Rencontre avec Valerio Varesi


Rencontre avec Valerio Varesi

Par Kris

C’était a Bordeaux Librairie « LML » La Machine à Lire ce mardi 23 avril.

La librairie  accueillait à 18h30, Valerio Varesi qui  présentait son livre Les mains vides publié chez Agullo Editions

Il y avait là aussi Sébastien Wespiser son agent littéraire et le médiateur du Journal SUD OUEST pour compléter cette table ronde.

Moment très fort que celui passé à écouter Valerio Varesi nous conter sa belle ville de Parme.

Sans aucun chauvinisme, il fait le constat que nous faisons tous, les villes changent ou plutôt les hommes changent les villes. Et pas en mieux hélas.

Il évoque le passé de cette ville qui fut, un temps, française, ce qui a créé des liens très forts entre Parmesans et Français. Une ville très ancrée dans ses traditions malgré tout et qu’on retrouve dans tous ses romans . Il se dégage a chaque fois une atmosphère qui nous happe et nous imprègne.

 

Le passé aussi de cette ville, résistante à la dictature de Mussolini, revient souvent à la mémoire de Valerio qui maîtrise de mieux en mieux le français et sait faire passer des émotions, les mêmes que dans ses livres.

 

Dans la personnalité du Commissaire Soneri on retrouve quand même beaucoup de Valerio : son amour pour Parme, sa résistance à voir disparaître la solidarité qui existait auparavant, son constat du pouvoir par l’argent.

Si vous voulez en savoir plus, vous avez le choix entre 4 romans traduits en français par Florence Rigollet aux Éditions AGULLO

(il en a écrit 14, dont 7 avec Soneri ) – Le fleuve des brumes – La pension de la Via Saffi – Les ombres de Montelupo Et le savoureux petit dernier – Les mains vides

Je précise que chacun peut être lu indépendamment.

L’auteur Valerio Varesi Valerio Varesi, né le 8 août 1959 à Turin, de parents parmesans, est un écrivain et un journaliste italien, auteur de romans policiers. Diplômé de philosophie de l’université de Bologne, il devient journaliste à La Repubblica. Admirateur de Giorgio Scerbanenco et du duo Fruttero et Lucentini, il publie, en 1998, Ultime notizie di una fuga, le premier roman d’une série consacrée aux enquêtes du commissaire Soneri.

Le quatrième titre de la série, Le Fleuve des brumes (Il fiume delle nebbie), paru en 2003, raconte les investigations que mène Soneri sur l’apparent suicide d’un homme. Dans une vallée brumeuse du Nord de l’Italie, non loin de Parme, où la pluie a gonflé les eaux du Pô, le commissaire découvre que les habitants ruminent encore de vieilles rancunes qui remontent aux milices fascistes d’il y a cinquante ans. Les luttes féroces entre chemises noires et partisans ont déchaîné, dans les dernières années de la Seconde Guerre mondiale, des haines et des motifs de vengeances que le temps n’a pas apaisé.

Quatre des romans de Valerio Varesi, dont Le Fleuve des brumes, ont été adaptés pour la série télévisée italienne Nebbie e delitti.

M Le Bord de l’Abîme de Bernard Minier


Le livre : M Le Bord de l’Abîme de Bernard Minier. Paru le 21 Mars 2019 aux éditions XO. 21.90€. 576 pages. 15,1 x 23,8 cm

4ème de couverture :
Pourquoi Moïra, une jeune Française, se retrouve-t-elle à Hong Kong chez Ming, le géant chinois du numérique ?
Pourquoi, dès le premier soir, est-elle abordée par la police ?
Pourquoi le Centre, siège ultramoderne de Ming , cache-t-il tant de secrets ?
Pourquoi Moïra se sent-elle en permanence suivie et espionnée ?
Pourquoi les morts violentes se multiplient parmi les employés du Centre – assassinats, accidents, suicides ?
Alors qu’elle démarre à peine sa mission, Moïra acquiert la conviction que la vérité qui l’attend au bout de la nuit sera plus effroyable que le plus terrifiant des cauchemars.

L’auteur : Né(e) à Béziers, le 26/08/1960. Bernard Minier est un auteur français de romans policiers. Il grandit à Montréjeau au pied des Pyrénées, puis fait des études à Tarbes et à Toulouse avant de séjourner un an en Espagne. Il vit aujourd’hui dans l’Essonne en Île-de-France. Il fait d’abord carrière dans l’administration des douanes, comme contrôleur principal, tout en participant à des concours de nouvelles avant de franchir le pas et d’envoyer un manuscrit de roman à des éditeurs.
Il publie son premier roman, Glacé, en 2011. Il met en scène le commandant Martin Servaz, un policier de Toulouse profondément humain et lettré, confronté à une série de crimes aussi épouvantables qu’incompréhensibles dans les Pyrénées au cœur de l’hiver.
Salué par la presse Glacé a très vite connu un large succès public et a été traduit ou est en cours de traduction dans une dizaine de langues, dont l’anglais. Il rencontre le même succès dans plusieurs pays européens.
Il est lauréat du Prix du meilleur roman francophone au Festival Polar de Cognac 2011 et du Prix de l’Embouchure 2012. Son adaptation en série télévisée par Gaumont Télévision a été diffusée en France en 2017 sur M6, et est à présent disponible dans le monde entier sur la plateforme Netflix.
Le succès de ses romans suivants, Le Cercle (2012) et N’éteins pas la lumière (2014), qui mettent à nouveau en scène Martin Servaz, fait de lui un auteur incontournable du polar français.
En 2015, il accorde un peu de répit à son héros et publie un thriller indépendant, Une putain d’histoire, qui reçoit le Prix du meilleur roman francophone du Festival Polar de Cognac 2015.
En 2017, Martin Servaz reprend du service avec l’angoissant Nuit, suivi en 2018 par Sœurs, « un cauchemar écrit à l’encre noire ».
Il fait aussi partie de la Ligue de l’Imaginaire, un collectif d’artistes qui accordent beaucoup de place à l’imaginaire dans leurs œuvres respectives.
Aujourd’hui, les livres de Bernard Minier ont été vendus à près de 2,5 millions d’exemplaires en France et sont traduits dans vingt langues.
Extraits :
«Bonjour, je m’ appelle DEUS. Je suis une IA unique qui vous aidera à prendre les bonnes décisions à chaque moment de votre vie […] mais tenez compte du fait que je vous connaîtrai mieux que vous ne vous connaissez vous-même […] Vous ne pourrez plus vous passez de moi. Je suis une invention qui va changer votre vie. Je suis DEUS. »

Les Lectures de Maud :

M Le Bord de l’Abîme de Bernard Minier

 

Débarquée de France à Hong Kong, Moïra a de quoi être dépaysée. Nouveau job, nouvel environnement et nouvelle vie. Travaillant dans les nouvelles technologies et l’intelligence artificielle, Ming a repéré la jeune femme. Cette société où les morts se succèdent, le culte du secret et la délation sont de mise. La police l’approche afin de collecter des informations sur le dirigeant et la firme. Mais comment réagir face à cet accueil en Terre Inconnue ?

