la signature propre à l’auteur avec son univers bien particulier surtout lors de la première moitié du livre !
Mais je n’en dirai pas plus…
Au final, ce thriller est nettement supérieur aux autres parce qu’il pourrait être vrai, et cette enquête est vraiment passionnante avec un final à la hauteur.
Un très bon polar comme je les aime.

A même la peau de Lisa Gardner


Le livre : A même la peau de Lisa Gardner. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Cécile Deniard. Paru le 2 janvier 2019 chez Albin Michel dans la collection Thriller.  22€90 ;  (445 p.) ; 23 x 16 cm

4e de couv : 

Deux meurtres spectaculaires sont perpétrés à Boston à six semaines d’intervalle. Dans les deux cas, les victimes sont des femmes seules, atrocement mutilées, à côté desquelles l’assassin a déposé une rose.

L’inspectrice D.D. Warren, chargée de l’enquête, décèle vite une similitude entre ces mises en scène macabres et une longue série de meurtres ayant défrayé la chronique à Boston quarante ans plus tôt et dont l’auteur, Harry Day, s’est suicidé depuis.

Seul recours pour D.D. Warren : se rapprocher des deux filles de Harry Day. Se pourrait-il qu’il y ait un lien entre les récents crimes et Shana et Adeline ? Pour le savoir, D.D. Warren va devoir se confronter à cette interrogation : peut-on échapper à son destin lorsqu’il est marqué du sceau de la mort ?

Une plongée stupéfiante au coeur d’un enfer familial : Lisa Gardner s’impose définitivement comme une virtuose du thriller psychologique.

L’auteur : Écrivain américain, Lisa Gardner est née en 1956, elle a grandi à Hillsboro, dans l’Oregon. Auteur de plusieurs thrillers, elle est considérée comme l’une des grandes dames du roman policier féminin. Elle a reçu le Grand Prix des lectrices de Elle en 2011 dans la catégorie Policier pour La Maison d’à côté. Elle publie également sous le pseudonyme d’Alicia Scott.

 

Extrait : 
« La douleur est une chance, expliquai-je posément. C’est le premier mécanisme de défense de votre organisme. Pour l’instant, vous êtes incapable de le voir. Vous en voulez à votre douleur. Soit vous l’engueulez, soit vous essayez de l’ignorer complètement. En réaction, elle rugit encore plus fort parce qu’elle a besoin d’attirer votre attention. Elle fait ce qu’elle est censée faire pour vous épargner d’autres blessures.

Chronique de Lecteur : La recommandation de Jean Luc

Avec ce dernier thriller, Lisa Gardner remet en scène l’un de ses personnages favoris, en l’occurrence D.D Warren. Je n’ai pas lu son avant dernier thriller, mais cela ne m’a pas du tout pénalisé pour suivre cette histoire à couper le souffle, l’auteur nous emmène dans un univers noir à souhait et une fois commencé, il est vraiment difficile d’en sortir.

Il y a quelques longueurs mais compte tenu de l’intrigue, on attends toujours de savoir qui est le serial killer, l’auteure nous emmène sur des fausses pistes et surtout il y a beaucoup de rebondissements. Un petit bémol, certaines tournures m’ont un peu gêné mais il s’agit d’un livre traduit de l’Américain.

J’ai été scotché par tous ces personnages, personnages principaux ou secondaires, ils ont tous de la profondeur. J’ai adoré le personnage de DD. Waren, celui de la psychiatre, mais entre autres, celui de la fille du sérial Killer. Je me suis attaché à ces personnages et je dois dire que certains passages m’ont retournés.

Là où Lisa Gardner fait très fort, elle parvient à embarquer le lecteur dans un roman et il m’a été quasiment impossible de ne pas avoir d’empathie pour tous ces personnages.

Il est aussi question de plusieurs thématiques. En filigrane, à  savoir quelle est la part d’inné  et d’acquis, mais aussi de l’amour fraternelle et de l’impact de l’hérédité. Dans cette histoire, Lisa Gardner choisi de matérialiser cette problématique  sous forme de maladie génétique, en l’occurrence l’analgésie congénitale.

Il  y a ausssi de la recherche dans plusieurs domaines, que ce soit dans le domaine carcéral ou bien dans le domaine policier, on reconnaît aussi une écriture féminine dans les aspirations ou besoin des personnages, cela rajoute de la crédibilité aux personnages féminins, mais en revanche les personnages masculins sont un peu absents…

J’ai vraiment été subjugué par cette histoire, c’est un superbe thriller avec beaucoup de suspens, je ne peux que recommander cette lecture.

Enfin (tous) réunis d’Annabelle Léna


Le livre : Enfin (tous) réunis  d’Annabelle Léna. Paru le 21 septembre 2013 aux ed. du Caïman. 12€ ; (254 p.) ; 19 x 12 cm

4e de couv :

Marseille, nowadays. Les maquereaux tombent les uns après les autres, un couteau planté dans le coeur. Le commissaire Rognes est chargé de l’enquête mais il s’en fout, comme il se fout de tout.

Sur le lieu d’un des meurtres, une photo sépia attire son attention. Une photo toute simple mais qui l’obsédera jusqu’à lui faire affrontée son propre album de famille.

Les intrigues se croisent, entre vengeance des prostituées du quartier et introspection d’un homme trop seul. Bien sûr, pour être heureux, il lui suffirait de rassembler les siens…

Mais comment faire ?

 

L’auteur : Annabelle Léna est née le 25 juillet 1979 à Marseille. Elle grandit à la campagne où, à l’abri d’un saule pleureur, elle s’assoit et reve durant des heures. Petite, elle veut devenir caissière indépendante mais ne trouva aucun débouche, à Page adulte. À défaut, et après des études bien ennuyeuses, elle devient donc contrôleur de gestion mais trop d’histoires se bousculaient dans sa tête en réclamant à sortir. Annabelle se fâcha alors avec les chiffres pour acheter un stylo quatre couleurs et écrire. Écrire, encore écrire. Elle fit ainsi la fortune de certaines papeteries et remplit ses tiroirs de feuillets fiévreusement raturés. Depuis elle a publié 2 romans. « A tort ou à raison » chez Eastern Editions. Et celui ci , Enfin (tous) réunis aux ed. du Caïman.

 

Extrait : « Rognes avait tout compris. Et il s’en maudissait.
Il se maudissait car peu importait si ces deux bonnes femmes se détestaient, se tripotaient ou bien s’echangeaient des secrets sur les méthodes d’epilation à la cire. Ce qu’il devait déchiffrer, lui, c’était pourquoi le coeur du type à terre avait été transperce par un couteau en G-10, c’est-à-dire en fibre de carbone avec résine, laminé en multicouche, soit un petit bijou dont le prix affichait plusieurs zéros et n’intéressait que les cultelluphilistes, le tout incliné en suivant un angle sud / sud-ouest impeccable.
Mais ça, Rognes n’en savait rien…
Et surtout, il s’en foutait. »

Le Post-It de Ge

 

A Marseille le commissaire Rognes enquête sur la mort de plusieurs souteneurs. Une vieille photographie découverte à côté de l’un des cadavres va l’obséder.

Enfin (tous) réunis est son deuxième  roman noir. Le ton y est incisif, les personnages torturés.

Annabelle Léna nous fait vivre la descente au enfer d’un flic torturé, dépressif, sans conteste. Un mec pas forcément sympa, il peut même être carrément odieux. C’est vrai, on lui trouve des excuses, il a perdu sa femme et sa fille, alors depuis il a une obsession. Il cherche à se recréer une famille. Et c’est aussi sans doute pour cela qu’il est attiré par les photos des autres. Peut-être cherche-t-il a ce composer un album digne de la famille qu’il aurait aimé avoir.

Alors on va suivre l’odieux commissaire Rogue dans son enquête marseillaise, à la poursuite d’un tueur en série s’en prenant aux proxénètes . Mais notre policier, il faut le dire ne met guère de cœur à l’ouvrage pour résoudre cette affaire qui secoue de la cité phocéenne.

La cité phocéenne, parlant en, c’est bel et bien le deuxième personnage de ce roman, même si sous la plume de l’auteur la ville est fantasmée voire magnifiée. On l’a découvre tantôt belle et enjouée et d’autres fois, sordide, sale ou encore misérable.