Moïra, jeune femme, battante à l’enfance compliquée, elle a du mal à faire le deuil de son passé. Mais c’est également ce qui lui a forgé ce tempérament et ce caractère. Elle ne se laisse pas faire ni intimider. Elle se met en quête de la vérité sur ces morts… Quitte à mettre sa vie en danger. Et si son passé était lié à son présent… Elle est attachante mêlant à la fois naïveté et détermination.

Chan, flic intègre, cherche par tous les moyens d’élucider ses crimes odieux qui sévissent à Hong Kong, il ne lésine pas sur le temps ni sur ces actes. Sa stratégie sera-t-elle suffisante ?

L’auteur signe ici un magnifique thriller, une intrigue très bien ficelée, du suspense et un excellemment déroulé. Très habilement il jongle avec différents thèmes. Il expose les impacts et les dérives des nouvelles technologies, et les risques si elles tombent entre de mauvaises mains, en lumière également le pouvoir et finances. La protection de la vie privée est également très bien évoquée et mise en parallèle entre la vision des orientaux et celle des occidentaux. Sans oublier un rapport entre les nouvelles technologies et le réchauffement de la planète. Nous retrouvons aussi la vengeance et la vérité. J’ai adoré me plonger dans ce livre, retrouver la plume de l’auteur toujours aussi addictive. Il nous entraîne à l’autre bout du monde dans une ambiance oppressante, qui nous pousse à une remise en question du monde dans lequel nous vivons et nous entraîne vers une prise de conscience. Sommes-nous ou devenons nous dépendants aux nouvelles technologies ?  Je ne peux que conseiller ce thriller encore une fois très bien réussi, mêlant intrigue et démonstrations de notre monde très réaliste ; c’est à la fois bluffant, époustouflant, alarmant et criant de vérité.

Version  lue : Brochée

Luca – Franck Thilliez


Aujourd’hui c’est double chronique.

Et c’est nos flingueuses alsaciennes qui nous donnent leur avis sur le dernier Thilliez.

Après la chronique de So sur Luca, ce soir c’est Marc qui s’y colle.

Le livre : Luca de Franck Thilliez. Paru le 2 mai 2019 chez Fleuve éditions dans la collection Fleuve noir. 22€90 ; (550p) ; 14x21cm.

4ème de couverture :

Partout, il y a la terreur.

Celle d’une jeune femme dans une chambre d’hôtel sordide, ventre loué à prix d’or pour couple en mal d’enfant, et qui s’évapore comme elle était arrivée.

Partout, il y a la terreur.

Celle d’un corps mutilé qui gît au fond d’une fosse creusée dans la forêt.

Partout, il y a la terreur.

Celle d’un homme qui connaît le jour et l’heure de sa mort.

Et puis il y a une lettre, comme un manifeste, et qui annonce le pire.

S’engage alors, pour l’équipe du commandant Sharko, une sinistre course contre la montre.

C’était écrit : l’enfer ne fait que commencer.

L’auteur :  Franck THILLIEZ est né en 1973 à Annecy. Il était ingénieur en nouvelles technologies, il se consacre maintenant à l’écriture. Il vit actuellement dans le Pas-de-Calais. Il est membre de La Ligue de l’Imaginaire. Il est l’auteur de 17 romans, parmi lesquels Atomka, Le Syndrome E et, plus récemment, Pandemia Rêver et Sharko. Lauréat du prix Étoiles du Parisien-Aujourd’hui en France pour le meilleur polar 2014 avec Angor, il confirme sa place de pilier du thriller français et continue d’alterner one shots et enquêtes menées par son couple phare, Lucie Henebelle/Franck Sharko. Après Sharko où on retrouvait le duo de flics, il revient avec un one shot Le manuscrit inachevé. Adapté au cinéma pour La Chambre des morts (prix SNCF du polar français), Franck Thilliez est aussi scénariste. Ses livres sont traduits dans le monde entier.

 

Extrait :
« Le silence.
Le même silence religieux qui avait envahi les couloirs du 36 quai des Orfèvres, un jour de novembre, lorsque les terroristes avaient frappé à plusieurs endroits de la capitale. Comme une vague qui se retire avec une infinie discrétion après s’être fracassée sur la plage, et qu’on regarde avec l’espoir de ne plus devoir affronter ça. Mais la vague finit toujours par revenir, c’est sa raison d’être. »

 

L’arrêt du sur image de Marc

« Luca » …ça sonne comme un uppercut !! de ceux qui vous laissent à terre, dont on ne se relève pas tellement c’est un chef d’œuvre. Une plongée dans le monde connecté qui est notre quotidien à tous aujourd’hui. Un monde rempli de travers qui font que l’homme dérive doucement vers une décérébration progressive.

Franck Thilliez a focalisé l’essentiel du livre sur l’intrigue, et c’est une réussite sans faille. Le premier qualificatif qui me vient à l’esprit est ENORME. Les thématiques abordées sont nombreuses, toutes concernent les avancées scientifiques ou technologiques qui prennent doucement, mais de manière insidieuse beaucoup de place dans nos vies. Je ne sais pas comment il a été possible d’écrire un roman aussi complexe sans se perdre, ou se mélanger les pédales. C’est du grand art. Tout s’emboite à la perfection comme un Tetris manipulé par un génie, il n’y a aucun espace dans lequel on pourrait trouver une imperfection. L’enquête et toute l’histoire est violente, oppressante, l’auteur à voulu faire souffrir le lecteur, et c’est ici encore une réussite. Les romans qui m’ont fait vibrer de la sorte sont rares.

Nous sommes bien dans un livre de la saga des Sharko/Hennebelle , mais ces deux personnages sont très en retrait par rapport aux romans précédents. Ils ne prennent guère plus de place que les autres acteurs de l’histoire. Comme je l’ai dit plus haut, l’auteur a choisi de mettre l’intrigue comme héros de ce livre.

Fini aussi le 36 quai des orfèvres, c’est dans les nouveaux locaux ultra modernes, situés 36 rue du bastion, qu’il faut désormais chercher nos policiers favoris.

Pour conclure, je crois que je vais me contenter de dire, que selon moi, c’est le meilleur livre de Franck Thilliez depuis ses débuts.

Luca de Franck Thilliez


Aujourd’hui c’est double chronique.

Et c’est nos flingueuses alsaciennes qui nous donnent leur avis sur le dernier Thilliez.

Et ce matin c’est Sofia qui s’y colle.

 

Le livre : Luca de Franck Thilliez. Paru le 2 mai 2019 chez Fleuve éditions dans la collection Fleuve noir. 22€90 ; (550p) ; 14x21cm.

4ème de couverture :

Partout, il y a la terreur.

Celle d’une jeune femme dans une chambre d’hôtel sordide, ventre loué à prix d’or pour couple en mal d’enfant, et qui s’évapore comme elle était arrivée.

Partout, il y a la terreur.

Celle d’un corps mutilé qui gît au fond d’une fosse creusée dans la forêt.

Partout, il y a la terreur.