Vous l’aurez compris, Annabelle Lena nous propose un roman noir sans nuance, elle excelle quand elle nous parle et décortique l’âme humaine, quand elle compose ces personnages. Sa plume est alerte et sait se monter parfois ironique et aime jouer avec l’humour. Un humour noir, grinçant, il va sans dire.

Et même si l’intrigue policière passe au second plan, cela me m’a pas gênée dans ma lecture tellement le style et la maîtrise de l’écriture sont au rendez vous. Ce roman, je vous le dis, est une formidable découverte.

Extrait :
Quoi ? Vingt-quatre cadavres de filles dans la salle de bains ? Pourquoi n’ai-je pas été prévenu plus tôt ?
 Heu… non, commissaire. Vingt-quatre passeports…
(…)
Et que ceux, comme Ranc, qui voulaient sa place aillent se faire foutre car vingt-quatre cadavres pouvaient parfaitement s’entasser dans une salle de bains. Découpés en petits morceaux et bien alignés, ça devait tenir. Peut-être en utilisant quelques planches de bois pour éviter l’affaissement de l’édifice. Suffisait simplement d’être organisé, de vider le sang, de se débarrasser des organes spongieux, de réfrigérer la pièce et de s’équiper en formaldéhyde.

Thérianthrope de Michaël Fenris 


Le livre : Thérianthrope de Michaël Fenris .  Paru le le 22 novembre 2018 aux éditions Prisma – 19.95 € (397 pages) ; format  15 x 23cm

 

4ème de couverture :

A Denver, l’inspecteur Ernesto Guzman espérait avoir une fin de carrière paisible. Quand on l’envoie sur une scène de crime particulièrement sordide, il comprend que la retraite va devoir attendre : la victime a été massacrée, et en partie dévorée par son assassin… Alors que les corps affreusement mutilés se multiplient, l’identité du serial killer ne fait plus aucun doute : Mitchell Hiker, ancien garde forestier tout juste échappé d’un asile psychiatrique. L’homme est persuadé d’être un loup-garou, et une petite voix dans sa tète lui souffle de tuer. Une traque sans merci va commencer

 

L’auteur … Michael Fenris est le pseudonyme d’un médecin généraliste qui vit en région parisienne, il aime les thrillesr et a publié sous ce nom ses premiers romans, Feuille , Le syndrome Noah. Michael Fenris, médecin de jour et écrivain la nuit donc et aussi passionné de littérature américaine.

 

 

 

 

 Extraits :

« Ernesto Guzman avait assisté à pas mal d’autopsies, le passage obligé quand on travaillait à la Criminelle, et avec le temps il avait su se forger une carapace mentale pour éviter de prendre trop à cœur ce qu’il voyait. Son jeune collègue, qui n’avait pas son ancienneté, y allait toujours à reculons. Guzman avait vu des flics ne jamais le supporter, parfois même des flics avec du métier, lorsque ça aurait pu être leur propre enfant. Parfois, le seul recours pour oublier était la boisson, Ernesto le savait pour y avoir goûté, jusqu’à ce que sa femme lui mette un ultimatum : l’alcool ou sa famille. Il avait choisi, et il ne le regrettait pas en songeant au réconfort qu’il retrouvait chaque soir en rentrant chez lui. »

 

La chronique jubilatoire de Dany

Thérianthrope de Michaël Fenris

 

Une fable moderne me direz-vous en voyant la couverture … ça ressemble au petit chaperon rouge, certes ! L’auteur prend beaucoup de libertés avec le conte et nous entraîne dans une aventure originale, de nos jours avec les portables, l’ADN , les 4×4 et les hélicoptères. Ca c’est pour le décors …

Petit tour sur le dictionnaire cependant … thérianthrope selon wiki, puisque word ne connait pas :

La thérianthropie ou zooanthropie est la transformation d’un être humain en animal, de façon complète ou partielle, aussi bien que la transformation inverse dans le cadre mythologique et spirituel concerné.

Plus loin Michael Fenris parle de lycanthropie (source wiki toujours) désigne la transformation d’un homme en loup.