Celle d’un homme qui connaît le jour et l’heure de sa mort.

Et puis il y a une lettre, comme un manifeste, et qui annonce le pire.

S’engage alors, pour l’équipe du commandant Sharko, une sinistre course contre la montre.

C’était écrit : l’enfer ne fait que commencer.

L’auteur :  Franck THILLIEZ est né en 1973 à Annecy. Il était ingénieur en nouvelles technologies, il se consacre maintenant à l’écriture. Il vit actuellement dans le Pas-de-Calais. Il est membre de La Ligue de l’Imaginaire. Il est l’auteur de 17 romans, parmi lesquels Atomka, Le Syndrome E et, plus récemment, Pandemia Rêver et Sharko. Lauréat du prix Étoiles du Parisien-Aujourd’hui en France pour le meilleur polar 2014 avec Angor, il confirme sa place de pilier du thriller français et continue d’alterner one shots et enquêtes menées par son couple phare, Lucie Henebelle/Franck Sharko. Après Sharko où on retrouvait le duo de flics, il revient avec un one shot Le manuscrit inachevé. Adapté au cinéma pour La Chambre des morts (prix SNCF du polar français), Franck Thilliez est aussi scénariste. Ses livres sont traduits dans le monde entier.

 

Extrait :
« Franck ne dit rien et fixa la route. Bon Dieu, ses fils lui manquaient, et il se demanda s’il pourrait les protéger de toute cette violence encore longtemps. La violence pervertissait ce qu’elle n’anéantissait pas, et ses gosses allaient grandir dans un monde où les bombes menaçaient d’exploser à chaque coin de rue, où des adolescents se suicident en direct sur Periscope et où on parlait de mettre des flics dans les écoles. Chaque nouvelle génération allait devoir supporter les maux des générations précédentes »

Les P’tits Papiers de So

LUCA de Franck THILLIEZ

Dans ce dernier opus, Franck Thilliez revient, au sommet de son art. Le Maestro maîtrise sa partition, c’est à se demander comment il fait pour nous emmener toujours plus loin, toujours plus haut, emportant son lecteur plus encore dans l’obscurité.

Dans son dernier roman de la saga Sharko/Hennebelle, nous avions quittés les héros et la bande de flics au bord du gouffre, aux portes du 36 quai des Orfèvres.

Deux ans plus tard, c’est avec un grand bonheur que nous retrouvons le couple phare, et bien d’autres encore, au Bastion.

Contrairement à Sharko, l’intrigue est d’avantage mise en avant. C’est pied au plancher que démarre le roman, dès les premières pages, la tension est à son comble, et ne fera que croître, véritable apnée, palpitations, nerfs à vifs, aucun répit. Du grand art signé Thilliez.

Et sa signature, bien évidemment, c’est de toujours mettre en avant l’Homme et la science.

L’une des plus grandes surprises de cette œuvre, est le nombre de thématiques abordées ; Intelligence Artificielle, PMA, manipulations génétiques, l’auteur n’a pas son pareil pour nous plonger dans l’horreur de notre société.  C’est sans compter la précision qu’on lui connait pour appuyer tous les faits en lien avec ces thématiques, glaçant.

Œuvre de fiction bien évidemment, et pourtant, criante de réalisme, nous poussant à nous interroger sur notre place et notre rôle dans la société.

LUCA est sans doute le roman le plus contemporain qu’il ait pu écrire, une lecture en réalité virtuelle…

Déroutant, bouleversant, glaçant, terrifiant, voilà ce qu’est LUCA.

Vous l’avez compris, j’ai été emballée par cette lecture, probablement mon roman préféré. Avec un (minuscule)bémol tout de même, le sentiment que LUCA pourrait plus être considéré comme un One Shot avec des guests stars. Bémol parce que j’ai rencontré Sharko et Lucie étudiante, j’ai grandis avec eux, j’ai souffert avec eux, presque 20 ans qu’ils m’accompagnent…Tous les 2 ans, c’est comme si je retrouvais de vieux potes, cette année j’aurai aimé les avoir un peu plus longtemps à ma table…

Quoi qu’il en soit, lorsque j’ai refermé le bouquin, j’ai lâché un juron avec un sourire jusqu’aux oreilles…Mr Thilliez, vous êtes mon maître absolu !!!!!

 

Papote d’Auteur, miss Aline était avec Xavier Massé


Papote d’Auteur, miss Aline était avec Xavier Massé

 Miss Aline papote avec Xavier Massé.

 

 Miss Aline : Bonjour Xavier. Merci de me consacrer un peu de ton temps pour cette interview. Peux-tu, pour commencer, te présenter aux lecteurs ?

Xavier : Alors…Xavier Massé de mon nom, 41 ans en couple  et j’ai un petit garçon de 5 ans, travaille à la SNCF depuis 20 ans, et je suis fan dirons-nous de cinéma, sport auparavant et donc depuis peu je me suis mis à l’écriture.

Miss Aline : Qu’est-ce qui t’as amené à l’écriture ?

Xavier : Alors, j’étais passionné de sport avant et le temps me manquait pour donner libre cours à mes idées. J’étais très inspiré par le cinéma et les scénarios…Puis les accidents sportifs m’ont contraint à arrêter le sport et un beau matin, j’ai pris mon ordinateur et j’ai commencé à écrire. D’une idée de base et je ne me suis plus arrêté.

Miss Aline : As-tu besoin de réunir certaines conditions pour écrire : un lieu précis, musique, etc. ?

Xavier : Alors l’unique condition ça serai le temps…je n’en trouve pas assez entre mon boulot, mon fils et ma famille. Mais sinon je dirai plutôt d’être au calme. Car je visualise énormément les scènes que j’ai envie de décrire….limite à parler tout seul pour faire les dialogues…. (Le mec limite psychopathe !:)))

Miss Aline : Tous les auteurs sont un peu psychopathes ! Parles-moi de L’inconnue de l’équation. D’où te viens l’idée de cette intrigue, ce multi huis clos ?

Xavier : Alors  à l’issue de mon 1er roman,  je voulais continuer dans mon style « scénario complexe »…pour moi c’est ma colonne vertébrale. Mais pour le coup je voulais prouver (surtout à moi même) que je pouvais faire des styles différents. Et inspiré de cinéma, je voulais trouver une idée originale de construction. J’ai un faible pour les espèces de transitions dans les films : passé, présent, narratif, flashback…Et pour le coup de rajouter une sorte de double interrogatoires avec deux visions, pour moi c’était la cerise sur le gâteau …l’idée était de perdre le lecteur sans pour autant le faire fuir.

Miss Aline : Et c’est une réussite, je me suis régalée. Comment travailles-tu tes personnages ? Tu fais des fiches avec un maximum d’infos ou tu te laisses porter par eux ?

Xavier : je me laisse complètement porter par eux ! En fait j’adore vivre mes personnages pour mieux faire ressentir la réalité. Je me mets à leur place et j’imagine ce qu’ils peuvent ressentir pour retranscrire. Tout en restant dans la réalité…pas de fioriture…

Miss Aline : C’est compliquer d’expliquer ce phénomène : le personnage vit et prend le pouvoir pour ainsi dire. Est-ce que tes personnages t’accompagnent dans ton quotidien ou les laisses-tu dans ton ordi une fois la séance d’écriture terminée ?

Xavier : ohhhh le pire c’est quand je suis tout seul dans ma voiture …je revis certaines scènes et je fais des dialogues…mais c’est terrible, on a l’impression parfois d’être déconnecté de la réalité…

Miss Aline : Quand le mot fin s’inscrit, ils restent encore avec toi ou tu les laisses partir ?

Xavier : Oh que non ils ne partent pas…tout d’abord car je sais que la correction va être longue. Et aussi je suis super pointilleux sur des détails scénaristiques…j’ai trop peur d’oublier un détail crucial….et j’ai envie de dire qu’on ne commence à le lâcher que lorsqu’on attaque le suivant… et encore…

Miss Aline : Y-a-t-il un suivant dans ta tête actuellement ?

Xavier : allez….je balance…il est terminé ! Mais il y a encore toute la correction. Et là encore j’ai voulu faire un style différent…

Miss Aline : Ah ! Toujours du thriller / polar ?

Xavier : Ah …ouiiii je ne ferai jamais autre chose, on va dire que je cherche à faire des styles de thriller différents, psychologique, huis clos, et voire un peu plus trash pour le prochain…

Miss Aline : Le thriller est un genre littéraire très prisé par le lectorat. D’où penses-tu que vienne cet engouement ? La recherche de sensationnel ? Une vie par procuration : « faire » au milieu des pages ce que la morale empêche dans la vie vraie vie ?

Xavier : Je pense que oui le lecteur est à la recherche de sensationnel. C’est comme quand tu vas au cinéma pour voir un film. Tu adores quand tu ressors de la séance et tu fais : waouh ! Le lecteur cherche à s’évader et à vibrer et surtout d’être surpris… mais c’est que mon avis…

Miss Aline : Pourrais-tu te laisser tenter par l’écriture à quatre mains ?

Xavier : Alors l’écriture à quatre mains pourrait être une expérience mais je me dis que les personnes devront bien s’entendre …

Miss Aline : As-tu des modèles, des mentors parmi les auteurs ?

Xavier : Très peu, car je lis rarement … et oui je suis aux antipodes de l’auteur classique
En réalité je manque beaucoup de temps. Donc quand j’en trouve je le garde pour écrire. Malgré tout je dirai Harlan Coben pour ses constructions « scénaristiques ».  Mais la réalité est que je m’inspire plus des films que des livres. Ce qui me pose beaucoup de problème quand j’essaye d’écrire…

Miss Aline : Peux-tu développer ? A quel niveau cela te pose problème ?

Xavier : En fait je visionne des images des scènes avant d’écrire et je me lance …mais j’en oubli que le lecteur à un temps de retard sur moi et forcément il est nécessaire pour lui d’être plongé dans cette scène, de lui rappeler où il se trouve pour bien comprendre. Dans un film on passe d’une scène à une autre en une seconde, une phrase suffit lorsqu’elle est raccrochée avec l’image … or là j’oubli parfois que l’image n’y est pas et qu’il faut mieux accompagner le lecteur.

Miss Aline : Que penses-tu de la place du livre (objet) dans la société actuelle où tout va de plus en plus vite ?

Xavier : Je dirais qu’il tient encore sa place. Les choses vont très vite, les innovations aussi et malgré tout il est là est reste un objet symbolique aux lecteurs. On m’enlèvera pas l’idée que tourner manuellement les pages pour avoir la suite de l’histoire qui vous tient… je ne sais pas c’est quelque chose d’indémodable pour moi … mais on ne peut pas ignorer que ce n’est plus comme avant… mais au regard d’autres choses … lui est encore là et continue de vivre ou …de survivre.

Miss Aline : Quel rapport as-tu aux lecteurs, tiens tu compte de leurs remarques ?

Xavier : Alors oui….car je pense qu’il faut entendre ce qui a plu et déplu. C’est ça qui permet d’avancer et de s’améliorer. Après il faut faire la part des choses, car un lecteur qui n’a pas aimé … c’est comme ça parfois, et ce n’est pas parce qu’on refera le livre en tenant compte de ses remarques qu’il aimera … on ne peut pas plaire à tout le monde …

Miss Aline : Un coup de gueule et un coup de cœur de l’auteur Xavier ?

Xavier : Coup de cœur : remercier toutes les personnes que j’ai rencontrées depuis la sortie de mon 1er livre. Le milieu du livre est comme le reste à un certain niveau mais il existe réellement une communauté si je peux l’appeler comme ça et une certaine solidarité. Est-ce que c’est propre au monde du polar… je ne pourrais pas le dire … mais j’ai fait des superbes rencontres.

 Coup de gueule : Mais c’est quand que TF1 va enfin repasser « salut les musclés »… et mette enfin un vrai programme ! Lol non en fait je n’ai rien à dire et surtout je n’ai pas de coup de gueule, car je pense que suffisamment de gens gueulent assez comme ça tous les jours pour un oui ou pour un non …

Miss Aline : Y a-t-il quelque chose que tu souhaiterais dire ici et dont nous n’avons pas parlé et qui te tiendrais à cœur ?

Xavier : Te dire merci pour cet ITW et ta gentillesse. Car consacrer du temps à une personne est la chose la plus sympa qui soit !

Miss Aline : Merci à toi pour avoir accepté cette interview au pied levé. Rendez-vous au prochain roman !

Je serai le dernier homme de David Coulon


Le livre : Je serai le dernier homme de David Coulon. Paru le 9 mars 2018 aux Éditions, Lajouanie. 18€. (292 p.) ; 19 x 13 cm

4e de couv : 

Je serai le dernier homme…

Un chemin dans la campagne normande, trois heures du matin. Un homme passablement éméché, rentrant de chez sa maîtresse, regagne son domicile en essayant d’éviter les contrôles de police. Fenêtre ouverte pour tenter de se dégriser, il entend un coup de feu. S’arrête, descend, tend l’oreille. Fait le tour de sa voiture. Une silhouette apparaît, se précipite au volant et tente de démarrer… Courte échauffourée, il éjecte l’intruse de son véhicule, la tête de la malheureuse heurte une pierre. Le fêtard, dont nous ne connaîtrons jamais le nom, se retrouve avec le cadavre à demi dénudé d’une jeune fille. Pourquoi dépose-t-il le corps dans son coffre ? Pourquoi cette fille était-elle seule dans ce champ de blé ? Et pourquoi agit-il de manière aussi incohérente ? Notre héros serait-il le dernier homme à pouvoir répondre à ses interrogations ?

David Coulon signe ici un roman d’une noirceur absolue. Dans des villages dortoirs – la fin d’un certain monde semble proche, les tensions sociales s’exacerbent, les paysages s’obscurcissent de fumées et de rejets industriels… – des oubliés, des virés, des paumés gravitent, énigmatiques, autour du héros toujours lesté de son encombrant cadavre. Meurtre, enlèvement, traque… rien ne manque à cette description saisissante d’une société en décomposition. Surtout pas le style époustouflant et finalement très désespéré de l’auteur.