Et bien voilà le contexte est posé … laissez faire votre imagination et vous aurez quelques heures de bonne littérature policière, avec suspense entretenu et juste une pincée de fantastique, histoire de ne pas décourager les hyper-rationnels dont je fais partie !

D’abord l’action se déroule en ville, aux US à Denver (Colorado) où une jeune femme est retrouvée assassinée et alors la politique se taille la route dans l’enquête qui va révéler un tueur en série. On connait très vite son identité, son ambigüité intrigue et il nous entraîne ensuite à Rock Hill, l’Amérique profonde  abandonnée des pouvoirs centraux, où le sheriff courre après les moyens supplémentaires et sa population se sent bien isolée. Des sagas familiales aux secrets malmenées par les méfaits du tueur, des jeux dangereux d’adolescents, une petite romance, une guerre des polices car le FBI veut s’en mêler … dans un contexte nord-américain certes mais terriblement universel avec un final qui tient bien ses promesses et qui garde son suspense jusqu’aux toutes dernières pages.

Lu en version numérique.

 

 Extrait 2 et 3
« — Eh, Bob, petit cachottier ! cria-t-il en direction du cadavre dans le couloir. Tu avais honte de tes cheveux blancs ?
La teinture conviendrait parfaitement à ses cheveux bruns. Il en profita pour passer sous la douche, se coupa un certain nombre de mèches rebelles frisottantes aux tempes et sur le front, lut la notice du produit et l’appliqua à la lettre. Ordre et discipline. Il récupéra un rasoir et s’en servit pour rendre son visage parfaitement glabre, en laissant la moustache qu’il passa également à la teinture. Il laissa ensuite sécher ses cheveux en les coiffant en arrière et s’examina, satisfait du résultat. »
« Personnage haut en couleur, la soixantaine sonnante et le cheveu rare, Gus Peterson habitait à l’entrée de Rock Hill, au fond d’une impasse collée aux racines de la montagne. Une vieille cahute tout en bois, ornée d’un nombre incalculable de plaques minéralogiques venues des quatre coins du monde. La même collection, décuplée, se trouvait à l’intérieur, mêlée aux têtes, voire aux animaux entiers, empaillées. Pour Peterson, le terme de chasse était large, et s’il se piquait d’être un excellent taxidermiste, il suffisait qu’un objet lui plaise pour qu’il démarre illico une nouvelle collection en tentant de se l’approprier avec des moyens plus ou moins légaux. »

 

Chroniques d’une vie de flic : La police au quotidien de Eric Oliva.


Le livre : Chroniques d’une vie de flic : La police au quotidien de Eric Oliva.
Paru le 31 mars 2017 aux Éditions
 Libres d’écrire.  30,92€ ; 206 p. ; 15,2 x 22,8 cm.

4ème de couverture :

Il existe une particularité dans le métier de flic : c’est que dans une même journée, vous pouvez traverser des instants de joie et de bonne humeur, pour vous retrouver aussi rapidement dans la souffrance, la douleur et la peine. Les nuits sont parfois courtes et agitées et amènent sur des matins d’autant plus difficiles. Si certains ressentis s’effacent avec le temps, les images, elles, ancrent leurs racines bien plus profondément.

Eric Oliva raconte son début de carrière en y contant quelques-unes des interventions qui ont marqué son chemin de jeune flic. Un roman profond et entier qui met en exergue les sentiments que tous les flics se doivent d’accumuler sans jamais y avoir été préparés. Il vient avec ses chroniques tenter de faire découvrir le métier de flic tel qu’il est vécu par les femmes et les hommes qui composent les rangs de la Police Nationale.