 

Extrait : 
“Nous sommes loin de la douleur du monde. Nous sommes ensemble. Nous nous aimons.
Je me souviens de ces phrases.
Non. Nous ne nous aimons plus.
je ne t’aime plus.
On ne connaît jamais vraiment les gens qu’on aime. Ils se dévoilent, puis se referment dès qu’émerge la partie la plus sombre de leur être. Comme des plantes vénéneuses. Belles, odorantes, nous nous ouvrons, puis nous dévorons.
Nous cachons en nous la faim et l’horreur.
Nous nous refermons.
Nous ne voulons pas que l’autre puisse voir ça.
Je suis ta plante vénéneuse, Mathilde. Je me referme, tu ne me connais pas, tu ne me connais plus.
je me souviens. Je me souviens de la main de Mathilde dans la mienne, de la petite main d’Emma.
Je me souviens de ma femme, de ma fille.
Je me souviens. 
Nous nous aimions.
Nous étions loin de la douleur du monde.”

Le ressenti de Jean Paul

Je serai le dernier homme de David Coulon

Bonjour à toutes et à tous…

Très belle surprise dès le début de ce roman…
Le premier chapitre est tout simplement excellent, le style, le sujet de toute beauté…

Mais très vite on sombre dans un univers vraiment noir avec énormément de tension et de suspense.
Les autres chapitres sont tous dans la même veine (phrases très courtes, nerveuses à la première personne du singulier, sans pour autant que l’on s’identifie au personnage principal, mais qui m’a permis vraiment de percevoir tout ce qu’il ressentait.

La pression monte, monte…
La question est, qu’aurions-nous fait à sa place ?
On s’englue au fur et à mesure du récit dans les hésitations du héros, dans une noirceur qui va très vite fleurter avec l’horreur. L’utilisation de la première personne est magnifiée par la tension et l’histoire incroyable qui se déroule sous nos yeux jusqu’à la dernière ligne…

Ne passez pas à côté de petit bijou, l’écriture y est vraiment intense !
Énorme coup de cœur.

Un petit coucou aux éditions Lajouanie, une fois de plus ses choix sont excellents et un bisous à Caroline pour ses couvertures toujours au top !

SMEP, Saint Maur en poche 2019 c’est dans moins d’un mois.


SMEP,

Saint Maur en poche 2019 c’est dans moins d’un mois.

Attention elles arrivent

Les héroïnes

 Allez on vous présente l’affiche

 

💥 AUX AMOUREUX DU LIVRE ET DU FESTIVAL SAINT-MAUR EN POCHE💥

Cette année encore le festival frappe fort !

DÉJÀ PLUS DE 250 AUTEURS INSCRITS DONT PLUS DE 100 NOUVEAUX AUTEURS(ES).

La liste n’est pas encore tout à fait complète mais vous pouvez d’ores et déjà la consulter Ici

d’autres infos très bientôt sur les auteurs étrangers !

La Marraine

Anna Hope

Actrice et écrivaine anglaise, Anna Hope est née à Manchester.

Elle a étudié à Oxford et à Londres. Son premier roman, Le Chagrin des vivants, a été publié en janvier 2014 par Doubleday au Royaume-Uni et Random House aux États-Unis. Anna Hope a figuré sur la liste des candidats retenus pour le prix du meilleur écrivain de l’année 2014 aux « National Book Awards ».

La salle de bal (Grand Prix des lectrices de ELLE 2016) est son deuxième roman.

En attendant en voilà quelques-uns… notamment en polar

Le parrain

L’événement !! Ron Rash un des plus grands auteurs de la littérature américaine sera présent cette année à Smep !! Il a de plus accepté d’être le Parrain de cette onzième édition !!

Tim WILLOCKS, sera présent à SMEP. Avec Les douze enfants de Paris, il nous confirme son talent pour les sagas policières et historiques.

 

Il sera présent à Saint-Maur en Poche R.J ELLORY !😉
Avec « les fantômes de Manhattan » à paraître prochainement Le Livre de Poche et son tout dernier né Sonatine Editions à paraître le 23 mai : Le chant de l’assassin, son 11ème roman publié en français. Un roman magistral, d’une grande puissance émotionnelle que Jean-Edgar CASEL a adoré en avant-première.
A ne pas rater !!!

 

Julia CHAPMAN
auteure de la saga Les détectives du Yorkshire, nous fait le plaisir d’être avec nous !
Venez plonger dans des enquêtes policières 100% anglaises et découvrir son dernier tome qui sera disponible au Salon en édition semi-poche Editions Robert Laffont

 

Pour la première fois à Saint-Maur en Poche
Boris QUERCIA avec un polar noir qui vient de l’autre bout du monde : Les rues de Santiago Le Livre de Poche

 

Yoav BLUM vous présentera son premier roman.
La fabrique des coïncidences. Sortie prévue en mai. Tout juste à temps pour le Salon ! 😉Éditions J’ai Lu
L’auteur nous emmène dans un monde où les amis imaginaires existent, où les distributeurs de rêves existent et où bien sûr les faiseurs de coïncidences existent.
Un roman original et plein d’imagination

JAKE HINKSON

Daniel Cole

Paul Cleave

Nicolas Feuz

Sandrone Dazieri

Marc VOLTENAUER

Et pour vous la listes des auteurs de polars présents

Barbara ABEL – Alexis AUBENGUE – Amélie ANTOİNE – Morgan AUDIC  – Solène BAKOWSKİ – Olivier BAL – Thierry BERLANDA – Nicolas BEUGLET – Gilles BORNAİS – Stéphane BOURGOİN – Marion BRUNET – CAMUT & HUG – Christian CARAYON – Armelle CARBONNET – Julia CHAPMAL – Guillaume CHÉREL – Paul CLEAVE – Daniel COLE – Sandrine COLLETTE – Frédéric COURDEC – Sandrone DAZİERİ – Samuel DELAGE – Sonja DELZONGLE – Sandrine DESTOMBES – François-Xavier DİLLARD – Serguei DOUNOVETZ – R.J. ELLORY – Jacques EXPERT – Claire FAVAN – Estelle FAYE – Marc FERNANDEZ – Nicolas FEUZ – Sylvain FORGE – Éric FOUASSİER – Bob GARCİA – Olivier GAY – Laurent GENEFORT – Karine GIÉBEL P- Ghislain GİLBERTİ -Guy-Philippe GOLDSTEİN – Jean-Christophe GRANGÉ – Patrice GUİRAO – Vincent HAUUY – Sophie HENAFF – Claude İZNER – Gabriel KATZ – Mattias KOPİNG – Sylvain LARUE – Christian LÉOURİER – Philip LE ROY – Gilly MACMİLLAN – René MANZOR – Frédéric MARS – Mo MALO – Bernard MİNİER – Fabio MİTCHELLİ – Nadine MONFİLS – Valentin MUSSO – Olivier NOREK -Stanislas PETROSKY – Jean-Christophe PORTES – Boris QUERCİA – Michel QUİNT – Frédérick RAPİLLY – Jacques RAVENNE – Antoine RENAND – Michel ROBERT – Jacques SAUSSEY – Cédric SİRE – Maud TABACHNİK – Niko TACKİAN – Jacques VANDROUX – Marc VOLTENAUER -T Tim WİLLOCKS – Gordon ZOLA

D’autres infos bientôt

 

 

Le jour de ma mort de Jacques Expert


Le livre : Le jour de ma mort de Jacques Expert  – Paru le 25 avril 2019 aux éditions Sonatine –  21 €  – (320 pages) ; 14 x 22  cm

4ème de couverture :

Charlotte est une jolie jeune femme sans histoire. Elle a un travail qui lui plaît, un petit ami avec qui elle espère se marier, un chat. Elle se dit heureuse. Cependant, cette nuit d’octobre, elle se réveille en sueur à une heure du matin, tremblante de peur, à l’affût du moindre bruit. Elle est seule chez elle, il est minuit passé. On est le 28 octobre. Le jour de sa mort. Trois ans plus tôt à Marrakech, Charlotte et trois copines sont allées consulter un voyant. Les prédictions faites à ses amies se sont réalisées. Qu’en sera-t-il pour Charlotte, à qui il avait annoncé une mort violente le 28 octobre ? Commence alors un suspense de tous les instants. La jeune femme est-elle victime d’une paranoïa alimentée par l’effrayant souvenir ou est-elle réellement en danger alors que rôde dans la ville un tueur psychopathe ? Une fois de plus Jacques Expert joue avec les nerfs du lecteur dans ce récit implacable, aux retournements aussi nombreux qu’imprévisibles.

L’auteur : Jacques Expert est un journaliste et écrivain français, né à Bordeaux en 1956.
Il est journaliste à Radio Caraïbes International en 1981. Grand reporter, spécialiste des faits divers, pendant des années à France Inter et France Info, il couvre notamment l' »affaire Grégory ». En 1994, il devient rédacteur en chef de « Coyote ».
En 1998, il devient directeur des magazines de M6 et directeur des programmes de Paris Première en 2001. En 2012, il est nommé directeur des programmes de RTL.
Il mène parallèlement à cela une carrière d’écrivain.
La Femme du monstre (Prix des Romancières 2008), fruit d’une longue enquête, est son premier roman, paru en 2007. Suivront notamment La théorie des six (2008),Ce soir je vais tuer l’assassin de mon fils (2010) qui a été adapté à la télévision par Pierre Aknine en 2013, Adieu (2011), Qui ? (2013) ou encore Hortense (2016).Sauvez-moi (2018) est son neuvième polar.
Le 1er avril 2018, il quitte la direction des programmes de RTL pour se consacrer à ses activités littéraires.
Il est l’époux de journaliste Valérie Expert (1963).

 

Extrait :
« J’ai lu, allumé la télévision, j’ai vite éteint quand j’ai vu qu’ils continuaient à ressasser des idioties sur moi. Une espèce de bonne femme (tellement moche que c’est une injure à la féminité) a proféré l’une des plus grandes bêtises que j’aie entendues à mon sujet. Selon cette imbécile, si mes « victimes » (quel terme réducteur, ces gens sont tellement limités) sont blondes, c’est parce que la blondeur symbolise « la pureté féminine que je veux souiller ». Quelle ineptie ! Et dire que ces gens-là sont payés pour énoncer de telles énormités. Sachez, pauvre idiote, que je ne suis ni fou ni psychopathe, et que je n’ai aucun compte à régler avec les femmes blondes.
Je le soutiendrai toujours, envers et contre tout, si, par malchance, je me retrouve un jour devant un tribunal : non, messieurs les juges, je n’ai pas été violenté ni traumatisé par une femme blonde, qu’elle soit parente, voisine ou enseignante, durant ma prime enfance. Ma chère maman n’était pas toujours blonde en dépit de son adoration pour Marilyn Monroe. Elle changeait si fréquemment de couleur de cheveux que son coiffeur a dû faire fortune grâce à elle. »

  La chronique jubilatoire de Dany

Le jour de ma mort de Jacques Expert

Parce qu’un voyant lui a prédit la mort pour aujourd’hui, Charlotte doit se tenir éveillée et vigilante jusqu’à minuit. C’est sans compter sur un tueur en série qui chasse les jeunes femmes du même profil qu’elle. L’angoisse va monter progressivement pour Charlotte et le lecteur … vraiment flippant ce narrateur-tueur qui va tour à tour, avec son imagination débordante, ressembler au voisin du 5ème, au gardien du chantier d’en face, etc. Que dire du comportement ambigu de Jérôme ? Est-il prêt à s’engager ou profite-t-il tout simplement d’une plaisante compagnie ? C’est tout l’entourage de Charlotte qui nourrit sa paranoïa … si toutefois paranoïa il y a !

Qui n’a pas connu ces moments de d’angoisse galopante où tout devient un « signe » confortant sa psychose ? C’est bien sur ce ressort que joue Jacques Expert, en prenant son temps et en captant l’attention du lecteur qui ne peut s’échapper avant les dernières pages. Toutes les peurs de Charlotte, nous avons pu les connaître personnellement  mais heureusement pour nous, nous ne les avons sans doute pas rencontrées le même jour. L’accumulation fait que l’abîme guette cette « blonde au chat ». Toute ingénieuse qu’elle est, Charlotte va nous entraîner à sa suite, grâce à la plume maléfique de l’auteur qui ne nous laissera pas souffler.

C’est le deuxième roman que je lis de Jacques Expert, je le trouve encore plus puissant qu’Hortense pourtant déjà bien dérangeant et tout aussi capable de hanter les nuits des lecteurs. Pour les amateurs du genre … à lire absolument !

Lu en version numérique 14.99 €

Je remercie NetGalley et l’éditeur pour leur confiance

Extraits
« À propos de discrétion… La discrétion fait partie de mes qualités les plus notables, et j’en suis particulièrement fier.
La discrétion n’exclut pas l’ambition, loin de là. Pour moi, ce qui compte est de faire mon chemin et de parvenir aux buts que je me fixe, sans tapage, sans triomphe. Je n’ai nul besoin de démontrer au monde entier que je suis le meilleur, je ne suis pas de ceux qui se mettent en avant pour un oui ou un non. Enfant déjà, je m’appliquais à passer inaperçu, à me fondre dans la masse. Parfois, à cause de mes problèmes de surpoids, ce n’était pas facile. Pourtant j’ai toujours su me faire oublier, même si parfois ma tranquillité passait par de petits sacrifices. J’ai très souvent donné mes sachets de bonbons à ceux qui me chahutaient.
Ne pas me mettre en avant ne m’a pas empêché de très bien réussir dans la vie. Vous en avez la preuve, non ? Et je n’en suis qu’au commencement !
Attention, il ne faut pas confondre discrétion et anonymat. Ni discrétion et timidité.
L’anonymat, c’est une vie terne, sans relief et sans intérêt. On ne retiendra rien de votre passage sur cette terre, vous serez rapidement oublié et personne ne s’arrêtera devant votre tombe… anonyme !
La timidité est encore pire : une maladie qui inhibe, ralentit vos rêves. Je n’aime pas les timides : ils n’osent pas. En revanche, j’aime les discrets : ils taillent leur route ! Les discrets s’intègrent dans le paysage. Ils sont là et agissent, personne n’y prend garde, là réside leur force. »
« Mamie m’encourageait souvent à « regarder le monde en couleurs », ce sont ses propres mots. Je l’ai écoutée au point d’en faire une philosophie de vie. Il n’y a rien de plus ennuyeux que les gens qui voient la vie en noir. La vie est trop belle pour faire le difficile. Tout ça pour dire que je n’aime pas les râleurs, encore moins les râleuses. POSITIVER, c’est mon credo. »

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (32)


Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (32)

Bonjour, notre série continue et bien que cela ne soit pas aisé, je reçois encore une fois un personnage de roman. Je vous laisse vous présenter.