L’auteur : Éric Oliva est né en juillet 67. Après avoir travaillé plusieurs années en région parisienne, il revient aux sources et s’installe avec sa compagne sur la Côte d’Azur. Fonctionnaire de police en activité, il est actuellement affecté en police judiciaire à Nice.
Extrait :
« Peu de gens sont en mesure de comprendre ce qu’est véritablement la vie d’un flic. Ce qu’il côtoie à longueur de journée, ce qu’il ressent est ce à quoi il est confronté tout au long de sa carrière. Lorsque l’on n’a pas vécu certaines situations de l’intérieur, on ne peut que se contenter de les imaginer, se les figurer, mais sans ne jamais avoir aucune certitude. On ne connaît vraiment leurs vérités crues que si l’on touche chaque image du doigt.
Leur carrière pourrait, par certaines facettes, être assimilé à celle d’un pompier d’un médecin urgentiste. Ces hommes qui sont là pour porter secours, sauver des vies, parfois au péril de la leur. Pourtant rien n’y ressemble.
Une divergence, mais de taille, fait toute la différence. L’homme symbolise, par le biais de son uniforme, le revers de la médaille. Il est aussi celui qui sanctionne. Tout le monde en est conscient, un flic n’est apprécié que quand on a besoin de lui. Dans le cas contraire, lorsqu’il prévient le désordre, il devient, aux yeux d’une certaine caste de la population, un paria, l’empêcheur de tourner en rond, le connard de poulet. Ne vous y trompez pas, les lois ne sont pas faites par les flics, leur job est seulement de les faire appliquer, souvent avec discernement.»

Le ressenti de Jean-Paul

Chroniques d’une vie de flic

Bonjour à toutes et à tous…

 Je viens de tourner la dernière page et “Ouf“…

C’est pensif que je prends un peu de temps sur la réflexion que m’a amené cette lecture…

 J’entends déjà ou je devine votre question.

Dis Jean-Paul, Comment vas-tu chroniquer une chronique ???

– Et bien je ne vais pas le faire !

A-t-on besoin de raboter une planche parfaitement rectiligne ?

Je vais vous donner mon “ressenti »…

…………………

 Qui n’a jamais eut à faire avec un “flic“ un jour ?

Et qu’est-ce qu’un “Flic” ?

 J’ai eu la chance, (ou pas d’ailleurs, il faudrait que je leurs pose la question ! lol) d’avoir régulièrement des policiers de tous grades dans mon entourage. Dans ma famille, certains voisins, Beaucoup d’amis…

Lorsque j’étais enfants, jamais je n’aurai osé appeler “flics“ les amis de mon père qui venaient régulièrement à la maison…

La lecture captivante et très réaliste, proposée par Eric m’a fait comprendre que le mot “flic“ n’était pas forcément une insulte en fonction de la personne qui le prononçait et au contraire je pense qu’Eric l’accepte avec fierté.

 Alors va pour le mot flic.

Flic, qui malheureusement de plus en plus est décrié, bafoué, insulté, caillassé…

Alors qu’il ne compte pas ses heures, en encaissant au quotidien les difficultés que l’on peut difficilement imaginer.

 Avec beaucoup de pudeur Eric nous raconte sa vie, son quotidien, essentiel pour notre bien à tous, même si souvent nous avons tendance à l’oublier. Ce sont “les gardiens de notre paix“ et sans eux où serions nous ?

 Vous l’aurez compris “Chroniques d’une vie de flic : La police au quotidien” n’est pas un roman.

Mais une succession d’anecdotes vécues par l’auteur…

Attention, pas de héros sortis tout droit d’une série, ou d’un film, ici les flics, sont avant tout des êtres humains.

 Eric nous raconte son récit, une vie de labeur, une vie d’émotions, de doute parfois, d’amour et d’entre-aide souvent, nous rappelant qu’il n’est pas une machine et que c’est avec ce quotidien pesant et souvent ingrat qu’il doit se construire au jour le jour… Certains passages m’ont retourné l’estomac alors que d’autres m’ont fait esquisser un sourire. Il égratigne aussi, sans méchanceté aucune, mais avec un réel constat la « bureaucratie » de certaines réflexions bien menées, qui leurs lie les mains et qui défait régulièrement ce que les policiers ont tant de mal à mettre en place.

Et malgré le vécu d’Eric j’ai senti, ou “ressenti“ de la psychologie, de l’amour et beaucoup d’émotions envers toutes ces personnes qui gravitent autour de lui quelques soient leur conditions sociales…

 Alors, merci Éric, j’ai aimé le rendu que tu nous donnes de la police, ta police de tous les jour.