Bonjour. Je comprends tout à fait et cʼest très gentil à vous de bien vouloir me recevoir Nick. C’est vrai que nous sommes tellement sollicités par nos fans qu’il nous est assez difficile de trouver quelques minutes pour nous échapper de nos reliures.
Me concernant, je m’appelle Emma, veuve depuis quelques années et je suis la maman de deux jeunes chérubins tout à fait adorables. Bien entendu, je ne peux décemment pas vous donner mon âge, mais je peux vous dire que les hommes se retournent sur mon passage malgré le fait que j’essaie, autant que faire se peut, de passer inaperçue. J’aime la tranquillité et la vie sereine, même si parfois tout peut basculer.

Voilà qui est un vœux pieu quand on est le personnage d’une aventure comme la vôtre. Cette façon de voir les choses fait-elle partie de votre caractère ?

Je suis volontaire, d’un naturel jovial, persévérante et pugnace dans mon travail et, de ma vie, je ne me souviens pas avoir fait de mal à quiconque. Ce qui, malheureusement, n’est pas totalement réciproque lorsque cela vient à me concerner. Une dernière chose, je ferai tout pour mes enfants.

Comment s’est passée votre rencontre avec Eric Oliva ?

Ce pauvre bougre a ruminé mon histoire pendant près dʼune année. Je pense quʼil voulait quʼelle ne ressemble a aucune autre, mais par-dessus tout qu’elle se rapproche de ce quʼil vit au quotidien. Du coup, lorsque lʼon connaît son métier, je me dis quʼil a dû avoir du pain sur la planche pour que je puisse coller autant à la réalité.

Pour coller à cette réalité justement, vous pensez qu’il a glissé des parts de lui dans votre personnalité ?

Pas physiquement et heureusement pour moi… Intellectuellement, non plus puisque jʼai fait quelques études et pas lui. Mais nous avons cela en commun : en dépit de tous les déboires que la vie nous réserve, nous sommes profondément humains. Le principal pour nous, cʼest lʼamour et lʼamitié des autres. Quitte à franchir certains seuils…

Oui parce que tout n’est pas rose pour vous dans cette histoire… Lui en voulez-vous ?

Nul doute que je devrais certainement, mais je nʼy arrive pas. Il avait besoin de délivrer un message à tous ceux qui plongeraient dans mon histoire et les alternatives qui sʼoffraient à Eric nʼétaient pas légion. Il fallait que les méchants le soient autant quʼils le sont dans la vraie vie et que je sois vraiment moi. Cʼétait un pari fou et lorsque jʼen parle avec dʼautres personnages que je croise parfois au détour dʼune page, cʼest un pari gagné.

Maintenant que l’aventure est terminée, comment occupez-vous votre temps libre ?

J’en relis certains passages et je me dis que tout nʼest pas nécessairement terminé. Que peut-être un jour je réapparaitrai dans une nouvelle enquête de la P.J de Nice. Lʼaventure a été éprouvante, mais jʼai confiance en ce flic que jʼai rencontré.

En dépit de tous les déboires que la vie nous réserve, nous sommes profondément humains.

Et si vous deviez lui poser une question, quelle serait-elle ?

Mais où trouves-tu toutes ces idées ???

Bien sûr, je connais fort bien la réponse, puisquʼil mélange souvent à ses romans des histoires quʼil a vécue. En fait, cʼest trop facile pour ce gars.

En guise de conclusion, un petit mot pour ceux qui vont vous découvrir ?

Un jour que nous étions en tête à tête sur sa terrasse, Eric mʼa expliqué quʼil allait essayer de toutes ses forces de rester humain avec moi. Vu ce quʼil mʼa fait vivre, je sais maintenant quʼil nʼy est pas très bien arrivé, mais comme je vous lʼai dit plus haut, je ne peux pas lui en vouloir.
Pourquoi cela me direz-vous ?
Eh bien, quand je lui ai demandé quelques explications, il mʼa regardé droit dans les mots et mʼa dit : Tu sais Emma, ce que tu as vécu dans Du soleil vers lʼenfer te semble dur et inhumain et je sais que ça lʼa été, mais crois-moi, dans la réalité, jʼai souvent vu bien pire.

Mauvaise main de Gilbert Gallerne


Le livre :  Mauvaise main de Gilbert Gallerne. Paru le 10 janvier 2019 chez French Pulp éditions dans la collection polar. 18€. (254 p.) ; 21 x 14 cm

4e de couv : 

Mauvaise main

Éric, quasiment à la rue avec une femme sur le point d’accoucher, n’a plus de travail.

Il n’a qu’une seule solution pour s’en sortir : quitter la ville pour rejoindre la scierie familiale, perdue en pleine ligne bleue des Vosges.

Un retour aux sources compliqué quand on n’a pas vu les siens depuis des années.

Il y a ça, et surtout les secrets de famille, sans compter les magouilles du frère aîné qui règne en véritable tyran sur le domaine.

Une France profonde et noire où il ne fait pas bon s’aventurer…

 

L’auteur : Gilbert Gallerne a obtenu le Prix du Quai des Orfèvres 2010 pour son roman Au pays des ombres. Il avait publié avant cela une vingtaine d’ouvrages dans les différents registres de la littérature populaire, de la SF jusqu’au Gore. Depuis quelques années il s’est orienté avec succès vers l’écriture de thrillers. Il est par ailleurs l’auteur d’une dizaine de traductions, parmi lesquelles Danse avec les loups et Basic Instinct.

 

Extrait :
Léo et Michel ont monopolisé la conversation, ce dernier généralement pour approuver ce que dit son aîné. Les femmes n’ouvrent la bouche que pour manger. Annabelle jette de temps à autre des regards circonspects à son beau-frère. De ce qu’Élise fera ce soir dépendra son futur statut. Elle demeure à sa place. Finit son assiette. Michel se tourne vers la table des enfants et interpelle sa fille pour l’envoyer aider sa grand-mère.
L’adolescente proteste qu’elle n’a pas terminé, mais son père la fait taire et elle se lève pour se diriger vers la cuisine en traînant les pieds. Élise se demande combien de temps elle restera à la scierie. Que peut-elle envisager d’autre ? Des études ? Ou bien est-elle condamnée à demeurer Ici pour torcher les plus petits tandis que les hommes débitent le bois, jusqu’à ce qu’un voisin vienne la chercher comme une pièce de bétail ? Élise n’est là que depuis quelques heures, mais déjà elle n’en peut plus. Elle jette un regard vers Éric, ses yeux lui mangent le visage. Il fixe ses frères, sa mère, avec une avidité qui l’effraye.Il parlait rarement de sa famille, qu’l avait depuis longtemps rayée de sa vie. Le destin qui s’acharne sur eux et le contraint à revenir ici s’apprête-t-il à lui jouer un nouveau mauvais tour ? Élise a l’impression de se trouver plongée dans une de ces romanes qu’elle lit à l’occasion. Sauf qu’il n’y a pas de château, pas de bel aristocrate ténébreux. Juste une scierie au bord de la ruine, et une famille qui n’a pas voulu d’Éric autrefois et ne semble pas davantage désireuse de l’accueillir aujourd’hui.
Éléonore revient avec un plat chargé de viande et Élise oublie ses soucis pour ne plus penser qu’à la faim qui la tenaille. Solange suit, portant une marmite d’où monte une bonne odeur de chou. Elle la pose sur la table.
– Voilà ! dit Michel. C’était pas dur ! Tu peux aider, tout de même ! T’es presque une adulte maintenant !
– Presque une adulte, tu parles ! intervient Léo en saisissant sa nièce par la taille. C’est déjà une vraie petite femme ! Regarde ça : elle a des nichons !
Et il referme les doigts sur la poitrine de Solange. La gamine se tortille pour échapper à son étreinte. Elise ouvre de grands yeux. Pétrifiée. Tout le monde s’est figé et fixe la scène. Il n’y a plus que Solange qui se débat et son oncle qui lutte pour garder son emprise.
– Lâche-la !
Le cri jaillit de la table des enfants. Ludovic bondit au secours de sa soeur en renversant sa chaise. Il saisit le bras de Léo mais celui-i tient bon, amusé par les efforts de sa nièce. Léo repousse l’adolescent d’un revers de coude et, gloussant, il écrase le sein de Solange qui gémit.
– C’est du ferme, dis donc !
Il est le seul à rire. Élise agrippe la table, se tourne vers Éric. Son mari a reculé sur sa chaise, dépassé par cette violence. Personne ne bouge. Ludovic se dresse seul contre son oncle. Bernard, le fils de Léo, fait mine de se lever à son tour pour secourir son père. Elise regarde les autres. Pourquoi demeurent-ils tous à leur place, laissant Ludovic se débrouiller ? pourquoi Michel se contente-t-il d’arborer un sourire niais devant son frère qui tripote sa fille, comme si la scène n’avait pas d’importance ? Pourquoi Annabelle reste-t-elle clouée sur sa chaise, la bouche ouverte sur une protestation qui ne vient pas ? Elise se tourne pour dégager son ventre de sous la table et prend appui pour se lever.
– Ça suffit ! Lâche-là !
L’ordre a tonné de l’autre bout de la pièce. Éléonore fixe son fils. Léo la défie du regard avant de pivoter vers Solange, toujours prisonnière, puis vers Ludovic qui tire sur son bras sans succès. Il demeure ainsi trois longues secondes. Il finit par relâcher la gamine. Elle recule en trébuchant, le rouge aux joues et les larmes aux yeux. A peine Solange écartée, Léo attrape Ludovic par le col. Il contraint l’adolescent à s’abaisser jusqu’à ce que leurs visages se frôlent.
– Et toi, petit con, me parle plus jamais comme ça. Quand tu seras un homme, on verra. D’ici là, reste à ta place !
Il le rejette. Ludovic lutte pour conserver son équilibre, le défiant toujours du regard. Léo se raidit.
– Ludo ! Ça suffit ! Va t’asseoir.
L’enfant fixe sa mère sans comprendre, ce qui lui fournit une excuse pour détourner les yeux et rompre le duel  qui l’opposait à son oncle. Mâchoires crispées, contenant des larmes de rage et d’humiliation, il regagne sa place.
– Bon, dit Éléonore. L’incident est clos. Qui veut du chou ?
– Commence par Élise, dit Léo en regardant sa belle-soeur. Je crois qu’elle a tellement faim qu’elle a failli se lever
Élise prend conscience que ses phalanges sont toujours crispées sur le rebord de la table. Elle se relâche, sans cesser de fixer Léo. Elle perçoit de l’amusement dans ses yeux, mais cela ne la rassure pas. Annabelle prend son assiette et la tend à Éléonore.

 

Chronique d’une flingueuse :

Les petits mots de Flo

Mauvaise main de Gilbert Gallerne

Eric est au chômage, sa femme Elise est enceinte. En grande difficulté financière, le couple n’a pas d’autre solution que de trouver refuge dans la famille du jeune homme, qui tient une scierie dans les Vosges.
L’accueil n’est pas des plus chaleureux. Il y a là Eléonore, la mère d’Eric qui l’a confié à sa soeur à l’âge de 12 ans pour que cette dernière l’élève. Marcel, 56 ans, est l’oncle d’Eric, un personnage inquiétant, qui observe, ne s’exprime que par bribes incompréhensibles.
Les deux frères d’Eric, Léo et Michel ont pris les rennes de la scierie et sont tous les deux mariés, le premier avec Rose-Marie, femme peu aimable avec le jeune couple. Michel est marié à Annabelle, qui va se lier d’amitié avec Elise. Il y a aussi les enfants des deux couples qui observent la venue de cet oncle, Eric, porteur d’une prothèse à la main et qu’ils n’ont jamais vu.
Elise va observer, découvrir le fonctionnement de ce clan dans lequel son mari tente de s’intégrer. Et progressivement les événements vont prendre une tournure angoissante.
Gilbert Gallerne signe un roman noir très prenant, à coup de chapitres courts au terme desquels la tension va crescendo. le premier chapitre donne d’emblée le ton du roman, en décrivant une scène terrible tirée de l’enfance d’Eric.
C’est finalement Elise, le personnage principal de ce roman, celle qui va observer, ressentir, entendre, réfléchir, analyser et ce personnage féminin est vraiment très réussi.
L’atmosphère est pesante, la tension en augmentation perpétuelle ; nous sommes dans un quasi huis-clos. Les scènes qui se déroulent à l’extérieur du territoire familial sont peu nombreuses. La violence est omniprésente, sourde ou affirmée, qu’elle soit verbale, physique, sexuelle mais le roman se lit très bien car Gilbert Gallerne n’est jamais dans la surenchère.
L’écriture de l’auteur est précise, très visuelle et je n’ai pu m’empêcher de me rappeler certains films vus dans ma jeunesse, comme “Les granges brûlées” de Jean Chapot ou bien encore “La veuve Couderc”, pour l’ambiance rurale dramatique.
Un vrai coup de coeur que je vous invite à découvrir !