J’ai aimé ton écriture simple et touchante où à aucun moment je ne me suis ennuyé, d’ailleurs le bêtisier final est une fin idéale pour ouvrir la soupape nécessaire suite à la lecture de certains passages particulièrement forts de ta vie.

 Il me tarde de te rencontrer, il me tarde de pouvoir discuter avec toi.

 Une très belle découverte !!!

 

Mauvais genre – Isabelle Villain


Aujourd’hui c’est … Double Chronique…

Où quand 2 flingueuses vous donnent leur point de vue sur un même roman.

Ce matin c’est Marc qui nous livrait son Arrêt sur image.

 En cette fin d’après-midi c’est au tour de Miss Aline de nous présenter son avis.

Allez place à l’Accroche de Miss Aline




Le livre : Mauvais genre, Isabelle Villain. Paru le 15 novembre 2018 chez Taurnada Editions.  9,99 € ; (252 pages) ; 18 x 11 cm

4ème de couverture :

Hugo Nicollini est un garçon différent des autres gamins de son âge. Un père brutal. Une maman protectrice. Un soir, il est témoin d’une dispute entre ses parents. Une de plus. Une de trop. Cette fois-ci, sa mère succombera sous la violence des coups.

Vingt-trois ans plus tard, l’équipe du commandant Rebecca de Lost enquête sur la mort d’une jeune femme sauvagement poignardée dans son appartement. Pas d’effraction. Pas de vol.  Pas de traces de défense. L’entourage de la victime est passée au crible, et l’histoire du petit Hugo va refaire surface bien malgré lui.

L’auteur : Née au Maroc en 1966, Isabelle Villain a travaillé pendant une quinzaine d’années dans la publicité, l’événementiel et l’organisation de salons professionnels. Amatrice de littérature policière depuis l’enfance, elle obtient en 2015 le prix Maurice Bouvier pour  Peine capitale, e en 2016 le prix polar du festival Jeter l’Encre pour Ames battues.

 

 

Extrait :
« La dernière chose qu’elle aperçoit avant de mourir est le sourire de son meurtrier, mâchoires contractées, qui l’observe, un rictus au coin des lèvres, apparemment enchanté du spectacle. Il n’aura prononcé en tout et pour tout qu’une seule petite phrase. C’est bientôt terminé, ne t’inquiète pas. »

L’accroche de Miss Aline :

Hugo assiste au massacre de sa mère. Les faits sont là : clairs, précis et le coupable est bien en vue. Vingt-trois ans plus tard le Commandant Rebecca de Lost et son équipe doivent intervenir au domicile d’Angélique morte de plusieurs coups de couteau. Pas grand-chose à se mettre sous la dent : pas d’empreintes, pas d’effraction, pas de vol, pas de viol, pas de photos, pas de lettres. Une femme qui semble ne pas avoir de vie où beaucoup de chose à cacher. Enquête de voisinage,  petit ami,  lieu de travail. Rien ne semble « justifier » ce meurtre.

L’auteure nous fait assister à tout : le travail du procédurier, l’autopsie… tout est décortiqué. Tu as intégré l’équipe de Rebecca ! J’avoue chercher ce qui peut retourner la situation. Et voilà qu’Hugo fait sa ré- apparition.  Elle est fracassante, absolument inattendue. Coup de maître de l’auteure ! Non je ne vous en dirai pas plus afin de vous garder la surprise intacte.

A ce moment là, le récit prend une toute autre tournure. Les choses se précipitent.  Tu t’empresses de tourner les pages. D’autres éléments vont venir te surprendre. Des personnages vont prendre de l’épaisseur.

A part l’intrigue, tu as un petit aperçu de la vie de chacun. Ce qui donne à ce thriller un côté humain. Les amours, les amis, les emmerdes font aussi parties du quotidien d’un flic.

Il faut que je vous parle de la fin ? pssst… je peux rien vous dire, si ce n’est que là encore : surprise incroyable.

L’écriture et la lecture sont fluides. Beaucoup de dialogue, ce qui rend le récit vivant et donne un bon rythme. Isabelle Villain a su nous maintenir en haleine, nous apprendre des choses (comme le travail du procédurier, par exemple), nous faire ressentir le doute, la peur, la tristesse, la stupeur. Très beau travail d’écriture, très bon travail sur l’intrigue.

Isabelle Villain est une vraie découverte et j’en suis ravie. Merci beaucoup à l’Editions Taurnada pour ce SP qui se transforme en coup de cœur pour cette année 2018.

Mauvais genre de Isabelle Villain


Aujourd’hui c’est … Double Chronique…

Où quand 2 flingueuses vous donnent leur point de vue sur un même roman.

Aujourd’hui c’est Marc et Miss Aline qui nous font découvrir un polar d’une auteure française

Ce matin c’est Marc qui nous parle de sa lecture

Ce soir ce sera au tour d’Aline de vous faire par de son ressenti

Allez assez discuté, place à L’arrêt sur image de Marc



Le livre : Mauvais genre de Isabelle Villain. Paru le 15 novembre 2018 chez Tournada Editions dans la Collection Le tourbillon des mots.  9,99 € ; (252 pages) ; 18 x 11 cm

4ème de couverture :

Hugo Nicollini est un garçon différent des autres gamins de son âge. Un père brutal. Une maman protectrice. Un soir, il est témoin d’une dispute entre ses parents. Une de plus. Une de trop. Cette fois-ci, sa mère succombera sous la violence des coups.

Vingt-trois ans plus tard, l’équipe du commandant Rebecca de Lost enquête sur la mort d’une jeune femme sauvagement poignardée dans son appartement. Pas d’effraction. Pas de vol.  Pas de traces de défense. L’entourage de la victime est passée au crible, et l’histoire du petit Hugo va refaire surface bien malgré lui.

 

L’auteur : Née au Maroc en 1966, Isabelle Villain a travaillé pendant une quinzaine d’années dans la publicité, l’événementiel et l’organisation de salons professionnels. Amatrice de littérature policière depuis l’enfance, elle obtient en 2015 le prix Maurice Bouvier pour Peine capitale, et en 2016 le prix polar du festival Jeter l’Encre pour Ames battues.
Extrait :
Une heure plus tard, le commandant de Lost et son adjoint poussent les portes de cet ancien couvent d’Ursulines construit en 1645. La plupart des prisonniers, considérés comme difficiles et extrêmement dangereux, sont ici pour de lourdes peines, condamnés à des sanctions maximales sans grande perspective de réinsertion sociale. A leur arrivée dans la cour, c’est le calme qui frappe Cyril. Un calme extrêmement éloigné du cliché des détenus hurlant et insultant les visiteurs derrière leurs grillages

L’arrêt sur image de Marc

Mauvais genre, Isabelle VILLAIN

Je découvre Isabelle Villain avec ce livre, je n’ai encore rien lu d’elle. Et c’est une belle découverte, l’écriture est fluide et précise. Pas de perte de temps inutiles dans de longues descriptions qui ne servent à rien. Les chapitres courts font avancer l’intrigue sur un rythme soutenu. Un premier chapitre qui d’entrée m’a donné la certitude que j’allais dévorer le livre. Et je ne me suis pas trompé. J’essaye de donner le moins de détails possible dans mes retours sur l’histoire, afin que ceux qui me lisent, ne soient pas trop spoliés. Ici je dois faire un effort pour ne pas lâcher quelques informations. L’auteur à trouvé une intrigue qui n’a pas été souvent abordée. Une intrigue qui amène clairement à se poser la question sur ce qu’auraient été nos propres réactions si on avait été l’un ou l’autre des personnages. Finalement il y a trois intrigues qui vont se croiser, s’entremêler, et s’entrechoquer. Ont-elles un rapport entre elles, ou n’y a-t-il vraiment aucun lien. Isabelle Villain a réussi à brouiller les pistes jusque dans les dernières pages. Je n’ai pas trouvé d’incohérences malgré la complexité relative des enquêtes. A un moment dans la lecture, j’ai pensé qu’il y avait peut-être trop de choses qui se passent, mais la fin du livre montre qu’il n’en est rien, tout est maîtrisé à la perfection. Un excellent moment de lecture. Je lirai clairement d’autres livres de l’auteure.